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Maisons

Dossier IA04001539 réalisé en 2007

Fiche

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I. LES CONDITIONS DE L’ENQUÊTE

Problématique du repérage

Ce dossier concerne l’ensemble des maisons de la commune de Moriez : il s’agit d’une part d’édifices à vocation unique d’habitation (groupe B) et, d’autre part, d’édifices à vocation double d’habitation et d’usage agricole (groupe A avec sous catégories A1, A2, A3 détaillées plus loin), réunies sous un même toit.

Le repérage de l’habitat sur la commune de Moriez a été effectué au cours de l’été 2006.

Le support de base de l’étude est représenté par le cadastre moderne, édition mise à jour en 1983, sur lequel l’ensemble des bâtiments est recensé. Le cadastre napoléonien, réalisé en 1838 sur la commune de Moriez, peut également être mis en parallèle avec profit pour les bâtiments antérieurs à cette date.

Pour chaque bâtiment recensé, les extérieurs sont vus et font l’objet d’une grille de repérage. Quand cela est possible et pertinent, les intérieurs peuvent également être visités. L’enquête orale peut également s’avérer utile pour obtenir des informations sur l’évolution structurelle ou intérieure des édifices.

La grille de repérage

Le repérage a été effectué à l’aide d’une grille de description morphologique propre aux maisons décrivant :

- la ou les fonctions visibles du bâtiment

- la présence éventuelle et la caractérisation des espaces libres

- la situation du bâti dans l’espace urbain ou rural

- les matériaux principaux et secondaires et leur mise en œuvre

- la forme du toit et la nature de la couverture et de l’avant-toit

- la description des élévations et des baies

- les décors extérieurs

- les aménagements intérieurs

- les inscriptions historiques : dates portées, inscriptions…

Cette grille de repérage alimente une base de données qui permet une analyse statistique et des retranscriptions cartographiques.

Le bornage du repérage, la sélection

Le repérage s’inscrit dans une double limite : chronologique et morphologique.

Les bâtiments postérieurs aux années 1990 n’ont pas été étudiés.

Quant à la morphologie des édifices, les maisons trop dénaturées c’est-à-dire ayant subi des modifications structurelles telles que leur analyse fonctionnelle ou leur histoire architecturale n’est plus lisible, n’ont pas été prises en compte.

Enfin il aurait sans doute été précieux d’être en mesure de rentrer dans certains édifices mais les problèmes d’accessibilité sont prégnants dans un secteur où les résidences secondaires sont majoritaires.

La sélection des maisons retenues pour étude s’est faite sur un double critère. Tout d’abord l’unicité : les édifices exceptionnels par nature (le château Vieux et le château Neuf par exemple) ou par leur état de conservation ont fait l’objet d’une analyse plus approfondie. Il en est de même pour des édifices représentatifs de certains types récurrents dont on a retenu un nombre limité, mais significatif, d’exemplaires.

II. CARACTÈRES HISTORIQUES

Les dates portées (maisons)

Lieu Références cadastrales DATE

Bourg (le) 1983 B5 798 1790

Bourg (le) 1983 B5 789 1785

Bourg (le) 1983 B5 1389 1724

Hyèges 1983 B 935 1721

Hyèges 1983 B 843 1757

D’une manière générale, les critères de datations sont de deux types : d’une part ils se fondent sur l’analyse morphologique et stylistique, notamment des formes de baies ou du type d’appareil. D’autre part, le recours aux sources documentaires (cartes de Cassini et Bourcet de la Saigne notamment, ou encore séries d’archives départementales) peut confirmer une estimation de terrain.

Le 18e siècle est incontestablement le siècle de croissance de la communauté de Moriez (cf. les chiffres de démographie), aussi les dates portées sur des maisons se trouvent-elles toutes appartenir à ce siècle.

Pour autant, sur les 47 maisons repérées, seulement 6 ont pu être datées avec forte présomption du 18e siècle, 7 pourraient être antérieures. La majorité des maisons, soit 31 édifices, ont été datés du 19e siècle : soit qu’elles ont été effectivement construites au cours de ce siècle, soit, et sans doute en plus grand nombre, qu’elles ont été reconstruites à ce moment là. Enfin 3 semblent appartenir au 20e siècle.

III. CARACTÈRES MORPHOLOGIQUES

47 maisons ont été repérées sur la commune de Moriez, 11 ont été sélectionnées.

Implantation et composition d’ensemble

Toutes les maisons repérées se situent au sein du village, des deux hameaux principaux de Hyèges et des Chaillans ou dans un écart nommé Le Fangeas. Seule la maison de notable se trouve isolée au Pastaïre.

Les édifices des hameaux s’organisent en général autour d’une seule rue principale selon des parcelles traversantes, les façades tournées vers la rue, les maisons étant le plus souvent mitoyennes sur 2 côtés. La rue suivant la pente, les maisons, blocs en hauteur, sont le plus souvent perpendiculairement à la pente.

Matériaux et mise en œuvre

Les bâtiments sont construits en moellons de grès non ou peu équarris. Les moellons sont liés entre eux par un mortier de chaux et sable. Les angles sont renforcés par des moellons plus gros, mieux équarris, et rarement par des chaînes en pierre de taille (9 occurrences sur 47).

Les enduits anciens conservés (18 occurrences) sont à pierres vues ou rustiques le plus souvent réalisés avec du gypse rouge, caractéristique de l’architecture de Moriez. Les enduits récents (ciment, tyrolienne ou lisse) sont majoritaires avec 22 occurrences. Certaines enduits lisses, peut-être du 19e siècle, subsistent (7).

Les baies (autres que porte du logis) présentent majoritairement un encadrement au moins en partie façonné avec du gypse rouge : associé à un linteau de bois (pour 10 occurrences) ou entièrement façonné (15), ou encore associé à la pierre de taille (4). Elles sont en général closes grâce à des contrevents.

La porte du logis fait rarement l’objet d’un soin particulier, parfois façonnée (5 édifices), un peu plus souvent avec encadrement de pierre de taille (12), elle ne présente le plus souvent pas d’encadrement.

Structure, élévation, distribution

Les maisons ont entre 2 et 5 niveaux d’élévation, la majorité (22 édifices) en ayant 4, le plus souvent avec un étage de soubassement dû à la compensation de la pente.

Les escaliers (toujours intérieurs, pas de distribution extérieure relevée sur cette commune), quand ils ont pu être observés, se situent plutôt en fond de bâtiment.

Les façades ont le plus souvent les fenêtres non alignées avec la porte (type A sur la grille de repérage), cette dernière est percée en décalé par rapport à l’axe central de la façade (type B sur la grille). Le chiffre associé à ces deux lettres sur la grille de repérage correspond au nombre de travées : les maisons à une seule travée sont majoritaires.

Couverture

Les avant-toits sont en génoise à 1 ou 2 rangs (pour 26 maisons, soit 55 %) ou à chevrons (pour 16 d’entre elles).

L’essentiel des toits des maisons repérées est à longs pans (68 %), un plus petit nombre est à 1 seul pan (29 %). Ils sont couverts à peu près à part égale par des couvertures modernes (tôle ou ciment amiante) et des tuiles creuses traditionnelles.

Décor

L’habitat de la commune est très modeste et ne se caractérise pas par une abondance de décor même simple. Les décors de façade sont donc peu élaborés, il s’agit le plus souvent de faux encadrements peints (27 maisons) ou, parfois, de cadrans solaires (2).

Typologie

Typologie fonctionnelle

Sur 47 maisons repérées au total :

A1 : Maison avec partie agricole, commerciale ou artisanale en partie basse

(9 repérées ; 4 sélectionnées)

Logis au-dessus ou à côté d’une partie agricole ou commerciale

A2 : Maison avec partie agricole en partie haute

(2 repérées ; 1 sélectionnées)

Logis au-dessous ou à côté d’un fenil ou d’un séchoir

A3 : Maison avec parties agricoles en parties basses et hautes

(23 repérées ; 4 sélectionnées)

Logis entre parties agricoles

B : Maison sans partie agricole, commerciale ou artisanale

(12 repérées ; 4 sélectionnées)

Absence de fonction autre que le logis

1 sans caractérisation typologique

La catégorie la mieux représentée au cours du repérage est incontestablement la maison de type A3 c’est-à-dire avec fonctions agricoles en parties basses et hautes. Le terrain d’étude est rural, les fonctions des habitations ne peuvent qu’être liées pour l’essentiel ou ne serait-ce qu’en partie à l’activité agricole même de complément.

Le nombre de maisons de type B (sans parties agricoles) reflète par ailleurs le groupement de l’habitat en gros hameaux avec, parfois, des entrepôts agricoles situés à proximité.

Typologie formelle (élévations)

Les élévations sont classées en deux grands types A et B. Les élévations de type B se définissent par la régularité, celles de type A présentent des irrégularités telles que présence de fenestrons, de parties de mur aveugles, d'absence de travées stricte

Est ensuite pris en compte le nombre de travées (porte exclue, la travée concerne un alignement vertical de fenêtre), indiqué par un chiffre. Par exemple, type A1.

Enfin, dernier critère relevé : la position de la porte, sera noté a si la porte du logis est placée latéralement sur la façade, b si est au centre de la façade. Par exemple, type A1a.

IV. DOCUMENTATION

Les outils topographiques

Comme cela a déjà été précisé, l’enquête débute avec comme support le cadastre moderne, avec dans le cas de la commune de Moriez, une édition mise à jour en 1983. Ultérieurement, les matrices cadastrales ont également été ponctuellement étudiées afin d’éclaircir certaines évolutions ou destinations du bâti. A ce cadastre moderne a été confronté le cadastre dit napoléonien, ici établi en 1838.

A également été consultée avec profit la carte de Cassini dessinée par ce dernier entre 1775 et 1781 pour la région concernée. Tout comme la carte d’état-major réalisée par Jean Bourcet-de-la-Saigne entre 1764 et 1769.

Les archives

La commune de Moriez ne conservait pas de documents anciens.

En revanche, les recherches aux archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence ont livré des documents intéressants dans les séries E dépôt, O, Q, S, W.

Bibliographie

Voir la rubrique références documentaires.

LES MAISONS REPÉRÉES

(en gras, les maisons faisant l’objet d’une sélection)

LIEU-DIT

CADASTRE

PARTIES

AGRICOLES

NIVEAUX

TYPE

FACADE

TYPOLOGIE

Le Village

1965 B5 857

remise ; étable ; fenil

3

A1a

Le Village

1965 B5 855

sans objet

4

A2b

B

Le Village

1965 B5 854

remise ; étable ; fenil

3

A1a

A3

Le Village

1965 B5 805

remise ; étable

3

sans objet

A1

Le Village

1965 B5 852

remise ; fenil

4

sans objet

A3

Le Village

1965 B5 848

remise ; fenil

4

A2a

A3

Le Village

1965 B5 1442

remise

3

B2

A1

Le Village

1965 B5 798

remise

5

B3abc

A1

Le Village

1965 B5 800

remise

4

B2

B

Le Village

1965 B5 801

sans objet

5

B3a

B

Le Village

1965 B5 846

remise ; fenil

4

A2a

A3

Le Village

1965 B5 791

remise ; étable ; fenil

4

sans objet

A3

Le Village

1965 B5 799

sans objet

4

B3a

B

Le Village

1965 B5 746

remise ; étable ; fenil

4

sans objet

A3

Le Village

1965 B5 745

sans objet

4

A1a

B

Le Village

1965 B5 747

garage

3

A2a

B

Le Village

1965 B5 749

remise ; étable ; fenil

4

A1a

B

Le Village

1965 B5 754

remise ; étable ; fenil

4

A2a

A3

Le Village

1965 B5 788

remise ; étable ; fenil

3

A2a

A1

Le Village

1965 B5 807

remise ; étable ; fenil

3

A1a

A3

Le Village

1965 B5 808, 811

remise ; étable ; fenil

3

sans objet

A3

Le Village

1965 B5 842

fenil ; pigeonnier

4

sans objet

A2

Le Village

1965 B5 843

sans objet

5

A1a

B

Le Village

1965 B5 844

sans objet

4

B1

B

Le Village

1965 B5 845

sans objet

4

B1

B

Le Village

1965 B5 783

remise ; étable ; fenil

4

sans objet

A3

Les Chaillans

1965 H1 17

remise ; étable ; fenil

4

A1a

A3

Les Chaillans

1965 H1 18

remise ; fenil

4

A1a

A3

Les Chaillans

1965 H1 19

remise ; fenil

4

A1a

A3

Les Chaillans

1965 H1 21

étable ; remise ; cave ; fenil

3

B1

A3

Les Chaillans

1965 H1 23

remise ; fenil

2

A1a

A1

Les Chaillans

1965 H1 26

remise ; fenil ; étable

3

sans objet

A3

Les Chaillans

1965 H1 22b

remise ; étable ; fenil

4

A1b

A3

Le Fangeas

1965 B5 864

garage

3

B3b

B

Le Fangeas

1965 B5 1326

remise ; étable ; fenil

3

sans objet

A3

Le Fangeas

1965 B5 871

garage

3

sans objet

B

Le Fangeas

1965 B 1006

atelier ; remise ; étable ; fenil

3

A1a

A3

Hyèges

1965 B 962

remise ; fenil

4

sans objet

A3

Hyèges

1965 B 936

remise ; écurie ; fenil

3

A1a

A3

Hyèges

1965 B 935

remise ; étable ; fenil

3

A2b

A3

Hyèges

1965 B 934

remise ; étable

3

B2

A3

Hyèges

1965 B 931

remise ; étable ; fenil

4

A1a

A3

Hyèges

1965 B 897

remise ; étable

2

B3b

A1

Hyèges

1965 B 902

remise ; étable

3

B1

A2

Hyèges

1965 B 843

remise ; étable

3

sans objet

A1

Hyèges

1965 B 847

étable ; pigeonnier

4

sans objet

A1

Le Pastaïre

1965 B4 719

pigeonnier ; fontaine ; remise

3

B5b

B

Aires d'études Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var
Dénominations maison
Adresse Commune : Moriez
Période(s) Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Typologies A1 : maison avec partie agricole, artisanale ou commerciale en partie basse, A3 : maison avec parties agricoles en parties basses et hautes, B : maison sans partie agricole, artisanale ou commerciale, A2 : maison avec partie agricole en partie haute
Toits tuile creuse, tuile plate mécanique, tôle ondulée, ciment amiante en couverture
Murs calcaire
moellon sans chaîne en pierre de taille
galet
enduit
Décompte des œuvres repérées 47
étudiées 11
bâti INSEE

Références documentaires

Documents d'archives
  • Recensements de la population entre 1820 et 1936. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 6 M 192.

  • GUEYRAUD, Marie-Hélène. Les décors de gypseries dans l'architecture civile des Alpes du sud, 16e-17e siècles. DEA, université de Provence, sous la direction de Jean-Jacques Gloton, 1988.

  • LATIL, Robert. Chailan de Moriez. Généalogie sommaire mise à jour. 1980. Non publié, non paginé. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 8 04 396.

    p. 7.
  • MARTINEZ, Martine. Autour de Moriez. 2001

  • p. 16-19.
Bibliographie
  • ACHARD, Claude-François. Description historique, géographique et topographique des villes, bourgs, villages et hameaux de la Provence ancienne et moderne, du Comté-Venaissin, de la principauté d'Orange, du comté de Nice etc. Aix-en-Provence : Pierre-Joseph Calmen, 1788, 2 vol.

    Volume II, 156.
  • BARATIER, Edouard. La démographie provençale du XIIIe au XVIe siècle. Paris : S.E.V.P.E.N. , 1961, 255 p.

    p. 156-157.
  • Clouzot, Etienne. Pouillés des provinces d'Aix, d'Arles et d'Embrun. Diocèse de Riez, dir. Maurice Prou, Paris : imprimerie nationale, 1923

  • COLLIER, Raymond. La Haute-Provence monumentale et artistique. Digne: Imprimerie Louis-Jean, 1986, 559 p. : ill.

    p. 12.
  • FERAUD, Jean-Joseph-Maxime. Histoire, géographie et statistique du département des Basses-Alpes. Digne : Vial, 1861, 744 p.

    p. 485.
  • GEAN, Jacky, GIORDANENGO, Jean. A l'ombre du clocher. Histoire d'un pays entre Var et Verdon. Breil-sur-Roya : Les Editions du Cabri, 1997. 207 p. : ill.

    p. 188.
  • ISNARD, Marie Zéphirin. Etat documentaire et féodal de la Haute-Provence. Digne : imprimerie Vial, 1913, 496 p.

    p. 188-189.
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