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présentation de la commune de Saint-Julien-du-Verdon

Dossier IA04001408 réalisé en 2008

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Eléments historiques

L'église de Sanctus Julianus est mentionnée dès la fin du 13e siècle.

Le site castral de Saint-Julien est localisé sur une colline située au nord-ouest du village actuel, au lieu-dit cadastral Les Clots, parcelles n° 394 et 395 (section B1, plan cadastral de 1983). Sur le cadastre de 1834, ces parcelles sont encore mentionnées sous le toponyme "Chastelanne". Aucun vestige visible ne subsiste. Saint-Julien appartient d'abord à la Viguerie de Castellane et au Diocèse de Senez, ancienne possession de l'Abbaye de Lérins. Il appartient à la famille des Castellane au 13e siècle.

L'abbé Féraud, en 1861, note que Saint-Julien "paraît tirer son nom d'un pont sur le Verdon, que la tradition fait remonter au temps de Jules César, et qu'on appelle Pont-Julien". Il précise en outre que "la partie de son territoire qui est en plaine est assez fertile, et on y trouve diverses espèces de fruits à noyaux, dont on fait d'abondantes récoltes. Le climat y est tempéré. […] L'église paroissiale est dédiée à Notre-Dame de l'Assomption. Le patron est saint Julien. Le Roumavagi a lieu le jour de la saint Roch (16 août). Il y a une école primaire".

A l'époque révolutionnaire, le nom de la commune devint Ville-Verdon.

Une grande partie du territoire communal a été ennoyée lors de la mise en eau du barrage de Castillon, au cours de l'hiver 1947-1948. Ces travaux, qui ont en partie fait appel à la main d'œuvre des prisonniers de guerre allemands, ont nécessité la construction d'un camp de prisonnier sur le territoire de la commune, au lieu-dit cadastral le Clos du Baïle ; les baraquements étaient en bois et ne subsistent aujourd'hui que les soubassements en béton ainsi que l'ancien réservoir d'eau (situé en contre-haut) qui a été transformé en abri forestier (aujourd'hui ruiné).

Population

Le plus vieux recensement date de 1278, il indique 0 maison noble et 20 maisons roturières. En 1315, le recensement indique 65 feux de queste, soit une population totale que l'on peut estimer à environ 350 habitants. En 1471, il y a 21 foyers imposables. En 1540, on compte 56 maisons, 47 en 1698. En 1728, se sont 38 maisons qui sont habitées. En 1765, la population totale est de 281 habitants (d'après E. Baratier, la démographie provençale du 13e au 16e siècle, avec chiffre de comparaison pour le 18e siècle).

Au 19e siècle, le maximum démographique est atteint en 1821 avec une population de 177 habitants. Dès lors, la commune n'a cessé de perdre des habitants (119 habitants en 1911, 114 en 1921, 64 en 1968). A la fin du 20e siècle, la population augmente de façon régulière : le recensement de 1990 fait état de 94 habitants, celui de 2006 de 137 habitants (Archives Départementales 04, 6 M 192 ; recensement 1820-1936 ; données INSEE).

Présentation géographique

Localisation

Le village de Saint-Julien et le lac de Castillon-Demandolx. Vue de situation prise du nord-est.Le village de Saint-Julien et le lac de Castillon-Demandolx. Vue de situation prise du nord-est.La commune de Saint-Julien-du-Verdon appartient au canton de Castellane. Elle est située en rive gauche du Verdon (hormis le quartier des Cendrouelles). Elle est limitrophe au nord avec la commune de Saint-André-les-Alpes ; à l'est, avec les communes d'Angles et de Vergons ; au sud avec la commune de Demandolx ; à l'ouest avec les anciennes communes de Castillon (aujourd'hui rattachée à la commune de Castellane) et de Courchon (aujourd'hui rattachée à la commune de Saint-André-les-Alpes).

L'altitude minimale est de 880 mètres au bord du lac ; l'altitude maximale est de 1759 mètres sur la Crête de Crémon. Le village est à une altitude moyenne de 920 mètres. La profondeur maximale du lac de Castillon est d'environ 80 mètres au niveau de l'ancien lit du Verdon.

Le climat est de type moyenne montagne méditerranéenne, avec des étés chauds et secs, des hivers froids et secs et des intersaisons plus humides. Le régime hydrique est de type orageux et torrentiel. La neige est fréquente sur les sommets en hiver.

Le sous-sol est de nature calcaire. Il est parfois très bouleversé par les phénomènes tectoniques. Certains versants marneux sont stériles et profondément creusés par les ravins. La colline sur laquelle est installé le village correspond à un important affleurement de gypse blanc, rosé ou noir. Ce gisement a été largement exploité et un moulin à plâtre était installé en contrebas village. Le gypse était très utilisé pour la confection d'un mortier à bâtir, parfois mélangé à de la chaux, donnant aux élévations des bâtiments une teinte rosée. Une source salée ("Aigue sala") est également mentionnée sur le cadastre de 1834, en amont de la confluence entre le ravin du Clos du Baïle et le Riou de Vergons.

Le territoire communal est marqué par un relief important, avec de forts dénivelés. Il est dominé au nord-est par la Barre du Pidanoux et au sud-est par la Crête du Crémon. Des torrents, souvent à hydrologie saisonnière, drainent les versants. Le torrent de Vergons, qui franchi la Barre du Pidanoux au passage de la Brèche, alimente le Verdon. Des sources et résurgence se situent au niveau des ruptures de pentes.

La végétation naturelle est composée de forêts de pins sylvestres et de buis sur les ubacs et d'une végétation de maquis arbustif à chênes pubescents, buis et genêts sur les adrets. Les pentes raides à l'adret offrent une végétation de landes à lavande et thym. Les fonds de ravin et les bords des cours d'eau sont occupés par une végétation de type ripisylve avec saules, peupliers, noisetiers, aulnes, etc. Les sommets de la Barre du Pidanoux et de la Crête du Crémon sont couverts de pelouses rases.

Les pentes bien exposées ont été aménagées en terrasses de culture grâce à de nombreux murs de soutènement. Les sources ont souvent été captées et détournées par des canaux d'irrigation. Afin de contenir les violentes crues d'intersaisons, les rives du Verdon et du torrent de Vergons étaient bordées de digues en pierre sèche (aujourd'hui ennoyées).

Jusqu'au début du 20e siècle, le paysage agricole était très ouvert, avec peu de végétation arborée en dehors des vergers et des bords des torrents. Les versants étaient également très dénudés et seules quelques zones boisées étaient protégées en tant que "défend", le plus souvent afin de conserver une réserve de bois ou pour protéger des constructions d'un éboulement. Les phénomènes naturels d'érosion, accentués par un défrichement presque total du couvert forestier, ont d'ailleurs posé de nombreux problèmes à l'économie locale depuis le 17e siècle (J. Cru, Histoire des Gorges du Verdon, Edisud, 2001). En 2008, les zones agricoles en terrasses sont presque partout abandonnées et embroussaillées ou boisées.

Carte de Cassini et cadastres

La Carte de Cassini date de 1780-1782 pour la Viguerie de Castellane. Elle indique le village, le quartier du Claux (où un moulin est figuré), le moulin de Castillon (qui était situé sur la rive droite du Verdon), ainsi qu'un quartier au bord du Verdon, nommé "La Baricad" (ce toponyme renvoie certainement à une importante digue en pierre sèche). Sur ce document, le Riou de Vergons est nommé "Rioul de Brives". En outre, le tracé de la route de Castellane à Colmars-les-Alpes, qui passait en rive droite du Verdon, est bien lisible sur cette carte ; l'ancien chemin de Castellane à Entrevaux n'est pas figuré.

L'étude du plan cadastral de 1834 indique que l'organisation du territoire était la même que celle observable aujourd'hui, même si quelques opérations de remembrement parcellaire agricole ont été réalisées. En revanche, sa comparaison avec le plan cadastral de 1983 montre de façon frappante qu'un grand nombre d'entrepôts agricoles isolés ont été abandonnés et sont ruinés.

Réseau viaire

Saint-Julien-du-Verdon est situé au bord de la Route Nationale 202 qui est l'ancienne route royale de Lyon à Nice. Cet axe majeur passe la clue du Riou de Vergons en rive droite ; un tunnel y a été construit dans les années 1890 ; ce tunnel a été démoli et la falaise a été profondément excavée dans les années 1990. Sur le cadastre de 1834, cette route (nommée "route de Castellane à Entrevaux") passait sur la rive gauche du Riou de Vergons, et franchissait cette clue par une rampe taillée dans la falaise ("la Brèche"), qui est encore très visible.

La Route Départementale 955 rejoint Castellane par les bords du lac de Castillon. Cette route, qui comporte de nombreux ouvrages d'art (ponts, tunnels) a été aménagée lors des travaux de construction du barrage de Castillon-Demandolx, dans les années 1945-1948.

L'ancienne route de Saint-Julien à Castellane est presque totalement ennoyée, seul subsiste un court tronçon au nord du village (en contrebas du quartier des Clots).

La route qui relie le quartier des Granges à celui du Touron est soutenue par un imposant mur en pierre sèche, qui a été en partie réalisé par un dénommé Henri Bœuf dans les années 1920-1930.

Des voies communales desservent les quartiers du Touron et de Châteauvieux ; ce dernier chemin est l'ancien chemin de Saint-Julien à Angles. Un chemin muletier rejoint Demandolx par le col de Demandolx.

Pidanoux-nord, ancien chemin de Saint-Julien à Angles. Passage sous la Barre du Pidanoux.Pidanoux-nord, ancien chemin de Saint-Julien à Angles. Passage sous la Barre du Pidanoux.En outre de nombreux chemins communaux et vicinaux desservaient les quartiers agricoles. Se sont des chemins muletiers construits à flanc de pente, avec des murs de soutènement en pierre sèche. La largeur est généralement de un à deux mètres. Ces chemins sont pour la plupart abandonnés et ruinés en 2008.

Organisation du bâti

Village : voir dossier.

Ecart du Touron. Vue d'ensemble prise du sud.Ecart du Touron. Vue d'ensemble prise du sud.Au sud-est du village se trouve l'écart du Touron, lui-même composé de deux quartiers (le Colombier et le Touron). Cet écart est composé d'un îlot dense de bâtiments mitoyens, mêlant maisons d'habitation et bâtiments agricoles, et de quelques fermes agglomérées.

D'une manière générale, de nombreux bâtiments agglomérés (maisons d'habitation et bâtiments agricoles) sont mentionnés sur le cadastre de 1834 comme possédant un "patègue".

Toute la campagne était ponctuée d'entrepôts agricoles isolés (localement appelées "casaou"). On trouvait également des abris construits sur le principe du dolmen : des murs monolithes ou en pierre sèche et une ou plusieurs dalles de couvrement. Des cabanes en pierre sèche étaient installées dans les zones agricoles éloignées : cultures, cueillette de la lavande, pâturages…

Evolution de l'organisation du bâti en 2008

Plusieurs quartiers de maisons pavillonnaires sont implantés autour du village et le long de la R.N. 202.

Les bâtiments agricoles isolés qui n'ont pas été ennoyés sont presque tous ruinés et abandonnés.

Economie rurale

Les Clots, pierrier avec double parement en pierre sèche.Les Clots, pierrier avec double parement en pierre sèche.De part la nature montagneuse du territoire, les parcelles cultivées sont souvent organisées en terrasses construites avec des murs de soutènement en pierre sèche. Les pierres issues de l'épierrage des parcelles étaient entassées en pierriers, mesurant parfois plusieurs mètres de longs.

Les parcelles en terrasses étaient destinées aux cultures sèches : blé, avoine, luzerne, haricot, pois-chiche, etc. La vigne était également cultivée aux endroits les mieux exposés (des parcelles de vignes sont mentionnées sur le cadastre de 1834 sous la Barre du Pidanoux, au lieu-dit Les Vignes). Sur ce même cadastre, on note également la présence de culture de chanvre ("Chenevis" sous le quartier du Touron, "Cheneviers" au quartier de Baumonts). Les champs étaient plantés en pommes de terre et en betteraves. Les familles possédaient quelques vaches et quelques moutons, parfois un cheval ou un mulet.

Sur le plan cadastral de 1834, on note que quelques quartiers agricoles étaient arrosés grâce à des canaux d'irrigation. Ainsi, le quartier des Moutières (à l'ouest du village, en rive gauche du Verdon) était irrigué par une dérivation du Verdon ; les quartier du Pré du Riou, de la Bastié et de la Coueste (au sud du village, en rive droite du Riou de Vergons) étaient arrosés par une longue dérivation du Riou ; le quartier des Baumonts (au sud du village, en rive gauche du Riou de Vergons) était alimenté par une dérivation du Riou.

Les Faïsses, verger de pommiers et pré de fauche.Les Faïsses, verger de pommiers et pré de fauche.Au bord du Verdon, mais aussi dans les prés, on trouvait des vergers : cerisiers, pommiers, poiriers, noyers, amandiers, etc., mais surtout des pruniers.

La production de prunes (principalement la variété "pardigone", transformées en pruneaux) assurait jusqu'à 40% des revenus agricoles dans les années 1930. Les prunes "pardigones" étaient mises dans des paniers en osier et blanchies par trempage dans l'eau bouillante. Puis elles étaient mises sur des claies rectangulaires ou rondes en vannerie et placées dans des séchoirs ("sécans") ; à l'intérieur des séchoirs, des sortes d'échafaudages en bois de pins ligaturés avec des brins d'osier ("amarines") accueillaient les claies.

(Un exemplaire de prunier "pardigone" est encore visible en 2008 en contrebas de la Mairie)

Les versants arides et les landes à buis étaient utilisés comme parcours pour les troupeaux, surtout caprins avant la seconde moitié du 19e siècle. La seconde moitié du 19e siècle a vu l'explosion de l'élevage ovin transhumant, qui existait depuis l'antiquité mais qui, du fait de la déprise agricole et de l'exode rural, a trouvé ici de grands territoires abandonnés par les cultures. Jusqu'en 1914, un gardien communal menait les moutons et les chèvres des particuliers sur les pâturages en dessous du Pidanoux.

A la fin du 19e siècle, mais surtout après la 1918, la culture et le ramassage de la lavande ont pris une place notable dans l'économie locale. La distillation se faisait à Saint-André, à La Mure ou à Moriez.

Quelques "bois de peupliers" sont également notés en 1834, au bord du Verdon ou le long des ravins. Des oseraies sont mentionnées sur les rives des torrents et des canaux d'irraigation, ainsi qu'auprès des sources.

Sur le cadastre de 1834, on note la présence d'un "bâtiment rural moulin à farine ruiné et patègue", alimenté par une dérivation du canal d'irrigation du Pré du Riou. Un autre moulin à farine, ainsi qu'un moulin à plâtre ont été installés à cet emplacement au milieu du 19e siècle ; le moulin à farine servait également pour la fabrication de l'huile de noix ; ce moulin possédait une roue verticale de quatre mètres de diamètre, avec des engrenages en bois et des axes métalliques. Ce quartier a ensuite été aménagé par la famille Honorat de Saint-André et regroupait un moulin à foulons, une draperie, un moulin à plâtre et un four à plâtre et à chaux. Ce quartier était alors désigné sous le nom de "La Fabrique". Le four était constitué d'un grand cylindre vertical en maçonnerie, de cinq mètres de haut, dont le foyer voûté était construit en briques réfractaires ; le gypse était empilé dans le cylindre et retiré après cuisson grâce à des râteaux spéciaux. Le gypse était ensuite réduit en poudre, par martelage avec des maillets à manches souple ou par broyage au moulin, puis trié avec un "vantaïre" spécial, fixe et relié par une courroie sur la force du moulin. Le moulin à plâtre, bien que privé, était utilisé de façon collective par les habitants. L'activité de la draperie cessa au début du 20e siècle.

La mémoire locale situe une tuilerie au quartier du Château Neuf.

Une forge est mentionnée au quartier des Granges en 1834. La tradition orale en indique une autre au quartier du Touron dont l'activité a cessé au début du 20e siècle, on trouvait également un tisserand, un tailleur, un cordonnier, des maçons et des tailleurs de pierre. Jusque dans les années 1950, on trouvait un maréchal-ferrant et deux menuiseries au village. Une épicerie se trouvait au quartier des Granges, sur la place de la fontaine. Elle a cessé son activité dans les années 1970.

[Station-service Esso au bord de la R.N. 202.][Station-service Esso au bord de la R.N. 202.]La présence de la route nationale a permis l'installation d'un hôtel et d'une station service, qui a fonctionné des années 1950 au milieu des années 1980.

La mise en eau du barrage de Castillon à la fin des années 1940 a ennoyé une grande partie des terres agricoles. En revanche, elle a permis la création d'une base nautique en contrebas du quartier du Touron. On y trouve une plage, une petite marina ainsi qu'un point de location de diverses embarcations à moteur, à voiles ou pédalos.

En 2008

L'économie agricole est devenue très marginale : seule une ferme continue son activité agricole. Une menuiserie continue son activité. Un hotel-restaurant, ainsi qu'un camping se trouve au village. La base nautique du Touron draine une importante population estivale.

Aires d'études Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var
Adresse Commune : Saint-Julien-du-Verdon

Sous l'Ancien Régime, Saint-Julien, ancienne possession de l'abbaye de Lérins, relevait de la viguerie de Castellane et du diocèse de Senez. Il appartint à la baronnie de Castellane du 13e siècle au rattachement de la Provence à la couronne, pour ensuite dépendre directement du domaine royal. Pendant la Révolution, le nom de la commune devint Ville-Verdon. Le plus vieux recensement date de 1278, il indique 0 maison noble et 20 maisons roturières. Au 14e siècle, on peut estimer sa population à environ 350 habitants. En 1540, on compte 56 maisons, 47 en 1698. En 1728, 38 maisons sont habitées. En 1765, la population totale est de 281 habitants et en 1787, Claude Achard estime la population entre deux et trois cents habitants. Au 19e siècle, le maximum démographique est atteint en 1821 avec une population de 177 habitants. Dès lors, la commune n'a cessé de perdre des habitants (119 habitants en 1911, 114 en 1921, 64 en 1968). A la fin du 20e siècle, la population augmente de façon régulière : le recensement de 1990 fait état de 94 habitants, celui de 2006 de 137 habitants. D'après Achard, la partie du terroir de la paroisse située en plaine était assez fertile et produisait plusieurs espèces de fruits à noyau, probablement des prunes. Sur le plan cadastral de 1834, on note que quelques quartiers agricoles étaient arrosés grâce à des canaux d'irrigation. Au bord du Verdon, mais aussi dans les prés, on trouvait des vergers, notamment des pruniers. La production de prunes (principalement la variété pardigone, transformée en pruneaux) assurait jusqu'à 40% des revenus agricoles dans les années 1930. Les versants arides et les landes à buis étaient utilisés comme parcours pour les troupeaux. A la fin du 19e siècle, mais surtout après la 1918, la culture et le ramassage de la lavande ont pris une place notable dans l'économie locale. En contrebas du village, un quartier était désigné sous le nom de La Fabrique : on y trouvait un moulin à farine, un moulin à plâtre, un four à plâtre et une draperie. La mémoire locale situe une tuilerie au quartier du Château Neuf. Saint-Julien-du-Verdon est situé au bord de la Route Nationale 202 qui est l'ancienne route royale de Lyon à Nice. Cet axe majeur passe la clue de la Brèche : un tunnel y a été construit dans les années 1890 ; ce tunnel a été démoli et la falaise a été profondément excavée dans les années 1990. Sur le cadastre de 1834, cette route (nommée route de Castellane à Entrevaux) passait sur la rive gauche du Riou de Vergons, et franchissait cette clue par une rampe taillée dans la falaise (la Brèche), qui est encore très visible. La présence de la route nationale a permis l'installation d'un hôtel et d'une station service, qui a fonctionné des années 1950 au milieu des années 1980. La Route Départementale 955 rejoint Castellane par les bords du lac de Castillon. Cette route a été aménagée lors des travaux de construction du barrage de Castillon-Demandolx, dans les années 1945-1948. La mise en eau du barrage de Castillon, au cours de l'hiver 1947-1948, a ennoyé une grande partie des terres agricoles. En revanche, elle a permis la création d'une base nautique en contrebas du quartier du Touron. En 2008, l'économie agricole est devenue très marginale, cependant que la base nautique du Touron draine une importante population estivale.

La commune de Saint-Julien-du-Verdon est limitrophe de Castellane et Demandolx. L'altitude minimale est de 880 mètres, l'altitude maximale est de 1759 mètres. Le village est à une altitude moyenne de 920 mètres. La profondeur maximale du lac de Castillon est d'environ 80 mètres au niveau de l'ancien lit du Verdon. Le climat est de type moyenne montagne méditerranéenne, le régime hydrique est de type orageux et torrentiel. La neige est fréquente sur les sommets en hiver. Le sous-sol est de nature calcaire. Il est parfois très bouleversé par les phénomènes tectoniques. La colline sur laquelle est installé le village correspond à un important affleurement de gypse blanc, rosé ou noir. Le territoire communal est marqué par un relief important, avec de forts dénivelés. Des torrents à hydrologie saisonnière, drainent les versants et alimentent le Verdon. La végétation naturelle est composée de forêts de pins sylvestres et de buis sur les ubacs et d'une végétation de maquis arbustif à chênes pubescents, buis et genêts sur les adrets. Les pentes raides à l'adret offrent une végétation de landes à lavande et thym. Les fonds de ravin et les bords des cours d'eau sont occupés par une végétation de type ripisylve avec saules, peupliers, noisetiers, aulnes, etc. Les sommets de la Barre du Pidanoux et de la Crête du Crémon sont couverts de pelouses rases. Les pentes bien exposées avaient été aménagées en terrasses de culture grâce à de nombreux murs de soutènement en pierres sèches. Les pierres issues de l'épierrage des parcelles étaient entassées en pierriers, mesurant parfois plusieurs mètres de longs. Jusqu'au début du 20e siècle, le paysage agricole était très ouvert, avec peu de végétation arborée en dehors des vergers et des bords des torrents. Toute la campagne était ponctuée d'entrepôts agricoles isolés. On trouvait également des abris et des cabanes en pierre sèche dans les zones agricoles éloignées. Des voies communales desservent les écarts du Touron et de Châteauvieux ; ce dernier chemin est l'ancien chemin de Saint-Julien à Angles. Un chemin muletier rejoint Demandolx par le col de Demandolx. En outre de nombreux chemins communaux et vicinaux desservaient les quartiers agricoles. Ce sont des chemins muletiers construits à flanc de pente, avec des murs de soutènement en pierre sèche. Leur largeur est généralement de un à deux mètres. Ces chemins sont pour la plupart abandonnés et ruinés en 2008. Au sud-est du village se trouve l'écart du Touron, en bordure du lac. Il est composé d'un îlot dense de bâtiments mitoyens, mêlant maisons, bâtiments agricoles et fermes.

Références documentaires

Documents figurés
  • [Cueillette des prunes pardigones.] / Photographie noir et blanc, 1936. Collection particulière

  • [Ecart du Touron. Vue d'ensemble prise de l'ouest.] / Photographie noir et blanc, vers 1940. Collection particulière

  • Col de Vergons, le tunnel et la clue. [Passage de la R.N. 202 à la clue de la Brèche. L'ancien chemin sur le versant opposé est bien lisible.] / Carte postale, sd. Collection particulière

  • [Station-service Esso au bord de la R.N. 202.] / Carte postale, 1955. Collection particulière

  • [Travaux agricoles, la fenaison. En arrière-plan, le Lac de Castillon.] / Carte postale, 3e quart 20e siècle. Collection particulière.

  • [Sports nautiques sur le Lac de Castillon. En arrière-plan l'écart du Touron.] / Carte postale, 3e quart 20e siècle. Collection particulière

Bibliographie
  • ACHARD, Claude-François. Description historique, géographique et topographique des villes, bourgs, villages et hameaux de la Provence ancienne et moderne, du Comté-Venaissin, de la principauté d'Orange, du comté de Nice etc. Aix-en-Provence : Pierre-Joseph Calmen, 1788, 2 vol.

    II, 410
  • BARATIER, Edouard. La démographie provençale du XIIIe au XVIe siècle. Paris : S.E.V.P.E.N. , 1961, 255 p.

    p. 156-157
  • FERAUD, Jean-Joseph-Maxime. Histoire, géographie et statistique du département des Basses-Alpes. Digne : Vial, 1861, 744 p.

    p. 463-464
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