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Usine de construction navale, chantiers navals de La Seyne-sur-Mer.

Dossier IA83001976 réalisé en 2015

Fiche

Précision dénomination chantier naval
Appellations chantiers navals de La Seyne-sur-Mer
Parties constituantes non étudiées bassin de port, bassin, bassin de radoub
Dénominations usine de construction navale
Aire d'étude et canton Var
Adresse Commune : La Seyne-sur-Mer
Lieu-dit : rades de Toulon
Adresse : Toussaint Merle Maire
Cadastre : 2015 AP 557, 558, 587

Les activités de construction navale sont attestées dès le 17e siècle sur le littoral de La Seyne. Un chantier de construction navale est créé en 1711 par Pierre Tortel à l'est du port de la Seyne (référence IA83001972). On y construit des bateaux à voiles et à rames pour la Marine royale mais aussi pour les pêcheurs de la Seyne. Les chantiers de ce type se multiplient à proximité du port au 18e siècle. En 1818, Edward Church s'associe au constructeur Seynois Lombard, qui dispose d'un chantier au lieu dit les Espageols, pour créer un chantier au quartier de la Lune. En 1836, sont crées les chantiers Lombard fils et Mathieu. Deux ingénieurs anglais, les frères Evans, développent les chantiers Mathieu, le rivage est comblé du côté est sur 2500 m². Après 1839 Lombard oriente les chantiers vers les constructions métalliques au détriment du bois. La vapeur et la construction métallique correspondent à de nouveaux métiers et suscitent le développement d'entreprises spécialisées dans les moteurs, les turbines, la voilure, les cordages, les câbles, les chaudières. Entre 1842 et 1845, deux cales sont construites, l'une de 70 m et l'autre de 150 m de long. Les chantiers de la Lune sont agrandis et leur surface est portée à 4 ha en 1849. La société des Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM), créée en 1853 par Armand Behic, acquiert une renommée internationale en matière d'architecture navale. La surface des chantiers passe de 4 à 13 hectares. Les quais sont développés, le port et la darse d'armement approfondis à partir de 1860. Un atelier de blindage est développé ainsi qu'un atelier de 227 mètres de long en bordure de la place de la Lune. En 1863, les chantiers sont dotés d'un ponton mâture de 50 tonnes. Les cales en bois d'origine sont remplacées dix ans plus tard par des cales en maçonnerie, dont l'une longue de 200 mètres, dite grande forme, nécessaire pour les grands paquebots.

Entre 1880 et 1890 sont créés à l'est un parc à tôles ainsi que l'atelier des forges et cornières, les ateliers de scierie, de menuiserie, de salle à tracer, de poinçonnage, le pavillon des machines. Les engins de levage sont complétés par un ponton mâture de 80 tonnes. Les trois principales cales de construction sont prolongées par des avant-cales.

En 1906, le gouvernement met à l'étude un programme de constructions d'unités lourdes pour la Marine de guerre : des cuirassés actionnés par des turbines à vapeur du type Parsons. De nouveaux ateliers de tôlerie, de turbine et une station électrique sont construits et un nouveau ponton mâture de 170 tonnes est mis en service.

Au début du 20e siècle, une voie ferrée est détachée depuis la gare de la Seyne, pouvant desservir la Seyne et ses chantiers en passant par Brégaillon. Pour acheminer les fournitures en tous genres depuis la gare de La Seyne vers les chantiers navals, la construction du pont métallique ferroviaire levant, dit pont des chantiers (référence PA00081737), est décidée en 1913 et commandée à la société Daydé, puis mise en service en 1917.

Au début du 20e siècle la surface totale des ateliers de la Seyne s'élève à 22 ha. En 1910 la cale la plus importante est élargie de 16 m pour accueillir des unités toujours plus grandes. Pendant la guerre de 1914-1918, les FCM demeurent l'un des plus grands chantiers de France. Un prototype de cuirassé terrestre est mis au point durant cette période. Entre 1925 et 1928 les effectifs d'employés aux chantiers baissent en raison de la modernisation des équipements. Durant la seconde guerre mondiale, les chantiers construisent des chars légers. Le 29 avril 1944, les bombardements touchent la ville et les chantiers. Le 17 août 1944, près de 200 mines réparties dans les chantiers et le port explosent, 90% des chantiers sont détruits. La société des FCM décide de reconstruire une entreprise modernisée et plus performante. Deux ans après la destruction, la presque totalité des toitures est réparée et la superficie des chantiers a encore augmenté. Sur une longueur de 800 m, les quais sont pourvus de voies ferrées pour les grues Titan. Les trois grandes cales situées à l'est de la darse d'armement sont pourvues d'avant-cales et des navires de 220 m de long peuvent alors être construits à la Seyne. Dans cette période, beaucoup de cargos sont construits. En 1959, une menace de reconversion pèse sur les chantiers de la Seyne. En 1965, la crise financière apparaît à travers les comptes de la trésorerie. Le 4 juin 1966, l'Assemblée Nationale délibère pour apporter son concours financier permettant la poursuite de l'exploitation des chantiers de la Seyne. Le 1er juillet 1966 naissent les CNIM (constructions navales et industrielles de la Méditerranée). En 1970, les CNIM s'orientent vers la construction de navires méthaniers. La confiance revenue, de nouveaux problèmes de croissance se posent par la diversité des commandes. A partir de 1976, les commandes font défaut. En octobre 1982, le ministre de la mer décide un plan de consolidation par le regroupement de trois chantiers : Dunkerque, la Seyne et la Ciotat, sous l'appellation "NORMED" mais le 1er novembre 1986, le gouvernement met le groupe NORMED en liquidation judiciaire. La fermeture définitive des chantiers navals de la Seyne est annoncée le 28 février 1989. Depuis le 31 décembre 1993, l'espace des chantiers a été concédé à la ville de la Seyne-sur-Mer qui le réhabilite en partie en parc public. Le môle d'armement accueille aujourd'hui les paquebots de croisière. Une requalification urbaine et économique de l'ancien site des chantiers navals est au stade de projet avec le port Pacha. La zone de Mouissèque, à l'est des anciens chantiers conserve la vocation de construction et réparation navale.

Période(s) Principale : 1er quart 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Dates 1711, daté par source
1835, daté par source
1849, daté par source
1946, daté par source
Auteur(s) Auteur : Behic Louis Henri Armand,
Louis Henri Armand Behic (1809 - 1891)

Homme politique français. Issu de l'administration des Finances, il devient administrateur de la compagnie des Messageries nationales (Messageries maritimes a partir de 1871). Propriétaire des chantiers navals de La Ciotat qu'il acquiert de Louis Benet, il assure leur essor industriel.


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entrepreneur, attribution par source
Auteur : Verlaque François Noël,
François Noël Verlaque (1820 - 1894)

Formé comme ouvrier charpentier à l'Arsenal de Toulon, il entre en 1839 aux chantiers de La Seyne comme dessinateur. Désigné par M. Armand Behic pour diriger l'établissement, Noël Verlaque assure les fonctions d'ingénieur, puis de directeur. L'impulsion qu'il donna aux chantiers, fut déterminante pour la construction navale seynoise. Il occupa d'ailleurs, dans les années 1860-1865, les fonctions de Conseiller municipal et de Conseiller général. Noël Verlaque se retire en 1872, il se fait construire la villa des Sablettes à La Seyne.


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ingénieur, attribution par source
Auteur : Bosobre, ingénieur, attribution par source

Le site des anciens chantiers navals est situé à l'est du port de la Seyne sur Mer (référence IA83001972), sur la zone portuaire de l'espace Joseph Grimaud. Il est aujourd'hui aménagé en parc urbain d'environ 4 ha dit parc de la Navale aménagé autour d'un chemin de la mémoire des chantiers navals. Il se prolonge à l'est des tois darses de 220 m, 120 m et 122 m de long, l'ancien atelier de fabrication et de réparation dit atelier des turbines puis de mécanique des chantiers navals (référence IA83000431), le chantier naval Dettori, un yacht club et le quai d'accostage des paquebots dit môle d'armement, d'environ 300 m de long. L'ancienne porte d'entrée des Forges et Chantiers de la Méditerranée (FCM) est matérialisée par un porche monumental. Une requalification urbaine de l'ancien site des chantiers navals de La-Seyne-sur-Mer, comprend l'aménagement d'un port (futur port Pacha) et d'un casino.

Typologies activité industrielle et artisanale, chantier naval
États conservations remanié
Statut de la propriété propriété de l'Etat, propriété de l’État ; affecté à la commune ; affecté à la ville de la Seyne-sur-Mer ; ouvert au public
Précisions sur la protection

Atlas des paysages : rade de Toulon

Références documentaires

Documents d'archives
  • Chantiers navals de la Seyne. 1841, autorisation construction cale de halage. Archives départementales du Var, Draguignan : 4 S 49

  • Chantiers navals de la Seyne. (1908-1928) Chantier de constructions navales à Balaguier, établissement voie ferrée à FCM. Archives départementales du Var, Draguignan : 4 S 51

Documents figurés
  • Chantier de construction navale de la Seyne./ Photographie noir et blanc, auteur inconnu. Archives communales, La Seyne-sur-Mer : 10 S 73.

  • Chantiers navals de la Seyne. Darses et grues. / Photographie couleur, Jeanmougin, Yves. 1991. Archives départementales du Var, Draguignan : 25 FI 008.

  • Travaux de construction d'une darse des chantiers navals de la Seyne./ Photographie noir et blanc, auteur inconnu. Archives communales, La Seyne-sur-Mer : non coté.

Bibliographie
  • GUIOL Jean-Pierre , La construction navale à La Seyne au 19 e siècle.

    pp104-117
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Carteron Sophie
Sophie Carteron

Prestataire extérieur du service mer pour l'opération de repérage du patrimoine des ports en 2015.


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