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village de Moriez

Dossier IA04001541 réalisé en 2007

Fiche

Historique

Un castrum est attesté à Moriez au 13e siècle : dès 1232 on trouve dans les chartes la mention du castrum de Moriers, nommé Moreriis en 1237 et Moriars en 1278 ; une implantation plus ancienne pourrait avoir existé mais pas sur le site actuel du village. Dans les pouillés, une ecclesia Moreriis est mentionnée vers 1300, puis en 1376 et également au 16e siècle ; l'église paroissiale Saint-Barthélémy pourrait, dans sa forme actuelle, dater du 15e siècle. La seigneurie de Moriez est successivement fief des Roquevaire et des Castellane au 14e siècle, puis des Vintimille au 15e siècle et enfin des Chaillan du 16e au 18e siècle. Cette famille a édifié notamment deux châteaux successifs dans le village.

Sur la carte de Cassini, Mories est une paroisse avec château. Sur la carte militaire réalisée dans le 3e quart du 18e siècle, où le hameau est dessiné Cartes des frontières Est de la France, de Colmars à Marseille. [Détail de la feuille 195-22 : village de Moriez]Cartes des frontières Est de la France, de Colmars à Marseille. [Détail de la feuille 195-22 : village de Moriez], les habitations apparaissent groupées autour d'une place avec fontaine (fontaine datée du 1644 et toujours en place, référence : IA04001547) d'où partent quatre chemins en étoile. L'église est située à la limite nord du village, un peu en contrebas le château (dénommé plus tard Château Vieux) est encore flanqué de quatre tours rondes et ceint sur deux côtés d'un mur d'enceinte scandé de trois tours.

Les chronogrammes repérés dans le village datent pour l'essentiel du 18e siècle pour ceux portés sur les habitations. La datation stylistique confirme cette période comme étant celle de la plus forte croissance du village.

En 1838, Sur le cadastre napoléonien, Plan d'ensemble d'après le cadastre napoléonien de 1838, section B4.Plan d'ensemble d'après le cadastre napoléonien de 1838, section B4. la forme du village a été redessinée autour du tracé des routes : les bâtiments sont désormais organisés de part et d'autre d'une fourche, le chemin de Courchons se divise en deux au niveau de la place de la Fontaine pour mener vers le nord à Hyèges et plus au sud à Digne. La nouvelle grande route de Digne à Nice a été tracée à l'emplacement du canal du moulin et passe ainsi au milieu des "prés du château", terres qui dépendaient du Château Vieux ; elle a bénéficié d'un nouvel élargissement en 2009. Les constructions nouvelles sont majoritaires le long du chemin de Hyèges dénommé alors Grande Rue. Le Château Vieux a perdu sa forme originelle tandis que le Château Neuf a été érigé le long de la Grande Rue dans le dernier quart du 18e siècle. En 1892, la gare de Moriez est achevée, la voie de chemin de fer de Digne à Nice dessert désormais Moriez.

L'évolution contemporaine du village de Moriez essaime les villas récentes au sud de la route nationale de Digne à Nice, et également à l'entrée ouest du village, du côté d'Hyèges.

Le village possède un four à pain se trouvant, selon le cadastre napoléonien, section B, parcelle 53. L'état de section de 1886 le décrit comme ruiné depuis 1870. Aussi en 1849, la commune achète auprès de particuliers un four à pain situé également dans le village avec un terrain arable attenant, pas très loin du précédent. Ce four à pain est aujourd'hui un gîte.

Autre lieu public, la fontaine : simple fontaine circulaire en 1644, elle été augmentée successivement d'un abreuvoir (avant 1828) et d'un lavoir couvert en 1904.

Concernant les écoles, une école de filles a existé dans le Château Neuf entre 1872 et 1898, l'école de garçons semble avoir toujours été à son emplacement actuel, elle est agrandie en 1864 et ferme ses portes en juin 2009.

Description

Le village est construit sur une pente douce qui forme une étroite vallée : c'est l'entrée de la vallée de l'Asse de Moriez qui se prolonge en remontant vers Hyèges et les Chaillans. En fond de vallée, l'Asse coule en contrebas sud du hameau ; le long de ce cours d'eau les terres cultivées se découpent en parcellaire laniéré. Elles sont aujourd'hui coupées du centre historique du village successivement par la voie de chemin de fer et la gare, puis par la route de Digne à Nice.

Les rues du village Vue aérienne.Vue aérienne. rayonnent en éventail à partir de la place de la fontaine sur laquelle donnent à la fois le Château Vieux et le Château Neuf. L'essentiel des bâtiments du village est constitué de maisons, très peu d'entrepôts agricoles et de fermes. Les maisons sont construites en moellons de calcaire, traditionnellement couvert d'un enduit à pierres vues de gypse rouge, caractéristique du village ; elles sont couvertes d'un toit à longs pans avec tuiles creuses ; ces deux éléments ont souvent laissés place à des enduits récents et une couverte moderne en ciment amiante.

Appellations de Moriez
Dénominations village
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Saint-André-les-Alpes
Adresse Commune : Moriez
Lieu-dit : le Bourg
Cadastre : 1838 B4 ; 1983 B5

Si les premières mentions du castrum remontent au 13e siècle, le plus grand nombre de constructions du village date du 18e siècle, avant la Révolution, à l'époque où le lieu est fief des Chaillans.

Au 19e siècle, la structure du village se redessine autour des grands axes de communications : les chemins menant à Hyèges et Courchons, la grande route de Digne à Nice et la nouvelle voie de chemin de fer.

L'évolution contemporaine du village de Moriez essaime les villas récentes au sud de la route nationale de Digne à Nice, et également à l'entrée ouest du village, du côté d'Hyèges.

Période(s) Principale : Moyen Age
Principale : Temps modernes
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Dates 1644, porte la date
1724, porte la date
1785, porte la date
1790, porte la date

Le village est construit sur une pente douce qui forme une étroite vallée : c'est l'entrée de la vallée de l'Asse de Moriez qui se prolonge en remontant vers Hyèges et les Chaillans.

Les habitations s'étant au fil du temps structurées autour des axes de communications, le village est une forme de village-carrefour, avec les rues en éventail autour de la fontaine ancienne et des anciennes constructions des seigneurs locaux.

Murs calcaire
enduit
Toit tuile creuse, ciment amiante en couverture
Couvertures toit à longs pans
toit à un pan
Statut de la propriété propriété privée
propriété de la commune, []

Références documentaires

Documents d'archives
  • Questionnaire sur l'état des paroisses du diocèse de Digne, cantons de Reillanne à Volonne. 1840. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 V 78.

    Paroisses de Moriez, de Hyèges.
  • Etat de sections du cadastre de la commune de Moriez. 1882-1914. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne : 3 P 0941.

    1889. Section B11 parcelle 62 : four, augmentation de construction.
  • MARTINEZ, Martine. Autour de Moriez. 2001

  • Recensements de la population entre 1820 et 1936. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 6 M 192.

  • p. 16-19, 24-27.
Documents figurés
  • Cartes des frontières Est de la France, de Colmars à Marseille. / Dessin à l'encre sur papier, par Jean Bourcet de La Saigne et Jean-Claude Eléonore Le Michaud d'Arçon, 1764-1778. Echelle 1/14000e. Cartothèque de l’Institut Géographique National, Saint-Mandé : CH 194 à 197.

    Feuille 195-22.
  • Plan cadastral de la commune de Moriez. / Dessin à l'encre par Bonnet, Duc, Frison, Nicolas, Rougier, 1838. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 105 Fi 133 / 001 à 028.

    Section B4.
Bibliographie
  • BARATIER, Edouard. La démographie provençale du XIIIe au XVIe siècle. Paris : S.E.V.P.E.N. , 1961, 255 p.

    p. 156-157.
  • BARGE, Hélène, BOURHIS, Jean-Roger. Le dépôt de bronzes de Moriez (Alpes de Haute-Provence). Documents d'Archéologie méridionale, tome 27, 2004.

    p. 141-170.
  • CLOUZOT, Etienne. Pouillés des provinces d'Aix, d'Arles et d'Embrun. Diocèse de Senez. Paris : imprimerie nationale, 1923.

    p. 289-290, 292-294.
  • COLLIER, Raymond. La Haute-Provence monumentale et artistique. Digne: Imprimerie Louis-Jean, 1986, 559 p. : ill.

    p. 12, 368-369.
  • DUMONT, René. Sur quelques possibilités agricoles de la moitié sud des Basses-Alpes. Economie rurale, 1953.

    p. 19-28.
  • FERAUD, Jean-Joseph-Maxime. Souvenirs religieux des églises de la Haute-Provence. Digne : Vial, 1879, 346 p.

    p. 48-50.
  • GEAN, Jacky, GIORDANENGO, Jean. A l'ombre du clocher. Histoire d'un pays entre Var et Verdon. Breil-sur-Roya : Les Editions du Cabri, 1997. 207 p. : ill.

    p. 189-190.
  • GRAS-BOURGUET. Antiquités de l'arrondissement de Castellane (Basses-Alpes). Digne : Repos, 1842, 314 p. : ill. ; 21 cm.

    p. 78.
  • ISNARD, Marie Zéphirin. Etat documentaire et féodal de la Haute-Provence. Digne : imprimerie Vial, 1913, 496 p.

    p. 252-254.
  • REPARAZ, André de. Les campagnes de l'ancienne Haute-Provence vues par les géographes du passé, 1880-1950. Mane : Les Alpes de Lumière, 2000, 180 p. : ill. ; 21 cm.

    p. 62, 105, 154.
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