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presbytère puis mairie et école primaire

Dossier IA04002157 réalisé en 2011

Fiche

Dénominations presbytère, mairie, école primaire
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Annot
Adresse Commune : Méailles
Cadastre : 1830 D 130 ; 1984 D 374

Ce bâtiment montre une succession d'états, de reprises et transformations. Ainsi, la partie orientale pourrait remonter au moins au 16e siècle. A cette époque, le bâtiment est beaucoup moins enterré qu'aujourd'hui et il est accessible par un escalier de distribution extérieur adossé au pignon est. A la base de ce pignon, on remarque quelques assises en arêtes de poisson ; une porte de communication extérieure, murée et enterrée, est visible dans l'angle sud-est ; au second niveau du pignon est, on note une porte murée ; à l'angle sud-est on note une fenêtre en demi-croisée, également murée. Le cadastre de 1830 mentionne ce bâtiment comme « Presbytaire », appartenant alors à la commune de Méailles ainsi qu'un jardin attenant (actuel parking). En janvier 1861, le bâtiment est « en état complet de délabrement et ne peut être utilisée par l'instituteur ni par les élèves. Les planchers intérieurs sont effondrés […] la toiture est en mauvais état […] les portes et fenêtres tombent en pièces ». L'architecte voyer de l'arrondissement de Castellane dresse un devis des travaux à entreprendre pour le réaménager et y installer une école. Le bâtiment doit être presque entièrement refait : parties hautes des murs, ouvertures, escaliers et aménagements intérieurs, charpente, couverture... C'est à cette occasion que sera adjointe l'excroissance accolée au nord-ouest du bâtiment. Dans ce devis, on note que la toiture conservera ses deux versants et sera couverte en tuile creuse, avec deux rangs de génoises à l'est et à l'ouest, un seul rang au nord et au sud. La charpente sera à ferme centrale avec entrait et aura une panne faîtière. « Sur la voûte du rez-de-chaussée, on construira un carrelage en moellons [sic] ordinaires pour le sol de la salle d'école ». Aux étages, les planchers seront carrelés de la même façon. Les cloisons du rez-de-chaussée seront en plâtre, celles des étages en briques sur chant. L'accès aux étages et au comble sera fait par « un escalier à palier tournant que l'on construira au nord de la cour » ; les marches seront en « mallons ». La salle d'école sera éclairée par quatre grandes fenêtres et équipée d'un poêle en remplacement de la cheminée existante. Au premier étage, il y aura une cuisine, une salle à manger et une chambre à coucher. Deux cheminées seront adossées, l'une dans la cuisine et l'autre dans la salle à manger. « A gauche de la cheminée de la cuisine, on construira un potager en brique à trois fourneaux et à droite un placard à étagères. […] Deux placards semblables seront construits de chaque côté de la cheminée de la salle à manger », un autre placard dans la chambre à coucher. Dans la cuisine, un évier sera placé sous la fenêtre, il sera « formé d'une pierre de taille disposée comme d'usage ». Les murs et plafonds seront enduits et blanchis. « Les moellons bruts proviendront des bancs de rochers aux abords du village […] le sable sera prit dans le lit de la Vaïre ». La chaux sera prise « aux fours de la contrée » (à environ 4 kilomètres) et sera amenée vive sur le chantier. « Les briques pour le carrelage et les tuiles creuses proviendront de la meilleure fabrique des environs. […] Tous les bois qu'on emploiera à la toiture et aux planchers seront en bois de pin et de peupliers et proviendront du quartier de La Combe. […] Le plâtre que l'on emploiera proviendra du Castellet les Sausses ». Les portes intérieures seront en sapin, celle de l'entrée sera en noyer doublée de pin. L'ensemble des travaux est estimé à 3 800 francs, plus 200 francs pour dépenses imprévues, soit un total de 4 000 francs. En juillet 1873, le Conseil de Fabrique apporte 400 francs. Par ailleurs, il est décidé de demander un secours de 1 000 francs au Ministre des Cultes. En octobre 1873, un courrier du Préfet des Basses-Alpes approuvant la subvention sur les fonds de l'Etat,indique que « la Fabrique a entreprit, en 1870, la reconstruction de cet édifice » et que la population a consenti des « sacrifices énormes (2 300 francs de souscription volontaire) ». En décembre 1873, le Ministre de l'Instruction Publique et des Cultes accorde un secours de 600 francs pour la reconstruction. En 1876, les travaux ne sont pas finis et la commune n'a plus de finances pour payer les surcoûts, liés notamment à la construction hors oeœuvre de l'escalier nord-ouest. Il est décidé de demander un nouveau secours pour terminer cette reconstruction. En août 1899, la Commission des églises, presbytères et écoles accepte la demande de secours demandée par la Commune de Méailles pour l'agrandissement de la maison d'école, pour un montant de 3 400 francs. Le rez-de-chaussée du bâtiment est alors remanié. L'école est restée installée dans ce bâtiment jusqu'à la construction d'une nouvelle école dans les années 1950. La Mairie a continué à occuper le rez-de-chaussée jusqu'au début du 21e siècle, où elle s'est installée dans l'école désaffectée.

Période(s) Principale : 16e siècle , (?)
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1869, daté par source
1876, daté par source
Auteur(s) Auteur : Maire, architecte voyer, attribution par source

Ce bâtiment non mitoyen comporte quatre étages : un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et deux étages carrés. Il est construit directement sur le rocher. L'étage de soubassement ne concerne que la partie est, il est occupé par deux resserres en enfilade, couvertes par une voûte en berceau segmentaire. L'accès actuel se fait de plain-pied par une porte piétonne repercée, possédant une menuiserie à claire-voie ; dans l'angle sud-est, on note la présence de l'ancienne porte murée. Cet étage de soubassement est également accessible par un escalier intérieur droit qui communique avec le rez-de-chaussée surélevé. La partie ouest du rez-de-chaussée surélevé était occupée par l'ancienne école ; la partie est par l'ancienne mairie. L'angle nord-ouest est occupé par un petit cellier précédé d'un escalier tournant qui dessert les deux étages carrés de la partie ouest. Cet escalier possède des marches en carreaux de terre cuite, avec nez-de-marches et contre-marches en bois ; la rampe est construite en mortier de gypse, avec un poteau de départ en bois mouluré. La partie est possède son propre escalier tournant, adossé au mur nord. Les deux étages carrés, réservés au logis, sont séparés en deux appartements par étage dont les plans, différents à l'est ou à l'ouest, sont repris à chaque étage. Chaque appartement possède un logis avec cheminée adossée, accompagné de deux chambres ; l'appartement est du second étage carré possède en outre deux placards adossés en maçonnerie et bois, dont l'un possède quatre panneaux moulurés, et deux réduits avec cloisons en pans de bois. Dans ces étages, les sols sont en carreaux de terre cuite, disposés en damier ou en rangées, ou en tomettes de différentes tailles ; les murs et les plafonds sont enduits avec décors peints de plinthes. Les menuiseries des portes, en noyer, sont à panneaux moulurés ; les menuiseries des fenêtres sont équipées de barres de fermeture verticales. L'étage de comble est uniquement desservi par l'escalier est, dont les marches sont en mortier ; le toit a été très rabaissé. L'ensemble du bâtiment est construit en maçonnerie de moellons calcaires et de grès. On note quelques assises en arêtes de poisson, visibles en parement extérieur et intérieur à la base du pignon est. Une partie de l'élévation conserve un enduit rustique. Les autres élévations possèdent un enduit à la tyrolienne avec décor peint de faux encadrements, décrouté dans la partie basse. Au deuxième niveau de l'élévation est, une porte murée possède un encadrement en pierre de taille. Au premier niveau de l'élévation sud, la porte de l'ancienne mairie possède un encadrement en pierre de taille, avec de petits chapiteaux moulurés, et une platebande dont la clef saillante et passante est ornée d'une étoile à sept branches sculptée en réserve. La menuiserie à panneaux décorés de cette porte est surmontée d'une imposte vitrée, également en menuiserie. Au premier niveau de cette même élévation sud, on note les vestiges d'une demi-croisée en pierre de taille, à l'angle est. Au premier niveau de l'élévation ouest, la porte de l'escalier possède un encadrement en pierre de taille avec platebande à clef passante. Les autres ouvertures possèdent des encadrements façonnés au mortier, avec linteau en bois. Le toit à longs pans est couvert en plaques de fibro-ciment qui remplacent la couverture originelle en tuile creuse. L'avant-toit est traité par deux rangs de génoises en élévation sud, un seul rang en élévation nord ; les saillies de rive des pignons sont composées d'un rang de génoise. On note la présence de deux bancs monolithes adossés à l'élévation sud. Un bac de lavoir en ciment est adossé à l'élévation nord ; il porte la marque de son fabricant : SABAC à Fréjus.

Murs calcaire
grès
moellon sans chaîne en pierre de taille
Toit tuile creuse
Étages étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés
Couvrements voûte en berceau segmentaire
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier intérieur : escalier tournant
Statut de la propriété propriété de la commune

Références documentaires

Documents d'archives
  • Devis et détail estimatif des ouvrages à faire pour la réparation de la maison d'école de la commune de Méailles, janvier 1861. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 O 259

  • Délibération du Conseil de Fabrique concernant la reconstruction du presbytère, juillet 1873. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 259

  • Courrier du Préfet des Basses-Alpes approuvant la subvention sur les fonds de l'Etat, demandée par le Conseil de Fabrique de Méailles, pour « solder la dépense de reconstruction du presbytère », octobre 1873. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 259

  • Extrait du registre des délibérations du conseil municipal de Méailles, maison d'école, 16 janvier 1876. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 259

  • Extrait du registre des délibérations du Conseil Général, Commission des églises, presbytères et écoles : agrandissement de la maison d'école de Méailles, 23 août 1899. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 1 O 259

Documents figurés
  • Mairie école de Méailles. Plan de masse / Dessin, 2003. Dans : Diagnostic de deux bâtiments communaux, juin 2003. Archives communales, Méailles

  • Mairie école de Méailles. Plan du rez-de-chaussée surélevé. / Dessin, 2003. Dans : Diagnostic de deux bâtiments communaux, juin 2003.

  • Mairie école de Méailles. Plan de l'étage de soubassement. / Dessin, 2003. Dans : Diagnostic de deux bâtiments communaux, juin 2003. Archives communales, Méailles

  • Mairie école de Méailles. Plan du premier étage carré. / Dessin, 2003. Dans : Diagnostic de deux bâtiments communaux, juin 2003. Archives communales, Méailles

  • Mairie école de Méailles. Plan du second étage carré. / Dessin, 2003. Dans : Diagnostic de deux bâtiments communaux, juin 2003. Archives communales, Méailles

  • Mairie école de Méailles. Elévations sud et ouest./ Dessin, 2003. Dans : Diagnostic de deux bâtiments communaux, juin 2003. Archives communales, Méailles

  • Mairie école de Méailles. Elévations nord et est. / Dessin, 2003. Dans : Diagnostic de deux bâtiments communaux, juin 2003. Archives communales, Méailles

(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Laurent Alexeï