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maisons dites villas

Dossier IA83000115 réalisé en 1996

Fiche

Ce dossier rend compte du repérage des maisons situées dans les cinq sections cadastrales du pourtour de la « ville médiévale » : A1, A3, A5, A6 et A7. Ce sont dans leur grande majorité des « villas », c'est-à-dire une forme d'habitat qui se développe à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, liée à la villégiature, et caractérisée par la présence quasi générale d'un jardin. Il s'agit d'abord d'un habitat saisonnier mais après la Deuxième Guerre mondiale les nouvelles constructions sont prévues pour une occupation permanente. Cela devient le mode d'habitation habituel de la périphérie des villes que l'on qualifie parfois de « pavillonnaire. »

Ce repérage porte sur 371 édifices. N'ont pas été pris en compte ceux qui ne présentaient aucun intérêt architectural particulier et avaient par ailleurs été déjà largement étudiés dans d'autres villes ou villages du Var. C'est le cas par exemple des maisons des sorties nord (avenue Paul Long) et est de la ville (avenue Alphonse Denis). Pour les périodes récentes (postérieures à 1945) seul un échantillonnage a été effectué à partir d'édifices qui nous paraissaient les plus représentatifs.

I. HISTORIQUE

Quatre périodes ont été découpées correspondant à des moments d'évolution de l'histoire des styles ou des façons de vivre. Souvent ces moments charnières ont lieu après l'interruption de la construction pendant les années de guerre et sa reprise selon de nouveaux critères. Ainsi le « style 1900 » qui débute vers 1880 se poursuit jusqu'à la guerre 1914-1918 et ce n'est qu'à partir des années 1920 qu'apparaît un nouveau type d'architecture.

Échantillon par époque :

Antérieur à 1880

29

1880-1919

121

1920-1945

149

Postérieur à 1945

72

Échantillon par époque

Les cartes 1 à 5 donnent une image de leur répartition spatiale.

Pour des commodités de qualification au moment du repérage nous avons réparti ces villas en trois types :

- la « villa-château » aristocratique ou bourgeoise

- la villa de villégiature « moyenne » à traitement architectural soigné

- la villa d'habitat permanent ou de villégiature, à traitement architectural médiocre.

La « villa-château » (15 exemplaires) fait donc référence au « château » par le statut social de son commanditaire, noble ou grand bourgeois ; par ses proportions (surface habitable supérieure à 500 m2) ; sa situation dans des parcs parfois supérieurs à 4000 m2 ; par son traitement architectural. Elle est prévue pour abriter une domesticité importante dans l'étage de comble et l'étage de soubassement ; elle est complétée par d'autres bâtiments annexes : conciergerie, écuries... C'est le cas par exemple des villas Tholozan (1858), Léon-Antoinette (1870) ou Ker-André (vers 1890). Ces trois maisons font l'objet de dossiers individuels (cf. dossiers IA83000081, IA8300002 et IA83000080).

La villa de villégiature à traitement architectural soigné (238 exemplaires) : elle correspond à une clientèle plus modeste mais tout de même fortunée. Les proportions sont plus petites. Un souci de la qualité de l'architecture ou du décor est toujours présent.

Section A5. Ilot 8. Parcelle 1517. 4, rue Paul Gensollen. Maison jumelée. Façade nord-ouest.Section A5. Ilot 8. Parcelle 1517. 4, rue Paul Gensollen. Maison jumelée. Façade nord-ouest.Section A6. Ilot 13. Parcelle 1634. 6, avenue Alexandre Castueil. Vue de situation.Section A6. Ilot 13. Parcelle 1634. 6, avenue Alexandre Castueil. Vue de situation.Section A7. Ilot 18. Parcelle 2074. 15, place du 11 Novembre. Vue de volume prise du nord-est.Section A7. Ilot 18. Parcelle 2074. 15, place du 11 Novembre. Vue de volume prise du nord-est.

La villa à traitement architectural médiocre (52 exemplaires) : elle n'est plus exclusivement liée à la villégiature. Le parti architectural y est très rudimentaire. Si l'échantillon est faible cela ne veut pas dire que leur nombre est faible mais qu'elles ont fait l'objet de plus d'exigences dans la sélection.

Section A5. Ilot 15. Parcelle 1482. 11, avenue 1ère Division du Général Brosset. Façade sud sur jardin.Section A5. Ilot 15. Parcelle 1482. 11, avenue 1ère Division du Général Brosset. Façade sud sur jardin.Section A5. Ilot 19. Parcelle 1512. 50, rue du Soldat Ferrari. Façade orientale.Section A5. Ilot 19. Parcelle 1512. 50, rue du Soldat Ferrari. Façade orientale.Section A6. Ilot 22. Parcelle 1841. 62, avenue Gambetta. Façade orientale.Section A6. Ilot 22. Parcelle 1841. 62, avenue Gambetta. Façade orientale.

Le tableau I (cf. annexes) donne une idée de la répartition par catégorie suivant les époques.

Les architectes

À Hyères de nombreuses maisons portent la signature de l'architecte qui les a dessinées et la date de leur construction. Elles peuvent aussi être datées par source. La fin du XIXe siècle est dominée par la personnalité de Pierre Chapoulart (1849-1904) dont le nom reste associé à celui d'Alexis Godillot, pour qui il réalise des travaux d'urbanisme et des œuvres privées. Son style est d'un éclectisme très diversifié : classique à la villa Ker-André, construite vers 1890 pour la veuve du promoteur du quartier Châteaubriand, Joseph Tagnard (cf. dossier) ; à tendance gothique et classique à la Villa de la Paix (1892) (cf. dossier IA83000075) ; pittoresque à tendance normande pour la Villa Michel (« maison Godillot » - 1882) (cf. dossier IA83000078) ; pittoresque à tendance mauresque à la Villa Mauresque (1881) toujours pour Godillot (cf. dossier IA83000070) et la Villa Tunisienne (1884), sa propre villa qui abritait également son agence (cf.dossier IA83000074). Il construit également des immeubles et le manège d'Alexis Godillot (cf.dossier IA83000069).

Son contemporain Gustave Paugoy n'est attesté que par une signature en 1872 à la villa Les Anémones d'un éclectisme classique agrémenté de céramiques d'inspiration extrême-orientale (cf. dossier).

Au tournant du siècle, Ribier signe des villas plus « urbaines » dans les extensions sud-est de la ville.

Section A5. Ilot 4. Parcelle 1554. 19, rue du Docteur Léopold Jaubert. Vue de situation prise du sud-ouest.Section A5. Ilot 4. Parcelle 1554. 19, rue du Docteur Léopold Jaubert. Vue de situation prise du sud-ouest. Section A6. Ilot 7. Parcelle 1945. 31, avenue Andrée-de-David-Beauregard. Vue d'ensemble prise de l'ouest.Section A6. Ilot 7. Parcelle 1945. 31, avenue Andrée-de-David-Beauregard. Vue d'ensemble prise de l'ouest.Section A6. Ilot 26. Parcelle 1707. 10, avenue Maréchal Lyautey. Façade nord.Section A6. Ilot 26. Parcelle 1707. 10, avenue Maréchal Lyautey. Façade nord.Section A7. Ilot 15. Parcelle 2076. 3, avenue Edith Cawel. Façade sud sur jardin.Section A7. Ilot 15. Parcelle 2076. 3, avenue Edith Cawel. Façade sud sur jardin.

Léon David (1878-1958) signe ses premières œuvres à Hyères en 1908. Il y travaille toute sa vie, en collaboration avec son fils Lucien après la Seconde Guerre mondiale. Auteur de commandes publiques comme la Banque de France (cf. dossier IA83000012), son style passe simultanément de l'éclectisme classique à un éclectisme plus moderne ou régionaliste. La villa La Brise, sur les hauteurs du boulevard F. Mistral, que nous n'avons pas pu photographier, est un bel exemple d'architecture moderne régionaliste à tendance provençale réalisée en 1928.

Section A6. Ilot 7. Parcelle 1940. 21, avenue Andrée-de-David-Beauregard. Vue de situation.Section A6. Ilot 7. Parcelle 1940. 21, avenue Andrée-de-David-Beauregard. Vue de situation.Section A6. Ilot 20. Parcelle 1873. 6, rue Michelet. Vue de volume prise du nord-est.Section A6. Ilot 20. Parcelle 1873. 6, rue Michelet. Vue de volume prise du nord-est.Fig. 87. Section A5. Ilot 8. Parcelle 1516. 6, rue Paul Gensollen. Façade nord.Fig. 87. Section A5. Ilot 8. Parcelle 1516. 6, rue Paul Gensollen. Façade nord.

Dans les années 1920-1930, il faut citer Abel Bellaguet, Louis Lantrua et G. Savarin.

Abel Bellaguet signe des œuvres de 1921 à 1933. Ses premières réalisations, en 1921, 1924 et 1926 sont encore d'un éclectisme classique qui se modernise ensuite. La villa Corsica (1926) se singularise en présentant des caractères plus affirmés d'un éclectisme méridional : portique à moellons équarris non enduits, couvert d'une terrasse à pergola reposant sur des colonnes toscanes. Après la guerre son fils Victor lui succède.

Section A5. Ilot 4. Parcelle 1547.5, rue du Docteur Léopold Jaubert. Vue de situation prise du sud.Section A5. Ilot 4. Parcelle 1547.5, rue du Docteur Léopold Jaubert. Vue de situation prise du sud.Section A5. Ilot 4. Parcelle 1548. 7, rue du Docteur Léopold Jaubert. Vue de situation prise du sud-ouest.Section A5. Ilot 4. Parcelle 1548. 7, rue du Docteur Léopold Jaubert. Vue de situation prise du sud-ouest.Section A3. Ilot 15. Parcelle 1110. 9, boulevard Frédéric Mistral. Vue de volume prise du sud.Section A3. Ilot 15. Parcelle 1110. 9, boulevard Frédéric Mistral. Vue de volume prise du sud.

Section A6. Ilot 3. Parcelle 2399. 5, avenue des Nations-Unies. Façade nord sur rue.Section A6. Ilot 3. Parcelle 2399. 5, avenue des Nations-Unies. Façade nord sur rue.

Louis Lantrua a une grosse production de 17 villas repérées entre 1930 et 1939. Son style est toujours éclectique, plutôt classique, moderne ou régionaliste. En 1937, la villa Maryse penche franchement du côté du mouvement moderne avec son toit terrasse, des élévations nues, le débord de la dalle de couverture, l'emploi de la brique de verre.

Section A5. Ilot 8. Parcelle 1515. 10, rue Paul Gensollen. Vue de volume prise du nord-ouest.Section A5. Ilot 8. Parcelle 1515. 10, rue Paul Gensollen. Vue de volume prise du nord-ouest.Section A3. Ilot 27. Parcelle 1012.19, avenue du XVe Corps d'Armée. Façade sud-est sur jardin.Section A3. Ilot 27. Parcelle 1012.19, avenue du XVe Corps d'Armée. Façade sud-est sur jardin.Section A6. Ilot 33. Parcelle 1752. 8, rue de Provence. Corps en arrondi.Section A6. Ilot 33. Parcelle 1752. 8, rue de Provence. Corps en arrondi.

G. Savarin a également travaillé dans les années 1930. Au classicisme de la villa Janika, il semble préférer un éclectisme qui emprunte au vocabulaire décoratif « moderne » de ces années là.

Section A6. Ilot 7. Parcelle 1916. 24, avenue François Arène. Vue d'ensemble prise du sud.Section A6. Ilot 7. Parcelle 1916. 24, avenue François Arène. Vue d'ensemble prise du sud.Section A6. Ilot 7. Parcelle 1930. 3, avenue Andrée-de-David-Beauregard. Vue de situation.Section A6. Ilot 7. Parcelle 1930. 3, avenue Andrée-de-David-Beauregard. Vue de situation.

Nous avons « croisé » chaque architecte avec des caractéristiques structurelles ou de décor (balcon, porche, degré, etc.) afin d'essayer de définir des styles spécifiques mais cela ne semble pas probant. Chacun semble avoir travaillé en employant les éléments les plus fréquents de son époque.

II. DESCRIPTION

1. Situation

La ville nouvelle de Hyères se construit en partie sur les collines du nord-est (quartiers d'Orient et Châteaubriand) et de l'ouest (Victor Basch, Edith Wharton) et en plaine, le long des voies de circulation (route de Toulon, route des Salins, route de la mer) ou dans des quartiers aménagés à cet effet : quartier Godillot (au sud-ouest), quartier sud-est. Le long des voies se trouvent plutôt des immeubles ou des maisons modestes, souvent les premières maisons locatives liées à la villégiature (du milieu du XIXe siècle). Les villas les plus importantes (que nous avons appelées villas châteaux) sont sur les collines où le climat y est jugé plus sain par les textes des médecins de l'époque, où l'on bénéficie de la vue sur la mer, au loin. La plaine est occupée au fur et à mesure des besoins en direction du sud.

2. Composition d'ensemble

Sur 371 villas repérées, 313 sont construites sur du petit parcellaire (400 à 1 000 m2), 51 sur du parcellaire moyen (1 000 à 4 000 m2), 7 sur du grand parcellaire (plus de 4 000m2). Il s'agit de l'état actuel et non forcément de l'état initial. Certaines parcelles ont pu être recoupées et diminuées.

Le tableau II nous présente une répartition du parcellaire suivant les différentes périodes. Nous voyons que le grand parcellaire est proportionnellement le plus fréquent pour les périodes les plus anciennes et qu'il est totalement absent après 1945. Cela tient essentiellement au fait que la clientèle qui « fait construire » va en se popularisant avec le siècle. Nous pouvons rapprocher ce tableau du précédent qui montrait la disparition de la « villa-château » (à laquelle est lié le grand parcellaire) au profit d'une architecture plus modeste.

Le relief, le tracé des rues, le mode de constitution du tissu urbain et la taille des parcelles déterminent des organisations en îlots différents qui vont à leur tour induire des relations différentes du bâti à la rue, au jardin et à l'environnement.

On peut principalement dégager deux types de regroupements parcellaires. Celui par exemple des quartiers d'Orient et Châteaubriand. Nous sommes en terrain accidenté. Les rues montent en suivant les courbes de niveaux qu'elles franchissent par des virages en épingle à cheveux. Le parcellaire est grand ou moyen. Les parcelles débouchent sur deux rues : par exemple entre les boulevards d'Orient et Châteaubriand.

Dans les zones de plaine où nous avons un petit parcellaire organisé en lotissements, les parcelles ne donnent que sur une seule rue, elles sont mitoyennes avec une autre parcelle sur leur autre côté. C'est le cas des lotissements de David Beauregard, F. Arène, E. Reyer ou Dr Jaubert, C. Saint, P. Gensollen. Cela détermine le choix de la place du volume bâti dans la parcelle (cf. tableau III) ainsi que celui de privilégier une ou plusieurs façades.

Nous considérons que la maison est en milieu de parcelle à partir du moment où elle n'est pas directement sur la rue mais précédée d'un espace privé qui peut être un jardinet ou une petite cour. Quelle que soit la grosseur de la parcelle c'est la solution la plus fréquente.

Même dans le petit parcellaire, on essaie d'installer sa maison au centre de la parcelle sans aucune mitoyenneté, que ce soit avec le voisin (90 maisons mitoyennes/281 non mitoyennes) ou avec la rue. On doit pouvoir tourner autour de la « villa » sans sortir de chez soi. La non mitoyenneté est peut-être d'ailleurs l'un des éléments constitutif de la « villa » par rapport à la maison de ville. On peut noter aussi, que si dans la rue de David-Beauregard par exemple, les villas sont en retrait, elles conservent quand même l'idée d'alignement, alors que dans les lotissements les plus récents (la Marquise, le Gros Pin) elles s'autonomisent complètement et ne sont plus du tout axées sur la rue.

Les villas sont majoritairement situées dans un jardin réparti à l'avant et à l'arrière de façon inégale. Si l'on observe les avenues de David-Beauregard et François Arène nous voyons que les villas construites sur le côté nord de la rue ont leur jardin plutôt devant alors que les villas sur le côté sud ont leur jardin derrière. C'est-à-dire que dans les deux cas le jardin est au sud. Cela va de pair avec une façade sud plus ouverte, souvent avec une terrasse en liaison directe avec le jardin. On privilégie le côté sud comme lieu de vie.

Dans le gros parcellaire les jardins deviennent des parcs avec une partie dessinée et une partie « à l'anglaise ». Les essences sont méditerranéennes, pins, mimosas, lauriers etc. ou plus exotiques avec en particulier les palmiers quasiment généralisés.

Certaines « villas-châteaux » possèdent des écuries comme à Ker-André (cf. dossier) et/ou une conciergerie à l'entrée : villa Tholozan (cf. dossier), Les Roches d'Olbia.

Les portails sont très fréquemment architecturés avec plus ou moins d'ampleur. La Criquette présente un portail architecturé à larmier en tuile creuse dont le dessin s'inscrit totalement dans la composition d'ensemble de la villa. La Provence a une clôture et une entrée d'inspiration « provençale » avec jarres, piliers à moellons apparents, arche couverte de tuiles creuses etc. Parfois la ferronnerie occupe une place prépondérante.

Section A6. Ilot 7. Parcelle 1932. 7, avenue Andrée-de-David-Beauregard. Portail architecturé à larmier en tuile creuse.Section A6. Ilot 7. Parcelle 1932. 7, avenue Andrée-de-David-Beauregard. Portail architecturé à larmier en tuile creuse.Section A6. Ilot 6. Parcelle 1607. 20, avenue Andrée-de-David-Beauregard. Vue de situation avec le portail architecturé.Section A6. Ilot 6. Parcelle 1607. 20, avenue Andrée-de-David-Beauregard. Vue de situation avec le portail architecturé.Section A3. Ilot 20. Parcelles 1022-1023. 30, 32, boulevard d'Orient. Entrée de la villa parcelle 1023.Section A3. Ilot 20. Parcelles 1022-1023. 30, 32, boulevard d'Orient. Entrée de la villa parcelle 1023.

3. Matériaux

La majorité des maisons - 359/371 - est enduite. Les matériaux de structure n'ont donc pas pu être vus. On peut cependant supposer qu'il s'agit d'un blocage ou de brique remplacé ensuite par le parpaing de ciment. Seules quelques très rares villas sont en pierre de taille comme Tholozan (cf. dossier) ou Marie des Lions (cf.dossier). Ce sont des « villas-châteaux » antérieures à 1880.

La pierre est présente en soubassement dans 127 édifices, en général sous la forme de moellons équarris et ailleurs (encadrements de baies, éléments de décor, contreforts... ) dans 97 édifices.

Nous avons mis en corrélation dans les tableaux IV et V la présence de la pierre apparente, la date et le style de la construction. La présence de la pierre apparente est minoritaire dans toutes les circonstances, sauf en ce qui concerne la pierre en soubassement pour les maisons postérieures à 1945 (51 %) ou pour les maisons régionalistes (62 %). Les deux indicateurs se recoupent d'ailleurs. C'est après 1945 que l'on trouve le plus de maisons régionalistes. C'est en soubassement que l'on trouve la pierre la plus fréquemment employée sauf pour la période antérieure à1880. Ce sont alors plutôt les encadrements de baies et il s'agit de pierre de taille. On peut dire aussi que c'est dans la période 1880-1919 que la pierre est le moins souvent laissée apparente. La pierre de taille ne semble plus être employée, les décors sont façonnés en ciment et les moellons de type « rustique » ne sont pas encore de mise.

En ce qui concerne les enduits (tableau VI), ils sont majoritairement lisses sauf pour la période postérieure à 1945.

4. Structure

Peu d'intérieurs ont été visités. Peu de plans ont été entre nos mains donc peu de plans ont été analysés. Seuls les plans masse ont été qualifiés grâce au cadastre et encore cela n'est pas complètement fiable car il n'est pas toujours possible après coup de dire s'il s'agit d'une irrégularité du plan de la villa ou bien de la présence d'un autre édifice accolé (garage par exemple). Nous avons noté 178 plans réguliers pour 190 plans irréguliers. En ce qui concerne les volumes, le rapport est de 137 pour 164. L'irrégularité semble donc dominer. Dans les conclusions nous avons procédé à des croisements plus fins des critères de régularité/irrégularité pour chaque époque et chaque type pour un échantillon de 151 villas mieux « informées. »

Les étages : très fréquemment les villas d'Hyères possèdent un étage de soubassement. Si seulement 129 sur 371 ont été notés, il semblerait que leur nombre soit plus important. Ils ont pu être confondus avec un sous-sol ou un rez-de-chaussée lorsque la façade sur jardin n'a pas été vue.

Nombre d'étages :

0

38

1 étage

243

2 étages

81

3 étages

3

Nombre d'étages

La grosse majorité des maisons ne présente donc qu'un seul étage. Les maisons à « 0 » étage sont en rez-de-chaussée ou plutôt sont composées d'un étage de soubassement et d'un rez-de-chaussée surélevé. Les 3 villas de trois étages sont la villa Léon-Antoinette (cf. dossier) et deux « villas-immeubles ».

5. Élévations

Les élévations, sur rue ou sur jardin lorsqu'elles ont été vues, sont en général plutôt régulières : 148 régulières pour 118 irrégulières sur rue ; 89 régulières pour 49 irrégulières sur jardin.

Les techniques de décor les plus fréquentes sont la ferronnerie (143 occurrences) essentiellement en garde-corps ; la céramique (85 occurrences), en frise, en carrelage de parties de façade, en vases décoratifs, céramique provenant souvent d'Orange ou d'Aubagne ; la sculpture (121 occurrences), décor façonné en frise, tableaux figuratifs ou « rocaille », mais le plus souvent en agrafes, consoles à motifs végétaux, corniches et frontons à denticules et modillons ; la peinture (14 occurrences). Ces techniques sont souvent couplées : ferronnerie et céramique, sculpture et céramique, peinture et ferronnerie. La villa Les Pervenches construite en 1904 allie céramique, frise peinte et ferronnerie Art Nouveau. Une autre technique, employée par exemple à la villa Henri est une opposition d'enduit lisse ou rugueux dessinant un motif réalisé au pochoir.

Section A5. Ilot 16. Parcelles 1439-1438. 14, avenue Nocart - 12, avenue Nocart. Parcelle 1438. Détail : balconnet à ferronnerie Art Nouveau.Section A5. Ilot 16. Parcelles 1439-1438. 14, avenue Nocart - 12, avenue Nocart. Parcelle 1438. Détail : balconnet à ferronnerie Art Nouveau.Section A3. Ilot 26. Parcelle 1016. 3, avenue des Marguerites. Façade sud-est. Détail du décor de céramique.Section A3. Ilot 26. Parcelle 1016. 3, avenue des Marguerites. Façade sud-est. Détail du décor de céramique.Section A5. Ilot 5. Parcelle 1526. 2, rue Charles Saint. Entrée. Détail des décors sculptés.Section A5. Ilot 5. Parcelle 1526. 2, rue Charles Saint. Entrée. Détail des décors sculptés.Section A6. Ilot 13. Parcelle 1626.7, rue Galliéni. Détail : balcons et fronton.Section A6. Ilot 13. Parcelle 1626.7, rue Galliéni. Détail : balcons et fronton.Section A7. Ilot 3. Parcelle 4230 a. 31, avenue Alexis Godillot. Détail de la frise de couronnement peinte et du balconnet en ferronnerie Art Nouveau.Section A7. Ilot 3. Parcelle 4230 a. 31, avenue Alexis Godillot. Détail de la frise de couronnement peinte et du balconnet en ferronnerie Art Nouveau.Section A6. Ilot 7. Parcelle 1943. 27, avenue Andrée-de-David-Beauregard. Façade sud. Détail. Fenêtres jumelées et frise de couronnement peinte.Section A6. Ilot 7. Parcelle 1943. 27, avenue Andrée-de-David-Beauregard. Façade sud. Détail. Fenêtres jumelées et frise de couronnement peinte.Section A6. Ilot 33. Parcelle 1749. 2, rue de Provence. Façade nord-ouest.Section A6. Ilot 33. Parcelle 1749. 2, rue de Provence. Façade nord-ouest.

Nous avons noté chaque fois que possible quelle était la façade qui était traitée avec le plus de soin :

Sur rue

86

Sur jardin visible de la rue

120

Sur jardin non visible de la rue

21

Traitement homogène des façades

108

Ne sais pas

96

Façade traitée avec le plus de soin

Ce décompte dépasse le nombre de 371 qui est celui de l'intégralité du corpus car nous avons parfois considéré que les façades étaient traitées de façon homogène lorsqu'un décor (frise ou encadrements des fenêtres) s'y retrouvait mais l'une ou l'autre des façades pouvait présenter un élément décoratif plus marqué : escalier à balustre, entrée décorée etc.

La façade sur jardin visible de la rue arrive en tête ce qui semble normal car elle satisfait à la fois le plaisir des habitants et du fait de sa situation participe d'un désir d'ostentation, mais elle est aussi plus représentée car toutes les maisons en milieu de parcelle (les plus nombreuses nous l'avons vu) ont une façade sur jardin visible de la rue. Pour les maisons situées sur le côté sud de la rue c'est la solution du traitement homogène qui domine. En effet ces maisons ont en général Je jardin au sud. On a donc également privilégié la façade nord (sur rue) et la façade sud (sur jardin non visible de la rue).

Nous avons également essayé de voir quelle était la façade que l'on privilégiait suivant le type de villa et suivant les époques (cf. tableaux VII et VIII).

« Villas-châteaux » et villas d'architecture soignée ont majoritairement leur façade principale sur jardin visible de la rue alors que les villas médiocres l'ont directement sur la rue. Cela recoupe ce que nous avions dit sur la place du bâti sur le parcellaire. Ces villas sont souvent construites sur une petite parcelle, en avant de celle-ci et le jardin en arrière est un lieu trop exigu pour être vraiment un endroit de séjour.

Les « villas-châteaux » se singularisent par deux caractéristiques. D'une part, aucune n'a sa façade principale sur rue ; lorsqu'elles sont situées en avant de parcelle comme la villa Ker-André par exemple (cf. dossier), la façade sur rue n'est qu'une façade arrière (qui plus est au nord ici) austère et peu percée ; la véritable façade est sur jardin non visible de la rue. Cela va d'ailleurs de pair avec le fait que c'est dans cette catégorie que se trouve nettement la plus forte proportion de villas ayant leur façade principale sur jardin non visible de la rue. Cela vient du fait que les parcs sont plus grands, la végétation plus dense et que le fait de tourner le dos à la rue privilégie peut-être l'intimité et le calme au souci de « paraître. »

En fonction des époques c'est la solution « sur jardin visible de la rue » qui est toujours dominante mais il faut noter l'équilibre entre les quatre solutions que l'on trouve pour la période antérieure à 1880. En effet à cette époque, à côté de la solution majoritaire, on trouve à la fois des « villas-châteaux » qui font monter la proportion des « jardins non visibles » et des petites maisons de type urbain avec façade ornée sur rue.

6. Couvertures

Tuiles plates

Tuiles creuses

Antérieurs à 1880

13

9

1880-1919

93

22

1920-1945

117

23

Postérieurs à 1945

14

50

Couverture

7. Distribution intérieure

Peu de villas ont été visitées.

Les étages de soubassement lorsqu'ils existent sont en général occupés par des pièces « de service » : cuisine et chambres de domestiques pour les « villas-châteaux », garages et pièces de rangements pour les villas plus récentes.

III. CONCLUSION

La collecte d'information a eu lieu à l'automne 1995 et au printemps 1996 à un moment où la réflexion sur la création d'un outil typologique entreprise par F. Fray et L. Del Rosso n'en était qu'à ses débuts. Plusieurs fiches de repérage sur le terrain ont ainsi été utilisées : deux tableaux puis une fiche, le tout devant être homogénéisé pour être saisi dans une grille encore différente (proche cependant de la fiche). Le traitement de ces données (recueillies par deux enquêteurs différents et donc avec une part d'incertitude sur leur entière homogénéité) n'a eu lieu qu'à l'automne 1997. Entre temps la réflexion avait avancé et des lacunes apparaissaient. Certains éléments recueillis étaient peu pertinents, d'autres auraient eu besoin d'être plus développés.

Un échantillon plus restreint de 141 villas, celles dont nous avions des photos, a été isolé et a permis d'informer une grille, mise au point par F. Fray et L. Del Rosso et dont la dernière version date de septembre 1997, permettant de dégager par certains caractères de structure ou de décor certains types stylistiques. Le fait que nous n'ayons pas travaillé sur les plans fait ici beaucoup plus pencher ces types du côté du décor que de la structure.

Nous avons alors procédé ainsi : pour chaque villa, nous avons noté son type, sa tendance et sa date de construction lorsque nous la connaissions ou bien une fourchette plus large lorsque ce n'était pas le cas. Cela nous a permis de voir quelles étaient les familles qui apparaissaient comme étant les plus significatives sur Hyères et sur lesquelles nous allions travailler en les situant dans des périodes plus « personnalisées. »

Résultat de ce dépouillement :

TYPE ÉCLECTIQUE : total : 104

Type éclectique :

1880-1939

14

Type éclectique

Type éclectique à tendance classique :

Antérieurs à 1880

8

1880-1889

18

1900-1919

16

1920-1929

7

1930-1932

5

Type éclectique à tendance classique

Type éclectique à tendance classique et gothique :

1880-1899

2

Type éclectique à tendance classique et gothique

Type éclectique à tendance baroque :

1880-1899

1

Type éclectique à tendance baroque

Type éclectique et pittoresque à tendance chalet :

1930-1939

1

Type éclectique et pittoresque à tendance chalet

Type éclectique et pittoresque à tendance Art Naïf :

1920-1929

1

Type éclectique et pittoresque à tendance Art Naïf

Type éclectique et pittoresque à tendance normande :

1882

1

Type éclectique et pittoresque à tendance normande

Type éclectique et pittoresque à tendance mauresque :

1881 et 1884

2

Type éclectique et pittoresque à tendance mauresque

Type éclectique et régionaliste à tendance méridionale :

1926-1939

6

Type éclectique et régionaliste à tendance méridionale

Type éclectique et moderne :

1900-1939

6

1930-1939

22

Postérieurs à 1945

4

Type éclectique et moderne

Type éclectique et moderne à tendance Art Déco :

1920-1929

1

Type éclectique et moderne à tendance Art Déco

TYPE MODERNE : total : 43

Type moderne :

1937

1

Postérieurs à 1945

5

Type moderne

Type moderne et régionaliste à tendance méridionale :

1920-1939

6

Type moderne et régionaliste à tendance méridionale

Type moderne et régionaliste à tendance provençale :

1928-1939

14

Postérieurs à 1945

17

Type moderne et régionaliste à tendance provençale

L'analyse typologique et stylistique (cf. annexe II) définissait trois grands types (éclectique, régionaliste et moderne) précisés par une tendance ou se combinant entre eux. Notre dépouillement n'a fait apparaître que deux types, le régionalisme n'étant ici qu'une tendance de l'éclectisme ou du modernisme. De même les types simples sont difficiles à trouver, l'architecture de villégiature sur laquelle nous avons travaillé semblant se caractériser justement par un jeu sur les mélanges de style, sur les emprunts.

Type éclectique

Quatorze villas ont été qualifiées d' « éclectiques » sans autre précision. Il s'agit de constructions peu ornées, d'un style peu défini, qui se situe dans une tradition du XIXe siècle. Cinquante-quatre sont à tendance classique. Deux sont à tendance classique et gothique. Il s'agit de deux villas de la fin du XIXe siècle : les Tourelles qui, comme son nom l'indique, se caractérise par la présence de tourelles, de larmiers moulurés, de fleurons alliés à une lucarne cantonnée d'ailerons, et la villa de la Paix construite en 1892 par P. Chapoulart (cf.dossier). La Roseraie (fin du XIXe siècle) rappelle par sa façade sud les églises baroques jésuites. Le pittoresque prend des allures de « chalet » dans les années 1930 où un décor en rocaille imite le pan de bois, de villa normande à la villa Michel (« maison Godillot ») construite en 1882 par P. Chapoulart (cf.dossier), de demeure mauresque : villas Mauresque (1881) et Tunisienne (1884) toujours de Chapoulart (cf. dossiers). Le Clos Saint-Quentin (années 1920) est un exemple de pittoresque « naïf » mêlant tourelles, baies géminées, niches, belvédères etc.

Section A1. Ilot 1. Parcelle 4086. 5, rue Paul Langevin. Vue de volume prise du sud-est.Section A1. Ilot 1. Parcelle 4086. 5, rue Paul Langevin. Vue de volume prise du sud-est.Section A3. Ilot 20. Parcelles 1022-1023. 30, 32, boulevard d'Orient. Vue de situation de la parcelle 1022.Section A3. Ilot 20. Parcelles 1022-1023. 30, 32, boulevard d'Orient. Vue de situation de la parcelle 1022.Section A3. Ilot 20. Parcelles 1022-1023. 30, 32, boulevard d'Orient. Vue de situation de la parcelle 1023.Section A3. Ilot 20. Parcelles 1022-1023. 30, 32, boulevard d'Orient. Vue de situation de la parcelle 1023.Section A5. Ilot 15. Parcelle 4132. 16, avenue Jean Bouin. Façade sur sur jardin.Section A5. Ilot 15. Parcelle 4132. 16, avenue Jean Bouin. Façade sur sur jardin.Section A3. Ilot 14. Parcelle 4071. Boulevard Frédéric Mistral. La maison d'origine et les aménagements des années 1920.Section A3. Ilot 14. Parcelle 4071. Boulevard Frédéric Mistral. La maison d'origine et les aménagements des années 1920.

Dans les années 1930, l'éclectisme emprunte beaucoup à un régionalisme méridional ; à côté des portiques et loggias on trouve des pergolas, des génoises alliées à des toits en tuiles plates ou des larmiers de tuiles creuses. Dans la première moitié du XXe siècle 32 villas mêlent certains apports de la modernité à une structure ou un décor encore passéiste. Une villa de la rue Soldat Ferrari (années 1920) s'inscrit dans le mouvement « Art Déco. » Les types éclectiques à tendance classique et à tendance moderne sont suffisamment représentés pour faire l'objet d'une analyse plus fine (cf. tableaux IX et X).

Section A3. Ilot 27. Parcelle 1012.19, avenue du XVe Corps d'Armée. Façade sud-est sur jardin.Section A3. Ilot 27. Parcelle 1012.19, avenue du XVe Corps d'Armée. Façade sud-est sur jardin.Section A5. Ilot 4. Parcelle 1571. 20, rue du Soldat Ferrari-10, avenue Jean-Jaurès. Vue générale de la maison sur la rue Ferrari.Section A5. Ilot 4. Parcelle 1571. 20, rue du Soldat Ferrari-10, avenue Jean-Jaurès. Vue générale de la maison sur la rue Ferrari.

Commentaire du tableau IX

Réguliers

Irréguliers

Plans

33

16

Volumes

31

20

Façades sur rue

34

9

Type éclectique à tendance classique : synthèse

La régularité domine surtout pour les façades. Une façade à travées sert souvent à régulariser un édifice dont les volumes peuvent être irréguliers. Elle contribue à « classiciser » une villa. Si l'on observe ces caractères de régularité/irrégularité suivant les quatre périodes proposées (tableau IX), on voit que la plus grande régularité se situe au début du siècle (1900-1919). Cela traduit peut-être une rigidification de l' « éclectisme classique ». On note d'ailleurs qu'une inversion des tendances s'opère après la guerre (période 1920-1932) l'écart entre régularité/irrégularité est moindre et l'irrégularité devient dominante dans les volumes. On peut peut-être y voir l'un des points de bascule vers le modernisme car si l'on observe le tableau X on note que l'irrégularité est dominante dès le début du XXe siècle dans les volumes.

Nous avons également à partir du tableau IX noté les éléments qui apparaissaient avec le plus de fréquence suivant les différentes périodes et qui pouvaient donc peut être être considérés comme des marqueurs de style.

Avant 1880 :

1. Corniche : 8/8

2. Balconnets : 6/8

3. Balcons : 5/8

4. Perron : 4/8

5. Balustrade : 4/8

Type éclectique à tendance classique : avant 1880

Exemples : villas Marie des Lions (cf. dossier), Tholozan (cf. dossier), Les Anémones (cf. dossier), Léon-Antoinette (cf. dossier).

1880-1899 :

1. Corniche: 15/18

2. Balcons: 11/18

3. Balustrade de couronnement: 7/18

4. Balustrade: 6/18

5. Frise de couronnement: 6/18

Type éclectique à tendance classique : 1880-1889

Exemples : villas La Favorite (cf. dossier IA83000088).

Section A3. Ilot 18. Parcelle 1096. 10, boulevard Frédéric Mistral. Façade sud.Section A3. Ilot 18. Parcelle 1096. 10, boulevard Frédéric Mistral. Façade sud.Section A6. Ilot 18. Parcelle 1859. 11, avenue Ernest Millet. Façade nord.Section A6. Ilot 18. Parcelle 1859. 11, avenue Ernest Millet. Façade nord.

1900-1919 :

1. Balcons: 12/16

2. Corniche: 9/16

3. Frise de couronnement: 6/16

4. Balustrade: 5/16

5. Balconnets, avant-toit, perron: 3/16.

Type éclectique à tendance classique : 1900-1919

Section A5. Ilot 5. Parcelle 1523.12, avenue Ambroise Thomas. Façade sud-est sur jardin.Section A5. Ilot 5. Parcelle 1523.12, avenue Ambroise Thomas. Façade sud-est sur jardin.Section A6. Ilot 20. Parcelle 1869. 7, rue Pierre-Brossolette. Vue générale prise du nord-est.Section A6. Ilot 20. Parcelle 1869. 7, rue Pierre-Brossolette. Vue générale prise du nord-est.Section A7. Ilot 5. Parcelle 1994. 7, rue Michelet. Vue de situation.Section A7. Ilot 5. Parcelle 1994. 7, rue Michelet. Vue de situation.

1920-1932 :

1. Balcons: 10/12

2. Frise de couronnement : 6/12

3. Avant-toit: 6/12

4. Corniche: 5/12

5. Balustrade : 4/12.

Type éclectique à tendance classique : 1920-1932

Section A5. Ilot 15. Parcelle 1474. 8, avenue Jean Bouin. Vue générale.Section A5. Ilot 15. Parcelle 1474. 8, avenue Jean Bouin. Vue générale.Section A6. Ilot 7. Parcelle 1916. 24, avenue François Arène. Vue d'ensemble prise du sud.Section A6. Ilot 7. Parcelle 1916. 24, avenue François Arène. Vue d'ensemble prise du sud.Section A6. Ilot 33. Parcelle 1754. 12, rue de Provence. Façade nord-ouest.Section A6. Ilot 33. Parcelle 1754. 12, rue de Provence. Façade nord-ouest.

La corniche est l'élément dominant de l'éclectisme classique jusqu'en 1900. A partir de cette date elle est concurrencée par l'avant-toit qui devient majoritaire à partir de1920. La corniche classique avec moulures, denticules et modillons est devenue désuète. Elle réapparaîtra dans l'architecture moderne postérieure à la deuxième guerre mondiale sous l'apparence d'un simple bandeau ou du débord de la dalle de couverture.

Si la présence d'un ou plusieurs balcons est quasi générale, la terrasse d'agrément n'est pratiquement pas représentée. Il faut cependant corriger cette donnée par le fait que les terrasses sont souvent situées côté jardin et n'ont donc pas toujours pu être notées.

On observe également la permanence de la balustrade, dont la balustrade de couronnement dans les années 1880-1899 et la montée régulière de la frise de couronnement de 1880 à 1932, frise de couronnement que l'on retrouve d'ailleurs dans l'architecture éclectique et moderne des années 1900-1939.

Commentaire du tableau X

Réguliers

Irréguliers

Plans

14

16

Volumes

15

16

Façades sur rue

11

19

Type éclectique à tendance moderne : synthèse

L'irrégularité domine partout. Elle peut donc être considérée comme une marque de modernité puisque pour la même période la régularité dominait dans l'éclectisme classique.

L'échantillon postérieur à 1945 est très faible. En fait l' « éclectisme moderne » n'est pratiquement le fait que des années 1930. L'après-guerre sera essentiellement dominé par un modernisme régionaliste à tendance provençale.

Éléments les plus fréquents suivant les époques :

1900-1929 :

1. Balcons : 4/7

2. Avant-toit : 4/7

3. Corniche, élévations nues, perron, porche, terrasse, frise de couronnement: 2/7.

Type éclectique à tendance moderne : 1900-1929

Section A6. Ilot 30. Parcelle 1744. 9, rue de Provence. Façade sud-est sur rue.Section A6. Ilot 30. Parcelle 1744. 9, rue de Provence. Façade sud-est sur rue.

1930-1939 :

1. Balcons : 13/22

2. Porche : 11/22

3. Avant-toit: 10/22

4. Larmier en tuile creuse : 10/22

5. Frise de couronnement: 10/22.

Type éclectique à tendance moderne : 1930-1939

Section A5. Ilot 8. Parcelle 1517. 4, rue Paul Gensollen. Maison jumelée. Façade nord-ouest.Section A5. Ilot 8. Parcelle 1517. 4, rue Paul Gensollen. Maison jumelée. Façade nord-ouest.Section A6. Ilot 8. Parcelle 1899. 31, avenue François Arène. Vue de situation.Section A6. Ilot 8. Parcelle 1899. 31, avenue François Arène. Vue de situation.Section A6. Ilot 8. Parcelle 1910. 9, avenue François Arène. Façade nord.Section A6. Ilot 8. Parcelle 1910. 9, avenue François Arène. Façade nord.

1945-1959 :

1. Élévations nues : 3/4

2. Corniche : 2/4

3. Jardinière en ciment : 2/4

4. Oriel, escalier extérieur, balcon, fenêtres en bande, pergola : 114.

Type éclectique à tendance moderne : 1945-1959

Section A1. Ilot 4. Parcelle 189. 41, avenue de Toulon. Façade antérieure.Section A1. Ilot 4. Parcelle 189. 41, avenue de Toulon. Façade antérieure.

Le balcon ne semble pas être la marque d'un style ni même d'une époque puisqu'il demeure ici dans l'architecture éclectique et moderne des années 1900-1939 l'élément le plus fortement représenté. Il doit plutôt être considéré comme la marque d’un type d'habitat, la villa, qui privilégie l'ouverture sur l'extérieur. Pour la période 1900-1929, peu de changements par rapport à l'éclectisme classique. Balustrades et balconnets ont cependant disparu, remplacés par les élévations nues, les porches et les terrasses. Les élévations nues sont un marqueur fort de la modernité.

Pour la période 1930-1939, là où le corpus est le plus représentatif, le porche déjà présent au début du siècle arrive en deuxième position. La corniche disparaît au profit de l'avant-toit souligné par une frise de couronnement qui peut être très sommaire. On note l'apparition du larmier en tuile creuse qui serait plutôt une marque de régionalisme mais dont l'emploi a été si fréquent dans cette période qu’il a « contaminé » des édifices d'inspiration plus moderne.

L'échantillon postérieur à 1945 nous semble trop peu important pour être significatif. Le modernisme semble primer sur l'éclectisme : élévations nues, corniches-bandeaux, jardinières en ciment.

Type moderne

Six villas ont été qualifiées de « modernes ». Cela veut dire que les caractères modernes y sont très largement dominants, essentiellement au niveau du décor. En effet, comme nous l'avons dit les plans n'ont pas été vus et ils s'avèreraient peut-être tout à fait classiques dans leur conception.

Nous avons donc attribué ce qualificatif à une villa construite en 1937 qui présente à une époque relativement précoce un corps en arrondi couvert en terrasse et couronné par le débord de la dalle de couverture, l'utilisation de la brique de verre, des fenêtres fermées par des stores et des élévations nues. Seul, l'étage de soubassement en moellons apparents rappelle le régionalisme.

Les autres villas sont postérieures à 1945. La villa Corail vraisemblablement du début des années 1950 est l'un des seuls exemples d'une villa assez parfaitement moderne quant à l'irrégularité du plan masse, des volumes et des élévations, l'autonomie de la structure (mur débordant), les élévations nues, les fenêtres en bande, le portique couvert d'une dalle de béton.

Section A6. Ilot 3. Parcelle 2490. 10, avenue de la Paix. Façade ouest.Section A6. Ilot 3. Parcelle 2490. 10, avenue de la Paix. Façade ouest.

Le lotissement du Gros pin offre quelques exemples de la modernité dans les années1960, modernité cependant déjà très classicisée.

Section A7. Ilot 16. Parcelle 2709. 32, rue du Gros Pin. Façade sud.Section A7. Ilot 16. Parcelle 2709. 32, rue du Gros Pin. Façade sud.Section A7. Ilot 16. Parcelle 2710. 13, avenue Edtih Cawel. Vue de volume prise de l'est.Section A7. Ilot 16. Parcelle 2710. 13, avenue Edtih Cawel. Vue de volume prise de l'est.

Mais la majorité des édifices « modernes » sont très fortement teintés de régionalisme essentiellement provençal (cf. tableau XI).

Réguliers

Irréguliers

Plans

10

26

Volumes

11

18

Façades sur rue

8

18

Type moderne : synthèse

L'irrégularité est dominante quelles que soient les époques.

Éléments les plus fréquents suivant les époques :

1920-1939 :

1. Larmier en tuile creuse : 7/20

2. Pergola : 7/20

3. Balcons: 7/20

4. Fausses génoises : 7/20

5. Élévations nues, perron, terrasse d'agrément : 5/20

Type moderne : 1920-1939

Section A3. Ilot 15. Parcelle 1112. 29, boulevard Frédéric Mistral. Façade nord.Section A3. Ilot 15. Parcelle 1112. 29, boulevard Frédéric Mistral. Façade nord.Section A5. Ilot 18. Parcelle 4346. 2, boulevard de la Lazarine. Escalier de distribution extérieur hors-oeuvre. Vue de faceSection A5. Ilot 18. Parcelle 4346. 2, boulevard de la Lazarine. Escalier de distribution extérieur hors-oeuvre. Vue de faceSection A7. Ilot 3. Parcelle 1957. 17, avenue Ernest Reyer. Façade nord.Section A7. Ilot 3. Parcelle 1957. 17, avenue Ernest Reyer. Façade nord.

Après 1945 :

1. Génoise: 15/17

2. Élévations nues: 12/17

3. Porche : 9/ 17

4. Terrasse d'agrément: 6/17

5. Terrasse en porte-à-faux, contrefort, pigeonnier: 5/17

Type moderne : après 1945

Section A3. Ilot 18. Parcelle 2382. 14 bis, boulevard Frédéric Mistral. Façade nord-ouest.Section A3. Ilot 18. Parcelle 2382. 14 bis, boulevard Frédéric Mistral. Façade nord-ouest.Section A6. Ilot 3. Parcelle 2425. 7, avenue des Nations-Unies. Façade nord-ouest.Section A6. Ilot 3. Parcelle 2425. 7, avenue des Nations-Unies. Façade nord-ouest.Section A7. Ilot 16. Parcelle 2715. 7, rue du Gros Pin. Vue de volume prise du nord-est.Section A7. Ilot 16. Parcelle 2715. 7, rue du Gros Pin. Vue de volume prise du nord-est.

Pour la période 1920-1939, quatre critères arrivent en tête. On peut éliminer les balcons qui se retrouvent dans tous les styles. Le larmier en tuile creuse et la fausse génoise sont des marqueurs d'un régionalisme à tendance provençale. Ce sont des éléments de pur décor rapporté. Dans la période de l'entre-deux guerres, la tuile plate mécanique est le matériau de couverture majoritaire. Mais on couronne les façades de deux rangs de génoise afin de donner un aspect plus provençal. Le larmier en tuile creuse semble très usité à cette époque puisqu'on le retrouve également sur d'autres édifices qui n'ont par ailleurs pas d'autres éléments régionalistes.

La pergola qui disparaîtra après guerre caractérise un régionalisme moins particularisé, plus méridional (du « sud »).

Après 1945, la génoise se généralise. Elle occupe une place équivalente à celle de la corniche dans l'architecture « classique » du XIXe siècle. Les tuiles creuses ont définitivement supplanté les tuiles plates. Le porche est important. Pour la première fois le balcon disparaît au profit de la terrasse, vraisemblablement à partir des années 1960. Dans un groupe de maisons des années 1970, il s'agit d'une terrasse en porte-à-faux soutenue par un contrefort. Présence du faux pigeonnier.

Section A7. Ilot 13. Parcelle 3780. 14, parc de la Marquise. Vue de volume prise du sud.Section A7. Ilot 13. Parcelle 3780. 14, parc de la Marquise. Vue de volume prise du sud.

Les différents critères isolés d'après les trois tableaux IX, X, XI ont été commentés par groupes stylistiques distincts, les uns après les autres. Il nous a semblé intéressant de les mettre en relation entre eux.

Critères communs aux trois styles : balcon, perron.

Critères communs à deux styles :

- éclectisme classique et moderne : corniche, frise de couronnement, avant-toit ;

- modernité éclectique ou régionaliste : élévations nues, porche, terrasse, larmier en tuile creuse, pergola.

Critères exclusifs :

- de l'éclectisme classique : balconnet, balustrade, balustrade de couronnement ;

- de l'éclectisme moderne : jardinière, oriel, escalier extérieur, fenêtres en bandes ;

- de la modernité régionaliste : génoise, fausse génoise, terrasse en porte-à-faux,contrefort, pigeonnier.

Critères communs à toutes les époques : la corniche. Jusqu'aux années 1920 il s'agit de la corniche de type « classique » puis ensuite du débord de la dalle de couverture ou d'un simple bandeau couronnant la façade d'un édifice.

Critères communs à deux époques :

- avant 1880 et 1880-1920 : balconnets, balcons, perron, balustrade ;

- 1880-1920 et 1920-1945 : frise de couronnement, avant-toit, élévations nues, porche, terrasse ;

- 1920-1945 et après 1945 : pergola.

Critères exclusifs :

- 1880-1920 : balustrade de couronnement ;

- 1920-1945 : larmier en tuile creuse et fausse génoise ;

- après 1945 : jardinières, oriel, escalier extérieur, fenêtres en bande, génoise, terrasse en porte-à-faux, contrefort, pigeonnier.

IV. ANNEXES

ANNEXE I : tableaux I à XII

TABLEAU I. Tableau de répartition des différents types de villas suivant les époques

« Villas-châteaux »

Villas d'architecture soignée

Villas d'architecture médiocre

Ne sais pas

Total

Antérieurs à 1880

7

18

2

1

28

1880-1919

8

86

16

12

122

1920-1945

0

104

25

20

149

Postérieurs à 1945

0

30

9

33

72

Total

15

238

52

66

371

Tableau I. Répartition des différents types de villas suivant les époques

TABLEAU II. Nature du parcellaire suivant les différentes périodes

Petit

Moyen

Grand

Total

Antérieurs à 1880

16

9

3

28

1880-1919

95

24

3

122

1920-1945

133

15

1

149

Postérieurs à 1945

69

3

0

72

Total

313

51

7

371

Tableau II. Nature du parcellaire suivant les différentes périodes

TABLEAU III. Position du bâti selon la nature du parcellaire

En avant de parcelle

En fond de parcelle

En milieu de parcelle

Total

Petit

88

21

204

313

Moyen

13

4

34

51

Grand

3

1

3

7

Total

104

26

241

371

Tableau III. Position du bâti selon la nature du parcellaire

TABLEAU IV. Présence de pierre apparente en fonction de l'époque

Pierre en soubassement

Pierre apparente ailleurs

Antérieurs à 1880

24 %

23 %

1880-1919

21 %

21 %

1920-1945

39 %

21 %

Postérieurs à 1945

51 %

37,5 %

Tableau IV. Présence de pierre apparente en fonction de l'époque

TABLEAU V. Présence de la pierre apparente en fonction des styles

Pierre en soubassement

Pierre apparente ailleurs

Éclectique

27 %

23 %

Moderne

47 %

38 %

Régionaliste

62 %

27 %

Tableau V. Présence de la pierre apparente en fonction des styles

TABLEAU VI. Type d'enduit suivant les époques

Lisse

Rugueux

Sans objet

Total

Antérieurs à 1880

21

4

3

28

1880-1919

92

26

4

122

1920-1945

78

68

3

149

Postérieurs à 1945

27

43

2

72

Total

218

141

11

371

Tableau VI. Type d'enduit suivant les époques

TABLEAU VII. Place de la façade principale suivant les types de villa

Sur rue

Sur jardin visible de la rue

Sur jardin non visible de la rue

Homogène

« Villas-châteaux »

0 %

41 %

35 %

24 %

Villas d'architecture soignée

22 %

39 %

4 %

35 %

Villas d'architecture médiocre

51 %

21 %

9 %

19 %

Tableau VII. Place de la façade principale suivant les types de villa

TABLEAU VIII. Place de la façade principale suivant les époques

Sur rue

Sur jardin visible de la rue

Sur jardin non visible de la rue

Homogène

Antérieurs à 1880

26 %

26 %

24 %

24 %

1880-1919

30 %

37 %

5 %

28 %

1920-1945

20 %

38 %

5 %

37 %

Postérieurs à 1945

31 %

34 %

2 %

33 %

Tableau VIII. Place de la façade principale suivant les époques

TABLEAU IX. Éclectisme à tendance classique : éléments de volumétrie et décor présents suivant les époques

Tableau IX. Éclectisme à tendance classique : éléments de volumétrie et décor présents suivant les époques

TABLEAU X. Éclectisme à tendance moderne : éléments de volumétrie et décor présents suivant les époques

Tableau X. Éclectisme à tendance moderne : éléments de volumétrie et décor présents suivant les époques

TABLEAU XI. Type moderne et régionaliste à tendance méridionale ou provençale : éléments de volumétrie et décor présents suivant les époques

Tableau XI. Type moderne et régionaliste à tendance méridionale ou provençale : éléments de volumétrie et décor présents suivant les époques

TABLEAU XII. Noms des villas situées dans la ville d'Hyères par quartiers et par rues (1889)

Tableau XII. Noms des villas situées dans la ville d'Hyères par quartiers et par rues (1889)

ANNEXE II : éléments d'analyse typologique et stylistique

Liste et localisation des villas et hôtels en 1928-1929

Datation des maisons et immeubles repérés

Commentaire de la fiche de repérage

Aires d'études Hyères
Dénominations maison
Adresse Commune : Hyères

Maisons dites villas majoritairement construites pour la villégiature au cours des 19ème et 20ème siècles. Nombre de villas repérées par époques : avant 1880 : 29 ; 1880 à 1919 : 121 ; 1920 à 1945 : 149 ; après 1945 : 72. Architectes : Pierre Chapoulart (1849-1904) , Gustave Paugoy (signe une oeuvre en 1872) , Ribier (début 20ème siècle) , Léon David (1878-1958) , Abel Bellaguet (signe des oeuvres de 1921 à 1933) , Louis Lantrua (produit de 1930 à 1939) , G. Savarin (également actif dans les années 1930) .

Période(s) Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Typologies type éclectique : 104 dont 54 à tendance classique et 32 éclectiques et modernes, type moderne : 43 dont 31 modernes et régionalistes à tendance provençale
Toits tuile creuse, tuile plate mécanique
Murs enduit
Décompte des œuvres étudiées 20
repérées 371
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Négrel Geneviève