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Maisons

Dossier IA04002594 réalisé en 2006

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I. LES CONDITIONS DE L’ENQUÊTE

Problématique du repérage

Ce dossier concerne l’ensemble des maisons de la commune de Saint-André-les-Alpes : il s’agit d’une part d’édifices à vocation unique d’habitation (groupe B) et, d’autre part, d’édifices à vocation double d’habitation et d’usage agricole (groupe A avec sous catégories A1, A2, A3 détaillées plus loin), réunies sous un même toit.

Le repérage de l’habitat sur la commune de Saint-André-les-Alpes a été effectué au cours de l’été 2006.

Le support de base de l’étude est représenté par le cadastre moderne, édition mise à jour en 1983 (parfois en 2016), sur lequel l’ensemble des bâtiments est recensé. Le cadastre napoléonien, réalisé en 1838 sur la commune de Saint-André et sur l'ancienne commune de Courchons (rattachée à Saint-André en 1966), peut également être mis en parallèle avec profit pour les bâtiments antérieurs à cette date.

Pour chaque bâtiment recensé, les extérieurs sont vus et font l’objet d’une grille de repérage. Quand cela est possible et pertinent, les intérieurs peuvent également être visités. L’enquête orale peut également s’avérer utile pour obtenir des informations sur l’évolution structurelle ou intérieure des édifices.

La grille de repérage

Le repérage a été effectué à l’aide d’une grille de description morphologique propre aux maisons décrivant :

- la ou les fonctions visibles du bâtiment

- la présence éventuelle et la caractérisation des espaces libres

- la situation du bâti dans l’espace urbain ou rural

- les matériaux principaux et secondaires et leur mise en œuvre

- la forme du toit et la nature de la couverture et de l’avant-toit

- la description des élévations et des baies

- les décors extérieurs

- les aménagements intérieurs

- les inscriptions historiques : dates portées, inscriptions…

Cette grille de repérage alimente une base de données qui permet une analyse statistique et des retranscriptions cartographiques.

Le bornage du repérage, la sélection

Le repérage s’inscrit dans une double limite : chronologique et morphologique.

Les bâtiments postérieurs aux années 1990 n’ont pas été étudiés.

Quant à la morphologie des édifices, les maisons trop dénaturées c’est-à-dire ayant subi des modifications structurelles telles que leur analyse fonctionnelle ou leur histoire architecturale n’est plus lisible, n’ont pas été prises en compte.

Enfin il aurait sans doute été précieux d’être en mesure de rentrer dans certains édifices mais les problèmes d’accessibilité sont prégnants dans un secteur où les résidences secondaires sont nombreuses.

La sélection des maisons retenues pour étude s’est faite sur un double critère. Tout d’abord l’unicité : les édifices exceptionnels par nature ou par leur état de conservation ont fait l’objet d’une analyse plus approfondie. Il en est de même pour des édifices représentatifs de certains types récurrents dont on a retenu un nombre limité, mais significatif, d’exemplaires.

II. CARACTÈRES HISTORIQUES

Les dates portées (maisons)

Lieu, adresse et références cadastrales DATE

Village, Moulin (rue du), 1983 AC 476 1699

Village, Haute (rue), 1983 AB 310 1714

Village, Placette (la), 1983 AB 232 1760

Village, Charles-Bron (place), 1983 AC 157 1791

Village, Haute (rue), 1983 AB 287 1815

Village, Haute (rue), 1983 AB 283, 284 1817

Village, Haute (rue), 1983 AB 285 1817

Village, Haute (rue), 1983 AC 151 1868

Village, Charles-Bron (place) ; Haute (rue), 1983 AC 153 1904

Village, Gare (rue de la), 1983 AB 368 1904

Village, Basse (rue), 1983 AC 477 1906 ; 1958

Champ-Tarras, Vertus (chemin des), 1983 AB 53 1962

Les critères de datation et analyse

D’une manière générale, les critères de datations sont de deux types : d’une part ils se fondent sur l’analyse morphologique et stylistique, notamment des formes de baies ou du type d’appareil. D’autre part, le recours aux sources documentaires peut confirmer une estimation de terrain : les cartes de Cassini et Bourcet de la Saigne notamment ou le cadastre napoléonien qui peut fournir un terminus post quem, ou encore les séries d’archives départementales.

Le 18e siècle est sans doute un siècle de croissance pour la communauté de Saint-André-les-Alpes, mais c'est également le cas de la 1ère moitié du 19e siècle. Cette croissance étant liée aux activités économiques du village. Pour autant, sur les 233 maisons repérées, seulement 9 ont pu être datées avec forte présomption du 18e siècle dont 3 portent une date, 3 pourraient être antérieures, 89 maisons sélectionnées datent du 19e siècle, 131 du 20e siècle. Le village est en effet en très forte expansion au moment de la construction du barrage puis se maintient tout au long du 20e siècle, ayant su se reconvertir dans les activités de tourisme. Une grande proportion des habitations demeurent cependant des résidences secondaires : d'après le dernier recensement de l'INSEE en 2013, les résidences principales représentent seulement 55 % des logements, pour 34 % de résidences secondaires (le reste étant des logements vacants). On constate également, dans la 2e moitié du 20e siècle, la création de lotissement conférant un aspect presque urbain au village de Saint-André-les-Alpes.

III. CARACTÈRES MORPHOLOGIQUES

Parmi les 233 maisons repérées sur la commune de Saint-André-les-Alpes, 22 ont été sélectionnées. A noter que n'ont pas été ici prises en compte les édifices, aujourd'hui maisons, mais autrefois hôtels de voyageurs ou auberges, qui sont étudiés par ailleurs dans le dossier collectif des hôtels de voyageurs (IA04002622).

Implantation et composition d’ensemble

Plan d'après le cadastre moderne de 2016, sections AB et AC.Plan d'après le cadastre moderne de 2016, sections AB et AC.Les maisons repérées se situent au coeur du village et dans la périphérie : les plus récentes se trouvant aux quartiers des Serres ou du Crouès.

Le centre ancien du village est encore très lisible avec une densité importante, de petites parcelles étroites et allongées se répartissant de part et d'autre de la Grand Rue, scindée en rue Haute et rue Basse à partir de l'actuelle place Charles-Bron (ancienne place de l'Eglise). On observe nettement que le village s'est étendu vers le sud, en créant tout d'abord des villas isolées, parfois de villégiature puis des lotissements, le parcellaire devenant alors beaucoup plus lache.

Les maisons du village sont en bloc en hauteur, les façades, haute et étroites, tournées vers la rue. Les édifices sont souvent traversants avec un accès sur la façade postérieure sur une cour ou un jardin potager.

Matériaux et mise en œuvre

Lorsque l'appareil est visible, ce qui est assez peu fréquent pour les maisons, on constate que les bâtiments sont construits en moellons de calcaire, non ou peu équarris et en galets. Les moellons sont liés entre eux par un mortier de chaux et sable. Les angles sont renforcés par des moellons plus gros, mieux équarris, et rarement par des chaînes en pierre de taille (9 occurrences sur 47).

Les enduits anciens conservés (2 occurrences) sont extrêmement rares, ils sont alors à pierres vues. Les enduits sont donc récents : ciment, tyrolienne ou lisse. Certaines enduits lisses plus anciens, peut-être du 19e siècle, subsistent.

La porte du logis fait rarement l’objet d’un soin particulier, à l'exception de 36 encadrements en pierre de taille pour l'essentiel sur des maisons se trouvant dans le bourg. L'encadrement prend parfois la forme d'un arc en plein cintre (5) pour les portes les plus anciennes, du 17e siècle ou encore en arc segmentaire (12) pour celles du 18e siècle. Les baies (autres que la porte du logis) présentent souvent un appui saillant (115 occurrences), leurs encadrements sont parfois façonnés (8) mais cela reste exceptionnel, ou avec un faux encadrement peint ou enduit moulé (pour 66 maisons) mais le plus souvent ne présentent aucun élément marquant. Elles sont closes par des contrevents ou des persiennes pour les deux tiers des maisons.

Structure, élévation, distribution

Les maisons ont entre 2 et 5 niveaux d’élévation (1 maison à 1 niveau, et 1 maison à 6 niveaux ont également été repérée). La majorité (86 édifices) ont 4 niveaux, ensuite le nombre d'édifices ayant 2 ou 3 niveaux est à peu près équilibré, respectivement 56 et 67 occurrences. 64 ont un étage de soubassement pour compenser la pente, assez faible mais existante dans certaine parties du village.

Les escaliers (toujours intérieurs, pas de distribution extérieure relevée sur cette commune) n'ont pu être observés que dans 60 édifices. Sur cet échantillon, 22 se trouvaient en façade, 31 en fond de bâtiment, 7 en milieu.

Une grande partie du corpus repéré étant assez récente, seuls 147 façades ont pu être analysées selon la typologie ici retenue. Sur ce corpus, 83 façades ont les fenêtres non alignées avec la porte (type A sur la grille de repérage), dont une majorité (53) à une seule travée. 64 façades présentent a contrario, une porte alignée sur une travée, ici 2, 3 ou 4 travées de manière assez équilibrée. Dans le village, les façades étroites présentent ainsi en général deux portes sur la rue, celle pour l'accès au logis, l'autre pour la partie agricole ou commerciale plus large que la précédente, surmontées d'une baie par étage, et, au dernière niveau, souvent désaxée, l'ouverture du grenier ou fenil avec, parfois, une poulie conservée permettant de monter les bottes de foin.

Il convient de distinguer les maisons du village ancien de celles de sa périphérie immédiate. Au coeur du bourg, la majorité des maisons, celles à 4 niveaux, présentent une même répartition verticale. Historiquement, ainsi que le décrit Alain Collomp, les maisons de Saint-André sont ainsi constituées : "le plain-pied avec l'écurie et l'entrée des gens, le premier étage d'habitation, le second étage d'habitation et enfin le grenier, ou grange, au-dessus, sous le toit. Chaque maison a la forme d'un parallélépipède en hauteur qui développe 10 à 12 m, alors que la façade sur rue est étroite, 4 à 6 m". Ce que décrit ici Alain Collomp, ce sont les maisons du village aux 18e et 19e siècle. Si la structure de ces maisons n'a guère changé, la qualification des espaces a en revanche évolué.

La répartition des espaces entre espaces agricoles, espaces commerciaux et habitation rend bien compte du côté plus urbain de Saint-André par rapport aux autres villages limitrophes, plus ruraux dans leurs caractéristiques. En effet, 122 maisons (sur un total de 233 repérées) n'ont aucune partie dévolue aux usages agricoles ou commerciaux (type B de la typologie fonctionnelle), uniquement, et ce le plus souvent dès la construction, dévolue à l'habitation, voire à l'habitation de villégiature. Fort logiquement, ces édifices se trouvent davantage à la périphérie du vieux village. On retrouve en revanche les 111 maisons présentant des espaces agricoles ou commerciaux, en partie haute et/ou basse, dans le bourg, dans la partie la plus ancienne. Dans tous les cas, lorsqu'il existe un espace agricole en partie haute (fenil ou séchoir), il correspond à l'existence d'une remise, étable ou écurie en partie basse, assez souvent en étage de soubassement. Les maisons avec un commerce en rez-de-chaussée, 42 édifices, peuvent avoir un espace agricole en partie haute, mais cela reste minoritaire (13) et lié à une probable transformation d'un espace agricole en partie basse en commerce.

Couverture

Les avant-toits sont majoritairement en génoise à 1 ou 2 rangs, rarement 3 rangs (pour 103 maisons) ou à chevrons (pour 107 d’entre elles). L’essentiel des toits des maisons repérées est à longs pans (197). Ils sont couverts pour une forte majorité 172) d'une couverture moderne, posée en remplacement et, pour une petite part de tuile creuse (30 toitures) et de tuiles plates mécaniques (26 toitures).

Décor

Le décor est assez peu présent, si l'on fait exception des faux encadrements (peints ou en enduit moulé) évoqués plus haut.

Typologie

Typologie fonctionnelle

Sur 233 maisons repérées au total :

A1 : Maison avec partie agricole, commerciale ou artisanale en partie basse

(36 repérées ; 3 sélectionnées)

Logis au-dessus ou à côté d’une partie agricole ou commerciale

A2 : Maison avec partie agricole en partie haute

(13 repérées ; 0 sélectionnée)

Logis au-dessous ou à côté d’un fenil ou d’un séchoir

A3 : Maison avec parties agricoles en parties basses et hautes

(58 repérées ; 7 sélectionnées)

Logis entre parties agricoles

B : Maison sans partie agricole, commerciale ou artisanale

(122 repérées ; 11 sélectionnées)

Absence de fonction autre que le logis

Sans caractérisation typologique

(1 repérée ; o sélectionnée)

Une des deux catégories les plus représentatives est celle contenant les maisons de type A3, avec parties agricoles et/ou commerciales en parties basses et hautes. Elles témoignent du passé du village, de son milieu d'implantation en zone rurale mais aussi de son côté urbanisé avec le développement du commerce. La catégorie la mieux représentée au cours du repérage est incontestablement la maison de type B c’est-à-dire sans fonctions agricoles ou commerciale. Ce qui est un signe de l'évolution du village de Saint-André de plus en plus tournée vers l'économie et le tourisme.

Au-delà de cette typologie et de manière transversale, une autre classification pourrait être superposée, celle-ci est liée à la fois à l'urbanisation de Saint-André d'une part et à son importance démographique et historique corrélative d'autre part. Il s'agit tout d'abord des édifices vraiment urbains, certes peu nombreux à Saint-André, mais tout de même représentés : les immeubles (IA04002566) ou encore les maisons en séries ou jumelles (IA04002560). Il s'agit ensuite des maisons cossues, parfois demeures, souvent simplement "bourgeoises" pouvant être apparentées à des bastides de basse Provence, on observe alors des façades ordonnancées à travée systématiquement, parfois un toit à longs pas et croupe. Pour le 18e siècle, peuvent être citées deux maisons rue Basse (IA04002559 et IA04002557) ou encore la maison dite la Polka sur la Placette (IA04002547) ; pour la période contemporaine, des maisons bourgeoises telle que IA04002584. Ces maisons dites bourgeoises peuvent prendre l'aspect, avec la nouvelle vocation touristique de Saint-André à partir du 2e quart du 20e siècle, de villas de villégiature (IA04002537). Enfin, parmi les pavillon des années 1950, construits en milieu de parcelles, assez caractéristiques des constructions de ces années-là se trouve une veine plus "régionaliste", où l'édifice prend un aspect de "chalet" de basse montagne (voir photographies dans le dossier) ; on retrouve ce type dans les lotissements de la 2e moitié du 20e siècle, mais pas seulement.

Typologie formelle (élévations)

Les élévations sont classées en deux grands types A et B. Les élévations de type B se définissent par la régularité, celles de type A présentent des irrégularités telles que présence de fenestrons, de parties de mur aveugles, d'absence de travées stricte

Est ensuite pris en compte le nombre de travées (porte exclue, la travée concerne un alignement vertical de fenêtre), indiqué par un chiffre. Par exemple, type A1.

Enfin, dernier critère relevé : la position de la porte, sera noté a si la porte du logis est placée latéralement sur la façade, b si est au centre de la façade. Par exemple, type A1a.

IV. DOCUMENTATION

Les outils topographiques

Comme cela a déjà été précisé, l’enquête débute avec comme support le cadastre moderne, avec dans le cas de la commune de Saint-André-les-Alpes, une édition mise à jour en 1983, parfois le cadastre moderne en ligne a pu également être l'occasion de vérification entre 2014 et 2016. Ultérieurement, les matrices cadastrales ont été ponctuellement étudiées afin d’éclaircir certaines évolutions ou destinations du bâti. A ce cadastre moderne a été confronté le cadastre dit napoléonien, ici établi en 1838.

A, de plus, été consultée avec profit la carte de Cassini dessinée par ce dernier entre 1775 et 1781 pour la région concernée. Tout comme la carte d’état-major réalisée par Jean Bourcet-de-la-Saigne entre 1764 et 1769.

Les archives

La commune de Saint-André-les-Alpes conserve un certain nombre de documents. Notamment certaines pièces d'archives anciennes sur la constitution territoriale de la commune, une partie des archives à partir de 1940 ou encore un inventaire du patrimoine religieux commandé par le diocèse de Digne-les-Bains (04) et réalisé en 1991.

Les recherches aux archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence ont de plus livré des documents intéressants dans les séries E dépôt, O, Q, S, W.

Bibliographie

Voir la rubrique références documentaires.

Aires d'études Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var
Dénominations maison
Adresse Commune : Saint-André-les-Alpes
Décompte des œuvres repéré 233
étudié 22

Références documentaires

Bibliographie
  • COLLIER, Raymond. La Haute-Provence monumentale et artistique. Digne: Imprimerie Louis-Jean, 1986, 559 p. : ill.

    p. 346
  • COLLIER, Raymond. Monuments et art de Haute-Provence. Digne : Société Scientifique et Littéraire des Basses-Alpes, 1966, 225 p.

    p. 179
  • COLLIER, Raymond. La Vie en Haute-Provence de 1600 à 1850. Digne : Société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, 1973, 546 p.

    p. 257-299
  • COLLOMP, Alain. La maison du père : famille et village en Haute-Provence aux XVIIe et XVIIIe siècles. Paris : P.U.F., 1983.

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