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Prieuré de Bénédictins Saint-Eucher ou Saint-Auquille puis Ermitage de Récollets

Dossier IA84000068 réalisé en 1969

Fiche

HISTORIQUE

Edifice antérieur

La chapelle Saint-Eucher n'apparaît dans les documents qu'au début du XIIe siècle, mais sa fondation est certainement très antérieure à cette date. Elle se trouve établie dans un site tout-à-fait remarquable : il s'agit,d'abord, d'un lieu de passage, celui du grand chemin qui, dès l'antiquité, remontant le cours de la Durance, a relié les plaines rhodaniennes aux plateaux de Haute-Provence et aux Alpes. La route ne passait pas sous la chapelle, comme aujourd'hui, mais, évitant le fond de la vallée, alors facilement inondable, escaladait les hauteurs abruptes de la rive qui forment ici comme un vaste promontoire. La chapelle était, de ce fait, à l'écart, logée dans une anfractuosité de la falaise surplombant la rivière, et, bien que proche en apparence de la route, cependant complètement isolée. La falaise, d'accès difficile, est percée de grottes, dont la plus grande, où ont été relevées des traces d'habitat préhistorique, est aménagée en chapelle et semble avoir porté en son sommet un oppidum 1 - le nom du quartier, appelé Monmur en 1713, atteste peut-être la présence de ruines (latin Mons Murium ?).

L'établissement, en un tel lieu, du culte de saint Eucher, ermite de la première moitié du Ve siècle qui fut porté ensuite sur le siège épiscopal de Lyon, remonte très probablement à l'époque franque, au moment de la christianisation des campagnes provençales par les religieux de l'abbaye de Lérins 2. Une tradition locale ancienne situe précisément en cet endroit la retraite de saint Eucher, qui vécut plusieurs années durant dans une grotte murée, ne prenant l'air, la lumière et la nourriture que lui apportait sa femme Galle que par un étroit fenestron 3. Cette localisation nous semble douteuse mais reste significative de l'ancienneté de l'érémitisme dans ce site.

Du premier sanctuaire édifié, il ne reste rien. La plus ancienne mention de son existence ne remonte qu'à l'année 1118 (à supposer que ne soient pas intervenues, entre temps, une ou plusieurs reconstructions), dans un privilège du pape Gelase II en faveur de Saint-André-de-Villeneuve : au nombre des églises possédées par cette abbaye figure l'église Sancti Eucheriijuxta Durentiam 4. Cette appartenance est confirmée par la suite à diverses reprises par des privilèges de 1143, 1165 et 1178 5.

Pour toute la période du moyen-âge, la documentation reste rare. La chapelle n'apparaît sur aucun des comptes de décimes du diocèse d'Aix conservés (XIIIe-XIVe siècles) - sans doute était-elle exempte de cette redevance -, mais est mentionnée sur une table synodale établie vers 1300 6. En 1442, les deux prieurés de Saint-Eucher et de Saint-Michel-de-Bejun (dans la commune voisine, Mirabeau) payent, ensemble, la modique somme de 12 sous pour le cens levé par l'abbé de Saint-André sur toutes les églises dépendant du monastère 7.

Sur l'édifice même, sur la vie monastique et le service de la chapelle, aucun détail ne nous est parvenu. La ruine des bâtiments, qui semble avoir été complète à la fin du XVIe ou au début du XVIIe siècle, est imputable moins aux guerres de religion qu'à leur abandon, à une date indéterminée, par les moines de Villeneuve.

Contexte historique

Le renouveau religieux qui, issu de la contre-réforme, a provoqué l'érection ou la restauration d'un si grand nombre de chapelles, est à l'origine de la construction de l'édifice actuel.

Construction de l'édifice

Nous n'avons aucun détail sur cette construction, financée par François de Margalet, conseiller à la Cour des Comptes de Provence, qui s'intitule seigneur de Saint-Eucher 8 et adresse, le 5 octobre 1648, une requête à l'archevêque d'Aix pour demander la consécration de la chapelle neuve, disant que "···pour augmanter la devottion que le peuple et habitants du lieu de Beaumontont tousjours heu a saint Hoquile 9 et affin qu'elle ne ce perde, a cause que l'eglize inthitulée du nom dudict saint par succession de temps estoit desmolie, il a faict bastir une chapelle, laquelle desireroit faire servir pour y estre cellebrée la sainte messe... ". Le vicaire général d'Aix, au bas de la requête, autorise la bénédiction de la chapelle (où seront célébrées trois messes annuelles, les 16 novembre (Saint-Eucher), 19 mars (Saint-Joseph) et 5 octobre (Saint-François) 10.

Les armoiries sculptées au-dessus de la porte de la chapelle sont celles de la famille de Margalet 11.

Le service de la chapelle est, à partir du début du XVIIIe siècle, assuré par une petite communauté de Récollets installés par les seigneurs de Beaumont qui ont, entre temps, acquis la seigneurie de Saint-Eucher 12. En 1713, en effet, nous trouvons, à la date du 28 mai, dans un registre du conseil de la communauté de Beaumont, la délibération suivante : "Remonstrent lesdits sieurs maires conseuls que monseigneur l'archevesque d'Aix auroit permis l'establissement d'un couvant des Peres Recolets dans l'hermitage et a la chapelle Saint-Eucher en ce terroir et cartier apellé Champ Monmur, et le seigneur marquis de Mirabeau, seigneur de ce dit lieu, auroit bien vouleu donner leur agreement et mesme luy desamparer susdits Peres Recolets deux charges de terre au devant ladite chapelle, quy confrontent du levant, midy et septantrion la riviere de Durance, du couchant le rocher, et lesdits Peres, ce treuvant presantement en actuelle residence, auroit prié de vouloir charitablement les decharger de la thaille des susdites deux charges de terres, a presant afflorinées a vingt florins sur le pied du cadastre moderne...". Il est accordé "que lesdits reverands Peres Recoletsseront de chargés a l'advenir de la thaille des deux charges de terre ... pour tout le temps qu'ils resideront audit hermitage..." 13.

L'ermitage a dû être d'autant mieux entretenu que la dévotion à saint-Eucher semble avoir suscité une véritable concurrence entre les habitants et les seigneurs de Beaumont, au point que ces derniers, dans une transaction passée avec leurs sujets le 1er décembre 1718, prétendent leur faire "... défense de s'occuper de l'hermitage de Saint-Eucher" 14.

L'ermitage est encore signalé, vers 1730, dans un Etat général des églises de Provence 15 et, à la veille de la Révolution, par la carte de Cassini 16, en bon état, semble-t-il. Il dut traverser sans encombre la période révolutionnaire, car il n'est nulle part question de lui dans les ventes des biens nationaux, et retrouver très vite - à supposer qu'il l'eût jamais perdue - sa vocation religieuse. Les registres d'état civil de Beaumont contiennent, à la date du 11 février 1820, l'acte de décès du dernier ermite de Saint-Eucher, nommé Jacques Reynier mort à l'âge de 65 ans.

A partir de ce moment, les bâtiments de l'ermitage déserté sont peu à peu tombés en ruine, mais la chapelle a été conservée jusqu'à nos jours par les soins des habitants de Beaumont d'abord - Courtet, en 1857, parle des processions qui y attirent, chaque année, des foules de fidèles 17 - puis par ceux des propriétaires, après son aliénation à la fin du siècle dernier 18.

DESCRIPTION

Situation et composition d'ensemble

A. Situation

Le site dit de Saint-Eucher est constitué par des falaises abruptes, hautes d'une centaine de mètres, qui surplombent la rive droite de la Durance quatre kilomètres environ en amont de la cluse de Mirabeau. Elles sont formées par des bancs réguliers de calcaire séparés par des délits marneux, du Crétacé (Hauterivien) ; l'ensemble est coiffé par des marnes et des conglomérats de cailloux roulés du miocène supérieur. L'alternance calcaires-marnes a favorisé une érosion de type karstique : les falaises sont percées de nombreuses grottes. La plupart ne sont que de simples cavités ; mais l'une d'elles donne accès à un réseau profond et complexe : la légende en a fait la retraite de saint Eucher au VIe siècle ; l'entrée en a été transformée en chapelle.

On a également attribué à l'ermite l'aménagement, en pleine falaise (50 mètres environ à la verticale au-dessus de l'ermitage), d'une terrasse dont la tradition a fait "le jardin de saint Eucher".

C'est au pied même de la falaise, vingt mètres au-dessus du lit de la Durance, que l'ermitage a été édifié.

a) Perspective éloignée

Logés dans une anfractuosité de la roche sous un surplomb d'une trentaine de mètres de hauteur, séparés de la route nationale 96 qu'ils dominent d'environ dix mètres par un talus planté de figuiers et de chênes verts, les bâtiments sont difficilement visibles de la rive droite. On ne peut les voir que de l'autre côté de la Durance et encore les distingue-t-on difficilement de la roche dont ils ont la couleur grisâtre.

b) Perspective rapprochée

Ils sont adossés à la falaise et assis sur un replat rocheux élargi par des éboulis aménagés en terre-plein irrégulier : de cet espace étroit situé en contrebas des bâtiments, on ne peut avoir de ceux-ci que des vues partielles en contre-plongée qui accentuent l'impression d'écrasement dû au surplomb de la rochet.

B. Composition d'ensemble

a) Accès et dégagements

On accède à l'ermitage par un chemin à pente accentuée qui s'embranche sur la route nationale. Le chemin conduit au terre-plein (cf. ci-dessus) qui constitue le seul dégagement ; une volée d'escalier conduit à une petite terrasse soutenue par un muret de pierres sèches aménagée contre les bâtiments.

b) Articulation des bâtiments

De part et d'autre de la montée d'escalier donnant accès à une terrasse (C) qui commande les accès à l'étage :

- à gauche, le corps de bâtiment principal (A) occupé au rez-de-chaussée par la chapelle (abside et sacristie en B) et, à l'étage, par un logement désaffecté ; à droite, les corps de bâtiment annexes (D et E) en ruines (communs au rez-de-chaussée, logements à l'étage).

2. Matériaux et leur mise en œuvre

Le gros-œuvre est construit en pierre ; l'appareil est recouvert d'un cr épi(arraché par endroits) pour le cor ps de bâtiment principal(A et B), à nu pour les corps de bâtiment annexes. La face intérieure des murs est enduite. Les toitures sont en tuiles creuses.

Les matériaux pierreux appartiennent à deux types :

Nature

Mise en oeuvre

Localisation

dans l'édifice

Type A

Calcaire compact, de

coloration jaunâtre virant

au gris à l'oxydation ;

de même nature que la

roche en place (calcaire

marneux du Crétacé)

Blocs bruts employés en

blocage dans un mortier.

Chaînes d'angles : blocs

plus gros grossièrement

équarris

Tout le gros-œuvre

des bâtiments

Type B

Calcaire de coloration jaune

percé de nombreux trous

(apparenté à la meulière)

Surfaces peu régulières

Utilisé comme appareil :

- de toutes les baies du

corps de bâtiment A ;

- de la porte en plein-cintre

sous la terrasse C.

Nouveau tableau

Parti général , plan et coupes

A. Parti général

L'ensemble des constructions es t caractérisé par l'adaptation au site :

- la concavité de l'anfractuosité de la falaise a entraîné un étagement en profondeur des corps de bâtiments les uns par rapport aux autres

- le fruit présenté par les parois auxquelles ils sont adossés a permis d'obtenir à l'étage un accroissement de la surface en profondeur (pour le corps de bâtiment A) ou en longueur (pour les corps de bâtiment D et E).

B. Plan et coupes

a) Corps de bâtiment A et B

Le corps de bâtiment A est composé d'un rez-de-chaussée et d'un étage. Au rez-de-chaussée, il est prolongé à l'est par le corps de bâtiment B, constitué lui-même par l'imbrication de l'abside et de la sacristie, la seconde construction ayant été collée sur la première.

- Accès

L'accès au rez-de-chaussée se fait à partir de la terrasse située au sud des bâtiments ; une porte percée dans le mur de l'abside met la sacristie en communication avec le sanctuaire.

L'accès à l'étage se faisait à partir de la terrasse Cb : une porte, aujourd'hui murée, s'ouvrait en haut de l'escalier de cette terrasse. De cette porte part un escalier intérieur à deux volées droites, de cinq marches chacune, séparées par un palier : la première est parallèle à la nef de la chapelle et assise sur le rocher ; la seconde, perpendiculaire à la première, est établie entre deux murs de refends et assise sur l'extrados de la voûte de la chapelle.

Plan

Au rez-de-chaussée, le plan est simple en profondeur :

- Nef de la chapelle, voûtée en plein-cintre (Aa). (On note dans l'angle nord-ouest une pénétration dans la voûte qui mettait sans doute en communication l'escalier de l'étage avec une tribune aujourd'hui disparue). Un degré d'une marche marque l'entrée du chœur liturgique.

- L'abside (Ba), de plan semi-circulaire et voûtée en cul-de-four (arc triomphal en cintre surbaissé).

- La sacristie (Bb), petite pièce établie derrière l'abside ce qui lui confère une forme très irrégulière.

A l'étage, le plan est double en profondeur

- une grande pièce (Ab) au-dessus de la nef de la chapelle,

- deux petites pièces surélevées (Ac et Ad) de part et d'autrede la cage de l'escalier.

Coupes

- Rez-de-chaussée

- le mur nord de la chapelle est constitué jusqu'à la naissance de la voûte par la roche en place. Le mur sud de la nef, qui supporte la poussée de la voûte, est épais (120 cm) et contrebuté extérieurement par deux contreforts collés sur la façade. Un troisième contrefort, collé dans l'angle de la nef et de la sacristie, contrebute l'abside.

- Étage

La coupe transversale met en évidence la présence de deux petites pièces situées en demi-étage :

- une cave aménagée sous le plancher de la pièce Ac ; on y accède du palier de l'escalier par une porte percée dans le refend est

- un réduit sous combles situé au-dessus du palier et de la seconde volée d'escalier ; on y accède par une petite porte qui s'ouvre dans le mur oriental de la pièce Ad, 120 cm au-dessus du sol de cette pièce.

b) Corps de bâtiment C

Ce corps de bâtiment, qui assure la liaison entre le bâtiment principal A et les annexes D et E, est constitué par l'escalier et par une terrasse ; celle-ci est construite sur une pièce voûtée (Ca) dans sa partie antérieure, assise sur le rocher dans sa partie postérieure.

c) Corps de bâtiment annexes (D et E)

Ces deux corps de bâtiment présentent le même plan simple en profondeur avec une pièce par étage :

- celle du rez-de-chaussée est voûtée ;

- celle de l'étage est établie en partie au-dessus du rez-de-chaussée, en partie sur le rocher (extrémité orientale).

La pièce Db est desservie par la terrasse C.

La pièce Eb avait deux accès : un escalier intérieur (effondré) traversant la voûte , et une porte percée dans le mur occidental donnant de plain-pied sur le rocher.

Élévations extérieures

A. Corps de bâtiment principal (A et B)

Les façades de ce corps de bâtiment sont recouvertes d'un crépi.

a) Façade principale (sud-ouest) :

Elle est percée de deux portes : - la porte de la chapelle au rez-de-chaussée : baie en plein cintre appareillée avec impostes et base moulurées ; elle est surmontée des armoiries des Margalet, sculptées en bas-relief ;

- la porte de l'escalier de l'étage, donnant sur la terrasse Cb : baie en plein cintre, murée.

Elle présente également trois fenêtres : - un oculus éclairant la nef

- les fenêtres de l'étage (pièces Ab et Ad).

Elle est dominée par un clocher-arcade à une baie.

b) Élévation sud

Elle est constituée par la façade du bâtiment A, caractérisée par la saillie des deux contreforts, et par celle de la sacristie. Chacune d'elles ne comporte qu'une seule baie (fenêtre de la pièce de l'étage Ab,et fenêtre de la sacristie).

c) Élévation orientale

Étagement de la façade de la sacristie, aveugle, et de celle du corps de bâtiment A, percée de la fenêtre de la pièce Ac.

B. Corps de bâtiment C

C. Corps de bâtiment D et E

Ces corps de bâtiment, en ruines, présentent des façades décrépies aux baies éventrées.

Combles et couvertures

Le matériau de couverture est la tuile romaine.

- Le corps de bâtiment A est couvert d'un toit en appentis sur cinq pannes transversales. L'égout au-dessus du mur sud est porté par une génoise à trois rangs de tuiles.

- Le corps de bâtiment B est couvert par un toit en appentis reposant sur la voûte de l'abside et sur une panne au-dessus de la sacristie.

- Les corps de bâtiment D et E possédaient un toit commun en appentis qui s'est effondré.

Distribution intérieure

A. Corps de bâtiment A et B

- Rez-de-chaussée

Aa et Ba - chapelle : - voûtes et murs enduits et recouverts d'un badigeon

- sol malloné (mallons carrés de 17, 5 cm de côté). Degré du chœur en pierres calcaires

- autel de maçonnerie dans l'abside

- dans l'épaisseur du mur sud, confessionnal et niche hemi-cylirdrique en cul-de-four.

La chapelle est éclairée seulement par l'oculus du mur occidental.

Bb - Sacristie : - plafond de planches

- murs enduits

- sol : mallons rectangulaires (24 x 12).

La pièce est éclairée par une fenêtre dans le mur sud.

- Étage : pièces d'habitation désaffectées

Ab - Pièce principale : - sous combles

- murs enduits

- sol : mallons (13 x 25)

La pièce est éclairée par deux fenêtres dans les murs sud et ouest. Contre le mur sud, évier de maçonnerie et arrachement d'une cheminée de plâtre.

Ac : - plafond de plâtre (en partie effondré) avec corniche moulurée ; traces sur le plafond et sur le haut des murs d'un décor peint de balustres et de marbres en trompe-l’œil.

- murs enduits avec frise peinte

- sol recouvert de plâtras.

Ad : - plafond de plâtre (en majeure partie effondré) avec corniche de plâtre peinte en faux-marbre rouge, et voussure décorée d'une frise de rinceaux peinte. Le motif central était constitué d'une frise de feuilles de vignes jaunes ourlées de brun sur fond bleu (il n'en reste que l'extrémité nord).

B. Bâtiments annexes

- Rez-de-chaussée

Ca : cave ou resserre ; une sorte de placard avec voûte rampante est aménagé sous l'escalier.

Da : ancienne bergerie (?) - voûte de blocage

- sol : terre battue

- trois niches sont aménagées dans les murs nord et ouest.

Ea : destination indéterminée - voûte de blocage

- le mur sud (façade) porte une cheminée encastrée

- sol : terre battue.

- Étage

Db : pièce en ruine à destination incertaine - couverture : traces d'arrachement de solives

- murs : traces d'enduit. Trois placards sont pratiqués dans le mur sud

- sol : extrados de la voûte couvert de terre battue.

Deux fenêtres, l'une dans le mur est, l'autre dans le mur sud. Une porte percée dans le mur occidental donne accès à un réduit aménagé entre les bâtiments et le rocher.

Eb : ancienne pièce d'habitation - couverture : traces d'arrachement d'une voussure de plafond (plâtre)

- murs : traces d'enduit

- sol : extrados de la voûte couvert de terre battue, rocher pour la partie occidentale.

Dans l'angle nord-ouest, ouverture béante de l'escalier disparu. La pièce était éclairée par deux fenêtres percées dans les murs sud et est (il ne reste que le piédroit nord de cette dernière).

NOTE DE SYNTHESE

Tels qu'ils nous sont parvenus, les bâtiments de l'ermitage sont le fruit des campagnes du XVIIe et XVIIIe siècles. Il ne reste aucune trace des édifices antérieurs.

Le corps de bâtiment principal est vraisemblablement resté tel que François de Margalet l'a reconstruit en 1648. On peut penser que l'étage a été réaménagé lors de l'installation des pères récollets en 1713. La sacristie a pu être ajoutée à la même époque. Les corps de bâtiment annexes ont sans doute été édifiés eux aussi par les récollets au XVIIIe siècle. La chapelle a été restaurée au début du XXe siècle.

1ERMITE DE LURE (L'), Les Eglises rupestres de Haute-Provence, Alpes de Lumière, n° 46, pp. 56 et 59. 2BENOIT (F.), La Provence et le Comtat Venaissin, p. 270.3Les Eglises rupestres de Haute-Provence, pp. 60-61.4B. Calvet, Avignon, ms. 2401, CHANTELOU, Historia monasterii Sancti Andreae secus Avenionem, f° 152 v°.5Ibidem, f° 156 v°, privilegium Innocentii II, 15 avril 1143 : " ... ecclesiam... Sancti Eucherii juxta Durentiam ; f° 159 v° , privilegium Alexandri III, 5 juin 1175 : "... ecclesiam Sancti Eucherii juxta Druentiam" ; G.C.N.,t. I, Instrumenta, X, Privilège de Pierre, archevêque d'Aix, 1165 : "ecclesia Sancti Eucherii".6CLOUZOT, Pouillés des provinces d'Aix, d'Arles et d'Embrun, p. 17 : "ecclesia Sancti Euquilii."7B. Calvet, Avignon, ms . 2401, CHANTELOU, Historia monasterii Sancti Andreae secus Avenionem, ff° 119 v° - 121 r° : "ecclesia Sancti Michaelis de Becopinno (lire Becojejuno) et ecclesia Sancti Aquilii".8 L'érection du territoire de Saint-Eucher en arrière-fief de Beaumont semble dater de la seconde moitié du XVIe siècle. Le premier seigneur connu est Pierre de Margalet, grand-père de François, procureur général de Provence en 1567 (d'après ARTEFEUIL, Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence, t. II, p. 99.9Saint Hoquile : cette forme du nom de saint Eucher est une francisation de l'ancien provençal Sanct Auquili (forme rencontrée dans le cadastre de Beaumont de 1500, A.C. Beaumont, CC 1, f° 52) dont on a vu précédemment les formes latinisées Sancti Euquilii (1300) et Sancti Aquilii (1442).10A.D. 13, Marseille, G 265, pièce 11.11ARTEFEUIL, Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence, t. II, pp. 99-100 : la famille de Margalet, d'origine italienne, installée à Saint-Paul-les-Durance (commune des Bouches-du-Rhône, canton de Peyrolles, située sur l'autre rive de la Durance, juste en face de Saint-Eucher) dès le XIVe siècle, a donné à la Cour des Comptes de Provence une longue dynastie de magistrats. François de Margalet, second fils de Claude II et de Françoise de Simiane, est conseiller à la Cour des Comptes en 1633 et épouse en 1649 Madeleine de Ségur, dame de Luynes. Il est décédé en 1680. La famille de Margalet porte "d'azur à trois croissants montants, d'argent, posés en pal l'un sur l'autre".12A.C. Beaumont, CC 25 , rôle de la Capitation, 1697-1698 : Jeanne de Riqueti, dame de Châteauneuf, possède, en qualité d'héritière de son frère Thomas, décédé, le fief de Negréoux et l'arrière-fief "apellé Saint Auquilli".13A.C. Beaumont, BB 8, f° 407 v°.14A. C. Beaumont, AA 1, (copie collationnée).15B. Méjanes , ms. 1048, p. 430.16Feuille n° 154.17COURTET (J.), Dictionnaire ... des communes du département de Vaucluse, 1857, p. 81.18BANCAL, Monographies communales de l'arrondissement d'Apt, 1896, pp. 176-177, témoigne que la chapelle étant devenue propriété privée, le pèlerinage annuel, qui avait lieu le jour de Pentecôte, est abandonné depuisquelques années.
Genre de bénédictins, de récollets
Précision dénomination ermitage troglodytique
Vocables Saint-Eucher, Saint-Auquille
Dénominations prieuré, ermitage
Aire d'étude et canton Pertuis
Adresse Commune : Beaumont-de-Pertuis
Lieu-dit : Saint-Eucher
Cadastre : 1943 F 178

Installé dans une falaise au bord e la Durance, site légendaire de la retraite de saint Eucher ; prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-André de Villeneuve mentionné à partir de 1118, abandonné avant 1343 ; vendu et érigé en arrière fief au 16e siècle ; reconstruit en 1648 ; ermitage occupé par des récollets de 1713 à 1820 ; aujourd'hui désaffecté et ruiné.

Période(s) Principale : 2e quart 17e siècle
Dates 1648, daté par source
Auteur(s) Auteur : maître d'oeuvre inconnu

Petite église à nef unique voûtée en berceau plein-cintre surmontée d'un étage d'habitation, abside en cul-de-four prolongée par une sacristie, et 3 petits corps de bâtiment alignés d'est en ouest, tous à demi creusés dans le rocher et desservis par un escalier extérieur droit ; élévation antérieure à l'ouest ornée d'un blason sculpté et surmontée d'un petit clocher mur

Murs calcaire
molasse
enduit
moellon
pierre de taille
Toit tuile creuse
Plans plan allongé
Étages 1 vaisseau, 2 étages de soubassement
Couvrements voûte en berceau plein-cintre
cul-de-four
Couvertures appentis
Escaliers escalier de distribution extérieur : escalier droit, en maçonnerie
États conservations mauvais état
Techniques sculpture
Représentations écu heaume armoiries
Précision représentations

sujet : écu sommé d'un heaume empanaché, support : porte de la chapelle ; armes de la famille de Margalet

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Les armoiries

    Les armoiries au-dessus de la porte de la chapelle :

    Elles sont sculptées en bas-relief dans une dalle de calcaire jaunâtre à grain fin, scellée dans la façade ; elles ne présentent aucune trace de polychromie.

    L'écu porte trois croissants superposés, les pointes en l'air ; il est sommé d'un cimier dont le panache retombe de part et d'autre en grosses volutes.

    Ces armoiries sont celles de la famille de Margalet, originaire de Saint-Paul-lès-Durance, qui possédait la seigneurie de Saint-Eucher depuis le milieu du XVIe siècle. C'est sans doute François de Margalet qui les fit placer sur la chapelle lorsqu'il la reconstruisit en 1648.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Contrôle des prieurés et chapelles, Beaumont (1555-1747). Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : G 265.

    Pièce 11.
  • Extraits du registre des délibérations du Conseil de la communauté de Beaumont-de-Pertuis, 1704-1717. Archives communales, Beaumont-de-Pertuis : BB 8.

    f° 407 v°.
  • [Beaumont-de-Pertuis] Rôle de l'imposition de la capitation, 1696-1697-1698. Archives communales, Beaumont-de-Pertuis : CC 25.

  • Transaction entre le seigneur et la communauté de Beaumont, 1er décembre 1718. Archives communales, Beaumont-de-Pertuis : AA 1.

  • Etat général des églises de Provence [vers 1730]. Bibliothèque Méjanes, Aix-en-Provence : ms 1048.

Documents figurés
  • Carte de France dite carte de Cassini. / Dessin à l'encre par César-François Cassini de Thury, seconde moitié du 18e siècle. Bibliothèque nationale de France.

    N° 123.
Bibliographie
  • ARTEFEUIL. Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence.- Avignon : imprimerie Girard, 1776.

    P. 99-100.
  • BANCAL, M. Monographies communales d'après les documents recueillis par les instituteurs. Arrondissement d'Apt. - Cavaillon : Imprimerie-librairie Mistral, 1896, 227 p.

    P. 176-177.
  • BENOIT, Fernand. La Provence et le Comtat Venaissin. Avignon : Aubanel, 1949. Rééd. 1975.

    P. 270.
  • CLOUZOT, Etienne. Pouillés des provinces d'Aix, d'Arles et d'Embrun. Diocèse d'Aix-en-Provence, dir. Maurice Prou, Paris : imprimerie nationale, 1923.

    P. 17.
  • COURTET, Jules. Dictionnaire géographique, historique, archéologique et biographique des communes du département du Vaucluse. Avignon : Bonnet fils, 1857, 385 p.

    P. 81.
  • ERMITE DE LURE (L'). Saint-Eucher et la Durance. Dans Alpes de Lumière, Les églises rupestres de Haute-Provence, n° 46, 1969.

    P. 54 à 64.
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