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maisons

Dossier IA04002076 réalisé en 2010

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I. Contexte de l'enquête

Le repérage

Ce dossier concerne les maisons de la commune d'Entrevaux (canton d'Entrevaux, Pays Asses-Verdon-Vaïre-Var, département des Alpes-de-Haute-Provence).

Le terme "maison" comprend les édifices totalement dévolus à l'habitation, ainsi que ceux comprenant une partie habitation et une partie agricole (étable, remise, fenil…) réunies sous un même toit.

Les conditions de l'enquête

Le repérage des maisons sur la commune d'Entrevaux a été effectué de juillet à octobre 2010. Le recensement s'est fait à partir des plans cadastraux de 1977 et 1980. Le plan cadastral dit "napoléonien" (levé en 1816 pour la commune d'Entrevaux et en 1817 pour l'éphémère commune de Plan-du-Puget) a servi de point de repère et de comparaison pour les bâtiments antérieurs à cette date ; l'ensemble des états de section de ce cadastre a été consulté.

Toutes les constructions portées sur le cadastre actuel ont été vues, au moins de l'extérieur, sauf au quartier de Sumaure qui n'a pas été visité.

Le repérage a été effectué à l'aide d'une grille de description morphologique propre aux maisons et décrivant :

- la ou les fonction(s) visible(s) du bâtiment,

- la présence éventuelle et la caractérisation des espaces libres,

- la mitoyenneté,

- les matériaux principaux et secondaires et leur mise en œuvre,

- la forme du toit et la nature de la couverture et de l'avant-toit,

- le nombre d'étages visibles,

- la description des élévations et des baies,

- les décors extérieurs,

- les aménagements intérieurs (escalier, cheminée, cloisons…)

- les inscriptions historiques : dates portées, inscriptions.

Cette grille de repérage a donné lieu à l'alimentation d'une base de données destinée à faire un traitement statistique et cartographique.

Le repérage est toujours confronté à la question de l'état du bâti. Ainsi, ont été repérés les bâtiments ayant subi quelques modifications de détail n'affectant pas leur lecture architecturale. Les bâtiments ruinés mais dont le parti pris architectural d'origine restait lisible ont également été repérés. En revanche, les bâtiments ayant subi des transformations majeures rendant illisibles leurs caractères architecturaux n'ont pas été retenus. Les bâtiments non retenus sont principalement ceux qui ont été très remaniés à une période récente, selon des normes de construction, des matériaux et un vocabulaire architectural très éloignés de ceux de l'architecture locale : élévations entièrement repercées de grandes ouvertures rectangulaires masquant les baies anciennes, utilisation de matériaux récents rendant illisible le parti d'origine, restructuration intérieure totale ou profonde.

II. Caractères morphologiques

Hors de la ville, 56 maisons ont été repérées, 9 maisons ont été sélectionnées (16 % du corpus). Le nombre d'immeubles INSEE de référence est issu du recensement de 1975.

Une petite dizaine de maisons portent un chronogramme, datés d'entre la fin du 18e siècle et la seconde moitié du 20e siècle :1770, 1872, 1876, 1880, 1908, 1910, 1912, 1949, 1960. Au moins deux maisons date probablement du 16e siècle. Les autres maisons datent de la fin du 18e siècle pour les plus vieilles, mais surtout de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle, période qui correspond à de nombreuses modifications des alentours immédiats de la ville : implantation de la voie ferrée et des digues du Var, construction de l'actuelle R.N. 202. Ces dernières maisons sont des maisons de maître ou de villégiature.

Implantation et composition d'ensemble

34 % des maisons de la commune ont été repérées dans les écarts (Bay, Les Lacs, Saint-Pierre Le Brec, Le Plan, La Colle, Les Clauvers, Valbonnette, Les Bouérys, Haut-Agnerc). Les autres maisons se trouvent autour d'Entrevaux, en rive gauche du Var (Les Lauves, l'Hubac) ; 19,5 % des maisons du corpus se trouvent au quartier de La Gare. Quelques maisons ont été repérées autour du Plan et dans les quartiers agricoles riverains du Var (Ragot, Valcroix...).

Cette répartition spatiale se retrouve dans le fait que 55,5 % des maisons ne possèdent pas de murs mitoyens. 34 % possèdent un mur mitoyen, et 10 % deux murs.

Les maisons sont des blocs en hauteur, elles sont généralement traversantes. 40 % des maisons possèdent une façade antérieure constituée de niveaux d'habitation placés entre deux niveaux agricole ou commercial, 37,5 % des façades antérieures ne présentent que des niveaux d'habitation. Les façades postérieures sont majoritairement constituées de niveaux d'habitation (57 %), parfois surmontée d'un niveau agricole (32 %). 53,5 % des maisons possèdent un jardin attenant et 50 % une cour mitoyenne, parfois dallée ou caladée.

Matériaux et mise en œuvre

Les bâtiments sont principalement construits en maçonnerie de moellons calcaires, généralement peu équarris, montés au mortier de chaux et de sable, parfois complétés avec des blocs de tufs (9 % du corpus) ; 8 % des maisons sont construites en parpaings pleins artisanaux. On note la présence ponctuelle de briques ou de galets dans les maçonneries.

Les chaînes d'angles sont généralement renforcées par des gros moellons équarris. La présence de chaînes d'angle en pierre de taille calcaire et/ou de tuf concerne 9 % des maisons.

Les enduits anciens sont conservés pour 75 % du corpus. Ils sont souvent lissés (39 %), rustiques (14 %) ou dressés à la tyrolienne (11 %). Les enduits à pierres vues ne représentent que 7 % du corpus. Un enduit à inclusions de petits cailloux a été repéré ; une maison dont les élévations ne sont pas enduites (maçonnerie de parpaings pleins) a été repérée.

Les encadrements des fenêtres sont la plupart du temps en maçonnerie, avec un linteau en bois ; l'enduit de finition est réalisé au mortier de gypse lissé portant une feuillure. Les encadrements de porte sont réalisés de la même manière ; le linteau en bois pouvant parfois être remplacé par un arc segmentaire en moellons. 16 % des maisons du corpus possède un encadrement de porte en pierre de taille calcaire : avec un arc segmentaire dans les deux tiers des cas, avec un linteau monoxyle pour le tiers restant.

Les contrevents anciens, qui occultent les fenêtres, ont été remplacés par des équivalents récents dans 37,5 % des cas. Des contrevents en bois plein ont repérés pour 41 % du corpus, des contrevents à persiennes pour 11 %, des contrevents à persiennes basses pour 9 %, des contrevents à persiennes doubles pour 10,5 %. Quelques cas de contrevents à persiennes hautes ont également été notés. Plusieurs types de contrevents ont été notés sur 23 % des maisons.

La présence d'une voûte en berceau segmentaire a été repérée dans 12,5 % maisons : principalement voûtes en berceau segmentaire, mais aussi voûte en berceau plein-cintre et voûtines en briques et poutrelles métalliques. Ces voûtes couvrent une étable ou une resserre qui, dans les autres cas, est couverte par un plancher sur solives. Les pièces des étages supérieurs possèdent un plancher sur solives. Les sols des pièces à usage d'habitation sont souvent couverts en carreaux de terre cuite carrés ou rectangulaires, en tomettes hexagonales ou en carreaux de ciment teintés. Le sol de l'étable est en terre battue, le sol du fenil est un plancher rustique ou une chape de mortier sur solivettes.

Les murs des pièces d'habitation reçoivent un enduit au plâtre lisse et sont souvent peints en blanc, avec des plinthes de couleur foncée (brun, noir, rouge). Deux cas de frises décoratives peintes au rouleau ou au pochoir ont été repérées. Les cloisons intérieures sont réalisées principalement en maçonnerie légère et pans de bois. Les plafonds des pièces d'habitation reçoivent parfois un enduit lisse au plâtre, dressé sur des canisses.

La pièce servant de cuisine dispose d'une cheminée adossée ou a demi-engagée dans un mur. La forme des manteaux de cheminée est généralement rectangulaire, parfois galbée, avec une corniche moulurée. Cette cheminée est parfois accompagnée d'une niche regroupant un potager de cuisson et un cendrier. Une pile d'évier est aménagée dans un angle de la cuisine ou sous une fenêtre. Des placards muraux ou en maçonnerie légère sont installés dans la cuisine et dans les chambres. Les appuis de fenêtres sont en carreaux de terre cuite, exceptionnellement en pierre de taille. Un balcon extérieur ancien a été noté sur 12,5 % des maisons et 5 % possèdent une terrasse.

Structure, élévation, distribution

Les maisons ont de deux à cinq niveaux d'élévation : deux niveaux (7 %), trois niveaux (62,5 %), quatre niveaux (27 %), cinq niveaux 3,5 %. 61 % des maisons possèdent une élévation ordonnancée en travées. La répartition se fait ainsi : 3 % à une travée, 17,5 % à deux travées, 61,5 % à trois travées, 6 % à quatre travées, 6 % à cinq travées et un cas à sept travées.

Du fait du relief important de la commune, 84 % des maisons possèdent un ou plusieurs étages de soubassement : 71,5 % des maisons possèdent un étage de soubassement, 9 % possèdent deux étages de soubassement et un cas a été repéré avec quatre étages de soubassement. Une maison possédant un sous-sol a été repérée. Au niveau de la répartition des étages, le cas le plus fréquent (50 % du corpus) correspond aux maisons organisées ainsi : un étage de soubassement + un rez-de-chaussée surélevé + un étage carré et/ou un étage de comble. La seconde occurrence (10,5 % des cas) s'organise ainsi : un rez-de-chaussée + un étage carré + un étage de comble ou un rez-de-chaussée + deux étages carrés.

5 % des maisons ne possèdent ni escalier de distribution extérieur ni escalier intérieur, tous les accès se faisant de plain-pied. 18 % des maisons possèdent uniquement un escalier de distribution extérieur, 16 % possèdent un escalier extérieur et un escalier intérieur. Il faut cependant noter que dans 41 % des cas, cette observation n'a pas pu être faite.

Les escaliers de distribution extérieurs sont construits en maçonnerie, les marches sont souvent en pierre de taille calcaire. Ils sont généralement adossés parallèlement à la façade (73 % des cas), parfois perpendiculairement ou en L. Un repos est aménagé devant la porte du logis dans 53 % des cas ; ce repos, parfois couvert, est souvent aménagé sur une logette voûtée.

Les escaliers intérieurs sont construit en maçonnerie légère de chaux et de plâtre sur une structure en bois. Les contre-marches sont façonnées au mortier ou sont en bois, les nez de marche sont en bois et les marches reçoivent généralement des carreaux de terre cuite. Ils sont le plus souvent tournants, sinon droits.

55,5 % des maisons possèdent une étable, 44,5 % possèdent un fenil et 44,5 % possèdent une resserre. Une remise a été notée dans 18 % des cas, un séchoir dans 9 %, un pigeonnier dans 5,5 % et un atelier dans 3,5 %. Une citerne a également été repérée.

La présence d'un puits, d'une fontaine ou d'un lavoir a été notée pour 12,5 % du corpus. En outre, un pressoir, une cuve à vin et un four à pain ont été repérés accompagnant une maison. Un tilleul ou une treille de vigne accompagne souvent la maison. D'autres types d'arbres, à la fois utiles et d'ornement, ont été rencontrés : marronnier, mûrier, plaqueminier, cyprès, saule pleureur... A noter un très grand cèdre, classé, au Plan-de-Puget.

Couverture

Les toits sont à un pan (29 % du corpus) dans les écarts. Ailleurs, ils sont à longs pans (69 % du corpus), parfois asymétriques. Ils sont quelquefois compliqués de croupes ou d'une partie en pavillon. Un cas de maison couverte par un toit en pavillon simple a été noté.

Les avants-toits anciens conservés (84 % du corpus) sont traités en génoise : un rang (16 %) ou deux rangs (34 %) de génoises maçonnées. Un quart des maisons possède un avant-toit en charpente légère, adapté à une couverture en tuile plate mécanique. On note également deux cas dont l'avant-toit est constitué du simple débord des chevrons de toiture ou des tuiles de couverture. La présence d'une saillie de rive en pignon concerne 37,5 % des maisons. Cette saillie de rive est constituée d'un rang de génoise dans 75 % des cas, de deux rangs pour un quart des maisons (toutes situées au quartier de La Gare).

La couverture traditionnelle est la tuile creuse mais elle a été souvent remplacée par des matériaux modernes (plaques de fibro-ciment notamment), lesquels concernent 30,5 % des maisons de la commune.

Près d'un tiers des maisons sont couvertes en tuile plate mécanique, se sont les maisons construites à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle.

Décor

Les décors de façades concernent 48 % des maisons. Ils se présentent sous forme de faux encadrements et de faux appareil (fausse chaîne d'angle, faux soubassement), le plus souvent gravés dans l'enduit et rehaussés d'un liseré de couleur. On note également des cadres de façade et des bandeaux de niveaux peints.

Trois maisons avec fausses fenêtres en trompe-l'œil on été repérées, deux avec des frises peintes (motifs végétaux). Un cadran solaire a été noté. Enfin, 12,5 % des maisons possèdent des portes de logis avec des menuiseries sculptées ou décorées ; parfois une grille de tympan en ferronnerie.

Typologie

A1 : Maison avec partie agricole, commerciale ou artisanale en partie basse (14,5 % du corpus) (8 repérées ; 0 sélectionnée) Logis au-dessus ou à côté d'une partie agricole ou commerciale

A2 : Maison avec partie agricole en partie haute (0 % du corpus) (0 repérée ; 0 sélectionnée) Logis en dessous ou à côté d'un fenil

A3 : Maison avec parties agricoles en parties basses et hautes (48 % du corpus) (27 repérées ; 5 sélectionnée) Logis entre les parties agricoles

B : Maison sans partie agricole, commerciale ou artisanale (37,5 % du corpus) (21 repérées ; 4 sélectionnée) Absence de partie agricole

Interprétation de la classification

Les données statistiques montrent très clairement que, sur la commune d'Entrevaux, les modes de vie et les modes d'habiter impliquaient une grande mixité des hommes et des bêtes.

Ce phénomène se traduit par le fait 48 % du corpus correspond à des maisons dont le logis est compris entre une partie basse agricole (étable, remise...) et une partie haute à vocation également agricole (fenil, séchoir). Ces maisons sont situent pour la grande majorité dans les écarts dispersés sur la commune. Une seconde catégorie (14,5 % du corpus) est celle des maisons où le logis est installé au-dessus d'une partie agricole : étable, porcherie, resserre. Ensemble, ces deux catégories représentent 62,5 % du corpus et traduisent la forte imbrication des fonctions agricoles dans l'habitat, notamment la présence des étables en-dessous de l'habitation.

Par ailleurs, 37,5 % des maisons du corpus sont entièrement dévolues à l'habitation. Celles-ci sont situées à proximité de la ville d'Entrevaux, dans les quartiers résidentiels construits à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle.

Aires d'études Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var
Dénominations maison
Adresse Commune : Entrevaux

Quelques maisons remontent aux 18e et 17e siècles, voire au 16e siècle, mais la plupart datent de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle. Ces dernières sont souvent des maisons de maître ou de villégiatures.

Période(s) Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

Le repérage des maisons sur la commune d'Entrevaux a été effectué de juillet à octobre 2010. Hors de la ville, 56 maisons ont été repérées et 9 sélectionnées. Seul un tiers des maisons est concentré dans les écarts, les autres étant dispersées, notamment à proximité d'Entrevaux. Les maisons présentent très majoritairement deux ou trois niveaux d'élévation, avec la présence d'un étage de soubassement dans près des trois quarts des cas. Quelques voûtes ont été notées. Une grosse moitié des maisons possèdent une étable, un peu moins possèdent un fenil et/ou une resserre. Les maisons sont construites en moellons de calcaire, parfois complétés par des blocs de tuf ; quelques cas de maisons construites en parpaings de béton pleins ont été relevés. La présence de chaînes d'angles en pierre de taille ne concerne que 9% du corpus. Les enduits des élévations sont souvent lissés, ou rustiques ou à la tyrolienne. Un tiers des maisons possède un escalier de distribution extérieur, en maçonnerie, généralement adossé parallèlement à la façade. Dans les écarts, les toits sont généralement à un pan ; les toits sont à longs pans pour les maisons dispersées, parfois compliqués de croupes. La tuile creuse est la couverture traditionnelle, mais les maisons de la fin du 19e siècle et du début du 20e siècle sont couvertes d'origine avec de la tuile plate mécanique. Près de la moitié du corpus hors de la ville présente des décors de façade peints et/ou gravés : faux encadrements, fausses chaînes d'angle, cadres de façade et bandeaux de niveau, parfois décors de baies en trompe l'oeil, de frises, plus rarement de cadran solaire. Hors de la ville, les maisons de type A.1 représentent 14,5% du corpus ; celles du type A.3, 48% ; celles du type B, 37,5%. Aucun cas de maison de type A.2 n'a été repéré.

Typologies A1 : maison avec partie agricole, artisanale ou commerciale en partie basse, A3 : maison avec parties agricoles en parties basses et hautes, B : maison sans partie agricole, artisanale ou commerciale
Toits tuile creuse, tuile plate mécanique
Murs calcaire moellon sans chaîne en pierre de taille
tuf moellon sans chaîne en pierre de taille
béton parpaing de béton
Décompte des œuvres repérées 56
étudiées 9
bâti INSEE 356
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Laurent Alexeï