Cette grande villa s’élève en milieu de parcelle, dans un parc arboré de cèdres, d’oliviers et de cyprès. Elle est construite sur un talus de ce terrain. Au nord-ouest, trois dépendances en appentis dont une citerne avec enduit en ciment prompt imitant un parement pierre. La marque du maçon est apposée dessus « ENTREPRISE/THORRAND ET CIE/NICE ». Une dépendance présente des ornements de céramique imitant un pigeonnier, son toit couvert de tuiles creuses. L’autre dépendance, couverte de tuiles plates présente un mitron de cheminée qui évoque ceux de la maison principale.
Un escalier de jardin, à degrés légèrement concaves, mène à la maison depuis son coin sud. Des sphères d’ornement sont placées sur les quatre piliers en départ et arrivée de rampe.
L’édifice, bien qu’il présente des caractères régionalistes néo-provençaux, conserve une architecture savante, perceptible notamment dans la régularité de son élévation. Sa volumétrie s’organise autour d’un corps principal en L, composé d'un soubassement, un rez-de-chaussée surélevé auxquels s'ajoute deux étages carrés, et une absidiole sur la façade est. Son toit est en tuiles creuses à plusieurs pans.
Les quatre façades de la maison ont le même parement en moellons de pierre irréguliers à joint beurré. Des murs-boutants viennent régulièrement garnir les murs. Les linteaux des baies rectangulaires sont en bois, de même que les barres d’appuis, constituées d’un simple barreau.
L’entrée se fait à l’arrière, côté nord, par une terrasse en terre-plein entourée d’une pergola avec piliers maçonnés supportant des poutres de bois.
L’élévation de la façade principale, au Sud, présente deux niveaux. Son ordonnancement est harmonieux : quatre travées que viennent moduler les contreforts au coin gauche de l’édifice, l’ajout d’une loggia centrale à laquelle mène un escalier maçonné extérieur avec retour partant de la gauche de la façade. Un porche, sous la loggia présente un pilier central, monolithe en pierre blanche dite pierre de la Turbie, soutient un linteau taillé dans le même matériau au centre duquel une rigole évacue les eaux de pluie recueillies par une chantepleure. La taille de ce pilier prend soin de délarder les angles.
La distribution intérieure s’opère à partir d’un hall central qui distribue la cuisine, la salle à manger et le salon. Le salon présente deux baies avec retours, porte-fenêtre et couvert d'une voûte d’arrête sur la partie sud de la pièce. Une cheminée, en semi-hors-œuvre allie la pierre avec coquiller à la brique. Son manteau est couronné d’un blason à deux besans.
L’escalier tournant à retours sans jour, dans-œuvre, est projeté contre la façade sud. Son départ est constitué d’une volée maçonnée dont le mur de cage s’ouvre en arc segmentaire. Son premier palier donne sur la loggia au centre de la façade principale. Sa rampe est également en chêne. A partir du premier étage, un jour est ménagé dans l’escalier dont le dessin s’allège par le recours exclusif au bois, parfois souligné de ferrures et orné de sphères.
A l’étage, se trouvent deux chambres et un salon. Sous les fenêtres et dans les alcôves, des tablettes avec tiroirs et placards sont intégrées. La cheminée du petit salon a conservé sa tablette en bois, surmontée d’un miroir pris dans des boiseries.
Chercheur au service de l'Inventaire PACA.