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Moulin à huile, scierie à bois puis moulin à huile et ressence, actuellement logement

Dossier IA06002446 réalisé en 2012

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénomination moulin à ressence
Destinations logement
Dénominations moulin à huile, scierie
Aire d'étude et canton Alpes-Maritimes - Grasse
Hydrographies Ribes Les Cascade La
Adresse Commune : Grasse
Lieu-dit : quartier Sainte-Anne
Adresse : 9 chemin des Prés
Cadastre : 1809 D3 481à 491, 494, 498 à 503 ; 2006 HI 4, 5

En 1778, François Lion, marchand, achète à Honoré Pugnaire, facturier à étoffes, une terre agrégée d'oliviers au quartier des Basses-Ribes. Peu après cet achat, un moulin à huile et une scie à eau sont construits sur le terrain. Au tournant du siècle, François Lion lègue l'établissement à son fils Jean Joseph. En 1809, se trouve sur le terrain une batisse qui regroupe le moulins à huile et la scie hydraulique. En 1812, la scie semble avoir été supprimée. D'importants travaux sont effectués sur le site au début des années 1830. Jean Joseph Lion détourne le lit du vallon des Ribes qui, jusque-là, bordait le bâtiment principal. Ce comblement, qui éloigne l'eau vers l'est et le sud, permet d'agrandir la propriété. Cette extension autorise par conséquent la construction d'une aile supplémentaire, placée en retour d'équerre sur la limite ouest de la batisse. Son rez-de-chaussée sert d'écurie. Une ressence est construite en 1833 sur la partie haute du terrain. Ces deux transformations d'importance conduisent à revoir le système d'alimentation et de rejets des eaux nécessaires aux moulins. Une nouvelle prise d'eau est construite bien en amont de l'ancienne qui est abandonnée puis détruite. Un canal d'amenée est créé et longe le chemin d'accès au site. De même, un canal de fuite souterrain est établi dans le terrain et se déverse au sud dans le nouveau lit du vallon. En 1899, le moulin est vendu à Henry Cresp, déjà associé aux Lion pour l'exploitation d'un autre moulin. Se trouvent alors dans le bâtiment principal : deux moulins à huile, des écuries, des remises, un grenier à foin, des caves et jarreries et des logements. La ressence existe également et en face d'elle, se trouve un magasin à grignons. Le site reste en activité durant la première moitié du 20e siècle. Une broyeur électrique est installé dans la salle de triturage à l'est (sans doute durant les années 1920). Durant la seconde partie du siècle, le moulin se dégrade après un temps d'abandon. En 1997, l'établissement presque en ruine est racheté par un particulier qui le restaure et le transforme en gite. Les divers vestiges du moulin sont rénovés. Un projet pédagogique permet au début des années 2000 la reconstruction et la remise en eau de l'une des 3 roues à eau du site. Elle tourne donc ponctuellement mais ne met plus aucun mécanisme en mouvement.

Période(s) Principale : Temps modernes
Principale : 4e quart 18e siècle
Principale : 1ère moitié 19e siècle
Dates 1833, daté par source

Le terrain présente une pente qui s’adoucit au sud et s'ouvre sur un pré. Le vallon des Ribes délimite la partie est du site. Les principales constructions se trouvent approximativement au centre de la propriété. Il s'agit d'un corps de bâtisse rectangulaire en moellons de roche placé en travers de la pente. Le toit est à longs pans avec une couverture en tuiles creuses. L'accès noble s'effectue par la face sud. De ce côté, la façade ordonnancée de 6 travées présente trois niveaux : un rez-de-chaussée (niveau des moulins), un étage et des combles. Un corps de bâtiment est placé en retour d'équerre sur la limite ouest de la bâtisse. Cette aile est également rectangulaire. Elle présente trois étages, une toiture à pan unique avec un débord de toit au sud. A proximité de ce bâtiment subsistent des restes de bassins. Deux autres ailes ont été ajoutées aux extrémités est et ouest, contre de la face nord de la bâtisse. L'espace entre ces deux ajouts forme une cour qui s'ouvre sur deux roues hydrauliques verticales à godets. L'une de ces roues est d'origine et la deuxième, enterrée, a été reconstruite récemment. Elle est encore en eau et reste associée à une cuve de mise en pression souterraine, qui assure un débit d'eau régulier. La chambre hydraulique de cette roue a connu des évolutions et porte les traces d'une roue antérieure. La roue la plus à l'est commandait le moulin à huile situé à l'extrémité est de la bâtisse et la roue ouest, enterrée, actionnait le moulin à huile situé au centre de la bâtisse. De cette dernière unité ne subsistent, contre le mur est, que les deux meules dormantes des anciennes pistes de broyage et sur le mur opposé, les deux bancs en pierre des anciennes presses. Du second moulin demeurent encore deux broyeurs à meules reliés à l'une des roues hydrauliques et un broyeur indépendant qui fonctionnait électriquement. Les presses et le chaudron sont disposés contre le mur est. Au nord de la propriété, de part et d'autre du portail d'entrée, se trouvent deux bâtiments présentant à chaque fois qu'un seul volume intérieur. Le bâtiment est, est l'ancien entrepôt à grignons. Sa toiture est à pan unique couverte de tuiles creuses. Le bâtiment ouest est l’ancienne ressence. La roue à eau est en métal et se trouve à l'extérieur du bâtiment, contre le mur pignon nord, à proximité de l'arrivée du canal d'amenée d'eau sur le terrain. Une martellière permet d'alimenter la roue de la ressence ou bien de conduire souterrainement l'eau aux autres roues du site. Intérieurement, il ne subsiste de la ressence que les deux presses logées dans des niches en pierre de taille aménagées dans le mur sud.

Murs enduit
moellon
Toit tuile creuse
Couvertures toit à longs pans
Énergies énergie hydraulique
roue hydraulique verticale
États conservations restauré, établissement industriel désaffecté

étages non visités dans l'enquête

Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Accord entre Jean Joseph Cresp et Jean Joseph Lion.

    Archives départementales des Alpes-Maritimes, 03 E 78/147, F° 440, Acte 351, Maître Sauvaire, 01/05/1834-31/12/1834, Accord entre Jean Joseph Cresp et Jean Joseph Lion : " Les quels ont exposé que M. Lion possède [...] quartier des Basses-Ribes une propriété rurale dans laquelle se trouvent un moulin à huile qui existe depuis longtemps et un moulin à ressence qui a été construit dans le cours de l'année 1833. Ces moulins sont alimentés par les eaux du vallon des Ribes ; comme le moulin à ressence a été construit à un point supérieur à celui où se trouve le moulin à l'huile M. Lion a abandonné son ancienne prise d'eau qui avait été détruite par l'effet des orages et en a construit une nouvelle à un point plus élevé ; il a établi un peu au-dessous du pont dit de Sainte-Anne une forte digue qui retient les eaux du vallon et les déverses dans un canal en maçonnerie d'où elles se rendent dans les usines sus-désignées. Ces mêmes eaux après avoir alimenté les usines se déchargent dans un canal de fuite souterrain qui les rend au vallon à l'issue des fonds du dit Lion. D'autre part, il a été fait en chargement dans la direction du vallon dont le lit, à un point à peu près parallèle au moulin à huile de M. Lion, formait un angle vers le couchant, passait au-dessous de ce moulin à huile et revenait ensuite vers le levant, longeait un grand mur appartenant au mineur Bruery. M. Lion a comblé l'ancien lit du vallon et en a formé un nouveau qui tire en ligne droite de manière que le vallon s'est trouvé ainsi écarté du moulin à huile de M. Lion et du grand mur appartenant à M. Bruery. Ce dernier possède diverses planches de terre voisines de la propriété de M. Lion ; il possède ainsi en-dessous de la grande route de Grasse à Draguignan au domaine dit Picourenq qui longe la rive droite du vallon des Ribes et pour l'utilité duquel une prise d'eau existe sur le dit vallon immédiatement au-dessous du pont dit le Pont Neuf".

Références documentaires

Documents d'archives
  • Cadastre de 1757. Archives communales, Grasse : CC88.

    Folio 1838 : entré dans le compte de François Lions, menuisier vers 1778 : moulin à huile et scie à bois aux Ribes construit nouvellement dans le propriété du dit Lions.
  • Acte de mariage entre Jean Joseph Lions et Magdeleine Cresp. Dans minutes de Me Fabre, notaire à Grasse, 15/07/1812-31/12/1812. 26/07/1812. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 03 E 078/103.

    Acte 326, folio 740, mariage du 26/07/1812 : dot se montant à 3500 frnacs. J. J. Lions la reconnaît et assure à la demoiselle Cresp sur un moulin à huile quartier des Basses-Ribes, dérivant de la succession de son père.
  • Testament de Jean Joseph Lions. Dans minutes de Me Sauvaire, notaire à Grasse, 01/01/1851-30/04/1851. 12/03/1851. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 03 E 078/180.

    Le 12/03/1851 : moulin à huile et ressence, quartier de Sainte-Anne ou du Pont neuf.
  • Partage de la succession de Madeleine Cresp, veuve de Jean Joseph Lions. Dans minutes de Me Chauvin, notaire à Grasse, 01/01/1864-28/02/1864. Acte 101 du 16/02/1864. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 03 E 078/233.

    Acte 101 du 16/02/1864 : Immeuble comprenant des moulins à huile et à ressence avec leur dépendances.
  • Acte de vente entre Jean Joseph Victor Lion et Henri Joseph Cresp. Dans minutes de Me Crépeaux, notaire à Grasse, 01/07/1899-31/12/1899. 27/10/1899, folio 1236. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 03 E 078/379.

    Acte du 27/10/1899, folio 1236 : 1. un grand bâtiment dans lequel se trouvent deux moulins à huile, des écuries, remises, greniers à foin, caves, jarreries et logements. 2. Un autre bâtiment non loin du précédent à l'usage de moulin à ressence.
  • Acte de vente entre Honoré Pugnaire et François Lion. Dans minutes de Me Ardisson, notaire à Grasse, 15/01/1778-14/01/1779. 30/05/1878. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 03 E 078/060.

    Acte de vente du 30/05/1878, folio 105 : Honoré Pugnaire vend à François Lion : une terre agrégée d'oliviers quartier des Basses-Ribes.
  • Accord entre Jean Joseph Cresp et Jean Joseph Lion. Dans minutes de Me Sauvaire, notaire à Grasse, 01/05/1834-31/12/1834. 04/05/1834. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 03 E 078/147.

    Acte 351, folio 440, accord entre Jean Joseph Cresp et Jean Joseph Lion.
Documents figurés
  • Plan cadastral de la commune de Grasse, 1810/ Plan à l'encre sur papier par Bonafoux, 1810. Archives départementales des Alpes-Maritimes, Nice : 25 Fi 069/1.

    Section D3, parcelles 481 à 491, 494, 498 à 503. Echelle d'origine 1/2500e.
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