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Restaurant dit La Réserve, ou Roc Beach.

Dossier IA06002841 réalisé en 2016

Fiche

La Réserve compte parmi les édifices emblématiques de la corniche de Nice, autant pour son service de restaurant que pour sa situation privilégiée. Située sur le domaine maritime, La Réserve a connu de nombreuses étapes de constructions.

À l’origine un vivier et une baraque en bois

Jean Goisco, ancien marin, obtient en janvier 1862 du ministère de la Marine la concession temporaire d’un dépôt de coquillages près de l’ancienne poudrière du Lazaret. À proximité, il construit un cabanon-restaurant en bois qu'il dénomme La Réserve - sur le modèle d’établissements marseillais - afin d’y servir les fruits de mer frais issus des viviers construits en contrebas. La même année, il est autorisé à édifier un pavillon en bois sur le rocher d’Aubray, relié au restaurant par une passerelle.

Le Restaurant de La Réserve

L'affaire est reprise par le restaurateur Antoine Balestre. Le restaurant est reconstruit et arbore l'enseigne "Restaurant de la Réserve". Le Journal de Nice du 8 octobre 1868 informe qu' "Un chalet nouvellement construit sur un rocher en pleine mer lui est adjoint". Le 10 mars 1869, Antoine Balestre rachète à l’État les 220 m2 de terrains sur lesquels est bâti le restaurant et reprend la concession du grand rocher d’Aubray. Il dépense plus de 3000 francs pour édifier un grand mur de soutènement supportant une terrasse et obtient la concession de terrains contigus afin d’étendre le restaurant.

Le pavillon sur le grand rocher d'Aubray

Le chalet, de plan hexagonale pour une surface d’environ 40 m2 est distribuée sur deux niveaux. Elle adopte le caractère éclectique propre aux buvettes et kiosques du Second Empire : un toit en zinc décoré de lambrequins, un bulbe sommital orientalisant, des ferronneries ouvragées, des baies fermées par des persiennes. Un radier maçonné est établi sur le rocher, la structure intègre un plancher et un escalier extérieur en béton. Le plateau central se prolonge de balcons circulaires sur deux niveaux, des piliers de fonte portent le toit en zinc. Les garde-corps ouvragés des balcons, de l’escalier et des passerelles sont en fonte. L’implantation de cette gloriette, annexe du restaurant, sur un récif à l’entrée du port, devient l’une des curiosités architecturales de Nice.

Les aménagements de la décennie 1870

Le 1er septembre 1875, le petit rocher d’Aubray est concédé à Antoine Balestre par les Domaines afin qu’un autre pavillon soit créé et relié aux autres constructions. Construit en ciment, il présente la forme et les gréements très originaux d'un voilier. Nommé « L’Inflexible », il sert de petite terrasse au restaurant, le pavillon proposant des salons fermés. Ces deux gloriettes donnent un nouvel attrait à l’établissement qui devient une adresse réputée.

Le 29 mars 1876 Antoine Balestre soumet à la ville de Nice le projet de l'architecte niçois Vincent Levrot d'un restaurant en maçonnerie qui occupe l'intégralité de la parcelle avec 19 m de façade alignée sur le boulevard de l'Impératrice (Franck Pilatte actuel). La physionomie générale du bâtiment s'inspire des palais néo baroques italiens à colonnades, rotonde, toit terrasse et belvédères.

Le second pavillon

Vers 1900, le pavillon en bois sur le grand rocher d'Aubray est remplacé par un nouveau kiosque, plus imposant. L'ancienne maçonnerie est modifiée afin qu'une fausse grotte en rocailles soit aménagée sur le récif avec un balcon donnant sur le port. La passerelle d'accès au rivage est également traitée en faux rochers et garde-corps en rocailles. La passerelle permettant l'accès depuis le restaurant est en métal riveté. La ferronnerie de ses équerres de soutien est d'inspiration art nouveau. La gloriette reprend la distribution sur deux niveaux de la précédente, mais sur un plan octogonal. Son ossature est entièrement faite de bois ainsi que le plancher et la charpente du toit. De hauts vitrages sont posés entre les fines colonnettes et piliers d'angles qui supportent les niveaux afin d'offrir une vue à 360° aux convives. Les quatre oriels installés sur les grands côtés de l'étage toit extrême orient, Guimet, expos universelle, jetée prom

Un Roc Beach à l’Américaine

Après plusieurs changements de propriétaires et faillites durant l’entre-deux-guerres, la Réserve est acquise dans les années1930 par une SARL formée par plusieurs actionnaires niçois et intitulée Roc Beach. Elle charge l’architecte niçois René Livieri de transformer l’établissement afin d’attirer une clientèle plus sportive et festive, notamment celle qui fréquente les casinos de la Côte d'Azur. L’Amérique est à la mode, aussi la Réserve est-elle équipée d’un water chute – un toboggan donnant sur la mer – d’une grande terrasse côté mer et surtout d’un diving board, le plongeoir installé à la place du voilier en ciment, qui connaîtra un grand succès. Une terrasse inférieure est également ouverte dans le soubassement en pierres sur la façade sud. Le pavillon et le bateau en ciment ont été supprimés, les modénatures en façade du restaurant sont supprimées au profit de corniches et encadrements simples. Les anciennes consoles en fer forgé art nouveau, les garde-corps et la grotte en rocaille du grand rocher d'Aubray sont conservés. Pour compléter cette offre, la direction tente en vain d’obtenir l’autorisation d’ouvrir un casino.

L'établissement Roc Beach fait faillite, il est saisi en juin 1952. Le bâtiment est alors transformé afin que ses deux étages soient vendus en appartements. Une surélévation est ajoutée offrant un troisième niveau. Un restaurant, de nouveau nommé "La Réserve", se situe aujourd'hui au sud-est du bâtiment. Les deux rochers d'Aubray restent la propriété du Domaine maritime qui concède l'exploitation commerciale du site nommé "Le plongeoir", redevenu un bar et restaurant en 2017.

Appellations La Réserve , Roc Beach
Parties constituantes non étudiées kiosque
Dénominations restaurant
Aire d'étude et canton Nice - Nice
Adresse Commune : Nice
Lieu-dit : Mont-Boron
Adresse : 60 boulevard Franck Pilatte
Cadastre : 2016 KI 1

Le 4 janvier 1862, le restaurateur Jean Goisco obtient du ministère de la Marine la concession temporaire d’un vivier près de l’ancienne poudrière du Lazaret. En complément, il est autorisé à construire de façon précaire un restaurant dénommé La Réserve pour y servir les fruits de mer frais, puis à élever un pavillon en bois sur le rocher d’Aubray, relié au restaurant par une passerelle. En 1876, un projet de Vincent Levrot associe au restaurant un établissement de bains de mer. L'édifice est modifié dans les années 30, puis vers 1950 par René Livieri qui modifie les façade et procède à une surélévation. A cette date le bâtiment est transformé en copropriété.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle , daté par source
Secondaire : 3e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1862, daté par source
1876, daté par source
1962, daté par source
Auteur(s) Auteur : Levrot Vincent,
Vincent Levrot

Il réalise les plans de La Réserve à Nice en 1876.


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architecte, attribution par source
Auteur : Goisco Jean,
Jean Goisco

Ancien marin marseillais, il ouvre le restaurant La Réserve en 1862 à Nice.


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Auteur : Balestre Antoine,
Antoine Balestre

Restaurateur niçois, il reprend le restaurant La Réserve à Nice vers 1867-1868.


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Auteur : Livieri René,
René Livieri

Architecte formé à l'École Nationale des Arts Décoratifs de Nice en 1934. Il a travaillé à Nice, Menton et Cannes dans les années 1940-1950. Influencé par l'Italie, il s'inscrivit dans le courant Art Déco qu'il reformule dans ses réalisations postérieures à la deuxième guerre mondiale.


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Bâtiment rectangulaire terminé par deux rotondes en demi-cercle à chaque extrémité. L'aspect actuel du bâtiment traduit les importantes modifications réalisées, notamment vers 1950. Du bâtiment originel de Vincent Levrot de 1876, outre le plan masse général, demeurent le soubassement en grand appareil de pierre ainsi que, côté mer, le balcon du 1er étage sur corbeaux de pierre et ses ferronneries. D'autres ferronneries originelles demeurent sur la façade nord. Les transformations des années 1930 et 1950 ont simplifié le décor pour le mettre en conformité avec les goûts de l'époque. Avec la surélévation des années 1950 de deux étages a été perdue la silhouette cantonnée de quatre tourelles. Des tuiles creuses débordent de la corniche et du toit, simple élément décoratif puisque ce dernier est un toit terrasse. Un auvent en béton court côté boulevard. Un bâtiment adventice a été accolé dans les années 1930 à l'Est. Il ne demeure aucun élément intérieur d'origine.

Étages étage de soubassement, 3 étages carrés
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures terrasse
Statut de la propriété propriété privée
Précisions sur la protection

Protection au titre du PLU n°434

Références documentaires

Documents d'archives
  • Demandes de permis de construire. Archives communales, Nice : 2T

    2T48 111
Bibliographie
  • STEVE, Michel. Histoire de l'architecture à Nice de 1830 à nos jours. Nice : Institut d'études niçoises, 2018. 280 p.

    p. 124 Bibliothèque du Sénat, Nice
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