Présentation de l'opération d'Inventaire du patrimoine bâti lié à l'eau du PNR du Verdon
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  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
  • (c) Parc naturel régional du Verdon

Dossier non géolocalisé

  • Aires d'études
    Parc naturel régional du Verdon
  • Adresse
    • Commune : Provence-Alpes-Côte d'Azur

Ce cahier des clauses détaille les objectifs et les conditions de réalisation de l’opération d’inventaire prévue par la convention d’objectif signée le 26 juin 2015 entre la région Provence-Alpes-Côte d’Azur et le Syndicat Mixte du Parc du Verdon pour une durée de 3 ans.

1.Le partenariat entre le Parc naturel régional du Verdon et le service régional de l’inventaire

1.1 Les objectifs du Parc naturel régional du Verdon et du service régional de l’inventaire

Depuis sa création en 1997, le Parc naturel régional du Verdon met en œuvre des actions de connaissance, de conservation, de protection et de valorisation du patrimoine. La charte du parc, renouvelée en 2008, identifie comme principaux enjeux patrimoniaux :

- La préservation du bâti conjuguée à la transmission des savoir-faire,

- une plus large prise en compte des paysages.

Dans le cadre d’un inventaire topographique du Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var (Pays A3V), le service régional a étudié un ensemble de 12 communes adhérentes au périmètre du parc. Le cadre d’étude thématique permet d’étendre à l’ensemble du parc le travail d’inventaire en tirant parti des connaissances acquises sur ce premier périmètre.

1.2 Les enjeux d’interopérabilité des bases de données du SRI et celle du SIT

Les parcs de la Région disposent depuis 2007 d’un outil commun, le système d’informations territorial (SIT) permet la diffusion vers un large public des connaissances produites sur le territoire des Parcs : inventaires naturalistes, documents d’urbanisme, données géo-localisées d’études préalables. Cette base de données, administrée par le pôle Sites paysages et aménagement du territoire, rassemble 1 600 fiches illustrées disponibles en ligne (www.pnrpaca.org).

Depuis 2008, le service régional de l’inventaire travaille avec le Parc à harmoniser les données patrimoniales collectées afin d’assurer leur interopérabilité avec les outils nationaux de l’Inventaire. Le principe retenu est celui d’une grille commune minimum entre l’outil cartothèque du Parc et les bases régionales. Pour l’inventaire des édicules et aménagements liés à l’eau, les données sont saisies dans l’outil de création et de diffusion de dossiers électroniques mis à disposition par la Région, les données saisies pouvant faire l’objet d’un export vers l’outil du SIT rendu compatible.

2.Les objectifs de l’enquête

2.1 Un outil de valorisation du patrimoine

L’enquête d’inventaire est un moyen pour le Parc de renforcer ses connaissances sur le patrimoine pour en assurer la valorisation et la médiation. La documentation produite est destinée en priorité à la chargée de projet sur le patrimoine bâti, aux guides de pays, aux acteurs du tourisme et du patrimoine, et aux élus. Elle est mise à disposition des communes pour la gestion de leurs biens culturels. Les données issues de cet inventaire sont une ressource pour développer :

- Les connaissances du Parc sur les éléments de patrimoine

- Les fiches conseil sur la conservation des patrimoines

- Les dossiers pédagogiques destinés aux publics scolaires

2.2 Une thématique signifiante à l’échelle du Parc

Le cadre de l’enquête thématique permet dans un temps restreint de produire un premier degré de connaissances sur le patrimoine des 46 communes adhérentes au parc. Les problématiques associées à gestion de l’eau reflètent l’interdisciplinarité propre aux compétences des parcs (études naturalistes, recensement du patrimoine, gestion des paysages)

2.3 Un paysage culturel associé aux usages de l’eau

L’accès à l’eau est un élément structurant dans la dynamique des paysages et des aménagements. Cette thématique d’étude des édicules et aménagements liés à l’eau recoupe certaines missions du parc par sa dimension territoriale et sociale, elle permet de sensibiliser élus et habitants à une connaissance globale du territoire et de l’histoire de ces équipements (bassins versants et limites communales, accès collectifs et individuels à l’eau). Ce recensement des infrastructures hydrauliques permet aussi d’évaluer le rapport des activités humaines agricoles, artisanales ou industrielles avec une ressource et un environnement proche (implantation, modes d’accès à la ressource).

2.4 Les axes de recherche proposés :

• L’accès à la ressource

La rivière du Verdon, longue de 165 km pour une capacité de stockage de 434 millions de m3, est avec la Durance le « château d’eau » de la région qui alimente en eau potable de qualité les grands centres urbains.

Les besoins agricoles sont à l’origine de différents types d’aménagements hydrauliques. Certains secteurs géographiques sont riches en puits, d’autres développent des systèmes d’irrigation gravitaire complétés par des aqueducs, des réservoires. Des solutions alternatives sont exploitées, comme les mines à eau, ces galeries de captage qui permettent de collecter les eaux souterraines, les forages avec éoliennes, visibles sur le plateau de Valensole. Dans les endroits dépourvus d’eau, les paysans construisent des citernes comme on peut en trouver autour des cabanons.

L’énergie hydraulique est mobilisée pour faire fonctionner les moulins, les draperies, les scieries. La prise en compte de cette dimension artisanale ou industrielle dans l’étude consiste principalement dans le repérage des sites utilisant la force motrice hydraulique.

L’accès à l’eau sous ses différentes formes correspond à des enjeux anciens : La production et la conservation de la glace nécessite jusqu’au début 20e siècle la construction de glacières (exemple du site d’Aiguines…). La dimension sanitaire se traduit par la création de fontaines publiques mais aussi que par le développement du thermalisme (thermes de Gréoux les bains). Dans une moindre mesure, il faudrait rendre compte des nombreuses croyances (guérison, fécondité) qui peuvent être associées aux sites accueillant une source.

• Les formes d’administration et de gestion d’une ressource

Le 14 décembre 1789, un décret de l’Assemblée Constituante accorde aux municipalités la charge de gérer elles-mêmes les dépenses et les recettes communales. Cette autonomie administrative conduit à une conscience commune de l’importance des équipements offrant commodités et services à la population. L’eau fait l’objet d’une attention accrue dès lors qu’on identifie son rôle dans la propagation des maladies. Le développement dans les villages des équipements publics, lavoirs, ou fontaines, est significatif d’évolutions sociales qui accompagnent l’adoption de progrès techniques. Ces aménagements liés aux usages quotidiens sont des symboles volontiers investis par les instances communales. La loi de 1865 relative aux associations syndicales a créé le cadre, toujours en usage aujourd’hui, pour gérer collectivement les canaux d’irrigation.

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l’enjeu sera de renouveler des équipements vieillissants et de les adapter aux nouvelles normes : fontaine monumentale, bains-douches, constituent de nouveaux programmes publics. Dans les écarts, autour des fermes, les particuliers prennent aussi l’initiative de ces aménagements.

3.Délimitation du cadre de l’étude

3.1 Définition de l’aire étudiée

L’aire d’étude correspond aux limites administratives du Parc du Verdon, à cheval sur le nord-est du département du Var et le sud du département des Alpes de Haute-Provence. Ce territoire associe cinq communautés de communes (CA Dracénoise, CA Durance Luberon Durance Verdon, CC Artuby Verdon, CC Asse Bléone Verdon, CC Lacs et gorges du Verdon, CC Provence Verdon). Elle concerne 46 communes adhérentes au Parc, dont 12 ont déjà fait l’objet d’un inventaire topographique qui prend en compte les équipements hydrauliques.

3.2 Délimitation du corpus étudié

L’enquête sur le patrimoine bâti lié à l’eau couvre un champ étendu d’équipements largement dispersés à l’échelle de 46 communes. Les contraintes de délais et de moyens conduisent à préciser l’objet de cette recherche. On convient que, par leur échelle et leurs enjeux techniques, les aménagements hydroélectriques débordent le cadre de cette étude. Les aménagements hydroélectriques Durance-Verdon entrepris à partir de 1955 ne seront pas pris en compte par l’étude.

L’accès à l’eau conditionne souvent l’implantation de l’habitat et la nature des activités agricoles. C’est aussi une source d’énergie pour les activités artisanales ou industrielles. Une approche systématique conduit à étudier la variété des moyens mis en œuvre pour capter, conduire, stocker, donner accès et évacuer les ressources en eau.

Un premier ensemble du corpus concerne les équipements de captage des eaux souterraines et de surface : stations de captage de source, mines à eau, galeries drainantes, puits, prises d’eau sur les rivières qu’il s’agit de localiser en identifiant le principe technique mis en œuvre.

En complément, le recensement des systèmes d’adduction consiste à identifier les sections d’un bief et leurs fonctions : alimenter des points d’eau, irriguer des terres, fournir de l’énergie (canal d’amenée de moulins d’un secteur artisanal).

Les aménagements de stockage des eaux ont pour objet la régulation des débits : retenues agricoles, citernes.

Enfin, correspondant aux différents usages, l’accès à l’eau fait l’objet d’aménagements plus ou moins monumentaux : la fontaine publique parfois couplée à l’abreuvoir ou au lavoir, les fontaines privées associées en aval aux jardins potagers et aux terres de culture.

Cette thématique est associée à une indéniable portée sociale, que traduit partiellement la notion de patrimoine immatériel : Elle concerne les modes d’association et de groupement économique autour de syndicats d’arrosant, mais aussi des croyances et pratiques associées à l’eau (fêtes, pèlerinage, cérémonies d’inauguration).

Le cadre chronologique de l’enquête est celui de l’Inventaire général, il couvre une période qui s’étend du Ve siècle jusqu’à la limite de 30 ans avant la date d’enquête.

4. Méthodologie mise en oeuvre

4.1 Sélection et dépouillement des sources

Le premier volet consiste en une sélection des sources d’archives et de bibliographie disponibles. Ce pré-repérage à partir des répertoires de sources doit permettre de préciser, pour les 34 communes concernées, la nature et le nombre d’éléments à rechercher durant la phase de terrain.

Archives départementales du Var et des Alpes de Haute Provence

• Les plans des cadastres napoléoniens numérisés disponibles en ligne (permet de situer canaux, fontaines, lavoirs publics…).

Certains répertoires de séries sont à privilégier en fonction de la thématique notamment :

- M (édifices communaux –Monuments et établissements publics)

- N (administration et comptabilité départementales (pour le thermalisme notamment)

- S (cours d’eau, fontaine…) Fonds de la préfecture et des Ponts et Chaussées, dossiers du service hydraulique, syndicats, canaux d’irrigation d’intérêt régional, cours d’eau et canaux d’irrigation

- Fi (documents figurés)

Elles peuvent être complétées dans les séries générales :

- D (administration générale de la commune)

- O (administration et comptabilité communale produite par la préfecture)

- Z (sous-préfectures du département)

- W (archives postérieures à 1940).

Archives communales

Les archives des communes de moins de 2 000 habitants sont pour la plupart conservées aux Archives départementales et bénéficient de répertoires de recherche.

- Registre des délibérations

- Série DD Biens communaux, eaux et forêts, travaux publics, voirie.

Sources bibliographiques

Quelques villages ont fait l’objet de monographies, pour la plupart déjà anciennes et issues des travaux sur l’histoire locale. Des études monographiques sur les fontaines, canaux peuvent être repérés.

Concernant les canaux, il faut identifier les principales associations syndicales d’arrosant (ASA) encore en activité sur le secteur (par exemple : ASA canaux de Blieux, ASA Pontoise de Gréoux).

Une réunion publique préalable peut être proposée pour informer les élus, les associations et les habitants du travail d’inventaire. Un appel à contribution permet de solliciter les témoignages et les initiatives.

4.2 Repérage de terrain

Le second volet concerne l’enquête de terrain. Ce travail progresse selon une logique topographique (commune par commune) mais rend compte des réseaux qui débordent du cadre communal, à l’échelle d’un bassin versant ou d’un syndicat d’arrosant. Le repérage de terrain tend à être le plus complet et le plus systématique pour le périmètre défini de l’enquête. Pour l’étude des éléments sériels (puits, fontaines, lavoirs), on s’appuie sur une grille de repérage spécifique pour chaque famille correspondant à un collectif. Pour les éléments individuels recensés, les informations essentielles sont relevées sur place afin de pouvoir compléter une grille Mérimée ou Palissy (repérage sur cadastre actuel, identification des matériaux, témoignages oraux…). Cette analyse sommaire pourra faire l’objet de recherches complémentaires si nécessaire.

La visite de terrain est l’occasion d’une couverture photographique. Pour faciliter leur traitement, le nombre de vues doit être limité et le point de vue systématisé : une vue en contexte, une vue frontale qui limite les déformations optiques, des détails si nécessaires (vues de l’envers, informations techniques sur les canalisations, décor, inscription…).

4.3 Traitement des données de terrain

Les données collectées sont organisées en fonction du système documentaire de l’Inventaire général. Elles comprennent :

- Un dossier de présentation de l’étude

- Des dossiers collectifs : fontaine, lavoir, puits (chrono-typologiques)

- Dossiers œuvre architecture : par exemple, siège d’association, canaux (dossier avec sous-dossier)

Chacun de ces dossiers est complété par des ressources partagées :

- Des ressources documentaires (archives, bibliographie, illustrations)

- Les annexes peuvent recevoir les informations complémentaires correspondant à la dimension de patrimoine immatériel que le Parc souhaite valoriser (commentaires, résumé, croyances, légendes, anecdotes, sources orales).

- Les documents multimédia (interviews audio ou vidéo) peuvent être associés aux notices sous forme de liens.

4.4 Valorisation des résultats

Les dossiers électroniques établis à partir de l’outil régional seront diffusés sur le site de diffusion associé. Une extraction des données sera consultable depuis la cartothèque du site Internet du Parc. Les notices seront également en ligne sur les bases nationales Mérimée et Palissy.

Des restitutions pourront être programmées dans les communes qui en feront la demande.

5. Moyens techniques et humains

Une chargée de projet patrimoine Bâti, en poste depuis 2008 est affectée à temps plein sur une mission d’inventaire, de valorisation du patrimoine et de transmission des savoir-faire. L’opération sera menée sous la responsabilité de la responsable de pôle SPAT (Sites Paysages et Aménagement du Territoire).

Un stagiaire issu de la licence professionnelle « Conservation et Restauration du patrimoine bâti » de l’université d’Aix-Marseille viendra en renfort entre mars et mai 2016.

Le service régional de l’Inventaire affecte à l’opération un conservateur du patrimoine responsable du suivi scientifique de l'opération. Un administrateur de bases de données et un photographe sont aussi susceptibles d’intervenir à différents stades de l’enquête. Un compte d’accès propre au parc sera proposé sur l’outil en ligne de saisie des données.

7. Bilan documentaire

Comme centre de ressource, le parc a rassemblé une riche documentation patrimoniale sur le territoire du Parc. Le cadre de l’opération d’inventaire permet d’exploiter et de structurer ces références documentaires au sein du Système d’Information Territorial. Ces données ont vocation à devenir une source disponible pour d’autres services du parc qui travaillent sur le patrimoine (tourisme, restauration…)

Un travail en transversalité est à faire avec la mission « Eau » du Parc qui a une connaissance partielle des seuils réalisés sur les cours d’eau, ce qui présente un indicateur de prises d’eau anciennes ou encore utilisées.

La SCP (Société du canal de Provence) a mené différentes études sur les cours d’eau, et notamment sur le Colostre.

Des opérations d’inventaires d’urgence avaient été menées par le SRI sur certaines communes (Bauduen, Sainte-Croix, Les Salles sur Verdon), avant la mise en eau du lac de Sainte-Croix.

Date d'enquête ; Dernière mise à jour en 2016
(c) Parc naturel régional du Verdon
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général