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maisons

Dossier IA04001721 réalisé en 2009

Fiche

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I. Contexte de l'enquête

Le repérage

Le terme "maison" comprend les édifices totalement dévolus à l'habitation, ainsi que ceux comprenant une partie habitation et une partie agricole (étable, remise, fenil…) réunies sous un même toit.

Le repérage des maisons sur la commune de La Rochette a été effectué au cours du mois de juin 2009. Le recensement s'est fait à partir du cadastre le plus récent disponible, édition mise à jour pour 1988. Le plan cadastral dit "napoléonien", levé en 1818, a servi de point de repère et de comparaison pour les bâtiments antérieurs à cette date ; l'ensemble des états de section de ce cadastre a été consulté. Toutes les constructions portées sur le cadastre actuel ont été vues, au moins de l'extérieur. Le repérage a été effectué à l'aide d'une grille de description morphologique propre aux maisons et décrivant :

- la ou les fonction(s) visible(s) du bâtiment,

- la présence éventuelle et la caractérisation des espaces libres,

- la mitoyenneté,

- les matériaux principaux et secondaires et leur mise en œuvre,

- la forme du toit et la nature de la couverture et de l'avant-toit,

- le nombre d'étages visibles,

- la description des élévations et des baies,

- les décors extérieurs,

- les aménagements intérieurs (escalier, cheminée, cloisons…)

- les inscriptions historiques : dates portées, inscriptions…

Cette grille de repérage a donné lieu à l'alimentation d'une base de données destinée à faire un traitement statistique et cartographique.

Le repérage est toujours confronté à la question de l'état du bâti. Ainsi, ont été repérés les bâtiments ayant subi quelques modifications de détail n'affectant pas leur lecture architecturale. Les bâtiments ruinés mais dont le parti pris architectural d'origine restait lisible ont également été repérés. En revanche, les bâtiments ayant subi des transformations majeures rendant illisibles leurs caractères architecturaux n'ont pas été retenus. Les bâtiments non retenus sont principalement ceux qui ont été très remaniés à une période récente, selon des normes de construction, des matériaux et un vocabulaire architectural très éloignés de ceux de l'architecture locale : élévations entièrement repercées de grandes ouvertures rectangulaires masquant les baies anciennes, utilisation de matériaux récents rendant illisible le parti d'origine, restructuration intérieure totale ou profonde…

II. Caractères morphologiques

41 maisons ont été repérées, 8 maisons ont été sélectionnées (19,5 % du corpus). Seules une maison de la commune porte une date, du premier quart du 19e siècle (1810). Trois maisons date probablement du 16e siècle (linteau à corbelets sculptés en bas-relief, bossages). Les autres datent du 17e siècle au 19e siècle. Les maisons situées dans la partie ouest du village datent d'après la Seconde Guerre Mondiale et ont servies à reloger les habitants du hameau d'Avenos, en partie brulé pendant la guerre.

Implantation et composition d'ensemble

Toutes les maisons de la commune ont été repérées au Village, sauf deux au hameau du Cheinet et une au hameau d'Avenos. Dans le village, les bâtiments sont regroupés en quelques îlots qui suivent approximativement les courbes de niveau. Les ruelles serpentent entre ces îlots et on note l'existence de plusieurs passages couverts. Seulement trois maisons sont isolées ; 34 % ont un seul côté mitoyen, 51 % ont deux côtés mitoyens ; 7,5 % ont trois côtés mitoyens. 19,5 % des maisons possèdent une cour attenante et 12 % possèdent un jardin mitoyen.Les maisons sont des blocs en hauteur, elles sont rarement traversantes, sauf dans la partie basse du village. 53,5 % des maisons possèdent une façade antérieure constituée de niveaux d'habitation placés au dessus d'un niveau agricole, avec une façade postérieure majoritairement constituée de niveaux d'habitation. Il est à noter que les plus grosses maisons sont partagées en appartements qui correspondent plus ou moins à un étage entier et qui débordent parfois sur les parcelles mitoyennes ou sur les étages inférieurs ou supérieurs. Cette disposition est déjà notable sur l'état des sections du cadastre de 1818.

Village, façade d'une maison ouvrant sur une ruelle, 1988 G 38.Village, façade d'une maison ouvrant sur une ruelle, 1988 G 38. Village, façade latérale d'une maison, 1988 G 05Village, façade latérale d'une maison, 1988 G 05

Matériaux et mise en œuvre

Les bâtiments sont principalement construits en maçonnerie de moellons calcaires et de grès, généralement peu équarris, montés au mortier de chaux et de sable. Ponctuellement, on trouve l'usage de galets ou de blocs de tufs. Les chaînes d'angles sont renforcés par des moellons plus gros, mieux équarris. Deux maisons possédant des chaînes d'angles en pierre de taille calcaire ont été repérées. Deux maisons, situées en cœur d'îlot, ne possèdent pas de chaînes d'angle. Les enduits anciens conservés sont à pierres vues (27 % du corpus), rustiques (10 %), à inclusions de petits cailloux (7 %), à la tyrolienne (5 %). Il faut cependant signaler que près d'un tiers des maisons (61 %) possèdent un enduit récent.Les encadrements des fenêtres sont en maçonnerie, avec un linteau en bois ; l'enduit de finition est réalisé au mortier de gypse lissé portant une feuillure. Les encadrements de porte sont réalisés de la même manière. 17 % des maisons du corpus possède un encadrement de porte en pierre de taille (calcaire ou grès), en arc segmentaire (43 %), en linteau (57 %) ou en arc plein-cintre (29 %). A noter au Village, un linteau soutenu par deux corbelets décorés de rosaces en bas-relief. Les contrevents anciens, qui occultent les fenêtres, ont été remplacés par des équivalents récents dans 46,5 % des cas. Cependant, les contrevents à persiennes représentent 73 % des cas restants (87,5 % de persiennes simples, 12,5 % de persiennes basses), 27 % pour les contrevents en bois plein. La présence d'une voûte en berceau segmentaire a été repérée dans six maisons (14,5 % des cas), en étage de soubassement. Cette proportion doit être en réalité plus importante, elle est minorée par le fait que peu d'intérieurs ont pu être visités. Une seule voûte d'arêtes a été observée, placée en rez-de-chaussée surélevé au-dessus d'un étage de soubassement voûté. Ce dispositif de voûte sur voûte semble être marginal. Ces voûtes couvrent une étable ou une resserre qui, dans les autres cas, est couverte par un plancher sur solives.

Village, parcelle G 40b. Porte de logis à corbelets décorés.Village, parcelle G 40b. Porte de logis à corbelets décorés. Village, parcelle G 39a. Détail d'un enduit à pierres vues.Village, parcelle G 39a. Détail d'un enduit à pierres vues.

Les pièces des étages supérieurs possèdent un plancher sur solives. Les sols des pièces à usage d'habitation sont souvent couverts en lauzes de grès, en carreaux de terre cuite carrés ou rectangulaires, en tomettes hexagonales ou en carreaux de ciment teintés. Le sol de l'étable est en terre battue, le sol du fenil ou du séchoir est un plancher rustique. Village, parcelle G 37. Sol de cuisine en carreaux de terre cuite.Village, parcelle G 37. Sol de cuisine en carreaux de terre cuite.

Les murs des pièces d'habitation reçoivent un enduit au plâtre lisse et sont souvent peints en blanc, avec des plinthes de couleur foncée (brun, noir, rouge). Les cloisons intérieures sont réalisées principalement en maçonnerie légère et pans de bois. Les plafonds des pièces d'habitation reçoivent parfois un enduit lisse au plâtre. La pièce servant de cuisine dispose d'une cheminée adossée ou a demi-engagée dans un mur. La forme des manteaux de cheminée est généralement rectangulaire, parfois galbée, avec une corniche moulurée. Cette cheminée est parfois accompagnée d'une niche regroupant un potager de cuisson et un cendrier. Une pile d'évier est aménagée dans un angle de la cuisine ou sous une fenêtre. Des placards muraux ou en maçonnerie légère sont installés dans la cuisine et dans les chambres. Un balcon extérieur ancien a été noté sur 10 % des maisons.

Village, parcelle G 47. Dans une cuisine en rez-de-chaussée, placard mural en partie engagé.Village, parcelle G 47. Dans une cuisine en rez-de-chaussée, placard mural en partie engagé.

Les escaliers extérieurs sont construits en maçonnerie, il forment parfois une petite terrasse, et deux cas d'escalier formant passerelle au-dessus d'une ruelle ont été notés. Les marches sont en pierre de taille de grès. Les escaliers intérieurs sont construit en maçonnerie légère de chaux et de plâtre sur une structure en bois. Les contre-marches sont façonnées au mortier ou sont en bois, les nez de marche sont en bois et les marches reçoivent généralement des carreaux de terre cuite.

Structure, élévation, distribution

Les maisons ont de deux à six niveaux d'élévation : deux niveaux (7,5 %), trois niveaux (56 %), quatre niveaux (24,5 %), cinq niveaux (10 %), six niveaux (2,5 % = un cas).53,5 % des maisons de la commune ne possèdent pas d'élévation ordonnancée en travées. Pour les maisons possédant une élévation organisée en travées, la répartition se fait ainsi : 26 % à une travée, 52,5 % à deux travées, 16 % à trois travées, 5 % (un cas) à sept travées.

Du fait du relief très important de la commune, 80,5 % des maisons du corpus possèdent un ou plusieurs étages de soubassement.

29 % des maisons possèdent un étage de soubassement,

39 % possèdent deux étages de soubassement

et 12 % possèdent trois étages de soubassement.

Au niveau de la répartition des étages, le cas le plus fréquent (22 % du corpus) correspond aux maisons organisées ainsi : un étage de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé et/ou un étage de comble.

La seconde occurrence (19,5 % des cas) s'organise ainsi : deux étages de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et/ou un étage de comble.

Une troisième occurrence, à égalité de pourcentage avec la précédente s'organise ainsi : un ou deux étages de soubassement et un rez-de-chaussée surélevé.

Les maisons ne possédant pas d'étage de soubassement s'organisent ainsi : rez-de-chaussée, un étage carré, un second étage carré ou un étage de comble (100 % des cas sans étage de soubassement).

On note la présence d'un escalier de distribution extérieur, pour 22 % des maisons. Cet escalier extérieur est soit adossé parallèlement à la façade, de forme droite, avec ou sans repos (55,5 % des cas). L'autre modèle est un escalier extérieur adossé perpendiculairement à la façade, de forme droite, sans repos (44,5 % des cas). Cependant, presque chaque maison possède également un escalier intérieur, droit ou tournant.

71 % des maisons possèdent une étable, 19,5 % possèdent un séchoir, 14,5 % possèdent une resserre et 12 % possèdent un fenil. On note deux anciennes boutiques, dont une possède une porte boutiquière asymétrique de type médiéval ; une remise, deux fours à pain intérieurs et un pigeonnier ont en outre été repérés. Enfin, 12 % des maisons ne possèdent pas de partie agricole, artisanale ou commerciale.

Couverture

Les toits sont à longs pans (51 % du corpus) ou à un pan (49 %).Les charpentes sont généralement à pannes panne faîtière et pannes intermédiaires, pas de panne sablière. Ces pannes sont parfois confortées par des chevrons.Les avants-toits anciens conservés (75,5 % du corpus) sont traités en génoise : un rang (61 %) ou deux rangs (27 %) de génoises maçonnées. Cinq maisons ont leurs rangs de génoises posés sur un rang de carreaux de terre cuite. 32 % des maisons reçoivent une saillie de rive des pignons réalisée avec un rang de génoise. Une maison a été repérée avec un avant-toit constitué du simple débord des chevrons de couverture.La couverture traditionnelle est la tuile creuse mais elle a été largement remplacée par des matériaux modernes (plaques de fibro-ciment notamment), lesquels concernent 63,5 % des maisons de la commune. Deux maisons sont couvertes en tuile plate mécanique.

Décor

Les décors de façades ne concernent qu'un petit nombre de maisons (19,5 % du corpus). Ils se présentent sous forme de faux encadrements peints ou de faux appareil peint ou façonné au mortier (encadrement de porte).

Enfin, trois maisons avec des portes de logis possédant de belles menuiseries ont été notées.

Village, heurtoir fixé sur une porte de logis, 1988 G 39c.Village, heurtoir fixé sur une porte de logis, 1988 G 39c. Village, serrure sur une porte de logis, 1988 G 39c.Village, serrure sur une porte de logis, 1988 G 39c.

Typologie

A1 : Maison avec partie agricole, commerciale ou artisanale en partie basse (49 % du corpus : 20 repérées ; 2 sélectionnées) : Logis au-dessus ou à côté d'une partie agricole ou commerciale

A2 : Maison avec partie agricole en partie haute (4,5 % du corpus : 2 repérées ; 1 sélectionnée) : Logis en dessous ou à côté d'un fenil

A3 : Maison avec parties agricoles en parties basses et hautes (27 % du corpus : 11 repérées ; 4 sélectionnée) : Logis entre les parties agricoles

B : Maison sans partie agricole, commerciale ou artisanale (19,5% du corpus : 8 repérées ; 1 sélectionnée) : Absence de partie agricole

Interprétation de la classification

Les données statistiques montrent très clairement que, sur la commune de La Rochette, les modes de vie et les modes d'habiter impliquaient une grande mixité des hommes et des bêtes. Ce phénomène se traduit par le fait 49 % du corpus correspond à des maisons dont le logis est installé au-dessus d'une partie agricole : étable, porcherie, resserre…

La seconde catégorie (27 % du corpus) est celle des maisons où le logis est compris entre une partie basse agricole (étable, remise...) et une partie haute à vocation également agricole (fenil, séchoir).

Ensemble, ces deux catégories représentent 76 % du corpus et traduisent la forte imbrication des fonctions agricoles dans l'habitat, notamment la présence des étables en dessous de l'habitation. En revanche, il est notable de constater que « seulement » 31,5 % des maisons de la commune possède une partie haute à destination agricole. Ceci s'explique par le relief très marqué du site du village, qui ne permet pas d'acheminer d'importantes production agricoles dans les ruelles. D'ailleurs, lorsqu'une partie haute agricole existe, les séchoirs sont plus fréquents que les fenils.Il faut par ailleurs souligner que 19,5% des maisons du corpus sont entièrement dévolues à l'habitation, ce qui une proportion importante dans la région. Cette dernière caractéristique témoigne du passé de La Rochette comme capitale du Val-de-Chanan, qui abritait un certain nombre de notables.

Aires d'études Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var
Dénominations maison
Adresse Commune : La Rochette

Seules une maison de la commune porte un chronogramme, du premier quart du 19e siècle (1810). Trois maisons date probablement du 16e siècle (linteau à corbelets sculptés en bas-relief, bossages). Les autres datent du 17e siècle au 19e siècle. Les maisons situées dans la partie ouest du village datent d'après la Seconde Guerre Mondiale et ont servies à reloger les habitants du hameau d'Avenos, en partie brulé pendant la guerre.

Période(s) Principale : Temps modernes, 19e siècle, 2e moitié 20e siècle

Toutes les maisons de la commune ont été repérées au village, sauf deux au hameau du Cheinet et une au hameau d'Avenos. Ce sont des blocs en hauteur, rarement traversants, sauf dans la partie basse du village. Il est à noter que les plus grosses maisons sont partagées en appartements qui correspondent plus ou moins à un étage entier et qui débordent parfois sur les parcelles mitoyennes ou sur les étages inférieurs ou supérieurs. Cette disposition est déjà notable sur l'état des sections du cadastre de 1818. Les bâtiments sont principalement construits en maçonnerie de moellons calcaires et de grès, montés au mortier de chaux et de sable. Les maisons ont de deux à six niveaux d'élévation et plus de la moitié d'entre elles ne possèdent pas d'élévation ordonnancée en travées, dans le cas contraire on note de une à sept travées. Plus des trois quarts des maisons possèdent un ou plusieurs (jusqu'à trois) étages de soubassement. On note la présence d'un escalier de distribution extérieur, pour seulement un petit quart des maisons mais presque toutes possèdent un escalier intérieur, droit ou tournant. Les toits sont à longs pans (la moitié du corpus) ou à un pan. Les avants-toits sont traités en génoise, avec un ou deux rangs. La couverture traditionnelle est la tuile creuse. Les décors de façades concernent moins d'un quart des maisons. Ils se présentent sous forme de faux encadrements peints ou de faux appareil peint ou façonné au mortier (encadrement de porte). Les données statistiques montrent très clairement que, sur la commune de La Rochette, les modes de vie et les modes d'habiter impliquaient une grande mixité des hommes et des bêtes. Ce phénomène se traduit par le fait que 49 % du corpus correspond à des maisons dont le logis est installé au-dessus d'une partie agricole (type A1) : étable, porcherie, resserre… La seconde catégorie (27 % du corpus) est celle des maisons où le logis est compris entre une partie basse agricole (étable, remise...) et une partie haute à vocation également agricole (fenil, séchoir) (type A3). Ensemble, ces deux catégories représentent 76 % du corpus et traduisent la forte imbrication des fonctions agricoles dans l'habitat, notamment la présence des étables en dessous de l'habitation. En revanche, il faut constater que moins d'un tiers des maisons (types A2 et A3) possède une partie haute à destination agricole, le relief et l'étroitesse des ruelles du village ne permettant pas d'acheminer d'importantes productions agricoles. D'ailleurs, lorsqu'une partie haute agricole existe, les séchoirs sont plus fréquents que les fenils. Il faut par ailleurs souligner que 19,5% des maisons du corpus sont entièrement dévolues à l'habitation (type B), ce qui une proportion importante dans la région. Cette dernière caractéristique témoigne du passé de La Rochette comme capitale du Val-de-Chanan, où habitaient un certain nombre de notables.

Typologies A1 : maison avec partie agricole, commerciale ou artisanale en partie basse, A2 : maison avec partie agricole en partie haute, A3 : maison avec parties agricoles en parties basses et hautes, B : maison sans partie agricole, commerciale ou artisanale
Toits tuile creuse, tuile plate mécanique
Murs calcaire
grès
tuf
Décompte des œuvres repérées 41
étudiées 8
bâti INSEE 61
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Laurent Alexeï