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maison puis sous-préfecture puis colonie de vacances

Dossier IA04001193 réalisé en 2007

Fiche

Dossiers de synthèse

Description

Situation

Cette ancienne maison occupe une importante parcelle qui donne sur le côté pair de la rue Nationale, à l’extérieur des remparts.

Composition d’ensemble

Elle comporte deux corps de bâtiments principaux, de trois étages pour l’un et de quatre étages dont un de comble pour l’autre, formant un alignement est-ouest et reliés entre eux par une aile en longueur dans laquelle un corridor assure à chaque niveau une communication entre les deux parties.

Il faut cependant signaler que le bâtiment est, donnant sur la rue Nationale, est le résultat de l’annexion d’un autre bâtiment, qui était probablement indépendant à l’origine. L’extrémité orientale de cette adjonction constitue la travée sud de la façade de la rue Nationale. Cette annexion est du reste encore visible en toiture puisque cette partie n’est pas aussi haute que l’autre; le mur qui les sépare est en outre fort épais. De plus, jusqu’au 19e siècle, la façade donnant sur la rue Nationale formait un angle à leur jonction.

Au sud du corridor central, une petite cage d’escalier dessert un autre petit bâtiment de deux niveaux, qui permet lui-même l’accès à une dernière construction d’un seul niveau qui donne principalement sur le jardin.

Le plan complexe de cet édifice trahit sa longue histoire. Les deux bâtiments principaux ont pu être indépendants à une époque reculée. Ils ont eu chacun une cage d’escalier. Le corridor qui les relie ferme, au nord, une petite rue, ou plutôt une petite impasse, qui débouche plus au nord dans la rue Nationale. Il pourrait résulter d’une annexion d’un espace autrefois public.

Les toits sont eux aussi complexes. Celui du bâtiment ouest est à un pan. Mais celui de la partie est, pour sa plus grande part, à deux pans, son faîtage, orienté nord-sud, se situant exactement au droit de la grande cage d’escalier. Mais il est asymétrique, le pan qui part vers l‘est étant beaucoup plus vaste que celui qui part vers l’ouest. Au sud, on retrouve l’anomalie citée plus haut : cette partie est couverte d’un toit à un pan regardant vers le sud.

Matériaux

Maçonnerie enduite. Crépi au ciment moderne. Encadrement en pierre de taille de la porte principale rue Nationale, à l’est, et de trois portes et portes cochères ouvrant le second corps de bâtiment sur le jardin, à l’ouest.

Dans les parties hautes, on peut voir une maçonnerie en blocage de moellons calcaire.

Distribution

Le second corps de bâtiment a une organisation interne assez simple. A chaque étage, un corridor distribue des chambres. Cette distribution est récente. Elle date du 20e siècle.

Le bâtiment ouest, lui, a un plan beaucoup moins simple.

Dans son angle nord-ouest se trouve la grande cage d’escalierLa cage d'escalier au deuxième étage.La cage d'escalier au deuxième étage., qui donne par une rangée de baies sur l’impasse. L’escalier est tournant, à quatre noyaux, à deux retours, à trois volées et deux repos. Il a été remanié au 19e ou au 20e siècle : les noyaux ont été habillés en colonnes à chapiteaux à chaque niveau et les balustres ont été remplacés par un garde-corps métallique. Les fûts des colonnes ont en outre été décorés d’un motif peint de faux marbre à une date encore plus récente. L’escalier pourrait dater du 17e siècle, voire du 16e, mais ses très grands volumes imposent la plus grande prudence.

Au rez-de-chaussée, toute la partie centrale, dans l’axe de la porte, constitue un long corridor menant directement à la partie ouest. Au sud de ce corridor, une pièce en longueur qui n’appartenait donc pas au bâtiment d’origine. Et au nord, un grand vestibule ouvert sur la cage d’escalier. Il communique avec la rue par une porte un peu moins soignée que celle de l’axe central. A l’ouest, à la jonction des deux bâtiments principaux, une petite pièce de distribution encadrée par deux plates-bandes en pierre de taille datant vraisemblablement du 19e siècle, dont une est encore partiellement décorée d’une peinture murale à motifs florauxLe couloir du rez-de-chaussée. Vue prise vers l'est.Le couloir du rez-de-chaussée. Vue prise vers l'est..

Aux étages 1 et 2, l’escalier, dont les paliers sont au droit du corridor central du rez-de-chaussée, ne dessert qu’une grande pièce en façade (Fig. 19) dans le bâtiment d’origine, trois si on ajoute les deux petites pièces de la partie annexée, au sud.

A noter que les archives gardent la trace de périodes où le premier étage du 30 rue Nationale était relié au 32-34 actuel, ce qui rajoute à la complexité du développement de cet ensemble.

Historique

Si on en croit le bail de 1864 qui transforme la plus grande partie de cette maison en Sous-préfecture de Castellane, le premier étage, y compris la partie correspondant à une travée de l’actuel n° 30 rue Nationale, était éclairé par quatre croisées donnant sur la rue. La mention de ces croisées aujourd’hui disparues, le grand escalier, ainsi que le développement général de la rue, appelée alors rue basse, au 16e siècle, soutienne une datation d’origine de l’édifice à la seconde moitié du 16e siècle.

La maison aurait appartenu à François Niel de Brenon au début du 18e siècle. Elle aurait également été pillée, laissée à l'abandon, avant d'être réattribuée en 1748 par l'évêque Vocance à des ecclésiastiques. Au 19e siècle, elle accueille la Sous-Préfecture, probablement à plusieurs reprises. Une première fois sous l’Empire, dès 1800. L’état de section du cadastre napoléonien indique qu’en 1834, cet édifice sert de maison à un certain Joseph Andrau, aubergiste.

Reconstruction de la façade

Depuis la fin du 19e siècle, la façade sur la rue Nationale est biaise par rapport à l’axe des murs. En 1882 en effet, la façade d’origine a été frappée d’alignementPlan représentant le rez-de-chausée le 1er et le 2ème étage de la maison appartenant aux hoirs Philip dont une partie est louée pour servir de sous-préfecture à l'arrondissement de Castellane [plan du rez-de-chaussée].Plan représentant le rez-de-chausée le 1er et le 2ème étage de la maison appartenant aux hoirs Philip dont une partie est louée pour servir de sous-préfecture à l'arrondissement de Castellane [plan du rez-de-chaussée]., selon le plan Bourdellon de 1862. C’est à ce moment qu’a été effacé le léger angle qu’elle formait à la jonction du bâtiment d’origine et de la parcelle annexée, au sud.

La façade reconstruite, uniforme, aligne trois travées sur trois niveaux. Le rez-de-chaussée forme un soubassement massif en pierres de taille, ordonnancé. L’encadrement de la porte centraleLa porte d'entrée.La porte d'entrée. est légèrement saillant. Il est ornée au centre de sa plate-bande d’un motif de fleur. Un monogramme métallique est fixé devant l’imposte : on y distingue les lettres J P et B. Le P pourrait correspondre à l’initiale du patronyme Philip, du nom du propriétaire au moment de la reconstruction de la façade. Les baies, aux étages, sont à arc segmentaire.

Le 7 juillet 1864, son propriétaire, Marie Giraud, veuve Philip, en loue une partie pour servir de nouveau d’hôtel de sous-préfecture. La sous-préfecture déménage en 1882 pour s’installer place de la Liberté, au moment où est redessiné l’alignement sur rue.

Au 20e siècle, l’ensemble est transformé en centre de vacance pour enfants par le nouveau propriétaire, la famille princière de Monaco. Après avoir servi pendant quelque temps à abriter le musée de l’association Petra Castellana, le bâtiment attend actuellement une reconversion en immeuble.

Destinations sous-préfecture, colonie de vacances
Dénominations maison
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Castellane
Adresse Commune : Castellane
Lieu-dit : le Bourg
Adresse : 32, 34 rue Nationale
Cadastre : 1834 Fu 270 ; 2008 AB 59

Le corps de bâtiment donnant sur la rue Nationale peut avoir été construit dans la seconde moitié du 16e siècle ou au début du 17e siècle. On sait en effet que l'ancienne façade était dotée de croisées. Le corps de bâtiment ouest date lui plus probablement du 18e siècle. Dans les années 1650, le propriétaire de cette maison, Martini de Brenon, en fit don aux Pères de la doctrine chrétienne qui voulaient s'installer à Castellane. Après le retour des Pères à Senez, la maison fut successivement la propriété de Mgr Soanen et de la famille Niel de Brenon. La maison aurait été pillée, laissée à l'abandon, avant d'être réattribuée en 1748 par l'évêque Vocance à des ecclésiastiques. Au 19e siècle, elle accueille la sous-préfecture, probablement à plusieurs reprises, dont une, certaine, entre 1864 et 1882. Peu après 1882, l'ancienne façade est frappée d'alignement et reconstruite beaucoup plus biaise par rapport à la parcelle. Au 20e siècle, la maison a accueilli un centre de vacances pour enfants patronné par la famille de Monaco.

Période(s) Principale : 2e moitié 16e siècle , (?)
Secondaire : 2e moitié 19e siècle

Deux bâtiments principaux reliés par un corridor à chaque étage forment un alignement est-ouest. Au sud du bâtiment est, un bâtiment en longueur a peu à peu été intégré au corps de bâtiment principal dont il forme la travée sud sur la rue. Au sud s'ajoutent également deux petites constructions, de deux et un étage, reliés aux corps de bâtiments précédents par le corridor central. La façade de la fin du 19e siècle comporte un imposant soubassement en pierre de taille soulignant tout le rez-de-chaussée. Les baies des étages un et deux sont en arc segmentaire. La cage d'escalier, dans l'angle nord-ouest du corps de bâtiment est, est une des plus vastes de Castellane. L'escalier est tournant, à deux retours, quatre noyaux et deux repos.

Murs calcaire
moellon
pierre de taille
Toit tuile plate mécanique
Étages rez-de-chaussée, 2 étages carrés, étage de comble
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
Statut de la propriété propriété privée, []

Références documentaires

Documents d'archives
  • Confession du nouveau cadastre et allivrement général des maisons et bastiment tant de la ville de [Castellane tant] bourg que hameau faict par nous Jean-Baptiste Bonnet d’Antrevaux et Honoré Brun, notaire de St Julien expert commis par déllibération du conseil de la communauté dud. Castellane... 1685 (propriétés bâties) et 1687 (propriétés non bâties). Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E DEP 39-32.

    fol. 12
  • [Bail de la location partielle d'une masion appartenant à Marie Giraud, veuve philip, pour servir d'hôtel de sous-préfecture]. 1864/07/07. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 4 N 11.

Documents figurés
  • Plans représentant le rez-de-chaussée, le 1er et le 2e étage de la maison appartenant aux hoirs Philip, dont une partie est louée pour servir de sous-préfecture à l'arrondissement de Castellane. / Dessin sur papier réalisé par Caire ; échelle de 1/200, 36 x 30 cm, 28 octobre 1881. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 2 Z 40.

    Plan général (échelle de 1/1250) ; rez-de-chaussée ; 1er étage ; 2e étage. Le rouge carmin indique la partie louée pour la sous-préfecture ; le vert la partie louée à M. Mandine, inspecteur primaire ; le jaune, la partie louée à M. Demandolx avocat ; le bleu la partie louée à M. Long boucher. Ces plans ont été faits "... pour servir aux indications nécessaires pour les réparations à faire, pour le renouvellement du bail de la sous-préfecture ..."
  • Plan représentant le rez-de-chaussée le 1er et le 2ème étage de la maison appartenant aux hoirs Philip dont une partie est louée pour servir de sous-préfecture à l'arrondissement de Castellane. / Dessin à l'encre sur papier réalisé par Caire. 19 février 1882. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : 4 N 11.

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