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moulin à foulon et à farine puis scierie

Dossier IA04000906 réalisé en 2006

Fiche

Dossiers de synthèse

Dénominations moulin à foulon, scierie, moulin à farine
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var
Hydrographies Verdon le
Adresse Commune : Thorame-Haute
Lieu-dit : près de Saint-Antoine
Cadastre : 1827 A 443, 444 ; 2007 A 247

La présence de moulins en ce lieu est ancienne. Elle est attestée par le prix-fait de la reconstruction du pont en 1626. Si les Cartes des Frontières de l'est de la France de Colmar à Marseille (1764-1765) ne les figurent pas, le cadastre napoléonien, en 1827, indique bien la présence d'un moulin à foulon et à farine, propriété de la commune. Ce moulin a été transformé en scierie dans la seconde moitié du 19e siècle, avec l'installation d'une grande scie circulaire. Propriété de Jules puis d'André Lempereur, qui exploitaient d'autres scieries dans la haute vallée du Verdon, elle aurait fonctionné jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, puis aurait été incendiée à la Libération (témoignage oral). Cette scierie travaillait essentiellement à la découpe des mélèzes, qui étaient acheminés sur place grâce à un téléphérique descendant du hameau de Chasse. La présence de meules dans les ruines actuelles semble cependant montrer que l'activité de meunerie avait perduré. L'exploitation de l'énergie hydraulique a été modernisée : au début du 20e siècle, une turbine, alimentée par une conduite forcée, a été installée dans un second bâtiment, plus en aval et plus près du Verdon. La partie centrale de ce second bâtiment, qui a été agrandi à des époques indéterminées vers le sud-ouest, existait déjà en 1827. La famille Lempereur employait près de 200 ouvriers dans ses scieries de Thorame-Haute, dont beaucoup provenaient du Maghreb. Une école fut ouverte pour accueillir une cinquantaine de leurs enfants (témoignage oral).

Période(s) Principale : Temps modernes
Principale : 2e moitié 19e siècle
Secondaire : (?)

Sur le site en ruine se dressent encore deux bâtiments de plan rectangulaire, parallèles au cours du Verdon. Le plus important présente quatre niveaux d'élévation, deux étages de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et un étage carré. C'est le bâtiment principal du moulin, qui a été remanié et agrandi. Les deux étages de soubassement étaient directement affectés aux fonctions de moulin. Le premier est occupé par les deux chambres des roues horizontales, voutées en berceau, dont les baies encadrées d'un puissant appareil de claveaux en pierre de taille s'appuient sur une barre rocheuse qui descend jusqu'au lit de la rivière. Les roues horizontales ont disparu, à l'exception de leur axe vertical métallique. Le mur du fond des deux chambres n'obstrue que la moitié de ces pièces voûtées, et c'est une chaîne d'angle qui le termine à chacune de ses deux extrémités, l'autre moitié étant symétriquement aménagée pour l'arrivée des conduites d'eau. Le deuxième niveau de soubassement est percé de deux baies rectangulaires. Des meules horizontales s'y trouvent encore. Dans le mur sud-ouest, on peut encore voir une petite porte cochère couverte d'un arc segmentaire en pierre de taille. Les deux niveaux supérieurs sont d'une facture très différente. Les chaînes d'angles n'y sont plus en pierre de taille, et contrairement aux deux niveaux inférieurs, la maçonnerie y est surtout composée de galets, sans trace visible d'enduit. Les encadrements des baies sont en bois, alors que ceux du second niveau de soubassement sont façonnés. Les planchers se sont effondrés, et seules subsistent les poutres en bois, elles aussi largement détruites. Ces deux étages sont manifestement le résultat d'une surélévation des niveaux inférieurs, et dans la maçonnerie de la face nord-est est encore visible la trace de l'ancienne couverture à deux pans du moulin. Contre cette élévation avait été rajoutée une petite construction, dont la maçonnerie ruinée est très proche de celle des deux niveaux supérieurs. De l'autre côté, le second bâtiment présente une maçonnerie semblable aux augmentations du moulin. On observe là aussi les traces de deux agrandissements successifs en direction du sud-ouest.

Murs bois
galet
pierre de taille
Étages 1 étage carré, 2 étages de soubassement, rez-de-chaussée surélevé
Couvrements voûte en berceau plein-cintre
Énergies énergie hydraulique
États conservations établissement industriel désaffecté, vestiges

moulins à farine

nombre de roues 2
sens de la roue horizontale
matériaux de la roue métallique
type de meules sans objet
présence d'un four non
présence d'une cuve de charge non
présence d'un resevroir CN non
présence d'une cuve de charge CN sans objet
position sur le canal d'amenée CN unique
longueur du canal d'amenée en dizaine de mètres CN 80
distance séparant le moulin et le bourg dont il dépend en dizaine de mètres CN 11
orientation du bâtiment CN parallèle
plan du bâtiment CN rectangulaire
date de réalisation du cadastre napoléonien 1827
Statut de la propriété propriété privée (?)

Annexes

  • Prix-faict pour la communauté de Thorame l’Haulte, 1626. Reconstruction d’un pont en bois. 15 juillet 1626.

    Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, E 610, fol. 29

    L’an mil six cens vingt-six et le quinziesme jour du mois de julhet avant midi, establi en personne me Anthoine Saurin, consul, et Pierre Juglie, deffenseur modernes de la communauté de ce lieu de Thorame Haulte, de leurs grés, suivant le pouvoir à eulx donné par leur conseilh, come ont dict, auquel promectent de satisfère en fezant leur faict et cause propre, ont bailhé à prix-fait le pont que lad. communauté a apellé de la Fuste, proche des mollins, savoir de le rabilher (barré : et y mettre huit pièces) icellui et y fère trois arcades neufves sive chabrionnées pour le soubstien dud. pont, lesquelles et chescune d’icelles aura cinq pièces de mesle toutes neufves, desquelles en fera dix à ses despens et ce servira des autres que y sont, cy sont bonnes, sinon scera tenu d’advertir lad. communauté pour en fayre d’autres et scera teneu de fère audit pont et le rabilher en bon estat et come il estoit faict neuf, à me Gaspar et Sperit Gaultiers, père et fils, dud. lieu, présents, stippulans et aceptans, led. sperit authorizé de sond. père, lequel pont feront et parferont par tout ce mois d’aoust prochain et lesd. consul et conseilher seront tenus de leur paier pour leurs peines et forniture la some de trente-cinq escus de la valeur de trois livres pièce, paiables le tiers le jour que comencera led. prix-faict, aultre tiers au millieu et l’autre tiers à la fin d’icellui et après que lad. communauté l’aura fait recepter et seront tenus lesd. consul de fornir la feremente necessère ; pour le bois blanc, que sont cinq [pièces] pour fère estagières, appartiendront ausd. Gaultiers sans que en puissent prendre davantage sans la permission de lad. communauté, lui donant permission de prendre le bois que leur sera necessère au deffens d’Ysarpegue et le reste que demurera n’estant employé à icellui scera laissé pour lad. communauté aux fins de en fère en son plaisir (...).

    Fait et publié à Thorame en présence de Jehan-Jaques Moumoiron, Jehan-Jaques Augier notaire, messire Mathieu Bertrand, prestre, tesmoings requis et soubsignés,(signé) M. Bertrand prestre, A. Saurin consul, J.J. Moumoiron, Augier, Esperyt Gautyer.

    en marge : L’an mil six cens vingt-six et le vingtroisiesme jour du mois de septembre après midi, du consentement de me Anthoine Saurin, consul, et Pierre Juglie, deffenseur modernes de la communauté de Thorame l’Haute, et de Gaspar et Sperit Gaultier, dud. lieu, père et fils, le présent acte de prix-fait du pont a esté barré et cancellé avec les clauses requizes et necessères, confessant lesd. Gaultiers d’avoir receu de lad. communauté et par les mains et propre argent d’Anthoine Bauch[ière ?] comis d’Anthoine Brochier, thézorier moderne, la some de trente-deux escus par cy devant en plusieurs et difvers payemens, de présent en ayant esté desfalqué trois escus pour les deffaults que lesd. Gaultiers ont fait aud. pont suivant le rapport fait Anthoine Arnaud Augier et Honoré sieur de Clamensane, prins du consentement des parties, moyenant lequel et le présent receu par lesd. Gaultiers led. acte a esté barré et cancellé avec lezs clauses requizes et necessères et prometent ne s’en fère aucune recherche l’un à l’autre à peine des despens (...).

    Fait et publié aud. Thorame en présence de Jehan (...) sieur apoticaire et Claude Feraud dud. lieu (...)(signé) A. Saurin consul, Esperyt Gautyer, Claudou Feraud, (...), J. Bauchier.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Prix-faict pour la communauté de Thorame l’Haulte, 1626. Reconstruction d’un pont en bois, 15 juillet 1626. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E610, fol. 29

Documents figurés
  • Vallée du Verdon / Thorame-Haute (altitude 1150). Le Moulin. / Carte postale, 1904.

  • Canal d'arrosage à dériver du Verdon. Plan indiquant le périmètre des terrains intéressés. [Détail : le moulin]. / Perraud, dessin à l'encre sur toile enduite, 4 avril 1905. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : S830.

  • Scierie hydraulique Arnaud et le pont de Serpège. / Carte postale, vers 1910.

  • 5. Vallée du VERDON (Basses-Alpes) / THORAME-HAUTE (1.150 m) - Usine Hydraulique ARNAUD. Carte postale, éditions H. Arnaud, 1er quart 20 20e siècle.

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