Dossier d’œuvre architecture IA05000648 | Réalisé par ;
  • inventaire topographique
mine de cuivre des Closis : exploitation souterraine
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  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Aiguilles - Aiguilles
  • Commune Saint-Véran
  • Lieu-dit près de Saint-Véran
  • Dénominations
    mine
  • Précision dénomination
    mine de cuivre
  • Appellations
    des Closis
  • Dossier dont ce dossier est partie constituante
  • Parties constituantes non étudiées
    puits d'extraction, escalier, terril

HISTORIQUE

des compagnies de la mine de St Véran

Période MAZUE 1901-1913

En 1900 le Commandant MAZUE, en villégiature à St Véran, et deux de ses amis, MM. LESUEUR et ANDRIEU, s'intéressent au gîte. Le 8 novembre ils obtiennent de la commune un permis exclusif de fouilles pour minerais divers pour une durée de 3 ans.

Durant l'hiver 1901 une société est constituée : la Société Anonyme des Mines de cuivre de St Véran, au modeste capital de 35000 francs, et administrée par le Commandant MAZUE. "Les fonds de la Société sont en très grande partie fournis par des gens du pays qui ont confiance dans leur mine et de petits rentiers qui ont surtout confiance dans l'honorabilité des promoteurs de l'affaire." La direction des travaux est confiée à RIVIERE de la SOUCHERE. En mars 1902 la société étend son territoire de recherche potentiel en obtenant la permission de 73 propriétaires privés.

Le 24 mars 1903 la mine est expertisée par l'ingénieur minier BERATO. Il suggère de doubler le capital de la Société afin de poursuivre les travaux de recherche indispensable à la reconnaissance du gite. Ses conseils sont sans doute écoutés car il se retrouve à la direction de l'exploitation. Le capital de la société est porté à 400 000 fr. répartis en 4000 actions. Au conseil d'administration figure toujours "l'honorable" MAZUE, commandant en retraite, et aussi M. ARNAUD, notaire à Barcelonnette. Le 14 décembre 1903 est demandée une concession d'une étendue de 10 km2 15 ha. La concession est instituée par décret le 8 juillet 1905 sous la dénomination de Concession des Closis, d'une superficie de 350 ha, dont 50 ha sont situés sur la commune de Molines-en-Queyras.

Les résultats sont décevants et les travaux sont interrompus en début d'année 1907 : la société est dissoute.

La mine reste en sommeil durant 5 ans. A l'initiative des liquidateurs de la société dissoute, les travaux reprennent le 5 juin 1912 sous la direction du chef mineur Jean MARROU. 6 tonnes de minerai à 30-40% sont extrait durant l'été. En 1913 on extrait encore 16 tonnes de minerai, puis à la fin de l'année les travaux sont à nouveau suspendus.

Période VINCENT 1920-1931

Le 22 octobre 1915, André VINCENT, ingénieur à Paris et actionnaire de sociétés minières et métallurgiques, demande en sa faveur la mutation de la concession des Closis. Cette mutation est autorisée par décret le 3 avril 1917. Les travaux reprennent en 1920 puis sont suspendus en février1921.

Les travaux reprennent à nouveau le 25 mai 1923 sous la direction de l'ingénieur Pierre ISNEL et du chef mineur Jean MARROU, avec 8 ouvriers. S'y adjoint ensuite l'ingénieur LACOMBE rapidement remplacé par DIVOL. En 1925 la direction de la mine passe aux mains de l'ingénieur J. de MAISTRE. Jusqu'en 1927 on poursuit les travaux d'exploration. A partir de 1928 l'abattage du minerai commence et on construit une laverie et des logements en surface.

Le 29 avril 1931 André VINCENT (fils) conclut un accord de vente avec la Société des Mines de Douaria. Le 15 octobre les travaux sont suspendus suite à la crise subie par le cours du cuivre. Le stock de produits est expédié à Hambourg. L'activité est réduite à l'entretien des ouvrages.

Période Douaria 1932-1938

L'amodiation de la mine à la Société des Mines de Douaria (Tunisie) est accordé par décret le 20septembre 1932. Mais les travaux ne sont pas repris et l'on se borne à surveiller les installations.

Période S.I.M. 1938-1944

Le 27 avril 1938 la mine est amodiée à la Société Industrielle et Minière qui compte relancer l'exploitation. L'activité reprend le 24 mai sous la direction de Ernest FARAGGI, ingénieur et DUCHOSAL, chef-mineur, avec 8 ouvriers. On répare les tuyauteries de la ventilation et de l'air comprimé. On installe une conduite d'eau pour l'injection des perforatrices. On remet en état les installations de surface : plan incliné, compresseur Worthington, machines et outillage de l'atelier mécanique. En attendant 76 t. de minerai scheidé sont envoyées à Hoboken en Belgique. L'abattage peut commencer en début d'année 1939 sous la responsabilité d·un ingénieur conseil VENDEL.

Le 10 juin 1940 la mine est évacuée à la suite de la déclaration de la guerre ; 3 ouvriers restent pour l'entretien des travaux. L'activité reprend le 10 juillet. Avec les pénuries de la guerre l'établissement a du mal à être ravitaillé et bon nombre d'ouvriers spécialisés partent. La fourniture en électricité est également déficiente et les groupes diesels ne peuvent pas toujours y suppléer faute de carburant en quantité suffisante. Faute de provision l'activité de la mine est ralentie durant l'hiver 1940-1941. Des conventions passées avec l'état permettent un subventionnement des travaux. La Société Alais Froges et Camargue est devenue l'un des principaux actionnaires de la compagnie.

En 1942 des recherches en surface sont confiées à la Société Générale de Géophysique. Des indices intéressants sont mis en évidence au nord du gisement exploité. Les exploitants voudraient moderniser la laverie et développent les travaux de recherche mais la conjoncture économique et la crise de la main d’œuvre s'y opposent. Les mineurs italiens sont partis et les manœuvres du STO mis à disposition n'ont jamais travaillé dans une mine.

Le 31 mars 1944 la mine est arrêtée. La Société Industrielle et Minière compte néanmoins reprendre les travaux après une restructuration complète de l'établissement.

Reprise MAIRE 1953-1961

ll faut atteindre l'automne 1953 pour voir la mine s'activer à nouveau. Les travaux se font à la main par 3 ouvriers sous la conduite de Alexandre MAIRE, directeur de la mine pour le compte de la Société Industrielle et Minière de Langeac. Puis les installations sont modifiées et l'exploitation reprend de l'ampleur.

En juin 1957 les inondations endommagent gravement les installations. Tous ces dégâts considérables sont évalués entre 5 et 7 millions de francs. Une partie des dégâts sont réparés et l'activité reprend faiblement. Le 14 novembre 1959 2 mineurs sont tués par asphyxie dans le TB 5. En 1960 les travaux ne sont pas repris. Durant l'été 1962 des vandales saccagent les bâtiments et volent du matériel. En 1966 MAIRE projette de reprendre l'exploitation.

Recherche E.H.C.1970

L'Entreprise Hydroélectrique du Centre s'intéresse au gisement en 1970 et obtient la permission d'effectuer durant l'été quelques travaux. Puis les travaux sont définitivement stoppés.

DESCRIPTION

Mine de cuivre de St Véran - travaux souterrains

Travaux anciens

Ils sont marqués en surface par la Tranchée des Anciens et par une petite fouille plus au Nord-Est. Sous terre les reprises modernes les ont retrouvés sous la forme de 3 colonnes.

La colonne Ouest correspond aux affleurements de la Tranchée des Anciens. Sa base a été recoupée par un montage du TB 2 (filon de la Remontée).

La colonne Est correspondrait en partie à la petite fouille de surface mais l'essentiel de son affleurement est presque invisible au jour. En profondeur, cette colonne est recoupée par le TB 2 et sa base est télescopée par le TB 2bis. Ce sont ces travaux qui ont été en partie visités par les mineurs modernes, et dans lesquels a été retrouvé du mobilier.

Il existe une 3ème colonne dans le TB 2 assez proche de la colonne Est.

Premiers sondages

Durant l'année 1901 plusieurs sondages ont été pratiqués dans la Tranchée des Anciens à travers les remblais. lis n'ont pas dépassé la profondeur de 6 m.

TB1

Cette galerie d'allongement est ouverte en juillet 1901 au pied de la tranchée des Anciens. Sur les 30 premiers mètres elle recoupe des travaux anciens. Elle est abandonnée en 1903 après avoir été poussé sur 100 m.

TB2

Ce travers-bancs est ouvert en juillet 1902, 25 m plus bas que le TB 1. ll recoupe d'abord la colonne Ouest. Une galerie sud découvre en 1903 les colonnes Est et n°3. Jusqu'en 1904 on poursuit diverses galeries de recherche, ainsi qu'un puits de 18 m sur la colonne Est. La petite colonne Ouest est dépilée en 1912.

TB 2 bis

Ce travers-bancs est ouvert en 1920, 25 m plus bas que le TB 2. Son percement. interrompu en février 1921, est repris en mai 1923, et atteint la colonne Est durant l'été. Des communications sont alors établies avec le TB 2 et le TB 3. A partir de 1928 le filon est dépilé jusqu'au niveau du TB 3 ; ces chantiers sont épuisés en 1931.

TB3

Ce travers-bancs est ouvert durant l'été 1904, 51 m plus bas que le TB 2. Il est abandonné en 1906 à la longueur de 167 m après avoir traversé des zones minéralisées jugées sans grand intérêt.

Son percement est repris en 1923 et la colonne Est est atteinte. A partir de 1928 cette galerie sert à évacuer par roulage tout le minerai extrait dans les chantiers sous le TB 2bis. Abandonné en 1931, ce travers-bancs est rétabli en 1938 pour les besoins de l'exploitation sans jouer un très grand rôle.

TB4

Ce travers-bancs est ouvert durant le printemps 1930, 80 m plus bas que le TB 3. Le filon est recoupé durant l'été 1931 au bout de 310 m. Le filon est localement dépilé sur 18 m de hauteur puis les travaux sont suspendus.En 1937 on reboise une portion de la galerie. En 1938, cette portion instable est shuntée par une galerie de contournement. Puis le travers-bancs devient la nouvelle galerie de roulage de l'exploitation. A partir de 1939, l'abattage reprend, à partir d'un montage percé dans le mur talqueux ; il rejoint le niveau du TB 3 en 1941. En 1942 les profondeurs sont explorées au moyen d'une descenderie. La quasi totalité du filon est dépilée durant la période de l'Occupation.

Interrompue en 1944, l'activité reprend doucement en 1953. Le reste du filon est dépilé avant 1957.

TB5

Ce travers-bancs est ouvert en 1942, 7 5 m plus bas que le TB 4. Son percement est interrompu en mars 1944 à la longueur de 366 m. Le percement des derniers 50 m reprend en 1953. La jonction n'a lieu qu'en octobre 1960. Mais le filon est trop pauvre pour être exploité.

Personnel

Les effectifs de la mine n'ont jamais été très élevés. Ils sont de l'ordre d'une dizaine durant les 2 premières périodes. lls s'élèvent à une vingtaine durant la période Vincent et à une trentaine durant la période S.I.M. Les archives consultées ne nous renseignent pas sur le personnel de la période Maire.

Durant l'Occupation plusieurs S.T.O. ont travaillé à la mine, évitant ainsi un transfert hors du pays. L'ingénieur ne parait être satisfait de leurs capacités du fait qu'il ne s'agit pas de mineurs professionnels.

Production

La production totale de la mine a été de 3286 tonnes de minerai trié ou lavé, tenant de 10 à 50% de cuivre métal. La production de cuivre a donc été de 1258 tonnes. 85% de cette production résulte des exploitations de Vincent (1924-1931) et de la S.I.M. (1939-1943) ; ils correspondent pour l'essentiel aux travaux de dépilage effectués entre les TB 2bis et TB 4.

Selon les époques le minerai extrait est simplement trié (scheidé) ou lavé. Le débouché de ces produits a été très variable :

- 1903- fonderie d'Eguilles dans le Vaucluse

- 1904- fonderie de Swansea en Angleterre

- 1912- fonderie de Sawauten en Angleterre

- 1927 - usine de cuivre de Caronte

- 1931 -Hambourg

- 1938 - Hoboken en Belgique

- 1941 - usines de Salindre dans le Gard.

Mine de cuivre exploitée dès l'âge du bronze par tranchée à ciel ouvert s'enfonçant à près de 40 m de la surface. Le site est repris au 20e siècle par une succession d'entrepreneurs : Mazué (1901-1906), Vincent (1920-1931), Société Douaria (1937), Société Industrielle et Minière (1938-1944), Maire (1953-1960), Entreprise Hydroélectrique du Centre (1970). L'essentiel de la production (3 296 t de minerai) résulte des travaux de Vincent et de la Société Industrielle et Minière. Les effectifs n'ont jamais dépassé la vingtaine de personnes.

Les travaux protohistoriques sont accessibles au faîte des chantiers modernes. Ils montrent des marques d'abattage : maillet en pierre, bois de cervidé. Les remplissages renferment de vieux étais en bois, des baguettes de résineux (torches) et des fragments de maillets en gabbros. Les travaux du 20e siècle comprennent 6 niveaux de galeries : les trois supérieures recoupent les travaux anciens. Les chambres d'abattage s'étagent sur 130 m de dénivelé, desservies par des galeries.

  • Statut de la propriété
    propriété privée
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler, site archéologique

Bibliographie

  • ISNEL, P. La mine de cuivre de Saint-Véran. Dans Bulletin de la Société d'Etudes des Hautes-Alpes, 1935, 13 p., ill.

  • ANCEL, Bruno. La mine de cuivre des Closis à Saint-Véran. Synthèse historique, relevés topographiques. Doc. CCSTI, 1996. 24 p.

  • AYOUB, C. Un exemple de minéralisation associée aux ophiolites mésozoïques des Alpes Cottiennes : le gîte de Saint-Véran. Thèse Université de Grenoble, 1984. 227 p.

  • BARGE, H., BOURHIS, J.R. Métallurgie préhistorique et gîtes cuprifères dans le sud-est de la France. Dans Rencontres méridionales de préhistoire récentes, Arles, 1996.

  • BARGE, Hélène, ANCEL, Bruno, ROSTAN P. et al. La mine des Clausis à Saint-Véran : exploitation et aire de réduction du minerai de cuivre d'époque protohistorique. Dans Colloque international Bronze "96", Neuchâtel-Dijon, 1997.

  • BERGE, abbé Pierre. Monographie de Saint-Véran (Hautes-Alpes). Gap : 1928, épuisé ; Marseille : Laffitte reprints, 1980. 362 p. ill.

    P. 313-319.
  • LORY. Description géologique du Dauphiné. Tome 3. 1860.

  • MARI G., MARI, D. La mine de cuivre de Saint-Véran. Dans Minéraux et Fossiles, novembre 1979.

    P. 15-21.
  • PIERROT R. et al. Inventaire minéralogique des Hautes-Alpes. BRGM, 1974.

  • ROSTAN, P., GATTIGLIA, A., ROSSI, M. Richerche sulle miniere e sulla metallurgia dell'età del bronzo nel briançonnais. Dans Anthropologia Alpina, 1995.

Annexes

  • La mine de cuivre des Closis à St Véran : apports des sources écrites et relevés des travaux protohistoriques souterrains
Date d'enquête 1998 ; Date(s) de rédaction 2001
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
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