Dossier IA06001301 | Réalisé par ;
ligne fortifiée : 1er caposaldo Rionard
Copyright
  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Alpes-Maritimes - Tende
  • Commune La Brigue
  • Lieu-dit Crête de Rionard
  • Dénominations
    ligne fortifiée
  • Parties constituantes non étudiées
    ouvrage d'infanterie, caserne

Ce groupe d'ouvrages qui constitue le premier caposaldo de la première ligne de défense du Vallo Alpino dans le sous-secteur II A dit de la Haute-Roya, s'étend pour l'essentiel sur le versant sud d'une crête montagneuse (ouest/nord-ouest - est-sud-est) dite du Rionard, entre le vallon du Bon Pertus au nord et le vallon de Groa au sud. Au nord-ouest de cette crête, plusieurs des ouvrages s'articulent autour de la Baisse de Geréon (ou Gereone).

La plupart de ces ouvrages ont été construits à partir de 1931 en application de la circulaire 200. Certains ont pu être commencés dès 1929. Ils sont repérés et renseignés, avec cartographie et plans, dans le rapport du service des renseignements militaires français daté du 15 février 1934. Deux autres ont été rajoutés après la circulaire 7000, en 1939.

Ce caposaldo est le plus densément fortifié par le nombre de ses ouvrages d'infanterie.

1. Ouvrage d'infanterie n° 28, dit de Durasca ou de Casa Gaio

Ouvrage casematé en caverne de type 200, construit en 1933-1934, adapté à une garnison de 12 hommes, armé de 3 mitrailleuses. Repéré sous le n° 8 dans le rapport du service des renseignements militaires français du 15 février 1934, qui produit un descriptif et un plan très inexacts.

Situé sur les pentes rocheuses en contrebas au sud de la cime de Durasca, au dessus du vallon d'Enfer, à environ 1300 m d'altitude. Accès par une galerie en chicane avec porte-guérite métallique encore en place qui pouvait recevoir une mitraillette, latrines à gauche. La galerie débouche perpendiculairement dans la chambre-abri de 15m / 3m, incluant à un bout les locaux du ventilateur, du poste de commandement, et à l'autre bout les magasins de vivres et de munitions, puis la réserve d'eau. Une galerie parallèle à celle de l'accès se divise en deux branches desservant chacune une position de tir pour mitraillette. Les positions et leur embrasure ont la particularité rare d'être ménagées directement dans le rocher, et non sous un bloc. Les bouches à feu extérieures ne sont pas en béton brut, mais en petits moellons liés au ciment, et elles pouvaient être occultées par un panneau de camouflage en voile ciment sur cadre en bois grillagé (reste en place). Tirs vers le vallon d'Enfer, et tirs de flanquement vers l'ouvrage 29, et vers Le Géréon.

2. Ouvrage d'infanterie n° 29, près de la Baisse de Gereon

Ouvrage d'infanterie n° 29 : bloc et embrasure de tir.Ouvrage d'infanterie n° 29 : bloc et embrasure de tir.

Ouvrage casematé en caverne de type 200, le plus important du caposaldo Rionard par l'étendue de ses galeries et l'épaisseur de ses blocs (conçus pour résister au tirs d'artillerie de gros calibre), adapté à une garnison de 15 hommes, armé de 2 mitrailleuses. Construit d'avril à juillet 1931, et complété de mai à juillet 1933, par l'entrepreneur A. Giachetti, pour un coût de 337000 lires, sous la direction du lieutenant colonel Aimo, du lieut. Fiorani et du capitaine Viaggi1. Repéré sous le n° 7 dans le rapport du service des renseignements militaires français du 15 février 1934, qui produit un descriptif, un plan et des dessins de détail (créneau) assez bien documentés.

Situé au nord-ouest de la Baisse de Géréon, à la cote 1317 m, actif sur le versant sud, près de la crète.

Accès par une entrée encaissée dans le versant nord entre parois béton ébrasées (porte jadis pourvue d'un vantail en fer avec fenêtre-guérite), suivie d'une galerie en chicane qui dessert au passage le local du groupe électrogène à droite (entre deux portes), puis la réserve d'eau à gauche. La galerie débouche perpendiculairement dans la chambre-abri incluant les locaux du ventilateur, du poste de commandement, les magasins de vivres et de munitions. Des deux extrémités de cette chambre partent dans l'axe deux galeries qui se coudent en angle obtus vers le sud pour desservir, en haut d'un escalier, deux positions de tir pour mitrailleuse sous bloc béton. Les positions ont la particularité d'être très exiguës à l'intérieur, du fait de l'énorme épaisseur (5m) des deux blocs. A l'extérieur, ceux-ci forment une coupole hérissée de pierres brutes en saillie espacées, et leur large créneau ou embrasure extérieure à trémie, a un plafond pendant en forme de dent dissymétrique, ce qui réduit le champ de tir frontal. Le but semble avoir été au moins autant de protéger l'embrasure de l'artillerie adverse, que de rendre le créneau peu identifiable de loin.

3. Ouvrage d'infanterie n° 29 bis, près de la Baisse de Gereon

Ouvrage casematé monobloc de type 7000, conçu pour résister au tirs d'artillerie de moyen calibre, pouvant héberger six hommes, et armé de 2 mitrailleuses. Construit en 1939, il a fait l'objet d'une tentative de démolition a l'explosif, qui a fissuré et crevé sa voûte .

Ouvrage d'infanterie 29 bis : bloc ruiné vu de dessus.Ouvrage d'infanterie 29 bis : bloc ruiné vu de dessus. Ouvrage d'infanterie 29 bis : façade à embrasure du bloc.Ouvrage d'infanterie 29 bis : façade à embrasure du bloc.

Situé à l'ouest/sud-ouest de la Baisse de Géréon, sur un replat, près d'une bergerie.

Accès par une entrée encaissée au nord, à la gorge du bloc, entre parois ébrasées en maçonnerie de moellons, petit couloir en chicane, chambre-abri de 6,40m / 3m, et au fond, accès commun aux deux positions de tir avec plaque métallique de blindage d'embrasure. A l'extérieur, le bloc allongé est couvert en tête d'une coupole hérissée de pierres brutes en saillie espacées. Les deux larges créneau ou embrasure extérieure à trémie, ont un plafond de forme irrégulière.

A proximité immédiate sud-est de l'ouvrage monobloc se trouve une autre petite position de tir indépendante pour mitrailleuse, dont le bloc béton est camouflé dans un simulacre de bâtiment pastoral de type bergerie.

En bordure du chemin d'accès à l'ouvrage monobloc, au nord-est, on trouve deux petits magasins casematés semi-enterrés de plan carré (vivres et munitions ?), reliés par une courte et étroite galerie coudée.

Ouvrage d'infanterie 29 bis : accès et porte.Ouvrage d'infanterie 29 bis : accès et porte. Ouvrage d'infanterie 29 bis, entrée de l'annexe.Ouvrage d'infanterie 29 bis, entrée de l'annexe.

4. Ouvrage d'infanterie n° 30, sur la crête du Rionard

Ouvrage casematé en caverne composé de deux sous-ensembles (n° 30 sud et 30 nord) non reliés entre eux, chacun adapté à une garnison de 9 hommes, et armé d'une mitrailleuse et d'un fusil mitrailleur. Probablement construit en 1931. Repéré sous le n° 5-6 dans le rapport du service des renseignements militaires français du 15 février 1934, qui suppose à tort que les deux moitiés de l'ouvrage sont reliées entre elles.

Ouvrage situé sur la crête, à la cote 1362.

Il s'agit pour chacun des deux sous-ensembles presque identiques, de l'association d'une chambre-abri intégrant les locaux et annexes habituels (citerne, ventilateur, poste de commandement, magasins de vivres et de munitions) et d'une position de tir sous bloc, le passage longitudinal de l'un à l'autre montant en escalier vers la position de tir, comme dans l'ouvrage 29.

L'entrée se fait par un couloir percé sur un flanc du blocs et communiquant directement avec la position de tir. Le rapport du service des renseignements militaires français de 1934 précise que "en raison des inconvénients qu'elles représentaient, il a été renoncé par la suite à ces issues aménagées seulement dans les premiers ouvrages construits"2.

A l'extérieur, les blocs forment une coupole hérissée de pierres brutes en saillie espacées, et leur large créneau ou embrasure extérieure à trémie, a une forme irrégulière et dissymétrique Le but semble avoir été de rendre le créneau peu identifiable de loin.

5. Ouvrage d'infanterie n° 31, sur la crête du Rionard

Ouvrage casematé en caverne composé de deux sous-ensembles (n° 31 sud et 31 nord) non reliés entre eux, chacun adapté à une garnison de 9 hommes, et armé d'une mitrailleuse et d'un fusil mitrailleur. Probablement construit en 1931. Repéré sous le n° 3-4 dans le rapport du service des renseignements militaires français du 15 février 1934, qui suppose à tort que les deux moitiés de l'ouvrage sont reliées entre elles.

Ouvrage situé sur la crête, à la cote 1408.

A quelques nuances près (En 31 sud: position de l'embrasure de tir dans l'axe de l'ouvrage, avec créneau de forme normale, conduit dans le couloir d'accès ), cet ouvrage est en tout point semblable à l'ouvrage 30.

6. Ouvrage d'infanterie n° 32, sur la crête du Rionard

Ouvrage casematé en caverne composé de deux sous-ensembles (n° 32 sud et 32 nord) non reliés entre eux, chacun adapté à une garnison de 9 hommes, et armé d'une mitrailleuse et d'un fusil mitrailleur. Probablement construit en 1931. Repéré sous le n° 1-2 dans le rapport du service des renseignements militaires français du 15 février 1934, qui suppose à tort que les deux moitiés de l'ouvrage sont reliées entre elles, et donne un plan très inexact, extrêmement différent de l'état actuel, seul connu par les plans italiens contemporains. Il est toutefois possible que l'ouvrage, construit initialement en 1931, ait été modifié vers 1934.

Ouvrage situé sur la crête, à la cote 1612.

Il s'agit pour chacun des deux sous-ensembles assez semblables, de l'association d'une chambre-abri intégrant les locaux et annexes habituels (citerne, ventilateur, poste de commandement, magasins de vivres et de munitions) et d'une position de tir sous bloc, le passage longitudinal de l'un à l'autre montant en escalier vers la position de tir, dans le cas de 32 sud seulement.

L'accès se fait dans les deux cas par une entrée encaissée entre parois béton ébrasées, suivie d'une galerie en chicane qui dessert au passage une latrine à droite et la réserve d'eau à gauche, puis débouche perpendiculairement, ou en biais, dans la chambre-abri. Cet ouvrage apparaît comme un compromis entre la formule des ouvrages 28 et 29 (galerie d'accès) et celle des ouvrages 30 et 31, la conception générale étant beaucoup plus proche de celle de ces derniers.

Comme les blocs présentent un départ latéral de couloir en cul de sac, et que le rapport du service des renseignements militaires français de 1934 affirme que, comme aux ouvrages 30 et 31, l'entrée est percé sur un flanc des blocs, et que ce principe a alors été rejeté, on peut supposer que l'état actuel résulte, soit d'un remaniement, soit d'un changement de parti en cours de construction. A l'extérieur, les blocs forment une coupole hérissée de pierres brutes en saillie espacées, mais le bloc de 32 nord, étranglé entre des rochers n'a pas une coupole complète. La porte blindée fermant la position de tir du côté de l'accès à la chambre-abri est bien conservée en 32 sud.

7. Ouvrage d'infanterie n° 32 bis, sur la crête du Rionard

Ouvrage casematé en caverne de type 200. Dans le rapport du service des renseignements militaires français du 15 février 1934, il paraît correspondre par sa localisation à un ouvrage alors en cours de réalisation depuis l'été 1933, mais la description qui est donnée du projet (2 ouvrages distincts avec chacun un emplacement de tir+ une chambre+ un couloir) rappelle plutôt les dispositions actuelles de l'ouvrage 32)

Ouvrage d'un seul tenant très dissymétrique avec entrée encaissé entre parois ébrasées, galerie 3 fois coudée, chambre-abri sans aménagements, d’où partent d'un angle deux couloirs divergents d'inégale longueur desservant chacun une position de tir sous bloc de petites dimensions avec embrasure à trémie. Au dehors, bloc revêtu de pierraille enchâssée dans le parement béton. Plaque de blindage d'embrasure en place.

8. Ouvrage n° 33: poste à ciel ouvert avec abri-caverne, sur la crête de Rionard

Cet ouvrage est qualifié en 1940 d'appostamento allo scoperto. Il n'existe pas encore, ou est en construction en 1934, à en juger par le rapport contemporain du service des renseignements militaires français.

L'abri caverne casematé se compose d'une chambre-abri pour 10 hommes de garnison, accessible à ses deux extrémités par deux galeries presque symétriques, en chicane près de l'entrée. L'abri incorpore le groupe de ventilation, la réserve d'eau et le dépôt de munition. Les deux portes encaissées dans la pente rocheuse sont percées dans une façade en béton. Les hommes de garnison desservaient des positions de tir à découvert situées aux abords immédiats de l'abri.

9. Ouvrage d'infanterie n° 33 bis, dit du Vallon de Bon Pertus

Ouvrage casematé en caverne de conception intermédiaire entre le type 200 et le type 7000. Il n'est pas encore commencé ni projeté en 1934, à en juger par le rapport contemporain du service des renseignements militaires français, qui n'en fait pas état. Conçu pour une garnison de 10 hommes, et armé de deux mitraillettes sur trépied. Orientation de tir contrôlant la crête de Rionard et le vallon de Bon Pertus.

Ouvrage aménagé dans un front rocheux orienté au sud et formant une paroi presque verticale (près de la cote 1735). Couloir d'accès en chicane à l'entrée contournant un local technique, après la porte en fer encore en place. Chambre-abri après une seconde chicane avec dépôt de munition. Poste de commandement au bout de la chambre. A droite de la chambre-abri partent deux couloirs parallèles desservant chacun une position de tir sous petit bloc béton entièrement revêtu de pierraille à l'extérieur.

Dans les deux cas, l'embrasure, large, à un ressaut, a un encadrement cimenté: le créneau pour mitrailleuse à trépied n'a pas de plaque blindée.

10. Ouvrage d'infanterie n° 34, sud-est de la crête du Rionard

Ouvrage casematé en caverne de conception intermédiaire entre le type 200 et le type 7000. Adapté à une garnison de 10 hommes, et probablement armé de deux mitrailleuses et d'un fusil mitrailleur. Il n'est pas encore commencé ni projeté en 1934, à en juger par le rapport contemporain du service des renseignements militaires français, qui n'en fait pas état. Par une inscription gravée sur une grande plaque d'ardoise placée au dessus de la porte, cet ouvrage est dédié à la mémoire du lieutenant Leopoldo Pozzoli, du régiment de cavalerie de Rome, médaille d'argent pour sa valeur militaire, tombé au champ d'honneur le 20 octobre 1917.

L'accès se fait par une porte percée dans une paroi rocheuse verticale, encore garnie de sa porte-guérite en fer adaptée au fusil mitrailleur, bien conservée avec ses trois vantaux latéraux et ses volets hauts et bas. Suit une galerie en chicane qui dessert au passage dans le premier coude à gauche les deux locaux de la cuisine et du groupe électrogène, puis après le second coude débouche perpendiculairement dans la chambre-abri (crochets en place au mur), ou l'on trouve la réserve d'eau et la niche du ventilateur. Au fond à droite, dans l'axe de la chambre-abri, escalier fort raide desservant les deux positions de tir pour mitrailleuse divergeant à 45°, (plaques de blindage, conduit intermédiaire de ventilation) incluses dans le même bloc de béton armé carré aux angles arrondis d'aspect très monumental à l'extérieur. Les deux embrasures à trémie sont en retrait des faces de l'ouvrage, et l'arrondi d'un des angles se prolonge en orillon du côté de l'embrasure. Le parement est enduit en ciment grenu avec insertion aléatoire de rares pierres irrégulières en forte saillie. L'ensemble de ces caractères donne à cet ouvrage un aspect assez différent de celui des blocs habituels d'ouvrages italiens, et rappelle certains ouvrages français contemporains, excepté les pierres enchâssées.

11. Ouvrage d'infanterie n° 91bis, dit de Casa Cereso (Cereje)

Ouvrage casematé monobloc de type 7000, conçu pour résister au tirs d'artillerie de moyen calibre, pouvant héberger six hommes, et armé de 2 mitrailleuses. Occupe un emplacement où la construction d'un ouvrage est projetée dès 1934, d'après le rapport contemporain du service des renseignements militaires français. Probablement construit en 1939, en même temps que l'ouvrage 29bis, de même conception, il a été plus lourdement ruiné que ce dernier par une tentative de démolition a l'explosif, qui l'a complètement disloqué.

Situé au sud/sud-ouest de la Baisse de Géréon, entre deux vallons, sur une avancée perpendiculaire à la crête du Rionard, en contrebas de celle-ci (cote 1301) dans une position analogue à celle de l'ouvrage 29bis, près d'une maison de berger.

Accès direct par le flanc gauche du bloc, qui est extrêmement épais. Le court accès droit débouche sur la chambre-abri rectangulaire, prolongée frontalement en abside, d'ou partent deux escaliers d'accès, rigoureusement symétriques, aux positions de tir pour mitrailleuse, divergeant à 45°. Embrasures à trémie avec plaque de blindage. Conduit d'aération dans les positions de tir. L'extérieur de l'ouvrage est revêtu de pierraille sporadique enchâssée dans le ciment.

Ouvrage d'infanterie 91bis dit de Casa Cereso.Ouvrage d'infanterie 91bis dit de Casa Cereso. Ouvrage d'infanterie 91bis dit de Casa Cereso.Ouvrage d'infanterie 91bis dit de Casa Cereso.

12. Abri-caverne coté N, près de la Baisse de Gereon

Abri-caverne non actif pour troupe de renfort d'une trentaine d'hommes, construit en 1932-1933 un peu au dessus de l'ouvrage d'infanterie 29. Il était équipé d'une ligne téléphonique.

Il se compose d'une chambre-abri longue de 22m, avec local de ventilation au centre, accessible aux deux extrémités par deux galeries d'accès à peu près symétriques, s'embranchant vers le sud. Chacune à une entrée encaissée à flanc de pente entre parois ébrasées en béton, suivie d'une chicane. Les deux galeries desservent latéralement des locaux techniques, surtout celle de l'entrée de droite, ou l'on trouve la réserve d'eau et le local du groupe électrogène. Dans celle de gauche: latrines et dépôt de munition.

13. Abri-caverne coté 0, près de la Baisse de Gereon

Abri-caverne non actif pour troupe de renfort d'une trentaine d'hommes, construit en 1932-1933 un peu au dessus de l'ouvrage d'infanterie 29. Il était équipé d'une ligne téléphonique.

Sa conception et ses dispositions sont en tout points semblables à celles de l'abri coté N, construit en même temps.

14. Bâtiment de troupe dit "Casermetta Gereone", près de la Baisse de Gereon

Caserne défensive à niveau unique de modèle classique, adaptée à une troupe de 40 hommes.

Adossée au terrain, couverte d'un toit plat en ciment armé, elle se compose d'une enfilade de pièces chacune prenant jour en façade. Da gauche à droite de cette façade de 45m de long, on trouve, avant la porte d'entrée: Réserve d'eau en citerne, latrines; après la porte, distribuées au revers par un corridor qui les contourne: magasin, cuisine de la troupe, salle de réunion, trois chambres pour les hommes de troupe, chambre des sous-officiers, chambre des officiers. En ce point, le corridor se retourne encore à angle droit, desservant encore la cuisine et les latrines des officiers, et débouche par une porte dans un petit avant-corps en saillie sur la façade (dit: caponnière), pourvu d'un créneau de fusillade flanquant du côté de l'accès. Au revers du corridor, dans l'axe de l'entrée, se trouve un local de réserve à rayonnage.

Les murs sont parementés en moellons de schiste, avec empattement, corniche et encadrement des fenêtres en ciment.

1Bagnaschino (D.), Corino (P-G), Alta Roja fortificata, 2001, p. 92.2Vincennes, S.H.A.T., Archives du Génie, Art. 14, renseignements militaires, Tende, Renseignements militaires, rapport du 15 février 1934, p. 19.

Ce groupe d'ouvrages constitue le premier caposaldo de la première ligne de défense du Vallo Alpino dans le sous-secteur II A de la Haute-Roya. La plupart ont été construits à partir de 1931 en application de la circulaire 200. Certains ont pu être commencés dès 1929 ; ils sont repérés et renseignés avec cartographie et plans dans le rapport du service des renseignements militaires français daté du 15 février 1934. Deux autres ont été rajoutés après la circulaire 7000, en 1939.

Ce groupe d'ouvrages qui constitue le premier caposaldo de la première ligne de défense du Vallo Alpino dans le sous-secteur II A s'étend pour l'essentiel sur le versant sud d'une crête montagneuse dite du Rionard entre le vallon du Bon Pertus au nord et le vallon de Groa au sud. Ce caposaldo est le plus densément fortifié par le nombre de ses ouvrages d'infanterie : ils sont au nombre de 14. Il y a 11 ouvrages casematés en caverne, de type 2000 ou 7000, selon la circulaire dont ils dépendent (numérotés de 28 à 34 et 91 bis) . Ils comprennent en général une chambre-abri entre une ou deux galeries d'accès en chicane ; elles desservent parfois d'autres pièces pour les ouvrages les plus complexes : citerne, ventilateur, magasins de vivres et de munitions ; des couloirs annexes mènent à des positions de tir. On trouve ici les techniques de camouflage citées dans l'ensemble : coupoles hérissées de pierres brutes espacées, en saillie ; créneau extérieur à trémie et plafond en forme de dent dissymétrique ; petites positions de tir indépendantes pour mitrailleuses dissimulées sous un simulacre de bergerie ; on trouve même, disposition rare, des positions de tir et leur embrasure ménagées directement dans le rocher (no 28, Casa Gaio) . Certaines disposent encore de portes blindées en fer avec fenêtre-guérite. Ce caposaldo comprend également deux abris-cavernes non actifs, pour troupes de renfort (cotés N et O) ; ils se composent classiquement d'une grande chambre-abri avec local de ventilation et cuisine au centre, magasins, infirmerie et poste de commandement inscrits aux extrémités. Ce caposaldo compte un bâtiment de troupe (Casermatta Gereone) pour 40 hommes : caserne défensive classique (enfilade de pièces prenant jour en façade) . Les murs sont parementés en moellons de schiste.

  • Murs
    • béton
  • Toits
    béton en couverture, pierre en couverture, terre en couverture
  • Étages
    sous-sol
  • Couvrements
    • voûte en berceau
    • cul-de-four
    • en béton armé
    • en béton armé
  • Couvertures
    • extrados de voûte
    • terrasse
    • toit bombé
  • Escaliers
    • escalier intérieur : escalier droit en maçonnerie
  • Typologies
    ouvrage casematé en caverne
  • Statut de la propriété
    propriété publique

Documents d'archives

  • Fortification des places étrangères, Italie, Tende, 1895-1914. Service Historique de la Défense, Vincennes : Archives techniques du génie, série 1V, art 14.

    Rapport des renseignements [15 février 1934], p. 19

Bibliographie

  • BAGNASCHINO, D., CORINO, P.-G. Alta Roja fortificata, Dal campo trincerato del Tenda sino alle opere in caverna del Vallo Alpino [La Haute-Roya fortifiée, Du camp retranché du Val de Tende jusqu'aux ouvrages en caverne du Vallo Alpino]. Borgone di Suza : 2001.

    p. 92

Documents figurés

  • Fascicolo contenente il piano d'insieme, la planimetria, la pianta e le sezioni delle opere che costituiscono il campo trincerato del Colle di Tenda [Document contenant le plan d'ensemble, la planimétrie, le plan et les coupes des ouvrages qui constituent le camp retranché du Col de Tende] / Dessin, vers 1887. Archivi del Genio Militare, Turin : fonds de la Sezione Staccata di Cuneo (référencé S.S.C.). Original disparu.

Date d'enquête 2001 ; Dernière mise à jour en 2002
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
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