Dossier d’œuvre architecture IA05000483 | Réalisé par
Fray François
Fray François

Conservateur du Patrimoine au service régional de l'Inventaire de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 1968 à 2004.

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  • inventaire topographique
chapelle Saint-Jean-Baptiste
Œuvre étudiée
Auteur
Copyright
  • (c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général

Dossier non géolocalisé

Localisation
  • Aire d'étude et canton Argentière-la-Bessée (L')
  • Commune L'Argentière-la-Bessée
  • Lieu-dit Saint-Jean
  • Cadastre 1949 D3 1114
  • Dénominations
    chapelle
  • Vocables
    Saint-Jean-Baptiste

DESCRIPTION

Situation et composition d'ensemble

La chapelle s'élève sur une petite éminence rocheuse isolée au pied du château ; elle est bordée à l'ouest par la rue du Vernet, sur les autres côtés par des jardins et des prés en contrebas. La Durance, qui passe à quelques 200 m à l'est est masquée par le remblai de la voie ferrée.

Il n'y a pas de chemin d'accès aux deux portes ouvertes au sud, il faut escalader la butte.

Matériaux

Soubassement visible à l'est (sous l'abside) et à l'ouest constitué de gros galets. Les parements extérieurs sont un appareil en lits irréguliers de 10 à 30 cm de tuf équarris. Ces assises ne règnent pas également sur l'ensemble des élévations ; elles sont interrompues par des rattrapages qui correspondent peut-être à des journées de travail pour les parties nues des parements ; autour des baies et contre les chaînes d'angles, les assises rattrapent tant bien que mal les niveaux des claveaux ou des harpes. Sont seules en marbre rose dit de Guillestre les deux portes sud (parement extérieur et seuil) ainsi que les corbeaux de cette même façade destinés à recevoir un auvent de bois. L'emmarchement intérieur du portail est taillé dans le roc.

A l'intérieur, l'abside, les embrasures des baies, les colonnettes et les voûtes sont appareillées en tuf. Les murs, qui sont enduits, semblent construits en blocage de galet (ce qui se voit aussi sur la façade ouest, enduite, mais dont une partie est reprise ). Tous les parements ont été rejointés.

Mur gouttereau sud.Mur gouttereau sud. Mur gouttereau sud : la porte.Mur gouttereau sud : la porte.

Structure

Édifice orienté à nef unique de trois travées couverte d'un berceau et abside en cul-de-four. Il est éclairé sur toutes ses faces par des fenêtres, à simple ébrasement. Les colonnettes séparant les travées de la nef sont tronquées à mi-hauteur.

L'embrasure des deux portes est différente : le portail a une embrasure couverte en plein-cintre dégageant le revers du tympan ; celle de la petite porte n'a qu'un arc segmentaire à hauteur du linteau.

Le clocher, inaccessible, repose sur l'arc triomphal et la troisième travée de la nef ; il est constitué d'une tour de plan rectangulaire de deux étages éclairés de baies géminées sur ses quatre faces.

Élévations extérieures

- Façade antérieure sud

Percée de deux portes : portail (autrefois orné de deux colonnettes) présentant un linteau sculpté en réserve (croix encadrée de motifs végétaux très schématisés) sur deux coussinets en doucine ; le tympan en légère retraite pourrait avoir été peint. La même moulure (doucine) se retrouve autour du tympan sur l'arête des claveaux et sur les impostes. Un cordon chanfreiné, au nu du parement, entoure l'extrados des claveaux.

La porte a la même structure mais plate et sans décor. Deux fenêtres en plein cintre, chanfreinées. Entre ces baies s'intercalent quatre corbeaux à ressaut pour un auvent de bois. Un cordon creusé d'un cavet règne sur cette élévation.

- Façade ouest

Pignon enduit percé d'une seule fenêtre rectangulaire.

- Façade nord

Élévation seulement percée des trois fenêtres de la nef. Plein cintre chanfreiné. Même cordon qu'au sud.

- Chevet

Élévation de cinq travées séparées par des colonnes engagées dont les chapiteaux cubiques sont reliés par des arcatures en plein cintre retombant sur des culots sculptés représentant cinq têtes d'animaux, une tête humaine et deux barriques (travées latérales). Les trois fenêtres en plein cintre sont à double rouleau ; seul l'appui a un chanfrein qui retourne sous l'ouverture. Un motif de dents de scie couronne l'ensemble.

Deux croix de consécration sont gravées dans la deuxième assise de la travée centrale. Elles sont accessibles par un degré taillé dans le roc.

- Clocher

Sur les quatre faces, deux niveaux de fenêtres géminées en plein cintre ; colonnette centrale carrée avec chapiteau évasé seulement à l'extérieur et à l'intérieur. Cordons d'appui chanfreinés tout autour et en couronnement.

Comble et couverture

Comble inaccessible. Ceinture de sablières profilées à l'ouest et chevrons profilés également. Ardoises.

Distribution intérieure

Le décor sculpté se limite aux chapiteaux cubiques ornés d'un décor superficiel en réserve (boules, crosses, végétaux) assez sommaire, aux culots coniques des colonnettes et aux cordons chanfreinés qui règnent de part et d'autre de la nef et autour de l'abside.

- Bénitier semi-cylindrique en marbre rose, en remploi.

- Corbeau déposé au fond de la nef, en marbre rose figurant une tête de taureau. La façade gauche porte une inscription tardive : IHS M / P B / I M P / 1653

- Vitraux XIXe à motifs végétaux dans le chœur et le côté nord de la nef.

- Au fond de la nef, vitrail XIXe représentant saint Jean-Baptiste.

L'église date du 12e siècle. Elle appartenait à une commanderie de chevaliers de Saint Jean de Jérusalem et se nommait en 1208 Capelle Sancti Johannis de gradibus Karoli. A proximité se trouvait une maison d'hospitalité. La restauration du début du XXe siècle a remplacé le campanile en bois du clocher par un étage supplémentaire.

Eglise orientée à nef unique de trois travées converte d'un berceau sur doubleaux, retombant sur des colonnes engagées qui ont été tronquées à mi-hauteure, et abside en cul-de-four. Elle est éclairée sur toutes ses faces par de petites fenêtres à simple ébrasement. Le clocher repose sur la 3e travée de la nef et sur l'arc-triomphal. C'est une tour de plan rectangulaire de deux étages éclairés de baies jumelées et de triplets sur ses faces deux à deux. La façade sud est percée de deux portes : le portail encadré de deux colonnettes (disparues) avec un linteau sculpté en réserve reposant sur coussinets. Le tympan pourrait avoir été peint. Une seconde porte à linteau sur coussinets s'ouvre sous un arc de décharge. Le chevet est scandé par cinq travées que séparent des colonnettes engagées à chapiteaux cubiques reliés par des séries d'arcatures. Les parements extérieurs, l'abside, les embrasures des baies, les colonnettes et les voûtes sont en petit appareil de tuf. Leschaînages et les seuils des deux portes sud sont en marbre rose de Guillestre.

  • Murs
    • tuf
    • marbre
    • pierre de taille
  • Toits
    ardoise
  • Plans
    plan allongé
  • Étages
    1 vaisseau
  • Couvrements
    • voûte en berceau
    • cul-de-four
  • Couvertures
    • flèche en maçonnerie
    • toit à longs pans
    • pignon couvert
  • Typologies
    chevet semi-circulaire ; tour-clocher
  • Techniques
    • sculpture
    • vitrail
  • Représentations
    • croix
    • tête
    • tête
    • crosse
    • saint
  • Précision représentations

    sujet: croix encadrée de motifs végétaux, support: sculptée sur le linteau de la porte ; sujet: têtes humaines et têtes d'animaux, support: sculptées sur les culots des arcatures qui ornent le chevet ; sujet: boules, crosses, végétaux, support: sculptés sur les chapiteaux cubiques de la nef et de l'abside ; sujet: motifs végétaux, support: vitraux dans le choeur et sur le côté nord de l'abside ; sujet: saint Jean Baptiste, support: vitrail dans la nef

  • Statut de la propriété
    propriété publique
  • Intérêt de l'œuvre
    à signaler
  • Protections
    classé MH, 1886/07/12
  • Référence MH

Bibliographie

  • DARTEVELLE, Guylaine. Églises médiévales des Hautes-Alpes. Taulignan : Plein Cintre éditions, 1990. 119 p.

  • GIORDANENGO, G. L'église de L'Argentière, dans Congrès Archéologique de France, Dauphiné, 1972. Paris : Société Française d'Archéologie, 1974.

  • GIRAUD, Joël. L'Argentière, la Bessée. Porte de la haute montagne. Au pays des Ecrins. Association culturelle du canton de l'Argentière, s.d.

  • [s.n.]. L'Argentière-la-Bessée, ses chapelles. Lyon, s.d. [1969]

  • GUILLAUME, Paul Abbé. Notice historique sur L'Argentière-la-Bessée. Dans Bulletin de la Société des hautes-Alpes, 1883.

  • ROMAN, Joseph. Répertoire archéologique du département des Hautes-Alpes. Paris : Imprimerie nationale, 1888.

  • THIRION, Jacques. Alpes romanes. La Pierre-qui-vire (Yonne) : Impr. des Ateliers de la Pierre-qui-Vire et des Ateliers de l'Abbaye Sainte-Marie, 1980, 434 p.

  • PLAYOUST, Pierre-Yves. L'art religieux dans le Briançonnais. Briançon : Office du tourisme et du climatisme, [s.d.].

  • JACQUES, Louis (chanoine). Chapelles rurales des Hautes-Alpes. 1956. t.1 et t.2.

  • MERLE, Roger. Images du Briançonnais 1750-1950. Vol. 1 : les sites ; vol. 2 : les hommes. Aix-en-Provence : Edisud, 1991. 2 x 139 p.

  • ALBERT, Antoine. Histoire géographique, naturelle, ecclésiastique et civile du diocèse d'Embrun. Embrun : Pierre-François Moyse, 1783 [1786], 2 tomes, VI-501 p. Edition 1959.

  • GUILLAUME, Paul (abbé). Notes sur les anciennes églises du diocèse d'Embrun (Hautes-Alpes). Dans : Bulletin de la Société d’Études des Hautes-Alpes, Gap, 1884.

Documents figurés

  • L'Argentière. Chapelle des templiers. Cliché Reveillet. Carte postale ancienne.

Date(s) d'enquête : 1983; Date(s) de rédaction : 1998
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général
Fray François
Fray François

Conservateur du Patrimoine au service régional de l'Inventaire de Provence-Alpes-Côte d'Azur de 1968 à 2004.

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