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pont ferroviaire dit pont de Quarante mètres

Dossier IA04000633 réalisé en 2006

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénomination pont ferroviaire
Appellations pont de Quarante mètres
Dénominations pont
Aire d'étude et canton voie ferrée de la ligne Nice - Digne-les-Bains
Hydrographies Verdon le
Adresse Commune : La Mure-Argens
Lieu-dit : près de la Pièce
Cadastre : 1983 E non cadastré

Les plans détaillés de la section Saint-André-Annot de la ligne Nice-Digne sont dressés entre 1899 et 1901. Lors de cette étape, le projet initial de 1892 a été profondément modifié. Selon ce dernier, la voie ferrée restait en rive droite du Verdon et ne franchissait la rivière qu'au moment d'entrer dans le tunnel de la Colle Saint-Michel. En 1901 s'est imposée l'idée de franchir trois fois le Verdon pour éviter plusieurs obstacles que la ligne aurait rencontrés en empruntant la rive droite. Deux nouveaux viaducs étaient indispensables : le viaduc de Thorame-Haute et le pont de Quarante mètres. Ce dernier fait partie du premier lot de cette section qui va de Saint-André-les-Alpes au tunnel de la Colle-Saint-Michel, adjugé à l'entreprise Vitté et Allard. Ses plans ont été dessinés par l'ingénieur Guignard sous la direction de l'ingénieur Philippe Zürcher. Le premier projet du pont ne comportait pas la passerelle piétonne qui a été ajoutée au projet à l'automne 1904. Pendant le chantier, qui a commencé le 19 mai 1905, le cours du Verdon a été dévié grâce à la construction de barrages. Pour contenir les poussées de cette voûte, il était nécessaire d'asseoir sur ce terrain instable de puissantes culées dont la fondation a nécessité le recours à l'air comprimé, la méthode par épuisement n'étant pas envisageable pour une telle profondeur. Grâce aux éléments publiés par Paul Séjourné, on connait le détail du déroulement du chantier. La construction des fondations s'est achevée en octobre 1905. Celle de la voûte s'est étalée d'avril à août 1906 : mise en œœuvre du premier rouleau du 15 juin au 5 juillet, clavage du 5 au 9 juillet et mise en œœuvre du second rouleau du 16 juillet au 14 août. L'ensemble de la maçonnerie était achevé le 14 septembre et le décintrement est intervenu le 19 septembre. L'ingénieur Varvier a remplacé Guignard pendant la construction. Le pont a été ouvert à l'exploitation commerciale le 11 juillet 1911.

Période(s) Principale : limite 19e siècle 20e siècle
Dates 1905, daté par travaux historiques, daté par source
Auteur(s) Auteur : Varvier,
Varvier

ingénieur fin 19e siècle.


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ingénieur, attribution par source
Auteur : Vitté et Allard, entrepreneur, attribution par source
Auteur : Zürcher Philippe Elie Frédéric
Philippe Elie Frédéric Zürcher (01.11.1853 - )

Né à Toulon le 01.11.1853.

Polytechnique le 01.11.1871. Élève des Ponts et Chaussées le 01.11.1873.

En mission dans la Haute Garonne le 01.06.1874, dans l’Aude le 01.06.1875. Placé au port militaire de Toulon le 01.07.1876. Collaborateur adjoint à la carte géologique le 23.05.1883. Chargé de l’arrondissement de Toulon le 01.01.1885. Directeur de la voirie municipale de Toulon le 08.05.1885. Directeur des travaux hydrauliques du port militaire de Toulon le 01.12.1889. Ingénieur en chef de 2ème classe le 16.03.1893. En congé, sans traitement le 01.05.1896. Chargé des Basses Alpes le 01.01.1897. Congé de 3 mois pour se rendre à la Compagnie de Panama le 01.03.1898. Reprend son service le 01.05.1898. En congé, entre à la Société de la Percée des Alpes comme directeur général des travaux le 01.11.1906. Retraité le 01.03.1914.


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Auteur : Guignard ingénieur ordinaire

Le pont de Quarante mètres est un pont en maçonnerie constitué d'une arche elliptique unique. Il présente une forme audacieuse pour un pont de cette catégorie, puisque sa portée atteint 40 m pour une flèche de 10 m, lui donnant une ligne nettement surbaissée. Sa longueur totale atteint 65 m. L'arc est composé d'un double rang de claveaux saillants dont les petits blocs forment des bossages. Le reste de sa maçonnerie est en petits moellons posés en assises régulières. Ils dessinent de légers bossages. L'arc s'appuie sur deux puissantes culées, utilisant la même maçonnerie, sauf aux chaînes d'angles, où les pierres sont de grand appareil et les bossages beaucoup plus marqués. Chaque culée s'appuie sur un massif en maçonnerie dont l'emprise au sol de plus de 4000 m2 est aujourd'hui largement recouverte par la végétation. On peut encore distinguer la forme busquée de ces deux massifs formant bajoyer près des rives de la rivière. La portée de 40 m était nécessaire non seulement pour faciliter le passage des crues mais surtout pour fonder les culées sur un sol stable. C'est la plus grande portée pour une arche en maçonnerie sur l'ensemble de la ligne.

Murs calcaire
moellon
pierre de taille

Un des derniers ouvrages d'art de grande portée construits en maçonnerie en France. Son arche est fortement surbaissée.

Statut de la propriété propriété publique, []
Intérêt de l'œuvre à signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • Tracé de la ligne entre St-André et le souterrain de la Colle St-Michel : rapport des ingénieurs sur la variante par la rive gauche du Verdon, 29 novembre 1901. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : S 1095

    La loi du 26 juillet 1895 a décidé que la ligne qui va de Saint-André-les Alpes à Puget-Théniers serait construite par les services de l’Etat. Le premier tracé proposé par les ingénieurs pour la partie comprise entre St-André et le tunnel de la Colle St-Michel prévoyait le passage sur la rive droite du Verdon. A la suite de remarques de la Compagnie, les ingénieurs proposent une modification radicale du tracé en le faisant passer sur la rive gauche, ce qui permet d'éviter des passages difficiles mais en revanche oblige à franchir 2 fois la rivière. Ces 2 ouvrages sont le viaduc de Thorame et le pont de Quarante mètres. Ce pont a une ouverture de 40 m avec une profondeur de culées de 9 m ce qui permet de les établir sur terrain solide. Largeur du pont : 4,85 m ; hauteur : 13,45 m ; longueur totale : 53,40. Epaisseur de la voûte à la clé : 1,50 m . Epaisseur de la voûte au joint de rupture : 2,70 m. Epaisseur de la voûte à naissance : 12,30 m . L'air comprimé a été utilisé pour assurer la fondation des culées. Le nouveau tracé prévoit également le déplacement de la gare d'Allons-Argens sur la rive gauche du Verdon et celui de la gare de Thorame-Haute, non plus à La Rivière mais à Thorame.
  • GUIGNARD et ZÜRCHER. Section de Saint-André à Annot : partie comprise entre la station de St-André et la sortie du souterrain de La Colle St-Michel -1er lot-projet d'exécution des travaux : devis et cahier des charges, 7 juin 1904. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : S 1092.

    Cahier des charges de construction de la ligne : pages concernant la construction du pont de 40m sur le Verdon.
  • Tracé de la ligne entre St-André et le souterrain de la Colle St-Michel : courrier du ministre des Travaux Publics autorisant la construction d'une passerelle accolée au pont de 40m sur le Verdon, 5 novembre 1904. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : S 1095

    Courrier du ministre des Travaux Publics autorisant la construction d'une passerelle accolée au pont sur le Verdon adressée en copie à l'ingénieur en chef Zürcher.
  • Rapport du conducteur subdivisionnaire, 11 novembre 1905. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : S 1095

    Les travaux de construction du pont ont nécessité un barrage de dérivation qui a été emporté par une crue et a provoqué la destruction d'une oseraie. Le conducteur des travaux demande que soit acceptée l'indemnisation du propriétaire. L'ingénieur en chef donne un avis favorable.
Documents figurés
  • Tracé de la ligne entre St-André et le souterrain de la Colle St-Michel : projet de passage pour piétons accolé au pont de 40m d'ouverture. / Dessin à l'encre sur papier, par Philippe Zürcher et Guignard, 23 septembre 1904 ; échelle de 0,001 par mètre. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : S 1095.

    Plan d'ensemble de la construction d'une passerelle pour piétons accolée au pont sur le Verdon et profil en travers figurant la voie et le sentier projeté.
  • Exécution de la voûte. / Dessin de Paul séjourné. Dans : Grandes Voûtes, Bourges, tome 1, 1913, 6 volumes. : ill, p. 133.

  • Élévation amont ; cintre ; passage pour piétons (tête aval). / Dessins, Paul Séjourné. Dans : Grandes Voûtes, I. Voûtes inarticulées. Description des ponts qui ont ou avaient des voûtes inarticulées de 40 m. et plus de portée. Pleins cintres et ellipses, Bourges, 1913, p. 134.

  • Aval. [Élévation aval du pont de Quarante mètres]. Dessin, Paul séjourné. Dans : Grandes Voûtes. Bourges, tome 1, 1913, 6 volumes. : ill, p. 133.

Bibliographie
  • BANAUDO, José. Le siècle du Train des Pignes. Breil-sur-Roya : Éditions du Cabri, 1991, 320 p. : ill.

    p. 152
  • MARREY, Bernard. Les Ponts modernes, 18e -19e siècles. - Paris : Picard, 320 p. : ill

    p. 288 : "Pont digne d'admiration", de 40 m d'ouverture pour seulement 10 de montée. Construit en 1905-1906 sous la direction de l'ingénieur en chef Philippe Zürcher par l'entreprise Vitte et Allard
  • SÉJOURNÉ, Paul. Grandes Voûtes. Bourges, tome 1, 1913, 6 volumes. : ill.

    Court chapitre historique, descriptif et technique sur le pont de Quarante mètres. La construction des fondations s'est achevée en octobre 1905. Celle de la voûte s'est étalée d'avril à août 1906 (mise en œuvre du premier rouleau du 15 juin au 5 juillet, clavage du 5 au 9 juillet et mise en œuvre du second rouleau du 16 juillet au 14 août). L'ensemble de la maçonnerie était achevé le 14 septembre et le décintrement est intervenu le 19 septembre. L'ingénieur Varvier a remplacé Guignard pendant la construction.
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