Le domaine des Collettes
La parcelle, se déploie sur une surface de plus de 2 hectares sur le versant méridional de la colline des Collettes. Elle a conservé son ancienne configuration agricole par son organisation en terrasses maintenues par des murs de soutènement maçonnés. Au nord prennent place les trois édifices : l’ancienne ferme qui abrite aujourd’hui les bâtiments administratifs du musée, à laquelle s’adjoint un four, la reconstitution récente de l’atelier du peintre en haut de la parcelle, et enfin, le bâtiment principal qui accueille aujourd’hui le musée.
Le parc se compose d’oliviers, témoignage de la destination agricole de la parcelle, d’un potager, reconstitution du potager créé par Renoir, et devant la maison, côté sud, un verger avec des orangers aux milieux desquels se dresse le bronze de la venus vitrix réalisé par Renoir et Guido Reni.
La maison Renoir
La maison est construite sur un plan rectangulaire en moellons calcaires. Son élévation comprend un étage de soubassement côté sud permis par la déclivité du terrain auquel s’ajoute un rez-de-chaussée et un étage carré. Les façades sud, est et ouest présentent le même parement en calcaire (colombine claire) taillé en moellon, à joint beurré tandis que la façade nord est traitée en enduit granuleux beige. Le toit en tuiles creuses se termine par un avant-toit de deux rangs de génoise.
La façade d’agrément au sud, est ordonnancée à quatre travées présente plusieurs balcons et terrasses. L'étage de soubassement s’ouvre sur un portique à trois arches plein cintre, couvert par une terrasse d'agrément. Cette terrasse est conçue comme le prolongement des pièces de réception. On peut également y accéder par un escalier extérieur en angle.
L’architecte a varié les types de garde-corps sur cette façade alternant entre les claustra de tuiles et les ouvrages de serrurerie.
En façade est, un mur pignon en forme chapeau de gendarme rehaussé au centre d’un oculus rappelle une autre villa réalisée par Jules Febvre à Cagnes. Sa photo publiée par Georges Avril dans La Maison dans le paysage monte le même type de mur pignon.
On entre dans la maison par un porche situé dans l’axe de la façade nord, encastré dans un arrière-corps. Le dessin de cette façade bien que non ordonnancé est équilibré dans la disposition et la variété dans les formes de baies (ouvertures, rectangulaires, cintrées, et grande baie de l’atelier).
L’étage de soubassement accueille sur sa partie nord un calorifère et au sud deux salles, servant parfois d’atelier de sculpture. La distribution intérieure s'opère autour d'un escalier projeté au nord de l'édifice à retour et avec jour. Il mène au premier étage qui abrite les chambres de bonne.
Le rez-de-chaussée surélevé accueille la cuisine, deux chambres côté nord, le salon et la salle à manger communiquant tous deux avec la terrasse et enfin l’atelier. Ce dernier, d’une surface de plus 42 m2 est bien plus vaste que les salles de réceptions. Pour maximiser la hauteur sous plafond (4,30 mètres), l’architecte a prévu d’abaisser le niveau du sol, nécessitant la présence de quatre degrés pour accéder à la pièce. Ce dégagement permet la création d’une grande baie, exposée Nord, permettant au peintre d’obtenir une lumière constante pour son travail. Les pièces de réception ont conservé le mobilier de la famille Renoir, régulièrement utilisé comme accessoires d’atelier et qui est inscrit à l’inventaire du musée. Leurs murs sont ornés de simples lambris de menuiserie, et tapissés de tissus, ornés sur tous ses côtés d’un galon avec motifs de frises de fleurs.
Chercheur au service de l'Inventaire PACA.