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présentation de la commune de Vergons

Dossier IA04001319 réalisé en 2008

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Eléments historiques

Vergons, en latin Vergunium ou Vergo, viendrait du nom de la tribu ligure qui occupait ces lieux à l'Antiquité - ce peuple est mentionné par les auteurs anciens.Il est fort probable que les pâturages de la Bernarde et du Crémon ont été utilisés dès avant cette époque. Par ailleurs, Vergons est situé sur une ancienne voie de communication entre la vallée de la Durance et la vallée du Var par le col de Toutes Aures : la voie prétorienne de Riez à Cimiès passait par cet itinéraire (qui a été en partie repris par l'actuelle R.N. 202, mais le tracés ancien passe par Angles).

Dans les années 1820, un important lot de pièces romaines en bronze fut trouvées au quartier des Glaires (nord-ouest du village de l'Iscle), ainsi que des vestiges d'occupation agricole (grenier, outillage, etc.). Ce quartier est drainé par un ravin de "l'Homme Mort".La communauté de Vergons dépendait de la Viguerie de Castellane et du Diocèse de Senez.

La communauté de Vergons dépendait de la Viguerie de Castellane et du Diocèse de Senez. La commune est une ancienne possession des Baux, de l'abbaye de Lérins, puis fut fief des Agouts (XIVè-XVè s.), des Rabasses (XVIè-XVIIè s.) et des Glandevez (XVIIIè s.).

Le castrum de Vergons est mentionné dès le début du 13e siècle. L'histoire de Vergons est liée à l'abbaye de Lérins dès le 13e siècle : en 1245, Sigismond - évêque de Senez - cède toutes les dîmes qu'il possède à Vergons au profit des moines de l'abbaye de Lérins. Au 17e siècle, le prieur de Vergons est toujours désigné par les moines de Lérins. A plusieurs reprises dans la première moitié du 18e siècle, Jean Soanen - évêque de Senez - accuse le prieur de Vergons de ne pas remplir ses devoirs et suspecte les moines de Lérins de vouloir supprimer le titre du prieuré.Le site médiéval de Vergons (château, village et église) était situé au quartier cadastral Château Vieil, où subsistent de rares vestiges de murs perdus dans les broussailles. Mais il est néanmoins probable que le site de Saint-Ferréol a été occupé dès le 14e siècle.

Les auteurs du 18e siècle et du 19e siècle, ainsi que la tradition orale, mentionnent de nombreux éboulements sur le versant sud de la montagne de Chamatte. En outre, la carte géologique du secteur montre clairement les cônes de déjection de deux éboulements majeurs : l'un sur le site de Notre-Dame-de-Valvert, l'autre au quartier des Glaires (l'Iscle). Un fort éboulement (sans-doute survenu à la fin du 17e siècle ou au début du 18e siècle) a pu ruiner en partie le village de Château Vieil, les construction du Col de Toutes Aures et surtout celles des Glaires. Cependant, Gras-Bourguet en 1842 et l'abbé Féraud en 1890 disent que c'est un incendie qui a détruit le vieux Vergons. Cet événement a sans-doute conduit à l'implantation de Vergons à son emplacement actuel (extension d'un petit écart préexistant ?) et à la création du village de l'Iscle. Il faut noter qu'à l'Iscle, la tradition orale se rappelle encore d'un village ancien, ensevelit par un éboulement, au quartier des Glaires.

L'église de Notre-Dame-de-Valvert (13e siècle), aujourd'hui isolée, est située immédiatement en contrebas du site médiéval. L'abbé Féraud précise que les vestiges d'un monastère attenant à cette église sont encore visibles au milieu du 19e siècle (des chapiteaux de baies géminées, récemment trouvés en remplois dans les maisons du village actuel, pourraient provenir de cet édifice) ; en 2007, on repère encore de très nombreux tessons de tegulae (couverture originelle de l'église ?) dans la maçonnerie de cette église, ainsi que dans les champs en contrebas. L'abbé Féraud, en 1861, précise en outre que "le climat est très rude ; le sol assez fertile produit du blé, des légumes et des fruits. […] cette commune se divise en deux paroisses. La paroisse de Vergons qui comprend le village, quelques bastides et 330 âmes. […] Il y a une école primaire. La paroisse de l'Iscle […] se compose du hameau de ce nom, de quelques bastides et de 120 âmes de population".

Population

Le plus vieux recensement date de 1278, il indique 15 maisons nobles et 78 maisons roturières pour un total de 82 hommes aptes à porter les armes. En 1303, le recensement indique 83 feux de queste et 95 en 1315, soit une population totale que l'on peut estimer à environ 510 habitants. En 1471, il y a 33 foyers imposables. En 1698, on compte 60 maisons pour 60 familles. En 1728, se sont 45 maisons qui sont habitées par 45 familles. En 1765, 84 maisons abritent une population totale de 400 habitants (d'après E. Baratier, la démographie provençale du 13e au 16e siècle, avec chiffre de comparaison pour le 18e siècle, Paris, SEVPEN, 1961).

Au 19e siècle, le maximum démographique est atteint en 1841 avec une population de 496 habitants. Dès lors, la commune n'a cessé de perdre des habitants (320 habitants en 1911, 228 en 1921, 72 en 1975). A la fin du 20e siècle, la population augmente de façon régulière : les recensements de 1990 et de 1999 font état de 108 habitants, celui de 2006 indique 122 habitants (Archives Départementales 04, 6 M 192 ; recensement 1820-1936 ; données INSEE).

Présentation géographique

Localisation

La vallée du Riou de Vergon et la vallée du torrent d'Angles. Vue prise du sud-est.La vallée du Riou de Vergon et la vallée du torrent d'Angles. Vue prise du sud-est.La commune de Vergons appartient au canton d'Annot. Elle est limitrophe au nord-ouest avec la commune d'Angles; au nord avec la commune d'Allons ; à l'est avec les communes d'Annot et d'Ubraye ; au sud avec la commune de Demandolx ; à l'ouest avec la commune de Saint-Julien-du-Verdon.

L'altitude minimale est de 920 mètres (torrent d'Angles et Riou de l'Iscle), l'altitude maximale est de 1941 mètres, au sommet de la Bernarde. Le village de Vergons est à une altitude moyenne de 1035 mètres, celui de l'Iscle est à 935 mètres d'altitude environ.

Le climat est de type moyenne montagne méditerranéenne, avec des étés chauds et secs, des hivers froids et secs et des intersaisons plus humides. Le régime hydrique est de type orageux et torrentiel. La neige est fréquente en hiver (jusqu'à plusieurs mètres cumulés). La limite des bassins versants du Verdon et du Var se situe au milieu de la commune, au col de Toutes Aures. Le sous-sol est de nature calcaire. Il est parfois très bouleversé par les phénomènes tectoniques ; les affleurements du Crétacé (ère Secondaire) de Vergons servent de référence régionale pour les géologues. Certains versants marneux sont stériles et profondément creusés par les ravins. Les phénomènes naturels d'érosion, accentués par un défrichement presque total du couvert forestier à l'époque moderne, ont d'ailleurs posé de nombreux problèmes à l'économie locale dès le 17e siècle (J. Cru, Histoire des Gorges du Verdon, Edisud, 2001).

Terres agricoles au nord du village de Vergons. Au fond, le Pic de Chamatte.Terres agricoles au nord du village de Vergons. Au fond, le Pic de Chamatte.Le territoire communal est marqué par un relief important, avec de forts dénivelés. Il est dominé au nord par la montagne de Chamatte et au sud par les montagnes du Crémon et de la Bernarde. Les pentes sont drainées par quelques torrents à hydrologie saisonnière (ravins de la Coueste, de Pra-Martin, de la Fouent de Claude, des Sambucs, du Gabre, du Cil, etc.) qui alimentent deux rivières principales. A l'ouest, le Riou de Vergons rejoint le Verdon par la clue de la Brèche ; à l'est, le Riou de l'Iscle rejoint la Bernarde en contrebas de Rouaine pour devenir la Galanche, laquelle traverse les clues de Rouaine avant de rejoindre la Vaïre. De nombreuses sources et résurgence se situent au niveau des ruptures de pentes. Ces sources et certains ruisseaux ont été captés et détournés par des canaux d'irrigation. Afin de contenir les violentes crues d'intersaisons, les rives des torrents sont parfois bordées de digues en pierre sèche ou en maçonnerie.

La végétation naturelle est composée de forêts de pins sylvestres et de hêtres sur les ubacs et d'une végétation de maquis arbustif à chênes pubescents, buis et genêts sur les adrets. Les pentes raides à l'adret offrent une végétation de landes à lavande et thym. L'adret de la montagne de Chamatte est planté en pins noirs, en épicéas et en mélèze - une partie est brûlée. L'ubac de la Bernarde, au-dessus de l'Iscle, est couvert d'une très belle forêt de hêtres. Les sommets, au-dessus de 1300 mètres d'altitude, sont couverts de pelouses d'altitude qui offrent des pâturages d'estive renommés. Les pentes douces des fonds de vallées sont cultivées en champs bocagers, les pentes raides bien exposées sont aménagées en terrasses de culture grâce à des murs de soutènement en pierre sèche. Un maquis arbustif à chênes pubescents, buis et genêts recouvre les parcelles agricoles aujourd'hui abandonnées. Les fonds de ravin et les bords des cours d'eau sont occupés par une végétation de type ripisylve avec saules, peupliers, noisetiers, aulnes, etc. D'importants travaux de reboisement (Restauration des Terrains de Montagne, dirigés par les Eaux et Forêts) ont concerné le flanc sud de la montagne de Chamatte de la fin du 19e siècle aux années 1950 – une grande partie de cette forêt a brûlé dans les années 1980.

En 2008, le paysage agricole du fond de vallée est de type bocager, avec des haies mixtes de haute futaie ; les zones agricoles en terrasses sont presque partout abandonnées et embroussaillées ou boisées ; les pelouses d'altitude sont toujours pâturées.

Pré de fauche (vallée de l'Iscle).Pré de fauche (vallée de l'Iscle). Verger de noyers au nord du village de Vergons.Verger de noyers au nord du village de Vergons.Alpage de la Bernarde.Alpage de la Bernarde.

La pépinière des Plaines

Lieu-dit Chamatte, section A3 du plan cadatral de 1989.

Cette pépinière forestière, dite des Plaines, a été aménagée dans les années 1910-1920, lors des grands travaux de reboisement des Eaux et Forêts dits Restauration des Terrains de Montagne (R.T.M.) au pied du pic du Chamatte, avec une orientation sud-est, à 1180 mètres d'altitude. Une autre pépinière existait sur l'autre versant, au lieu-dit Combe-Giberte. La pépinière produisait les jeunes plans (Pin Noir, Mélèze, Epicéa et Sapin) à partir de graines qui étaient élevées dans de la terre tamisée et arrosée pendant leurs premières années. Ces plans alimentaient ensuite les secteurs qui étaient reboisés sous le pic de Chamatte (une partie de cette forêt à brûlé au début des années 1980). Ces travaux forestiers, situés juste au-dessus du village de Vergons, ont été marquants par leur ampleur et par le fait qu'ils aient employé une importante main-d'œuvre, jusqu'à Castellane. Une petite cabane était associée à cette pépinière, elle a été détruite lors de travaux forestiers dans les années 1980. En 2008, la pépinière est totalement abandonnée et recouverte d'une forêt de chênes.

Pépinière des Plaines, bassin d'arrosage.Pépinière des Plaines, bassin d'arrosage.La pépinière est constituée d'un ensemble de petites terrasses en pierre sèche qui s'étagent sur quelques centaines de mètres carrés. A proximité immédiate de ces terrasses se trouve un bassin de 30 m3 environ, maçonné en moellons calcaires et mortier de chaux ; l'étanchéité du bassin est réalisée par un enduit au ciment fortement dosé.

L'alimentation du bassin est assurée par l'eau d'une source captée dans le ravin à proximité et amenée par une conduite en terre cuite vernissée. La surverse du bassin est accessible par un petit escalier en maçonnerie de ciment, à joints creusés. Cette surverse alimente des canaux d'arrosage creusés dans le sol qui irriguent les terrasses situées en contrebas. Il semble que d'autres bassins aient existé, simplement creusés dans le sol.

La cabane pour les gardes a totalement disparu, mais la mémoire locale conserve le souvenir d'un bâtiment carré d'environ 3m x 3m, construit en ossature bois avec remplissage de paille de graminées sauvages, les élévations étaient bardées de planches ; le toit à longs pans était en tôle plane.

Carte de Cassini et cadastres

La Carte de Cassini date de 1780-1782 pour la Viguerie de Castellane. Elle indique l'église de Notre-Dame-de-Valvert et la chapelle Saint-Ferréol, le hameau de l'Iscle est désigné comme succursale, une grange est indiquée sous la crête de la Bernarde. Un groupe de bastides est mentionné à "Prat Mouton". En revanche, aucun moulin n'est mentionné. Par ailleurs aucune route n'est dessinée sur ce document, mais le col de Toutes Aures est signalé et nommé ("col de Touteaure"). Enfin, sont nommées le "Mont de Crémon", ainsi que la "Montagne de Valplanne" ; le territoire de la commune est alors figuré comme totalement dépourvu de forêts.

L'étude du plan cadastral de 1830 indique que l'organisation du territoire était la même que celle observable aujourd'hui, même si des opérations de remembrement parcellaire agricole ont été réalisées. En revanche, sa comparaison avec le plan cadastral de 1989 montre de façon notable que nombre d'entrepôts agricoles isolés ont été abandonnés et sont ruinés.

Réseau viaire

Clue de la Brèche, passage de la R.N. 202. Vue prise de l'est.Clue de la Brèche, passage de la R.N. 202. Vue prise de l'est.Vergons est situé au bord de la Route Nationale 202. Cette route, qui est l'ancienne route royale de Lyon à Nice traverse la commune d'est en ouest par le col de Toutes Aures. Le tracé originel passait par le village d'Angles. De nombreux ouvrage d'art situés sur cette route ont été réalisés dans la seconde moitié du 18e siècle. Le passage de la clue de la Brèche en rive droite du Riou de Vergons date des années 1890 et a nécessité le percement d'un tunnel (détruit par excavation de la falaise dans les années 1990). L'évitement du hameau de l'Iscle date des années 1910.

Sur le plan cadastral de 1830, le chemin de Castellane à Entrevaux traverse la clue de la Brèche sur la rive gauche du Riou de Vergons, par le biais d'une rampe taillée dans la falaise : "la Brèche", qui a donné son nom au passage (encore bien lisible en 2008).

De nombreuses voies communales et vicinales desservent les communes voisines (route d'Angles, ancien chemin vers Demandolx par le Col de Demandolx, ancien chemin de l'Iscle à Allons par le ravin des Ferrayes) et les quartiers agricoles ainsi que les zones d'estive. Il s'agit généralement de chemins muletiers construits à flanc de pente, avec des murs de soutènement en pierre sèche, dont la largeur est généralement de un à deux mètres. Ces chemins sont pour la plupart abandonnés et ruinés en 2008.

Organisation du bâti

L'habitat est concentré dans le village de Vergons et le hameau de l'Iscle, qui sont des villages-rues constitués d'îlots de bâtiments mitoyens, adossés à la pente.Vergons :

Village de Vergons, vue aérienne.Village de Vergons, vue aérienne.Le village est constitué de deux quartiers séparés par le ravin de Pra Belon : le Village (également appelé "la Bourgade" sur le cadastre de 1830) et les Granges.

Le quartier du Village, au pied de la colline de Saint-Ferréol, est organisé en îlots denses, parallèles à la Grande Rue et à la rue de Saint-Ferréol, et séparés par des traverses (localement appelées "andrones"). Il est principalement occupé par des maisons d'habitation qui possèdent également des fonctions agricoles ou artisanales. A quelques exceptions près, les bâtiments agricoles sont placés à la périphérie du village. Un îlot de plan régulier (parcelles E 102 à 105) correspond à l'ancienne maison seigneuriale (dite "le château"). L'ancien pavage de la Grande Rue était fait de grandes dalles calcaires, un lavoir-abreuvoir est placé dans la Grande Rue. Le ravin de Pra Belon a été couvert par une voûte maçonnée en 1891 et une fontaine à bassin circulaire a été installée. L'ancienne église se trouvait sur la place de la fontaine, elle a été détruite dans les années 1950 ; l'église actuelle date des années 1900.

Le quartier des Granges, entre le ravin de Pra Belon et le ravin de la Font de Claude, s'étire le long de l'ancienne route. Il est très majoritairement occupé par des bâtiments agricoles, qui sont construits directement en contrebas des aires à battre. On y note néanmoins quelques maisons d'habitation sur le cadastre de 1830. Un grand lavoir couvert et une fontaine bordent la rue.

Sur le cadastre de 1830, on note de nombreux jardins qui sont installés en contrebas du village, au pied de la colline de Saint-Ferréol (quartier dit "sous Ville"), ainsi que sous l'église Saint-Sébastien ; les parcelles libres situées entre les maisons du quartier des Granges sont également occupées par des jardins.

Sur ce même cadastre, quelques aires à battre sont mentionnées au pied de la colline de Saint-Ferréol. Mais la majorité des aires à battre se situent au quartier des Granges, en contre-haut des bâtiments agricoles (plus d'une cinquantaine de parcelles concernées).

L'Iscle

Village de Vergons, vue aérienne oblique depuis l'est.Village de Vergons, vue aérienne oblique depuis l'est.Le hameau est constitué de deux quartiers séparés par le ravin de la Martelle : les Mistrals en rive droite et les Licous en rive gauche. Ces deux quartiers sont occupés de façon mixte par des bâtiments agricoles et des maisons d'habitation. En 1830, les deux quartiers possédaient chacun un four à pain communal.

Des aires à battre sont installées en contre-haut de chacun des deux quartiers (une quarantaine de parcelles concernées sur le cadastre de 1830).

Sur ce même cadastre, on note des jardins installés à l'est du quartier des Licous, ainsi qu'en contrebas du quartier des Mistrals. Un ensemble de jardins est situé à quelques centaines de mètre au nord du hameau (quartier de la Bastié), ils sont irrigués par le canal des Clots.

Vergons et l'Iscle possèdent chacun : une école, un monument aux morts, une église, et un cimetière.

Sur l'ensemble du territoire communal, on note également de nombreux entrepôts agricoles isolés, ainsi que quelques rares fermes dispersées.

Evolution de l'organisation du bâti en 2008

Un quartier de maisons pavillonnaires est implanté à l'est du quartier des Granges de Vergons, un autre est bâti au-dessus du hameau de l'Iscle.

Les bâtiments agricoles isolés sont presque tous ruinés et abandonnés.

Economie rurale

L'ancienne économie agricole était basée sur la polyculture vivrière, avec des zones de cultures sèches et des secteurs "à l'arrosage" (en contrebas des villages de Vergons et de l'Iscle, quartier de Pra Mouton, quartier des Clots au-dessus de l'Iscle, etc.). On cultivait des céréales (blé, orge, avoine), des pommes de terre, des légumineuses (lentilles et pois chiche) et du foin (deux à trois coupes) sur les parcelles non irriguées. Les parcelles à l'arrosage étaient utilisées pour la production de betterave, de carotte et de haricots. Les arbres fruitiers étaient également nombreux : cerisiers, noyers, poiriers, pommiers, pruniers, cerisiers notamment.

Mur de soutènement en pierre sèche (l'Iscle).Mur de soutènement en pierre sèche (l'Iscle).Les pentes les mieux exposées étaient aménagées en terrasses de culture, soutenues par des murs en pierre sèche. L'aménagement du territoire pour son exploitation agricole, avec notamment l'épierrage des parcelles, a conduit à l'édification de pierriers, mesurant parfois plusieurs mètres de longs ou de haut. Le fond de la vallée était occupé par des champs délimités par des haies de haute futaie, mélangeant arbustes et arbres (fruitiers, frênes, sorbiers…) dont les fruits et les feuilles étaient utilisés pour comme complément alimentaire pour le bétail ("ramées").

Des chênes utilisés pour la récolte des glands ("aglaniers") se trouvaient au quartier forestier du Défend. Sur le cadastre de 1830, de nombreuses "oseraies" sont mentionnées sur les rives du Riou de Vergons. Sur ce même cadastre, la culture du chanvre est attestée à l'Iscle par le toponyme "le chenevier".

Les sommets de la Bernarde (désignée sur le cadastre comme "montagne pastorale") et de la Crête de Crémon étaient utilisés comme pâturages d'estive pour les troupeaux d'ovins. La cueillette de la lavande a marqué la charnière entre le 19e siècle et le 20e siècle et a été une activité importante jusqu'aux années 1960-1970. La récolte se faisait principalement sur les lavandes sauvages, mais quelques champs ont également été plantés en lavande et lavandin. La distillation des fleurs de lavande se faisait à Saint-André-les-Alpes.

Des ruchers ouverts étaient répartis dans la campagne, souvent à la limite entre les terres cultivées et les zones sauvage, de manière à multiplier les sources de nourriture pour les abeilles. Ces ruchers étaient composés de ruches monoxyles ou en planches, posées sur des lauzes et recouvertes d'une lauze. Les vestiges d'un rucher de ce type ont été repérés au lieu-dit cadastral "la Tuilerie" (section A1), en rive droite du ravin des Catalans.

Sur le plan cadastral de 1830, on note de nombreux "bois communaux" : quartiers de Chamatte, du Grau des Pins, du Gabre, de Pierréen, du Pidanoux et du Colet, etc. A la fin du 19e siècle et surtout durant la première moitié du 20e siècle, les pentes érodées de la montagne de Chamatte ont été reboisées lors des travaux de Restauration des Terrains de Montagne menés par les Eaux et Forêts. Ces travaux ont employé une importante main d'œuvre locale et sont très présents dans les mémoires.

Un moulin (moulin à farine et à plâtre) se trouvait sur le Riou de Vergons, immédiatement en aval du village. Dans la seconde moitié du 19e siècle, on trouvait également à Vergons un four à plâtre, une tannerie et une draperie. En revanche, aucun moulin ne semble avoir existé à l'Iscle (les habitants allaient moudre le grain à Rouaine).

Au moins deux, peut-être trois, tuileries ont fonctionné autour de Vergons : route d'Angles, Château Vieil, ravin de Pra Martin (?). Une carrière de pierre calcaire a été très exploitée à la clue de la Brèche, jusqu'aux années 1960.

En 2008

Scène de moisson dans la vallée du Riou de Vergons.Scène de moisson dans la vallée du Riou de Vergons.L'économie agricole est devenue marginale : cinq exploitations agricoles sont encore en activité (foin, pommes de terre et céréales) à Vergons et à l'Iscle.

La montagne de la Bernarde et la Crête du Crémon sont pâturées par plusieurs troupeaux d'ovins.

Un bar-restaurant est en activité à Vergons, une entreprise de maçonnerie est installée à l'Iscle.

Aires d'études Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var
Adresse Commune : Vergons

Le nom de Vergons viendrait du nom de la tribu ligure qui occupait ces territoires à l'Antiquité. Dans les années 1820, un important lot de pièces romaines en bronze fut trouvées au quartier des Glaires (nord-ouest du village de l'Iscle), ainsi que des vestiges d'occupation agricole (grenier, outillage, etc.). La communauté de Vergons dépendait de la Viguerie de Castellane et du Diocèse de Senez. La commune est une ancienne possession des Baux, de l'abbaye de Lérins, puis fut fief des Agouts aux 14e et 15e siècles, des Rabasses aux 16e et 17e siècles et des Glandevez au 18e siècle. Le plus vieux recensement date de 1278, il indique 15 maisons nobles et 78 maisons roturières pour un total de 82 hommes aptes à porter les armes. En 1698, on compte 60 maisons pour 60 familles et, en 1765, 84 maisons abritent une population totale de 400 habitants. Le maximum démographique est atteint en 1841 avec une population de 496 habitants. Dès lors, la commune n'a cessé de perdre des habitants, jusqu'au début du 21e siècle où la population augmente régulièrement. D'importants travaux de reboisement (Restauration des Terrains de Montagne, dirigés par les Eaux et Forêts) ont concerné le flanc sud de la montagne de Chamatte de la fin du 19e siècle aux années 1950. Dans les années 1910-1920, deux pépinières produisaient des jeunes plants pour alimenter les secteurs qui étaient reboisés sous le pic de Chamatte, mais une grande partie de cette forêt a brûlé dans les années 1980. Vergons est situé au bord de la Route Nationale 202, qui est l'ancienne route royale de Lyon à Nice. Le passage de la clue de la Brèche date des années 1890 et a nécessité le percement d'un tunnel (détruit par excavation de la falaise dans les années 1990). L'évitement du hameau de l'iscle date des années 1910. La cueillette de la lavande a marqué la charnière entre le 19e siècle et le 20e siècle et a été une activité importante jusqu'aux années 1960-1970. Un moulin (moulin à farine et à plâtre) se trouvait sur le Riou de Vergons. Dans la seconde moitié du 19e siècle, on trouvait également à Vergons un four à plâtre, une tannerie et une draperie. Au moins deux, peut-être trois, tuileries ont fonctionné autour de Vergons. Une carrière de pierre calcaire a été très exploitée à la clue de la Brèche, jusqu'aux années 1960.

L'altitude minimale est de 920 mètres, l'altitude maximale est de 1941 mètres. Le climat est de type moyenne montagne méditerranéenne, le régime hydrique est de type orageux et torrentiel. La neige est fréquente en hiver. La limite des bassins versants du Verdon et du Var se situe au col de Toutes Aures. Le sous-sol est de nature calcaire. Il est parfois très bouleversé par les phénomènes tectoniques. Le territoire communal est marqué par un relief important, avec de forts dénivelés. Les pentes sont drainées par quelques torrents à hydrologie saisonnière qui alimentent deux rivières principales (le Riou de Vergons et le Riou de l'Iscle). La végétation naturelle est composée de forêts de pins sylvestres et de hêtres sur les ubacs et d'une végétation de maquis arbustif à chênes pubescents, buis et genêts sur les adrets. Les pentes raides à l'adret offrent une végétation de landes à lavande et thym. L'adret de la montagne de Chamatte est planté en pins noirs, en épicéas et en mélèze. Les sommets, au-dessus de 1300 mètres d'altitude, sont couverts de pelouses d'altitude qui offrent des pâturages d'estive renommés. Les pentes douces des fonds de vallées sont cultivées en champs bocagers, les pentes raides bien exposées sont aménagées en terrasses de culture grâce à des murs de soutènement en pierre sèche. Sur le plan cadastral de 1830, le chemin de Castellane à Entrevaux traverse la clue de la Brèche sur la rive gauche du Riou de Vergons, par le biais d'une rampe taillée dans la falaise. De nombreuses voies communales et vicinales desservent les communes voisines et les quartiers agricoles. Il s'agit généralement de chemins muletiers construits à flanc de pente, avec des murs de soutènement en pierre sèche, dont la largeur est généralement de un à deux mètres. L'habitat est concentré dans le village de Vergons et le hameau de l'Iscle, qui sont des villages-rues constitués d'îlots de bâtiments mitoyens, adossés à la pente. Sur l'ensemble du territoire communal, on note également de nombreux entrepôts agricoles isolés, ainsi que quelques rares fermes dispersées. L'ancienne économie agricole était basée sur la polyculture vivrière, avec des zones de cultures sèches et des secteurs à l'arrosage. Les pentes les mieux exposées étaient aménagées en terrasses de culture, soutenues par des murs en pierre sèche. L'aménagement du territoire pour son exploitation agricole, avec notamment l'épierrage des parcelles, a conduit à l'édification de pierriers, mesurant parfois plusieurs mètres de longs ou de haut. Le fond de la vallée était occupé par des champs délimités par des haies de haute futaie, mélangeant arbustes et arbres dont les fruits et les feuilles étaient utilisés comme complément alimentaire pour le bétail (ramées). Les sommets de la Bernarde (désignée sur le cadastre comme montagne pastorale) et de la Crête de Crémon étaient utilisés comme pâturages d'estive pour les troupeaux d'ovins. En 2008, l'économie agricole est devenue marginale, la montagne de la Bernarde et la Crête du Crémon sont pâturées par plusieurs troupeaux d'ovins.

Références documentaires

Documents figurés
  • [Machine à vapeur servant à la construction de la route et du tunnel de la Brèche.] /Tirage photographique noir et blanc, années 1890. Collection particulière

  • [Passage du tunnel de la Brèche. Vue prise de l'ouest.] /Carte postale, années 1900. Collection particulière

Bibliographie
  • BERARD, Géraldine. Carte archéologique de la Gaule. Les Alpes de Haute-Provence 04, dir. Michel Provost, Paris : Académie des Inscriptions et Belles Lettres, Ministère de la Culture, Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, avec l'Association pour les Fouilles Archéologiques Nationales, 1997.

    p. 495-496
  • BARATIER, Edouard. La démographie provençale du XIIIe au XVIe siècle. Paris : S.E.V.P.E.N. , 1961, 255 p.

    p. 156-157
  • FERAUD, Jean-Joseph-Maxime. Histoire et géographie des Basses-Alpes. Digne : F. Giraud ; 3e éd. revue, corrigée et augmentée, 1890, 529 p. : ill. ; 21 cm.

    p. 294-297 : la notice de Vergons reprend l'histoire de ce chef-lieu de la peuplade des Verguniens. Des colons romains vinrent s'établir ; le bourg primitif se situait certainement dans le quartier de Castel-Vieil et se prolongeait jusqu'au col de Toutes-Aures. Il existait également des habitations au pied de la montagne de Chamatte, "depuis la limite du territoire d'Angles jusqu'au hameau de l'Iscle". L'antique Vergons périt par le feu. [L'auteur mentionne également différentes découvertes archéologiques - cf Carte archéologique de la Gaule - et les seigneurs de Vergons.]
  • GEAN, Jacky, GIORDANENGO, Jean. A l'ombre du clocher. Histoire d'un pays entre Var et Verdon. Breil-sur-Roya : Les Editions du Cabri, 1997. 207 p. : ill.

    p. 64-68
  • GRAS-BOURGUET. Antiquités de l'arrondissement de Castellane (Basses-Alpes). Digne : Repos, 1842, 314 p. : ill. ; 21 cm.

    p. 67-68 ; 95-97
  • ISNARD, Marie Zéphirin. Etat documentaire et féodal de la Haute-Provence. Digne : imprimerie Vial, 1913, 496 p.

    p. 445-446 : Vergons appartenait à la viguerie de Castellane et au diocèse de Senez. La commune est une ancienne possession des Baux, de l'abbaye de Lérins, puis fut fief des Agouts (XIVè-XVè s.), des Rabasses (XVIè-XVIIè s.) et des Glandevez (XVIIIè s.). Les archives communales contiennent comme documents antérieurs à 1790 des délibérations des conseils municipaux, des livres cadastraux, des comptes et des dettes, un cahier concernant les troupes de passage, des documents d'état civil et les comptes du luminaire de Notre-Dame de Valvert. L'auteur indique les possesseurs des terres depuis Laugier Vergons en 1174 jusqu'à Charles-François Glandevez en 1789. Les armoiries de la commune sont : d'or, à un arbre de sinople et un loup d'azur lampassé de gueules, passant devant le pied de l'arbre sur une terrasse de sinople.
  • Marion Jean. Les découvertes de monnaies antiques dans les Alpes-de-Haute-Provence. Dans : Cahiers numismatiques de la SENA (Société d'Etudes Numismatiques et Archéologiques), 1972.

    p. 81 : on découvrit " vers 1830 un pot de terre rempli de 5 kg de P.B. On a noté notamment Gallien, Claude II, Aurélien, Maxence etc. Quelques pièces furent données par l'inventeur à ses voisins ; la plus grande partie fut vendue à un ferblantier pour la fonte ".
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