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maison Verdollin

Dossier IA04000888 inclus dans village d'Annot réalisé en 2009

Fiche

Dossiers de synthèse

Au 17e siècle, l'agglomération d'Annot commence à déborder de sa dernière ligne de fortification. En contrebas de l'Hôtel-Dieu établi en 1656, des bâtiments se dressent, qui vont donner naissance à la partie haute de la rue du Four. Un de ces bâtiments (parcelle 421 du cadastre 1830) possède un linteau portant la date 1590. Ce linteau, brisé, peut-être remployé, n'offre aucune certitude de datation, mais il conforte l'hypothèse selon laquelle cet alignement de constructions remonte à la fin du 16e siècle. Plusieurs d'entre elles, dissociées à l'origine, ont donné naissance à une des plus vastes maisons du vieux bourg d'Annot. Sa configuration est assez complexe.

L'entrée se fait par la rue Notre-Dame. La porte a bénéficié d'un traitement décoratif très inhabituel pour la région. Le couvrement en pierre de taille, légèrement en anse de panier, est doté d'une clé ornée d'un cœur taillé en réserve. On y lit, inscrit en grec : ɑʋθεομοʋι. Sous le cœur se trouve la date 1785.

Détail de l'inscription de la porte donnant rue Notre-Dame.Détail de l'inscription de la porte donnant rue Notre-Dame.

Cette inscription reste assez mystérieuse. Le premier et le second nu grecs étant graphiés de manière fort différente, on peut sans doute conclure que le graveur a recopié un terme qu'il ne comprenait pas. La traduction n'en est pour autant guère aisée. Trois hypothèses peuvent être formulées.

- Il faut lire ce qui est écrit : antheomoni. Ce terme qui ne semble pas référencé signifierait "le lieu de repos des fleurs", c'est-à-dire un jardin. L'hypothèse n'est pas dénuée de sens dans la mesure où cette maison est associée à un vaste jardin.

- On peut imaginer devoir lire anthemion, un motif ornemental en forme de fleur. Cela suppose que le iota ait été mal placé.

- En acceptant l'idée que cette inscription est le fait de quelqu'un qui ne maîtrise absolument pas le grec, on peut émettre une hypothèse qui reste toutefois assez peu crédible et lire ay theo moni, en lieu et place de Θεω μουω, ce qui indiquerait une consécration au dieu unique.

Cette porte donne accès à une étroite parcelle, qualifiée de corridor dans les états des sections du cadastre de 1830. Seul ce passage, en rez-de-chaussée de la parcelle 323, dépend de la maison. Les autres parties du bâtiment (un modeste réduit qui sert d'écurie en 1830 ainsi qu'un escalier qui dessert les étages) appartiennent à d'autres propriétaires.

Le "corridor" traverse l'ancienne ligne des fortifications et débouche sur un passage surélevé, de deux étages. Celui-ci établit la jonction avec le reste de la maison par-dessus la rue du Four. Le passage surélevé, qui est manifestement le résultat de plusieurs campagnes d'extension descendant la rue, est voûté d'arêtes. Son premier étage est occupé par une cuisine.

Côté jardin, il s'appuie sur un bâtiment assez élevé dont la construction a pu elle aussi se faire en plusieurs fois. On observe en effet une chaîne d'angle partielle qui court au niveau du premier étage et de l'étage de comble au milieu de l'élévation principale. Le fait que ce bâtiment ait été construit par étapes n'est toutefois pas suffisant pour conclure que les constructions d'origine, peu élevées, n'étaient qu'un accès aux jardins qu'ils dominent.

Les étages de soubassements, où se trouvent des caves voûtées et une cuve à vin, sont partiels, construits à même la roche, dans une zone de forte pente. Deux niveaux superposés de galeries ouvertes, voûtés d'arêtes, composent un soubassement massif.

Les combles abritent deux pigeonniers dont l'un porte la date 1786. Ils comptent 281 boulins.

L'élévation côté jardin. On observe en son milieu le collage de deux constructions différentes en parties hautes.L'élévation côté jardin. On observe en son milieu le collage de deux constructions différentes en parties hautes.

En 1830, la maison a déjà quasiment son aspect actuel. Le passage couvert a la même longueur qu'aujourd'hui (mais rien ne dit qu'il a déjà ses deux étages) et il appartient, ainsi que le corridor d'accès et toute la parcelle 419 à Jean Honoré Féraudy, médecin. La parcelle 421 et l'aile de galeries qui la prolonge le long du jardin, n'en font pas encore partie. La parcelle 421 est alors une maison, propriété de Honoré Barral et ses combles, faisant office de "grenier", appartiennent à Gaspard Gibelin. L'aile en retour de trois étages abritant des galeries fermées n'existe pas (elle n'est toujours pas figurée sur un plan d'Annot de 1880) mais les terrasses sont bien visibles.

Un imposant escalier en pierre de taille relie le passage couvert et le deuxième étage de terrasse au jardin. Il peut être rapproché de la porte qui s'ouvre dans son prolongement sur la rue du Four et qui porte la date 1828.

L'état actuel du jardin et les deux portails d'entrée sont vraisemblablement le résultat du percement de la route nationale en 1867. La maison appartient alors à Alexandre Verdollin.

Appellations Maison Verdollin
Dénominations maison
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Annot
Adresse Commune : Annot
Lieu-dit : le Bourg
Adresse : rue Notre-Dame
Cadastre : 1830 F 419, 421 ; 2016 OF 432

La maison a vraisemblablement été construite en 1785 (date portée sur l'entrée principale, le pigeonnier portant la date 1786), à une époque où percer les remparts ne posait pas problème. Elle a repris des éléments plus anciens qui peuvent remonter à la fin du 16e siècle (un linteau porte la date 1590) et s'est agrandie pendant tout le 19e siècle (une nouvelle entrée porte la date 1828) avant d'acquérir son aspect actuel.

Période(s) Principale : 4e quart 16e siècle
Principale : 4e quart 18e siècle
Secondaire : 19e siècle
Dates 1590, porte la date
1785, porte la date
1786, porte la date
1828, porte la date

Comme l'autre maison Verdollin (référence : IA04002083) à Annot, celle-ci présente la caractéristique de comprendre deux parties distinctes, l'une intra muros, et l'autre en dehors de la dernière enceinte. Les deux parties, dont la composition générale et les distributions intérieures sont complexes, sont reliées par un passage surélevé qui enjambe la rue du Four. Le gros oeuvre est en moellons de grès, le toit à longs pans est couvert de tuiles creuses. L'ensemble comporte 2 étages de soubassement, un rez-de-chaussée surélevé, un étage carré et un étage de comble. L'escalier dans oeuvre en maçonnerie est tournant à retours sans jour ; un escalier de distribution extérieur, droit, en maçonnerie dessert le rez-de-chaussée surélevé depuis le jardin.

Le passage surélevé est voûté d'arêtes, tout comme les galeries ouvertes des deux étages de soubassement sur le jardin.

Murs grès moellon
Toit tuile creuse
Étages 2 étages de soubassement, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
Couvrements voûte d'arêtes
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour, en maçonnerie
escalier de distribution extérieur : escalier droit, en maçonnerie
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents figurés
  • Plan cadastral de la commune d'Annot, 1830. / Dessin à l'encre sur papier par Builly, géomètre du cadastre, 1830. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 105 Fi 008/1 à 105 Fi 008/16.

  • 3767. - ANNOT (B.-A). - Station estival (alt. moyenne 700 m.) - Rue du Four / Carte postale, 1er quart 20e siècle, collection particulière, non coté.

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