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village d'Annot

Dossier IA04001641 réalisé en 2009

Fiche

Œuvres contenues

L'origine du village d'Annot

Le village d'Annot est implanté dans la vallée de la Vaïre, au pied de la montagne du Bau du Parrou, à la confluence des deux cours d'eau qui délimitent cette montagne, la Vaïre et la Beïte. La communauté d'origine est probablement située à côté du village actuel, autour de Notre-Dame de Vers-la-Ville. Sur l'autre rive de la Beïte, la dernière proéminence que forme le Parrou en venant mourir dans la rivière constitue un promontoire rocheux et abrupt qui a été propice au développement d'une petite agglomération. Elle domine la rivière d'environ 10 m (l'altitude de ce replat est d'environ 700 m, contre 690 pour les bords de la rivière) et est entourée d'étendues relativement planes.

Les deux implantations, de part et d'autre de la Beïte, ont coexisté pendant un certain temps. Mais proposer des datations pour le déperchement qui se fait au détriment du bourg implanté à Vers-la-Ville est hasardeux. Les textes ne sont pas assez nombreux ou précis pour fournir une réponse définitive. Les chartes faisant mention de dons de revenus liés à une église sont les plus anciens, mais leur interprétation n'a rien de certain.

Le cartulaire de Saint-Victor porte plusieurs mentions. La plus ancienne, en 1042, cite l’église Saint-Pons qui est dans le territoire appelé Sigumanna (charte n° 779, p. 126-128 ; ce territoire s'étend entre entre la Vaïre et le Coullomp), et qui est donnée à l'abbaye. La donation est le fait de plusieurs personnes dont "Ermenric d'Annot avec son frère Pons". Les confirmations (chartes 843, 844, 848 : cellam sancti poncii ad Annot ou ad Anoth) font aboutir à la même conclusion1 : la plus ancienne mention d'un lieu appelé Annot remonte à 1042.

De nombreux auteurs en ont conclu qu'Annot était alors implanté à Vers-la-Ville et que l'église Saint-Pons, située près d'Annot (ad Annot) d'après les textes anciens, devait être l'église à l'origine du bourg actuel, qui a l'époque n'existait pas encore. Saint-Pons serait ainsi le premier vocable de l'actuelle église paroissiale Saint-Jean-Baptiste.

Cette hypothèse ne peut être réfutée avec certitude, mais il est tout à fait possible qu'il s'agisse en fait de l'église Saint-Pons du Fugeret. Au 11e siècle, le village du Fugeret (référence : IA04002341) n'existe pas encore, et une chapelle dédiée à Saint-Pons située près du village actuel du Fugeret aurait probablement elle aussi été décrite comme une église "près d'Annot" (les deux villages sont séparés par moins de 5 km)2.

En l'absence de fouille dans le village, on ne peut non plus exclure que le village actuel d'Annot ait déjà existé au 11e siècle. Mais même dans ce cas, la formule près d'Annot plaide pour Le Fugeret, puisque les textes auraient plutôt indiqué à Annot, sauf à considérer que l'église, isolée, se trouvait près du village d'Annot alors située à Vers-la-Ville.

Que le village d'Annot ait ou non existé au 11e siècle, on est sûr qu'il existe bien dans la première moitié du 13e. En effet la liste des localités habitées des diocèses de Glandèves et de Senez en 1232/1244 indique sans doute possible que les deux sites d'Annot (castrum Annoti et Petra Annoti, le village actuel et l'ancien site, probablement Vers-la-Ville) coexistent à ces dates. Les Enquêtes sur les droits et revenus de Charles Ier d’Anjou en Provence éditées par Baratier apportent la même preuve pour l'année 1252.

Autrement dit, le discours, repris par la plupart des auteurs, qui fait de l’église Saint-Jean-Baptiste l'ancienne église Saint-Pons et donc permet de conclure que le village d'Annot existe au moins depuis 1042 doit probablement être contesté.

Déterminer à quel moment s'est constitué le village actuel d'Annot est délicat. Les archives n'apportent qu'une certitude : le village existe dans la première moitié du 13e siècle. Et l'analyse du bâti annotain, en l'absence de fouille archéologique dans le centre bourg, ne permet pas de tirer davantage de conclusion.

Évolution de la forme urbaine

Les enceintes successives

Les maisons assemblées autour de l'église sont enceintes par une première ligne de fortification. Les tours à pierres bossagées de la rue des Vallasses en sont peut-être des vestiges. La croissance du bourg est rapide. Au moment des troubles de la seconde moitié du 14e siècle, la communauté envisage la construction d'une nouvelle enceinte de 800 m de longueur.

Ce projet n'aboutit pas, mais celui qui est réalisé, plus modeste (son périmètre mesure à peine plus de 400 m de longueur), enserre un bourg qui a déjà l'apparence de celui qu'on connaît aujourd'hui : le village est alors "descendu" vers la confluence. La nouvelle enceinte reprend la première et l'agrandit en englobant les extensions des 13e et 14e siècles. Elle regroupe donc deux amas de constructions différents : le premier, en contrebas de l'église, et le second, formé par l'ancien faubourg. A la jonction de ces deux amas, l'enceinte se resserre du fait de la topographie, ce qui confère au nouvel ensemble un plan original en forme de 8.

Voir le dossier fortification d’agglomération d'Annot : IA04002080

L'enceinte construite à partir de la fin des années 1370 est petite. Elle ne couvre qu'une surface d'environ 7500 m2, ce qui s'explique probablement par la faible population qu'elle doit protéger. Barratier indique en effet que le nombre des feux n'est que de 110 en 1344. L’agglomération est très vite à l'étroit, ce qui est probablement à l'origine d'une des caractéristiques les plus frappantes du vieux village : la hauteur des maisons et le nombre et la longueur des passages surélevés, qui en arrivent à couvrir les rues sur de longues distances. Cette extension du bâti annotain intra muros montre une densification importante de l'habitat au 15e et surtout au 16e siècle.

Des ilots enchevêtrés

La trame urbaine du village s’explique en grande partie par le rôle joué par les enceintes successives. Deux îlots présentent malgré tout un aspect particulièrement enchevêtré qui signale probablement un état antérieur difficile à restituer par la seule analyse du bâti.

L’îlot compris entre la rue Saint-Jean, la rue des moulins et la rue du Coulet, tout en longueur, est sans doute le résultat d’une agrégation de constructions comprenant d’anciens espaces publics. La longue parcelle 360, qui pourrait témoigner de l’existence d’un ancien passage ou le passage couvert de la parcelle 357 en sont probablement les derniers vestiges observables.

Le bas de la Grand Rue présente lui aussi une agencement difficile à bien expliquer. La rue va en s’élargissant en descendant vers le passage surélevé qui fait face à la porte donnant dans la rue Basse puis se resserre fortement au niveau du passage. Dans l’angle ainsi formé, un espace couvert, voûté en plein-cintre, sert d’accès à plusieurs des constructions qui forment la pointe sud de l’enceinte, et notamment à la maison de la parcelle 290 dont l’emprise très surprenante ne peut s’expliquer par le tracé des fortifications. C’est sans doute là encore la trace d’une disposition antérieure qu’il est difficile de comprendre. On peut en tout cas imaginer que la rue a "hésité" dans la direction à prendre dans ses parties basses et que la construction de l'enceinte vers 1380 a condamné le passage qui s'orientait vers la rivière et le pont sur la Beïte au profit de celui, plus facile à protéger, qui aboutit au tracé actuel de la rue.

Densification du bâti intra muros

La densification du bâti intra muros d'Annot se traduit par plusieurs phénomènes :

- l'importance du nombre d'étages des constructions (voir dossier maisons : IA04002980). Les maisons les plus hautes se concentrent rue Basse, Grand-Rue et, dans une moindre mesure, rue Capone et rue Saint-Jean.

- la taille moyenne des parcelles est très petites (49 mètre carrés pour les parcelles intra-muros). Certes, cette moyenne, calculée à partir du parcellaire actuel, ne renseigne qu’indirectement sur la situation au 16e siècle. Les variations sont pourtant assez faibles, puisqu'il n'y a quasiment pas eu de fusion de parcelles. La seule différence notable concerne le Coulet aujourd’hui détruit dont les parcelles minuscules (elles sont bien visibles sur le relevé de 1834) auraient encore abaissé la moyenne si elles avaient été prises en compte. La taille médiane des parcelles pour les maisons intra-muros est de 38 mètres carrés.

- la réduction des espaces publics, particulièrement visible place de l'église. Les constructions des parcelles 383 à 387 semblent avoir empiété sur la place, tout comme celle de la parcelle 368.

- l'existence de quelques maisons construites en encorbellement. Ces encorbellements en bois, l'un accolé à la porte vieille Notre-Dame et l'autre à la porte neuve Notre-Dame, font de ces maisons de rares exemples de maisons de ville à structure de bois dans le Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var, avec celles d'Entrevaux.

- le nombre des passages couverts et leur corolaire, les passages surélevés. Ces passages, longs, nombreux, répétitifs, sont une des spécificités de l'urbanisme d'Annot, aucune autre forme urbaine du Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var n'en ayant autant développé. Cumulés, ils couvrent 115 mètres linéaires. Ces passages surélevés ont de un à quatre étages pour ceux qui enjambent une rue ou pour ceux qui se trouvent à la jonction de deux rues.

Il faut en effet distinguer plusieurs types de passages couverts :

  • le passage couvert qui fut aussi une porte de la ville. On en compte quatre, à la porte de la rue Droite, au bas de la Grand-Rue, à l'embouchure de la rue Capone sur la rue Notre-Dame et au débouché du canal de la Tourtouïre dans la rue des moulins.
  • le passage couvert à l'intersection de deux rues qui permet d'agrandir la maison au-dessus de la rue secondaire. On en observe à l'endroit où la place du Coulet s'ouvre sur la Grand-Rue (le passage surélevé est lancé au-dessus de la rue grâce à un plancher) ou à l'angle de la rue des Vallases et d'un petit chemin parallèle au chemin d'Argenton.
  • le passage couvert qui existe parce que le besoin de relier deux bâtiments en enjambant la rue qui les sépare s'est un jour fait ressentir : les passages couverts de la rue du four (voir maison Verdollin : IA04000888), ceux de la rue des moulins (voir maison Verdollin : IA04002083), celui du chemin de Charenton (voir dossier du collège : IA04002953) ou ceux de la maison Rabiers au-dessus de la rue Droite (voir maison Rabiers de Villars : IA04002971) ou celui de la maison enjambant la Grand-Rue. Ces passages surélevés s'appuient soit sur une voûte plein-cintre soit sur un plancher.
  • le passage couvert qui trouve son origine dans l'agrandissement d'une maison sur la rue, sans que ce dernier ait permis de traverser la rue. Le meilleur exemple vient de la maison Rabiers et de ses arcades au-dessus du canal (voir maison Rabiers: IA04002971), mais c'est sans doute le même phénomène qu'on observe dans les parcelles 695 et 290.

La topographie explique sans doute pour une part la faible extension du village. Son environnement immédiat est assez escarpé et il est entouré de prés inondables. Seules deux petites extensions de la ligne fortifiée voient le jour, sans doute au 16e siècle, qui servent à protéger la rue Notre-Dame et la rue Basse. Annot est assez peu dynamique du 17e au 19e siècle et le village conserve, en 1850, la population et l'aspect qu'il avait trois cent ans plus tôt. Les seules extensions sont celles qui se font le long de la route du Fugeret et du chemin d'Argenton.

La création de la Grand Place (place du Revelin, Ravelin, Revelly etc.)

Annot obéit au 19e siècle à un schéma de développement qui s'observe dans de nombreuses autres agglomérations de taille comparable : les abords de la rivière, qui formaient un espace suffisamment dangereux pour que le village s'en soit tenu éloigné pendant plusieurs siècles, sont finalement investis grâce à un important chantier d’aménagement.

Jusqu'à la Révolution française, la Grand Place d'Annot n'existe pas. Au début du 19e siècle, en rive gauche de la Vaïre, un mur prolonge l'aile du pont en aval et en amont un autre mur accompagne la branche basse du canal de la draperie Roux, jusqu'au barri. Ces murs délimitent une étendue qui n'est pas à proprement parler une place. Elle est traversée par une chaussée qui va de la rue basse au pont (c'est en fait le chemin qui conduit du village à la rive droite de la rivière). Cette dernière est bien visible sur le relevé du cadastre de 1830. En contrebas de ces murs se trouve "la grave". Il s'agit de terres laissées libres, en bordure de rivière, régulièrement dévastées par les crues et uniquement exploitées en tant que pré.

Le plan de 1830 montre que la place a déjà, à cette date, connu une évolution importante. Le tracé de la route départementale, en provenance des Scaffarels, a été modifié. Au lieu de suivre la Beïte à partir du Foulon pour la franchir sur un petit pont de pierre au moment d'entrer dans le village, elle la traverse pour continuer de longer la Vaïre. Ainsi naît la future allée des peupliers et la partie sud de l'actuel boulevard Saint-Pierre, jusqu'au niveau du pont sur la Vaïre. La route s'arrête alors, s'ouvre sur la place du Ravelin et se poursuit ensuite intra-muros par la Grand Rue.

La place du Ravelin, dont le nom renvoie aux parties basses des fortifications du village, devient ainsi le principal accès à Annot.

En 1867, la route est prolongée entre le village et la Vaïre. Ce chantier de contournement est un moment important dans le développement d'Annot. Ce nouvel axe accélère la recomposition urbaine et devient, aux dépens des ruelles sinueuses et étroites du vieux village, le nouvel espace attractif. Ce percement a pour conséquence de supprimer la place, puisque la nouvelle route en occupe la plus grande part.

Trente ans plus tard, la place est recréée. En 1897, d'importants travaux sont en effet entrepris. Le pré en pente qui bordait la rivière est transformé en surface plane au moyen d'un vaste remblai qui engloutit les trois premières arches du pont.

Bordée au nord par la nouvelle école de garçons, cette place devient le cœur du village, l'endroit où se tient le marché et où sont installés les nouveaux équipements publics. C'est ainsi là que sont construits le poids public (dont l'existence sera assez brève : il n'est pas visible sur la photographie que Saint-Marcel Eysseric prend de la place vers 1890 et est probablement détruit pour faciliter l'agrandissement de la mairie vers 1931), le nouveau lavoir ou le monument aux morts après la Première Guerre mondiale. L'école de garçon accueille ensuite la mairie.

En aval du pont, les platanes paraissent déjà centenaires au début du 20e siècle. Ils prolongent la place pour en faire une allée ombragée de près de 200 m de longueur où ouvrent hôtels et restaurants. De nombreuses cartes postales nous la montrent et la qualifient successivement de place du marché, places des platanes, de promenade, de places des étrangers, ou, tout simplement, de la place...

3231. Ligne du Sud de la France. ANNOT (B.-A.). - La Promenade. Station estivale.3231. Ligne du Sud de la France. ANNOT (B.-A.). - La Promenade. Station estivale.

1585 Annot (B.A.) - L'Hôtel Grac et la Place.1585 Annot (B.A.) - L'Hôtel Grac et la Place.28. -Annot. - C.E. - La Place des Etrangers28. -Annot. - C.E. - La Place des EtrangersAnnot (Basses-Alpes.). - La place des Platanes.Annot (Basses-Alpes.). - La place des Platanes.

L'impact de l'arrivée du chemin de fer : naissance du quartier de la gare

Jusqu'à la seconde moitié du 19e siècle, l'emprise du village d'Annot reste très comparable à celle de la fin du Moyen Âge. On l'a vu, seules les maisons construites sur les parties hautes du village, celles qui forment la rue des Vallasses, la rue du Peyrard ou le chemin de Charenton, ont contribué à son accroissement aux 17e et 18e siècles. On remarque que cette permanence de l'emprise bâtie ne se traduit pas forcément par le maintien du bâti lui-même. De nombreuses maisons aux Vallasses ou à la rue du Peyrard, visibles sur la carte militaire des années 1760, sont entièrement reconstruites au cours du 19e siècle. C'est notamment le cas des constructions qui se trouvent à côté du lavoir et prennent la place des anciennes possessions de la famille Rabers du Villars, ou du nouveau presbytère.

A la fin du 19e siècle, Annot, en s'agrandissant, prend une toute autre direction. Cela commence dans les années 1860 avec la construction d'un nouvel alignement de maisons entre la Beïte et la nouvelle route d'accès au village.

Ce mouvement prend de bien plus grandes proportions avec l'arrivée du chemin de fer. Annot connaît alors un important développement grâce à la villégiature et le percement de l'avenue de la gare donne naissance à un nouveau quartier. Tout se fait assez vite. Le projet d'implantation de la gare (référence : IA04000641) dans les grès est établi à partir de 1901 et le chantier commence dès 1904. Les premières maisons situées au départ de la future avenue de la gare sont construites dès ce moment-là (deux dates portées 1904 sont visibles dans l'avenue). Celles qui sont bâties plus près de la gare sont plus tardives et le lotissement (référence : IA04002975) imaginé dès 1908 sur l'emplacement des délaissés du chantier ferroviaire ne verra véritablement le jour qu'au début des années 1930.

La desserte ferroviaire n'a pas uniquement un impact urbain sur l’environnement immédiat de la gare. Pendant tout le 20e siècle, et plus encore à partir des années 1950, différents foyers de constructions pavillonnaires, particulièrement en rive droite de la Vaïre, accroissent significativement l'emprise du village, jusqu'à la construction récente, vers 2010, du lotissement des Auches près de la croix dite romane.

La destruction du Coulet

Le quartier du Coulet, au cœur du village historique, connaît un indiscutable déclassement observable dès les états de section du cadastre napoléonien mais probablement plus ancien encore. Ses minuscules parcelles abritent alors peu de maisons, et, déjà, beaucoup de bâtiments agricoles et de greniers. Les cartes postales du début du 20e siècle confirment cette impression. Laissé à l'abandon, le quartier se ruine petit à petit, jusqu'à dessiner un embryon d'espace ouvert au cœur du village au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. En 1983, la municipalité fait araser les constructions ruinées qui restaient encore debout et aménage une grande place. Une grosse vingtaine de parcelles est ainsi transformée place. Et sept autres parcelles bâties sont occupées par un bâtiment neuf descendant jusqu'à la rue Basse (parcelle 698).

L'omniprésence de l'eau

La position d'Annot, entre la Beïte et la Vaïre, lui procure une grande abondance d'eau. L'eau de la Beïte n'a que peu été utilisée. La rivière a longtemps marqué la limite orientale du bourg, et même les maisons de la rue Basse, construites entre l'enceinte et la Beïte, tournent le dos à cette dernière.

La présence d'une source, au bas de la rue Saint-Jean, a constitué un approvisionnement en eau non négligeable et a pu alimenter la fontaine de la place de la fontaine.

Mais c'est surtout les deux canaux dérivant les eaux de la Vaire et traversant le village qui marquent fortement son urbanisme et son aspect.

Le plus ancien, celui de la Tourtouïre (référence : IA04001836), a non seulement permis la mise en mouvement des moulins, notamment des foulons qui ont fait une bonne part de la richesse d'Annot (voir dossier le quartier des moulins : IA04002974), mais également rendu possible l'installation d'un lavoir et d'une fontaine à la porte neuve Notre-Dame.

Le second canal a été creusé pour alimenter l'usine Roux, qui fut peut-être un foulon avant de devenir une filature puis une draperie. A la fin du 19e siècle (il ne semble pas figuré sur un plan de 1880), un second lavoir a été aménagé sur la partie basse de son cours, à son arrivée sur la place.

Ces deux lavoirs sont construits sur le même modèle : il s'agit de lavoirs sans fontaine, constitués de simples margelles aménagées de part et d'autre du canal. Au lavoir de la porte Neuve Notre-Dame est malgré tout adjointe une fontaine, en contrebas de ce dernier. Une photographie ancienne montre que cette fontaine était auparavant située contre la porte, à l'extérieur de l'enceinte.

Un troisième lavoir, en béton, a été construit dans le troisième quart du 20e siècle à côté du camping. Celui-ci n'est pas alimenté par un des canaux. Il est doté d'une fontaine à son extrémité qui sert à remplir son bac unique.

Le village compte trois fontaines. La plus ancienne (référence : IA04002955), celle de place à laquelle elle a donné son nom, fut dotée, à la fin du 19e siècle, d'un lavoir aujourd'hui détruit.

La fontaine de la rue Basse est figurée sur le relevé cadastral de 1830. Il est probable que le document d'archive de juin 1825 conservé aux archives départementales soit l'acte par lequel la construction de cette fontaine est baillée à Joseph Ruelle. Cette fontaine a été plusieurs fois déplacée, ce qui explique qu'elle porte les dates 1894 et 2006 (le plan de 1830 montre qu'elle était alors située contre l'autre élévation de l'angle de la maison contre laquelle elle se trouve, ce déplacement étant probablement consécutif à la reconstruction de cette maison qui porte la date 1888 ; en 2006, on l'a déplacée de quelques centimètres).

Signalons enfin l'existence du seul canal dérivant les eaux de la Beïte. Il servait à actionner la roue du foulon Moulard (référence : IA04000800).

Les maisons

voir dossier collectif maisons : IA04002980.

L'importance du grès

L'omniprésence du grès qui est, et de très loin, le principal matériau de construction à Annot et dans ses environs, marque profondément l'apparence du bâti annotain et a entraîné une certaine spécificité des décors qu'on y trouve. Visuellement, le grès, souvent fortement usé, est assez frappant. Les pierres, suivant leur lit d'origine ou suivant l'endroit où elles sont employées, parfois dans la même rue, présentent un aspect très variable. Certaines sont presque résiduelles tant elles sont rongées par le vent, le soleil, l'humidité ou la pluie. D'autres sont au contraire dans un très bon état de conservation.

La plupart des rues sont couvertes de dalles de grès.

Les décors

La plus grande part des décors s'observe dans les encadrements des portes. Sur les linteaux sculptés, on observe un globe crucifère rue Saint-Jean et une étoile rue Basse.

On trouve rue du Peyrard une tête qui pourrait être un masque-feuille ou une tête animale (assez tardif, sans doute de la second moitié du 19e siècle). Les deux autres ornements à motif de visage sont eux aussi assez tardifs (fin 19e ?), même s'ils se trouvent dans la rue Saint-Jean.

Quelques motifs sont plus difficiles à décrire. Ainsi rue Notre-Dame une inscription comprenant la date 1533 est accompagnée d'une croix, d'une cruche et d’initiales surmontées d'une fleur de lys. Son état de conservation est excellent, ce qui autorise à mettre en doute son ancienneté.

Linteau orné avec coussinets trilobés rue Notre-Dame (date portée : 1533).Linteau orné avec coussinets trilobés rue Notre-Dame (date portée : 1533).

De nombreuses portes ont leur linteau soutenu par des coussinets. Le traitement de ces derniers a abouti à différentes solutions, mais la répétitivité de ce motif est frappante. Près de la rue du Coulet, un encadrement de porte a reçu un traitement comparable mais beaucoup plus travaillé. Ses coussinets à volutes figurent un motif végétal et ses piédroits ont plusieurs rangs de fines ciselures (parcelle 317).

Porte avec Coussinets et linteau en accolade rue Notre-Dame.Porte avec Coussinets et linteau en accolade rue Notre-Dame.Porte au Coulet.Porte au Coulet.Porte au Coulet, détail d'un coussinet.Porte au Coulet, détail d'un coussinet.

Enfin, deux des portes de la ville ainsi que l'ancien hôtel de ville (ou le monument aux morts) arborent des fleurs de lys qui sont un des éléments des armes de la ville (une de celles de la porte de la rue Basse est surmontée d'un lambel).

Les dates portées et les inscriptions

Le village d'Annot compte un très grand nombre de dates portées. Cela s'explique probablement par l'emploi du grès qui est une roche très tendre, facile à tailler, y compris en réserve. Les dates taillées en réserve sont en effet nombreuses, particulièrement dans la seconde moitié du 19e siècle. Quelques dates, gravées en creux mais avec des traits doubles (rue Saint-Jean, rue du Four, rue Basse) sont peut-être des dates pensées à l'origine pour être taillées en réserve, sans que ce travail ait abouti.

En tout, 50 dates portées ont été relevées sur les bâtiments de la section F du cadastre, dont la moitié se trouve intra muros.

siècles

15e

16e

17e

18e

19e

20e

total

nombre de dates portées

1

6

4

9

20

10

50

Répartition des dates portées de la section F par siècle3.

Le 19e siècle est le plus représenté. Bien souvent, à cette époque, les dates et les lettres qui les accompagnent sont disposées dans un cartouche aux angles échancrés. Mais il faut souligner le nombre, exceptionnel pour un petit village comme Annot, de dates portées du 16e siècle, qu'on trouve tout aussi bien dans les rues qui se développent à cette époque que dans les rues plus anciennes. Annot connaît donc un important dynamisme au 16e siècle, qui entraîne d'importants embellissements dans l'ensemble du village.

Les dates portées présentent une grande variété. Une quinzaine d'entre elles, souvent parmi les plus anciennes, relève plutôt de l'inscription qui comporte une date. Il s'agit le plus souvent d'une date suivie d'initiales, voire d'un nom complet (comme on peut le voir rue Basse : "F. BARRA 1971"). Elle peut également être insérée dans un motif plus complexe. On trouve ainsi le symbole IHS utilisé pour former une date rue Saint-Jean (le I et le S servent pour former les chiffres 1 et 5, suivis de 60 pour compléter la date 1560). La plupart des dates sont gravées sur le linteau d'une porte, mais on trouve quelques contre-exemples :

- 1731 au sommet du clocher

- 1700 précédé de LANNEE SAINTE à l'angle d'une maison de la rue Basse.

- L'Hostel Dieu 1656 ou 1701 L'Hostel de Ville

- un pigeonnier daté 1786

- 1682 gravé à côté d'une porte de la rue Basse.

Quelques maisons portent plusieurs dates. La maison Verdollin dont l'entrée se trouve rue Notre-Dame compte ainsi quatre dates portées différentes. C'est aussi le cas de la maison à l'angle de laquelle est gravée 1711 BF, dont la porte d'entrée est surmontée de la date 1755.

Ces derniers exemples montrent que les dates ne correspondent pas forcément à la période de construction de l'édifice. Ce décalage est parfois évident lorsque la date indique la construction d'une partie bien déterminée du bâtiment (comme c'est le cas de la porte de la maison Verdollin, datée de 1785, alors qu'elle se trouve sous une fenêtre à croisée).

1484 Blasilafet.1484 Blasilafet.Quelques inscriptions sont tout à fait inhabituelles dans la région. Celles de la rue Notre-Dame, en particulier, attirent l'attention. On trouve ainsi au même endroit, une inscription gothique portant la date 1484 (M° . IIIIc . LXXXIIII blasilafet - 1484 Blaise l'a fait. Il s'agit de la plus vieille date portée d'Annot), une inscription en grec insérée dans un cœur datée de 1785 et l'inscription mentionnée supra (date 1533).

Date 1593 gravée à la fin du 20e siècle.Date 1593 gravée à la fin du 20e siècle. Signalons enfin que plusieurs dates gravées laissent un observateur attentif pour le moins circonspect. La date 1593, rue du Coulet, tout comme celle indiquant 1654 de la rue du Four, sont deux exemples de dates assez peu fiables. La date 1593 est évidemment le résultat d'un travail très récent (fin du 20e siècle).

La bizarrerie de certaines dates gravées d'Annot est déjà signalée par Raymond Collier qui mentionne une date 1377 en jugeant qu'elle est apocryphe. On sait depuis que cette date 1377 correspond en fait à la date 1577 de la rue Saint-Jean. Le 5 avait été pris pour un 3. Il avait été retouché pour mieux correspondre à cette lecture. Depuis, la barre supérieure du 3 a été comblée pour lui redonner son aspect de 5. De la même manière, l'inscription 1711 BF d'une des maisons de la rue Droite, déjà mentionnée, est étrange. Si la date 1711 peut être ancienne, le B et le F qui la suivent ne donnent pas nécessairement l'impression de remonter au 18e siècle.La date 1577 rue Saint-Jean. Le 5 a été recreusé pour faire penser à un 3 puis rebouché. Les traits doubles laissent penser que cette date était pensée pour être taillée en réserve.La date 1577 rue Saint-Jean. Le 5 a été recreusé pour faire penser à un 3 puis rebouché. Les traits doubles laissent penser que cette date était pensée pour être taillée en réserve.

Date portée avec initiales BF dans la Grand RueDate portée avec initiales BF dans la Grand Rue

Un village pittoresque

A la fin du 19 siècle, le vieux village d'Annot offre un visage particulier. L'étroitesse des rues, les vestiges des fortifications du Moyen Âge, l'importance des passages couverts, les traces nombreuses de la richesse passée de ce petit bourg économiquement en déclin, en deux mots son aspect typiquement médiéval et moyenâgeux, en font un village pittoresque qui suscite un grand intérêt lorsque la villégiature de moyenne montagne commence à se développer. Annot, pendant la première moitié du 20e siècle, devient un sujet de prédilection pour les fabricants de cartes postales qui multiplient les vues des "sites curieux", en s'attachant tout particulièrement à ce qui paraît insolite, charmant ou désuet. Cette vision est aussi empreinte d'une forme de misérabilisme. On n'hésite pas à prendre en photos certains habitants, souvent des enfants, dont la pauvreté évidente semble parfaitement adaptée au cadre dans lequel ils évoluent, tout comme on n'hésite pas à faire prendre la pose aux élégantes, exactement au même endroit. Naturellement, les cartes postales mettent aussi en avant les aspects plus flatteurs de la nouvelle station de villégiature, ses hôtels, sa place arborée, ses nouvelles constructions etc. Mais force est de constater l'attrait tout particulier qu'exercent les petites rues du centre ou certaines constructions pour le moins défraîchies comme les rues du Coulet et ses bâtiments à l'abandon, presque hors du temps, les fortifications délabrées ou les maçonneries complexes qui sont autant de palimpsestes où se lisent les strates accumulées au fil des siècles.

Deux vues ont un succès important. Le lavoir, au bas de la rue du four, et le pont de la Beïte. Ce dernier est le sujet d'une trentaine de cartes postales différentes dans la première moitié du 20e siècle, par presque autant de photographes différents, qu'ils soient locaux ou non. L'angle de prise de vue est quasiment toujours le même. Il a été initié par Saint-Marcel Eysseric en 1890 puis repris avec constance, le plus souvent avec des gens de la bonne société qui posent sur le petit pont de pierre si "typique" (ce petit pont avait été reconstruit en 1836. Il a été détruit au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, lorsque la partie basse du cours de la Beïte a été canalisée. Le petit pont de béton qui l'a remplacé a été construit en 1953-1954).

Annot. - Le pont de la Beïte.Annot. - Le pont de la Beïte.Annot (Basses-Alpes.). - Le Pont de la BeïteAnnot (Basses-Alpes.). - Le Pont de la BeïteANNOT (B.-A.) -  station alpestre (700 m d'altitude) / Le pont de la Beïte.ANNOT (B.-A.) - station alpestre (700 m d'altitude) / Le pont de la Beïte.

Le lavoir de la rue du four est l'autre sujet préféré des éditeurs de cartes postales (près de 30 cartes postales différentes). ANNOT (Basses-Alpes). - La Rue Dufour. Le Lavoir et les Voûtes.ANNOT (Basses-Alpes). - La Rue Dufour. Le Lavoir et les Voûtes.

Bien d'autres thèmes reviennent de nombreuses fois : le pont sur la Vaïre, le lavoir de la rue du Peyrard, les fortifications (essentiellement la porte Notre-Dame, la porte de la Grand Rue, la tour de l'église paroissiale etc...)

En 1946, sept arrêtés d'inscription au titre de la toute nouvelle loi sur les sites sont adoptés à Annot. Deux d'entre eux concernent les chapelles de Vélimande et de Vers-la-Ville et les cinq autres le centre du village. Ces derniers sont tous rangés dans la catégorie "sites pittoresques".

Sites inscrits et protections

L'arrêté du 6 avril 1946 a inscrit en tant que sites le sentier dit "Chemin de Vers la Ville" et le chemin de Croix qui le borde, le Vieux pont sur la Beïte [aujourd'hui détruit] et maisons situées en aval et en amont (section F, parcelles 111 à 120,151, 152, 251 à 265).

L'arrêté du 16 juin 1946 a inscrit en tant que sites le pont et les platanes de la place, la Partie haute de la vieille ville d'Annot, église et abords (section F, parcelles 26 à 41, 75 à 89, 361 à 370,385 à 393,395 à 401, 432, 433 ; la parcelle 27 n’est incluse dans le site que pour sa partie Sud-Est limitée au Nord-Ouest par une ligne fictive allant de l’angle Nord de la parcelle 26 à l’angle Nord-Ouest de la parcelle 41), les Maisons à arcades de la rue Notre-Dame et abords (section F, parcelles 298 à 313, 409, 410, 418, à 422), le Portail du XIIème siècle et maisons avoisinantes (parcelles 286 à 289, 338 à 342).

Le centre historique d'Annot et les jardins remarquables attenants, les prairies et vergers du fond de vallon forment la partie centrale de protection de la ZPPAUP mise en place le 20 décembre 2000.

1Achard commet probablement une erreur en indiquant qu'une bulle de Grégoire VII mentionne une "cella ponctii de Anot", au lieu de "ad Anot". Achard p. 214.2Cette dernière hypothèse est du reste déjà formulée en 1906 par Damase Arbaud.3Dans ces chiffres, la fausse date 1593 au Coulet n'est pas comptabilisée.
Dénominations village
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Annot
Adresse Commune : Annot
Cadastre : 1830 F ; 2017 OF

On suppose que jusqu'au 12e siècle, la cité d'Annot est restée bâtie sur le flanc de la montagne qui domine le village actuel, au quartier de "Vers-la-Ville". Il y a eu un temps cohabitation, au moins au 13e siècle, entre une ville haute et une ville basse. Cette dernière se développe jusqu'à devenir le village d'Annot, fortifié en plusieurs campagnes jusqu'au 16e siècle. Avant la fin du 19e siècle, Annot connaît peu d'évolutions. L'arrivée du chemin de fer dans les premières années du 20e siècle marque le renouveau de la croissance urbaine, avec le quartier de la gare, quelques lotissements, et un important étalement pavillonnaire.

Période(s) Principale : Milieu du Moyen Age
Principale : Fin du Moyen Age
Principale : 16e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Statut de la propriété propriété privée
propriété de la commune
Sites de protection site inscrit
Précisions sur la protection

L'arrêté du 6 avril 1946 a inscrit en tant que sites le sentier dit "Chemin de Vers la Ville" et le chemin de Croix qui le borde, le Vieux pont sur la Beïte [aujourd'hui détruit] et maisons situées en aval et en amont (section F, parcelles 111 à 120,151, 152, 251 à 265).

L'arrêté du 16 juin 1946 a inscrit en tant que sites le pont et les platanes de la place, la Partie haute de la vieille ville d'Annot, église et abords (section F, parcelles 26 à 41, 75 à 89, 361 à 370,385 à 393,395 à 401, 432, 433 ; la parcelle 27 n’est incluse dans le site que pour sa partie Sud-Est limitée au Nord-Ouest par une ligne fictive allant de l’angle Nord de la parcelle 26 à l’angle Nord-Ouest de la parcelle 41), les Maisons à arcades de la rue Notre-Dame et abords (section F, parcelles 298 à 313, 409, 410, 418, à 422), le Portail du XIIème siècle et maisons avoisinantes (parcelles 286 à 289, 338 à 342).

Références documentaires

Documents d'archives
  • Compte de la fontaine de la basse rüe en juin 1825 [Annot]. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E DEP 008 / 2D2 E.

  • FERAUD, Marc-Antoine. État des réparations urgentes faites [...] au pont de la Beïte 6 mai 1836. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E DEP 008 / 2D2 E.

    Le pont de la Beïte a été démoli et entièrement reconstruit sous une autre forme. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E DEP 008 / 2D2 E
  • Construction d'un pont en béton armé de 4,5 m d'ouverture sur la Beïte. Tirage de plan, 3 novembre 1953. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E DEP 008 série O carton 1 cote provisoire.

Documents figurés
  • Cartes des frontières Est de la France, de Colmars à Marseille. / Dessin à l'encre sur papier, par Jean Bourcet de La Saigne et Jean-Claude Eléonore Le Michaud d'Arçon, 1764-1778. Echelle 1/14000e. Cartothèque de l’Institut Géographique National, Saint-Mandé : CH 194 à 197.

  • [Alignement des élévations le long de la Beïte et ancien pont détruit dans la 2e moitié du 20e siècle] / photographie de Saint-Marcel Eysseric, 1891. D'après tirage photographique de la topographie de la France, 1ère moitié 20e siècle.

  • ANNOT (B.-A). - Station estival (700 m alt.) - Vieux Portails dans la Grand' Rue. / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • Annot-les-Eaux - Entrée par le Nord / Carte postale, ca 1900, collection particulière, non coté.

  • ANNOT. / Carte postale, vers 1900. Collection particulière.

  • 3767. - ANNOT (B.-A). - Station estival (alt. moyenne 700 m.) - Rue du Four / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • 13 Annot B.A. Lou Barri / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • Annot - La Beaume et ses environs. Station de moyenne altitude, 700 m. / Carte postale, éditions Féraud, Marius Le Deley, imprimeur à Marseille, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • Annot (B.A.). - Hôtel Philip. - T.C.F. / Carte postale, éditions Autran, 1er quart 20e siècle. Collection particulière.

  • Annot B. A. Vieille tour / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • 711 ANNOT (B.A.) Stat Est., alt 705 m. , Le quartier Caffarels FL / The Caffarels Quarter / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • 8554. Annot (alt. 705 m.) - L'Avenue des peupliers. Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • 18. ANNOT (B.-A.). - C. E. Hôtel Philip - T. C. F. Autogarage / Carte postale, éditions veuve Richaud, 1er quart 20e siècle, . Collection particulière.

  • [Annot. La porte donnant sur la rue basse.] / Photographie, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • Annot (Basses-Alpes.). - Le place des Platanes / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • Annot. - Les vendanges aux vignobles du Plan de Coulomp / Carte postale, Edition Autran, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • Annot (Basses-Alpes.). - Le Pont de la Beïte / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • ANNOT (B.-A.) - station alpestre (700 m d'altitude) / Le pont de la Beïte. Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • 712. ANNOT (B.-A.). - Stat. est. , alti. 705 m. , Entrée de la vieille / ville. Entrance to the old town / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • Annot - Les peupliers / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • ANNOT (Basses-Alpes). - La Rue Dufour. Le Lavoir et les Voûtes / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • 712. ANNOT (B.-A.). - Stat. est. , alti. 705 m. , Un coin des Vieux Quartiers FL / A corner of the old quarters / Carte postale, Féraud éditeur à Annot, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • 28. -Annot. - C.E. - La Place des Etrangers / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • Annot. - Le pont de la Beïte / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • 3232. Ligne du Sud de la France. ANNOT (B.-A.). - La Promenade. Station estivale / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • ANNOT (Basses-Alpes) - La rue Basse / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • ANNOT (B.-A.) - Station alpestre (700m d'altitude) - La Place (côté nord) et le Marché / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • 3835. ANNOT (B.-A.) - Vieux quartiers - Le Coulet / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • Chemins de fer du Sud de la France/3750. Ligne de Nice à Digne. - ANNOT (B.-A.) alt. 700 m. - Vue générale / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • Les Alpes / 1555. - Annot 700 m. - Station estivale. Entrée de la ville. Route de Nice / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • Basses-Alpes/1553. Annot (700m) - Station estivale / La Place - Platanes centenaires / Carte postale, 1ère moitié 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • ANNOT (B.-A.) - Station alpestre (700m d'altitude) - Lavoir et Fontaine de St-Martin / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • Annot (Basses-Alpes) - Vue générale / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • Entrée d'ANNOT - Boulevard - Station de moyenne altitude, 700 m / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • 1585 Annot (B.A.) - L'Hôtel Grac et la Place / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • 3231. Ligne du Sud de la France. ANNOT (B.-A.). - La Promenade. Station estivale / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • ANNOT (B.-A.) - Station alpestre (700m d'alt.) - Vieille tour et Vieux clocher / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • 1078 Annot (B.A.) - Vue générale. - Côté sud / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • ANNOT (Basses-Alpes). - La Place du Rivelin et la Fontaine / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • Collection artistique / 3177 ANNOT (B.A.) / Basse-Rue - La-Fontaine / Carte postale, 1er quart 20e siècle., collection particulière, non coté.

  • 4. -Annot (B.A.). - Les peupliers / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • ANNOT (Basses-Alpes). - La Grande Rue et la Fontaine / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • 48. - ANNOT (B.-A.) - Station alpestre (700m d'altitude). - La Place / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • ANNOT (Basses-Alpes). La rue des valasses / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

  • Le Coulet avant les destructions / Photographie, 3e quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

Bibliographie
  • FERAUD, Jean-Joseph-Maxime. Histoire, géographie et statistique du département des Basses-Alpes. Digne : Vial, 1861, 744 p.

    p. 496-502.
  • GUERARD, Benjamin, DELISLE Léopold, De WAILLY Natalis. Cartulaire de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille. Collection des cartulaires de France, t. VIII, éditeur B. Guérard, Paris : Typographie de Ch. Lahure, 1857, 2 volumes, CLVI-651-945 p.

    Chartes n° 779, 843, 844, 848. Charte 779 : en 1042, Pons Silvan avec ses frères Uc, Guillem et Milon, sa femme et ses fils Audibert, Milon, Peire, Constantin, Pons et Guillem, Jonas avec ses frères Pons et Sulpice, safemme Gironde et ses fils Gui, Bertrand, Léonce, Griffon et Pons, Ermenric d'Annot avec son frère Pons, Antonin, Gironcle, Autran, Pons et Atanoux avec leur mère Ermengarde, tous ensemble donnent à Saint-Victor l'église Saint-Pons située sur le territoire de Séguemagne [commune de Méailles] ainsi limité : à l'est, le torrent qui descend de Cala et rejoint au sud la Vaïre ; à l'ouest, la Vaïre jusqu'à son confluent avec le ravin de Montruvel ; au nord, du ravin de Montruvel à la crête de Roque Rousse, puis par la crête de la Lare jusqu'au Serret de Champ-Richard et de là au torrent de Cala. Les mêmes donateurs offrent aussi diverses pièces de terre situées aux alentours, notamment sur le territoire de Desomena [commune de Thorame-Haute, anciennement de Peyresq], aux lieux-dits Champ-Roux, la Sellette, les Cerisiers, Montruvel [commune de Thorame-Haute, anciennement de la Colle-Saint-Michel] et dans la vallée de la Vaïre, au bord du chemin de Peyresq, à la Baume Canière, au hameau d'Aumaud, à Villecrès, à Berlet. Pons Silvan donne par surcroît deux manses, l'un à Allons, l'autre à Peyresq. Parmi les nombreux témoins figure Gui de Sausses). Chartes 843, 844, 848 : "cellam sancti poncii ad Annot".
  • ACHARD, Claude-François. Description historique, géographique et topographique des villes, bourgs, villages et hameaux de la Provence ancienne et moderne, du Comté-Venaissin, de la principauté d'Orange, du comté de Nice etc. Aix-en-Provence : Pierre-Joseph Calmen, 1788, 2 vol.

    tome I, 214-215
  • ARBAUD, Damase. Les possessions de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille dans les Basses-Alpes avant le 12e siècle, avec des recherches sur quelques familles de Provence. Digne : Société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, Bulletin de la Société Scientifique et Littéraire des Basses-Alpes, tome XI, 1903-1904 et tome XII, 1905-1906.

    Tome XII, p. 402-409.
  • Benoît, Fernand. Recueil des actes des comtes de Provence appartenant à la maison de Barcelone, Alphonse II et Raimond Bérenger V (1196-1245). Collection de textes pour servir à l'histoire de Provence. Monaco : Imprimerie de Monace ; Paris : A. Picard, 1925, 2 tomes, CCLXIX, 496 p.

    p. 221-222.
  • BARATIER, Edouard. La démographie provençale du XIIIe au XVIe siècle. Paris : S.E.V.P.E.N. , 1961, 255 p.

    p. 186-187 : 80 feux en 1263, 162 en 1315, 110 en 1344, 69 en 1471, 280 en 1698 et 1728.
  • VENTURINI, Alain. Episcopatus et bajulia. Note sur l'évolution des circonscriptions administratives comtales au XIIIe siècle : le cas de la Provence orientale. Dans : Territoires, seigneuries, communes. Les limites des territoires en Provence. Actes des 3èmes journées d’histoire de l’espace provençal, Mouans-Sartoux, 19, 20 avril 1986. Mouans-Sartoux : Publication du Centre Régional de Documentation Occitane, 1987, p 61-140.

    Mentionne à la fois le castrum Annoti (village actuel) et la Petra Annoti (ancien habitat castral, encore habitée à cette date, probablement Vers-la-Ville).
  • BARATIER, Edouard. Enquêtes sur les droits et revenus de Charles Ier d'Anjou en Provence (1252 et 1278). Paris, Bibliothèque Nationale, 1969, 562 p., ill.

    En 1252 sont mentionnés à la fois Annot (de annoto) et Petra Annoti.
  • COLLIER, Raymond. La Haute-Provence monumentale et artistique. Digne: Imprimerie Louis-Jean, 1986, 559 p. : ill.

    p. 355, 366.
  • DAMON, Jean-Louis, Histoires et histoire du pays d'Annot : arts et traditions populaires, légendes et souvenirs des origines jusqu'à la guerre 1914-1918, 1988, Gap, 183 p.

  • DAMON, Jean-Louis. Annot. Cité des Grès, deux mille ans d’histoire. 2011, 67 p.

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