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village de Châteauneuf-lès-Moustiers

Dossier IA04002767 réalisé en 2014

Fiche

Œuvres contenues

Historique

La voie romaine, qui reprend le tracé du Grand Chemin, passe au col de Châteauneuf. Il est probable qu'un site perché était installé à proximité dès la période protohistorique, sur l'actuel site castral ou peut-être à La Gardette.

En 1189, après la défaite des Castellane face au Comte de Provence Alphonse 1er, la seigneurie du « castellum novum » des Barris est démembrée. La partie nord est érigée en seigneurie de Château Neuf, la partie sud prend le nom de La Palud, et le village des Barris perd peu à peu ses habitants. Dans les années 1260, Châteauneuf fait partie du bailliage de Digne, avec Majastre et Saint-Jurs, alors que La Palud et Rougon appartiennent au bailliage de Draguignan. Avec les autres, les seigneuries de La Palud et de Châteauneuf sont rattachées au bailliage de Moustiers au début du 14e siècle.

Château du haut. Vue d'ensemble prise de l'est.Château du haut. Vue d'ensemble prise de l'est.Au sommet du site castral de Châteauneuf, on remarque les restes d'un donjon de plan carré, et d'un autre bâtiment juste au nord-est, en maçonnerie de petit et moyen appareil de moellons équarris et assisés. Ce donjon est accompagné de murs de soutènement côté sud, et il est accessible par une rampe passant au pied sud de l'église.

D'après J. Cru, l'origine de la construction de cet ensemble pourrait dater des années 1190. Cette période est également celle de la construction de l'église à son actuel emplacement, puisqu'il est fait mention de l'église Saint-Pons (« ecclesiam Sancti Pontii de Castro Novo ») dans une bulle papale de 1204.

Le second château, grand bâtiment ruiné situé au nord-est de la plate-forme castrale, ainsi que les restes d'autres constructions situées au pied nord du donjon, datent de la fin du 14e siècle ou du début du 15e siècle. Le village occupait alors le sommet de la bute castrale, et se développait sur le haut du versant nord. Il était défendu par un mur d'enceinte, aujourd'hui presque totalement disparu. L'église est probablement agrandie, en restant à son emplacement actuel.

La présence de ce second château s'explique selon J. Cru par l'indivision de la seigneurie. Il a été agrandi au 17e siècle, sans doute par la famille Carbonel, par le collage d'une partie sud, avec un démontage partiel des pierres de l'ancienne chaîne d'angle sud-est du bâtiment initial, qui ont sans doute été remployées sur la nouvelle construction.

Château du bas. Vue d'ensemble prise du nord-ouest.Château du bas. Vue d'ensemble prise du nord-ouest.Adossé perpendiculairement au sens de la pente, ses élévations sont en parties conservées. Elles montrent une construction en maçonnerie de moellons, non équarris mais assisés, avec quelques rangs en appareil oblique non alterné. Les pierres de taille des chaînes d'angle et des encadrements ont été pillés. Il subsiste cependant une portion de corniche moulurée, couronnant le second niveau de l'élévation sud, qui date de l'extension du 17e siècle. Le premier niveau de l'élévation nord montre une série horizontale de quatre jours rectangulaires, surmontés chacun par un grand jour en fente.

Le bâtiment nord est séparé en deux longues travées par un mur de refend, qui vient s'appuyer par collage sur le mur sud. Les trous des solives de plancher montrent que le bâtiment nord possédait au moins trois niveaux, et le bâtiment sud seulement deux, d'une hauteur élevée.

La construction du village à son emplacement actuel, au pied sud de la bute castrale semble débuter dès le second quart du 16e siècle.

Une partie des maisons du village datent de cette époque. Elles possèdent, de manière irrégulière, des assises en appareil oblique, alterné ou non alterné, qui reprennent la tradition des constructions de la fin du 14e siècle et du 15e siècle. Peut-être dès cette époque, une partie des matériaux de l'enceinte ont été remployés.

Le village est organisé en longueur, au pied sud de la falaise supportant le donjon.

Les maisons sont soit adossées à la falaise, soit regroupées en petits îlots. Côté sud, une succession lacunaire d'îlots de maisons-rempart montre des façades presque aveugle et sans ouverture basse.

LVillage de Châteauneuf. Rue principale, prise de l'ouest.Village de Châteauneuf. Rue principale, prise de l'ouest.e village est traversé par un rue principale relativement linéaire, caladée, qui rejoint l'entrée nord-ouest et l'église, à l'entrée sud-est et l'oratoire Saint-Louis. A l'entrée sud-ouest, les arrachements d'une porte à double arcade en pierre de tuf sont visibles. Les sommiers en place sont ancrés dans la maçonnerie de deux bâtiments, dont l'un, côté est, possède une partie de ses élévations sur quatre niveaux. On y remarque des trous de solives rapprochés, témoignant d'anciens planchers à la française. Les murs conservés possèdent peu d'ouvertures, et de petites dimensions. A l'entrée nord-ouest, en-dessous de la terrasse de l'église, le rocher est taillé de plusieurs marches. A l'entrée nord-est, J. Cru et J.-C. Poteur indiquent une poterne.

A l'entrée sud-est, au pied de l'oratoire Saint-Louis, un début de faubourg s'est constitué à l'extérieur de l'enceinte villageoise, probablement au cours du 16e siècle. Sur le plan cadastral de 1835, cette partie est dessinée en dehors de la partie du village.

CHATEAUNEUF-LES-MOUSTIERS. VUE GENERALE, années 1900.CHATEAUNEUF-LES-MOUSTIERS. VUE GENERALE, années 1900.Dès la fin du 18e siècle, Achard indique que Châteauneuf commence à être déserté, probablement à cause du manque d'eau. Par ailleurs, les ruines actuelles des maisons du village témoignent de la construction, courant 19e siècle, de citernes intérieures, construites dans des angles de resserre ou d'étable.

Pour autant, le village a continué a évoluer, et des bâtiments ont été construits. On relève par exemple la date 1826, gravée sur l'arc segmentaire en pierre de taille de la maison qui abrita l'école. Le pillage de presque tous les encadrements en pierre de taille limite cependant grandement les indices chronologiques.

Le dernier habitant y est mort dans les années 1920.

Le village dans le cadastre napoléonien (1835)

Sur la quatrième feuille de la section D du cadastre de 1835, le village apparaît avec une physionomie identique à ce qui peut être actuellement observé. Cela signifie que, dès cette époque, le dynamisme urbain ne fonctionnait plus, prémisse de l'abandon progressif à partir de la seconde moitié du 19e siècle puis total et définitif dans les années 1920.

Sur l'état des sections de 1836, l'église Saint-Pons (« bâtiment église », 1835 D4 1126), la chapelle Saint-Joseph (« bâtiment chapelle ruine et cour », 1835 D4 1124), le « cimetière » (1835 D4 1125), un « bâtiment four » (1835 D4 1135), la « maison presbytère » (1835 D4 1127) et une « maison » (1835 D4 1128) appartiennent à la commune de Châteauneuf. Celle-ci possède également une grande parcelle d' « aire » à battre (1835 D4 1123) et une autre de « terre vague » (1835 D4 1121) qui correspondent au site castral.

25 parcelles sont mentionnées comme « maison » dont 9 possèdent une cour, trois comme « bâtiment rural » dont deux avec une cour, et deux comme « bâtiment ruine » (1835 D 1122, 1162).

Seules deux maisons sont en copropriété (1835 D4 1133 et 1139), un propriétaire possédant la « maison » et l'autre une « chambre » ou une « écurie ».

Type de bâti par parcelle

(état de la section D - 1836)

Multipropriété

Total

"maison"

2

(8 %)

25

"bâtiment rural"

0

(0 %)

3

"bâtiment ruine"

0

(0 %)

2

Nature des parcelles du village de Châteauneuf et multi-propriété (cadastre de 1835)

Outre l'aire à battre communale, une seule autre « aire » à battre privée est mentionnée, à l'entrée sud du village. Les « jardins » sont aménagés entre les parcelles bâties.

Le plan cadastral localise quatre édicules religieux, placés en périphérie du village comme autant de bornes sacrées qui protègent l'espace domestique villageois. Une croix se trouve à l'entrée nord-ouest, et une autre à l'entrée est. Un oratoire se trouve à l'entrée sud-ouest et un autre à l'entrée sud-est.

La toponymie cadastrale précise les localisations, un usage historique ou donne des informations sur les vocables des édicules et édifices religieux.

Le site castral est appelé « Les Châteaux », rappelant par cette appellation la co-seigneurie qui avait donné lieu à la construction de deux bâtiments castraux.

On relève ainsi le quartier de « L'Aire Basse », à l'entrée sud-ouest, et celui de « L'Aire » à l'entrée nord, précisant l'usage de ces espaces pierreux et communaux comme zone de battage des céréales. On note également « Le Jardin », « Le Jardin du Four » et le « Champon », qui renseignent sur l'usage agricole.

Le seul micro-toponyme concernant le bâti privé est celui de « Codecatin », qui pourrait peut-être témoigner d'un ancien usage historique de maison close.

Les micro-toponymes renseignent également de façon précise sur les vocables religieux. L'église est nommée « Saint Pons », le quartier de la chapelle et du cimetière est nommé « Saint Joseph » (cette appellation s'étendant jusqu'aux falaise de Notre-Dame de la Roche), et l'oratoire sud-est est nommé « Saint Louis ».

Dénominations village
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Moustiers-Sainte-Marie
Adresse Commune : La Palud-sur-Verdon
Lieu-dit : Châteauneuf-lès-Moustiers
Adresse :

Au sommet du site castral de Châteauneuf, les restes d'un donjon de plan carré pourraient remonter aux années 1190. Cette période est également celle de la construction de l'église à son actuel emplacement, puisqu'il est fait mention de l'église Saint-Pons dans une bulle papale de 1204.

Le second château, grand bâtiment ruiné au nord-est de la plate-forme castrale date de la fin du 14e siècle ou du début du 15e siècle. Le village occupait alors le sommet de la bute castrale, et se développait sur le haut du versant nord. Il était défendu par un mur d'enceinte, aujourd'hui presque totalement disparu. Ce second château a été agrandi au 17e siècle.

La construction du village à son emplacement actuel, au pied sud de la bute castrale semble débuter dès le second quart du 16e siècle. Une partie des maisons du village datent de cette époque. A l'entrée sud-est, au pied de l'oratoire Saint-Louis, un début de faubourg s'est constitué à l'extérieur de l'enceinte villageoise, probablement au cours du 16e siècle. Sur le plan cadastral de 1835, cette partie est dessinée en dehors de la partie du village.

Dès la fin du 18e siècle, Achard indique que Châteauneuf commence à être déserté, probablement à cause du manque d'eau. Pour autant, le village a continué a évoluer, et des bâtiments ont été construits. Le dernier habitant y est mort dans les années 1920.

Période(s) Principale : 4e quart 12e siècle
Principale : limite 14e siècle 15e siècle
Principale : milieu 16e siècle
Principale

Le village de Châteauneuf est installé au pied d'une éminence rocheuse, au niveau d'un col que franchi l'ancienne voie de Moustiers à Castellane. Le sommet du site, qui était occupé par le castrum, domine au nord la vallée du Baou, et au sud celle de la Valonge. Ce village est totalement abandonné depuis les années 1920.

Il est organisé en îlots de bâtiments mitoyens, distribués par une rue principale étroite et caladée. Les parcelles bâties sont très majoritairement des maisons d'habitation, bien que l'on relève quelques rares bâtiments agricoles en périphérie.

Murs

Références documentaires

Documents d'archives
  • Délibérations du Conseil municipal de la commune Châteauneuf-les-Moustiers, 1790-1884. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E dépôt 52/6.

  • État de section du cadastre de la commune de Châteauneuf-lès-Moustiers, 1836. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains, 3 P 125.

    Section D, dite du Village.
  • Délibérations du conseil municipal de Châteauneuf-les-Moustiers concernant le changement de chef-lieu de la commune, 1880-1931. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 M 180

Documents figurés
  • Cartes des frontières Est de la France, de Colmars à Marseille. / Dessin à l'encre sur papier, par Jean Bourcet de La Saigne et Jean-Claude Eléonore Le Michaud d'Arçon, 1764-1778. Echelle 1/14000e. Cartothèque de l’Institut Géographique National, Saint-Mandé : CH 194 à 197.

    Feuille 194-33.
  • Plan cadastral de la commune de Châteauneuf-lès-Moustiers. / Dessin à l'encre sur papier par Gelinsky, géomètre du cadastre, 1835. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 105 Fi 51 1 à 105 Fi 51 17.

    Section D, feuille 1. Echelle de la feuille 1/2500e, échelle du développé en marge 1/1250e.
  • CHATEAUNEUF-LES-MOUSTIERS. VUE GENERALE. / Photographie noir et blanc, années 1900. Dans : « Monographie des Chauvets Etude de Géographie locale » / M. Capoduro, Paris : Librairie J.B. Baillère et Fils, 1914, p. 105.

  • Etat actuel. [Plan du village et du site castral de Châteauneuf-lès-Moustiers.] / Dessin. Dans : « Châteauneuf-les-Moustiers Un village des gorges du Verdon, rive droite » / Jacques Cru, La Palud-sur-Verdon : La Maison des Gorges du Verdon, 2011, p. 234.

Bibliographie
  • ACHARD, Claude-François. Les communes de Haute-Provence (Extrait du dictionnaire de Claude Achard, 1787). Dans : Annales de Haute-Provence, tome 41, n° 263, 1971, p. 279-281.

    P. 449.
  • Association pour la Sauvegarde du Patrimoine de La Palud-sur-Verdon. La Palud-sur-Verdon. Mémoires d'un village des Gorges du Verdon. Nice : Edition stArt, 2014, 63 p.

    P. 44 et 45.
  • CRU, Jacques. Châteauneuf-les-Moustiers, un village des gorges du Verdon, rive droite. Collab. Jean-Claude Poteur. - La Palud-sur-Verdon : La Maison des Gorges, 2011, 239 p. : ill.

  • FERAUD, Jean-Joseph-Maxime. Histoire, géographie et statistique du département des Basses-Alpes. Digne : Vial, 1861, 744 p.

    P. 309, 310.
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