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présentation de la commune de Castellet-lès-Sausses

Dossier IA04000473 réalisé en 2005

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Le territoire

Les 5391 hectares de la commune couvrent, pour l'essentiel, la vallée d'un petit affluent du Var, le Riou, depuis sa source au col du Fa jusqu'à son confluent avec le fleuve, et la portion contigüe de la vallée du Var, depuis la limite de Sausses jusqu'à la clue d'Agnerc. Cette dernière constitue son point le plus bas, à 520 m d'altitude, tandis que son point culminant, au sommet du Mourre Frey, atteint 2027 m.

La partie située au delà du col du Fa correspond à l'ancien territoire communal d'Aurent, qui englobe la haute vallée du Coulomp et culmine au Rocher du Carton à 2598 m. Des pentes rocailleuses, plus ou moins boisées, occupent la majeure partie de cet espace. Les zones agricoles, aujourd'hui abandonnées, sont encore lisibles dans le paysage : les coteaux de part et d'autre du Var, le petit plateau au nord du village (quartier du Marc), le plateau du Fam ; à Aurent, le coteau à l'est du torrent de Grave Plane. Sur le versant sud du Mourre Frey, quelques défrichements trouaient le manteau forestier des quartiers du Chabanal, du Mont et des Selves.

La vallée du Var entre la clue de Gueydan (à l'extrême droite) et la clue d'Entrevaux (au fond) ; au premier plan, le hameau du Coulet ; derrière, le coteau et la clue d'Agnerc. Vue aérienne prise du nord-ouest.La vallée du Var entre la clue de Gueydan (à l'extrême droite) et la clue d'Entrevaux (au fond) ; au premier plan, le hameau du Coulet ; derrière, le coteau et la clue d'Agnerc. Vue aérienne prise du nord-ouest.

Les hautes terres donnaient des céréales, des légumes secs, du fourrage. Les plus bas coteaux, bien ensoleillés, étaient couverts de vignes, d'arbres fruitiers et d'oliviers, dont survivent quelques souches. La montagne offrait par ailleurs des pâturages pour un cheptel varié, réduit depuis le milieu du 19e siècle aux seuls ovins.

Parmi les ressources naturelles, il faut encore compter une source salée - celle qui a donné son nom à Sausses - qui se trouvait au bord du Var et fut exploitée jusqu'en 1826. D'un rendement très faible, elle fut alors comblée sur ordre du préfet.

Le gypse, le tuf et le grès, qui affleurent en divers endroits, ont été longtemps utilisés pour la construction.

Peuplement

La plus ancienne mention de Castellet-lès-Sausses se trouve dans la liste des localités soumises au comte de Provence en 1232/1244. Mais l'occupation de son territoire paraît beaucoup plus ancienne. Le sommet de la Crête des Culasses, qui fait l'articulation entre le plateau du Fam et celui du village, porte les traces d'un habitat de hauteur probablement de l'Age du fer. Le nom même du Fam, qui désigne toute la haute vallée du Riou, pourrait perpétuer le souvenir d'un temple antique (fanum).

Le village de Castellet ne peut être considéré comme un bourg castral. Le sommet du piton est en effet occupé par l'église depuis au moins le 13e siècle. Il faut chercher ailleurs le site du castrum éponyme : soit sur le piton des Balmes, tout proche au sud-ouest du village, dominant la vallée du Var ; soit sur le piton du Chastellar, à environ 1,5 km au nord-ouest du village, sous la Crête des Culasses. Aucun vestige n'apparaît sur ces deux sommets lessivés par l'érosion, mais le nom du Chastellar atteste son occupation et celle du piton des Balmes paraît vraisemblable.

La multiplicité des sites castraux pourrait d'ailleurs rendre compte de la situation féodale complexe révélée par les documents à partir du 13e siècle. Pas moins de 11 coseigneurs, appartenant aux deux puissantes familles de Pontevès et de Castellane et à quelques lignages moins importants (Maurin, Morrachon, de Puget, Lombard, Polverel, Galice, de Saint-Paul, de Rouret et Colla), se partageaient au milieu du 14e siècle la domination du "castrum de Castelleto" et de ses annexes "Monasterium de Salsis" et le "castrum Aurentis", sans compter les propriétés franches tenues ici par les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem.

Cette fragmentation s'est progressivement résorbée jusqu'à l'unification par Gaspard de Gueydan, président au parlement de Provence, qui fit en 1749 ériger sa seigneurie, rebaptisée de son nom, en marquisat.

L'emplacement exact de Mousteiret-de-Sausses reste inconnu. Il se trouvait probablement sur la rive gauche du Var, dans le quartier appelé aujourd'hui encore Moustiers. Son annexion, qui remonte à la 1ère fin du 14e siècle (mais dès la 1ère moitié du 13e siècle sur le plan fiscal) expliquerait l'extension du territoire de Castellet sur l'autre rive du fleuve.

Le cas d'Aurent est analogue. Ce village isolé dans la haute vallée du Coulomp formait, comme Mousteiret-de-Sausses, une communauté et une paroisse séparées, qu'on trouve mentionnées dans les listes des 13e et 14e siècles. Les chiffres fournis par les documents fiscaux concernent probablement l'ensemble des 3 communautés : 80 feux d'albergue (environ 400 habitants) en 1263, 122 feux de queste (environ 650 habitants) en 1315, 57 feux de queste (environ 300 habitants) en 1344, 47 foyers contribuables (environ 250 habitants) en 1471.

La vallée de Grave Plane vue du sud, entre la montagne de Beaussebérard (à gauche) et le sommet des Reynières (à droite) ; au 1er plan, le village d'Aurent.La vallée de Grave Plane vue du sud, entre la montagne de Beaussebérard (à gauche) et le sommet des Reynières (à droite) ; au 1er plan, le village d'Aurent.

La brutale chute démographique enregistrée en 1344 est antérieure à la grande peste de 1348 et à la guerre de l'Union d'Aix, qui fut particulièrement dévastatrice dans ce secteur. On l'observe également dans les communautés voisines, ce qui permet de supposer une cause conjoncturelle. Le chiffre de 1471 ne concerne sans doute plus que Castellet, qui a mieux résisté, grâce à sa position et à ses fortifications (Achard, au 18e siècle, témoigne qu'on y voit encore "des ruines des vieux remparts") que les deux villages annexes, désertés vers la fin du 14e siècle.

Le renouveau, général en Basse-Provence dès le début du 16e siècle, tarde à se faire sentir dans la haute vallée du Var. Il aboutit néanmoins avant la fin du 17e siècle au repeuplement d'Aurent, tandis que naissent autour de Castellet quelques hameaux qui permettent l'exploitation des terres éloignées : Enriez, la Combe, le Coulet, le Bas-Agnerc (autrefois Pré de Jacomet), Moustier.

Castellet compte en 1698 70 familles, Aurent 14 ; en 1728, 75 familles à Castellet, toujours 14 à Aurent ; en 1765, on dénombre 363 habitants à Castellet, 91 à Aurent.

L'exode rural débute dès les années 1820 (maximum 108 habitants en 1821). Habité jusque dans les années 1960, le village d'Aurent finit par être abandonné. Il ne survit aujourd'hui que par l'acharnement de ses anciens habitants qui reviennent chaque année y passer l'été et entretenir les bâtiments.

A Castellet, la dépopulation, amorcée dans les années 1850, connaît un répit durant 3 décennies grâce au développement des cultures fruitières et de l'élevage ovin. Depuis 1881 (459 habitants), la population n'a cessé de diminuer (106 habitants en 1999).

Aires d'études Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var
Adresse Commune : Castellet-lès-Sausses

La plus ancienne mention de Castellet-lès-Sausses se trouve dans la liste des localités soumises au comte de Provence en 1232/1244. Mais l'occupation de son territoire paraît beaucoup plus ancienne. La multiplicité des sites castraux pourrait d'ailleurs rendre compte de la situation féodale complexe révélée par les documents à partir du 13e siècle. Pas moins de 11 coseigneurs, appartenant aux deux puissantes familles de Pontevès et de Castellane et à quelques lignages moins importants se partageaient au milieu du 14e siècle la domination du "castrum de Castelleto" et de ses annexes "Monasterium de Salsis" et le "castrum Aurentis", sans compter les propriétés franches tenues ici par les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Cette fragmentation s'est progressivement résorbée jusqu'à l'unification par Gaspard de Gueydan, président au parlement de Provence, qui fit en 1749 ériger sa seigneurie, rebaptisée de son nom, en marquisat. Le village isolé d'Aurent dans la haute vallée du Coulomp formait une communauté et une paroisse séparées, qu'on trouve mentionnées dans les listes des 13e et 14e siècles. A Castellet, la dépopulation, amorcée dans les années 1850, connaît un répit durant 3 décennies grâce au développement des cultures fruitières et de l'élevage ovin. Depuis 1881 (459 habitants), la population n'a cessé de diminuer (106 habitants en 1999).

Annexes

  • Reliefs armoriés en remplois dans les murs de deux maisons de la commune de Castellet-lès-Sausses

    Premier relief

    En remploi dans l'élévation est, 1er niveau, d'une maison non étudiée du village.

    Relief semi-méplat, taillé dans un bloc de calcaire formant le piédroit gauche d'un jour, noyé dans le blocage enduit du mur. La sculpture a la forme d'un écu à pointe triangulaire, entouré d'une bordure. A l'intérieur, une bande en diagonale de l'angle supérieur gauche à l'angle inférieur droit, est accostée en haut d'un oiseau au repos, dont la queue se déploie en éventail ; en bas, une sorte de baton courbe, posé en biais et traversé par une arête longitudinale.

    Dimensions : l = 25 ; h = 34.

    Oeuvre de provenance inconnue. La forme triangulaire de l'écu et l'absence de cimier orientent la datation vers le 16e siècle. Certains éléments apparentent ces armoiries à celles de la famille Guiran, qui détint une partie de la seigneurie de Castellet-lès-Sausses depuis 1492 jusqu'en 1728 et dont les armes enregistrées vers la fin du 17e siècle portent : "d'azur à une bande d'or accompagnée de 2 colombes au repos d'argent disposées en barre, à la bordure engrelée de gueules".

    Deuxième relief

    En remploi dans l'élévation sud d'une maison non étudiée d'Henriez, entre les 2e et 3e niveaux.

    Relief semi-méplat, taillé dans un bloc de calcaire encastré dans la maçonnerie enduite de l'élévation, de forme oblongue. A l'intérieur d'un cadre dessiné par une bordure plate sont figurés deux écus côte à côte entourés eux aussi d'une bordure plate. Dans l'écu de gauche, un pont à deux arches ; dans celui de droite, un château à trois tours couronnées de mâchicoulis crénelés, accosté à gauche d'un objet non identifié en forme de baton courbe.

    Les armoiries représentées sont celles de la famille de Pontevès, coseigneur de Castellet-lès-Sausses depuis 1324 jusqu'en 1666 : "de gueules à un pont de deux arches d'or", et celles de la famille de Castellane, qu'on ne trouve parmi les seigneurs du lieu qu'en 1348 : "de gueules à un château donjonné de trois tours d'or". Les armes des Castellane, ici brisées, pourraient avoir appartenu à un cadet qui n'a pas fait souche et dont le nom ne figure pas même dans les listes d'hommages. L'association des deux blasons évoque une alliance qui aurait fait passer la part, sans doute modeste, des Castellane entre les mains des Pontevès, dans la 2e moitié du 14e siècle.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Dossier de la construction de l'école du village d'Aurent, actuellement commune de Castellet-lès-Sausses, 1869-1873. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 23

    Projet dressé en 1869 par l'agent-voyer de l'arrondissement de Castellane, travaux réalisés par l'entrepreneur François Bellieud, terminés en 1873.
  • Extrait du registre des délibérations du conseil municipal de la commune de Castellet-les-Sausses. Demande de subvention pour construction d'un lavoir et d'un abreuvoir au village d'Enriez, 14 novembre 1920. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 99.

  • Projet d'alimentation complémentaire en eau potable au hameau d'Enriez. Devis descriptif, 8 février 1939. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 99

    Le devis est rédigé par A. Lalauze, chargé d'études du Génie rural, à Entrevaux.
Documents figurés
  • Projet d'alimentation complémentaire en eau potable au hameau d'Enriez. Captage. Coupe ABCD - Drain type - Plan-coupe EF. / Dessin sur papier ; échelle 1 cm pour 20 cm. 41,7 cm x 42 cm, par André Lalauze (ingénieur), 8 février 1939. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 99

  • Projet d'alimentation complémentaire en eau potable au hameau d'Enriez. Plan général de l'alimentation. / Dessin sur papier ; échelle 1 cm pour 2500 cm. 51 cm x 78 cm, par André Lalauze (ingénieur), 8 février 1939. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 99

  • Projet d'alimentation complémentaire en eau potable au hameau d'Enriez. Réservoir de 25 m3. Coupe suivant CDEFGH - 1/4 de dôme armature - 1/2 coupe AB - 1/4 de radier (armatures). / Dessin sur papier ; échelle 1 cm pour 20 cm. 55,5 cm x 50 cm, par André Lalauze (ingénieur), 8 février 1939. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 99

Bibliographie
  • ACHARD, Claude-François. Description historique, géographique et topographique des villes, bourgs, villages et hameaux de la Provence ancienne et moderne, du Comté-Venaissin, de la principauté d'Orange, du comté de Nice etc. Aix-en-Provence : Pierre-Joseph Calmen, 1788, 2 vol.

    I, 270-271, 592-593
  • BARATIER, Edouard. La démographie provençale du XIIIe au XVIe siècle. Paris : S.E.V.P.E.N. , 1961, 255 p.

    p. 186-187
  • FERAUD, Jean-Joseph-Maxime. Histoire, géographie et statistique du département des Basses-Alpes. Digne : Vial, 1861, 744 p.

    p. 520-523
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