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Village

Dossier IA00124947 réalisé en 1972

Fiche

Saint-Véran, dont le clocher de l'église culmine à 2040 m, a la réputation d'être le plus haut village d'Europe habité en permanence. Il doit sa notoriété à ce record, mais aussi à son organisation originale et au charme de son architecture.

Saint-Véran est l'agglomération principale d'une vaste commune qui ne comprend actuellement que deux autres petits hameaux : Le Raux et La Chalp-Sainte-Agathe. Situé à 200 m au-dessus du lit de l'Aigue-Blanche, le village s'étire en travers du versant d'adret, sur un kilomètre de distance, ce qui lui a valu le nom évocateur de "travers".

Malgré l'altitude, Saint-Véran jouit d'un site accueillant. Même en plein cœur de l'hiver, les maisons bénéficient d'au moins six à sept heures de soleil. Les champs en terrasse portaient du seigle jusqu'à 2100 m. Ils voisinaient avec les prés de fauche, irrigués jusqu'à 2400 m par des canaux, et les pâturages d'altitude. La population fut importante. Au début du XIXe siècle, le village comptait une centaine de maisons qui abritaient autant de familles.

Comme la plupart des gros bourgs du Queyras, Saint-Véran est divisé en plusieurs quartiers, qui forment chacun une entité distincte. Ils sont ici au nombre de cinq : Pierrebelle, Le Villard, La Ville, Le Châtelet et Les Forannes. Mais les "quartiers" de Saint-Véran ne sont pas séparés par un cours d'eau ou un accident du terrain comme ceux d'Abriès, Aiguilles ou VilleVieille. Ils sont construits sur un même alignement, et leur frontière est parfaitement artificielle.

Selon la tradition, cette disposition proviendrait de la crainte du feu. Après le terrible incendie de 1526, le village aurait été reconstruit en cinq quartiers indépendants entre lesquels il était interdit de bâtir. Si cette zone de sécurité destinée à éviter la propagation du feu est restée bien sensible entre Les Forannes et le reste du village, elle est moins nette ailleurs. Même sur le cadastre de 1825, il n'existe pas de limite franche entre tous les quartiers. Au XIXe siècle, de nombreuses constructions se sont intercalées dans les espaces libres, mais la division en quartiers s'est maintenue car elle reflète toute une organisation sociale dont la lutte contre les risques d'incendie n'est qu'un des aspects. Elle a joué un rôle important dans le fonctionnement de la démocratie municipale, dans l'organisation de certaines services communs et dans celle de la vie pastorale.

Le véritable chef-lieu de la commune est le quartier de La Ville, qui regroupe l'église catholique, la mairie, l'école, la fruitière et la place principale, si l'on peut désigner ainsi ce simple élargissement de la route où se tenaient autrefois les assemblées d'habitants.

Dénominations village
Aire d'étude et canton Aiguilles
Adresse Commune : Saint-Véran

Le village de Saint-Véran est attesté depuis le moyen âge ; il aurait été détruit par un grand incendie en 1526 ; la plupart des constructions actuelles datent des 18e et 19e siècles.

Période(s) Principale : Moyen Age
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle

Situé à 2040 mètres d'altitude, Saint-Véran est le plus haut village d'Europe ; il est divisé en 5 quartiers qui formaient chacun une communauté indépendante.

Statut de la propriété propriété publique
Intérêt de l'œuvre à signaler

Références documentaires

Documents figurés
  • Le Villard. Vue prise de l'est. Carte postale ancienne. Vue prise après 1922, date de l'érection du monument aux morts.

  • Saint-Véran (2040 m). Le monument aux morts [à l'extrémité sud-est du village]. Carte postale ancienne. Vue prise après 1922. Louis Bonnet, éditeur, Gap.

  • Une vue de Saint-Véran (2040 m). (La plus haute commune de France). [Vue partielle prise du sud-ouest]. Carte postale ancienne. Coll. Jean et Peyrot, éd., Gap. Cliché Froment.

  • Aiguilles (1469 m). Vue générale prise de la route d'Abriès. Carte postale ancienne. Vve Fournier, édit., Gap.

  • St-Véran (2040 m). Un Quartier du Village. [Rue principale en amont de l'église]. Carte postale ancienne. Mlle Joubert, éditeur, Gap.

  • St Veran. [Fontaine dans la rue principale en amont de l'église]. W. H. Barttett (dessinateur), R. Wallis (graveur), Beattie, Gravure, 1837, "Les vallées vaudoises du Piémont et du Dauphiné", Londres, 1837.

  • Vue générale prise du sud-ouest. Carte postale ancienne. Gep éditeur.

  • St Veran. [Le quartier de l'église, vu du sud-ouest]. Louis Haghe (lithographe), Lord Monson (dessinateur),Lithographie. Dans : "The memoir of Felix Neff" , Dr Gilly, paru en 1840.

  • Queyras. Village de Haute Montagne. Ristolas. [Vue générale prise du nord-ouest]. Carte postale s.d. Cliché Rob Villan.

  • Saint Véran. Les maisons sont étagées de 1900 m à 2050 m d'altitude. C'est le plus haut village habité de l'Europe. [Vue générale prise du sud-est]. Carte postale ancienne.

  • Saint-Véran (Htes-Alpes). Les maisons sont étagées de 1900 à 2050 m d'altitude. C'est le plus haut village habité de l'Europe. [Vue prise du sud-est]. Carte postale. Louis Bonnet, éditeur à Gap.

Bibliographie
  • ARNAUD, Claude. Une mémoire de Saint-Véran. Vie traditionnelle et patois queyrassin. Dans Le Monde alpin et rhodanien, n° 3, 1983. 101 p., ill.

  • BERGE, abbé Pierre. Monographie de Saint-Véran (Hautes-Alpes). Gap : 1928, épuisé ; Marseille : Laffitte reprints, 1980. 362 p. ill.

  • BLANCHARD, Raoul. Les Alpes occidentales. Tome V : Les grandes Alpes françaises du sud. Grenoble et Paris, B. Arthaud : 1950, 2 volumes. 1018 p., ill.

    P. 935.
  • ESPAGNET, Martine. Etude de démographie historique : Saint-Véran en Queyras (1713-1815). Mémoire de maîtrise. Paris, 1976.

  • GRANDLUND, John. Transformations de la maison sanvéranaise. Dans Folk-Liv, 1957-1958.

    P. 13-24.
  • JEAN-BRUNHES DELAMARRE, Mariel. Le berger dans la France des villages. Bergers communs à Saint-Véran en Queyras (Hautes-Alpes) et à Normée en Champagne (Marne). Paris : Editions du CNRS, 1970. 290 p., ill.

  • LANTIER, Andrée. Vivre dans la plus haute commune d'Europe : Saint-Véran, 2040 m. Editions Serre, 1983.

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