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pont ferroviaire de Trinquetaille dit aussi pont de Lunel ou pont aux Lions

Dossier IA13004061 réalisé en 2011

HISTORIQUE

Plusieurs projets sont présentés par la Compagnie du Midi et la Compagnie de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM) pour édifier le pont devant franchir le Grand Rhône (Référence : IA13004134) à Arles sur la future ligne ferroviaire Arles-Lunel-Sète (AD Rhône : 3959W 1794). C´est la Compagnie PLM qui réalise finalement la ligne de chemin de fer et le pont entre 1866 et 1867. Ce dernier est ouvert à la circulation le 28 janvier 1868 (BILLO, p. 136). La ligne permet d´optimiser l´exploitation houillère des Cévennes en lui offrant un débouché sur celle de Paris-Marseille et sur la navigation fluviale et maritime à partir d´Arles, et l´accès aux industries naissantes de Fos et de Port-de-Bouc (Site internet Patrimoine de la ville d'Arles). Il s´agit d´un pont tubulaire métallique reposant sur des piles et des culées maçonnées en pierre de Beaucaire (BILLO, p. 136 ; Site internet Petit Patrimoine ; Site internet Patrimoine de la ville d´Arles). Les massifs d´ancrage sont ornés de piliers à bossage surmontés de lions - symboles héraldiques d´Arles - réalisés par le sculpteur animalier Pierre Louis Rouillard (Plaque d'inauguration, Annexe n° 1). Le pont est détruit lors des bombardements alliés en août 1944 et l´exploitation de la ligne Lunel-Arles définitivement arrêtée (BILLO, p. 136 ; Site internet Patrimoine de la ville d'Arles ; Plaque d'inauguration, Annexe n° 1). Les travaux de déblaiement des travées métalliques tombées dans le fleuve et de démolition de la plupart des piles s´étalent sur plusieurs années. On possède des échanges de correspondance sur les besoins d´une trentaine de prisonniers politiques pour les travaux ; d´après le sous-ingénieur chargé de la reconstruction du viaduc le 8 septembre 1944, la surveillance devrait être assurée non par l´armée américaine ou la SNCF mais par le comité de libération de la ville d´Arles (AM Arles : O 75). A partir de 1946, les travaux sont exécutés par le Service de la Navigation pour le compte de la SNCF ; une travée est récupérée pour le compte de la Direction des routes. Le 29 janvier 1947, un courrier informe l´ingénieur des ponts et chaussée que l´Administration a été chargée par la SNCF de faire enlever les restes du tablier et débris du viaduc. Le tablier, tronçonné par les bombardements, prend encore appui par parties sur deux piles, le reste paraissant reposer sur le fond du lit parfois à 10 m de profondeur. Le 27 mars 1947, un marché charge l´entreprise d'Eric Combas, de l´enlèvement des restes du tablier et des débris divers. En octobre 1947, cette entreprise effectue également des dragages au pied de la pile 2 de rive gauche. Enfin, le 30 juin 1947, un marché est attribué à l´entreprise Héritier pour les travaux de démolition d´une partie du mur de quai de la rive gauche au droit de la culée (AD Rhône : 3959W 1794).Le 23 août 1947, l´ingénieur des Ponts et Chaussées Beltremieux soumet à l´ingénieur en chef des Ponts et Chaussées de la direction des routes un projet de réemploi d´une travée de ce pont en cours de démontage afin de créer au même endroit un passage comportant une voie de tramway ou une voie ferrée. Ce projet ne connaît pas de suite et le Service de la Navigation du Rhône fait démonter les assemblages (AD Bouches-du-Rhône : 1937W 516). En 1961, les travaux de démolition des piles du viaduc SNCF du grand Rhône à Arles ne sont pas terminés (AD Rhône : 3959W 1794). On ne sait à quelle date précise ils ont pris fin. Il ne subsiste dès lors que les massifs d´ancrage des culées sur chaque rive. En 2008, des travaux de rénovation sont engagés pour consolider et restaurer les vestiges des culées. A cette date, une plaque est posée sur le côté aval du massif de la rive gauche afin de commémorer sa restauration et les 140 ans de son inauguration en 1868 (Plaque d'inauguration, Annexe n° 1).

Précision dénomination pont ferroviaire
Appellations pont ferroviaire de Trinquetaille, pont de Lunel, pont aux Lions
Dénominations pont
Aire d'étude et canton bassin du Rhône - Arles
Hydrographies Grand Rhône (le)
Adresse Commune : Arles
Lieu-dit : Monplaisir, Trébon, Trinquetaille
Adresse : quai du 8 Mai 1945 , quai Saint-Pierre
Cadastre : 2008 BT non cadastré ; domaine public

Le projet de la ligne ferroviaire 820 entre Sète et Marseille passant par Arles, remontant à 1862, a été mis en œuvre par la Compagnie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM). Le pont permettant de franchir le Grand Rhône (Référence : IA13004134) à Arles a été construit en seulement deux ans, de 1866 à 1867, et ouvert à la circulation le 27 janvier 1868. Il s’agit du premier pont fixe installé sur le Rhône sur le territoire de la commune, seul le pont de bateaux (Référence : IA13004098) étant alors en service. La ligne est surtout exploitée entre Arles et Lunel, dans l'Hérault, afin d’acheminer le charbon des Cévennes vers les voies de commerce fluvial et maritime d’Arles. Son ouverture marque l’arrivée du chemin de fer dans cette ville. L’ouvrage comporte un tablier métallique reposant sur des culées et des piles en pierre. Un motif déjà proposé par Seguin en 1841 pour le projet du pont suspendu de Trinquetaille (Référence : IA13004062) est repris : sur chaque rive, les massifs d’accès sont encadrés par des piliers surmontés de lions héraldiques en pierre. Il s’agit d’une figuration monumentale du ''lion d’Arles'', symbole de la ville. Ils sont réalisés par le célèbre sculpteur animalier Pierre Louis Rouillard. Le pont est détruit par les bombardements alliés d’août 1944 et n’a jamais été reconstruit. La jonction de la ligne avec la gare d’Arles a donc été totalement abandonnée, comme l’exploitation de la ligne Arles-Lunel. Il ne subsiste aujourd’'hui de l’ouvrage que les massifs d’ancrages surmontés des lions sculptés sur chaque rive et deux piles au milieu du Rhône. En 2008, ces massifs et les sculptures ont bénéficié d’une restauration. En même temps, les quais sur lesquels ils sont installés ont été réaménagés et rénovés, mettant ainsi en valeur les vestiges du pont ferroviaire qui appartiennent à la ville d’Arles.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Secondaire : 1er quart 21e siècle
Dates 1866, daté par source
Auteur(s) Auteur : Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée dite PLM,
Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée dite PLM

La Compagnie des Chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, est désignée aussi par le sigle PLM pour Paris-Lyon-Méditerranée. C'est la principale compagnies ferroviaires privées françaises entre sa création en 1857 par Paulin Talabot (directeur général de 1862 à 1882) et sa nationalisation en 1938, lors de la création de la SNCF. Ses lignes desservent le Sud-Est de la France, et notamment la Côte d’Azur, la Provence, les Cévennes, et les Alpes. La gare parisienne du PLM était la Gare de Lyon, raccordée à la gare Marseille-Saint-Charles depuis 1855 sur son tracé de base : Paris – Lyon – Marseille.


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maître d'oeuvre, attribué par source, signature
Auteur : Rouillard Pierre Louis,
Pierre Louis Rouillard (1820 - 1881)

Sculpteur animalier. Il entre en 1837 à l'École des beaux-arts de Paris où il est l'élève de Jean-Pierre Cortot. Il devient ensuite professeur de sculpture et d'anatomie à l'École de dessin et de mathématiques de 1840 à 1881, où il eut notamment comme élève le sculpteur animalier François Pompon.


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sculpteur

Le pont ferroviaire de la ligne Sète-Marseille traversait le Grand Rhône (Référence : IA13004134) à Arles en amont de son centre historique, là où le fleuve est le plus large, au point kilométrique 282,150, entre les quartiers de Monplaisir-Trébon en rive gauche (quai du 8 mai 1945) et de Trinquetaille en rive droite (quai Saint-Pierre). C'’était un pont constitué par un tablier métallique tubulaire à poutres continues de 310 m de longueur environ (230 m selon Billo), 6,20 m de hauteur et 9,80 m de largeur. Il reposait sur quatre piles oblongues espacées de 70 m environ et sur des culées distantes de 50 m environ. Les supports étaient tous maçonnés en pierre de taille de Beaucaire. Les massifs d’'ancrage sont encadrés par des piliers à bossage surmontés de deux lions sculptés hauts de 3 m, tournés vers la ville et posant une patte sur un blason comportant les noms d’'Arles et de Lunel. Depuis la fin des travaux de déblaiement, il ne subsiste de l'ouvrage que ses deux massifs d'’ancrage et deux piles en rivière, arasées à 10 m environ au-dessus des basses eaux. Le massif se dresse sur le quai du 8 mai 1945 en rive gauche, et sur le quai Saint-Pierre en rive droite. Un escalier droit en béton a été apposé à une date inconnue contre le massif de la rive gauche afin de permettre aux piétons d'’accéder à la plate-forme installée au pied des piliers et protégée par un garde-fou métallique.

Murs métal
pierre pierre de taille
béton

Escaliers escalier demi-hors-oeuvre : escalier droit, en maçonnerie
Typologies pont en poutre en treillis à travées continues, TYPO2 pont en poutre
États conservations vestiges, restauré
Techniques sculpture
maçonnerie
Représentations ornement animal lion
Précision représentations

Une figure de lion surmonte le massif maçonné encadrant l'ouvrage à l'entrée du pont et formant têtes de pont sur chacune des rives.

Structures subsistantes (têtes de pont et deux piles en rivière) d'un pont sur une ancienne voie ferrée franchissant le Grand Rhône au nord d'Arles, entre les quartiers Monplaisir et Trinquetaille. Ex-propriété : PLM.

Statut de la propriété propriété d'une société privée
propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler

Annexes

  • Transcription des inscriptions portées lisibles sur le pont.

    Inscriptions portées :

    ARLES ; LUNEL (gravés respectivement à l'entrée et de chaque côté du pont, sur les écussons de pierre sur lesquels est levée la patte droite des lions sculptés)

    Plaque d'inauguration scellée sur le massif de culée de la rive gauche : ARLES/ Patrimoine Mondial de l'Humanité./ Ligne ferrovière [sic] PLM Arles-Lunel/ mise en service en 1868./ Inauguration/ de la restauration des quatre piliers/ et/ des Lions de pierre sculptés par/ Pierre Louis Rouillard (1820-1881)./ Dimanche 16 Novembre 2008./ Ce pont dit des Lions a été détruit par les bombardements d'Arles/ le 6 Août 1944 qui ont disjoint les quatre parties architecturales/ des œuvres sculptées./ Les Amis de [sic] Vieil Arles.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Problèmes posés par la reconstruction du pont de chemin de fer dit Pont de Lunel, 1944-1946. Archives communales, Arles : O 75

  • Ponts et ouvrages d´art, destructions liées à la guerre et programme de reconstruction, correspondance, plans. 1940-1954. Archives départementales des Bouches-du-Rhône, Marseille : 1937 W 516.

Documents figurés
  • Projet de pont métallique pour Arles /Dessin, 1/200, 99 x 60,2 cm, 1860. Archives communales, Arles : 1 Fi 644.

  • Projet de pont suspendu sur le Rhône à Arles conformément aux dimensions données par le programme : détail des lions /Dessin, 1/200, 128,5 x 60 cm, 1842. Archives communales, Arles : 1 Fi 648.

  • Projet de pont métallique pour Arles : élévation longitudinale du pont, cote de Trinquetaille /Dessin, 99 x 60,2 cm, 1860. Archives communales, Arles : 1 Fi 646.

  • Projet de pont métallique pour Arles : treillis / Dessin, 99 x 60,2 cm, 1860. Archives communales, Arles : 1 Fi 645.

  • Projet de pont métallique pour Arles /Dessin, 99 x 60,2 cm, 1860. Archives communales, Arles : 1 Fi 645.

  • Projet de pont métallique pour Arles : vue intérieure de la poutre /Dessin, 99 x 60,2 cm, 1860. Archives communales, Arles : 1 Fi 645.

    Archives communales, Arles : 1 Fi 645
  • Projet de pont métallique pour Arles : coupe transversale / Dessin, 99 x 60,2 cm, 1860. Archives communales, Arles : 1 Fi 646.

  • Projet de pont métallique pour Arles : vue extérieure de la poutre /Dessin, 99 x 60,2 cm, 1860. Archives communales, Arles : 1 Fi 645.

  • Projet de pont suspendu sur le Rhône à Arles conformément aux dimensions données par le programme : plan et coupe /Dessin, 1/200, 128,5 x 60 cm, 1842. Archives communales, Arles : 1 Fi 648.

  • Projet de pont métallique pour Arles : élévation longitudinale du pont /Dessin, 99 x 60,2 cm, 1860. Archives communales, Arles : 1 Fi 646.

  • Pont du chemin de fer sur le Rhône d'Arles à Lunel. 711 Arles / Carte postale, avant 1905, Guende. Maison du Fleuve Rhône, Givors. Fonds Dürrenmatt : DUR-1594.

  • [Pont de Trinquetaille après les bombardements] /Carte postale, vers 1944. Maison du Fleuve Rhône, Givors. Fonds Rondeau : RON-1609.

  • Projet de pont métallique pour Arles : plan / Dessin, 99 x 60,2 cm, 1860. Archives communales, Arles : 1 Fi 645.

    Archives communales, Arles : 1 Fi 645
  • [Projet de] Pont sur le Grand Rhône à Arles : coupe /Dessin, 1/500, 60,4 x 25,6 cm. Archives communales, Arles : 1 Fi 649.

    Archives communales, Arles : 1 Fi 649
  • [Projet de] Pont sur le Grand Rhône à Arles : plan / Dessin, 1/500, 60,4 x 25,6 cm. Archives communales, Arles : 1 Fi 649.

    Archives communales, Arles : 1 Fi 649
  • Projet de pont métallique pour Arles : coupe / Pierre-Emile Martin / Dessin, 99 x 60,2 cm, 1860. Archives communales, Arles : 1 Fi 645.

    Archives communales, Arles : 1 Fi 645
Bibliographie
  • Billo, Maurice. Ponts et ouvrages d´art en Arles. Regards sur le patrimoine : histoire des différents franchissements du Rhône, des voies routières, ferrées, fluviales et des canaux en zone urbaine d´Arles. Aix-en-Provence : Editions Edisud, 1991. 159 p. ill.

    p. 136-137
  • MURATI, Philippe. Ponts de Provence. Vingt siècles d´ouvrages d´art en Provence-Alpes-Côte d´Azur. Nice : Serre Editeur, 1994

    p. 87
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