aqueduc dit aussi conduite des Fontaines, galerie de Montbrien, aqueduc des piliers, aujourd'hui aqueduc du Naï
Copyright
  • (c) Parc naturel régional du Verdon
  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Parc naturel régional du Verdon - Saint-Maximin-la-Sainte-Baume
  • Commune La Verdière
  • Lieu-dit Puy d'Auberge, Montbrien, Bramefan, Pourquinson
  • Adresse
  • Cadastre 2016 659 et 661 figuré
Sommaire
  • Dénominations
    aqueduc
  • Appellations
    conduite des Fontaines, galerie de Montbrien, aqueduc des piliers , aqueduc du Naï

Aménagements hydraulique de la commune de La Verdière :

Jusqu'au milieu du 20e siècle, le village de La Verdière est alimenté en eau par la conduite des Fontaines. Cet ouvrage est depuis supplanté par un réseau de distribution moderne.

Avant 1826, les points d’eau du village sont alimentés par la source du Puy d’Auberge, captage associé au château construit à partir de l'an mil. Après avoir parcouru le vallon, l’eau alimente par gravitation le centre du village en suivant une galerie souterraine aménagée d’une rigole latérale dite cunette. Après tarissement de la source du Puy d’Auberge, la source de Montbrien est captée et dirigée vers une galerie souterraine construite entre 1835 et 1839, elle se raccorde à la galerie du Puy d'Auberge par l’aqueduc des piliers (aujourd'hui aqueduc du Naï). La commune a dépensé 40 000 Frs pour l’adduction d’eau de la source de Montbrien jusqu’au village. A cette occasion de nouveaux points d'accès à l'eau sont aménagés dans le village, de nouveaux aménagements sont proposés pour les fontaines de la place principale et de Sous-ville.

En 1867, une lettre du Conseil d’État adressée au Préfet fait allusion à un excès de pouvoir de la commune contre une décision du Ministère de l'Intérieur et de la Préfecture qui s'oppose à la transaction consentie entre la commune et le marquis de Forbin d'Oppède pour lui permettre l'utilisation des surverses des eaux de toutes les fontaines créées ou à créer à la Verdière avec le produit de la source de Montbrien, cette source lui appartenant. Un recours est entrepris par la commune pour obtenir l'annulation de plusieurs délibérations. Lors de la séance du 19 mars 1869 du Conseil d'Etat au contentieux, la commune est condamnée aux dépens et sa requête est rejetée.

En 1951, la station de captage de la source de Montbrien est réaménagée. On substitue à la conduite des Fontaines un réseau en fonte qui suit en partie le tracé de l’ancienne galerie, jusqu’à l’entrée du village où elle se raccorde à la cunette de distribution des fontaines. A partir de 1953, la source de Montbrien est relevée vers un bassin de mise en charge, qui permet d’alimenter les points d’eau publics du village et d’offrir l’eau courante aux maisons. Quelques années plus tard, une seconde station de captage est construite à l’ouest du village. En 1968, la source de Saint-Pierre d'Hermès vient renforcer le captage de Montbrien avec la réalisation d'une station de pompage qui fournit 60 m3 par jour (0.7 l/s). Cette eau est alors conduite jusqu'à Notre-Dame de la Salette où elle est stockée dans une citerne avant d'être renvoyé par un système de chasse d'eau vers l'auberge du Pont.

L'installation du tout à l’égout et la fréquentation estivale suscitent des besoins croissants dès 1965. Confrontés à la pénurie, les maires de la Verdière et de Saint-Julien, Mr Martin JULIEN et Maurice JANETTI, ont le projet d'alimenter leurs communes grâce au canal du Verdon. Avec les communes voisines ils s'organisent en syndicat intercommunale dont l'objet est de se doter d'un système d'adduction et de distribution d'eau potable fiable. Le SIAVOM (Syndicat Intercommunal d'Alimentation du Nord-Ouest Varois) est créé en 1968 sous la présidence de Maurice JANETTI. Le projet concerne le canton, comprenant les communes d'Artigues, Esparron, Ginasservis, Rians, Saint-Julien le Montagnié, Saint-Martin de Pallières, Varages et la Verdière, rejoint en 1973 par Barjols. Ce programme d'adduction qui relie neuf communes bénéficie de subventions publiques. A partir de 1969, le réseau se développe : stations de pompage à Malaurie et Rians, huit châteaux d’eau, 120 km de canalisations primaire et 280 Km de desserte interne. En 1979, le syndicat passe un contrat d’affermage de son réseau d'alimentation avec la SAUR (société d’Aménagement Urbain et Rural) qui assure la production d’eau potable, entretient le réseau. Ce réseau garantit l'arrivée de l'eau potable au robinet et de l'eau brute pour les récoltes, aussi bien dans les centres villageois, les hameaux les plus reculés que dans les fermes situées en écart (Notes préalables du Parc naturel du Verdon).

La grande rénovation de l'aqueduc des Piliers de 1876 :

Le 31 juillet 1876, le Conseil municipal dresse un projet de réparation complet de l'aqueduc des piliers sur lequel passe la conduite des fontaines. Le devis comprend les réparations à faire aux maçonneries et aux enduits de l'aqueduc ainsi que le découvrement des maçonneries. En effet, les crépissages des murs en prolongement sont en ruines, ils seront déblayés au pied des murs jusqu'à une profondeur d'environ 0,50 cm pour descendre les enduits extérieurs jusqu'aux parties qui n'ont pas souffert du temps. Les galeries adjacentes à l'aqueduc, la galerie extérieure qui le précède et celle qui le suit, sont en complète vétusté et seront réparées en reconstruisant les parties des pieds-droits et du dallage qui sont écroulées ou dégradées. Les murs seront relevés sur leur aplomb, les dalles cassées seront remplacées et le chaperon qui surmonte les dalles et forme la toiture de la galerie sera reconstruit totalement. Les moellons cassés sur les angles du couronnement des piliers ou des culées seront remplacés, tout comme les pierres de taille de la corniche et les dalles de recouvrement de la conduite en plomb qui sont abîmées. Tous les joints dégarnis de la pierre de taille et des moellons seront regarnis au mortier de ciment hydraulique et tous les parements de maçonnerie formant l'intérieur des piliers, des arches et des tympans de l'aqueduc devront être réformés et recouverts d'un enduit composé de chaux ordinaire et hydraulique (Projet de réparations diverses au grand Aqueduc des Piliers et à la Tour de l'Horloge - Devis et Cahier des charges du 31 juillet 1876).

Jusqu’en 1826, la source du Puy d’Auberge alimente les fontaines du village de La Verdière grâce à une galerie souterraine. Des travaux ont été entrepris mais n’empêchent pas le tarissement de la source, la commune se tourne alors vers une source abondante et régulière située au quartier de Montbrien. Le baron Augustin de Forbin d’Oppède, maire de la commune, porte le projet d'un canal pour conduire l’eau de cette source jusqu’au village. Une galerie empierrée est construite, l'aqueduc des piliers permet le raccordemment à la conduite du Puy d'Auberge. Le conseil municipal diligente une étude de nivellement conduite par M. Gianani, ingénieur de l’arrondissement de Brignoles, pour s’assurer que les fontaines soient alimentées par gravitation. Le projet est repris cinq ans plus tard par M. Devine, maire de la Verdière. Une délibération du conseil municipal du 6 janvier 1832 charge M. Imbert, ingénieur hydraulique de Brignoles, de dresser les plans et devis. La mise aux enchères des travaux est autorisée par arrêté du ministre du commerce et des travaux publics du 30 septembre 1834. Les travaux sont adjugés aux enchères à M. Audibert Etienne pour 30 960,82 francs. La commune obtient en 1835, une subvention de 5000 francs du gouvernement. Les travaux commencent le 15 octobre 1834, ils durent 5 ans et ce n’est que le 1er juillet 1839 que le canal est alimenté ***. Par la suite, le sous-préfet désigne M. Gianani pour faire l'évaluation des travaux (Lettre du sous-préfet au préfet du 25 juillet 1839). Le canal entièrement voûté compte 2 Km de longueur, il franchit le vallon du Naï sur un aqueduc de 12 arcades de 5,50 mètres d'ouverture chacune, portées sur des piliers carrés de 1m35 d'épaisseur et d'une hauteur variant de 2m40 à 7m20. C'est une entreprise considérable à l’échelle d'une commune de 1600 habitants. La galerie et l'aqueduc font l'objet de travaux d'entretien réguliers pendant sa durée d'utilisation. Pour exemple, un projet de réparation daté de 1866 prévoit de cimenter les parties dégradées du canal intérieur de la galerie, de reconstruire partiellement ce canal et le corps de la galerie. Le devis estimatif, dressé par l’agent du canton M. Noyer, se monte à 7900 francs. Le 6 avril 1875, les délibérations communales signalent de nouveau des travaux sur la conduite des fontaines du village, seule source d’alimentation en eau du village. M. Daumas, agent cantonal de la commission des bâtiments civils, présente l’état de délabrement, accompagné de plans et d’un devis s’élevant à la somme de 4000 francs ***. Dans le mémoire à l’appui, il est indiqué que l'entretien de cet aqueduc, qui est un véritable monument pour une petite commune, est de la plus haute importance. Le conseil municipal en demande alors la restauration complète (Projet de réparations diverses au grand Aqueduc des Piliers et à la Tour de l'Horloge - Mémoire à l'appui du 31 juillet 1876). Le devis comprend des réparations à faire aux maçonneries et aux enduits de l'aqueduc des piliers sur lequel passe la conduite des fontaines mais aussi le découvrement des maçonneries : voir détail dans le bloc "texte libre" de la notice (Projet de réparations diverses au grand Aqueduc des Piliers et à la Tour de l'Horloge - Devis et Cahier des charges du 31 juillet 1876). Le 13 mars 1929, un marché de gré à gré est signé entre M. Albert Lion et M. Laitano, ferblantier à Manosque, pour des travaux de réparation sur l’aqueduc. Il s’agit de poser des tuyaux de fonte moulée de 150 mm de diamètre sur une longueur de 87 mètres, en les recouvrant entièrement avec les dalles existantes, le tout pour un montant total de 8482,50 francs. En 1951, cet aqueduc est amputé de sa première arche, emportée par un camion transportant une grue, la culée est ensuite supprimée lors de l'élargissement de la route. Cet accident n'a pas interrompu l'accès à l'eau, les fontaines étant alimentées par le réseau d'eau depuis 1951. Pour autant, des travaux réguliers ont été menés sur la conduite dû à la récurrence des pénuries d'eau ***.

  • Période(s)
    • Principale : 1ère moitié 19e siècle , daté par source , (incertitude)
    • Principale : 1ère moitié 20e siècle

La conduite des Fontaines comprend plusieurs sections. Depuis la source de Montbrien, la galerie enterrée de Montbrien rejoint l'aqueduc des piliers, dit aqueduc du Naï, qui se poursuit jusqu'à la galerie du Puy d’Auberge.

Galerie de Montbrien : La galerie enterrée est couverte d'une voûte de moellons bruts hourdés au mortier ordinaire. Scellées au ciment dans le pied-droit, une rigole de brique constitue la cunette. La pente est très faible, environ 0.03 m pour 100 mètres.

Aqueduc des piliers, dit du Naï : La structure de l'aqueduc comprend douze arches de 5.50 m d’ouverture chacune, portées sur des piliers carrés de 1.35 m d’épaisseur et d’une hauteur variant de 2.40 m à 7.20 m. Cet ouvrage est maçonné en moellons, des blocs de pierre de taille venant renforcer les angles des piliers, les bandeaux et le couronnement.

Galerie du Puy d’Auberge : La source du Puy d’Auberge présente aujourd'hui un bassin tari. L’eau circulait dans le vallon jusqu’à un déversoir qui marque le début de la galerie enterrée. Maçonnée en moellons de pierre, la galerie est couverte de larges dalles de pierre sur une dizaine de mètres, avant d'être couverte par une voûte cintrée de moellons. Un canal ménagé dans le sol de la galerie conduit l’eau jusqu’au village par gravitation.

  • Murs
    • calcaire moellon
  • État de conservation
    désaffecté
  • Statut de la propriété
    propriété de la commune
  • La conquête de l'eau. SIANOV (Syndicat Intercommunal d'alimentation en Eau du Nord-Ouest Varois); Parc naturel régional du Verdon

Documents d'archives

  • Evaluation des travaux. Lettre du sous-préfet au préfet, La Verdière, 1839. Archives départementales du Var, Draguignan : 2 Op 149/5

  • Projet de réparations de la galerie dite du Montbrien, 1866. Archives départementales du Var, Draguignan : E dépôt 82/315

  • Contentieux entre la commune de La Verdière et le Conseil d’Etat. Lettre du Conseil d'Etat à M. Le Préfet, La Verdière, 1867. Archives départementales du Var, Draguignan : 2 Op 149/5

  • Décision du Conseil d’État. Conseil d’État au contentieux, La Verdière, 1869. Archives départementales du Var, Draguignan : 2 Op 149/5

  • Projet de réparations diverses au grand Aqueduc des Piliers et à la Tour de l'Horloge. Devis et Cahier des charges, La Verdière, 1876. Archives départementales du Var, Draguignan : 2 Op 149/3

  • Projet de réparations diverses au grand Aqueduc des Piliers et à la Tour de l'Horloge. Mémoire à l'appui, La Verdière, 1876. Archives départementales du Var, Draguignan : 2 Op 149/3

  • Projet de réparations diverses à la conduite des fontaines. / Profils en couleur réalisés par Mr Daumas, 1885. Archives départementales du Var, Draguignan: E dépôt 82/315

  • Traité de gré à gré: pose de tuyaux en fonte, 1929. / Archives départementales du Var, Draguignan: E dépôt 82/333

Date d'enquête 2016 ; Dernière mise à jour en 2016
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