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Stéarinerie puis savonnerie Régis puis savonnerie Leca actuellement savonnerie le fer à cheval

Dossier IA13001657 réalisé en 2014

Fiche

Œuvres contenues

1 La création de la stéarinerie et sa transformation en savonnerie

Le site de l’usine du fer à cheval reste une terre agricole jusqu’en 1870. En 1867, à la mort de son propriétaire Joseph Louis de Samatan1, il passe par héritage à la famille Bermond de Vaux qui le cède à Albert Roura, fabriquant de bougies. En avril 1870, ce dernier l’achète pour la somme de 30000 francs, en sa qualité d’administrateur de la Société anonyme de la stéarinerie de la Méditerranée, dont le siège est au n°18 de la rue Rougier2. Cette société s’est constituée au cours du mois de mars précédent3 en vue d’installer une usine sur ce terrain.

Au même moment est entrepris le percement du boulevard de la Bougie4, dont l’existence est étroitement liée à celle de la nouvelle usine.

L’histoire de cette société est très courte. Dès le 6 février 1873, elle est mise en liquidation. Ses biens sont vendus aux enchères. Ils consistent alors en une stéarinerie située sur un terrain de 5867 m2 clos de murs et délimitée par le ruisseau de Plombières, la propriété de Samatan, le chemin de Sainte-Marthe et le nouveau boulevard5.

L’usine est rachetée le 2 juillet 1873 par la société Louis Régis et Cie pour 151500 F. Louis Régis était déjà l’un des principaux actionnaires (président du conseil d’administration6) de la Société anonyme de la stéarinerie de la Méditerranée. Il diversifie la production de l’usine et se lance dans la fabrication de savon7.

En 1874, le terrain est légèrement agrandi. Louis Régis achète au baron de Samatan une seconde parcelle de 1101 m2, consistant en une bande de terrain située au sud de l’usine, de 12,5 m de largeur et de 91 m de longueur8.

À partir de cette date, l’usine est avant tout une savonnerie.

2 La création de l’usine de glycérine

Les 8 et 14 juin 1895, les héritiers de Louis Régis vendent l’usine à la Société des successeurs de D. Leca pour 125000 F9. Cette société, dont le siège se trouve 25, rue de l’arsenal à Marseille, est constituée le 23 mai 1890. Le président de son conseil d’administration est M. Polybe Zafiropulo. Steatly Leodramiana et Georges Zarifi en sont actionnaires et Antoine Vlasta en est l’administrateur délégué10.

Cette vente est probablement à l’origine de la construction, en 1897, d’une seconde usine. Celle-ci, présentée comme la savonnerie de MM. Diemer et Poupardin, fait à cette date l’objet d’une demande d’autorisation pour l’installation d’appareils à distiller la glycérine. Le statut de cette usine n’est pas certain. Il est probable qu’elle appartienne à la Société des successeurs de D. Leca, et que MM. Diemer et Poupardin n’en soient que locataires. Quoi qu’il en soit, cinq ans plus tard, le 23 avril 1902, la Société des successeurs de D. Leca loue effectivement à la Société française des glycérines une usine avec une chaudière à bouilleur et une bascule pour une durée de 17 ans moyennant un loyer de 2000 F par an avec promesse de vente. L’usine est située au n°12 de la route de Sainte-Marthe, au sud de l’usine des Successeurs de D. Leca. Elle est alors mentionnée exclusivement comme usine de glycérine distillée, alors qu’elle était elle aussi équipée de chaudrons de savonnerie, au moins dans les premières années. Cela lui permettait vraisemblablement de s’assurer un approvisionnement régulier en glycérine. Un plan accompagnant la demande de 1897 indique que les chaudrons devaient être utilisés en fonction des besoins de l’usine.

Après cette location, les successeurs de D. Leca ne conservent que leur savonnerie de 7970 m2.

La promesse de vente de l’usine de glycérine est réalisée le 27 décembre 1912 pour la somme de 60000 F. La Société des successeurs de D. Leca a alors toujours pour administrateur délégué Antoine Vlasta et la Société française des glycérines, ancienne Société marseillaise des glycérines distillées, est représentée par M. Poupardin11.

Rapidement, l’activité de savonnerie a disparu. L’usine s’est recentrée sur son activité principale, la « distillation des glycérines brutes de savonnerie et de stéarinerie par entrainement de vapeur d’eau sous pression réduite12 ».

3 Diversification des activités

À partir de 1925, sous la direction de Paul Schrameck, la Société française des glycérines diversifie sa production en installant une unité de production de « noir », c’est-à-dire de charbon végétal13. Dix ans plus tard, le 7 juin 1934, la société, qui est alors dirigée par Robert Boutet, se consacre toujours à ces deux activités14.

Également en 1925, les Successeurs de D. Leca et Cie établissent une nouvelle ligne de production du savon à partir d’huiles animales (essentiellement à partir de poissons). Ces installations sont situées dans les bâtiments 3 et 4 de la savonnerie Repérage des zones étudiées.Repérage des zones étudiées., là où se trouvait la machine à vapeur probablement rendue inutile par le développement de l’électricité15.

Le procédé est décrit comme étant celui d’Engelhardt, utilisé notamment dans les stéarineries. Il comptait trois étapes :

- Extraction de la glycérine des corps gras traités.

- Désodorisation des corps gras restants

- Distillation des corps gras par surchauffe au moyen de four et de vapeur (cf annexe)

L’usine de glycérine était, avant sa destruction partielle en 1958, beaucoup plus vaste que la savonnerie. La distillation des glycérines brutes de savonnerie et de stéarinerie se faisait par entraînement de vapeur d’eau sous pression réduite. Les lessives glycérineuses à 40 % des savonneries étaient épurées par l’acide sulfurique et après neutralisation à la chaux, elles étaient concentrées dans des appareils à vide avant d’être distillées. À partir du 23 juillet 1925, la Société française des glycérines a diversifié son activité en obtenant l’autorisation d’installer une fabrique de charbon végétal par carbonisation des produits de la distillation16. Le procédé consistait à calciner dans un four tournant, sans dégagement dans l’air des produits de distillation, des « sciures de bois imprégnées d’acide phosphorique. Après calcination vers 350°, le charbon obtenu [était] lavé à l’eau sur filtres à vide, pour être débarrassé de l’acide phosphorique qui retourn[ait] aux calcinations ultérieures, puis séché dans un séchoir à vide et enfin broyé (broyeur à boulets) pour être mis en sacs ou en fûts17 ».

De son côté, la savonnerie de Successeurs de D. Leca continue son extension pendant le premier quart du 20e siècle. Le 5 mai 1909, elle achète à Pierre Auguste de Bermond de Vaulx un terrain de 4862 m2 compris entre le ruisseau de Plombière, le boulevard de la Bougie et le chemin de Saint-Barthélemy. Il s’agit alors d’un terrain rural18.

La rive gauche du ruisseau de Plombières reste assez peu occupée jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. En 192719, deux bâtiments rectangulaires sont visibles sur une photographie aérienne. Le premier, d’environ 25 m de longueur, longeait le ruisseau et possédait une cheminée. Le second, bordant la limite sud de la parcelle, faisait une cinquantaine de mètres de longueur et servait d’entrepôt. La présence d’une cheminée laisse penser que la chaufferie a été transférée de l’autre côté du ruisseau deux ans plus tôt, quand a été installé le nouvel atelier de traitement des huiles animales sur l’emplacement de l’ancienne chaufferie. Un plan non daté, remontant probablement aux années 1930, mentionne bien cette nouvelle chaufferie, à côté d’un atelier de "poudres de savons". Ces nouveaux bâtiments de la rive gauche, agrandis avant 1946, ont par la suite accueilli l’unité de production de lessives en poudre.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la production de lessives est modernisée, avec l’érection, entre 1955 et 195720, d’une tour d’atomisation. D’une capacité de production de 1 tonne par heure à l’origine, cette tour de marque Ballestra passe à 3 tonnes par heure vers 197021.

4 La reprise par la Société anonyme Huileries Antonin Roux et savonneries J.B. Paul

Le 20 octobre 195322, les Successeurs de D. Leca et Cie fusionnent avec la Société anonyme Huileries Antonin Roux et savonneries J.B. Paul23.

L’usine de Sainte-Marthe fait alors 10105 m2 et son gérant est Jean Ricard24. La fusion semble avoir mis du temps à produire ses effets, puisque divers documents attestent que les Huileries Antonin Roux et savonneries J.B. Paul n’ont réellement repris le site de Sainte-Marthe qu’en 1958. La marque du fer à cheval, propriété de J. B. Paul, est pour la première fois associée au site industriel du chemin de Sainte-Marthe. Jusqu’alors, la savonnerie du fer à cheval se trouvait au quartier de Saint-Mauront.

De fait, cette année-là, l’usine connaît d’importants bouleversements. Son repreneur a vraisemblablement également acheté l’usine de glycérine voisine qu’il fait largement raser25. Seuls restent debout la partie qui correspond aujourd’hui à la boutique, et l’ensemble des bâtiments couverts de tuiles situés dans la moitié sud de la parcelle (bureaux, bergerie, vestiaires et entrepôts de stockage). À l’emplacement des anciens bâtiments de production est aussitôt construit un nouvel entrepôt de trois travées (face à la boutique actuelle).

Au même moment, toute la chaîne de production du savon est modernisée. Les antiques chaudrons sont abandonnés et les mises sont détruites. En remplacement, les Huileries Antonin Roux et savonneries J.B. Paul commandent à l’entreprise italienne Mazzoni toutes les machines nécessaires à la production de savon en continu. Deux chaînes de production sont installées. La première d’une capacité d’une tonne par heure, et la seconde de deux tonnes par heure, peut-être avec quelques années de décalage.

Les chaudrons perdent alors leur utilité. Ils continuent cependant à servir marginalement, pour réchauffer le savon dont la saponification n’était pas satisfaisante.

Le rachat par J.B. Paul marque la fin de la longue période de stabilité qui avait prévalu avec les Successeurs de D. Leca. Ces derniers, ainsi que la Société française des glycérines ne disparaissent de l’indicateur marseillais qu’en 1971 et 1970. En 1974 apparait dans l’indicateur marseillais Salador savonnerie (14 ch. de Sainte-Marthe, siège au 9 rue sainte-Victoire, là-même où était auparavant le siège des Successeurs de D. Leca). En 1979, Salador savonnerie est remplacé par l’Union générale de savonnerie (14 ch. de Sainte-Marthe).

Une marque de lessive faite à base de savon de Marseille, le Chat machine, devient grâce à son succès la principale activité du site, compensant ainsi le déclin de la production de savon. Dans les années 1960 et 1970, les parties encore non bâties à l’est et au sud de la tour d’atomisation sont couvertes. Aujourd’hui, cet atelier composé de vastes hangars, dont certains ont été refaits récemment, atteint 6500 m2.

En 1987, Chimiotechnic rachète l’usine. En 1994, ce groupe s’allie avec la société Savonnerie et huilerie Bernard et devient la compagnie du savon de Marseille. En 2003, l’usine est rachetée par la Compagnie des détergents et du savon de Marseille. Cette société est créée et dirigée par Bernard Demeure, un ancien de Chimiotechnic arrivé dans l’usine dès la fin des années 1980. En octobre 2012, l’entreprise est en redressement judiciaire. Elle est rachetée par un investisseur qui lance en 2013 une nouvelle raison sociale : Nouvelle Compagnie des détergents et du savon de Marseille. Cette dernière entend redévelopper la production de savon, alors même que celle de lessive en poudre décline depuis les années 1990.

5. La sulfonation. 1980 – 2012.

Dans les années 1980, une unité de sulfonation est installée dans l’usine, au sud des bâtiments de conditionnement de la lessive. Elle est démantelée en 2012. Elle a produit jusqu’à 13000 t. d’acide sulfonique par an. Il ne reste que deux des treize grandes cuves qui avaient été installées.

Un sulfonate ajouté à la lessive empêche les salissures de se redéposer sur le linge. Il joue le rôle de « séquestrant » pour les matières salissantes.

À la fin des années 1970 est créée une unité pilote de sulfonation à partir d’ester méthylique à l’extrémité de l’atelier du savon au bord du ruisseau de Plombières. L’acide sulfonique ainsi produit est ensuite neutralisé à la soude, puis blanchi à l'eau de javel.

Cette unité est supprimée en 1986 à l’arrêt de la production de la lessive Le Chat machine qui était une grosse consommatrice de savon.

En 1980, l’unité de sulfonation en continu est créée au sud du site. L’appareil, un sulfurex 2000 de marque Ballestra, traitait non pas des esters méthyliques mais des acides alkyl benzène sulfoniques linéaires (LAB) qu’il transformait en sulfonates d'alkylbenzène linéaires (LAS).

L’installation comprenait un four à soufre produisant du SO2, une tour catalytique transformant le SO2 en SO3 et des refroidisseurs chargés d’abaisser la température du trioxyde de souffre à 50°. Le SO3 passait ensuite à travers 7 réacteurs successifs qui le mélangeaient aux LAB pour en faire des LAS tout en assurant le refroidissement du mélange.

Les LAB était transformés en LAS pour le compte de Shell Chimie jusqu’à la reprise du site par Chimiotechnic. En 2002, l’unité de sulfonation est rachetée par une entreprise coréenne, ISU, qui a délègué son exploitation aux responsables de l’usine. En 2012, l’arrêt du contrat avec ISU entraine la mise en redressement judiciaire de Compagnie des détergents et du savon de Marseille.

1Le baron Louis Joseph de Samatan fut une des principales figures historiques de cette importante famille marseillaise2Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône, 4Q2 4199, enregistrements. Retranscription de l’acte de vente du 5 avril 1870.3Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône, 4Q2 4322, enregistrements. Retranscription de l’adjudication du 4 décembre 1873.4Il n’est pas encore nommé ainsi, mais simplement désigné comme un boulevard de 10 m de large. Le terrain vendu en 1870 était un peu plus grand mais il a été réduit de la largeur du boulevard à percer.5Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône, 4Q2 4322, enregistrements. Retranscription de l’adjudication du 4 décembre 1873.6Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône, 4Q2 4199, enregistrements. Retranscription de l’acte de vente du 5 avril 1870.7Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône, 4Q2 5983, enregistrements. Retranscription du 27 décembre 1912 de l’acte de vente du 20 décembre 1912.8Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône, 4Q2 4380, enregistrements. Retranscription du 5 novembre 1874 de l’acte du 24 octobre 1874.9Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône, 4Q2 5983, enregistrements. Retranscription du 27 décembre 1912 de l’acte de vente du 20 décembre 1912.10Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône, 4Q2 5888, enregistrements. Retranscription de l’acte de vente du 5 mai 1909.11Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône, 4Q2 5983, enregistrements. Retranscription du 27 décembre 1912de l’acte de vente du 20 décembre 1912.12Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône, 5 M 423. Demande d’autorisation d’ouverture d’établissement industriel en première classe, mai 1934.13Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône, 5 M 302. Lettre au préfet du 9 juillet 1925.14Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône, 5 M 423.15Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône, 5 M 36216Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône, 5 M 302. 17Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône, 5 M 302.18Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône, 4Q2 5888, enregistrements. Retranscription de l’acte de vente du 5 mai 1909.19Photographie aérienne C3145-0361_1927_NP8_0032.20Comme le montre une comparaison des photographies aériennes de ces deux dates (C3246-0371_1955_F3145-3245 et C3245-0461_1957_CDP1202).21Témoignage oral de Bernard Demeure.22Quelques documents montrent que l’usine reste la propriété des successeurs de D. Leca au moins jusqu’en 1953. Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône, 4 Q 2_10535 ou Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône, 216 W 145.23Les publications marseillaises, du 19 au 22 décembre 1953.24Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône, 216 W 145.25Ces destructions sont à situer entre 1957 et 1960, comme le montre une comparaison des photographies aériennes de l’IGN de ces deux dates.
Appellations savonnerie Régis, savonnerie Leca, savonnerie du fer à cheval
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication
Dénominations stéarinerie, savonnerie
Aire d'étude et canton Bouches-du-Rhône
Hydrographies Plomblières ruisseau de
Adresse Commune : Marseille 14e arrondissement
Adresse : 66 chemin de Sainte-Marthe
Cadastre : 2014 894 E 01 80, 98, 121

Une stéarinerie est construite sur ce site en 1870 sur des terres agricoles. Elle est transformée en savonnerie dès 1873 sous l'impulsion de son nouveau propriétaire, Louis Régis. En 1895, la savonnerie est reprise par la Société des successeurs de D. Leca qui l'exploite jusqu'à la fin des années 1950, au moment où elle est reprise par la société anonyme Huileries Antonin Roux et savonneries J.B. Paul, propriétaire de la marque du fer à cheval. Les bâtiments où est fabriqué le savon n'ont que peu évolué depuis la fin du 19e siècle. Mais l'emprise de l'usine, elle, s'est régulièrement agrandie. Dans les années 1920, des terrains sont acquis à l'est, de l'autre côté du ruisseau de Plombières. Et lorsque J.B. Paul rachète la savonnerie, il acquiert également l'usine de glycérine qui la jouxtait au sud, pour la détruire et étendre la savonnerie. Dans la seconde moitié du 20e siècle, la production de savon de Marseille connaît de grosses difficultés. L'usine se spécialise dans la fabrication de lessive en poudre et lance la marque Le Chat machine. Depuis les années 1990, la production de lessive en poudre connaît à son tour des difficultés et conduit en 2012 au placement en redressement judiciaire de la société, qui se nomme alors Compagnie des détergents et du savon de Marseille.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source
Dates 1870, daté par source

Annexes

  • Enregistrements. Retranscription d’adjudication du 4 décembre 1873.

    Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône, 4Q2 4322.

    À la mise en liquidation de la Société anonyme de la stéarinerie de la Méditerranée en 1873, l’usine comporte :

     Un logement pour le concierge élevé d’un étage sur rez-de-chaussée

     Un magasin ou entrepôt pour les marchandises d’un simple rez-de-chaussée

     Un petit bâtiment isolé où se trouve établie une bascule

     Divers ateliers pour le filtrage des huiles, l’acidification, le moulage des acides gras, la distillation, la coulerie, la frotterie,

     Un atelier dit des presses à chaud

     Un atelier pour la fabrication de la glycérine à feu nu

     Divers locaux où sont installées des piles à huiles et des chaudières à vapeur

     Un atelier de réparation

     Un atelier de ciergerie

     Des magasins d’emballage et d’approvisionnement

     Des hangars pour la tonnellerie et la menuiserie

     Une petite écurie

    Au moment de la vente, l’usine contenait :

     Trois générateurs à bouilleurs de trois chevaux environ

     Une pompe alimentaire

     Une pompe à eau

     Deux réservoirs de tôle pour l’eau froide

     Une machine à vapeur de la force de 12 chevaux, arbre et transmission de mouvement, conduites de vapeur en cuivre

     Six grandes cuves en tôles doublées en plomb

     Un agitateur mécanique

     Quatre pompes pour élever les matières

     Une cloche pour dégraisser les barriques

     Trois alambics en fonte avec foyer et condenseur

     Un alambic de rechange en fonte

     Deux seaux et deux cornues en cuivre

     Trois récipients en maçonnerie doublés en plomb pour recevoir les matières distillées

     Un cheval vapeur faisant marcher deux pompes

     Neuf cuves en bois carrées ou rondes, doublées en plomb

     Huit étagères en fer garnies de 1745 moulots en tôles étamées

     Quatre presses verticales hydrauliques à froid

     Deux presses hydrauliques horizontales à chaud

     Un accumulateur de fosse

     Huit cents sacs en poils de chèvre ou laine

     Deux petites cuves en bois et bac à barboter

     Assortiment de moules à cierge

     Un réservoir à eau en bois doublé de plomb

     Une presse en bois à levier

     Six réservoirs coniques en tôle

     Douze filtres en bois

     Trois cents moulots en tôle étamée pour usages de filtres

     Deux bassins à concentrer

     Deux cuves en bois doublées en plomb

     Trois réservoirs en tôle pour glycérine

     Cinq cuves en bois dites cuves à blanc

     Vingt et une machines à couler à enfilage continu à ventilation

     Deux rogneuses polisseuses marqueuses

     Divers outils de forge, d’ajustage, de menuiserie et de tonnellerie

     Une charrette, un cheval

     Une bascule force 10000 kg, une de 1000kg, une de 250 kg, une balance romaine force 1000 kg, une de 200 kg

  • Procédé de traitement des graisses animales. Extrait du rapport de l’inspecteur des établissements classés Bellon, 9 mai 1924.

    Arch. Dép. des Bouches-du-Rhône, 3 M 362.

    « L’huile, qui se présente à l’état concret, est d’abord liquéfiée par la vapeur ; puis, par l’emploi de l’acide sulfurique, on détruit les matières organiques (albuminoïdes, etc.) que renferme la matière première. En autoclave, par l’action de la vapeur à haute température (celle qui correspond à environ 8 à 10 kg de pression) et en présence d’un sel métallique, on saponifie la matière grasse. Celle-ci, qui est un éther composé ou glycéride tertiaire formé par la glycérine et par divers acides gras à teneur élevée en carbone se sépare en acides gras et en glycérine. Après agitation avec l’eau qui dissout l’acide, on laisse reposer l’huile. C’est après ce repos que la saponification s’opère dans l’autoclave, qui est ici du type classique. Les acides gras libérés par saponification sont ensuite envoyés dans un appareil désodoriseur, comprenant un récipient cylindrique en tôle où les acides gras sont constamment agités et, en même temps, soumis à l’action d’un courant de vapeur dans un appareil de condensation par circulation d’eau. Les gaz non condensables se dégagent au dehors. Les eaux de condensation, plus ou moins acides, sont envoyées dans des bassins avant de les rejeter dans le ruisseau de Plombières ; mais il est à remarquer que la neutralisation de ces eaux résiduaires n’est pas toujours assez grande pour prévenir la pollution du cours d’eau : nous avons pu nous en rendre compte.

    Les acides gras, après leur désodorisation, sont dirigés dans des alambics (au nombre de deux), en fonte de fer, chauffés directement au charbon. Le foyer de chaque alambic chauffe en même temps un serpentin de vapeur afin de produire la vapeur surchauffée à température voulue, qui sera injectée directement dans le fond de l’alambic : les vapeurs des acides gras possédant une faible tension, il est nécessaire, pour faciliter la distillation, d’envoyer ainsi la vapeur surchauffée. Les produits de la distillation, vapeur d’eau et acide gras, vont se condenser à la fois dans une batterie de tubes verticaux (réfrigérateur à air) et dans un serpentin entouré d’eau y circulant à une température d’environ +50°. On obtient ainsi une distillation fractionnée des acides gras. Le fond des alambics, après distillation, contient une matière pâteuse, goudronneuse, que l’on retire par un robinet fixé sur un tuyau au fond de l’appareil ».

Références documentaires

Documents d'archives
  • Enregistrements. Retranscription du 9 septembre 1868 de l’acte du 5 août 1868. / Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille. 4Q2 4116.

    Vente de terrain par Jean Antoine de Bermond de Vaulx à Pierre Antoine de Bermond de Vaulx.
  • Enregistrements. Enregistrement de l’acte de vente du 5 avril 1870. / Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille. 4Q2 4199.

    Les frères Bermond de Vaulx vendent le terrain de l’usine à Albert Roura, représentant de la Société anonyme de la stéarinerie de la Méditerranée.
  • Enregistrements. Retranscription du 26 octobre 1870 de l’acte du 19 octobre 1870. / Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille. 4Q2 4221.

    Vente par les frères Bermond de Vaulx d’un terrain de 1100 m2 à Henri Grégoire, contremaître, fabricant de bougie demeurant à Saint-Barthélemy. Vente du terrain bordant le boulevard de la Bougie au nord.
  • Enregistrements. Retranscription du 15 juillet 1873 de l’acte du 4 juin 1873 et du procès-verbal de non surenchère du 2 juillet 1873. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille. 4Q2 4322.

    Description de l’usine, achat par Louis Régis et Cie.
  • Retranscription du 5 novembre 1874 de l’acte du 24 octobre 1874. / Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille. 4Q2 4380.

    Achat d’une parcelle de 1101 m2 par Louis Régis.
  • Enregistrements. Retranscription du 8 février 1875 de l’acte du 16 décembre 1874. / Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille. 4Q2 4391.

    Vente par les frères Bermond de Vaulx d’un terrain de 1480 m2 à Henri Grégoire, négociant demeurant à Saint-Barthélemy. Vente du terrain bordant le boulevard de la Bougie au nord.
  • Enregistrements. Retranscription du 19 septembre 1876 de l’acte du 17 juillet 1875. / Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille. 4Q2 4462.

    Vente par Louis Régis à la ville de Marseille d’une bande de terrain pour l’élargissement du chemin de Sainte-Marthe.
  • Enregistrements. Retranscription du 24 janvier 1879 de l’acte du 31 décembre 1878. / Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille. 4Q2 4574.

    Vente par le baron Samatan et les frères Bermond de Vaulx d’une parcelle de terrain pour l’agrandissement du chemin de Saint-Barthélemy à la ville de Marseille.
  • Appareils à vapeur. Recensement des chaudières. 1882-1932. / Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille. 2 Ssup 121 à 125.

    Louis Régis déclare le 28 février 1882 pour sa savonnerie du chemin de Sainte-Marthe une chaudière fabriquée à Marseille par le constructeur Obanel. Son cylindre horizontal était à fond hémisphérique et avait une capacité de 1,5 m3. En 1896, les successeurs de D. Leca déclarent une chaudière Babcock & Wilcox de 3, 358 m3
  • Enregistrements. Retranscription du 7 décembre 1892 de l’acte du 29 novembre 1892. / Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille. 4Q2 5280.

    Vente par les frères Bermond de Vaulx d’un terrain de 235 m2 servant d’aire à battre à Louis Alloard, liquoriste, à l’angle du boulevard de la Bougie et du chemin de Saint-Barthélemy.
  • Enregistrements. Retranscription du 3 février 1896 de l’acte du 28 janvier 1896. / Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille. 4Q2 5323.

    Vente indivise aux frères Bermond de Vaulx par Antoine de Bermond de Vaulx leur père.
  • Enregistrements. Retranscription du 5 mai 1909 de l’acte du 21 avril 1909. / Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille. 4Q2 5888.

    Vente par Pierre Auguste de Bermond de Vaulx à la société des successeurs de D. Leca et Cie d’un terrain de 4862m2 entre le ruisseau de Plombières, le boulevard de la Bougie et le chemin de Saint-Barthélemy.
  • Enregistrements. Retranscription du 27 décembre 1912 de l’acte du 20 décembre 1912. / Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille. 4Q2 5888.

    Vente par la société des successeurs de D. Leca et Cie d’une usine de glycérine à la Société française des glycérines, ancienne société marseillaise des glycérines distillées
  • Dossier concernant l'autorisation de traiter les huiles et graisses de poisson. / Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille. 5 M 362.

  • Enregistrements. Retranscription du 12 janvier 1946 de l’acte du 11 décembre 1945. / Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille. 4Q2 10535.

    Vente par la famille Chevandier de la maison située à l’angle du boulevard de la Bougie et du chemin de Saint-Barthélemy [alors boulevard Nicolas].
  • Récépissé de déclaration. La société des huileries Antonin Roux et savonnerie J. B. Paul. / Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille. 216 W 348.

    La société des huileries Antonin Roux et savonnerie J. B. Paul ont acquis la société des successeurs de D. Leca en 1958.
Documents figurés
  • Plan géométral de la ville de Marseille et d'une grande partie de son territoire... / plan édité par Louis Lan, échelle d'origine 1/10000e. 1870.

  • Ville de Marseille. Voirie municipale. Plan de la ville de Marseille et de ses abords. / Plan édité en 1890. Échelle 1/10000e.

  • Ville de Marseille. Etudes et travaux neufs. Boulevards extérieurs (2e partie) entre les chemins vicinaux n°3 de St Joseph et n°4 de Ste Marthe. Plan général./ 22 juin 1895. Dessin à l'encre sur papier sur tirage de plan, par A. Rey. Archives communales, Marseille. 9 D 61.

  • Plan de l'usine de MM. Diemer et Poupardin. / Dessin à l'encre sur papier, vers 1897. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille. 5 M 352.

  • Plan du quartier de St Barthélémy en prenant pour centre la savonnerie Leca et dans un rayon de 250 mètres. / Levé par A. Ramasso le 15 mars 1924. Échelle 1/1000e. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille. 5 M 362.

  • Détail orthophotographique de l'atelier de fabrication du savon en 1923 (savonnerie Leca à Marseille). / Photographie, 9 novembre 1923. Cliché n° 88 de la mission CCF0A-1101_1923_CAF_A-110_0088.

  • Société française des glycérines, plan d'ensemble de l'usine. / Reproduction de plan. 17 octobre 1933. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille. 5 M 423.

  • Société française des glycérines. Atelier de fabrication du noir. / Dessin à l'encre sur papier. Juillet 1925. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille. 5 M 302.

  • Savonnerie Leca. Chemin de Sainte-Marthe à Marseille. Plan d'ensemble et de masse de l'usine. / Tirage d'un plan du second quart du 20e siècle. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille. 216 W 145.

  • Détail orthophotographique de l'usine en 1957 (savonnerie du fer à cheval à Marseille). / Photographie, 16 mai 1957. Photographie n°1285 de la mission C3245-0461_1957_CDP1202_1285 du Centre de documentation photographique

  • Détail orthophotographique de l'usine en 1960 (savonnerie du fer à cheval à Marseille). / Photographie. 23 décembre 1960. Cliché n° 3148 de la mission C3245-0371_CDP1700_3148 du Centre de documentation photographique.

  • Plan du parc à suif en 1986. / Collection particulière

  • Trois photographies de l'atelier de sulfonation. / Collection particulière, vers 2000?

Bibliographie
  • Publications marseillaises du 19 au 22 décembre 1953.

    La société des successeurs de D Leca apporte à titre de fusion l’usine de Sainte-Marthe, estimée 20 millions de francs à la société des huileries Antonin Roux et savonnerie J. B. Paul en vue de son absorption par cette dernière. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 4 Q 2 10535
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