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quartier de l'Estaque-Eglise ou de l'Estaque-Plage

Dossier IA13001291 réalisé en 1998

Fiche

Œuvres contenues

Le quartier de l'Estaque-Plage illustre plusieurs phénomènes de la construction urbaine de l'Estaque : l'adaptation à un relief contraignant, un processus de densification sur un espace réduit en bord de mer, suivi d'une expansion sur des espaces encore vierges en déprise agricole, puis la promotion immobilière sur des friches industrielles.

Topographie

Le quartier de l'Estaque Plage est situé à cheval sur les deux sections cadastrales K et L. A l'est s'étend le quartier de la fontaine des Tuiles, à l'ouest, celui de la Falaise.

Il est délimité:

- à l'est par le boulevard Chieusse qui suit le tracé du ruisseau du Marinier,

- au nord par le chemin de la Nerthe,

- au sud par le bord de mer,

- à l'ouest par la traverse Mistral.

Il occupe un terrain très accidenté s'élevant brutalement du sud au nord depuis la petite frange littorale surplombée par le plateau de l'église. Au nord de l'église la pente se poursuit jusqu'à la corniche du chemin de la Nerthe. D'est en ouest, le relief s'élève depuis le lit du ruisseau du Marinier (actuel boulevard Chieusse) jusqu'à l'église puis redescend en pente plus douce jusqu'à la traverse Mistral.

Vue aérienne du quartier de l'église prise du sud en direction du nord ; au premier plan le port et la section du chemin du Littoral dite Plage de l'Estaque (RN 568b), à l'arrière-plan la voie ferrée et le viaduc du Marinier. Le quartier est délimité à gauche par la traverse Mistral longeant le jardin de la villa Mistral et à droite par le boulevard Roger-Chieusse.Vue aérienne du quartier de l'église prise du sud en direction du nord ; au premier plan le port et la section du chemin du Littoral dite Plage de l'Estaque (RN 568b), à l'arrière-plan la voie ferrée et le viaduc du Marinier. Le quartier est délimité à gauche par la traverse Mistral longeant le jardin de la villa Mistral et à droite par le boulevard Roger-Chieusse.

Historique

En 1819 le quartier, agricole comme l'ensemble de l'Estaque, est cependant celui où se concentrent quelques habitations organisées en hameau au bord de la mer. Le toponyme du cadastre « quartier de l'Estaque » révèle que c'est bien ce hameau qui a donné son nom à l'ensemble de l'actuel secteur urbain. Le hameau est inaccessible par le bord de mer (le chemin du Littoral ne sera aménagé qu'au 20e siècle), La seule voie de circulation est alors le chemin de la Nerthe, dont le tracé n'a pratiquement pas changé. Il surplombe les coteaux en corniche et quelques sentiers s'embranchant sur lui descendent vers la mer, selon une structure viaire encore présente dans de nombreux endroits du littoral de l'agglomération marseillaise (Côte Bleue notamment).

Un premier chemin suit le fond du vallon du Marinier et dessert les maisons du bord de mer. Un autre chemin d'exploitation agricole s'embranche du chemin de la Nerthe et donne accès aux parcelles cultivées. Son tracé sera conservé par la rue de la Convention et une partie de la traverse Port-de-Bouc.

La plus grande partie des terres est occupée par des vignes, notamment:

- au-dessus du hameau sur trois grandes parcelles en terrasses appartenant aux familles Maunier et Tamisier,

- sur le flanc du vallon du Marinier, sur trois parcelles importantes appartenant aux familles Maunier et Saccoman.

Trois importantes parcelles sont consacrées aux pâtures, signalant la présence de troupeaux. Une petite zone de labour en plein hameau était probablement utilisée pour les cultures maraîchères à usage domestique. On peut aussi noter la ferme Maunier-Saccoman pourvue d'une grande aire à battre à l'est du plateau de l'église.

A l'exception des petites habitations de pêcheurs-paysans, le hameau compte trois édifices remarquables:

- une vaste bâtisse en bord de mer à l'extrémité ouest du secteur, appelée Domaine de la Madrague, propriété du roi, dont la source cadastrale ne donne pas la fonction exacte,

- la caserne des douanes, accolée à un îlot de maisons particulières, qui subsiste encore aujourd'hui,

- la tuilerie Tamisier, non loin de l'embouchure du Marinier, la seule des 27 tuileries existantes en 1819 à être située au hameau de l'Estaque.

Le processus d'urbanisation

180 ans plus tard, le quartier de l'église est un véritable secteur urbain, doté d'un tissu viaire fin et serré.

L'urbanisation s'est effectuée selon deux mouvements: une série de reconstructions in situ, sur les bâtiments existant déjà en 1819 et une série de constructions nouvelles, sur des sols agricoles ou incultes.

Commencée dès 1820, la densification du quartier connaît un pic dans les années 1871-1910 et décroît de manière significative ensuite, fautes d'espaces à bâtir.

De 1820 à 1870, constructions et reconstructions se concentrent dans l'espace de l'ancien hameau en bord de mer, Après 1870, l'urbanisation s'étend aux espaces agricoles en terrasses en arrière du hameau primitif.

L'édification de l'église en 1851, sur le plateau dominant la plage, constitue un point de structuration spatiale, avec la création d'un parvis et d'espace de circulation desservant l'édifice et les îlots d'habitation constitués peu après aux abords sur les anciens terrains agricoles (lotissements de l'impasse de l'Epargne, de la place Malleterre, de la rue Jumelles). Vue aérienne prise du sud vers le nord, dans l'axe de l'église. Au premier plan, le port et la zone commerçante de la Plage de l'Estaque. A droite, le boulevard Roger-Chieusse.Vue aérienne prise du sud vers le nord, dans l'axe de l'église. Au premier plan, le port et la zone commerçante de la Plage de l'Estaque. A droite, le boulevard Roger-Chieusse.

Le mouvement de reconstruction se prolonge jusqu'aux années 1890 et devient négligeable par la suite.

L'urbanisation gagne alors progressivement les terrasses de vigne et s'intensifie vers 1885-1895 dans le nord du secteur.

Cependant un lotissement important se fait encore dans les années 1890-1900 en bord de mer (actuelle rue Emile Doria).

Après 1911, peu de constructions, ponctuelles: le mouvement d'urbanisation s'est déplacé dans d'autres quartiers.

L'urbanisation des terrains limitrophes du hameau primitif s'est souvent faite par des opérations de lotissement. Essentiellement situées au nord et à l'est du centre ancien, les zones de lotissement se distinguent par un tracé plus régulier, aligné sur les anciennes parcelles agricoles et desservies par une véritable voirie (rues Druilhe, Jumelles, Mallot..).

Le 1er lotissement, celui de la courée des Oursins, date des années 1843-1850, Il s'est implanté à proximité immédiate des maisons du hameau, en partie sur la friche de la tuilerie Tamisier et a contribué à fixer le tracé sud de l'ancien chemin d'exploitation agricole, devenu chemin de l'église, puis traverse Port de Bouc (voir dossier courée des Oursins).

Les lotissements se répartissent en 2 types:

- rue Druilhe, impasse des Oursins, place Malleterre, haut du boulevard Chieusse : chacun de ces îlots a été construit par un propriétaire unique qui a ainsi réalisé un investissement locatif,

- rue Jumelles, impasse de l'Epargne, rue Mallot, rue de la Convention, rue Emile Doria: de grandes parcelles ont été loties et vendues à différents propriétaires. Les constructions sont individuelles.

Comme bien souvent à l'Estaque, ces opérations immobilières sont venu rentabiliser des terrains occupés par des friches de tuileries. En effet, plusieurs tuileries se sont implantées dans le secteur après 1820. Progressivement abandonnées et détruites, elles ont été remplacées par des maisons. Le nom des tuiliers de l'époque a été conservé dans la toponymie des rues: rue Druilhe, rue Tamisier (nom de l'actuelle rue Emile Doria jusqu'en 1946), rue Fabre. Voir supra.

Durant tout le XIXe siècle, le quartier de l'église abrite une forte population de pêcheurs. En 1882, les familles de pêcheurs sont, après les tuiliers, le groupe professionnel qui possède le plus de maisons sur l'ensemble du quartier de l'Estaque-Les Riaux; plus de la moitié de celles-ci sont situées dans le quartier de l'église. La toponymie en a gardé la trace: rue de la Rascasse, du Rouget, de la Lucrèce, passage du Fielas, impasse des Oursins. La rue Druilhe s'appelait autrefois rue des Pêcheurs. Les seuls bâtiments à usage professionnel ont d'ailleurs été construits dans le quartier: la prud'homie en 1899 et, en 1924, une halle de vente au poisson, édifiée chemin du Littoral par la société coopérative des patrons pêcheurs.

Cette forte implantation remonte à l'Ancien Régime et doit être mise en relation avec la présence signalée sur le cadastre de 1819 de la madrague de l'Estaque. La madrague proprement dite semble avoir disparu avant 1853, alors que le bâtiment dit "Domaine de la Madrague", propriété du roi, n'a été démoli qu'en 1884 (voir dossier hôtel de voyageurs Mistral).

L'autre activité économique du quartier est liée aux loisirs et à la restauration. Au milieu du XIXe siècle, des restaurants et des cafés s'implantent en bord de mer, parfois sous forme de « chalets », c'est-à-dire de bâtiments en planches. En 1904, Emile Gandiol, entrepreneur de bains de mer, construit un « établissement de bains», sans doute une grande cabine en bois.

En 1912, le secteur compte onze propriétaires professionnels de la restauration. Par la suite, les commerces et les bars se multiplient et ont perduré jusqu'à nos jours, faisant du quartier la zone nodale (du moins du point de vue économique) du secteur urbain.

L'urbanisme

Les voies principales ne traversent pas le quartier, mais le contournent, du fait du relief contraignant: boulevard Chieusse, chemin de la Nerthe. La traverse Mistral est une voie secondaire, impraticable en voiture sur sa portion centrale.

Les deux voies carrossables qui assurent la traversée du quartier dans le sens sud-nord sont la traverse Port-de-Bouc et la rue de la Convention. Aucune voie ne permet cette circulation dans le sens est-ouest. En effet les rues Druilhe, Jumelles et Mallot buttent sur le plateau de l'église.

Malgré la densité du bâti, la topographie en terrasses successives parallèles à la mer, héritage agricole, se lit encore très nettement dans le paysage urbain, surtout dans la partie ouest, de la rue Mallot à la rue Druilhe. Dans ce secteur, les îlots bâtis occupent l'emplacement des anciennes cultures de vigne qui ont déterminé leur implantation.

Au nord-est, en haut du boulevard Chieusse et traverse Véray, l'ancien parcellaire agricole et la présence du ruisseau du Marinier ont orienté une implantation perpendiculaire à la côte. Dans la partie basse, les îlots le plus souvent perpendiculaires au littoral conservent la structure villageoise de l'ancien hameau, organisé autour de la rue Martial Reynaud. Le tracé de cette rue, anciennement rue de la Plage, correspond à l'ancien rivage. Sur sa rive nord, les immeubles et maisons actuels occupent les fonds du bâti de 1819. Sa rive sud, qui constitue une partie de la façade littorale majoritairement occupées par les commerces, a été construite entre 1870 et 1910.

En arrière de la rue Martial Reynaud, le hameau primitif se lit encore dans la structure viaire, constitué de petites venelles sud-nord en cul-de-sac buttant contre le plateau de l'église. Le bâti actuel y a conservé des modules anciens, de type une porte/une fenêtre, à faible hauteur de bâti. Dans les matrices, ces maisons sont souvent appelées cabanons.

Vue prise depuis la terrasse de la place de l'église (place Malleterre) : les toits du hameau, les frondaisons des platanes bordant la Plage et la mer.Vue prise depuis la terrasse de la place de l'église (place Malleterre) : les toits du hameau, les frondaisons des platanes bordant la Plage et la mer.

Les contraintes du relief pèsent donc lourdement dans la topographie du quartier de la Plage, qui en dépit de son nom, s'étend essentiellement sur une vaste butte où le relief peut être par endroit relativement escarpé: nombre de voies et de venelles comportent une section en escalier ou se terminent en impasse buttant contre des murs de soutènement. Ces caractères ont également marqué l'architecture, et les édifices à étages de soubassement sont fréquents.

Malgré l'implantation centrale de l'église et la forte activité commerciale, aucune réalisation d'urbanisme public n'a contribué à modeler le quartier, à l'exception de l'aménagement de la place Malleterre (voir dossier).

Toutes les opérations de lotissement, ici comme ailleurs à l'Estaque, sont dues à des initiatives privées.

Les tuileries

L'enquête a révélé qu'en dépit de la topographie particulière et de la densification du bâti assez précoce, le quartier de la Plage a tout de même connu une certaine activité tuilière. En 1819, le cadastre ne mentionne que la tuilerie Tamisier, en bord de mer. A partir de 1840, cinq autres tuileries sont construites, sur de grandes parcelles agricoles dont la surface ne permet pas de pointer l'emplacement précis de ces édifices. Seule la tuilerie Icard, construite en 1840 et démolie en 1902, connaît une durée d'exploitation supérieure à 20 ans. Après sa démolition, l'activité tuilière quitte définitivement le quartier pour continuer dans les secteurs de la gare et de la Fontaine des Tuiles.

Appellations quartier de l'Estaque-Eglise, quartier de l'Estaque-Plage
Parties constituantes non étudiées tuilerie
Dénominations quartier
Aire d'étude et canton Grand Projet de Ville, l'Estaque-les Riaux
Adresse Commune : Marseille 16e arrondissement
Lieu-dit : quartier de l' Estaque-Eglise ou de l'Estaque-Plage
Adresse : rue dite Plage de l'Estaque , boulevard Roger-Chieusse , traverse Port-de-Bouc , chemin de la Nerthe
Cadastre : 1978 Estaque K, L

En 1819, l'actuel quartier est identifié sur le plan cadastral comme quartier de l'Estaque. Il se compose d'un petit hameau de pêcheurs paysans implanté en bord de mer et environné de grands espaces en terrasses plantés essentiellement de vignes avec quelques cultures vivrières et des pâturages. On note aussi la présence d'une grosse ferme en retrait sur le plateau où sera construite l'église. Les accès au hameau se font par des chemins vicinaux qui s'embranchent sur le grand chemin de la Nerthe, en corniche à mi-coteau. Hormis les habitations, trois édifices sont à remarquer : le bâtiment de la Madrague (démoli en 1884), la caserne de douaniers (Référence IA13001143) et la tuilerie Tamisier (démolie en 1880).

L'urbanisation se fait tout d'abord par densification du hameau primitif, de 1820 à 1870, puis s'étend aux anciens espaces agricoles, jusqu'au premier quart du 20e siècle. L'église est construite en 1851 sur la butte dominant la plage et constitue un point de structuration spatiale. Cette urbanisation procède par opérations de lotissements privés, souvent alignés sur les anciennes parcelles agricoles. Certaines opérations rentabilisent les friches de quelques tuileries implantées de 1840 à 1874 et dont la dernière est démolie en 1902 ; la toponymie des voies en garde le souvenir. Les lotissements sont de deux types : investissement locatif réalisé par un propriétaire unique ou parcellisation suivies de constructions individuelles.

Le quartier conserve longtemps une activité économique liée à la pêche, symbolisée par les noms de plusieurs rues et par la construction de deux bâtiments liés à cette activité : un atelier de teinture des filets de pêches, construit en 1899 (Référence IA13000884) et une halle de vente au poisson, édifiée dans un îlot du littoral en 1924 (disparue, remplacée par un immeuble avec commerce). L'autre activité dominante, depuis le milieu du 19e siècle, est liée aux loisirs et à la restauration. Dès cette période, des restaurants et des cafés s'implantent en bord de mer, parfois sous forme de bâtiments en planches. A l'emplacement du bâtiment de la Madrague, un hôtel de voyageurs, couplé à un restaurant, est construit en 1893. Plusieurs cabines de bains sont installées dans les premières années du 20e siècle. Par la suite, commerces et restaurants se multiplient et font aujourd'hui du quartier de l'Estaque-Plage le centre vivant du secteur.

Période(s) Principale : 18e siècle
Principale : milieu 19e siècle , (détruit)
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Auteur(s) Auteur :

Le quartier est délimité au nord par le chemin de la Nerthe, à l'est par le boulevard Roger-Chieusse qui suit le vallon du ruisseau du Marinier (busé), au sud par le bord de mer dit Plage de l'Estaque et à l'ouest par la traverse Mistral. Les contraintes du relief pèsent sur la topographie du quartier : le dénivelé du plateau de l'église s'élève brutalement à quelques mètres du bord de mer, puis la pente se poursuit jusqu'à la corniche du chemin de la Nerthe. Le réseau viaire interne au quartier est constitué de petites ruelles en cul-de-sac ou en escaliers, à l'exception de la traverse Port-de-Bouc prolongée de la rue de la Convention qui permet une traversée carrossable nord-sud en contournant le plateau de l'église. L'implantation du bâti épouse le relief : terrasses successives parallèles à la mer dans la partie ouest à l'emplacement d'anciennes terrasses de culture, îlots perpendiculaires à la côte dans la partie nord-est, îlots perpendiculaires au bord de mer dans la partie basse conservant l'ancienne structure du hameau primitif. Au centre du quartier, le plateau de l'église distribue plusieurs voies desservant des lotissements : impasse de l'Epargne, rues Jumelles et Mallot.

Statut de la propriété propriété publique
propriété privée

Annexes

  • La Madrague de l'Estaque - Résumé des documents

    Usage de la mer et conflits d'usage. Madragues et pêcheurs en Provence (XVIIe - XIXe siècles). Dans : Revue de la société des Amis du vieux Toulon et de sa région, 2009

    La madrague de l'Estaque qui appartenait à la prud'homie de pêcheurs de la ville, en vertu de lettres patentes de 1622, est confisquée en l'an IV et réunie au domaine de l'Etat, en application de la loi du 24 avril 1793 qui abolit les corporations, et bien que les prud'homies de pêche aient été maintenues par la loi de 1790. Les réclamations de la prud'homie sont écartées

    Domaines nationaux. Biens de 1ère origine. Commune et corporations. Rapport d'estimation d'une madrague ayant appartenu aux patrons pêcheurs soumissionnée par le citoyen Jean Pierre Amy1 Q 222 - Domaines nationaux

    Description des bâtiments. Un corps de bâtiment d'un étage sur rez-de-chaussée, divisé en trois partie, (logement du patron, logement du locataire et magasin) en pierre ouvré chaux et sable avec des encadrement des baies en pierre de taille, mesure vingt-huit pans de profondeur sur onze cannes cinq pans. Un passage derrière le bâtiment de onze cannes cinq sur huit pans avec "quatre ancones" pour soutenir la muraille du terrain à l'arrière. Devant le bâtiment, une plateforme formant un quai sur le rivage de la mer en pierre de taille, bandes de fer et pavé en caillou comporte deux parties en équerre, l'une de onze cannes cinq pans de large sur trente un pan de long, l'autre de six cannes sept pans sur huit cannes deux pans. Un terrain de trente cannes sur huit, confrontant au midi les bâtisses de divers particuliers, sert à préparer les filets de la madrague

    Les madragues 1808- 1870 (Madrague de l'Estaque, an 4 - 1834). Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 2 Q 107

    Mémoire du préfet sur la madrague de l'Estaque : En l'an 4, Jean-Pierre Amy. Vente des cabanes et bâtisses qui servaient à l'exploitation de la madrague de l'Estaque et non de la madrague elle-même. Un devis estimatif des travaux à faire à la madrague de l'Estaque en 1834 mentionne un grand magasin, un logement de matelots et une citerne. Série de dossier sur les fermages. Jean-François Martin est devenu fermier de la madrague de l'Estaque par arrêté du 24 juiin 1829. Il est conseiller municipal, maître-auffier, propriétaire. Son épouse semble posseder une fabrique de savon

    Les madragues : travaux de réparations à la madrague de l'Estaque (Marseille), 1831-1853. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 2 Q 71

    En 1831, des travaux sont faits aux bâtiments de la madrague de l'Estaque. Devis de réparations dressé par Richaud, architecte du domaine le 22 février 1831. Marché passé avec Boyer, maçon le 12 avril. Jean-François Martin est fermier des deux madragues domaniales de Portmiou et l'Estaque. Il est marchand auffier domicilié 63 rue Lancerie.

    Le 20 avril 1849 = cahier des charges de l'enchère publique des madragues de l'Estaque et de la ville : celle de l'Estaque est constituée d'un seul corps élevé d'un étage servant de logement au rey et aux matelots avec magasin et salle pour enfermer les engins et les marchandises ayant un emplacement au devant. (pas de plans).

    Délibération du Conseil municipal de Marseille du 5 septembre 1853, suite à une pétition des habitants de l'Estaque qui demandent le rétablissement de la madrague de ce quartier, demande au gouvernement le maintien des madragues et le rétablissement de celles de Morgiou, de la Ville, de l'Estaque et de Sausset.

    Une pétition du 10 octobre 1853 des patrons pêcheurs adressée au préfet s'oppose à la délibération du 5 septembre 1853, mentionnant que la pêche au thon occupe 478 marins au lieu de 12 journaliers, la plupart étrangers à la marine, qu'occupent la madrague.

    Transcription n°44 du 13 août 1858. Vente par Mr Pierre Martin à Mr Emile Martin à Paris, notaire Aucler.

    Acquisition par Emile Martin d'une "petite maison faisant partie de l'ancienne madrague"

  • LES DIVISIONS FONCIERES DU QUARTIERS ?

    ETAT EN 1790 : Le secteur correspond aux lots n° 158 à 168. La quasi-totalité des sols cadastrés appartient à Pierrette Ginna puis Jean-Gaspard Ginna domiciliés à Saint-Henry (lot 158) soit 12 carterées de vignoble, 3 de terre labourable, un corps de bâtiment occupé par un méger et une fabrique de malon. Une demoiselle Cheylan vve de Martin possède 2 maisons, une écurie et une fabrique de malon (lots 162-163-166). Claude Icard, patron de la madrague possède une maison dans le même alignement (lot 164) et J.B. Boune y possède une écurie (lot 165). François et Pierre Mouren possèdent chacun une maison mitoyenne( lot 159-160). La Nation possède la douane (lot 161) et les prud'hommes pêcheurs la maison de la madrague (lot 162). ( Nota : il n'est pas sûr que les maisons Mouren soient à l'Estaque. Elles pourraient être à Fontaine-des-Tuiles )

    Etat 1805 : Le secteur de l'Estaque correspond aux articles 4762 à 4772. La propriété Ginna est divisée en 1818 entre Ginac Thérèse épouse Tamisier (mutation n° 218 pour 1818) et Ginac Baptistine (article 4762 bis). Ce dernier lot est divisé en 1824 entre Marie-Magdeleine Maunier épouse Sacoman, Marie-Elisabeth Sacoman, Jean-Baptiste Maunier. Marguerite Maunier épouse Giraud et Jean-Baptiste Maunier reçoivent des biens vraisemblablement à Fontaine-des-Tuiles. La fabrique de malon (article 4770), appartenant à Dame Chaylan Veuve Martin a une imposition qui décroit de 37 à 5 par décision du conseil de préfecture du 20 mai 1807. En 1808, elle est divisée entre trois filles Saint-Martin (mutation n°410 pour 1808). Les autres possessions de cette propriétaire passent en 1808 à Magdeleine Saint-Martin épouse Icard (mutation n° 418) et à Euprhosine Saint-Martin épouse Bonaud (mutation n° 412) en 1808

    Testament de Joseph Gaspard Ginac

    Joseph-Gaspard Ginac partage ses biens entre ses deux filles (Anne Ginac, épouse Bouze et Thérèse Ginac épouse Tamisier), ses cinq petits-enfants (de Baptistine Ginac épouse en première noce de François Maunier, fabricant de briques, et en seconde noces de Jacques Sacoman) soit Marguerite, Magdeleine, Rose et Jean-Baptiste Maunier et une Sacoman. Ces derniers et Thérèse Ginac reçoivent les terrains de l'Estaque. Thérèse Ginac, épouse Tamisier, bénéficie du préciput, à charge de prendre soin de sa mère, Anne Puget et de payer les messes basses à dire à l'église de Saint-Henry. Anne Ginac épouse Bouze reçoit des propriétés à Saint-André et Saint-Henri. Une quatrième fille Marguerite épouse J.B. Arnaud, fabricant de tuiles à Saint-Henri, étant décédée sans enfant, ni représentant, n'a pas de part à la succession.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Convention privée de André Gues tuillier à l'Estaque en faveur des prud'hommes qui désirent faire réparer le molle de l'Estaque (1740). Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 250 E 32.

  • Contribution foncière. Séon Saint Henry. Division du Nord , section 26 lettres ABC contenant les quartiers de Séon Saint Henri, Seon Saint André, la Nerthe, Saint Antoine, Notre Dame de la douane et Saint Louis. 1791- An VII (Marseille, Cadastre de 1790). Archives communales, Marseille : 21 G 27

    lots n°158 à 168
  • Contribution foncière. Matrice du rôle de la commune de Marseille, division du nord rédigée en l'An XII, d'après l'état des sections de 1790 et par ordre de sections, Isles ou quartiers ruraux et numéros de propriétés. Quartiers ruraux compris dans cette section, Séon Saint Henry, Séon Saint André, La Nerthe, Saint Antoine, Notre Dame de la Douane et Saint Louis. Archives communales, Marseille : 21 G 68

    articles 4762 à 4772
  • Domaines nationaux. Biens de 1ère origine. Commune et corporations. Rapport d'estimation d'une madrague ayant appartenu aux patrons pêcheurs soumissionnée par le citoyen Jean Pierre Amy, (Estaque, Marseille), An 4. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 1 Q 222.

    description des bâtiments
  • Les madragues 1808- 1870 (Madrague de l'Estaque, an 4 - 1834). Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 2 Q 107

  • Testament de Joseph Gaspard Ginac (biens à l'Estaque, Saint Henri Marseille), 1815. (Minutes du notaire Jean-Baptiste Pons). Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 337 E 364.

  • Lettre du commissaire de l'arrondissement du nord sur un conflit d'usage de l'eau du puits de Fontaine Verte (Estaque, Marseille), 1818. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 4 M 521

    unique point d'alimentation en eau du secteur est situé à Fontaine Verte
  • Don (d'un terrain à l'Estaque) par Antoine Noel Carvin à JB Thobert (pour établir une école), 1857. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 4 Q 2 3694

  • Vente "d'une petite maison faisant partie de l'ancienne madrague" à l'Estaque, Marseille par Mr Pierre Martin à Mr Emile Martin à Paris, notaire Aucler, 1858. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 4 Q 2 3718

    transcription hypothécaire n°44
  • Les madragues : travaux de réparations à la madrague de l'Estaque (Marseille), 1831-1853. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 2 Q 71

  • Vente par Jean Baptiste Maunier aux frères Fabre d'une propriété rurale à l'Estaque, 1862. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 4 Q 2 3857

    transcription hypothécaire n° 56
  • Rapport d'expertise - Tribunal de grande instance de Marseille.(Rapport d'expert sur un conflit Tamisier frères/Benoit, Jourdan) à l'Estaque, 1885. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 410 U 160

  • Cahier des charges d'une vente aux enchères (biens de Jean André Giraud époux Boudouard) propriété rurale à l'Estaque, 1889. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 427 U 364.

  • Reconnaissance des chemins ruraux n° 55 de l'Estaque (1893-1894). Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 8 O 60 81

    Démande de classer la "traverse de l'Estaque "en chemin vicinal n° 55" qui relie le chemin de grande communication n°30 de Marseille au Rove au chemin vicinal n° 45 de Saint-Louis au Rove, car c'est le seul qui permet cette liaison entre le haut et le bas du village. Le classement permet d'empêcher les empiétements des propriétaires riverains
Documents figurés
  • Proposition de voirie : rectification du chemin de l'Estaque (Marseille) dans le vallon de ce nom, 29 novembre 1839 /Dessin à l'encre sur papier, 1, 1839. Archives communales, Marseille : 42 O 20

  • Plan [emplacement de l'église et propriétes mitoyennes 185.] /Dessin à l'encre sur papier, 185

  • Amodiation : bains de mer du sieur Thomas Alphonse. Plan du 9 mai 1867 : construction d'une passerelle. (l'Estaque, Marseille) /Dessin à l'encre sur calque, 30 X 40 cm, 1867. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 2 Q 107.

  • Plan des propriétés à l'Estaque dépendant de l'hoirie de Jacques Tamisier. Le lot n°1 teinté en rose correspond au lotissement des Creux. Masse ? (expert). Dessin aquarellé, 1873. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 410 U 130.

  • Construction d'un embarcadère en charpente. Amodiation du Sieur Mouren Henri, fabricant de tuiles (Estaque, Marseille). Plan du 28 août 1873. /Dessin à l'encre sur calque, 29,5X 20 cm, 1873. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 2 Q 108

  • [Plan de l'Estaque-Plage en 1883] /Dessin à l'encre sur papier, échelle 1/1000e, 1883. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 4 U 18 174.

  • Plan de partage de la famille Veran à l'Estaque, 1892. [Les immeubles Carvin occupent la partie sud-est du plan] /Dessin aquarellé sur toile enduite, échelle 1/500e. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, dépôt de Marseille : 355 E 742.

  • Acquisition de deux parcelles de terrain pour établir une place publique. (à l'Estaque, Marseille) 1901-1907/Dessin à l'encre sur papier, Archives communales, Marseille : 1 N 196

Bibliographie
  • BUTI, Gilbert. Usage de la mer et conflits d'usage. Madragues et pêcheurs en Provence (XVIIe - XIXe siècles). Dans : Revue de la société des Amis du vieux Toulon et de sa région, 2009, p.233-260.

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