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usine de papeterie

Dossier IA06001582 réalisé en 2008

Fiche

Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication, cheminée d'usine, chaufferie
Dénominations usine de papeterie
Aire d'étude et canton Alpes-Maritimes
Hydrographies Loup Dérivation du
Adresse Commune : Le Bar-sur-Loup
Lieu-dit : Saint-Jean
Cadastre : 1832 E 432-439 ; 2017 E3 472,474, 498

La plus ancienne mention de cette papeterie remonte à 1570. Alors en mauvais état, elle appartenait à la famille de Grasse qui en resta propriétaire jusqu'à ce qu'elle soit vendue comme bien d'émigrés pendant la Révolution française. Des travaux importants interviennent en 1641 (le béal est notamment recreusé). Le bâtiment figuré par les Cartes des frontières Est de la France, de Colmars à Marseille, semblent indiquer que le moulin avait déjà atteint sa taille actuelle à la fin du 18e siècle. Il activait alors 9 piles. En 1832, au moment de la réalisation du cadastre napoléonien, l'usine a le même plan au sol qu'aujourd'hui, à l’exception du bâtiment des chaudières. Le plan du cadastre montre que le canal d'amenée desservait également un autre moulin situé 600 m en amont et que quatre cuves de mise en pression étaient en place à la papeterie. En comparant le bâtiment actuel avec ce plan, on observe que seule la partie la plus méridionale de l’usine a été transformée depuis le début du 19e siècle, avec la construction du logis sur l'emplacement d'une des cuves. Régulièrement modernisée (utilisation de la vapeur, installation d'une machine en continu), l’usine s'est spécialisée dans la fabrication de carton au 20e siècle, notamment pour les emballages de produits d’Algérie. Le bâtiment des chaudières date de 1913 (cette date se trouve sur un timbre de douane des chaudières et sur le bâtiment de la chaufferie). La cheminée porte la date 1933, tout comme le second timbre de douanes (2 juin 1933). Une autre date, 1905, est inscrite au-dessus d'une fontaine. La papeterie a fermé en 1962. Une micro-centrale de production d'électricité a alors été construite près de la rivière. Rachetée par la commune, elle a fait l'objet de travaux de sauvegarde (nouvelle toiture) vers 2005. Depuis au moins le 18e siècle, cette papeterie était spécialisée dans le commerce avec les destinations lointaines.

Période(s) Principale : 3e quart 16e siècle , daté par source
Secondaire : 1er quart 20e siècle , porte la date
Secondaire : 2e quart 20e siècle , porte la date
Dates 1571, daté par source
1913, porte la date
1933, porte la date

La papeterie se présente sous la forme d'un bâtiment d'environ 70 m de long implanté parallèlement aux courbes de niveaux dans une forte pente. L'ensemble de la maçonnerie est en blocage de moellons calcaire et le toit à deux pans est couvert de tôles métalliques. La distribution intérieure de ce long bâtiment est assez complexe, du fait de probables agrandissements sous l'Ancien Régime. On peut distinguer un étage de sous-sol partiel qui correspond aux multiples galeries et chambres hydrauliques, un étage de soubassement qui abrite une part importante des installations techniques, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de combles. Cette description ne tient pas compte des nombreux changements de niveaux observables d'une pièce à l'autre, qui sont rattrapés par des escaliers de quelques marches. L'extrémité sud-est est occupée par les parties à vivre.

Le système hydraulique a été partiellement transformé. Le canal d'amenée mesure environ 1300 m de la prise d'eau à l'usine. Seules les deux chambres hydrauliques les plus septentrionales et leurs cuves de mise en pression ont été conservées. Elles ne sont plus en eau et sont aujourd'hui vidées de leur roue. La première (en partant du nord-ouest) est encore occupée par une turbine verticale fortement corrodée. Ses vannages ont disparu.

La machine en continu se situe à l'étage de soubassement. Elle a été coupée en deux, comme l'ensemble de l'extrémité sud de l'usine, par l’installation d'une conduite forcée d'un mètre de diamètre destinée à faire tourner une micro-centrale située 80 m en aval. Les grilles de protection aménagées à l'entrée de cette conduite ont été installées sur l’emplacement de la cuve la plus méridionale de l’usine. Au moment de l'enquête, la papeterie abritait encore plusieurs machines-outils destinées à l'emballage des papiers, et la plupart des installations nécessaires à la fabrication du papier (broyeurs, piles etc).

Le bâtiment, dans son extrémité nord-ouest, abrite également un moulin à huile et une recense.

Près du logis se trouve une petite construction ruinée conçue pour les deux chaudières installées au début du 20e siècle. Il s'agit de chaudières tubulaires fabriquées par L. Dumontant à Nice. La cheminée est en béton.

Murs calcaire moellon
béton
Toit métal en couverture
Étages sous-sol, étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier dans-oeuvre
escalier de distribution extérieur
Énergies énergie hydraulique produite sur place turbine hydraulique
énergie électrique produite sur place
États conservations établissement industriel désaffecté
Statut de la propriété propriété publique
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • État des moulins a papier situés dans le département de la subdélégation de Grasse

    dans : État des statistiques de la Provence, 1774 (?) : Archives de la Chambre de commerce et d'industrie, Marseille.

    Un moulin au lieu du Bar situé sur la rivière du loup quartier de Saint-Jean auquel il y a neuf pilles et une cuve les fabricants sont Jean Toussans de la comté de Nice, Antoine tasse et Boniface True du Bar. On y fabrique de papier appelé moulage et d'autres appelé croisette marqués sur les échantillons. Les eaux pour servir audit moulin sont prises à la rivière du loup et conduites par un canal. Les matières servant à la fabriquation des papiers sont de vieux drapeaux ramassés dans les vigueries de Grasse et de Saint-Paul et on se sert pour donner la colle au papier d'escharnures de corroyeries. La destination du papier appelé croisette est pour le levent.

Références documentaires

Documents d'archives
  • État des expéditions au levant et Barbarie, 1725-1750. Archives de la Chambre de commerce et d'industrie, Marseille : H 218.

    Fabrique de Mme Dubar au Bar : 28 balles en 1732, 24 en 1733, 3 en 1734, 14 en 1736, 53 en 1738, 94 en 1740.
  • État des statistiques de la Provence, 1774 (?) : Archives de la Chambre de commerce et d'industrie, Marseille, sans cote.

    État des moulins a papier situés dans le département de la subdélégation de Grasse
  • Fabriques de Provence, 1728-1748. Documents d'archives. Archives de la Chambre de commerce et d'industrie, Marseille : H 215.

    4 septembre 1732 : M. l'évêque de Grasse et M. le comte du Bar demandent un privilège exclusif pour faire venir depuis la rivière de Siagne jusqu'à celle du Bar les amas de matières propres à faire du papier [...]. Archives de la Chambre de commerce et d'industrie, Marseille : H 215
  • BOSC, M. Rapport à Monsieur Teisseire, préfet du var, sur les cours d'eau du département du Var et sur les moyens d'augmenter les irrigations, Draguignan, 1845, 151 p. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : BR6381.

    Vis-à-vis la bastide de Guintran, les eaux sont dérivées sans barrage, pour desservir des arrosages assez étendus, et mettre en mouvement un moulin à huile, un moulin à farine et une ressence de M. Stable, un moulin à farine, un moulin à huile et une ressence de M. Cresp, un moulin à huile et une papeterie de M. Silvy. Le débit de ce canal était de 288 litres par seconde, le 10 août 1843.
  • Procès entre Louis Consolini, papetier au Bar et Honoré Silvy, propriétaire au quartier Saint-Jean, 1858. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 3 U2 642.

Documents figurés
  • Cartes des frontières Est de la France, de Colmars à Marseille. / Dessin à l'encre sur papier, par Jean Bourcet de La Saigne et Jean-Claude Eléonore Le Michaud d'Arçon, 1764-1778. Echelle 1/14000e. Cartothèque de l’Institut Géographique National, Saint-Mandé : CH 194 à 197.

    194-14
  • Plan cadastral de la commune du Bar-sur-Loup / Dessins à l'encre sur papier, Léandre Fouque géomètre, 1832. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 25FI 010/1.

  • [Le logis de la papeterie du Bar-sur-Loup au début du 20e siècle] / Photographie en noir et blanc, 1er quart du 20e siècle. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 02NUM 03442/0041.

  • Relevés de la papeterie de Le Bar-sur-Loup, plans et élévations / SGE LEVIER-CASTELLI pour la CASA, 2005.

    Collection particulière
Bibliographie
  • CAPODANO-CORDONNIER, Hélène. L'Histoire de la papeterie du Bar. dans : Recherches régionales n° 184. Étude historique sur la papeterie de sa création à la Révolution française, 2006. 34 p.

Liens web

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