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Hôtel de voyageurs dit Grand Hôtel du Louvre, actuellement immeuble dit Résidence du Louvre

Dossier IA06002555 réalisé en 2013

Fiche

Dossiers de synthèse

AppellationsGrand Hôtel du Louvre, Résidence du Louvre
Destinationsimmeuble
Parties constituantes non étudiéesjardin d'agrément, tennis, salon de réception
Dénominationshôtel de voyageurs
Aire d'étude et cantonMenton
AdresseCommune : Menton
Adresse : 11 rue du, Louvre, 16 avenue
Boyer
Cadastre : 2013 BK 375

L'hôtel du Louvre est l'un des plus anciens hôtels de Menton. Il a été construit en 1863 dans le quartier des Arcs, au bord du Careï, dans un secteur qui commence à peine à s'urbaniser et constituera la nouvelle ville climatique. Ce premier bâtiment, dont l'emprise au sol est visible sur le plan d'alignement de la ville de 1867, correspond à l'extrémité orientale de l'édifice actuel. L'hôtel connait ensuite plusieurs agrandissements. En 1877, un deuxième volume est construit dans le prolongement du précédent, qui est alors surélevé pour s'aligner sur le nouveau bâtiment, avec une aile en retour abritant salons et salles de restaurant. C'est le bâti qui figure sur le plan d'alignement de 1879. Le bâtiment couronné d'une balustrade et d'un fronton à l'extrémité de l'aile en retour n'est pas encore construit. De nouveaux travaux ont lieu en 1884 dont une surélévation et l'installation du chauffage central. Les journaux de l'époque mentionnent aussi que les "syrènes" (les cariatides) de l'entrée ont été sculptées par un artisan du nom de Catane. La figure lampadophore en fonte qui se trouve dans le vestibule porte la signature L. GASNE Val de Forges. Elle date du 4e quart du 19e siècle, époque où ce fondeur est en activité.

Lors de l'achat en 1888 de l'hôtel par l'hôtelier Frédéric Wasmus, il est décrit comme un grand corps de bâtiment de quatre étages sur rez-de-chaussée surélevé. L'accès principal, sur la promenade qui longe le Careï, se fait par une allée de palmiers, allée qui existe toujours. Dans le parc se trouvaient les annexes habituelles des grands hôtels, buanderie, lavoir, potager, poulailler etc... Près de l'entrée était situé le lawn-tennis. Sur le fronton du bâtiment néo-18e siècle abritant de nouveaux salons, les initiales FW (Frédéric Wasmus) laissent penser que celui-ci a été construit lors des travaux de 1892 ou 1896.

Une publicité de 1913 nous montre l'ensemble composé du bâtiment allongé qui s'élève sur trois étages et un étage de comble avec l'aile en retour de quatre étages précédée des salons, bâtiment d'un étage sur rez-de-chaussée. L'hôtel appartient alors à Edmund ter Meer, hôtelier allemand. Il est mis sous séquestre pendant la guerre et est transformé en hôpital militaire.

L'activité hôtelière reprend en 1923. L'hôtel est rénové et modernisé. En 1925-1926, l'étage de comble est transformé et un cinquième étage est rajouté dont la structure est en béton armé réalisé par l'entreprise Hennebique. Le bâtiment principal compte alors plus de 200 chambres et 94 salles de bains.

L'édifice commence à être transformé en immeuble en 1947 proposant 60 appartements et studios jouissant de la mise à disposition des salons, fumoirs, restaurant et bar affermés à des professionnels. L'exploitation hôtelière cesse totalement en 1952. En 1957, la municipalité achète le bâtiment des salons. Des travaux sont réalisés pour l'aménagement du perron, de la façade, de salles d'exposition et de bureaux à l'intérieur. Les salons de la Résidence sont inaugurés en 1962.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle, 4e quart 19e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle, 3e quart 20e siècle
Dates1863, daté par source
1877, daté par source
1884, daté par source
1925, daté par source
1926, daté par source
Auteur(s)Auteur : Entreprise des Bétons armés Hennebique
Entreprise des Bétons armés Hennebique (1894 - 1967)

Principale entreprise de construction en béton armé fondée en 1894 par l'ingénieur François Hennebique (1842-1921) auteur de brevets pour des systèmes de construction en béton armé. L'entreprise disparait en 1967.


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ingénieur civil attribution par source
Auteur : Gasne Louis
Gasne Louis

Louis Gasne, maître de forges, possède les fonderies de Tusey (Meuse) de 1874 à 1896. Lors de l’Exposition universelle de

Paris de 1889, il présentera une fontaine monumentale sous la tour Eiffel, avant de reprendre la fonderie Thiébault en 1896. Il fait du laminage de profilés spéciaux en acier destinés au bâtiment mais aussi de la fonte moulée, objets d'art et d'ornement, fontaines monumentales (celle de la place de la Concorde à Paris). Médaille d'or à l'Expostion Universelle de Paris en 1889.


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fondeur signature

L'hôtel a été construit au fond d'une parcelle irrégulière en pente douce, bordée à l'arrière par la voie de chemin de fer et donnant à l'avant sur la promenade longeant le torrent du Careï, alors à ciel ouvert. De l'entrée, on montait à l'hôtel par une allée de palmiers qui existe toujours de même qu'une partie du jardin. L'ensemble présente un plan et une volumétrie composite reflétant les divers agrandissements. Le bâtiment principal est constitué de deux ailes dans le prolongement l'une de l'autre, différenciées par un ressaut sur l'élévation antérieure. Il comprend cinq étages sur rez-de-chaussée surélevé et il est couvert d'un toit terrasse bordé d'une balustrade. Le bâtiment est vraisemblablement construit en moellons, sans chaînes en pierre de taille. Le dernier niveau est en béton armé.

La partie occidentale est précédée d'une avancée en rez-de-chaussée surélevé, couverte en terrasse accessible par les appartements du premier étage. Cet espace, très largement vitré, est occupé par un vaste salon-salle à manger. Le sol est carrelé de marbre blanc à cabochons de marbre noir.

Un corps de bâtiment indépendant en rez-de-chaussée surélevé fait retour. Il a été construit pour accueillir de plus vastes espaces de salons et salles à manger. Au sud, un autre corps de bâtiment d'un étage, couvert d'un toit à longs pans à croupes, en tuiles plates mécaniques lui est accolé. Ce pavillon est orienté au sud vers la promenade. Le rez-de-chaussée est précédé d'un portique dont les colonnes soutiennent une terrasse d'agrément accessible par les portes en plein cintre de l'étage.

Murspierre moellon sans chaîne en pierre de taille enduit
béton béton armé enduit
Toitbéton en couverture, tuile plate mécanique
Étagesétage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 5 étages carrés
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturesterrasse
toit à longs pans croupe
Techniquessculpture
ferronnerie
Représentationsfronton, denticule, ove, cartouche, cuir découpé, lierre, coquille, chute, volute, rinceau, fleur, cariatide guirlande, laurier pilastre, crochet, palmette, palme coupe, fruit
Précision représentations

La façade de l'hôtel présente un décor classique constitué de cordons marquant la séparation entre les niveaux et de tables moulurées. Les fenêtres du troisième niveau sont couronnées de frontons alternativement triangulaires ou cintrés. Une corniche saillante à denticules, oves et modillons feuillagés sépare le cinquième et le sixième niveau. Ce dernier est rythmé par des pergolas Art déco. Les gardes-corps des fenêtres des deux niveaux supérieurs sont en ferronnerie à motif de coupe de fruits.

L'ancienne porte d'entrée est flanquée de deux cariatides. Le linteau en arrondi du rez-de-chaussée est sculpté de cartouches à cuir découpé encadrés, alternativement, de rameaux de lierre, de chutes de culots ou de rinceaux fleuris. A l'intérieur les murs du salon-salle à manger sont rythmés de panneaux délimités par des guirlandes de fleurs. Le plafond est cloisonné par des guirlandes de laurier.

La façade sud du bâtiment abritant les salons indépendant est ornée d'un abondant décor sculpté. Au deuxième niveau, des pilastres cannelés à chapiteaux composites interrompent une frise de guirlandes de fruits en festons suspendues à des attaches à rubans. Au-dessus, la corniche est soulignée de denticules. La façade est couronnée d'une balustrade et d'un fronton dont le tympan est sculpté d'un cartouche à volutes flanqué de cornes d'abondance.

La ferronnerie doublant la verrière du bar des salons est constituée d'un motif en écailles.

Le Grand Hôtel du Louvre fait partie des hôtels-blocs avec jardin construits au centre ville dans la première période du tourisme à Menton (avant 1875).

Statut de la propriétépropriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • Résidence du Louvre (Menton) : aménagement. 1958-1965. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 0201 W 0130.

    Direction des affaires communales, 3ème division, 3ème bureau, 1956-1978. Résidence du Louvre : aménagement (avec plans).
  • Agrandissement et modification. Hôtel du Louvre. Menton. 1884. Archives communales, Menton : 04 O 1.

    PC N°1884-108. Entrepôt des matériaux pour surélever d'un étage l’hôtel du Louvre et faire le chauffage.
  • Agrandissement de l'hôtel du Louvre. Menton. 1892. Archives communales, Menton : 04 O 2.

    PC N°1892-­‐200. Agrandissement de l'hôtel du Louvre.
  • Surélévation d'un étage de l'hôtel du Louvre. Menton. 1925. Archives communales, Menton : 04 O 10.

    PC N°1925-590. 3 Plans. Surélévation d'un étage de l'hôtel du Louvre.
  • Hôtel du Louvre, Menton (Alpes-Maritimes). 1910-1926. Cité de l'architecture et du patrimoine : BAH-21-1910-24339.

    Structure en bétons armés Hennebique. Ensemble de dossiers. Ecrits et plans pliés. Terrasse 1910. Rehaussement 1926.
Documents figurés
  • Plan d'alignement de la ville de Menton / Dessin à l'encre par Drouhet, 1867. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 01 Fi 0248.

    Tableau d'assemblage, échelle 1/1000e.
  • Plan d'alignement de la ville de Menton / Dessin à l'encre par Sylvain Jauffret, 1879. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 01 Fi 0249.

    Tableau d'assemblage, échelle 1/1000e.
  • Grand Hôtel du Louvre. Menton. / Gravure imprimée sur papier (publicité), auteur inconnu, vers 1913.

  • 99 - Sainte-Maxime. - Boulevard du Port / Carte postale, P. H. & Cie Nancy, 1er quart 20e siècle. Archives départementales du Var, Draguignan : 2 FI Sainte-Maxime 81.

Bibliographie
  • BOTTARO, Alain, HOGU, Nicolas, KERTENIAN, Rémy. Menton une ville de palaces. Arles : Éditions Honoré Clair, photographies Michel Eisenlohr, 2019.

    P. 145-151.

Liens web

(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Négrel Geneviève - Aliotti Jean-Marc
Aliotti Jean-Marc

Architecte du patrimoine. Prestataire extérieur pour l'opération de repérage du patrimoine de la villégiature de Menton en 2013-2014, de Beausoleil (06) et de Roquebrune-Cap Martin (06) en 2016 et 2017.


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