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poudrière dite magasin à poudre P

Dossier IA05000164 réalisé en 1992

Fiche

I. HISTORIQUE

Cf. place forte.

II. DESCRIPTION

Ce bâtiment, parallèle au front du Guil, en arrière de celui-ci, à côté de l'arsenal, figure au projet initial de Vauban et a été construit très tôt (achevé en 1694). Il s'agissait d'un grand bâtiment rectangulaire de 27,4 x 14, 6 m hors œuvre, voûté à l'épreuve de la bombe, soutenu latéralement de chaque côté par quatre gros contreforts amortis en plan incliné.

Ce bâtiment a été construit au milieu d'une cour en contrebas du terrain environnant, cour entourée d'un mur de soutènement constituant l'enceinte d'isolement règlementaire.

A l'intérieur, la chambre à poudre (23,4 m x 8,40 m) protégée latéralement par des murs de plus de 3 m d'épaisseur, est voûtée en berceau brisé (H. env. 11 m sous clef) réalisé en moellons appareillés de tuffeau.

Etage supérieur, vue intérieure prise en direction de la porte.Etage supérieur, vue intérieure prise en direction de la porte. Etage supérieur, vue intérieure prise depuis l'entrée. Au fond, lucarnes des lanternes.Etage supérieur, vue intérieure prise depuis l'entrée. Au fond, lucarnes des lanternes.

Le vaisseau est divisé par un plancher intermédiaire reposant sur des poutres soutenues par une file médiane de Il poteaux de bois, avec chapeaux et aisseliers, posés sur des dés en pierre de taille, à table fouillée et rebord mouluré. Ces dés traversent le plancher sur lambourdes du rez-de-chaussée.

Les murs latéraux étaient percés, au rez-de-chaussée, de chaque côté de trois soupiraux (transformés en barbacanes) et au premier étage de trois barbacanes, ceci pour la ventilation du local.

Le « grand atlas des bâtiments militaires» établi vers 1850 (feuille 10) donne à ce bâtiment une capacité de 120 tonnes de poudre.

Vue intérieure de l'étage inférieur.Vue intérieure de l'étage inférieur. Vue intérieure : porte d'entrée de l'étage supérieur de la chambre à poudre.Vue intérieure : porte d'entrée de l'étage supérieur de la chambre à poudre.

L'accès au premier étage se fait par une passerelle lancée, par dessus la cour, entre le palier d'un perron de plain-pied avec le terrain alentour, et une porte d'accès, à deux vantaux pivotants successifs, ménagée au milieu du pignon sud-ouest.

Le rez-de-chaussée est desservi par une porte de plain-pied avec la cour au-dessous de la précédente. On y parvient par deux volées d'escaliers divergents descendant du perron ci-dessus.

Vers 1880, pour mettre les poudres de la place à l'abri de l'artillerie rayée (et en particulier celles des deux nouvelles batteries est et ouest) on a procédé à la mise de l'édifice aux normes de l'instruction ministérielle du 22 août 1874. A ce titre, on a construit, de chaque côté, un vaisseau en arc rampant s'appuyant d'un côté au bâtiment, avec les lunettes dégageant les barbacanes, vaisseaux jouant le rôle de la galerie d'assèchement. Galerie extérieure de gauche.Galerie extérieure de gauche.

De même en pignon, avec, en plus, à l'arrière du pignon nord-est, une chambre des lanternes à deux niveaux de trois baies d'éclairage correspondant aux deux niveaux de la chambre à poudre, chambre complétée par les trois cheminées habituelles.

Le tout a été, enfin, recouvert du massif de terre règlementaire de protection (ép. minimum 3 m à la clef) en ménageant, au sud-est, une entrée encastrée dans le talus, soutenu latéralement par deux murs en aile. Au-dessus de la porte est gravée la date de 1882.

Vue générale.Vue générale. Entrée.Entrée.

Les locaux additionnels et leur enveloppe de terre ont évidemment fait disparaître la cour extérieure de l'état initial.

Comme autre singularité, on notera que l'arrière du rez-de-chaussée est relié par une galerie d'égout à la citerne du bâtiment V, galerie poursuivie jusqu'au front du Guil (saillant 6). Cette galerie est désignée comme destinée à la vidange de la citerne, ou son trop plein, mais certains y voient, en outre, un dispositif de noyage des poudres, en cas d'incendie.

On notera la présence, sur les vantaux des portes de la chambre à poudre, de gonds et de pentures en bronze (pour ne pas provoquer d'étincelles) encore en place. Par contre le paratonnerre, bien que toujours en place également, a ses circuits de mise à la terre coupés, d'où des risques d'accident.

Édifice en très bon état, doté de l'éclairage électrique et utilisé pour des animations.

Appellations magasin à poudre P, de la place forte de Montdauphin
Dénominations poudrière
Aire d'étude et canton Hautes-Alpes - Guillestre
Adresse Commune : Mont-Dauphin
Adresse : 1ère poudrière

Le bâtiment, qui figure sur le projet initial de Vauban de 1692, est construit très tôt et achevé en 1694. Vers 1880, lors de la crise de l'artillerie rayée, l'édifice est mis aux normes de l'instruction ministérielle de 1874. Un vaisseau en arc rampant est construit de chaque côté du bâtiment pour jouer le rôle de galeries d'assèchement.

Période(s) Principale : 4e quart 17e siècle
Principale : 4e quart 19e siècle
Auteur(s) Auteur : Le Prestre de Vauban Sébastien,
Sébastien Le Prestre de Vauban (1er mai 1633 - 30 mars 1707)

Ingénieur, architecte militaire, urbaniste, ingénieur hydraulicien et essayiste français. Nommé maréchal de France par Louis XIV. Expert en poliorcétique (c'est-à-dire en l'art d'organiser l'attaque ou la défense lors du siège d'une ville, d'un lieu ou d'une place forte), il a conçu ou amélioré une centaine de places fortes.


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ingénieur militaire, attribution par source

La poudrière est un bâtiment rectangulaire construit en maçonnerie de moellons, divisé en deux niveaux par un plancher intermédiaire. L'étage supérieur est voûté en berceau brisé. Un vaisseau en arc rampant est appuyé sur chaque côté du vaisseau principal. Le tout est couvert d'un massif de terre.

Murs pierre moellon
Toit terre en couverture
Étages 1 étage carré, 1 vaisseau
Couvrements voûte en berceau brisé
voûte en demi-berceau
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Documents figurés
  • Montdauphin. Magasin à poudre coté P au plan général [...]. / Dessin, 1833. Service historique de la Défense, Vincennes : Fonds du Génie, Grand atlas, T 337, feuille 10.

  • Plan d'ensemble de Mont-Dauphin, 1974 / Dessin, Dominique Ronsseray, 1974.

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