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ouvrage d'infanterie du Col de Garde, secteur fortifié des Alpes-Maritimes

Dossier IA06002435 réalisé en 2005

Fiche

Intérêt stratégique

L’ouvrage du Col de Garde est l’un des dix-huit petits ouvrages mixtes ou d’infanterie du Secteur fortifié des Alpes Maritimes (S.F.A.M.) construits entre 1931 et 1939 par la Commission d’organisation des régions fortifiées (C.O.R.F.) en appoint des dix gros ouvrage mixtes de la « Position de résistance ». Il fait partie de la seconde campagne de mise en place de ce programme, conduite entre 1937 et 1939.

Il est l’un des trois de sa catégorie qui ne soit pas strictement un ouvrage d’infanterie, du fait de la présence d’un canon antichar, adapté à la mission de barrage sur la route de Menton à Saint Agnès. Cette pièce antichar n’est pas prévue comme permanente, mais interchangeable avec un jumelage de mitrailleuses.

Le Col de Garde est une position intermédiaire entre les gros ouvrages de Sainte Agnès et de Roquebrune.

L’ouvrage est conçu pour une garnison de 115 hommes, ce qui en fait le plus important de sa catégorie du point de vue de la capacité en effectifs.

L’armement se composait d’un tube antichar de 37mm de casemate, modèle 1934 de 3 mitrailleuses et de 2 fusils mitrailleurs (armes automatiques), ces derniers utilisables sous une cloche GFM (guetteur fusil mitrailleur) modèle 1929

La centrale électrique se composait d’un groupe électrogène diesel Baudoin DB2 de 24 cv.

Analyse architecturale

L’ouvrage est aménagé à 270m d’altitude, à proximité et en contrebas du col de Garde et de la route, versant sud. Les blocs émergeant sont nichés sur la pente très escarpée exclusivement du côté gauche de la route, dans le sens de la montée au col, en balcon vers le littoral ce qui permettait le contrôle et la défense active des lacets de la route se développant en contrebas, en direction de Menton.

L’ouvrage est intérieurement inaccessible dans l’état actuel, et deux de ses blocs ne peuvent être facilement vus et approchés, du fait de la topographie du site, du couvert végétal actuel, et des clôtures de parcelles privées.

Il s’agit d’un abri actif répondant aux normes définies en 1931, soit se composant d’une infrastructure de galeries de distribution et de casernement creusées en caverne dans le roc, desservant au passage des locaux techniques en alvéoles latérales et commençant et aboutissant à des blocs émergeants, au nombre de 4, dont 2 blocs d’entrée et deux blocs actifs.

Les deux blocs d’entrée sont distants d’environ 40 m, étagés du même côté de la pente mais à un niveau légèrement différent et sans co-visibilité. Ils donnent accès à deux branches de galerie d’abord parallèles sur un court segment, puis convergentes, la galerie majeure étant celle du bloc 1. Ces deux branches desservent au passage, les équipements logistiques et locaux techniques habituels, logés dans des casemates ou alvéoles latérales : local de ventilation avec moteur électrique, magasin du génie, magasin à grenades, centrale électrique avec réservoir de refroidissement, latrines. Le casernement est aménagé dans une partie élargie de la galerie issue du bloc d’entrée 2 se raccordant à angle droit dans la galerie de distribution majeure issue du bloc 1.

Cette galerie majeure distribue ensuite à droite une branche secondaire parallèle à la galerie du casernement, qui aboutit au puits vertical d’accès à la cloche GFM du bloc 3, entièrement encastré dans le terrain, sans façade, et surplombant en retrait le bloc d’entrée 2. La cloche GFM et le couvrement en cône aplati du bloc émergent seuls (Fig. 1) , au niveau de la route.

L’extrémité de la galerie principale aboutit au bloc 4, dont la casemate active défendant la route est équipée de deux créneaux adaptés chacun à un jumelage de mitrailleuse, l’un d’eux accueillant le canon antichar.

Le bloc d’entrée 2, le plus dégagé et accessible, offre les dispositions classiques pour ce type d’ouvrage : façade d’entrée brisée en angle rentrant surmonté d’une grosse visière et précédée d’un fossé-diamant (Fig. 2). La porte, avec vantail blindé en fer, et passerelle métallique amovible (détruite) sur le fossé, est percé dans la face gauche du rentrant, et flanquée d’un créneau pour FM percé immédiatement en retour d’équerre dans la face droite ; à côté de ce créneau, la même face, légèrement renflée, est percée d’une prise d’air formant un orifice circulaire, raccordée à l’intérieur au circuit de ventilation.

Appellations du secteur fortifié des Alpes-Maritimes
Dénominations ouvrage d'infanterie
Aire d'étude et canton Alpes-Maritimes
Adresse Commune : Sainte-Agnès
Lieu-dit : Col de Garde

L’ouvrage du Col de Garde est l’un des dix-huit petits ouvrages mixtes ou d’infanterie du Secteur fortifié des Alpes Maritimes (S.F.A.M.) construits entre 1931 et 1939 par la Commission d’organisation des régions fortifiées (C.O.R.F.) en appoint des dix gros ouvrage mixtes de la « Position de résistance ». Il fait partie de la seconde campagne de mise en place de ce programme, conduite entre 1937 et 1939.

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Bibliographie
  • GARIGLIO, Dario, MINOLA, Mauro. Le fortezze delle Alpi occidentali [Les forteresses des Alpes occidentales]. Cuneo : L'Arcière, 1995.

    Vol. II, Dal Monginevro al Mare. p. 277.
  • MARY, J.-Y. La ligne Maginot, ce qu’elle était et ce qu’il en reste. – Paris : Sercap, 1985.

  • PANICACCI, J.L. La ligne Maginot dans les Alpes-Maritimes. Dans : Vauban et ses successeurs dans les Alpes-Maritimes. Paris : Association Vauban, 2004, p. 97-107.

  • PANICACCI, J.L. La bataille pour Menton (10-25 juin 1940). Dans : Guerres et fortifications en Provence. Mouans-Sartoux, 1995, p. 215-220.

  • SPIRAL, P. La ligne Maginot de l’Est et des Alpes, 1939-1945. Dans : Guerres et fortifications en Provence. Mouans-Sartoux, 1995, p. 199-214.

  • TRUTTMANN, Philippe. La muraille de France ou la ligne Maginot. – Thionville : édition Gérard Klopp, 1988, 627 p.

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