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Village

Dossier IA84000002 réalisé en 1970

Fiche

HISTORIQUE

Fondation

A la seule vue de son nom, le village de La Bastide-des-Jourdans ne paraît pas devoir être de fondation très ancienne. De fait, rien n'indique son existence avant le XIIIème siècle. Les rares chartes des Xlème et Xllème siècles intéressant ses alentours ne mentionnent pas d'autres agglomérations que ses voisines, Grambois, Limaye et Vitrolles : l'une, du tout début du XIème siècle, concernant la chapelle Saint -Lambert (Cf. IA84000098), jadis située à faible distance de La Bastide-des-Jourdans, sur l'autre rive de l'Eze, ne cite dans les confronts que cette rivière et le chemin reliant Grambois à Limaye 1 ; une autre, datée de 1027, donne pour limites au prieuré Saint-Pierre-de-Pomerol (Cf. IA84000006) l'Eze et les terroirs de Limaye et de Grambois 2 ; une autre encore, en 1040, situe ce même prieuré sur le territoire de Vitrolles 3.

La Bastide-des-Jourdans n'apparaît dans les textes qu'en 1229, dans un acte par lequel le comte de Provence , Raimond-Bérenger V, fixe l'itinéraire que devront obligatoirement emprunter les marchands pour se rendre à Sisteron ou dans la haute vallée de Durance et pour en revenir. Cet itinéraire débute à La Bastide-des-Jourdans (où aboutissent les chemins qui, par les bacs de Pertuis et de Cadenet, viennent d'Aix, Marseille, Salon et Arles) et passe par Lincel et Forcalquier pour rejoindre la Durance un peu en amont de La Brillanne, en remplacement de l'ancien chemin qui, de La Bastide-des-Jourdans, menait à Manosque et remontait ensuite la vallée de Durance par La Brillanne 4. Cet acte est plus qu'un certificat de naissance. Il met en lumière les raisons même de la fondation du village, installé sur un nœud routier interceptant une bonne partie des communications entre haute et basse Provence à cette époque, et tout spécialemet entre Aix et Forcalquier. Etape commerciale, sans doute : l'établissement en cet endroit d'un péage, qui sera supprimé en 1253 comme indu et injuste, parce que trop récent 5, nous le confirme. Position stratégique, surtout, dont la création pourrait être liée à la politique des comtes de Forcalquier, précisément en guerre quasi permanente avec les comtes de Provence entre 1165 et 1220 6 .

Le site même du village et son implantation sur le terrain mettent en évidence ce rôle d'étape routière et de poste militaire : l'agglomération, serrée autour de son château, est édifiée sur une petite éminence rocheuse, entre les deux bras du confluent de l'Eze avec le torrent du Bois. Elle englobe la fourche des chemins conduisant, au nord, vers Forcalquier, à l'est, vers Manosque, au sud, vers Aix. Partant, elle se trouve complètement excentrée, sur la limite Sud de son terroir 7 : une communauté plus ancienne, de type agricole , se serait fixée, au contraire, à l'écart de la rivière, sur une colline mieux exposée, et aurait délimité son territoire à distance à peu près égale dans toutes les directions, de façon à ce que l'agglomération en occupe environ le centre. Pour La Bastide-des-Jourdans, manifestement, le choix du site a été déterminé par l'emplacement du carrefour : celui-ci existait-il déjà auparavant, ou fut-il établi en même temps? Aucun document ne nous permet, pour le présent, d'avoir une certitude à cet égard. Un certain nombre d'indices peuvent cependant laisser supposer que le carrefour n'est pas de beaucoup antérieur au village, et que ce dernier doit sa fondation à une modification assez importante du réseau routier dans cette région.

Il convient d'abord de remarquer :

1) que les documents antérieurs à 1229 (peu nombreux, il est vrai), dont les plus importants sont ceux précédemment cités, ne citent qu'un chemin, celui qui allait de Grambois à Limaye et qui était nettement à l'écart de la vallée de l'Eze.

2) qu'il serait bien surprenant qu'un carrefour de cette importance eût existé depuis longtemps sans qu'un établissement religieux ou un habitat quelconque s'y fût fixé : or, on ne trouve rien de tel dans les documents.

On peut, en revanche, observer qu'il y avait, pour se rendre à Manosque, deux autres chemins, passant, l'un par Grambois, Limaye et Pierrevert, l'autre par Pertuis, Beaumont, Corbières et Sainte-Tulle, et, pour se rendre à Forcalquier, un itinéraire par Grambois, Vitrolles et Montjustin rejoignant ensuite le chemin venant d'Apt 8.

On ne connaît pas les raisons qui amenèrent le comte de Forcalquier à ouvrir, concurremment avec cet ancien réseau de communications, les nouveaux chemins défendus par le château de La Bastide-des-Jourdans et ses annexes de Château-Véron (au bord du chemin de Forcalquier, sur le col) et de Châteauneuf (non localisé, peut-être sur le chemin de Manosque, au passage du torrent du Déroc 9. Il est possible que la mise en gage, à deux reprises, en 1193 et 1203, du château de Vitrolles pour garantir les promesses de paix consenties au comte de Provence, ait amené le comte de Forcalquier à employer un autre itinéraire : la création du nouveau réseau serait, en ce cas, imputable au comte Guillaume IV, dans la période allant de 1193 à 1209 (date de sa mort). Il est cependant plus probable que c'est au successeur de Guillaume IV, l'usurpateur Guillaume de Sabran, qu'on doit attribuer la fondation de La Bastide-des-Jourdans. Ce dernier, désireux d'affermir ses positions dans un pays qui ne lui était pas entièrement soumis (Forcalquier, en particulier, restait fidèle au comte de Provence) et d'augmenter le nombre de ses vassaux, aurait, par cette création, cherché à s'assurer la maîtrise des communications (l'ancienne voie, par Vitrolles et Montjustin, lui échappait peut-être 10.

C'est, en tout cas, à deux de ses vassaux que le château de La Bastide-des-Jourdans fut d'abord inféodé. Un acte de 1228-1229 cite, en effet, les frères Guillaume et Pierre Jourdan au nombre des vassaux du comte de Forcalquier qui prêtent hommage à Raimond-Bérenger V et s'engagent à abandonner Guillaume de Sabran au cas où celui-ci romprait les conventions passées avec le comte de Provence, conformément à la sentence arbitrale de 1220 qui aboutit au partage entre eux du comté de Forcalquier 11. Ces deux personnages sont inconnus par ailleurs. Mais un acte postérieur de quelques années, en 1235, fait état de la donation des châteaux de La Bastide-des-Jourdans (Bastida), de Châteauneuf et de Château-Véron à l'un d'entre eux, Pierre Jourdan, et aux héritiers de son frère Guillaume 12; il s'agit là, sans doute, d'une simple confirmation, probablement consécutive à une prestation d'hommage. Ces premiers seigneurs, dont les descendants conservèrent le fief jusqu'au milieu du XIVème siècle au moins, ont laissé leur nom au village : la forme complète apparaît dès le troisième quart du XIIIème siècle (Bastita Jordanorum en 1274) 13.

L'acte de fondation du village - s'il y eut un - n'a pas été conservé. D'après quelques renseignements fournis par des documents de la fin du XIVème siècle 14, les habitants semblent avoir été dotés d'un régime relativement privilégié pour l'époque : ils étaient libres et tenaient leurs biens des seigneurs, à bail (accapte ou emphytéose perpétuelle), moyennant la prestation de l'hommage et le paiement d'un cens ou service en argent pour les maisons et jardins, et d'une partie de la récolte pour les terres (tasque, ou dixième, des grains et légumes, quarton ou quart des raisins) avec la moitié du produit de la chasse. Ils devaient en outre, selon leur état, deux ou trois corvées annuelles à leur seigneur, la fourniture d'une petite quantité de bois de chauffage, le service du guet, et un impôt en argent (tailles). Le commerce était assujetti au paiement de taxes (leydes), mais la circulation des marchandises, et en particulier des grains, était apparemment libre. En contre-partie, ils disposaient de leurs biens à leur gré, à la réserve d'un droit en argent (lods et trezain) dû au seigneur en cas de vente, jouissaient d'un droit d'usage général sur les bois et terres gastes - pâturage du bétail, coupe du bois de chauffage et de charpente, récolte d'herbes et plantes, droit de chasse au gros et petit gibier - ainsi que sur les eaux de sources, de rivières et de ruissellement , et paraissent avoir été exempts de queste (ou aide : impôt seigneurial dû en certains cas). Pas de droits politiques, cependant : les habitants ne s'assemblaient pour délibérer des affaires communes que sous le contrôle et à l'initiative du seigneur ou de son baile, et n'avaient pas de représentants élus permanents.

L'agglomération ne semble pas avoir été, à ses débuts, entourée de remparts : les habitants pouvaient, en cas de danger, se réfugier dans l'enceinte du château seigneurial. Sa construction, sans doute échelonnée sur plusieurs années - voire plusieurs décennies - n'a suivi aucun plan directeur, mais s'est, semble-t-il, adaptée au terrain à la manière des villages plus anciens. Son extension a probablement été d' abord très limitée et a dû rester confinée sur la pente, entre le château et le torrent du Bois.

Moyen-âge

Jusqu'à la fin du XIVème siècle, l'histoire de La Bastide-des-Jourdans nous reste complètement inaccessible, faute de documents. Tout au plus peut-on recueillir les noms de quelques-uns des seigneurs qui se partagèrent l'héritage des frères Jourdan. Les uns sont des descendants directs : Guillaume I Jourdan, qui apparaît, dans des actes datés de1307 à 1327 15, un autre Guillaume Jourdan, qui fut aussi co-seigneur de Beaumont, attesté en 1345, 1350, 1378, et son fils Raimond, nommé en 1345 seulement 16. Les autres, probablement héritiers par alliance de parts plus ou moins infimes de la seigneurie : Guillaume de Chateauneuf, époux en 1284 de Raimonde, fille de Ferand Jourdan ; Béatrice de Saint-Julien, citée en 1303 ; Bertrand Alfant , en 1307 et 1327 ; Romée Romée,en 1327 17. Des descendants de ce dernier, Bertrand et Englès Romée, damoiseaux d'Ansouis, laissèrent leur part (un vingtième) à Jean Raymond, aussi d'Ansouis, qui la vendit en 1371 à Hugues de Riez, co-seigneur de Riez et déjà détenteur d'une part de la seigneurie de La Bastide-des-Jourdans 18. Une autre part fut donnée, pour garantir un prêt, au même Hugues de Riez par un autre Romée Romée en 1377 et probablement abandonnée en guise de remboursement 19. En 1385, Hugues de Riez détenait la majeure partie de la seigneurie 20. La part manquante devait être fort mince car, en 1388, il agit comme s'il était seul seigneur du lieu 21, ainsi que son fils Guillaume, en 1428 22. Sa petite-fille Eléonore prit, en tout cas, le titre de dame de La Bastide-des-Jourdans et de Limaye 23, avant de le transmettre, par son mariage, à la famille d'Astouaud au milieu du XVème siècle.

La seigneurie ainsi partagée et transmise n'était que la seigneurie directe : le comte de Forcalquier, en inféodant La Bastide-des-Jourdans aux frères Guillaume et Pierre Jourdan, s'en était réservé les droits éminents ou seigneurie majeure. En 1229, le château de La Bastide était donc tenu directement de Guillaume de Sabran et indirectement -c'est-à-dire en arrière-fief - du comte de Provence. Cette situation fut maintenue par la suite. Le fils cadet du comte de Forcalquier, Guillaume de Pertuis, hérita de ces droits et les transmit, après la mort de son fils unique Bertrand, à son neveu Bertrand des Baux, comte d'Aveline, en 1284 24. Ce dernier dut, en 1298, protester auprès de Charles II contre la cour royale qui s'était permis d'intervenir dans une affaire criminelle à La Bastide-des-Jourdans, à l'encontre de son privilège exclusif de haut-justicier 25. Le fief passa ensuite successivement dans deux autres branches de la famille des Baux, celle de Marignane et celle de Berre 26. C'est aussi par succession qu'il échut finalement à un autre membre de la même famille, François des Baux, duc d'Andria 27, à qui il fut confisqué, en 1377 , comme toutes ses autres possessions , par la reine Jeanne, pour crime de rébellion 28. Une partie des biens confisqués fut aussitôt vendue au sénéchal de Provence , Fouques d'Agoult : les châteaux de Mison et Dauphin, auxquels la reine ajouta, le 29 août 1379, La Bastide-des-Jourdans 29. C'est le frère et héritier de Fouques, Raimond d' Agoult , seigneur de Sault, qui reçut en 1385 l'hommage d'Hugues de Riez 30 et qui fut choisi comme arbitre entre celui-ci et la communauté de La Bastide lors de la transaction de 1388. Le fief resta dans cette famille jusqu'à son extinction au XVIème siècle : Fouques d'Agoult et son fils Raimond s'en firent confirmer la possession à trois reprises, en 1411 et 1419 31. Un autre Fouques d'Agoult reçut l'hommage de Georges d'Astouaud en 1489 32 et son successeur François celui de Jean Coriolis en 1549 33. Cette situation particulière d'arrière-fief, probablement maintenue par la suite en faveur des héritiers des d'Agoult (les Montauban), dût à La Bastide-des-Jourdans de rester simple seigneurie, alors que Limaye fut érigé en baronnie en 1646 en faveur de Jean-Louis de Coriolis.

Quant au village, pendant tout le moyen-âge, son développement est malaisé à suivre. Le censier de 1375, d'interprétation difficile, laisse deviner une agglomération encore restreinte, mais qui s'est probablement déjà étendue de l'autre côté du torrent du bois, franchi par au moins deux ponts. Le quartier du Serret se situe cependant encore dans la zone des jardins, avec pour seules constructions des granges et des casaux. Le censier énumère environ 70 maisons agglomérées et 12 granges ou bastides situées dans la campagne, mais à distance assez courte du village, plus un certain nombre de casaux et bâtiments agricoles. Limaye paraît alors complètement désert 34. La première enceinte apparaît, dans la transaction de 1388, comme de construction récente : la communauté se souvient encore des frais qu'elle a supporté, se plaint de ceux qu'elle fait encore (pour l'entretien ou pour l'achèvement de l'ouvrage?) et dispute au seigneur la garde des clefs des deux portes ouvertes dans la muraille 35. Les guerres de cette sombre période n'ont pas épargné les bastidans. Plusieurs paragraphes de la transaction font allusion à la guerre qui vient d'avoir lieu, aux bandes armées parcourant la Provence, aux ruines provoquées 36 et à l'occupation du village par un certain Guy de Morges, qui fut à l'origine du transfert des archives seigneuriales à Grambois et de leur destruction 37. Un certain état d'alerte règne d'ailleurs toujours en 1388 : le seigneur réclame des habitants le service du guet et une contribution aux réparations nécessaires à son château où un tiers environ des habitants doit venir se réfugier, faute de place suffisante dans l'enceinte du village. L'agglomération déborde en effet, hors des fortifications, sous forme d'un faubourg 38.

La transaction de 1388 faisait état d'activités purement agricoles, à l'exception d'un paragraphe consacré à l'entretien des chemins, dont l'importance apparaît ainsi 39. Celle de 1428, en revanche, met bien en valeur le rôle d'étape routière du village, puisqu'elle se présente comme un accord tripartite entre le seigneur, assisté de ses officiers, la communauté et la corporation des hôteliers, représentée par l'un d'entre eux nommé Etienne Blanc. Les conventions portent sur le commerce du vin (défense d'en acheter au dehors tant que la récolte locale n'est pas épuisée, sauf pour ceux dont la production est insuffisante à couvrir les besoins domestiques, interdiction de mettre en vente des vins coupés, mélangés ou piqués, fixation des prix, selon la qualité, par trois experts nommés, l'un par le seigneur, le second par la communauté et le dernier par les hôteliers, sans préjudice des gabelles levées par le seigneur) et sur la vente du blé, de l'avoine et du foin produits dans le terroir, qui seront proposés en priorité aux hôteliers du lieu et achetés par eux au prix fixé par les experts 40.

XVIème siècle

A la mort de Guillaume de Riez, la seigneurie de La Bastide-des-Jourdans et de Limaye échut à sa fille Eléonore, qui avait épousé en1412 Pons d'Astouaud, seigneur de Mazan. Cette famille d'Astouaud posséda le fief pendant plus d'un siècle, paisiblement, semble-t-il, si l'on excepte le différent qui opposa Georges d'Astouaud et son fils Gaspard, en 1523, à la communauté, au sujet des banalités, des redevances et du pâturage, et qui s'acheva par une transaction datée de la même année 41.

Gaspard d'Astouaud n'ayant pas eu d'enfant de sa femme, Delphine Coriolis qu'il avait épousé en 1518, légua en 1530 ses biens à son beau-frère, Jean Coriolis, prévôt de Saint-Sauveur d'Aix, qui en fit hommage, le 5 février 1549, à François d'Agoult 42. Cette famille de parlementaires aixois garda la seigneurie jusqu'à la Révolution.

Le rôle stratégique et économique de La Bastide-des-Jourdans, après le rattachement complet et définitif du comté de Forcalquier à la Provence et, surtout, la ruine et la dépopulation générales de la haute Provence à la fin du XIVème et au XVème siècle, avait perdu beaucoup de son importance. Sur le plan des évènements, le village ne paraît pas avoir eu beaucoup à souffrir des guerres de religion : l'édification de la grande enceinte, la remise en état et l'agrandissement réalisés au château par Jean Coriolis et son fils Claude entre 1530 et 1559 lui épargnèrent sans doute bien des dommages - pour autant qu'on puisse le conjecturer, en raison de la carence documentaire locale pour cette époque. Ce qui est certain, en revanche, c'est l'accroissement de la population au cours de cette même période, matérialisée par une extension notable de l'habitat, tant groupé que dispersé. Le cadastre de 1574 recense les biens de 333 propriétaires. A l'intérieur de l'enceinte fortifiée, dont c'est là la première apparition, sont énumérées 177 maisons d'habitation et 45 bâtiments divers (casaux, jas, étables). L'agglomération déborde déjà hors de ces limites, puisqu'on compte une vingtaine de maisons groupées près de l'église paroissiale, à la Bourgade, et 5 ou 6 autres, à proximité de la chapelle Notre-Dame-de-Consolation. C'est d'ailleurs un fait notable que l'agrandissement de l'église paroissiale, par adjonction des chapelles latérales sud, et la construction de la chapelle Notre-Dame-de-Consolation se situent précisément dans la première moitié du XVIème siècle. Quant à l'habitat rural, son extension prend des dimensions considérables : 15 bastides, 37 granges 43, 9 jas (bergeries) et 2 moulins 44, éparpillés principalement au centre et dans la partie sud du terroir.

Période moderne (XVIIème et XVIIIème siècles)

Sur le plan politique, cette période se caractérise par une opposition quasi permanente entre la communauté et les seigneurs, qui tentèrent de reprendre aux habitants certains des privilèges acquis par ceux-ci et de récupérer les droits féodaux abandonnés par leurs prédécesseurs : exemption d ' impôt pour leurs terres roturières en compensation des terres nobles vendues, maintien de la banalité des fours à pain et de la tasque des fruits (beaucoup de terres et de vignes ont été converties en vergers) dont la communauté avait été affranchie, partage des terres gastes et des bois auparavant indivis et sur la totalité desquels les habitants avaient gardé des droits d'usage. La communauté, de son côté, prétendait garder le profit des défrichements opérés aux dépens des seigneurs, monopoliser les pâturages pour ses troupeaux, allant jusqu'à mettre en contestation la légitimité de la possession de la seigneurie par les Coriolis 45. Les divers épisodes de la lutte se traduisent par une longue série d'arrêts, sentences et transactions équilibrant de façon à peu près égale les concessions de part et d'autre, avec, lors de la dernière transaction, datée de 1713, un net avantage au seigneur : les Coriolis, en qualité de hauts parlementaires, étaient de rudes adversaires 46. Le conflit , pratiquement mis en sommeil après 1713, - probablement par lassitude et pénurie de moyens financiers - se ralluma en 1790, pour s'achever, cette fois, au profit exclusif des habitants 47.

Si la famille des Coriolis connaît, au cours de cette période, son apogée (érection en sa faveur de la seigneurie de Limaye en baronnie en 1646, accession à la charge de président de la Cour des Comptes de Joseph de Coriolis, puis de son fils Jean-Joseph), le village, en revanche, semble moins favorisé. Sa courbe démographique est fluctuante, accusant même une baisse sensible à la fin du XVIIème siècle (121 chefs de famille en 1698) avant de connaître une légère hausse au cours du XVIIIème siècle (813 habitants en 1794). Le cadastre de 1727 recense 178 propriétaires, 141 maisons dans l'enceinte et 10 à l'extérieur, soit une superficie construite de 11.184 mètres carrés (en comptant les bâtiments annexes : 5 casaux, 31 étables, 2 forges et 10 ''crottes" ou pièces voûtées d'usage indéterminé). A l'intérieur de l'enceinte, les constructions occupent 9.266 mètres carrés et les jardins un peu plus de 1.000 mètres carrés. Un certain nombre d'éléments ne figurent pas dans ce décompte : le château et ses dépendances, le four banal, l'hôpital, la maison du prieur, l'église et le cimetière. L'habitat rural paraît s'être assez peu étendu : une trentaine de bastides, dont 25 seulement sont habitées, 2 moulins à eau et une tuilerie 48.

Période contemporaine

On ne trouve pas d'évènement notable dans la première moitié du XIXème siècle, si ce n'est une augmentation continue de la population qui compte, en 1857, 916 habitants. Cette hausse se traduit par une nouvelle extension de l'agglomération, à l'extérieur de l'enceinte, le long du cours, et divers travaux d'édilité : transfert du cimetière hors du village, aménagement de diverses fontaines - en particulier celle dite "de la Jeanne", sur la place. C'est dans ce contexte qu'il faut placer le projet du curé Rigaud de bâtir une nouvelle église, plus vaste et plus claire, en bordure du cours. L'échec de cette tentative doit être attribuée au renversement de la conjoncture qui précéda la guerre de1870. La seconde moitié du XIXème et la première moitié du XXème ne sont ensuite plus qu'une longue décadence (607 habitants en 1896, 463 en1960), à peine freinée de nos jours. On ne peut aujourd'hui plus guère compter que sur le tourisme pour rendre sa prospérité d'antan à une agglomération dont la première et principale raison d'être, le carrefour des routes d'Aix à Forcalquier et Manosque, a complètement disparu.

DESCRIPTION

Situation

Les raisons de l'implantation géographique du village ont été analysées dans le cadre de l'étude historique.

Milieu naturel

Le village est édifié sur les deux versants du Ravin du Bois, immédiatement en aval du confluent de ce ruisseau avec l'Eze :

- au sud, une arête rocheuse sépare le ravin du cours encaissé de l'Eze ; ce relief est dissymétrique : abrupt au sud, en pente plus douce au nord. Le château s'est installé au sommet , dominant le confluent, tandis que le village s'étageait en éventail sur la pente au nord.

- Le versant sud du Ravin du Bois, en pente accentuée à sa base, s'adoucit dans sa partie supérieure ; il est dominé par la petite colline du Seret sur laquelle est édifié le clocher. Du fait de la déclivité, les maisons situées immédiatement au-dessus du ruisseau sont en partie creusées dans le rocher.

- Au centre du village, le Ravin du Bois constitue une coupure que franchissent deux passages sur voûte :

- celui de la place de la Font-Vieille, simple pont élargi en 1861,

- le "Pont" au nord où le ruisseau passe sous deux ilots de maisons séparés par une rue.

Évolution de la population

Les débuts de l'agglomération La Bastide-des-Jourdans nous sont, sur le plan démographique, très mal connus, faute de document susceptible de nous fournir une estimation chiffrée. La grande enquête d'affouagement général de 1315-1316 même ne nous donne aucun renseignement sur cette localité, probablement exempte, comme beaucoup d'autres villages du comté de Forcalquier, de l'impôt dû au comte de Provence. A titre de comparaison, le village de Limaye figure dans cette enquête pour 15 feux, soit environ 90 habitants 49 : La Bastide-des-Jourdans ne devait pas avoir beaucoup dépassé ce chiffre à la même date.

Le censier de 1375-1376 nous apporte les premières précisions : 97 personnes paient, à cette date, un cens au seigneur et le terroir contient 70 maisons et 12 bastides redevables 50. Mais la transaction de 1388 nous apprend que plusieurs de ces maisons sont en ruine et que l'assemblée des hommes, majeurs de plus de 14 ans, ne réunit que 39 présents 51. La population, en cette fin du XIVème siècle qui a éprouvé successivement la peste noire de 1348 et les ravages des grandes compagnies, a probablement déjà diminué. Elle diminue plus encore au XVème siècle, avec le marasme économique qui vide les campagnes et favorise les épidémies : la transaction de 1428 ne réunit plus, dans le château seigneurial, que 25 hommes 52, et l'affouagement de 1471 taxe la localité à 27 feux - à peine 150 habitants 53.

Le XVIème siècle, en revanche, accuse une expansion spectaculaire : 177 maisons agglomérées et 51 bastides, pour un total de 333 propriétaires 54. La population ne doit pas compter moins de 1.000 habitants. Ce chiffre considérable ne se maintient pas, et la fin du XVIIème siècle voit une régression sensible : le prieur de La Bastide-desJourdans fait état de 530 communiants en 1674 (il n'y a pas de protestants dans le lieu) 55, l'affouagement de 1698 note un total de 121 chefs de famille (autour de 500 habitants) 56. Une reprise se fait cependant sentir dès le début du XVIIIème siècle : le cadastre de 1727 énumère 178 propriétaires (non compris les''forains" ou non résidants), 141 maisons et 31 bastides dans le terroir 57. Ces chiffres sont complétés et corrigés par ceux de l'affouagement de 1728 qui donnent 188 chefs de famille, 94 maisons et 25 bastides habitées, ce qui donne une population d'environ 700 habitants 58. Les documents postérieurs, qui nous livrent des dénombrements plus précis d'habitants, montrent clairement l'évolution démographique : une montée assez lente jusqu'à la fin du XVIIIème siècle -751 habitants en 1765 59, 800 en 1788 60 , 813 en 1794 61 -, une légère baisse pendant le premier empire -805 habitants en 1836 62 -, puis une vigoureuse remontée jusqu'au milieu du XIXème siècle- 855 habitants en 1842 63, 916 en 1857 64.

La seconde moitié du XIXème siècle et la première moitié du XXème connaissent, en revanche, un dépeuplement massif - 607 habitants en 1896 65, 463 en1960 66 -. Ce dernier chiffre est à peu près stabilisé de nos jours.

URBANISME

Limites

Le village de La Bastide-des-Jourdans s'est développé de façon irrégulière, au gré de son évolution économique et démographique et des possibilités d'un terrain montueux et incommode.

Lors de sa fondation, il ne semble avoir été doté ni d'un plan pré-établi, ni de limites précises : les maisons se sont groupées apparemment selon le schéma traditionnel des habitats de pente, sous le château, formant une sorte d'éventail desservi par des ruelles concentriques. C'est sans doute ce noyau primitif, limité au nord par le ravin du Bois et appuyé au sud sur le château, qui fut enclos dans la première enceinte fortifiée construite dans la seconde moitié du XIVème siècle : les habitants qui, en 1388, étaient en litige avec leur seigneur lui reprochaient de leur refuser toute contribution aux travaux et dépenses qu'ils avaient fait et faisaient encore pour la fortification du village 6768. A ce titre, même, ils lui contestaient la possession des clefs des deux portes ouvertes dans le mur d'enceinte. Un autre passage de la même transaction de 1388 déclare que, en temps de guerre, tous les habitants du terroir de La Bastide-des-Jourdans ne peuvent trouver de place à l'intérieur de cette enceinte, et qu'un tiers environ d'entre eux est contraint de chercher refuge dans le château seigneurial 69. Le tracé, même approximatif, de cette première enceinte ne peut être établi : la topographie de ce quartier du village s'est beaucoup modifiée par la suite, et le parcellaire ne donne à cet égard que des indications lacunaires. A la fin du XVIème siècle, la muraille subsistait encore - au moins partiellement lecadastre de 1574 cite dans les confronts d'une maison le "barrivielh", au quartier situé sous le château 70. Notons que le texte de la transaction de 1388 mentionne expressément le faubourg, "burgum" de La Bastide-des-Jourdans : l'agglomération débordait donc l'enceinte.

Le censier de 1375-1376, assez imprécis quant à la localisation des maisons et des rues, donne cependant quelques indications. C'est ainsi qu'on y relève mention de deux ponts (sur le torrent du bois) et d'une rue appelée "carreria Recta" qui est probablement l'actuelle Grande Rue. Au reste, le faubourg ne devait guère dépasser cette rue : le quartier du Serret, sur la colline face au château, faisait encore partie de la campagne, avec pour seules constructions des granges et des aires 71

Une seconde période d'extension du village peut se placer à l'extrême fin du XVème et pendant le XVIème siècle, coïncidant avec la reprise économique et l'accroissement de la population qui caractérisent cette période. La construction de la seconde enceinte fortifiée, dont le tracé et quelques éléments sont encore visibles, remonte très probablement à la première moitié ou au milieu du XVIème siècle. L'absence de documentation (ni archives communales, ni registres notariaux) interdit toute précision à cet égard. Le premier texte conservé, le cadastre de 1574 72, décrit l'agglomération à un stade déjà très avancé de son développement : le village non seulement comporte un nombre important de constructions - 177 maisons, 28 casaux, 17 jas et étables à l'intérieur de l'enceinte, mais s'étend déjà à l'extérieur, avec 24 maisons, 2 casaux, une étable et un moulin groupés le long de la route d'Aix, près de l'église, au départ de la route de Manosque, près de la chapelle Notre- Dame-de-Consolation.

Il est à remarquer que cette extension s'est faite de façon systématique en bordure des trois chemins d'Aix, de Forcalquier et de Manosque, accusant le caractère de village-carrefour de La Bastide-des-Jourdans et donnant à la seconde enceinte sa forme triangulaire. Cette dernière était d'ailleurs, en 1574, percée de trois portes principales -portau de l'Eglize , portau des Filholz et portau de la Capelle - correspondant à ces trois directions, et de deux petites portes annexes le Cledat des Monies (au bout de l'actuelle rue du Cledas) et la Postelle (poterne, aujourd'hui disparue, ouvrant sur la rue de Grognete).

Le XVIIème siècle paraît avoir connu une certaine stagnation. Le nombre des maisons recensées dans le cadastre de 1727 73 est en diminution (mais celles-ci sont peut-être plus grandes, par regroupement de parcelles), ainsi que le nombre des propriétaires (178 pour 333 en 1574) 141 maisons, 15 casaux, 29 étables et 5 jardins dans l'enceinte, 10 maisons, 2 étables et 2 forges à la bourgade.

Quant à l'enceinte, quoique non modifiée dans son tracé, elle avait déjà subi quelques dégradations, en dépit des efforts déployés par les consuls du lieu pour en faire respecter l'intégrité. Ainsi, le 2 octobre1672, les consuls protestaient "... qu'il y a diverses personnes qui pocedent les tours des murailhes de ce lieu, lesquelles sont nécessaires a ladite communauté, soit en temps de guerre, peste ou autres choses qu'il ce pourroit ensuivre au desavantage de la communauté, soit que ,lesdits particulliers, c'estant une fois appropriés lesdites tours, le las de temps lui pourroit servir de tiltre , ce qui ne ce peut soufrir..." 74. Mais, le 6 novembre suivant, ils autorisaient un particulier à condamner la poterne et ouvrir une autre petite porte pour accéder à un jardin 75. Le 26 septembre 1683, ils rappelaient l'interdiction faite à tout particulier d'adosser sa maison au mur d'enceinte et décidaient de faire réparer les portes. 76. Mais, le 24 juillet 1707, la guerre menaçant, ils constataient que les habitants n'avaient pas d'armes, qu'il y avait des brèches dans l'enceinte et que les portes n'étaient plus en état de fermer 77. Des réparations importantes furent faites en 1709 à la tour d'angle (aujourd'hui disparue, entre le cours et la place de la mairie) dite Tour de Gigeri, dont il fallut abattre la voûte et refaire la couverture 78.

Il faut attendre la fin du XVIIIème et surtout la première moitié du XIXème siècle pour voir l'agglomération s'accroître de nouveau : avec la création du Cours, en bordure de la section nord-ouest du mur d'enceinte, déviant la circulation à l'extérieur du vieux village, La Bastide-des-Jourdans changea de visage. Les boutiques, la mairie émigrèrent vers le nouveau quartier dont le centre fut constitué par la place de la Mairie, ouverte par la démolition d'un morceau de l'enceinte, avec la porte de Ravel (ou de l’Église) et la tour d'angle. Ce secteur est resté, aujourd'hui encore, le plus vivant et continue de s'étendre par de nouvelles constructions.

Circulations

Le tracé des principales circulations de l'intra-muros reproduit le carrefour routier autour duquel le village s'est développé. Celui-ci était situé au cœur même de l'agglomération, au débouché nord du "Pont". De ce point divergent trois voies principales :

- au sud-ouest, la Grande-Rue conduisait à la porte Ravel (route d'Aix par Pertuis),

- au nord, elle se prolonge par la rue de Fiol vers la porte de Fiol (route de Forcalquier),

- au sud-est, par le "Pont" et la Place, la rue Notre- Dame aboutissait à la porte Notre-Dame (routes de Manosque et de Beaumont) ; son tracé en quart-de-cercle a sans doute conservé celui de la première enceinte.

Il est à noter que ces grandes voies de circulation ont été en même temps les axes du développement de l'agglomération ; quand celle-ci eut franchi l e ruisseau, elle se développa autour du carrefour et s 'allongea au nord et au sud-ouest en bordure des routes de Forcalquier et d'Aix. Ce phénomène donna même naissance à la Bourgade, située à l'extérieur de l'enceinte, de part et d'autre de la route d'Aix.

Les autres rues sont secondaires : elles desservent essentiellement les maisons riveraines ou constituent des issues aménagées ultérieurement lorsqu'on ne craignit plus de multiplier les ouvertures dans l'enceinte (portes de Clédas et d'Aubette).

Cette organisation des circulations s ' est trouvée fondamentalement supplantée par l' aménagement des voies qui longent extérieurement l'enceinte. La R.N. 556 d'Aix à Forcalquier emprunte désormais le Cours et l'embranchement de la route de Manosque a été reporté 150 m au nord de la porte de Fiol. Les rues de l'intra-muros ne servent plus qu 'à la circulation interne ; leur étroitesse incite même les habitants à contourner le village par la route établie le long de la section nord-est de l'enceinte.

Répartition des fonctions

L'évolution des zones d'habitation a suivi celle des circulations : l'attraction du Cours a été prépondérante. Le quartier du versant sud du Ravin du Bois et le centre du village se sont en partie vidés : les maisons en ruine ou temporairement habitées y sont nombreuses.

A l'extrémité sud-ouest du Cours, la place de la Mairie, agrandie par la démolition d'une partie de l'enceinte, est devenue le centre vital du village

- par la proximité de la mairie, de l'école et de l'église,

- par celle de la poste, installée au bas du Cours (elle occupait, au début du siècle, une maison de la Grande-Rue).

Les commerces sont eux aussi regroupés sur la place ou à proximité immédiate dans les rues avoisinantes ou sur le Cours.

Ce dernier a été bordé de maisons sur sa rive nord. Les constructions nouvelles ont d'ailleurs tendance à s'éloigner du centre et à se disperser en bordure des routes, notamment au nord le long de la route de Manosque.

Analyse architecturale

Si l'on excepte le château, une seule maison d'époque médiévale a été conservée ; encore ne date-t-elle que de la fin du XVème siècle, voire du début du XVIème siècle.

La majorité des constructions sont beaucoup plus tardives - ou ont été totalement remaniées : la plupart des demeures étudiées datent du XVIIIème ou du début du XIXème siècle. Un certain nombre de baies du XVIIème siècle ont été conservées dans des maisons ultérieurement réaménagées. Tous ces éléments sont analysés dans le Dossier Collectif d'Habitat.

1AD 30, H106, cartulaire de l'abbaye de Psalmody, f°20v°-21r°2AD 84, G 553, cartulaire du chapitre Notre-Dame des Doms d'Avignon, f°16v°-17r° : "...consortes : de uno latus rivum que nominant Eza et terra de Garambodane, de oriente Nemaisa, de duabus partibus heredes meos...".3AD 30, H 106, cartulaire de l'abbaye de Psalmody, f°18r°-v° : "...in comitatu Aquense, in castro que nominant Vitrola, hoc est medietatem de ecclesia Sancti Petri de Pomayrols...".4ALBANES (chanoine J.-H.), Gallia Christiana Novissima, tome V, Toulon, n°204 : "...a castro de Bastida, per Vallem Longam et pontem Lauzacelli et per Forchalquerium et Petram Ruam et per locum qui Domus Giraudi Piscis vulgo dicitur...".5AD 13, B8, f°161, Enquête sur les péages du comté de Forcalquier. Ce très intéressant document énumère 7 péages sur la route de la vallée de Durance (de Sainte-Tulle à Peipin), 4 sur la route d'Apt à Manosque, 5 sur la route de Cavaillon à Manosque, 3 sur celle d'Aix à Forcalquier, plus un sur l'ancien itinéraire par Vitrolles, et un sur la route de Sault à Sisteron. Dans le pays d'Aigues, véritable plaque tournante du réseau, on en compte 6 : à Pertuis (le seul ancien et autorisé), à La Tour-d'Aigues, La-Bastide-des-Jourdans, Vitrolles, Saint-Martin-de-la-Brasque et Lourmarin (tous supprimés).6Tournadre (Guy de), Histoire du Comté de Forcalquier.7Ce fait, bien apparent aujourd'hui, était encore beaucoup plus marqué autrefois. Le terroir actuel est, en effet, composé des deux terroirs anciens de La Bastide-des-Jourdans et de Limaye (annexé au XVIe siècle). Ce dernier était près de deux fois plus grand que l'autre et venait jusqu'aux confins du village, sa limite ouest étant vraisemblablement formée par le torrent du Bois : La Bastide-des-Jourdans se trouvait donc exactement dans l'angle sud-est de son terroir.8Il existe plusieurs preuves de l'importance de cet itinéraire ancien : la renommée de la foire annuelle de saint-Pancrace, à la chapelle du même nom, entre Grambois et Vitrolles, le rôle stratégique du château de Vitrolles, donné en gage à deux reprises par le comte de Forcalquier, lors de ses négociations avec le comte de Provence en 1193 et 1203. (G. de Tournadre, histoire du Comté de Forcalquier, p. 217-219, et F. Benoit, Recueil des actes d'Alphonse II, p. 34-35. Vitrolles fait, en outre, partie des péages supprimés en 1253 par la Reine Jeanne.9Château-Véron n'est plus qu'une simple bastide. Quant à Châteauneuf, il n'en subsiste que le nom, actuellement appliqué à une bastide du terroir de Pierrevert, près de la limite de La Bastide-des-Jourdans.10Le fait paraît assuré pour Montjustin qui, lors du partage de 1220 entre Guillaume de Sabran et Raimond-Bérenger V, revient au comte de Provence. Cf. Benoit (F.), Recueil des actes de Raimond-Bérenger V, n°42.11BENOIT, Fernand, Recueil des actes de Raimond-Bérenger, n°125 : les mêmes hommage et promesse furent faits au comte de Provence par Taimbaud et Guillaume de Villemus et par les habitants de Pertuis.12AD 13,305 E 286, transaction entre Hugues de Riez et la communauté de La Bastide-des-Jourdans, 1388 : dans l'inventaire des pièces produites par le seigneur figure l'analyse suivante : "Item etiam productum fuerit aliud publicum instrumentum pro parte disti domini de Bastida, sumptum, scriptum et signatum, ut legebatur in eo, manu et signo magistri Raymundi, notarii publici, sub anno Domini M.CC.XXV pridie nonas januarii, continens donationem factam per illustrem bone memorie dominum Raymundum Berengarium, comitem et marchionem Provincie et Forcalquerii, nobili Petro Jordano, tam nomine suo proprio et suorum successorum quam nomine nobilis Ferandi Jordani, militis, nepotis sui, filii Guilhelmi Jordani, et aliorum liberorum dicti condam Guilhelmi Jordani, de castro de Bastida, et de Castro Novo dirruto et de Castro Veroni, que sunt inter <<<<<<<<13CLOUZOT (H.), Pouillés...op. cit. p. 9.141)AD 13, 305 E 286, Transaction entre Hugues de Riez...op. cit., 1388 : cet acte volumineux (une soixantaine de feuillets dans le manuscrit du XVIe siècle qui nous en a conservé la teneur) donne de très amples détails sur les rapports entre seigneur et habitants et les droits et devoirs de chacun d'eux, et se réfère, avec citations, à une convention antérieure datée de 1278. Le même manuscrit contient en outre une autre transaction passée en 1428 entre Guillaume de Riez, fils du précédent, et les habitants, au sujet du commerce du vin, des grains et du foin. 2) AD 13, 2 G 2716, Censier de La Bastide-des-Jourdans, 1375-1378 : état des services en argent perçus par Hugues de Riez à La Bastide-des-Jourdans et Limaye en 1375 et en 1376 et reconnaissances passées en faveur de Guillaume Jourdan en 1378.seigneur et la communauté de La Bastide-des-Jourdans, 1388 : actes cités dans l'inventaire des pièces produites par Hugues de Riez.15AD 13, 305 E 286, Transaction entre le seigneur et la communauté de La Bastide-des-Jourdans, 1388 : actes cités dans l'inventaire des pièces produites par Hugues de Riez.16AD 13, B 159 f°84r°-91v°, Enquête des maîtres rationaux au sujet des prétentions de Guillaume Jourdan, chevalier, seigneur de La Bastide-des-Jourdans et co-seigneur de Beaumont, sur les paturages de Beaumont, 1345 : Guillaume se fait représenter à plusieurs reprises par son fils Raimond. AD 13, 2 G 2716, Censier de La Bastide-des-Jourdans : la dernière partie contient des reconnaissances passées en faveur dudit Guillaume Jourdan en 1378.17AD 13, 305 E 286.18Copies du XVIIIe siècle conservées dans l'étude de Maître Raymond à Aix-en-Provence, dont des analyses ont été communiquées par M. Edouard Baratier, conservateur aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône.19ibidem : Romée Romée, d'Ansouis, reconnaît avoir reçu en prêt de Hugues de Riez, damoiseau, cent quarante florins d'or remboursables en trois ans ; le prêt garanti par les biens, seigneurie et services qu'il possède à La Bastide-des-Jourdans, qui appartiendront au créancier en cas de non paiement et dont les revenus serviront d'intérêt à ce prêt (Pertuis, 2 mai 1377, notaire Fouques Bérenger).20ibidem : hommage prêté par Hugues de Riez, co-seigneur de La Bastide-des-Jourdans, à Raymond d'Agoult, seigneur de Sault, comte de Reillanne, haut seigneur de La Bastide-des-Jourdans par succession de son frère Fouques (Reillanne, 4 janvier 1385, notaire Guillaume de Valdrôme).21AD 13, 305 E 286.22ibid., transaction de 1428 : "... dictus nobilis Guilhelmus de Regio, condominus dicti castri...".23AD 13, 2 G 2015 : comptes des fermiers de la seigneurie, 1431-1432. 24BARTHELEMY (Dr. L.), Inventaire...des chartes de la maison des Baux...n° 646.25ibid., n° 786.26ibid., n° 1189 : hommage et serment de fidélité prêtés par Guillaume II de Baux, seigneur de Berre, héritier de sa femme Eléonore de Baux de Marignane pour La Bastide-des-Jourdans, Villelaure, Trsemines, Goult et La Bastide-de-Samson, 20 décembre 1340.27L'acte de vente du 20 décembre 1371 et le prêt du 2 mai 1377 réservent l'un et l'autre les droits éminents du duc d'Andria sur La Bastide-des-Jourdans.28BARTHELEMY, op. cit., n° 1538 et 1542.29AD 13, B 5, f°196.30Voir ci-dessus.31AD 13, B 9 f°221 et 239 ; B 10 f°39.32Copie du XVIIIe siècle, conservée à l'étude de Me Raymond à Aix-en-Provence.33ibid.34AD 13, 2 G 2716.35AD 13, 305 E 286.36ibid. : "Item diversa feuda desemparant (homines de Bastida) emphiteoticaria, que solebant et erant bene edificata ante guerram, et modo intendant desemparare destructa, et non pro emulis nisi pro defectu male ipsa operandi...". En dépit de cette dernière affirmation du seigneur, probablement exagérée, l'arbitre Raimond d'Agoult donne raison aux habitants. A la même date, l'église est en reconstruction.37ibid. : "Item petit vineas desemparatas appreciari et esmendari et monetdictos homines intentus quod ipse dominus de juribus suis non possit de singulis fidem facere per intrumenta et homagiorum, recognitionum et aliarum libertatum surarum, que instrumenta in loco de Garambodio per aliquos dicti loci portata ipsa instrumenta per ipsos homines ad solvandum quodam olim tempore, tenente domino Guidone de Morges par fraudem videlicet dictum locum de Bastida, eaque instrumenta dicti homines igne combuxerunt et alio quovis modo destruxerunt et ex eo contra dictum dominum se opposuerunt.38ibid. : "...cum burgum Bastida sit disclausum et sit circa tertia para hominum qui infra fortalicium hominum non habeant mansionem...".39ibid. : " Item conqueritur dictus dominus quod multa dampna patitur ob defectum dicte universitatis ex eo, cum per subvicarium Forcalquerii fuerit preceptum, quando visitet castra, itinera apteri, dicti siquidem homines dare et subornare dictum subvicarium in duobus vel plus florenis, et sic itinera remanent destructa ob defectum reprations et per consequens itinerantes per prata et blada iter publicum habent facere, quod est dampnum maximum domini in suis pratis et ferraginibus ac etiam diversorum hominum suorum, quare petit esmendari suarum proprietatum et justitiam ministrari."40ibid.41Cette transaction est signalée et analysée par M. Marcel Clapier dans son petit ouvrage consacré à La Bastide-des-Jourdans, p. 32-33.42Voir ci-dessus.43Par opposition aux bastides, résidences campagnardes de seigneurs ou de bourgeois assorties de domaines plus ou moins vastes, les granges sont des exploitations rurales plus modestes et indépendantes.44AC La Bastide-des-Jourdans, CC 1.45AC La Bastide-des-Jourdans, II1 : Arrêt du conseil d'Etat faisant droit à la requête présentée par la communauté de La Bastide-des-Jourdans pour le rattachement du fief au domaine royal et ordonnant aux sieurs Honoré et Jean-Louis de Coriolis de produire leurs titres de propriété, 27 novembre 1664. L'affaire ne semble pas être allée plus loin.46AC La Bastide-des-Jourdans, II1 : transaction entre la communauté et Jean-Louis de Coriolis, 10 décembre 1646 ; transaction entre la communauté et Joseph de Coriolis, 16 juin 1713. Cette dernière contient des références à plusieurs actes antérieurs : - Arrêt du conseil d'Etat, 1565. - Arrêt de la Cour des Comptes, 1584. - Transaction, 1598. - Sentence arbitrale, 1620 (notaire Jean-Antoine Angles d'Aix). - Transaction, 1621 (notaire Angles d'Aix). - Arrêt du conseil d'Etat, 1637. - Transaction, 10 décembre 1646. - Arrêt du conseil d'Etat, 1664. - Arrêt du Parlement de Dijon, 1664. - Transaction, 5 avril 1698 (notaire Daniel, d'Aix). - Arrêt du conseil d'Etat, 1702. - Sentence arbitrale, 1708.47ibid., Consultation du sieur Estrivier, d'Aix, pour la communauté de La Bastide-des-Jourdans au sujet des bois et terres gastes du terroir, 16 août 1790.48AC La Bastide-des-Jourdans, CC 5.49BARATIER (Ed.), La démographie provençale..., p. 168.50AD 13, 2 G 2716.51AD 13, 305 E 286.52ibid.53BARATIER (Ed.), op. cit., p. 168.54AC La Bastide-des-Jourdans, CC 1.55AD 13, G 262, pièce 11.56BARATIER, op. cit., p. 168.57AC La Bastide-des-Jourdans, CC 5.58BARATIER, op. cit. p. 168.59ibid.60ACARD, Description...de la Provence ancienne et moderne, tome 1, p. 310.61AC La Bastide-des-Jourdans, II 1.62Annuaire de Vaucluse, 1836.63Annuaire de Vaucluse, 1842.64COURTET (J.), Dictionnaire...des communes du département de Vaucluse, p. 74.65BANCAL, Monographies communales...p. 174.66BAILLY (Robert), Dictionnaire des communes..., p. 76.67AD 13, 305 E 286, Transaction entre le seigneur et les habitants de La Bastide-des-Jourdans : "Item etiam conqueruntur dicti procuratores dicto nomine ab ipso domino de Bastida, cum reverentia ut supra, ex eo videlicet quod, non obstante quod dicta universitas plures supportet sumptus et labores pro fortificatione dicti castri...in quibus ipse dominus, ut tenetur, cum universitate nullatenus contribuere vult...".68ibid. : "Item etiam petit idem dominus de Bastida quod menüs ville dicti castri fixant due porte, quarum ipse dominus semper tenere vel commandare possit cui voluerit unam clavem, videlicet primam ; dictis procuratoribus...respondentibus quod custodia dicte ville et clavium portalium ejusdem ad dictos homines pertinere debet et non ad dictum dominum, quia dictus dominus habet fortalicium disceparatum a dicta villa, in quo moratur cum familia sua, et dicti homines eorum proprüs sumptibus et expensis fieri et edificari fecerunt omnia fortalicia et portalia dicte ville et dictus dominus nil solvit in eis".69ibid.70AC La Bastide-des-Jourdans, CC 1.71AD 13, 2 G 2716.72AC La Bastide-des-Jourdans, CC 1.73AC La Bastide-des-Jourdans, CC 5.74AC La Bastide-des-Jourdans, BB 1 f°18.75ibid., f°20 : "A esté proposé par lesdits consuls qu'ils ont passé contrat riere Maitre Martin, notaire, les jours passés, avec le sieur baron de Limaye et de la Bastide et Léon Martin pour raison d'une porte apellée la Pousterle, par lequel a esté accordé de boucher icelle et permis audit Martin d'en faire une autre pour entrer dans le jardin d'iceluy Martin".76ibid., f° 137.77AC La Bastide-des-Jourdans, BB 2 f°15.78ibid., f°65 et 67, prix-fait donné le 7 avril 1709 à Francois Flandrin, maître-maçon.
Dénominations village
Aire d'étude et canton Pertuis
Adresse Commune : La Bastide-des-Jourdans
Cadastre : 1974 AB ; 1838 G 13

Bourg castral fortifié créé dans le 1er quart du 13e siècle, commandant un noeud routier (itinéraires de Pertuis à Forcalquier et à Manosque) établi simultanément ; développement rapide, au détriment des habitats voisins ; site de versant à forte pente, plan en éventail sous le château, limité par un cours d'eau et l'enceinte fortifiée, voirie radio-concentrique, tissu dense, église extérieure ; environ 100 feux de queste au début du 14e siècle ; entre 1348 et 1470, diminution de 75% de la population, abandon du faubourg construit sur le versant vis à vis du bourg ; au 16e siècle, croissance rapide et forte (27 maisons en 1471, 201 en 1574) ; reconstruction et extension du faubourg, fortifié probablement vers 1540 : plan triangulaire, voirie convergeant vers l'entrée du vieux bourg, tissu dense ; naissance de nouveaux faubourgs linéaires à l'est et à l'ouest ; essor freiné au 17e siècle par le détournement du trafic vers la vallée de la Durance et la politique d'accaparement des seigneurs et des bourgeois du voisinage (134 maisons en 1698) ; légère reprise après 1720, maximum démographique de 916 habitants en 1857 ; exode rural important ; 540 habitants en 1975

Période(s) Principale : 1er quart 13e siècle
Typologies bourg castral du 13e siècle à plan en éventail
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Documents d'archives
  • Donation par la reine Jeanne à Fouque d'Agoult des terres de La Bastide-des-Jourdans, Dauphin et Mison,29 août 1379. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : B 5.

    f° 196.
  • Enquête générale sur les péages du comté de Forcalquier, 8 octobre 1253. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : B 8.

    f° 161.
  • Donation par le roi Louis II à Fouque d'Agoult de la terre de La Bastide-des-Jourdans, 20 septembre 1411. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : B 9.

    f°221.
  • Lettres patentes ordonnant aux seigneurs de Goult, La Bastide-des-Jourdans, Les Beaumettes et Gémenos de prêter hommage au seigneur de Sault, 10 décembre 1411. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : B 9.

    f° 239
  • Confirmation de la concession des régales de La Bastide-des-Jourdans à Fouque et Raimond d'Agoult, 17 octobre 1419. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : B 10.

    f° 39
  • Enquête des maîtres rationaux de la Cour des Comptes de Provence sur les droits de pâturages prétendus par Guillaume Jourdan, seigneur de La Bastide-des-Jourdans et co-seigneur de Beaumont, 1345. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : B 159.

    f° 84r° - f°91v°.
  • Responce sur les articles envoyés par son Eminance monseigneur le Cardinal Grimaldy par Jean-Bernard de Coriolis, prieur de La Bastide-des-Jourdans. 1674. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : G 262, pièce 11.

  • Comptes des fermiers de la seigneurie de La Bastide-des-Jourdans, 1431-1437. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 2 G 2015.

  • Censier de La Bastide-des-Jourdans, 1375-1378. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 2 G 2716.

  • Transactions entre le seigneur et les habitants de La Bastide-des-Jourdans, 26 octobre 1388 et 5 février 1428. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Aix-en-Provence : 305 E 286.

  • Cartulaire de l'abbaye de Psalmody. Archives départementales du Gard, Nîmes : H 106.

    f° 18r°-v° et 20v°-21r°.
  • Cartulaire du chapitre de Notre-Dame-des-Doms d'Avignon. Archives départementales de Vaucluse, Avignon : G 553.

    f° 16v°-17r°.
  • Délibérations du conseil de la communauté. La Bastide-des-Jourdans. 1672-1706. Archives communales, La Bastide-des-Jourdans : BB 1.

    1672-1706 : f°18, 20, 137. 1707-1715 : f°15, 65, 67.
  • Cadastre terrier. La Bastide-des-Jourdans. 1574. Archives communales, La Bastide-des-Jourdans : CC 1-5.

    1574, 1727.
  • Arrêt du conseil d’État en faveur de la communauté, 27 novembre 1664 ; Transactions entre le seigneur et les habitants, 10 décembre 1646 et 16 juin 1713 ; Consultation du sieur Estrivier d'Aix pour la communauté, 16 août 1790. Archives communales, La Bastide-des-Jourdans : II 1.

Bibliographie
  • ACHARD, Claude-François. Description historique, géographique et topographique des villes, bourgs, villages et hameaux de la Provence ancienne et moderne, du Comté-Venaissin, de la principauté d'Orange, du comté de Nice etc. Aix-en-Provence : Pierre-Joseph Calmen, 1788, 2 vol.

    P. 310.
  • ALBANES, Joseph Hyacinthe. Gallia Christiana Novissima. Tome 1 : Aix, Apt, Fréjus, Gap, Riez et Sisteron. - Montbéliard : Société anonyme d'imprimerie montbéliardaise, 1899.

    Tome V : n°204.
  • Annuaire administratif du département de Vaucluse. Avignon, 1961.

    Années 1836, 1842.
  • BAILLY, Robert. Dictionnaire des communes de Vaucluse. Avignon : A. Barthélémy, 1961, 2e éd., 1986. 475 p.

    P. 76 à 78.
  • BANCAL, M. Monographies communales d'après les documents recueillis par les instituteurs. Arrondissement d'Apt. - Cavaillon : Imprimerie-librairie Mistral, 1896, 227 p.

    P. 172 à 175.
  • BARATIER, Edouard. La démographie provençale du XIIIe au XVIe siècle. Paris : S.E.V.P.E.N. , 1961, 255 p.

    P. 168.
  • BARTHELEMY, L. Inventaire chronologique et analytique des chartes de la maison des Baux. - Marseille : typographie et lithographie Barthélémy-Feissat père et fils, 1882.

    N° 646, 786, 1189, 1538, 1542.
  • Benoît, Fernand. Recueil des actes des comtes de Provence appartenant à la maison de Barcelone, Alphonse II et Raimond Bérenger V (1196-1245). Collection de textes pour servir à l'histoire de Provence. Monaco : Imprimerie de Monace ; Paris : A. Picard, 1925, 2 tomes, CCLXIX, 496 p.

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  • CLAPIER, Marcel. La Bastide-des-Jourdans. Paris, 1966, 79 p., 3 pl. h.t.

  • COURTET, Jules. Dictionnaire géographique, historique, archéologique et biographique des communes du département du Vaucluse. Avignon : Bonnet fils, 1857, 385 p.

    P. 74-75.
  • TOURNADRE, Guy de. Histoire du comté de Forcalquier (XIIe siècle). Paris, 1930.

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