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village de La Rochette

Dossier IA04001724 réalisé en 2009

Fiche

Histoire

La Rochette, en tant que village, apparaît dans les textes à partir de 1232. A cette date Pierre de Glandevès (dit Balb) partage ses biens entre ses fils. Anselme obtient alors Villevieille et Saint-Cassien, Avenos, le Villar, La Rochette de Cadenède (futur Cheinet). Jean reçoit pour sa part La Rochette de Collongues (du Miolans), Collongues, Puy-Figette, La Penne-Chaudol, etc. Il faut noter ici la mention de « deux » Rochettes (le village actuel et le Cheinet), ce qui explique que l'on trouve dans certains textes de cette époque l'appellation Rochetis.

Le château

Au 13e siècle, le château de La Rochette était vraisemblablement installé en contre-haut des ruines actuelles, au sommet d'une colline qui domine l'oratoire situé sur le petit col où se situe le réservoir d'eau. Effectivement, la Carte des frontières est de la France, levée entre 1764 et 1778, nomme ce point « Collet de Chastel ». En outre, le plan cadastral de 1818 indique « le château » à cet emplacement, et ce site sert d'ailleurs de point de repère pour la triangulation. Dans l'état des sections de ce même cadastre, le toponyme « le château » désigne une quinzaine de parcelles situées sur les versants de cette colline. Sur la carte IGN au 1/25 000e, ce toponyme est également situé à cet emplacement et le point de repère du cadastre de 1818 correspond à la côte 1055 mètres.

La construction du deuxième château, qui était installé sur l'éperon dominant immédiatement le village, date sans doute de la fin du 14e siècle ou du 15e siècle. Par la suite, ce château à certainement été plusieurs fois remanié et agrandi.

A la Révolution, le château est vendu en lot en 1793 et réaménagé en maisons d'habitation et en bâtiments ruraux, ce que montre très clairement le cadastre de 1818 (parcelles G 1 à 9).

Voici la description qu'en donne l'abbé Féraud en 1861 : « L'ancien château seigneurial, élevé sur un roc qui domine le village et la plaine, est soutenu par un grand nombre de voûte qui se croisent dans tous les sens. On monte dans les appartements, non par un escalier, mais par une large rue bordée d'un mur percé de meurtrières et grandes embrasures. Sur le devant du château s'étend une grande plate-forme d'où l'on jouit d'un coup-d'œil admirable. Sur le point le plus élevé du roc, on voit les traces d'une tour carrée ».

Des photos des ruines de ce château, prises par J.-A. Durbec en 1921, montrent que la partie nord-est possédait des élévations en petit appareil assisé, avec une porte en arc brisé possédant un encadrement à bossages. Cette partie du château donnait sur la plate-forme (ou terrasse, comme mentionnée dans le cadastre de 1818). En revanche, les élévations des autres bâtiments sembleraient avoir été en maçonnerie de moellons simple.

Ses ruines, menaçant les habitations du village, ont été détruites en 1933 par Louis Dellacasse, entrepreneur à Annot.

Organisation municipale

A partir de la fin du 14e siècle, le territoire de La Rochette devient frontalier avec le comté de Nice, qui s'est séparé de la Provence. Le rôle du village devient alors stratégique pour la défense de la vallée du Chanan dont il devient une sorte de capitale, rôle qu'il conserve jusqu'au 19e siècle.

C'est probablement à cette époque ou peut-être au moment où se met en place une organisation municipale, au milieu du 15e siècle, qu'est édifiée l'enceinte dont subsiste une porte, en bas de la rue du Pountis.

Effectivement, un acte de 1447 indique que la communauté de La Rochette avait des créanciers, ce qui sous-entend une structure communautaire organisée déjà établie. Dans un acte de 1471, le village est manifestement directement dirigé par des syndics.

L'église paroissiale

La première église Notre-Dame de La Para, ou des Parans, mitoyenne du cimetière en contrebas du village, (actuelle parcelle G 83) aurait été édifiée au 13e siècle. Sur un projet de reconstruction de 1858, le plan de l'état des lieux est celui d'une nef unique de 3 travées, voûtée en berceau avec arc doubleau entre les travées. L'abside rectangulaire est prolongée par une petite sacristie également rectangulaire. La porte est aménagée dans l'élévation sud. Le pignon ouest est percé d'une baie. Des photos, prises avant sa destruction définitive dans les années 1950, montrent un grand bâtiment de plan rectangulaire, avec une abside de forme rectangulaire également. L'élévation sud en moyen appareil comportait une grande porte en plein-cintre côté ouest, et deux baies en plein-cintre côté est.

Cette église, qui menaçait ruine, a été abandonnée dès le milieu du 19e siècle et le culte à été provisoirement déplacé à la chapelle Saint-Joseph, jusqu'à la construction de la nouvelle église en 1870.

Autres bâtiments publics

Le site du village, enserré entre ravin et rocher, n'a pas été favorable au mouvement édilitaire du 19e siècle, tout au plus peut-on mentionner l'aménagement de la fontaine-lavoir sur la place haute en 1856 et la construction du beffroi au 19e siècle.

Depuis 1838, une ancienne maison fait office de presbytère, d'école et de mairie.

Le village n'a pas de four à pain collectif. Un four à pain, privé, était installé sous l'actuel café (parcelle 1818 G 99). Il a été remplacé au début du 20e siècle par un autre four, situé à l'étage de ce même bâtiment. Ce nouveau four provient de Biot (Alpes-Maritimes). Sur le cadastre de 1818, l'ancien four à pain appartient aux famille Drogoul, Fabre et Olivier, chacune pour un tiers.

Lors des travaux de construction de la R.D.10, au tout début du 20e siècle, un nouvel accès au village a été créé en 1903 (source orale) par le percement d'un tunnel sous le rocher au nord du village. Quelques bâtiments furent détruits à cette occasion afin de dégager un passage à l'entrée ouest du village qui puisse donner accès au tunnel.

Le village ne s'est doté d'un monument aux morts qu'en 2006 : une stèle adossée au rocher près de l'entrée du tunnel.

Habitat

Sur le cadastre de 1818, le centre du village est très majoritairement occupé par des maisons, mais l'on note également quelques bâtiments agricoles installés dans les îlots, ou même construits en sous-sol de la placette d'en haut. En revanche, il existait un îlot composé uniquement de bâtiments agricoles, situé à l'entrée ouest du village. Cet îlot a été détruit lors de la construction de l'actuelle église.

En 1818, toutes les terrasses aménagées sous le village étaient cultivées en jardins. Ces jardins existent toujours, et ils bénéficient aujourd'hui d'un arrosage réalisé par un petit canal d'irrigation. Quelques bassins sont installés dans certains jardins.

A la suite de l'incendie d'une partie du hameau d'Avenos par les troupes allemandes en 1944, une partie des granges situées à l'entrée ouest du village ont été transformées en maisons.

Voici la description du village de La Rochette, faite par l'abbé Féraud : « ce village tire son nom de sa position sur un rocher exposé au Midi. (…) Ce village est bâti sur un plan incliné : plusieurs maisons sont élevées sur le devant, jusqu'à trois étages, et n'en ont qu'un derrière. Beaucoup d'autres sont appuyées sur des voûtes. L'ancien château seigneurial (…) sert maintenant de demeure à plusieurs familles de La Rochette. ».

Le village est effectivement installé au sommet d'un versant très raide, au pied d'un éperon rocheux. Il est compris dans son ancien mur d'enceinte, lequel était ouvert côté ouest par une porte couverte en voûte (encore en place). Une autre porte se trouve dans la partie haute du village, au pied de l'éperon rocheux.

Le village est organisé en quelques îlots de bâtiments mitoyens, installés perpendiculairement au sens de la pente. Quelques ruelles très étroites, parfois aménagées en escaliers, serpentent entre les îlots. Les bâtiments sont souvent traversants et, comme l'indiquait déjà Féraud, la plupart possèdent plusieurs étages de soubassement, parfois trois. Quelques passerelles sur voûtes enjambent les ruelles pour desservir les étages supérieurs des bâtiments. On note également un passage couvert aménagé sous les maisons.

Dénominations village
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Entrevaux
Adresse Commune : La Rochette

La Rochette apparaît dans les textes à partir de 1232 avec la mention de La Rochette de Cadenède (futur Cheinet) et de La Rochette de Collongues (du Miolans). Un premier château était vraisemblablement installé au 13e siècle en contre-haut des ruines actuelles, au sommet d'une colline que la Carte des frontières est de la France, levée entre 1764 et 1778, nomme « Collet de Chastel ». Le plan cadastral de 1818 indique également « le château » à cet emplacement, que l'on retrouve sur la carte IGN au 1/25 000e à la côte 1055 mètres. Le deuxième château, qui était implanté sur l'éperon allongé dominant immédiatement le village, date sans doute de la fin du 14e siècle ou du 15e siècle et aurait été plusieurs fois remanié et agrandi. Il est vendu en lot en 1793 et réaménagé en maisons d'habitation et en bâtiments ruraux, ce que montre très clairement le cadastre de 1818 (parcelles G 1 à 9). Les ruines, menaçant les habitations du village, ont été détruites en 1933 par Louis Dellacasse, entrepreneur à Annot. A partir de la fin du 14e siècle, le territoire de La Rochette devient frontalier avec le comté de Nice, qui s'est séparé de la Provence. Le rôle du village devient alors stratégique pour la défense de la vallée du Chanan dont il devient une sorte de capitale, rôle qu'il conserve jusqu'au 19e siècle. C'est probablement à cette époque ou peut-être au moment où se met en place une organisation municipale, au milieu du 15e siècle, qu'est édifiée l'enceinte dont subsiste une porte, en bas de la rue du Pountis. La première église Notre-Dame de La Para, ou des Parans, mitoyenne du cimetière en contrebas du village, (actuelle parcelle G 83) aurait été édifiée au 13e siècle. Des photos, prises avant sa destruction définitive dans les années 1950, montrent un grand bâtiment de plan rectangulaire, avec une abside de forme rectangulaire également. L'élévation sud en moyen appareil comportait une grande porte en plein-cintre côté ouest, et deux baies en plein-cintre côté est. Cette église, qui menaçait ruine, a été abandonnée dès le milieu du 19e siècle et le culte à été provisoirement déplacé à la chapelle Saint-Joseph. La nouvelle église paroissiale a été construite en 1870 (IA04001625). Le site du village, enserré entre ravin et rocher, n'a pas été favorable au mouvement édilitaire du 19e siècle, tout au plus peut-on mentionner l'aménagement de la fontaine-lavoir sur la place haute en 1856 (IA04001710). Depuis 1838, une ancienne maison fait office de presbytère, d'école et de mairie (IA04001689). Lors des travaux de construction de la R.D. 10, au tout début du 20e siècle, un nouvel accès au village a été créé en 1903 (source orale) par le percement d'un tunnel sous le rocher au nord du village. Quelques bâtiments furent détruits à cette occasion. Le village ne s'est doté d'un monument aux morts qu'en 2006 : une stèle adossée au rocher près de l'entrée du tunnel.

Période(s) Principale : Moyen Age, Temps modernes, 19e siècle, 20e siècle

Le village est installé au sommet d'un versant très raide, au pied d'un éperon rocheux. Il est compris dans son ancien mur d'enceinte dont subsiste une porte, en bas de la rue du Pountis. Le tissu urbain est organisé en quelques îlots de bâtiments mitoyens installés perpendiculairement au sens de la pente, entre lesquels serpentent des ruelles très étroites, parfois aménagées en escaliers. Les bâtiments sont souvent traversants et la plupart possèdent de un à trois étages de soubassement. Quelques passerelles sur voûtes enjambent les ruelles pour desservir les étages supérieurs des bâtiments. On note également une ruelle en partie couverte. Déjà en 1818, toutes les terrasses aménagées sous le village étaient cultivées en jardins, qui existent toujours et sont arrosés par un petit canal d'irrigation. Des bassins sont installés dans certains jardins.

Statut de la propriété propriété privée
propriété de la commune, []

Références documentaires

Documents d'archives
  • Crédit alloué pour la démolition du château de La Rochette, 1933. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 388

    Le 5 mars 1933, est fait le mandat de payement de 105000 francs à verser à Louis Dellacasse, entrepreneur à Annot, pour la démolition du château de La Rochette.
Documents figurés
  • Cartes des frontières Est de la France, de Colmars à Marseille. / Dessin à l'encre sur papier, par Jean Bourcet de La Saigne et Jean-Claude Eléonore Le Michaud d'Arçon, 1764-1778. Echelle 1/14000e. Cartothèque de l’Institut Géographique National, Saint-Mandé : CH 194 à 197.

    Feuille 194/6 : le village de La Rochette.
  • Plan cadastral de la commune de La Rochette, 1818. / Dessin, plume et lavis, par Navelle, géomètre. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 105 Fi 170/015

    Section G du village, échelle 1/1250e.
  • Département des Basses-Alpes. Arrondissement de Castellane. Canton d'Entrevaux. Commune de Larochette. Projet d'église paroissiale. Plans. Elévations. Coupes et détails. / Dessin sur papier par Lutton, 24 janvier 1863 ; échelle de 1/100, 65 x 98 cm. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 Z 22

    Plan de l'ancienne église paroissiale, 1863.
Bibliographie
  • DURBEC, Joseph-Antoine. Le Chanan et ses environs. Aux confins des Alpes Maritimes et de la Haute Provence. - Cannes : Société Scientifique et Littéraire de Cannes et de l'Arrondissement de Grasse, 1983, 52 p., ill. Histoire du Val de Chanan (Chalvagne, La Rochette, Saint-Pierre) et de ses environs (Vergons, Annot, Entrevaux...) de la préhistoire à la fin du Moyen-Age.

    pp. 16-17, 32, 49, 51.
  • DURBEC Joseph-Antoine. Les villages du Val de Chanan et des terres environnantes dans l'ancien diocèse de Glandèves du XIe au XVe siècle. - Paris, Bibliothèque Nationale : 1968, 150 p.

    p. 72 : premières indications de l'existence d'une organisation municipale à La Rochette au 15e siècle.
  • FERAUD, Jean-Joseph-Maxime. Histoire, géographie et statistique du département des Basses-Alpes. Digne : Vial, 1861, 744 p.

    p. 518
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