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mine de charbon du Freyssinet

Dossier IA05000637 réalisé en 1998

Fiche

Dossiers de synthèse

Précision dénomination mine de charbon
Appellations du Freyssinet
Parties constituantes non étudiées terril
Dénominations mine
Aire d'étude et canton Monêtier-les-Bains (Le) - Monêtier-les-Bains (Le)
Adresse Commune : Le Monêtier-les-Bains
Lieu-dit : Freyssinet

De 1869 à 1919, dans le cadre d'un concession communale, les habitants exploitent de façon discontinue de nombreuses veines. A partir de 1923, la Société des Mines du Freyssinet développe une exploitation industrielle et installe notamment un compresseur. En 1958, le B.R.G.M. effectue des recherches dans la concession et trace un travers-bancs de 2 km. La mine ferme en 1972.

Période(s) Principale : 2e moitié 19e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Dates 1923, daté par source
Auteur(s) Auteur : maître d'oeuvre inconnu

Deux entrées de galeries présentent encore sur quelques mètres leur soutènement en bois et en poutrelles métalliques. Il reste une cabane en bois et une petite construction en pierre qui renferme un compresseur parfaitement conservé. En aval, il reste les vestiges d'un silo-trémie en tôle et d'un pont-bascule.

Murs béton
bois
moellon
Toit tôle ondulée
Étages rez-de-chaussée
Couvrements charpente en bois apparente
Couvertures toit à un pan
États conservations menacé
Statut de la propriété propriété publique

Annexes

  • Rapport du BRGM : Mise en sécurité de 34 concessions d'anthracite du Briançonnais. Concession du Freyssinet.

    NATURE ET IMPORTANCE DES TRAVAUX

    Les travaux s'échelonnent le long d'un faisceau régulier, de plusieurs couches dirigées NW-SE à N-S ou NE-SW et pentées en moyenne de 50° nord-est à subvertical. Elles présentent des replis en antiformes couchées et déversées vers l'ouest avec des laminages sur les flancs et des bourrages aux charnières.

    Ce gisement est surmonté par celui de Pierre Grosse, où se retrouve la même régularité et qui correspond à un faisceau parallèle au premier et en position géométriquement supérieure.

    1. Anciens travaux

    En allant du nord au sud, on trouve les quartiers d'exploitation suivants :

    • Quartier de Salvage

    On y connaît de vieux travaux peu importants, abandonnés depuis 1880, dans une couche de direction N 30°W, de pendage NE50°.

    • Quartier de la Bouchière

    Anciens travaux peu importants.

    • Quartier du Banc

    On y a exploité, avant 1900, une couche à pendage NE 35-45°, d'une puissance de 1 à 2 m. Une deuxième couche, inférieure à la précédente, mais de 0,60 m seulement n'a pas été exploitée.

    • Quartier du Pied du Banc

    C'est de loin le plus important, puisque l'exploitation moderne y fut concentrée.

    Les anciens travaux ont été assez développés. En 1885. on y exploitait une couche de 1 m de puissance moyenne, presque verticale, jusqu'à 75 m du jour. Une autre galerie, ouverte en 1896, y a reconnu une autre petite couche de 0,60 m, orientée N-S. En 1899, on suit sur 120 m en direction, une couche presque verticale de 1,20 m.

    A partir de cette date, l'exploitation se poursuit avec plus de régularité, par galeries parallèles communiquant entre elles. La couche exploitée se montre assez régulière avec 1,50 m d'épaisseur moyenne, on y exploite des amas atteignant jusqu'à 8 m d'épaisseur.

    Vers la même époque, on reconnaît, par travers-bancs une deuxième couche, d'une puissance moyenne de 1 m. Nous reviendrons sur ce quartier plus loin, à propos de la mine moderne du Freyssinet.

    • Quartier des Bramettes

    Ici encore, il ne s'agit vraisemblablement que d'une autre désignation du Pied du Banc. Anciens travaux insignifiants dans une couche de 1 m d'épaisseur.

    2. Mine du Freyssinet 1 (l'exploitation moderne)

    Nous avons résumé plus haut les anciens travaux paysans. A partir de 1917, le gisement a été exploité avec davantage d'esprit de suite, les travaux étant concentrés dans l'ancien quartier du Pied du Banc : c'est la mine du Freyssinet.

    a) Travaux miniers

    Plusieurs grands travers-bancs, s'enfonçant d'ouest en est vers l'intérieur de la montagne, ont permis la reconnaissance et l'exploitation du gisement.

    Travers-bancs supérieur abandonné en 1918, les vieux travaux gênant trop l'exploitation.

    Travers-bancs 1526 (ou 1536 sur les derniers plans). Il a recoupé deux couches à :

    39 m du jour, la couche Joséphine 1

    68 m du jour, la couche Joséphine 2.

    Actuellement inaccessible.

    Longueur totale : 70 m environ.

    Travers-bancs 1510 (ou 1515 sur les derniers plans). Il a recoupé 5 couches à :

    45 m du jour, la couche Marcelle

    72 m du jour, la couche Elise

    125 m du jour, la couche Joséphine 1

    145 m du jour, la couche Joséphine 2

    235 m du jour, la couche Maurice 1

    Longueur totale : 250 m.

    Servait de retour d'air lors de la dernière période de l'exploitation.

    Travers-bancs 1488 (ou 1493 sur les derniers plans). Il a recoupé 6 couches à :

    130 m du jour, la veine Marcelle

    140m du jour, la veine Elise

    202 m du jour, la veine Joséphine 1

    215 m du jour, la veine Joséphine 2

    270 m du jour, la veine Gérard

    290 m du jour, la veine Maurice 1

    Longueur totale : 335 m environ. De plus, en procédant au dépilage de cette dernière couche, on a recoupé aux épontes des traces qui, en les suivant, se sont épanouies : la veine Maurice n° 2 où s'est développée l'exploitation la plus récente, par des sous-niveaux étagés entre 1490 et 1517 m, notamment la cote 1506.

    b) Caractères des couches du Freyssinet

    En allant d'ouest en est, on rencontre donc successivement :

    - veine Marcelle, il ne s'agit que de "traces charbonneuses". Reconnue sur une trentaine de mètres. Le pendage est irrégulier et vers l'est ;

    - veine Elise, suivie sur une centaine de mètres au niveau 1510, avec une puissance moyenne de 1,80 m (de 0,80 m à 3 m) "avec très peu de schistes intercalaires". Au niveau 1488, elle a été suivie sur près de 300 m avec la même puissance. Direction sensiblement N-S, pendange est 50°. Faux toit de schistes, qui se décollait brusquement à certains endroits. Elle a été dépilée en amont pendage depuis le niveau 1488 jusqu'à l'affleurement, et sur une vingtaine de mètres en aval pendage ;

    - veine Joséphine 1, reconnue en direction sur 150 m au total, elle n'a montré que des traces de charbon aux trois niveaux. Elle semble n'être qu'un repli laminé de la couche Joséphine n° 2;

    - veine Joséphine 2, séparée de la veine Joséphine 1 par 15 à 20 m de stérile. Au niveau 1510, un traçage de 250 m a montré une puissance "ne descendant jamais au-dessous de 1,80 m". Au·niveau 1488, elle a été suivie sur 300 m environ, d'allongement NNW-SSE et 35 m de dénivelée avec une puissance moyenne de 2 m. Toit de schistes gréseux, mur de schistes. Direction nord-sud, pendage 55°E. Teneur en cendres : 10 à 12 %. Elle a été activement exploitée, en aval pendage sur une profondeur de 20 m environ, et en amont, jusqu'au niveau 1510 ;

    - veine Gérard, elle n'a été explorée que sur quelques mètres. II s'agit en réalité d'un banc de schistes charbonneux de 1 m de puissance. Toit de grès très durs ;

    - veine Maurice 1, suivie sur un peu plus de 50 m sa puissance n'a jamais dépassé 30 cm. Pendage 55°E ;

    - veine Maurice 2, puissance moyenne : 1,60 m. En réalité, sa puissance est très variable, on a des serrées, puis des amas importants. Elle a été le siège de la dernière exploitation en date, développée sur 120 m d'allongement NW-SE et 27 m de dénivelée.

    c) Tectonique

    Toutes les couches de la mine du Freyssinet plongent plus ou moins régulièrement vers l'est, de 50 à 60° en moyenne, mais les couches Joséphine 1 et 2, les plus proches de la surface, sont presque verticales.

    Les deux couches Joséphine 1 et 2, n'en sont vraisemblablement qu'une seule : on les a vues distinctes dans le travers-bancs 1526 et au-dessous. Mais dans l'ancien travers-bancs supérieur elles se confondaient en un amas, dont la puissance atteignait 10 m. Aux étages inférieurs la branche orientale, soit Joséphine 2, a gardé sa puissance et a été dépilée, tandis que la branche occidentale, Joséphine 1, a été réduite à l'état de traînée charbonneuse.

    On peut se demander si d'autres veines très réduites, Gérard et Maurice 1, par exemple, ne sont pas de la même façon, des replis laminés d'autres couches.

    Les travaux en Maurice 2 ont montré des amas importants succédant à des serrées (il y a "serrée" quand l'épaisseur de la couche descend à 80 cm), avec de nombreuses ondulations ou petits accidents.

    En 1963, est entrepris le projet d'installer un téléphérique.

    Entre 1954 et 1972, se situe un déplacement de l'exploitation qui se concentre dans un panneau nouvellement découvert en extension nord de la veine Elise. Ce panneau est attaqué à partir d'un travers-bancs ouvert à la cote 1568,5 qui dessert un bure incliné de 1570 à 1500, sur lequel se branchent des sous-niveaux avec un traçage de tête à 1570 et un traçage de fond à 1500.

    Le niveau 1500 est mis en communication avec le travers-bancs 1493 pour I'aérage. Ces nouveaux chantiers sont exploités jusqu'en mars 1975 par tranchées descendantes foudroyées. La couche y présente une puissance de 2 à 2,5 m. En juillet 1975 la mine est arrêtée définitivement et l'abandon des travaux a été déclaré le 19.11.1976. Des barrières ont été placées en 1977 à la sortie des galeries intermédiaire et supérieure.

    3 . Le travers-bancs d'exploration géologique

    Il a été attaqué sur la rive gauche du torrent du Gros Rif à la cote 1590. La portion de travers bancs comprise entre l'orifice et le point à 70 m du jour se trouve dans la concession du Freyssinet. A partir de 70 m et jusqu'à 1200 m environ du jour, l'avancement se fait dans la concession de Pierre Grosse. Le travers-bancs a été arrêté à 2042 m du jour. Au fond, au front de taille, un sondage percutant de 30 m a été foré. Latéralement, des traçages en couches d'anthracite ont également été effectués, situés respectivement à 587 m, 590 S, 808 S, 810 N, 825 N et S,1012 S et 1015 N, 1034 N et S, 1060 N et S, 1068 Set 1074 N, 1558 N et 1556 S. Un lever radiométrique complet a été effectué par le CEA, ainsi que des levers géophysiques jour et fond.

    La structure de cette partie est indiquée sur la coupe interprétative passant par l'axe du travers bancs. C'est dans cette dernière partie qu'ont été effectués les derniers traçages de reconnaissance de la concession en aval-pendage.

    Raccordements

    La couche effleurée à l'orifice du travers-bancs 1590 est évidemment la couche dite "du Petit Creusène", naguère exploitée par des grattages paysans. La couche rencontrée à 580 m par le travers-bancs est très vraisemblablement, pour des raisons géométriques, le prolongement de la couche "Philippe" du travers-bancs 1678 de "Pierre Grosse" (= couche "du Merdje" des travaux du Gros Rif). Cette hypothèse est confirmée par l'existence, au toit de cette dernière, d'un gros banc de grès, localement à dragées de quartz, très homogène et massif, traversé par le travers bancs BRGM de 590 à 680 m. La prospection géophysique par polarisation spontanée apporte également des arguments en faveur de cette hypothèse.

    Il est plus hasardeux de raccorder l'aval de la Grande Couche de Pierre Grosse avec l'une quelconque des couches recoupées par le travers-bancs BRGM. Ce pourrait être la couche à 820 m ? Dans ce cas, le gros banc gréseux traversé à partir de 963 m pourrait correspondre aux grès déterminant un petit abrupt rocheux au-dessus de l'exploitation de Pierre Grosse ? Mais les levers géophysiques par sismique n'ont pu fournir d'arguments à l'appui de ce raccordement, sans doute à cause de discontinuités dans le gisement.

    PRODUCTION

    On peut évaluer la production par grandes périodes :

    - de 1863 à 1916 à 18 000t ;

    - de 1917 à 1925 à 12 000 t, puis par le dépilage des couches Elise et Joséphine 2 ;

    - de 1926 à 1940 à 24 000 t, et enfin, avec la découverte et le dépilage de Maurice 2 ;

    - de 1941 à 1946 à 2 000 t ;

    - de 1947 à 1961 à 10 000 t ;

    soit un total d'environ 66 000 t.

    1Dernier directeur M. Dayne.
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