Dossier d’œuvre architecture IA06001657 | Réalisé par
  • inventaire topographique
pont de la Mescla
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  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton voie ferrée de la ligne Nice - Digne-les-Bains
  • Hydrographies le Var
  • Commune Malaussène
  • Lieu-dit la Mescla
  • Cadastre 2011 D2 250 ; domaine public
  • Précisions oeuvre située en partie sur la commune Tournefort

La construction d'une ligne de tramway dans la vallée de la Tinée fut décidée en 1902. Pour traverser le Var à l'emplacement choisi, il était nécessaire de construire un pont qui soit assez haut pour éviter les crues du fleuve côtier mais aussi assez bas pour raccorder la voie future du tram à celle de la ligne des Chemins de fer du Sud de la France. L'implantation d'une pile paraissait dangereuse pour un pont dont le tablier devait être établi aussi bas, et l'étroitesse de la vallée en ce point interdisait de lancer une poutre métallique aussi longue. Il fut donc décidé par l'ingénieur chargé de concevoir la ligne, Paul Arnaud, de recourir au béton armé. Le chantier du pont fut adjugé en 1907 à l'entreprise Armand Danat. Cette entreprise de Golf-Juan était concessionnaire des brevets Hennebique. Elle proposa un devis de 64000 francs et s'engagea à effectuer les réparations nécessaires si une crue venait à détériorer l'ouvrage. Les matériaux furent locaux. Le ciment arrivait de l'usine Thorrand de Baux-Roux par train puis par charrette, le gravier provenait du lit du Var et les 100 m3 de bois nécessaire au cintre et au coffrage furent pris à Clans et à Saint-Sauveur. Le chantier commença le 5 juillet 1909. Six mois plus tard, le 30 décembre 1909, le nouveau pont était décintré. Il ne fut mis en charge que deux ans plus tard, en septembre 1911, et mis en service le 11 avril 1912. Il a été déclassé en 1931 lorsque fut mis un terme à l'exploitation de la ligne. Laissé à l'abandon depuis cette date, le pont, qui a résisté à la crue de 1994, se dégrade lentement.

Ce pont en béton armé enjambe le Var à la confluence de ce dernier et de la Tinée. De 75 m de longueur totale, il est constitué de deux arcs entretoisés de 60 m d'ouverture et de 53 m de rayon de courbure. Le tablier est suspendu aux arcs dans leur partie centrale grâce à deux séries de 14 poteaux de béton. Aux deux extrémités, le tablier est situé au-dessus de la naissance des arcs. Ces derniers ne sont contreventés qu'en leur milieu grâce à une petite structure de béton d'un peu plus de 7 m de long qui vient les "coiffer" en ménageant la hauteur nécessaire au passage du tram. Le pont est aujourd'hui dans un état de dégradation très visible. Une importante altération du béton a ainsi entièrement mises à nu les armatures à la naissance de l'arc aval, côté rive gauche.

  • Murs
    • béton
  • État de conservation
    menacé
  • Statut de la propriété
    propriété publique (incertitude), []
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler

Importance historique du pont de la Mescla qui fut le premier pont en béton armé à tablier suspendu en France.

Bibliographie

  • BOUDET, James. Pont en béton armé, sur le Var, à la Mescla. Dans : Nouvelles annales de la construction, 6e série, tome 9, n° 691, juillet 1912, p 98-107 et n° 692, août 1912 p. 133-121.

  • BANAUDO, José. Le siècle du Train des Pignes. Breil-sur-Roya : Éditions du Cabri, 1991, 320 p. : ill.

  • MARREY, Bernard. Les ponts modernes, 20e siècle, Paris : Picard, 1995, 2 vol : ill.

    p. 34-35
  • BOURRIER-REYNAUD, Colette. Ponts et merveilles. En remontant le cours du Var de Nice aux Entraunes : du comté de Nice aux Alpes-Maritimes. - Nice : Serre éditeur ; Nice : Lou Savel, 2010, 206 p.

    p. 119-122 : article sur le pont de la Mesla.
  • BANAUDO, José. Le tram des vallées : réseau des tramways départementaux des Alpes-Maritimes. Breil-sur-Roya : Editions du Cabri, 2003, 292 p.

    p. 48-50 et p. 111
Date d'enquête 2010 ; Date(s) de rédaction 2011
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général