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maisons

Dossier IA04001186 réalisé en 2008

Fiche

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I. Contexte de l’enquête

1. La problématique du repérage : la famille concernée

Ce dossier concerne les maisons sur l’ensemble du territoire communal de Chaudon-Norante. Ont été pris en compte dans cette famille les édifices dont les fonctions domestiques prédominent par rapport aux fonctions agricoles. Les bâtiments présentant un premier niveau (soubassement ou rez-de-chaussée) occupé en partie par une étable, une écurie, un cellier, une remise voire un commerce entrent dans la catégorie « maison ».

On notera à ce titre que les fonctions commerciales sont la plupart du temps très délicates à lire, dans la mesure où cette activité a totalement disparu et a été remplacée par une fonction agricole de remise ou autre, qui a pu modifier la disposition des lieux. Dans ce cas précis, le recours aux matrices cadastrales mais aussi les témoignages oraux constituent un apport essentiel dans le décryptage des différentes fonctions du bâti. Une constante en effet réside dans le changement récurrent d’affectation d’un même espace. Une pièce peut ainsi servir d’épicerie, puis de remise, voire d’écurie, ou alors devenir pièce d’habitation. Tous les cas de figure existent et l’inertie fonctionnelle demeure une exception. S’ajoutent à ces difficultés inhérentes au terrain les transformations récentes témoignant des mutations dans la façon d’occuper les lieux : l’économie agricole a totalement périclité, les commerces, bien souvent, ont disparu, et l’adaptation contemporaine s’est faite dans le sens d’une modification intérieure vers les fonctions d’habitation exigeant un confort qui bien souvent entre en contradiction avec les dispositions spatiales traditionnelles. D’ordinaire cependant, les traces existent encore de l’architecture rurale vernaculaire, suffisamment en tout cas pour dresser une synthèse de l’habitat traditionnel. Mais force est de constater que pour Chaudon-Norante l’ampleur des dénaturations complique singulièrement la donne.

Ont été écartés du corpus d’étude les bâtiments s’inscrivant dans la famille mais contrevenant par trop aux critères d’appréciation établis dans la grille de repérage, soit qu’ils présentent des dénaturations trop profondes (transformations ayant radicalement modifié la cohérence du parti original telle que repercement de baies, utilisation de matériaux et mise en œuvre différents de la tradition locale, vocabulaire architectural incongru, aménagements intérieurs dénaturants), soit qu’ils s’inscrivent dans un cadre temporel trop récent et présentent des caractéristiques étrangères à l’architecture vernaculaire (lotissements de pavillons standardisés ou implantations d’« hapax » exogènes à la zone d’étude).

2. Les conditions de l’enquête

Le repérage de l’habitat s’est déroulé sur une campagne durant l’été 2008. Le recensement s’est effectué à partir du cadastre le plus récent disponible, édition mise à jour pour 1986, ainsi que du cadastre napoléonien levé en 1838 comme point de comparaison permettant d’apprécier l’évolution (inertie formelle, augmentation, diminution, apparition voire disparition) du bâti dans l’intervalle.

Le repérage, exhaustif, a par conséquent concerné l’intégralité des constructions portées sur le cadastre actuel. La différence entre les chiffres fournis par le bâti INSEE et ceux découlant du recensement effectif témoignent de l’écart induit par une prise en compte ciblée donc réduite de la famille considérée. La majorité des bâtiments a été vue au moins depuis l’extérieur. Il a été possible d’entrer dans une dizaine de maisons. D’une manière générale des questions ont été posées aux habitants afin d’obtenir des informations plus précises sur l’organisation intérieure, y compris sur son évolution le cas échéant, même lorsque la visite a été permise.

Le repérage s’est basé sur une grille de description morphologique prenant en considération les questions :

- d’implantation du bâti (au sol et par rapport aux autres constructions)

- de répartition des fonctions par niveau

- du nombre d’étages visibles

- de matériaux principaux et secondaire employés ainsi que leur mise en œuvre

- de description des élévations et des baies

- de décor extérieur éventuel

- de mode de couvrement

- d’aménagement intérieur (escalier de distribution, organisation spatiale, cheminées, décor éventuel)

- de datation

- d’inscriptions historiques (dates portées, inscriptions éventuelles)

Cette grille de repérage a donné lieu à l’alimentation d’une base de données destinée à faire un traitement statistique et cartographique.

II. Caractères morphologiques

51 maisons ont été repérées, selon le tableau de répartition ci-dessous :

Typologie :

Typologie

(répartition des fonctions)

1.

En village

(Chaudon)

1 bis.

En village

(Norante)

Total 1 et 1 bis.

En village

2.

En écart

Total

6

40

46

5

A1

0

1

1

1

A2

0

2

2

1

A3

6

36

42

1

B

0

1

1

2

1. Implantation et composition d’ensemble

Toutes les maisons se situent en habitat groupé, à l’exception de la maison forte en ruines occupant l’éperon rocheux au lieu-dit Château Plus Haut qui surplombe le village de Norante. Trois maisons ont été repérées à la Clappe, ancien chef-lieu de Bédejun devenu hameau dénaturé, ainsi qu’une maison à Champagnel, dans un hameau détruit dont elle constitue l’unique témoignage encore debout et intègre (1986 E1 122, REF IA04001243). Compte tenu de l’histoire de l’occupation du territoire communal, composé de trois chefs-lieux puis de deux avant que Norante ne supplante Chaudon, et du fait que le territoire communal comporte peu de hameaux cela n’est pas surprenant. La proportion très élevée du bâti ruiné voire disparu dans ces derniers, ainsi qu’à Chaudon et à la Clappe ne permet toutefois pas de montrer l’ampleur du phénomène d’implantation. Ne subsistent plus à la Clappe, par exemple, que 4 parcelles bâties (plus une pour l’église), quand le village en comptait 45 en 1838...

La comparaison village-écarts n’est pas pertinente, dans la mesure où la Clappe a été très remaniée (voir le dossier présentation de la commune, REF IA04001179) et que la maison forte de Château Plus Haut constitue une particularité dans la commune. La maison subsistante de Champagnel n’aide pas beaucoup plus à dégager une norme objective : située sur un haut plateau battu par les vents elle présente une petite emprise au sol, étroite et sur deux étages, avec un soubassement dévolu à la bergerie tout en longueur qui d’ailleurs ouvre sur l’étable de la ruine contiguë et un logis en rez-de-chaussée surélevé, qui se dégage faiblement du sol. Nous sommes clairement dans une disposition de constructions agglomérées dont les parties agricoles communiquent. Reste que l’étude des trois ou quatre autres maisons du hameau, dont les vestiges conservent des pans de murs suffisants pour caractériser leur typologie, tend à montrer une disposition générale sur trois niveaux se rattachant à la configuration logis entre parties agricoles. L’unique maison encore debout à Champagnel constitue donc une sorte de cas particulier…

a. Les villages de Chaudon et de Norante

Quelques remarques générales s’imposent :

- la pérennité de l’emprise au sol entre 1838 et aujourd’hui, valable pour plus de 80 % des cas recensés. En effet, sur les 6 maisons repérées à Chaudon et les 40 à Norante, seules 2 et 7 respectivement résultent de la fusion de parcelles

- ce phénomène d’ensemble ne doit pas masquer qu’à Norante (L’ampleur des pertes pour Chaudon interdit d’émettre pareille considération) devaient exister plus de maisons. De fait, elles sont encore présentes aujourd’hui, mais tellement dénaturées qu’il s’avère impossible de les repérer, voire d’identifier avec certitude si elles se rattachent initialement à la famille des maisons ou si elles ne ressortissent pas de celle des entrepôts transformés en habitation. La déprise agricole a entraîné l’inutilité des entrepôts qui ont pu pour certains être réutilisé et aménagés en maisons. C’est notoirement le cas de la mairie-Chambrette du village (1986 C4 381, 1838 C3 135, 136, cette dernière parcelle correspondant autrefois à une bergerie surmontée d’un fenil et d’un séchoir)

- Les tableaux d’expertise pour la commune montrent de fait que le village de Norante (hameaux compris, voir le dossier présentation du village de Norante, REF IA04001182) est essentiellement composé de maisons, ce qui est moins le cas pour Chaudon, dont la configuration diffère (voir le dossier présentation de la commune, REF IA04001179). Ceci s’explique par l’implantation des deux villages. Si tous deux présentent une vocation agricole, la proximité d’un axe routier majeur pour Norante, en vallée, a justifié une configuration plus dense qu’à Chaudon, avec rue principale et rues adjacentes, favorisant une prééminence du bâti de type maison plutôt que le hameau avec maison, ferme et entrepôt, dans un tissu plus ou moins lâche

- la dénaturation très profonde des constructions à Norante surtout, qui parfois cumulent les transformations (repercements, enduits récents, ajout ou retrait d’un niveau…) conduit normalement à ne pas repérer les édifices. Néanmoins, lorsque les matrices cadastrales qualifient clairement le bâtiment, il a été parfois décidé de procéder au repérage, de façon à disposer de plus de données permettant par la suite d’affiner la connaissance du territoire et la répartition des types d’édifices en fonction de leur emplacement sur la commune. Ainsi le bâtiment occupant la parcelle 422 (ancienne parcelle 200-201 du cadastre napoléonien) était désigné comme maison, et celui occupant la parcelle mitoyenne 421 (ancienne parcelle 198) l’était comme bâtiment rural. La maison a été repérée malgré ses modifications profondes car on parvient encore à lire ses fonctions sur trois niveaux (l’étage de comble servant de séchoir a sûrement été légèrement rehaussé pour en faire un étage d’habitation) ; même chose pour l’ancien entrepôt mitoyen, devenu maison, et qui a subi pour ce faire de grandes transformations. En outre un traitement unifie les deux parcelles appartenant au même propriétaire (enduit, percements, huisseries, couverture… identiques) qui rend complexe in situ la dissociation initiale des deux édifices en termes de famille d’appartenance.

b. Implantation

Une majorité de maisons est adossée à la pente, comme l’indique le tableau ci-dessous :

Niveaux

Chaudon-Norante

Norante

2 soubassements

2

2

1 soubassement

36

30

Rez-de-chaussée

13

8

Il apparaît clairement que le soubassement domine d’une manière générale pour l’ensemble de la commune (près de 75 % si l’on prend en compte le soubassement simple et double, ce dernier étant bien moins fréquent, avec 2 cas seulement). Plus spécifiquement, ce rapport atteint même 80 % pour le village de Norante, adossé à la pente légère. De façon logique, le soubassement est occupé par les parties agricoles : étable, écurie, resserre et éventuellement petite remise agricole.

2. Matériaux et mise en œuvre structurelle - datation

Notons d’emblée le grand nombre de façades enduites à Norante (23 cas sur 40). Ceci s’explique par le ravalement de nombreuses habitations. Pour les 17 cas restants, le calcaire constitue l’unique matériau de construction. Il en va de même à Chaudon et sur le reste de la commune. Il n’y a donc pas de distinction avec les fermes et les entrepôts. Les murs sont construits avec de petits moellons non équarris en morceaux saillants à peine travaillés qui conservent par conséquent leur aspect brut. Aucun autre matériau n’a été recensé dans les maisons répertoriées (un seul exemple de tuf associé au calcaire, à Champagnel, 1986 E1 122, REF IA04001243). Les murs sont montés en assises peu régulières voire sans assise. Le principe de la construction locale repose sur l’emploi des matériaux disponibles sur place pour des raisons évidentes d’économie d’argent et de temps. D’une manière générale la mise en œuvre est peu soignée, mais la restauration de nombreux bâtiments, et naturellement l’utilisation d’enduit récent masque cette caractéristique par ailleurs largement répandue sur la zone des vallées d’Asses. Il est évident que l’occupation du village de Norante a permis de conserver l’emprise au sol du bâti 19e. À Chaudon et ailleurs, l’ampleur des destructions confirme la grossièreté et la fragilité de la mise en œuvre : les maisons inhabitées donc non entretenues s’effondrent rapidement, une fois la toiture tombée et le mortier servant de liant aux murs porteurs lavé par les pluies. Le chaînage d’angle est néanmoins systématique car indispensable à la tenue des constructions, même s’il présente des caractéristiques rudimentaires. Les habitations plus imposantes (l’ancien presbytère [1986 C4 370, REF IA04001245], maison en C4 376]) témoignent d’une mise en œuvre structurelle plus solide au niveau du chaînage d’angle au moins, l’utilisation d’enduit interdisant d’être plus précis.

La maçonnerie recevait la plupart du temps un enduit à pierres vues fait d’un mortier de gypse couleur jaune ou rouge orangé caractéristique qui a pu ponctuellement disparaître au fil du temps mais on le trouve encore bien présent à Chaudon notamment (par exemple maison 1986 A3 980). À Champagnel c’est l’enduit de chaux grise qui a été employé. Lorsque la façade a perdu sa couche protectrice l’enduit à pierres vues est souvent à peine perceptible, progressivement altéré par les intempéries. Dans les élévations ayant conservé une mise en œuvre traditionnelle les encadrements des fenêtres sont le plus souvent en maçonnerie façonnée au mortier, avec un linteau en bois apparent . Les encadrements de porte reçoivent majoritairement un linteau à l’exception de 6 cas (2 à Chaudon, 2 à Norante et 2 à la Clappe) soit moins de 12 % du total (4 arcs segmentaires, 2 arcs en plein-cintre à la Clappe, qui semblent récents de surcroît, malgré l’utilisation de pierre de taille). Dans les 4 cas d’arc segmentaire le façonnage laisse penser que la pierre de taille n’a pas été employée à l’origine, avant d’être recouverte. On dénombre 2 plates-bandes en pierre de taille calcaire pour 2 maisons portées sur le cadastre napoléonien (1986 C4 370 ; 1838 C3 120 [le presbytère] et 1986 C4 586 ; 1838 C3 92). Les piédroits en pierre calcaire ne concernent que 5 maisons (dont 2 à la Clappe, refaits). Ceci vient confirmer la grande modestie de la mise en œuvre pour les maisons de la commune.

On notera que sur les 51 maisons repérées, 42 soit plus de 80 % d’entre elles étaient mentionnées sur le cadastre ancien de 1838. L’inertie des modes de mise en œuvre dans ce type d’architecture vernaculaire empêche de se prononcer pour une datation précise qui remonterait au-delà du 18e siècle.

3. Structure, élévation, distribution

Les bâtiments considérés sont des blocs en hauteur avec des façades tournées vers la rue. La plupart des maisons, insérées dans le tissu bâti ne disposent pas d’accès latéraux ; en revanche on trouve souvent deux entrées distinctes, l’une pour la partie agricole, l’autre pour le logis, qui dans 17 cas sur 40 à Norante s’effectue par un escalier extérieur. Cette dissociation indique l’absence de communication fréquente entre les espaces agricoles en partie basse et les espaces de logis au-dessus, lorsque cette configuration se présente. En revanche les parties logis et agricoles supérieures communiquent la plupart du temps. Il convient de remarquer qu’un escalier intérieur n’entraîne pas nécessairement de communication entre les parties basse et haute, comme l’atteste l’exemple, à Chaudon, de la maison 1986 A3 373 (entrée de remise en rez-de-chaussée sur la gauche, entrée du logis à droite donnant sur un escalier droit menant à l’étage carré de logis).

On relève une différence entre les maisons en village et celles qui sont implantées en écart sur le plan du nombre de niveaux. La répartition s’effectue comme suit :

Niveaux

Maisons

2

3

4

Nombre

(Village)

4

32

10

% age

8,7

69,6

21,7

Nombre

(écarts)

2

3

0

% age

40

60

0

Total (Village et écarts)

6

35

10

% age total

11,8

68,6

19,6

Il est impossible de prendre en compte de façon statistique le nombre des maisons ayant perdu un niveau, car c’est le plus souvent le témoignage oral qui permet, ponctuellement, de le signaler, rare étant les occasions de déterminer sur place à partir des bâtiments subsistants. Or, la transformation du village de Norante a sûrement entraîné des modifications dans le nombre des niveaux, bien que la proportion ne soit pas quantifiable. La maison située sur l’actuelle parcelle C4 826 (ancienne partie de la parcelle 1838 C3 141, répertoriée comme maison sur les tableaux d’expertise de la commune) était par exemple autrefois constituée de deux étages (une écurie surmontée d’une grange) : c’est aujourd’hui une maison à trois étages). Il faut toutefois rester prudent et s’en tenir à la réalité actuelle, telle que consignée dans le tableau ci-dessus. On remarque que les maisons à trois niveaux prédominent largement sur la commune (plus des deux tiers). Que l’on considère la commune dans son ensemble ou uniquement les deux villages de Chaudon et de Norante ne change en définitive pas la donne. Les maisons à quatre niveaux se situent dans un rapport là aussi similaire, autour de 20 %. De manière caractéristique encore les maisons disposant de 2 étages seulement sont minoritaires, autour de 10 %. Ce dernier point est renforcé par le fait qu’à Champagnel l’unique maison toujours debout ne comporte que deux étages, alors que les autres, bien que ruinées et non repérées, en laissent percevoir trois. D’ailleurs, si l’on additionne les maisons présentant 3 étages au moins, on approche les 90 % pour l’ensemble de la commune (88,2 %), et on les dépasse si l’on se limite aux villages (91,3 %).

Un peu plus du tiers des maisons a pu être visité (22 sur les 51 repérées). 20 disposent d’un escalier extérieur, droit parallèle ou perpendiculaire à la façade dans 18 cas, tournant dans 1 cas, en équerre dans un autre. L’escalier extérieur est parfois doublé d’un escalier intérieur (c’est avéré pour une maison à Norante (1986 C4 397), mais ce dernier dessert alors uniquement la partie agricole haute depuis la partie logis intermédiaire, celle-ci étant atteinte grâce à l’escalier extérieur. Les escaliers intérieurs indépendants recensés (sans escalier extérieur complémentaire) sont tous placés en façade. La forme droite domine (20 cas relevés), qu’elle soit parallèle (11 cas en extérieur, 4 en intérieur) ou perpendiculaire (5 cas en extérieur). On dénombre aussi 2 formes tournantes (1 en extérieur, 1 en intérieur dans l’ancien presbytère) et 1 en équerre (escalier extérieur).

Les pièces sont toutes couvertes par un plancher sur solives à l’exception de la maison de Champagnel dont le soubassement recevant la bergerie est voûté en arc en plein cintre. On a repéré également un voûtement dans le village de Norante Cela étant, il s’agit d’une pièce non habitable et de dimensions réduites tenant lieu de resserre voire de porcherie (1986 C4 344).

Il n’y a pas de bâtiment emblématique subsistant qui témoignerait d’une fonction particulière ou qui aurait été le siège identifiable d’un notable au village, et seul deux bâtiments se détachent parmi ceux recensés à Norante : l’ancien presbytère de type B4b et surtout la demeure dite le « Château » au lieu-dit du même nom, quartier du village (REF IA04001246). À Chaudon, les maisons 1986 A3 335, A3 373, A3 381 ou A3 973 est caractéristique de l’habitation de village, avec logis entre partie agricole.

La répartition des fonctions fait nettement ressortir la quasi exclusivité des maisons avec des fonctions agricoles (plus de 94 % du total), comme le montre le tableau ci-dessous :

Type

A1

A2

A3

B

Nombre

2

1

45

3*

% age

3,9

2

88,2

5,9

* À la Clappe la maison recensée sous le type B (1981 H3 134) date du 20e siècle et ne ressortit pas de l’architecture vernaculaire.

La forme spécifique de type A3 (maison avec parties agricoles en parties basse et haute), avec remise et/ou étable et/ou écurie (éventuellement agrémentée d’un poulailler ou d’une étable à cochons) au premier niveau, surmontée du logis, lui-même surmonté d’un fenil ou d’un séchoir est un classique de l’architecture en milieu rural et s’impose comme le modèle dominant sur le territoire communal. Il atteint à Chaudon-Norante près de 85 % du total (100 % à Chaudon et 90 % à Norante). La possession d’un animal voire de plusieurs (chèvre, cochon, poule, âne et plus rarement cheval), en plus des resserres et autres celliers, était très répandue. La partie haute de la maison servait de fenil à Chaudon le plus souvent et à Norante, où la prune était un facteur complémentaire de la vie économique, quasi exclusivement de séchoir. Il n’en reste presque plus trace aujourd’hui, suite aux aménagements des habitations, dans la mesure où la prune, ayant disparu, tout comme l’activité agricole dans son ensemble, ne constitue plus une ressource. Le séchoir n’avait dès lors plus d’utilité fonctionnelle.

Dans le type A1 (maison avec partie agricole, commerciale ou artisanale en partie basse [REF IA04001243) il est complexe de déterminer la présence d’un commerce quand les enseignes ont disparu (souvent même dans les petits villages n’existaient-elles pas). À ce titre seuls les témoignages oraux peuvent identifier la présence passée d’une école et d’une agence postale sur la parcelle 1986 C4 338), alors que le bâtiment, propriété de la commune, tient désormais lieu de logements locatifs. De même, l’ancien restaurant « le Grognard » (1986 C4 967) est devenue simple maison d’habitation. Il s’agissait d’un de ces nombreux restaurants émaillant l’ancienne route Napoléon dont le nom évoque le passage dans la commune (en réalité par Chaudon) de l’Empereur pendant les Cent Jours. Il était encore en activité au début des années 1990.

Le type B (maisons sans partie agricole, commerciale ou artisanale) intervient à 3 reprises. Encore faut-il ajouter qu’à la Clappe, où on le rencontre 2 fois, il correspond d’une part à une maison moderne construite au 20e siècle mais dans des matériaux locaux (1981 H3 134) et d’autre part à une ancienne maison devenue logis qui a donc été modifiée pour ce faire (1981 H3 138 ; 1838 H2 35). En définitive, seuls l’ancien presbytère de Norante – la fonction spécifique de cette maison explique l’absence de parties agricoles – et le « Château » se rattachent de façon certaine à ce type (REF IA04001246).

Le tableau typologique en fin de document montre qu’une majorité d’élévations sont irrégulières (famille A – portes et baies non alignées – : 28 occurrences, soit près de 55 % du total repéré). Dans cet ensemble, les maisons présentant une façade tellement irrégulière qu’il est impossible de préciser le champ typologique s’élèvent à moins de 8 % (4 cas) : les dénaturations expliquent en grande partie ce phénomène. Mais il n’est bien évidemment pas exclu qu’une restauration ait modifié complètement le percement des ouvertures (dimensions et surtout emplacement) sans qu’il soit possible de le déterminer de façon certaine. On recense au sein des 28 façades mentionnées 9 cas à travée unique, 10 à deux travées et 5 à trois travées (dont 4 de sous-type A3b). L’irrégularité domine donc mais une façade de type A peut présenter parfois une certaine harmonie (sous-type A3b par exemple). D’autant que le type B (porte et fenêtre alignées sur une travée) intervient à 16 reprises, soit un peu moins d’un tiers des cas de figure considérés, et que le type régulier (B2b, B3b voire B4b) apparaît 5 fois. On notera qu’il existe aussi 6 façades pour lesquelles la façade principale ne correspond pas à l’entrée du logis. Il convient d’insister sur le fait que les modifications architecturales rendent la lecture malaisée, notamment lorsqu’une façade résultant d’une fusion ou d’une scission parcellaire transforme irrémédiablement la donne initiale : c’est par exemple le cas, parmi d’autres, de la parcelle C4 597.

4. Couverture

La forme à longs pans domine, comme il apparaît sur le tableau ci-dessous :

Couverture

longs pans

1 pan

1 pan

+

1 pan

forme complexe

(1 pan + longs pans)

croupe

Occurrences

23

21

1

3

3*

% age

45

41,2

2

5,9

5,9

* À la Clappe la maison recensée sous le type B (1981 H3 134) date du 20e siècle et ne ressortit pas de l’architecture vernaculaire.

On rencontre la tuile creuse comme mode de couvrement dans 34 cas, mais le plus souvent sur un matériau moderne type ciment-amiante. 17 maisons présentent une toiture en ciment-amiante (soit le tiers des maisons repérées). Au total donc, une majorité des couvrements est récente.

Le traitement des avant-toits fait intervenir la génoise dans 29 cas (soit près de 57 % du total), mais il arrive que celle-ci ait été refaite récemment sans qu’il soit possible d’y voir autre chose qu’une tendance décorative (les cas abondent). On dénombre, au sein de ces 29 occurrences, 16 cas de génoise à rang unique (dont 1 mêlant génoise et corniche, à Chaudon [1986 A3 373]), 7 cas de génoise à deux rangs, 3 cas de génoise à trois rangs et 3 cas de génoise à deux et un rang). La saillie de rive intervient à 2 reprises.

5. Décor

Il demeure quasi inexistant. L’absence d’enduit de couvrement extérieur dans une très large mesure permet de l’expliquer, même si d’une manière générale on peut avancer qu’il ne devait être qu’exceptionnel sur la commune. Ponctuellement toutefois on observe des mises en œuvre soignées : le « Château », en réalité une maison cubique qui possède encore des traces d’enduit peint, des fenêtres en trompe l’œil sur la façade sud-est ainsi que des encadrements en pierre de taille, mais c’est l’exception confirmant la règle. Et encore certaines de ses ouvertures ont-elles été dénaturées et son enduit présente-t-il de nombreuses lacunes. On observe aussi quelques faux encadrements, quelques enduits moulés ainsi que 5 balcons, 2 anciens à Chaudon (1986 A3 373 et 381) et 3 récents à Norante, auxquels s’ajoute une marquise en ferronnerie en mauvais état sur une maison trop dénaturée pour avoir été repérée (1986 C4 398). Les intérieurs restent pas ou peu décorés. La dénaturation peut conduire à des « restaurations » artificielles qui s’inscrivent dans la mise en place de marqueurs ruraux typiques mais factices, en somme un décor dépourvu de fonction, tel cette grille d’envol de faux pigeonnier en 1986 C4 433.

III. Typologie

A1 : Maison avec partie agricole, commerciale ou artisanale en partie basse (2 repérées, 1 sélectionnée)

A2 : Maison avec partie agricole en partie haute (2 repérées ; 0 sélectionnée)

A3 : Maison avec parties agricoles en parties basse et haute (44 repérées ; 3 sélectionnées)

B : Maison sans partie agricole, commerciale ou artisanale (3 repérées ; 1 sélectionnée).

5 maisons ont été sélectionnées sur la commune (1 à Chaudon, 3 à Norante et 1 à Champagnel), soit à peine 10 % du total repéré, les nombreuses modifications dénaturantes expliquant ce faible taux.

TABLEAU DES MAISONS REPÉRÉES

(en gras et sur fond bleu, les 5 maisons faisant l’objet d’un dossier Mérimée) :

Lieux-dits

Références cadastrales

Parties constituantes

Niveaux

Type

de façade

Typologie

fonctionnelle

Champagnel

1986 E1 122 ;

1838 E1 105

bergerie

2

A1a

A1

Château (le)

1986 C3 262 ;

1838 C3 23

étable ; remise ; resserre ; fenil

3

A3

s.o.

Chaudon

(le Village)

1986 A3 366 ;

1838 A3 51

étable ; fenil

3

A3b

A3

Chaudon

(le Village)

1986 A3 373 ;

1838 A3 50

étable ; fenil

3

A1a

A3

Chaudon

(le Village)

1986 A3 374 ;

1838 A3 48, 49

étable ; fenil

3

B2a

A3

Chaudon

(le Village)

1986 A3 379 ;

1838 A3 9

étable ; remise ; fenil

3

A1a

A3

Chaudon

(le Village)

1986 A3 380 ;

1838 A3 10

étable ; classes

3

A2a

A3

Chaudon

(le Village)

1986 A3 381 ;

1838 A3 16, 17, 18

étable ; remise ; fenil

3

A3b

A3

Clappe (la)

1981 H3 132

remise ; resserre ;

pigeonnier

3

A3b

A3

Clappe (la)

1981 H3 134

resserre

2

BAa ?

B

Clappe (la)

1981 H3 138 ;

1838 H2 35

resserre

3

B4a

B

Norante

(la Bouissona)

1986 C4 523

étable ; fenil ; séchoir ?

3

A2

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 586 ;

1838 C3 92

cour ; jardin

3

B3b

B

Norante

(le Château)

1986 C4 587

remise ; fenil

2

C

A1

Norante

(le Château)

1986 C4 597 ;

1838 C3 93

remise ; fenil

4

C

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 812 ;

1838 C3 83, 84

remise ; séchoir à loggia

3

B2b

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 335 ;

1838 C3 44

remise ; fenil ; séchoir à loggia

2

A2b

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 335 ;

1838 C3 46

étable à cheval ; fenil

3

A2b

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 338

étable à cheval ; fenil

3

A1a

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 340

étable à cheval ; fenil ; séchoir

4

A2b

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 342 ;

1838 C3 99

étable à cheval ; fenil ; séchoir

3

A1a

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 344 ;

1838 C3 95

étable ; resserre ; fenil ; séchoir

4

B2b

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 345 ;

1838 C3 93, 94

étable ; resserre ;

porcherie ; remise ; fenil ; séchoir

4

C

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 346 ;

1838 C3 92

étable ; fenil ; séchoir

3

A

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 355 ;

1838 C3 86

étable à cheval ; remise ; fenil ; séchoir

3

A3

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 356 ;

1838 C3 98

étable à cheval ; fenil ; séchoir

3

C

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 368

remise ; séchoir

3

A1a

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 370 ;

1838 C3 120

étable à cheval ; bûcher ; fenil ; séchoir

4

B4b

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 373 ;

1838 C3 123

séchoir

2

A1a

A2

Norante

(le Château)

1986 C4 376 ;

1838 C3 130, 131

remise ; fenil

3

B3b

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 379 ;

1838 C3 134

étable ; fenil ; séchoir ?

3

A1a

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 380 ;

1838 C3 134

étable ; séchoir ; fenil

4

C

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 382 ;

1838 C3 136, 138

étable ; resserre ; séchoir

3

A3b

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 383 ;

1838 C3 138

étable ; séchoir

3

B1a

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 384 ;

1838 C3 137

étable ; fenil ; séchoir ?

3

A

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 385 ;

1838 C3 126, 139

étable ; remise ; fenil

3

A2

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 389 ;

1838 C3 140

étable ; remise ; bûcher ; séchoir

3

B1

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 394 ;

1838 C3 143

étable ; remise ; resserre ; fenil ; séchoir ?

4

C

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 396 ;

1838 C3 161

étable ; remise ; fenil ; séchoir ?

3

A1a

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 397 ;

1838 C3 162

étable ; fenil

3

A2b

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 405, 406

étable ; remise ; fenil ; séchoir

3

A2b

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 422 ;

1838 C3 ? (lacune)

étable ; remise ; fenil ; séchoir

3

B3a

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 426, 988, 428

1838 C3 205, 207, 208, ...

cave ; étable ; fenil ; séchoir ?

3

B1

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 429 ;

1838 C3 188, 189

étable ; remise ; poulailler ; fenil ; séchoir

4

A

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 430 ;

1838 C3 191

remise ; séchoir

3

B2a

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 824 ;

1838 C3 148

remise ; séchoir

3

B1

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 826 ;

1838 C3 141

étable ; remise ; fenil

3

A

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 841 ;

1838 C3 133

étable ; poulailler ; séchoir

4

B2a

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 967

étable ; remise ; fenil

2

A2a

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 973 ;

1838 C3 89

étable à cheval ; resserre ; fenil ; séchoir

4

A2a

A3

Norante

(le Château)

1986 C4 989 ;

1838 C3 ? (lacune)

étable ; séchoir

3

B1

A3

Aires d'études Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var
Dénominations maison
Adresse Commune : Chaudon-Norante
Période(s) Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Typologies A1 : maison avec partie agricole, artisanale ou commerciale en partie basse, A2 : maison avec partie agricole en partie haute, A3 : maison avec parties agricoles en parties basses et hautes, B : maison sans partie agricole, artisanale ou commerciale
Toits tuile creuse, ciment amiante en couverture
Murs calcaire moellon
grès moellon
tuf pierre de taille
enduit
pierre de taille
Décompte des œuvres bâti INSEE 86
repérées 51
étudiées 5
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Mosseron Maxence