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casino dit Casino des Palmiers

Dossier IA83000007 réalisé en 1982

Fiche

DESCRIPTION

1. Situation

Le casino municipal s'élève au centre d'un jardin aménagé sur un terrain légèrement incliné vers le sud et aménagé en terrasses. Deux avenues le bordent à l'ouest et au nord. Les deux autres côtés sont mitoyens avec des propriétés privées.

Vue aérienne prise du sud-sud-est.Vue aérienne prise du sud-sud-est.

2. Matériaux

L'édifice est entièrement enduit et badigeonné. L'essentiel du décor extérieur est façonné dans l'enduit. La maçonnerie est traditionnelle. A l'intérieur, voûtains catalans en brique (caves), plafonds en plâtre sur lattis, charpente métallique sur le bâtiment principal.

3. Parti général

L'édifice (plan 3 à 7) se compose d'un corps de bâtiment principal nord-sud et de deux ailes en retour elles-mêmes bordées par des ailes secondaires saillant en exèdre au nord. Deux entrées monumentales ponctuent les extrémités nord et sud du bâtiment principal. L'ensemble comprend un rez-de-chaussée surélevé où se trouvent toute la partie publique, un étage de soubassement abritant les services et les locaux techniques. Les deux ailes ont un étage supplémentaire, côté nord, abritant des logements. L'ensemble des salles publiques du rez-de-chaussée occupe la hauteur de l'édifice.

Façade sud. Vue d'ensemble.Façade sud. Vue d'ensemble. Aile ouest. Vue de volume prise du nord-ouest.Aile ouest. Vue de volume prise du nord-ouest.

La distribution s'effectue par le porche hors-œuvre du côté sud ouvrant sur un vaste hall composé de trois travées séparées par trois colonnes de part et d'autre. A l'ouest, salle de boules, salle de baccara et cabaret ; à l'est, dancing et salons. La salle de spectacle occupe l'essentiel du bâtiment principal.

Le hall méridional, autrefois couvert d'un plafond vitré, est actuel­lement couvert d'un plafond en coupole construit au-dessous du précédent et masquant les tympans qui couronnaient baies extérieures et travées latérales.

Vestibule sud. Vestiges du plafond d'origine masqué par la coupole actuelle.Vestibule sud. Vestiges du plafond d'origine masqué par la coupole actuelle.

Une salle de cinéma a été aménagée à l'intérieur de l'ancienne salle de spectacle, uniquement en rez-de-chaussée, sans balcon. On y accède par le porche dans-œuvre nord, adossé à la scène.

4. Élévations extérieures

Ornées de refends, de bossages, de tables saillantes, d'agrafes, de colonnes, de balustrades, d'oculi, les élévations extérieures relèvent d'une interprétation du vocabulaire classique utilisé en fonction de la hiérarchie des corps de bâtiments : colonnes et loggia simulée pour l'entrée principale encadrée de deux tourelles ; fenêtres en plein-cintre avec colonnes engagées simulant des galeries latérales sur la façade antérieure ; mêmes éléments pour l'entrée du théâtre ; simples refends sur les autres élévations ; traitement simplifié pour le pignon nord des cintres du théâtre. Toutes les élévations sont couronnées d'un enta­blement et d'une balustrade.

L'entrée principale, au sud, fut dotée d'une marquise en fer forgé.

Façade sud. Entrée du vestibule.Façade sud. Entrée du vestibule.Façade sud. Façade sud. Aile gauche et escalier d'accès latéral du vestibule.Façade sud. Façade sud. Aile gauche et escalier d'accès latéral du vestibule.Façade nord. Entrée du théâtre.Façade nord. Entrée du théâtre.

5. Comble et couverture

Charpentes métalliques. Couverture en tuiles mécaniques. Tuiles en écailles vernissées sur les deux clochetons méridionaux.

6. Distribution intérieure

Il ne reste aucun élément intact à l'intérieur du casino. Toutes les salles ont été modifiées, redécorées, désaffectées à un moment ou à un autre et sont actuellement en très mauvais état. L'utilisation présente ne tient aucun compte de la nature des lieux. C'est ainsi que les récentes floralies (mars 1982) ont été aménagées tant à l'extérieur qu'à l'intérieur de l'édifice ; terre, rocailles, plantations ayant été, pour l'occasion, rapportées sur les sols anciens, dallages ou parquets. Les couleurs utilisées, les toiles tendues sur certains murs, les fils de fer accrochés à des pitons pour soutenir des sortes de velum tendent à masquer tant bien que mal les décors anciens.

- Le hall méridional constitue un espace carré délimité sur trois côtés par les colonnes à chapiteaux ioniques du porche, à couronnement en forme de lambrequin des côtés. Ces colonnes sont aujourd'hui peintes en bleu pétrole et en faux-marbre, le couronnement en jaune. Au-dessus s'élève un plafond et une coupole semi-circulaire sans décor particulier. Ce plafond fut établi à hauteur d'entablement des colonnes, masquant les tympans qui couronnaient les passages, fortement ouvragés des côtés, et le plafond d'origine. Celui-ci encore en place se compose d'un vitrage de plan carré en verre dépoli reposant sur un quadrillage métallique dont les intersections s'ornent de quatre-feuilles et d'une voussure délimitée à sa naissance par une frise bombée, à sa partie supérieure par une guirlande. Un badigeon beige recouvre l'ensemble y compris les restes de vitres dépolies de la verrière.

Rez-de-chaussée surélevé. Vue transversale d'est en ouest prise du dancing (aile est).Rez-de-chaussée surélevé. Vue transversale d'est en ouest prise du dancing (aile est).

- La salle de boules ne conserve aucun décor apparent, mais possède encore un parquet à panneaux de marqueterie.

Rez-de-chaussée surélevé. Aile ouest. Salle de boules. Vue d'ensemble depuis le hall sud.Rez-de-chaussée surélevé. Aile ouest. Salle de boules. Vue d'ensemble depuis le hall sud.Rez-de-chaussée surélevé. Aile ouest. Salle de boules. Vue de volume du décor de l'angle nord-est.Rez-de-chaussée surélevé. Aile ouest. Salle de boules. Vue de volume du décor de l'angle nord-est.

- La salle de baccara conserve un décor peint (moitié supérieure des murs visible et plafond) de style Art-Déco constitué de guirlandes de perles et de motifs en dents de scie sur un fond bleu soutenu. Les tonalités générales sont bleu, vert, mordoré. Des appliques (toutes sont cassées) donnaient un éclairage indirect dans les angles des pilastres qui rythment la salle, près du plafond.

Rez-de-chaussée surélevé. Aile ouest. Salle de baccara. Vue d'ensemble du sud au nord.Rez-de-chaussée surélevé. Aile ouest. Salle de baccara. Vue d'ensemble du sud au nord.Rez-de-chaussée surélevé. Aile ouest. Salle de baccara. Angle sud-ouest. Décor peint.Rez-de-chaussée surélevé. Aile ouest. Salle de baccara. Angle sud-ouest. Décor peint.

- La salle de spectacle, presque carrée est aménagée dans le prolongement du hall méridional. Le balcon était en fer à cheval, alors que l'architecture générale de la salle est alignée sur les deux rangées de piliers soutenant le balcon. Au-dessus de celui-ci règne un mur recouvert d'une fresque couronnée d'une corniche encadrant un plafond au centre duquel pendait un lustre.

La fresque, entièrement conservée, représente, sur un fond de végétation stylisée de tonalité générale rose-mauve des personnages dansants très stylisés. On pense à "la danse" de Matisse. Au bas de cette fresque, un décor de dents de scie. Sur le plafond, mêmes motifs partant des angles. Le lustre, qui a disparu, pendait au centre d'une sorte de rosace octogonale où étaient peut-être intégrées des ampoules électriques.

Rez-de-chaussée surélevé. Salle de spectacle. Vue d'ensemble prise du nord au sud.Rez-de-chaussée surélevé. Salle de spectacle. Vue d'ensemble prise du nord au sud. Rez-de-chaussée surélevé. Salle de spectacle. Plafond.Rez-de-chaussée surélevé. Salle de spectacle. Plafond.

Tous ces éléments sont cachés au-dessus de l'actuelle salle de cinéma aménagée au niveau du rez-de-chaussée et dont les murs s'élèvent à l'aplomb de la balustrade du balcon, jusqu'à la naissance de la fresque. Le hall du cinéma est récent ; son décor banal masque sans doute les éléments d'origine.

CONCLUSIONS

Bâti entre 1882 et 1902, le casino ne présente plus, de son origine, que ses élévations extérieures. Du décor intérieur n'apparaît plus aujourd'hui que le plafond du hall principal, relevant lui aussi de l'interprétation très "1900" du vocabulaire classique du XVIIIe siècle.

Il semble qu'on a refait l'ensemble du décor intérieur quelques vingt­-cinq ans plus tard : la coupole du hall, la fresque du théâtre, le décor peint du baccara sont en effet de style art-déco, ainsi que la marquise de la façade antérieure.

AppellationsCasino des Palmiers
Parties constituantes non étudiéessalle de spectacle
Dénominationscasino
Aire d'étude et cantonHyères - Hyères
AdresseCommune : Hyères
Adresse : avenue
Ambroise-Thomas
Cadastre : 1983 A5 4624

La construction d'un casino est réclamée depuis la fin des années 1850. Différents projets sont présentés par des architectes dont celui de De Chamecy (1881) qui connait un début d'exécution mais reste inachevé. Seuls le soubassement et deux niveaux sont construits. Rastoul (1886) , Chapoulart (1888) , Truchet et Triniti (1888) et O. Lazard (1889) proposent de nouveaux projets. C'est ce dernier qui en compagnie de Fombertaux, achève l'édifice inauguré en décembre 1902. L'activité du casino cesse en 1962. Racheté par la ville en 1980, son réaménagement fait l'objet d'un concours en 1981 et l'inauguration de l'édifice réhabilité par Michel Fouque a lieu en 1991. Seule l'enveloppe extérieure a été conservée et les bâtiments ont été surmontés d'une grande verrière-miroir. Les décors intérieurs, dont les fresques art-déco n'ont pas été conservés.

Période(s)Principale : limite 19e siècle 20e siècle
Auteur(s)Auteur : Chamecy de architecte attribution par travaux historiques, attribution par source
Auteur : Lazard O. architecte attribution par source, attribution par travaux historiques
Auteur : Fombertaux architecte attribution par source, attribution par travaux historiques
Auteur : Fouque Michel architecte attribution par source, attribution par travaux historiques
Auteur : Rastoul architecte attribution par source, attribution par travaux historiques
Auteur : Chapoulart Pierre
Chapoulart Pierre (1849 - 1904)

Architecte à Hyères.


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architecte attribution par source, attribution par travaux historiques
Auteur : Truchet architecte attribution par source, attribution par travaux historiques
Auteur : Triniti architecte attribution par source, attribution par travaux historiques

Edifice entièrement enduit. Etage de soubassement correspondant au début d'exécution du premier projet en grès appareillé à bossage, non enduit. Tuiles plates vernissées sur les toits à l'impériale des deux clochetons méridionaux.

Mursgrès
enduit
moellon
Toittuile plate mécanique, tuile plate
Plansplan symétrique
Étagesétage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré
Élévations extérieuresélévation ordonnancée
Couverturestoit à longs pans
toit à l'impériale
croupe
État de conservationrestauré
Techniquespeinture
décor stuqué
sculpture
Précision représentations

Sujet : personnages nus dansants stylisés, support : mur au-dessus du balcon de la salle de spectacle. Sujet : lyre, support : tympans des baies latérales du vestibule sud. Sujet : guirlande, support : voussure du plafond du hall méridional. Sujet : colonnes, support : façades nord et sud.

Statut de la propriétépropriété publique
Intérêt de l'œuvreà signaler

Références documentaires

Documents figurés
  • Projet de construction d'un théâtre et d'un casino municipaux : élévation principale / Dessin par Truchet et Triniti, 1888. Archives municipales d'Hyères : 2 R 10 (1-5).

  • Photographies de l'ancien casino municipal inachevé / Photographies par P. Poullan, 26 décembre 1896. Archives communales d'Hyères, 2 R 10 (6-8).

  • Ensemble des plans du casino rénové / Dessin par Michel Fouque, 1992.

  • Documents de la SEMIH sur l'état des lieux / Dessin, 1981.

Bibliographie
  • VIGARIE, Stéphanie. Casino des palmiers : dossier réalisé dans le cadre de la licence d'histoire de l'art. Aix-en-Provence : 1992.

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