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Remise ferroviaire (rotonde Pautrier)

Dossier IA13005977 réalisé en 2014

Fiche

Précision dénomination rontonde
Appellations rotonde Pautrier
Dénominations remise ferroviaire
Aire d'étude et canton Bouches-du-Rhône
Adresse Commune : Marseille 4e arrondissement
Adresse : rue Pautrier
Cadastre : 2015 E1 2 domaine public ferroviaire

La rotonde Pautrier de la gare Saint-Charles - qui tire son appellation actuelle de la rue Pautrier voisine, baptisée en 1904 en mémoire d'Alphonse Pautrier, chef de section du PLM et maire de Bouc-Bel-Air - est le dernier élément du dépôt aménagé à partir de 1862 en contrebas des Chutes Lavie à l'endroit où se séparent les voies allant soit vers Toulon soit vers Avignon. Une première rotonde de 75 m de diamètre, comportant 36 voies rayonnantes, fut édifiée entre 1862 et 1864. En 1887 fut entreprise la construction d'une seconde rotonde, plus vaste. C'est elle qui a été conservée jusqu'à nos jours. Elle déclinait le plan type mis au point par la compagnie du PLM en 1883 sous l'autorité du chef du bureau des études de la compagnie A. Dujour. Les colonnes de fonte ont été fournies par les fonderies Chazelle de Besseges (30). A l'origine, la rotonde était équipée d'une coupole centrale. Celle-ci a été détruite en 1923. En remplacement, des avant-toits métalliques ont été installés sur le pourtour intérieur de la rotonde. A une date indéterminée (qu'il faut situer avant 1943 comme l'indique une prise de vue aérienne de cette date), des avant-toits en béton ont été ajoutés sur les pourtours extérieurs des accès correspondants aux voies 33, 34 et 23 à 28. Largement bombardée pendant la Seconde Guerre mondiale, le dépôt n'a été par la suite que partiellement été remis en état. Le pont-tournant Jeumont a probablement été installé dans le cadre de ces travaux. La rotonde de 1862 a en revanche été démontée à cette époque. Ses voies ont été utilisées comme voies de garage à ciel ouvert jusqu’en 1962, date à laquelle la traction vapeur a été abandonnée. Les voies de la rotonde de 1862 ont alors été démantelées et la plus grande partie des ateliers environnants a disparu. La rotonde Pautrier, elle, a été dotée d'avant-toits en béton sur son pourtour intérieur en 1948. Au début des années 1960, elle a été adaptée à la traction électrique (ce qui a entrainé la disparition des avant-toits intérieurs) et a continué de servir jusqu'en 2008. Depuis cette date, le renouvellent du parc des automoteurs l'a rendue peu à peu inadaptée à sa fonction de dépôt. Elle a ainsi fait l'objet d'une demande de permis de démolir en 2014. Soucieuse de préserver ce témoignage de l'architecture ferroviaire de la fin du 19e siècle, la ville de Marseille a alors demandé sa protection au titre des monuments historiques. Depuis, un nouveau projet visant à trouver une solution pour aménager un nouveau centre de maintenance et de remisage tout en maintenant la rotonde en place est en cours d'élaboration.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle , daté par source , (détruit)
Dates 1887, daté par source
1888, porte la date

La rotonde Pautrier est une rotonde circulaire complète de 90 m de diamètre qui possède 36 voies rayonnantes permettant de garer 36 à 54 locomotives. Elle dessine au sol un polygone de 36 côtés. Sa charpente en acier est constituée de pannes en cornières rivetées assemblées en treillis. Elle est couverte de tuiles plates mécaniques. Ses colonnes sont en fonte. Une des colonnes du dépôt (située juste à côté de la rotonde) porte la marque de la fonderie Chazelle de Bessèges. Les murs de la rotonde ont été en de nombreux endroits repercés lors de l'abandon de la traction vapeur pour permettre le passage des nouvelles motrices. La plupart des murs sont cependant toujours dans leur état d'origine, percés de baies géminées. La rotonde est toujours pourvue des avants-toits en voile de béton installés sur le pourtour extérieur des voies 33, 34 et 23 à 28. La fosse du pont tournant atteint 23 m de diamètre.

Murs calcaire moellon
Toit tuile plate mécanique
Couvrements charpente métallique apparente
Couvertures toit à longs pans

La rotonde Pautier fait partie des cinq dernières rotondes complètes de la fin du 19e siècle conservées en France (avec celle du dépôt de Dijon-Perrigny qui a été partiellement dénaturée, celle de Lyon-Mouche, qui pourrait rapidement être menacée puisqu’elle vient d’être désaffectée, celle d’Annemasse, dont la démolition est prévue et celle de Mohon à Charleville-Mézières). A l'heure où il apparaît de plus en plus nécessaire de prendre en compte l'importance patrimoniale des éléments architecturaux des constructions dites « en série », qui sont une des caractéristiques de plus en plus prégnantes des modèles constructifs depuis le 18e siècle, la rotonde Pautrier apparait comme un témoin rare de l'histoire des rotondes ferroviaires et des centaines d'exemples de cette famille d'édifices particulièrement frappée par les épisodes de destruction / reconstruction. La rotonde Pautrier bénéficie en outre d’une parfaite insertion dans l’ensemble patrimonial que constitue la gare Saint-Charles. Elle fait partie de la campagne de réaménagement de la gare des années 1880-1890. Elle est donc contemporaine du bâtiment principal de la gare, dont la grande charpente métallique constitue un des emblèmes de Marseille, dans le prolongement de l’escalier monumental construit en 1925.

Statut de la propriété propriété d'un établissement public de l'Etat
Intérêt de l'œuvre à signaler

Références documentaires

Documents figurés
  • Chemin de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée. Rotonde de 90 m pour 36 -54 machines. Ensemble, coupes, élévations, détails. / A. Dujour. 5 Novembre 1883.

    Collection particulière
  • Gare de Marseille Saint-Charles. Rotonde de 90 m pour 36 - 54 machines. Charpente métallique. Pannes. Reproduction de plans. Document non daté et non signé. Collection particulière.

    Collection particulière
  • Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée. Service de la Voie [...] Agrandissement du dépôt de Marseille. Coupes sur les murs de la rotonde de 90 mètres et de l'atelier de levage pour déterminer la hauteur des colonnes / Desmur, 6 juin 1887. Collection particulière.

    Collection particulière
Bibliographie
  • CHAVY, Marcel. Les dépôts vapeur du PLM : régions Sud-Est et Méditerranée SNCF. Breil-sur-Roya : les Éditions du Cabri , 1997, 303 p.

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