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présentation de la commune de Saint-Pierre

Dossier IA04001684 réalisé en 2009

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Eléments historiques

Origine et évolution

En 1044, Jean et ses fils donnent à l'abbaye de Saint-Victor de Marseille l'église Saint-Pierre de Bonvillar située dans la Val de Chanan, au diocèse de Glandèves, avec son domaine.

Celui-ci est composé d'un manse, de deux exploitations agricoles (braciarias), de plusieurs vignes et terres aux lieux-dits Chaudol, Camp Long, Camp Bon, Fournet. Le hameau de Bonvillar est actuellement situé sur la commune mitoyenne de La Rochette et celui de Camp Bon est sur la commune limitrophe de La Penne, dans le département des Alpes-Maritimes. En revanche, le toponyme Champ Long apparaît sur le cadastre de 1817 de la commune de Saint-Pierre, à côté de l'écart des Chabots (les Ciabau sur la carte IGN).

De 1079 à 1135, le cartulaire de l'abbaye de Saint-Victor mentionne parmi les possessions de l'abbaye au diocèse de Glandèves la cellam Sancti Petri de Bono Villari.

A l'origine donc de l'actuelle commune, un grand domaine agricole organisé autour d'une église isolée dédiée à Saint-Pierre. La seigneurie laïque est celle de Puy-Figette, détenue par Jean et ses fils. Le site de Puy-Figette (ou Puget-Figette) est usuellement identifié avec le château et la tour en ruine de Saint-Etienne, sur la commune limitrophe de La Penne.

Les détenteurs de la seigneurie changent plusieurs fois entre le 13e et le 16e siècle pour échoir finalement à la famille de Castellane en 1463.

D'une manière générale, la physionomie actuelle du territoire communal date du 18e siècle. Le Ruisseau de Besseuges (actuelle limite entre Alpes-de-Haute-Provence et Alpes-Maritimes) a longtemps été une frontière entre le Royaume de France et le Comté de Nice et des bornes matérialisaient cette frontière, ainsi qu'un rocher gravé à la Clue du Pali. En 1788, Achard écrit que les productions de Saint-Pierre sont « les grains, tels que froment, méteil, épeautre, etc. Des fruits, comme les pommes, les cerises et les prunes que l'on fait sécher au soleil, et surtout les poires que les habitants font cuire au four pour pouvoir les garder en hiver. Tous les particuliers ont pour cela un four et même deux, et delà vient que dans cette contrée, l'on dit par dérision de Saint-Pierre, que c'est une ville de quatre-vingt fours qui peuvent à peine fournir du pain à ses habitants. Il y avait autrefois des vignes dont on voit encore les restes, mais on en a presque partout abandonné la culture, apparemment parce que les grains ne mûrissent pas bien. Au reste, ce n'est qu'à force d'engrais et de travail que les produisent, ce qui fait que de temps en temps l'on voit des familles entières lasses de cultiver à grands frais un sol ingrat, abandonner le pays pour aller se fixer ailleurs. (…) Nombre de particuliers s'occupent à faire de la toile qu'ils vendent dans le lieu et aux villages voisins, c'est leur occupation pendant l'hiver lorsque les pluies ou la neige les empêchent de travailler à la campagne".

A la Révolution Française, Saint-Pierre fut débaptisé et repris alors le nom de Puget-Figette. Outre le village, la commune compte trois écarts, qui sont situés entre le village et le Château, et sont accessibles par un chemin carrossable : Olivier, Les Chabots, Les Carles.

Sur le cadastre de 1817, l'écart d'Olivier est occupé par des maisons (dont une ruinée) et un bâtiment agricole. On y trouve également des jardins et trois aires à battre. Sur ce même cadastre, l'écart des Chabots est occupé par des petites maisons et des entrepôts agricoles. On y trouve également des jardins. En 1817, l'écart de Carles est organisé un îlot unique. Il est constitué de maisons et de bâtiments agricoles.

Cartographie historique

Sur la Carte de Provence des Ingénieurs Géographes militaires (1778-1779), au 1/14 000e environ, les maisons du village sont dessinées avec un plan de masse similaire à l'actuel. On note également les écarts, ainsi que le prieuré et l'église qui était située à côté. En outre, cette carte mentionne la Bastide de Pigras (Pé Gras), ainsi que la chapelle Notre-Dame et la chapelle Saint-Roch, toutes les deux situées au village. Aucun moulin n'est figuré sur cette carte pour la commune de Saint-Pierre.

La Carte de Cassini date des années 1780 pour cette région. Elle mentionne les fermes de La Lauve, Le Bosc (Le Bois), Les Fabres (actuel village), Chauragnesse, et Piedgras (Pé Gras). Le nom de Saint-Pierre-Figette est donné à l'emplacement du lieu-dit "le Château". Aucun moulin n'est mentionné sur cette carte pour la commune de Saint-Pierre.

Le plan cadastral de 1817 figure un plan du village et des écarts sensiblement identique à l'actuel.

Il montre l'ancienne église paroissiale et le cimetière, situés à côté du prieuré (parcelle 1817 A 208). On note également la chapelle Saint-Roch (parcelle 1817 B 571) à l'emplacement de l'église actuelle et la chapelle Notre-Dame (parcelle 1817 599) sur la place du village. L'état des sections de ce cadastre indique que l'église paroissiale et la chapelle Saint-Roch sont propriété communale. Il précise d'ailleurs que la chapelle Saint-Roch est « ruinée ». En revanche, la chapelle Notre-Dame est une propriété privée qui appartient à Isnardy Antoine, notaire, qui était alors le plus important propriétaire sur la commune.

Sur ce plan cadastral, on note également l'existence de deux moulins à eau, tous les deux situés à la clue de Saint-Joseph, sur le Ravin de Besseuges. L'un est situé en amont de la clue, en rive droite (parcelle 1817 A 106), il est alimenté par un canal de dérivation du torrent et est pourvu d'un réservoir maçonné. Il est alors la propriété de la commune de Saint-Pierre. L'autre est situé en aval de la clue, également en rive droite et il est placé au pied de la falaise. A cette époque, il est mentionné comme ruiné et est la propriété de Lion Joseph dit Pouli. Sur le cadastre 1817, le moulin du Pali n'existe pas puisqu'il date du troisième quart du 19e siècle.

Un dépouillement systématique de l'état des sections de ce cadastre ancien à révélé plusieurs toponymes intéressants pour comprendre l'utilisation du territoire communal.Un lieu-dit « Saint-Étienne » est mentionné sur le flanc sud-est du Pic de Salomon, en face de la tour du même nom. L'endroit où le Ruisseau de Besseuges passe dans la clue porte le nom de « Saint-Joseph » ; cependant aucun oratoire n'est mentionné à cet emplacement sur le cadastre (ni sur la Carte de Provence).

Les écarts situés entre le village et le Château sont nommés ainsi, du nord au sud : « Carle »/ »Clastres », « Chabots »/« Chabots à Clastres », « Olivier ». A noter le toponyme « Le Brusc » (= « la ruche ») à l'écart de Carle (1817 A 243-245). L'ensemble de ce quartier est nommé « Les Chapelles ». Entre l'écart des Chabots et la ferme de Chaurignesse, on note une nouvelle référence aux ruches : « Près du Brusc » (1817 A 490-491). Entre l'écart d'Olivier et le village, les terres situées entre le chemin et le Ruisseau de Besseuges sont nommées « Saint-Antoine »/« Plan Saint-Antoine ». A l'entrée nord du village, les terres situées autour de la chapelle Saint-Roch portent le même nom. Deux parcelles bordant le côté nord-ouest du village (1817 A 370-371) sont nommées « Pré de la Forge ». A l'ouest de la ferme de Chaurignesse, on retrouve le lieu-dit de « Saint-Martin ». Au nord de cette même ferme, on note l'existence d'une « Font de Saint-Pierre » (1817 A 676-677). Il est fait mention d'un toponyme « Le Chenevier » en rive droite du Ruisseau de Besseuges (1817 B 685-686), attestant la culture du chanvre en bord de ruisseau. En revanche, le nom de lieu « Le Plus Haut Moulin », qui désigne tout un quartier de la section B du cadastre, ne correspond à aucun bâtiment, en tout cas sur le territoire de la commune. Signalons enfin pour l'anecdote l'existence d'un nom de lieu « La Jeune Dame », le long du chemin de Saint-Pierre à Collongue, à la limite avec la commune de La Rochette.

Population : historique et évolution

D'après E. Baratier, voici l'évolution de la population depuis le 13e siècle.En 1263, huit feux d'albergue sont recensés, soit une population d'environ 43 personnes.

En 1303, on dénombre 14 feux de queste, soit une population estimée de 75 personnes.

En 1315, le nombre de feux de queste à baissé à 10 feux. Après les troubles du 14e siècle, le recensement de 1471 indique zéro foyer imposable.

En 1540, aucune maison n'est habitée.En 1698, 27 maisons sont habitées par 28 familles.

En 1728, ce nombre augmente et 36 maisons, habitées par 36 familles sont dénombrées.

En 1765, le nombre de maisons est identique, pour une population totale de 185 personnes.

Au 19e siècle, les recensements indiquent une variation de la population au cour des cinq premières décennies, de 155 habitants en 1811 à 199 habitants en 1831.

Le maximum démographique est atteint en 1851, avec 207 habitants. Ensuite, la population baisse progressivement, pour ne plus atteindre que 80 habitants en 1911.

Au 20e siècle, le déclin démographique se confirme, sauf dans les années 1920-1930 qui connaissent une légère reprise, puisqu'en 1931, la population est remontée à 107 habitants. Après cette date, la population baisse à nouveau, jusqu'à atteindre le minimum démographique en 1975, avec 37 habitants. Depuis cette date, la population remonte progressivement, avec 73 habitants en 1999 et 107 habitants en 2006.

Présentation géographique

Localisation

Le surnom des habitants de Saint-Pierre est « Sadouls » (= « repus », « rassasiés »).

La commune de Saint-Pierre est une petite commune, qui mesure environ 4 kilomètres de large pour 9 kilomètres de long.

Colline de Saint-Martin. Vue de situation prise du nord-ouest ; l'actuel village de Saint-Pierre est situé derrière cette colline.Colline de Saint-Martin. Vue de situation prise du nord-ouest ; l'actuel village de Saint-Pierre est situé derrière cette colline.

Elle est située à l'extrémité sud-est du département des Alpes-de-Haute-Provence. Elle appartient au canton d'Entrevaux, arrondissement de Castellane. Elle est limitrophe au nord et à l'est avec la commune de La Penne (Alpes-Maritimes) ; au sud avec les communes de Cuébris (Alpes-Maritimes) et de Sallagriffon (Alpes-Maritimes) ; à l'ouest avec la commune de La Rochette.L'altitude minimale est de 610 mètres (au Moulin du Pali), l'altitude maximale est de 1196 mètres, au Pic de Salomon.

Le village de Saint-Pierre est à une altitude moyenne de 730 mètres.Le climat est de type moyenne montagne méditerranéenne, avec des étés chauds et secs, des hivers froids et secs et des inter-saisons plus humides. Le régime hydrique est de type orageux et torrentiel. La neige est fréquente en hiver.Le sous-sol est de nature calcaire, avec quelques poches de grès (Crétacée, Sénomanien) dans la partie basse de la commune : Le Bois, La Lauve, Les Ribières... Ce grès est localement appelé « saveou ».

Le territoire communal est marqué par un relief modéré de collines, sauf dans sa partie nord ou les pentes du Pic de Salomon sont raides ; le Ruisseau de Besseuges franchit une clue, petite mais bien marquée, au nord du Château. Les pentes sont drainées par des ruisseaux à hydrologie saisonnière qui alimentent le torrent du Gros Vallon, et surtout le Ruisseau de Besseuges.

Ce cours d'eau rejoint le Vallon de La Penne, le Vallon de Saint-Antonin et le Vallon des Miolans à la clue du Paly, pour former la rivière du Riolan. Une veine d'eau court au milieu du plan incliné situé entre le Village et le Château. Plusieurs puits sont aménagés au-dessus de son cours souterrain.

La végétation naturelle est composée de forêts de pins sylvestres et de maquis arbustif à chênes pubescents, buis et genêts sur les adrets. On note également la présence de cistes dans la partie basse de la commune, sur les grès. Les pentes raides du Pic de Salomon offrent une végétation de landes à lavande et thym. Le plan en pente douce autour du village est cultivé en champs, les pentes raides bien exposées sont aménagées en terrasses de culture grâce à des murs de soutènement en pierre sèche. Un maquis arbustif à chênes pubescents, buis et genêts recouvre les parcelles agricoles aujourd'hui abandonnées. Les fonds de ravin et les bords des cours d'eau sont occupés par une végétation de type ripisylve avec saules, peupliers, noisetiers, aulnes, etc. Dans la partie basse de la commune, sur les affleurements de grès, on trouve encore quelques châtaigniers.En 2009, Le plan du village est cultivé en pommes-de-terre, blé et surtout en prés de fauche. En revanche, les zones agricoles en terrasses sont presque partout abandonnées et embroussaillées ou boisées.

Réseau viaire

Saint-Joseph. Ancien chemin de Saint-Pierre à Puget-Théniers, au passage de la clue de Saint-Joseph.Saint-Joseph. Ancien chemin de Saint-Pierre à Puget-Théniers, au passage de la clue de Saint-Joseph.De part sa position à l'extrémité sud-est du département des Alpes-de-Haute-Provence, la commune de Saint-Pierre est en quelque sorte enclavée dans le département des Alpes-Maritimes.

Son accès le plus aisé se fait par la R.D. 2211a qui relie Puget-Thénier à Briançonnet.

Le territoire communal est traversé par la R.D. 10, qui rejoint La Rochette, Val-de-Chalvagne, Ubraye puis Rouaine. Cette route a été aménagée au début du 20e siècle, en partie sur l'itinéraire de l'ancien chemin de La Rochette. Des anciens chemins existaient pour rejoindre les quartiers ruraux de la commune. On note également le chemin de Puget, qui passe par la clue Saint-Joseph avant de rejoindre Besseuges, ainsi que le chemin de Collongues. Le chemin de Puget est un chemin muletier, d'environ 2 mètres de largeur, soutenu par endroit par des murs en pierre sèche.

Organisation du bâti

Outre le village, la commune comporte trois écarts : Olivier, Les Chabots et Carles. En outre, quelques fermes isolées sont distribuées dans les zones favorables au cultures : La Lauve, La Combe, Le Bois, Chaurignesse, Pé Gras... Il faut également rappeler la présence de l'ancien prieuré, devenu une grosse ferme isolée.On compte également quelques bâtiments agricoles isolés et dispersés selon les nécessités des cultures : Les Ribières, Les Moulières, Le Haut Moulin, etc.

- Les écarts

Ils sont situés entre le village et le Château, et sont accessibles par un chemin carrossable. Sur le cadastre de 1817, l'écart d'Olivier est occupé par des maisons (dont une ruinée) et un bâtiment agricole. On y trouve également des jardins et trois aires à battre.

Sur ce même cadastre, l''écart des Chabots est occupé par des petites maisons et des entrepôts agricoles. On y trouve également des jardins.

En 1817, l'écart de Carles est organisé un îlot unique. Sa composition mixte est constituée de maisons d'habitation et de bâtiments agricoles.

- Le Château

Sur le cadastre de 1817, l'ancien prieuré est partagé en quatre propriétaires, dont Isnardy Antoine, notaire, et deux autre homonymes, ainsi qu'un dénommé Baud. Des jardins sont installés autour, ainsi que deux aires à battre en contrebas. L'ancienne église paroissiale est encore située à cet endroit, bordée au nord par le cimetière. Elle a été abandonné en 1864, après la construction de l'actuelle église paroissiale, située au village. Pour ce faire, le moulin à farine communal, ne fonctionnant plus, a été est vendu ainsi que 300 pins. En 1873, le maire Farina propose de réparer les ruines de l'ancienne église pour l'aménager en chapelle funéraire. Il suggère d'aliéner un « moulin en ruine » (le même ?) pour financer les travaux. L'ancienne église est finalement démolie au début des années 1920 par M. Burdeze, entrepreneur à Cigale (Alpes-Maritimes).

- Le bâti isolé

Sur le plan cadastral de 1817, on note quelques bâtiments agricoles isolés (Les Moulières, Pigeon, Les Ribières, Buerle, Corpi, Combe d'Issart...). Ils sont souvent accompagnés d'un jardin ou d'une aire à battre, parfois les deux.Quelques bâtiments agricoles se trouvent en contrebas de l'entrée sud du village. Ils possèdent des aires à battre mitoyennes (La Grange, Le Coulet).

Les fermes isolées sont peu nombreuses : La Lauve, Le Bois, Chaurignesse et Pé Gras. Elles possèdent toutes au moins un jardin et une aire à battre mitoyenne. Leurs terres agricoles sont en partie réunies autour de la ferme, et en partie disséminées sur le territoire afin de multiplier les possibilités de cultures.

- Évolution de l'organisation du bâti en 2009

De nombreuses maisons pavillonnaires sont construites entre le village et le Château. De ce fait, le caractère d'îlot des anciens écarts est en partie masqué. D'autres villas sont construites au quartier du Bois. Les quelques bâtiments agricoles anciens, isolés et dispersés, sont presque tous abandonnés et ruinés.

Economie rurale

En 1788, Achard écrit que les production de Saint-Pierre sont « les grains, tels que froment, méteil, épeautre, etc. Des fruits, comme les pommes, les cerises et les prunes que l'on fait sécher au soleil, et surtout les poires que les habitants font cuire au four pour pouvoir les garder en hiver. Tous les particuliers ont pour cela un four et même deux, et delà vient que dans cette contrée, l'on dit par dérision de Saint-Pierre, que c'est une ville de quatre-vingt fours qui peuvent à peine fournir du pain à ses habitants. Il y avait autrefois des vignes dont on voit encore les restes, mais on en a presque partout abandonné la culture, apparemment parce que les grains ne mûrissent pas bien. Au reste, ce n'est qu'à force d'engrais et de travail que les produisent, ce qui fait que de temps en temps l'on voit des familles entières lasses de cultiver à grands frais un sol ingrat, abandonner le pays pour aller se fixer ailleurs. (…) Nombre de particuliers s'occupent à faire de la toile qu'ils vendent dans le lieu et aux villages voisins, c'est leur occupation pendant l'hiver lorsque les pluies ou la neige les empêchent de travailler à la campagne. »

Achard précise également l'importance et la diversité des plantes médicinales sur le territoire : cigüe, chicorée sauvage, chiendent, cresson, jusquiame, mauve, pariétaire, mélisse, bouillon-blanc, petit-chêne, plantain, marrube, absinthe, sauge, moutarde, fougère, bardane, enula campana, etc.L'ancienne économie agricole était basée sur la polyculture vivrière, avec des zones de cultures sèches et des secteurs "à l'arrosage". L'importance de l'eau est effectivement primordiale dans l'économie agricole méditerranéenne. D'ailleurs, la diversité des catégories de qualité de terres agricoles, utilisées pour élaborer l'imposition sur le cadastre de 1817, en témoigne de façon remarquable. Effectivement, il y est fait la distinction entre « terre labourable », « terre labourable plantée », « terre labourable arrosable », « terre labourable en partie arrosable », etc. Cette richesse descriptive permet de préciser les différents usages agricoles au début du 19e siècle.

Il apparaît assez logiquement que les terres à l'arrosage étaient implantées en fond de vallon, à proximité des cours d'eau. Elles étaient irriguées par des petits canaux (cependant, aucun d'entre eux n'est cadastré) alimentés par la dérivation d'un ruisseau ou d'une source.

La culture du chanvre est attestée par le toponyme "Le Chenevier", situé au sud-est du village, en rive droite du Ruisseau de Besseuges.

Les jardins sont installés à proximité des maisons d'habitation, mais également à côté de bâtiments agricoles, parfois même isolés et éloignés. Là encore, c'est la présence de l'eau qui dicte leur implantation. Ainsi, à l'ouest du village, des puits installés sur une veine d'eau souterraine permettaient l'arrosage de jardins et de prés. L'un deux est même équipé d'un système de relevage à godets, actionné à l'origine par une mule, puis remplacée par un moteur. Les courges de Saint-Pierre, cultivées en nombre, étaient réputées localement.

La précision des termes du cadastre pour d'autre catégories de terres (« pré », « pré planté », « bois taillis », « bois futaie », etc.), permet en outre d'avoir une certaine idée du paysage agricole de l'époque. Par exemple, on note une certaine importance des terres agricoles qui sont mentionnées comme « plantées », certainement en vergers. Il s'agit de terres labourables, mais aussi de prés de fauche ou de pâturage. Cette disposition atteste de la pratique de cultures associées et montre une nécessité à multiplier les sources de production, dans une économie rurale basée très largement sur l'auto-suffisance locale.

Chaurignesse. Pré et verger de cerisiers et de pommiers.Chaurignesse. Pré et verger de cerisiers et de pommiers.Les arbres fruitiers étaient donc nombreux : cerisiers, noyers, poiriers, pommiers, pruniers, cognassiers, quelques figuiers. La mémoire orale indique que les noix étaient conservées en fruits séchés, ou elles servaient, vertes, à l'élaboration de la confiture de noix. En revanche, il semble qu'il n'y a pas eu de production d'huile de noix, l'huile d'olive étant relativement aisément importé de Cigale. Toujours sur le cadastre ancien, la recherche de la nature des cultures selon les parcelles permet de montrer cette même volonté de tirer le plus parti des possibilités agraires du territoire. Il est vrai que les moindres recoins utilisables étaient alors utilisés et valorisés par une mise en culture. Par exemple, au nord du Château, les terrains situés entre le chemin et la rive droite du Ruisseau de Besseuges, pourtant très escarpés étaient cultivés. On y trouvait alors des petites parcelles de « terre labourable arrosable », de « terre labourable », de « pré planté »... dispersées entre des grandes parcelles de « terre vague ». La raideur du terrain et la présence de nombreuses ravines ont nécessité la construction de terrasses de cultures, soutenues par des murs en pierre sèche, qui nécessitaient un entretient constant.

Le plan incliné à l'ouest du village était surtout couvert par des terres labourables. Les pentes raides les mieux exposées étaient aménagées en terrasses de culture, soutenues par des murs en pierre sèche. La mémoire orale précise qu'on cultivait des céréales (blé, orge, avoine), des pommes de terre et des betteraves, des légumineuses (lentilles et pois chiche) sur ces parcelles non irriguées.

Sur les terrains gréseux, le châtaignier a été cultivé et de beaux exemplaires sont encore visibles. Pour compléter la nourriture en hiver, des stocks de ramées étaient fait. C'est principalement le chêne qui était exploité pour cet usage. La tradition locale rapporte que des ramées de pin pouvaient servir de fourrage aux chèvres, ainsi que le gui. Certains grands chênes servaient principalement pour les glands, ils étaient alors appelés « aglaniés ».

Chaque famille possédait quelques ruches, destinée à la consommation familiale. Après la Seconde Guerre mondiale, la plupart des familles possédaient au moins une vache, dont le lait était vendu à la coopérative de Puget-Théniers. Les cochons étaient nourris aux pommes-de-terre, aux châtaignes et aux glands.Les bois en taillis servaient pour le chauffage, les bois en futaie étaient en principe réservés soit à la vente soit à la construction.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les bois ont été exploités par des charbonniers. Des vestiges de charbonnière sont encore visibles sur la commune. Il s'agit de grandes cuves circulaires, en tôle, munies d'un couvercle. Ces activités se sont surtout déroulées à Drogou et à Chaurignesse.

La lavande était ramassée « au sauvage », sur le Pic de Salomon. Elle était distillée à La Rochette.

Il n'y avait pas de tuilerie sur la commune de Saint-Pierre. Elle se trouvait immédiatement en amont de la confluence entre le Ruisseau de Besseuges et le Vallon de La Penne (commune de La Penne, Alpes-Maritimes). La carte IGN au 1/25 000e mentionne le toponyme « La Teuliera » à cet emplacement.

Un moulin à eau était situé à la clue de Saint-Joseph. Il ne fonctionnait déjà plus en 1864. Le moulin de La Pali date du quatrième quart du 19e siècle. Son activité de meunerie a cessé dans les années 1970.

Une épicerie était tenue au village jusqu'aux années 1960, ainsi qu'un bar-hôtel-restaurant.

En 2009

L'économie agricole est devenue marginale, même si les plus belles terres sont toujours cultivées par un exploitant agricole installé sur la commune de La Penne.Les deux moulins de la clue Saint-Joseph sont ruinés. Le moulin du Pali ne fonctionne plus depuis les années 1970, mais sa fonction de bar-restaurant est maintenue.L'école a fermé au milieu des années 1960. Elle a réouvert ses portes au début des années 1990.Le courrier est distribué par le bureau postal de Puget-Théniers (Alpes-Maritimes).

Aires d'études Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var
Adresse Commune : Saint-Pierre

Annexes

  • Commune de Saint-Pierre, liste des seigneurs laïcs

    Liste des seigneurs successifs du fief de Puy-Figette, d'après Durbec : Les villages du Val de Chanan et des terres environnantes dans l'ancien diocèse de Glandèves du XIe au XVe siècle.

    Page 111 :

    • Jean et ses fils (à Bonvillar). Seigneurs de Puy-Figette en 1044.
    • Pierre Balb, seigneur de Glandèves. Seigneur de Puy-Figette avant 1232.
    • Jean, fil de Pierre Balb. Seigneur de Puy-Figette en 1232.
    • Noble Olivier de Ubraye. Seigneur de Puy-Figette avant 1297.
    • Noble Boniface de Vintimille. Seigneur de Puy-Figette en 1333.
    • Noble Guigonis de Ubraye. Seigneur de Puy-Figette en 1333.
    • Louis Chabaud. Co-seigneur de La Rochette et Puy-Figette en 1409.
    • Erigius de Montblanc et sa femme, Bile d'Ubraye, seigneur de Sausses. Co-seigneur de Puy-Figette en 1421.
    • Arnaud de Villeneuve. Seigneur de La Rochette et Puy-Figette en 1418 et en 1438.
    • Louis de Villeneuve. Seigneur de La Rochette et Puy-Figette en 1463. Héritier d'Arnaud de Villeneuve.
    • Honoré de Castellane. Seigneur du Val de Chanan en 1463. Héritier d'Arnaud de Villeneuve.

Références documentaires

Documents figurés
  • Cartes des frontières Est de la France, de Colmars à Marseille. / Dessin à l'encre sur papier, par Jean Bourcet de La Saigne et Jean-Claude Eléonore Le Michaud d'Arçon, 1764-1778. Echelle 1/14000e. Cartothèque de l’Institut Géographique National, Saint-Mandé : CH 194 à 197.

    Feuill 194-6
Bibliographie
  • ACHARD, Claude-François. Description historique, géographique et topographique des villes, bourgs, villages et hameaux de la Provence ancienne et moderne, du Comté-Venaissin, de la principauté d'Orange, du comté de Nice etc. Aix-en-Provence : Pierre-Joseph Calmen, 1788, 2 vol.

    vol. II, p. 246-249
  • BARATIER, Edouard. La démographie provençale du XIIIe au XVIe siècle. Paris : S.E.V.P.E.N. , 1961, 255 p.

    p.186-187
  • DURBEC Joseph-Antoine. Les villages du Val de Chanan et des terres environnantes dans l'ancien diocèse de Glandèves du XIe au XVe siècle. - Paris, Bibliothèque Nationale : 1968, 150 p.

    pp. 39, 40, 54, 56, 61, 66, 67, 82, 111
  • GUERARD, Benjamin, DELISLE Léopold, De WAILLY Natalis. Cartulaire de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille. Collection des cartulaires de France, t. VIII, éditeur B. Guérard, Paris : Typographie de Ch. Lahure, 1857, 2 volumes, CLVI-651-945 p.

    Donation de Saint-Pierre de Bonvillar par Jean et ses fils à l'abbaye Saint-Victor, charte 783 (1044). Confirmation par les papes de la propriété du bénéfice, chartes n° 843 (1079), 848 (1113) et 844 (1135).
  • FERAUD, Jean-Joseph-Maxime. Histoire, géographie et statistique du département des Basses-Alpes. Digne : Vial, 1861, 744 p.

    p.517-518
  • Thévenon Luc. Frontières du Comté de Nice. A la recherche des bornes perdues sur l'ancienne limite des royaumes de France et de Piémont-Sardaigne. - Nice, Serre éditeur, 2005, 135 p., ill.

    P. 105 : Borne N° 71 : rocher gravé à la Clue du Pali (confluence Vallon des Miolans – Vallon du Riloan), avec chronogramme de 1823. Photographie de 2003. Inscription disparue depuis.
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Brunet Marceline - Laurent Alexeï