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Moulin à foulon, puis usine de drap dite Draperie ou Fabrique Honnorat, puis parfumerie (distillerie de lavande), puis centrale hydroélectrique, puis gendarmerie, actuellement logement

Dossier IA04000472 réalisé en 2006

Fiche

I Historique

La Draperie Honnorat fut la plus importante de la vallée du Verdon au 19e siècle. Enrichi par la contrebande (son commerce transfrontalier de mules et de tabacs lui aurait rapporté, d’après ses mémoires, de 20 à 25 000 francs !), André Honnorat, qui était né en 1776, décide en 1815 de développer la mécanisation des étapes de la fabrication des draps de laine. Il est difficile de dire d’où lui est venue cette idée. Jusqu’alors, seule l’étape du foulage avait connue une vraie mécanisation dans la vallée du Verdon. En 1815, il achète à Jacques Collomp une terre au quartier du Pré Barrin. Cet emplacement, situé à proximité immédiate de la chapelle Notre-Dame, se trouve à quelques dizaines de mètres d’un important foulon appartenant au même Collomp. Mais il est possible que, contrairement à ce qu’André Honnorat écrit après coup dans ses courts mémoires, ses ambitions drapières aient été plus tardives. Il semblait surtout à la recherche d’une activité stable dans laquelle investir sa nouvelle fortune. Et de fait, trois ans s’écoulent entre l’acquisition du moulin et l’ouverture de la manufacture. Toujours est-il qu’après avoir entendu parler de draperie hydraulique à Marseille, il part y observer les mécanismes servant à filer et à tisser la laine de la fabrique de M. Revolon, puis se rend à Lyon où il rencontre un constructeur de machines nommé Théron. Il commence son activité de fabricant de draps avec ses machines, mais rapidement, il s’en sépare puis va à Vienne pour en acheter de nouvelles. C’est avec cette dernière acquisition qu’il a finalement fait prospérer son usine, mais il est impossible de déterminer le nom du constructeur. La fabrique Honnorat ouvre en 1818 dans de nouveaux bâtiments, juste en aval du foulon qui appartient encore à Collomp. Rapidement, cette fabrique, qui fonctionne grâce à une roue hydraulique verticale placée sur le canal des moulins de la ville, dans l'angle nord-ouest du bâtiment, s'agrandit. André Honnorat fait construire une première fabrique (parcelle 26) adossée à la chapelle puis, après 1830, une extension appelée "nouvelle fabrique", toujours vers le nord (actuelle parcelle 659). Rapidement également, il acquiert le foulon. On dispose, grâce à la donation partage qu’il établit en 1841, d’une description précieuse des machines qu’il utilisait alors, et dont la valeur estimée se porte au double de la valeur des bâtiments, et des droits d’eau qui y sont attachés :

• Six cardes (5 000 francs)

• Trois mule jenny et une tondeuse système Collier (4 000 francs)

• Trois filatures en gros (800 francs)

• Neuf filatures en fin (800 francs)

• Onze grand métiers à tisser (1 000 francs)

• Quatre petits métiers à tisser (100 francs)

• Un battoir et deux [?]rrasses (300 francs)

• Un ourdissoir et accessoire (100 francs)

• Un garnissage, un brossage, une tondeuse système Garrigue et accessoires (1 350 francs)

• Deux rames (150 francs)

• Un lustrage et accessoires (100 francs)

• Trois chaudière à teinture, instruments pour la collage des pièces et le lavage de la laine (1 000 francs)

Il faut également ajouter le foulon, avec ses trois foulons et sa laveuse.

Au retrait d'André Honnorat, la fabrique est reprise par son fils Eugène, puis par le gendre de ce dernier, Edouard Bongarçon, en 1881. C'est lui qui met un terme à l'activité de la draperie en 1886. Si on en croit les matrices cadastrales, les bâtiments ont encore été agrandis en 1858. Aux alentours de 1900, la fabrique a été reconvertie. Deux distilleries de lavande y sont aménagées. Une dans l’ancien foulon et une autre, dans l’extension la plus récente du bâtiment principal. Cette dernière est exploitée par Lautier fils, parfumeur à Grasse, dans les années 1920. Une centrale hydroélectrique a également été aménagée, grâce à l’exploitation par Léon Honnorat d’une turbine, située non loin de la grande roue, juste de l’autre côté du mur mitoyen qui séparait les deux anciennes parties de la fabrique. Utilisé comme entrepôt agricole, le bâtiment est en partie laissé à l'abandon au cours du 20e siècle, avant d'être transformé pour abriter de nombreux appartements dans les années 1980. Il était, jusqu’alors, toujours doté de ses hautes fenêtres à petits carreaux qui permettaient de laisser entrer une lumière abondante à l’intérieur des salles de l’usine.

II Description

La Draperie Honnorat est implantée de part et d’autre de la route qui conduit à Lambruisse, derrière la chapelle Notre-Dame. Les anciens bâtiment de production sont tous du même côté, à l’est de la route, le long du canal qu’on a appelé au 19e siècle le canal des usines ou le canal des moulins de Saint-André. Seul le Château Honnorat, la vaste demeure patronale, est situé à l’ouest de cette route. Au 19e siècle, c’est également de ce côté de la route que se trouvaient les étendages, ces étendues planes sur lesquelles la laine pouvait être étalée au soleil. L’ensemble est construit en moellons de maçonnerie, sans chaîne d’angle, et le niveau de soubassement est voûté, parfois renforcé de puissants arcs plein-cintre formant arcs diaphragmes.

La première fabrique

La première fabrique, c’est-à-dire la partie directement adossée à la chapelle, présente, sur un plan rectangulaire parallèle à la route et quasiment orienté selon un axe nord-sud, un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré. Le toit est à longs pans et déborde sur deux rangs de génoise du côté du mur gouttereau et sur un rang de génoise du côté du pignon. La façade principale sur le mur gouttereau, qui regarde vers l’est, aligne six rangées de fenêtres, et celle qui regarde vers l’ouest, sept. La porte d’accès principale est encadrée en pierre de taille. Son couvrement, en arc segmentaire, est couronné d’une cimaise en doucine droite. Le mur pignon sud est percé de quatre baies au premier étage, au-dessus de la chapelle, et de seulement deux au niveau du rez-de-chaussée, disposées asymétriquement, à l’est de la pente du toit de la chapelle. On observe, sur la façade est, un léger décrochage qui délimite une première partie de deux baies, les quatre restantes au nord. Il est difficile de dire si cette particularité est d’origine, mais si elle l’était, elle pourrait correspondre à l’emprise au sol de l’ancien moulin acheté par André Honnorat à Collomp.Les enduits ont été refaits à la fin du 20e siècle.

La seconde fabrique

La seconde fabrique prolonge la première, dans le même axe nord-sud. Elle est construite en moellons selon les mêmes dispositions : plan rectangulaire sur trois niveaux, toit à longs pans. Elle est plus longue, puisqu’elle aligne neuf rangs de fenêtres très resserrés, et plus haute d’environ un mètre. Elle aussi a deux rangs de génoise sur les façades est et ouest, mais elle n’en a aucun sur les pignons. Sa couverture a été refaite récemment. Son enduit est aujourd’hui à pierres vues.

L’extension de 1858

L’agrandissement qui termine l’alignement de la fabrique vers le nord et qui date probablement de 1858 est, lui, fort différent. Il s’agit d’un bâtiment adossé en appentis au pignon nord de la seconde fabrique, doté d’un rez-de-chaussée, d’un étage et d’un niveau de comble, couvert d'un toit à un seul pan. Il a servi de distillerie à partir de la seconde moitié du 19e siècle (témoignage oral).

III Le foulon : historique et description

Le foulon se compose de trois parties distinctes. Au centre, le bâtiment principal présente un corps de bâtiment rectangulaire dont la façade est orientée au sud-est. Construit en moellons de maçonnerie, il comporte un étage de soubassement et un rez-de-chaussée surélevé. La façade est percée de cinq travées serrées de fenêtres. Le toit est à longs pans. Il déborde de la façade sur une génoise à deux rangs.

Ce bâtiment se prolonge à l’est d’une extension un peu plus petite, elle aussi de plan rectangulaire, qui ne comprenait à l’origine qu’un seul niveau, et qui a été augmentée à la fin du 19e siècle d’un étage formant aujourd’hui rez-de-chaussée surélevé. A l’ouest, un hangar à l’origine couvert d’un toit à un pan a été également ajouté à la fin du 19e siècle, à l’époque ou l’ancien foulon était tout entier utilisé par une distillerie équipée d’une locomobile (machine à vapeur). Ce foulon, qui a conservé sa vocation première lors de son acquisition par André Honnorat vers 1820-1830, est probablement une construction du 18e siècle ou du tout début du 19e siècle.

Précision dénomination usine de draps
distillerie de lavande
Appellations Draperie Honnorat, Fabrique Honnorat
Destinations logement
Parties constituantes non étudiées atelier de fabrication
Dénominations moulin à foulon, usine textile, laiterie industrielle, parfumerie, gendarmerie
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Saint-André-les-Alpes
Hydrographies l'Issole
Adresse Commune : Saint-André-les-Alpes
Lieu-dit : Champ-Tarras
Cadastre : 1838 D 68, 70, 87, 88 ; 1983 AB 24, 26, 659 ; 1983 D 301, 302

A la fin de l'Ancien Régime se trouve, non loin de la chapelle Notre-Dame (Référence IA04001895), au quartier du Pré Barrin, un moulin à foulon, figuré sur la carte de Cassini (1778) mais pas sur les cartes militaires (1764-1765). En 1815, son propriétaire, Jacques Collomp, vend à André Honnorat une terre, située quelques mètres en aval du foulon en direction de la chapelle, le long du canal des usines. C'est là qu'est aménagée l'usine de drap Honnorat, la première de la vallée du Verdon, en 1818.

André Honnorat fait construire une première fabrique (parcelle 26) adossée à la chapelle et une vaste demeure appelée aujourd'hui le Château Honnorat (Référence IA04001092). Rapidement, la fabrique, qui fonctionne grâce à une roue hydraulique verticale placée sur le canal des usines de la ville, dans l'angle nord-ouest du bâtiment, s'agrandit. Après 1830, une extension appelée "nouvelle fabrique" voit le jour, toujours vers le nord (actuelle parcelle 659). Il acquiert également le bâtiment du foulon. A son retrait, au tout début des années 1840, la fabrique est reprise par son fils Eugène, puis par le gendre de ce dernier, Edouard Bongarçon. En 1886, ce dernier met un terme à l'activité de la draperie qui avait, si on en croit les matrices cadastrales, fait l'objet d'un nouvel agrandissement en 1858.

Dans les années 1920, Lautier fils, parfumeur à Grasse, y aménage une distillerie de lavande. Une autre distillerie sera installée dans le bâtiment du foulon. Au début du 20e siècle, et après l'installation d'une turbine hydraulique, le site est utilisé pour produire de l'électricité. Il abrite également une laiterie industrielle entre 1903 et 1906, sous la houlette de Louis Bourillon (témoignage oral). Le bâtiment est en partie laissé à l'abandon dans la première moitié du 20e siècle, avant d'être transformé en gendarmerie. De nouvelles transformations sont intervenues pour abriter de nombreux appartements dans les années 1980. La draperie Honnorat fut la plus importante de la vallée du Verdon : près d'une centaine d'ouvriers y travaillait dans les années 1850.

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 2e moitié 20e siècle

La draperie Honnorat est implantée de part et d'’autre de la route qui conduit à Lambruisse. Les anciens bâtiment de production sont tous à l’'est de la route. Seule la vaste demeure patronale est situé à l'’ouest. L’'ensemble est construit en moellons de maçonnerie, sans chaîne d’'angle. Les niveaux de soubassement sont voûtés, parfois renforcés de puissants arcs plein-cintre formant arcs diaphragmes. La partie la plus ancienne, directement adossée à la chapelle, présente, sur un plan rectangulaire parallèle à la route, un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré. Le toit est à longs pans et déborde sur deux rangs de génoise du côté du mur gouttereau et sur un rang de génoise du côté du pignon.

Sur la façade principale la porte est encadrée en pierre de taille. Son couvrement, en arc segmentaire, est couronné d’'une cimaise en doucine droite. Le mur pignon sud est percé de quatre baies au premier étage, au-dessus de la chapelle, et de seulement deux au niveau du rez-de-chaussée. Les enduits ont été refaits à la fin du 20e siècle. La extension est construite, en moellons, selon les mêmes dispositions, mais elle est plus longue et plus haute d'’environ un mètre. Sa couverture a été refaite récemment. Son enduit est aujourd'’hui à pierres vues. Un second agrandissement termine l'’alignement de la fabrique vers le nord. Il s'’agit d'’un bâtiment à un pan, adossé en appentis au pignon nord de la seconde fabrique, doté d’'un rez-de-chaussée, d’'un étage et d'’un niveau de comble.

Murs calcaire
enduit
moellon
Toit ciment amiante en couverture
Étages étage de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés, étage de comble
Couvertures toit à longs pans
appentis
Énergies énergie hydraulique
États conservations restauré, établissement industriel désaffecté
Statut de la propriété propriété privée, []

Annexes

  • Donation portant partage par Monsieur André Honnorat et Madame Marie Ravel, à leurs enfants

    Acte notarié daté du 10 décembre 1841 conservé, en 2006, par M. Charles Honnorat, notaire à Saint-André-les-Alpes, partageant les biens de son aïeul entre ses six enfants, Joseph François Honnorat, François Auguste Honnorat, Marie Rose Philippine Honnorat, Françoise Honnorat, Jean André Alphonse, prêtre, et Eugène Honnorat. Les biens touchant à l’activité drapière sont partagés entre ses deux fils qui ne sont pas prêtres. Mais par dérogation aux lots déjà attribués, le 17 du même mois, au moment de la signature, c’est Eugène qui hérite de toute la fabrique, à charge pour lui de verser une soulte à son frère.

    [...]

    Premier lot

    Le premier lot [...] est attribué à Joseph François Honnorat. [...]

    1e Une partie de la maison d'habitation au quartier de Champ Tarras, à prendre sur le couchant, séparée du reste par un gros mur mitoyen, comprenant un hangar [?] qui y est attigu sur le couchant, et deux petites écuries dont l'une est adossée à la dite partie de maison sur le nord, et l'autre est aussi adossée sur le nord à la partie restante du milieu, estimé en tout trois mille francs

    […]

    Second lot

    Le second lot que M. André Honnorat décide d’attribuer à M. François Auguste Honnorat qui l’accepte pour la portion lui revenant tant du préciput à lui donné dans son contrat de mariage par son père qui renouvelle au besoin cette donation par les présentes que de sa portion [ill] sur le restant des biens paternels et maternels se compose des objets ci-après détaillés

    1e La portion du bâtiment servant de fabrique de draps dite l’ancienne fabrique, quartier de Notre-Dame, adossé pour le midi à la chapelle de Notre-Dame, ensemble un magasin vouté aussi adossé au levant de la Champelle [sic] séparée de la nouvelle fabrique par un gros mur mitoyen ; ensemble la portion de terrain qui se trouve au levant de la dite ancienne fabrique, à prendre sur le midi et jusqu’à une ligne du couchant au levant qui les a tracée à la direction du gros mur mitoyen ; la grande roue qui sert de moteur à cette portion de la fabrique a son emplacement dans la nouvelle fabrique, estimé sept mille deux cents cinquante francs.

    2e […]

    3e la moitié des machines, instruments et accessoires destinés à l’exploitation des deux fabriques, détaillés dans l’état qui suit et estimé en tout à quatorze mille francs.

    Six cardes, cinq mille francs

    Quatre mille francs, trois mul jenny et une tondeuse système collier

    Trois filatures en gros, huit cents francs

    Neuf filatures en fin, huit cents francs

    Onze grands métiers à tisser les draps, mille francs

    Quatre petits métiers à tisser les draps, cent francs

    Un battoir pour la laine et deux [ill]rrasses, trois cents francs

    Un ourdissoir et accessoire, cent francs

    Un garnissage, un brossage, une tondeuse système guarrigue et accessoires, treize cent cinquante francs

    Deux rames, cent cinquante francs

    Un lustrage et accessoires, cent francs

    Trois chaudières à teinture, instruments pour la collage des pièces et le lavage de la laine, mille francs

    Total quatorze mille sept cents francs

    La moitié attribuée à M. François Auguste Honnorat est de sept mille trois cent cinquante francs

    4e la moitié d’un bâtiment à foulon, contenant trois foulons et une laveuse, quartier de Pré Barrin, ainsi que la moitié du terrain qui y est attigu ; le dit bâtiment et terrain a demeurer indivis avec M. Eugène Honnorat, portée au n° 19 de la masse, estimé le tout avec les machines, huit mille francs et pour la moitié attribuée à M. François Auguste Honnorat quatre mille francs

    5e […]

    6e La moitié de la terre au quartier de Champs Terras qui se trouve sur le midi de la maison et qui est séparé de cette partie du lot de M. Joseph François Honnorat par une ligne tracée du nord au midi à trois mètres en-dessus des rames ; cette terre sera divisée par une ligne du nord au midi ; M. Auguste Honnorat prendra sa moitié du côté du levant, touchant le mur qui longe le cheminant (?) canal de la fabrique néanmoins l’étendage qui se trouve sur le nord fera partie du lot de M. Eugène Honnorat et en conséquence M. François Auguste Honnorat prélèvera sur le restant la quantité de terrain qui lui manquera sur l’étendage, évaluée ladite moitié à mille soixante quinze francs […]

    Cinquième lot

    Le cinquième lot que M. André Honnorat donne et attribue à M. Jean André Alphonse Honnorat et qui l’accepte pour lui […]

    1e La partie du milieu de la maison au quartier de Champ Tarras, de bas en haut partiellement habités par les donateurs, séparée de chaque côté par un gros mur mitoyen des autres parties, estimé quatre mille cinq cent francs.

    2e La portion du moulin avec canal, agrés et accessoires dans l’enceinte de St-André, ainsi que la chapelle au quartier de Notre-Dame […]

    Sixième lot

    Le sixième lot que M. André Honnorat donne et attribue à M. Eugène Honnorat et qui l’accepte pour sa portion d’enfant lui revenant sur les biens donnés par ses père et mère se compose des objets ci-après détaillés.

    1e La portion de bâtiment servant à la fabrication des draps, dite la nouvelle fabrique, séparée de l’ancienne par un mur mitoyen au quartier Notre-Dame, ensemble le petit bâtiment qui y est attigu, servant à la teinture et la portion de terre qui est au levant et nord, à partir de la ligne séparative du levant au couchant tracé à la direction du mur mitoyen, et une lissière de quatre mètres de largeur à prendre parallèlement au fossé d’arrosage entre ledit fossé et la portion attribuée à M. Auguste Honnorat, la dite lissière devant servir à M. Eugène Honnorat pour communiquer au grand chemin ; estime le tout cinq mille deux cent cinquante francs

    2e La moitié des instruments et machines et accessoires servant à l’exploitation de la fabrique l’ancienne et la nouvelle, détaillés dans l’état inclus dans le lot de M. François Auguste Honnorat avec lequel ils sont indivis estimée ladite moitié : sept mille trois cent cinquante francs

    3e La moitié du bâtiment à foulon des trois foulons et de la laveuse qu’il renferme et moteurs hydrauliques, ainsi que du terrain qui en dépend, le tout indivis avec M. François Auguste Honnorat estimée ladite moitié quatre mille francs

    4e La moitié de la terre qui se trouve sur le midi de la maison à champ terras, à prendre du côté du couchant, et y compris le terrain servant d’étendage qui est au levant et au nord de la dite terre laquelle sera divisée à portions égales ainsi qu’il est dit au lot de M. François Auguste Honnorat, cette moitié estimée mille soixante quinze francs […]

    6e Une partie de la maison au quartier de Champ Tarras, de haut en bas, à prendre du côté du levant, et séparée du restant par le second mur de refend qui demeurera mitoyen avec la partie du milieu portée au lot de M Alphonse Honnorat. La dite partie ayant sur le midi une longueur de douze mètres à partir du mur mitoyen, ensemble un petit bâtiment servant de soubassement qui y est adossé [?] estimé en tout trois mille francs.

    [...]

    M. André Honnorat se réserve ainsi, pour lui et pour la dame Marie Revel son épouse, jusqu'au décès du dernier survivant d'eux, la jouissance de la partie de maison qu'il habitent actuellement au quartier de Champ Tarras, dite la partie du milieu, portée au lot de M. Jean André Alphonse Honnorat, et pour indemniser ce dernier de la non jouissance, les autres donataires lui payeront une indemnité annuelle jusqu'à l'époque de la jouissance effective.

    [...]

    Conditions, clauses et modifications de jouissance entre les donataires

    [...]

    L'emplacement qui se trouve attigu à la maison au quartier de Champ Tarras, sur le midi, dans toute la longueur du mur de façade du bâtiment, et en suivant parallèlement pour toute cette longueur, la direction d'un petit mur adossé à la fontaine, demeurera en commun entre les trois attributaires de cette maisons. Pour leur passage, néanmoins chaque attributaire aura la propriété de la partie de cet emplacement qui est à la direction de la partie de la maison à lui échue, la réserve [?] n'étant pas pour le passage.

    La fontaine demeurera également commun entre les trois attributaires de la dite maison. les réparations d'entretien qu'elle exigera soit pour la conduite des eaux, soit autrement, seront supportées en commun, ainsi que les dommages qui seront ..... pour réparer le canal

    Sur le derrière de la maison, du côté du nord, M M Jean André Alphonse Honnorat et Eugène Honnorat auront chacun en propriété un emplacement chacun à la direction de la partie de maison à lui échue, et en contiguité cet emplacement sera pris et enfermé dans une ligne qui sera tracée à partir de l'angle au devant du petite bâtiment servant d'écurie porté au lot de M Joseph François Honnorat.

    [...]

    Le petit bâtiment sur le nord de la maison servant d'écurie, pourra être exhaussé. M Joseph François Honnorat sera obligé de fermer la porte d'entrée et la fenêtre qui se trouvent au levant, c'est à dire au mur du levant de ce petit bâtiment, il pratiquera son entré et prendra les [?] dans le terrain qui lui appartient.

    Il ne pourra être fait aucune construction ni élevé aucun édifice, soit en maçonnerie, soit en charpente, sur la terre qui est en face de la maison du côté du midi, comprise entre le canal d'arrosage de St-Antoine, et l'emplacement actuel des trames, le donateur désirant que la vue de la maison ne soit obstruée par aucun obstacle.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Donation portant partage par Monsieur André Honnorat et Made Marie Ravel, à leurs enfants, 10 décembre 1841. Collection particulière.

  • Ministère de l'Intérieur, Direction de la sureté générale, rapport d'inspection des distilleries Isidore Silvy, Chiris, Selin, Chauvet et cie de Barrême et de la distillerie Lautiers fils de Saint-André, 22 août 1929. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 7 M 16.

    La distilelrie employait 5 ouvriers français et 6 italiens en 1929.
Documents figurés
  • Plan cadastral de la commune de Saint-André-les-Alpes. 1838. / Dessin à l'encre. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 105 Fi 073 / 001 à 028. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : AC 170 001 à AC 170 031 et 105 Fi 173 21.

  • Portrait d'André Honnorat. / Huile sur toile de Fidèle-Maria Patritti, 1837, collection particulière.

  • Papier à entête de l'ancienne draperie Honnorat à Saint-André-les-Alpes. / Papier imprimé vers 1860, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains, 5 J 11.

  • [Photographie montrant les ouvriers rassemblés devant la draperie Honnorat à Saint-André au moment de sa fermeture]. Anonyme, 1886, collection particulière.

  • [Vue de l'ancien bâtiment du foulon de la draperie Honnorat à Saint-André au temps de la distillerie]. / Photographie anonyme, vers 1900, collection particulière.

  • Canal des usines. Plan général / Dessin à la plume réalisé par Ygoulin, 20 septembre 1909. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : S 955.

  • Chemin de fer de Saint-André à Puget-Théniers. [Passage de la voie ferrée à proximité de l'ancien foulon de la fabrique Honnorat]. Plan des lieux Plan à l'encre sur papier signé Perruson, 30 septembre 1911, Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains, S 1095.

  • Photographie de l'ancienne draperie Honnorat à Saint-André vers 1950 / Prise par M. Bourillon, collection particulière.

  • [Papier à en-tête de l'ancienne draperie] / Impression sur papier, deuxième moitié du 19e siècle, collection particulière.

  • [Portrait de Madame Honnorat] / Huile sur toile anonyme, collection particulière.

  • [Livraison de lavande à la distillerie lautier Fils]. Photographie, vers 1925 : Musée International de la Parfumerie, Grasse : MIP_04_02628.

Bibliographie
  • HONNORAT André. Mémoire pour ma famille. Dans : Chroniques de Haute-Provence, n°364, Société scientifique et littéraire des Alpes de Haute-Provence . 356 p. 20-48.

    p. 20-48
  • MISTRAL, Mireille, L'industrie drapière dans la vallée du Verdon - Nice : Don Bosco imprimeur, 1951, 236 p. Cet ouvrage est la publication de la thèse de Mireille Mistral.

  • DOMENGE Jean-Luc, La langue d'André Honnorat dans : Chroniques de Haute-Provence : 364 / Société scientifique et littéraire des Alpes de Haute-Provence . 356 p. 48-58.

    p. 48-58
  • MISTRAL, Mireille, L'industrie drapière dans la vallée du Verdon - Nice : Don Bosco imprimeur, 1951, 236 p. Cet ouvrage est la publication de la thèse de Mireille Mistral.

    p. 58-63
  • HONNORAT Charles, Cet homme rude parti de rien dans : Chroniques de Haute-Provence, Digne : Société scientifique et littéraire des AHP, 2006, n° 356, couv. ill. ; 23 cm, p. 63-65.

    p. 63-65
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Buffa Géraud