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maison puis école primaire de Senez et boulangerie actuellement maison

Dossier IA04001195 réalisé en 2008

Fiche

Dossiers de synthèse

Destinations école primaire, boulangerie, maison, maison
Dénominations maison
Aire d'étude et canton Pays Asses, Verdon, Vaïre, Var - Barrême
Adresse Commune : Senez
Adresse : Grand'Rue
Cadastre : 1811 E 28 ; 1986 E 82

Le bâtiment existait sur le cadastre napoléonien (parcelle 28) mais une partie de la parcelle bâtie est revenue à l'actuelle parcelle 83. Il s'agit de l'ancienne école de latin ou "maîtrise" de Senez. Le prévôt Lazare de Capel en 1713 l'avait fondée pour l'éducation de la jeunesse. Lorsque tous les biens de l'Eglise devinrent biens nationaux la "maîtrise" ne fut pas mise en vente et le conseil municipal adressa en mars 1793 une pétition au Directoire pour que la maison soit cédée à la commune qui souhaitait y installer une école mixte. Le bâtiment fut finalement vendu au début du 19e siècle aux ancêtres des actuels propriétaires après que la commune se vit dans l'obligation de l'aliéner, avec d'autres biens, pour pouvoir lever des fonds destinés à construire un nouveau cimetière. Malgré le changement de propriétaire la maison continua à abriter l'école primaire. C'était toujours le cas en 1883, à destination des filles exclusivement ; la maison servait aussi de logement pour l'institutrice. L'école perdura jusqu'en 1902, date de l'inauguration de la nouvelle école rassemblant les enfants des deux sexes. Son transfert fut d'ailleurs anticipé puisque le lieu d'aisance destiné aux élèves fut réaménagé pour accueillir un four de boulanger à l'extrême fin du 19e siècle (1899). La boulangerie demeura en service jusqu'au mitan des années 1925, remplacée par un bureau de tabac jusqu'en 1929, avant cessation de toute activité commerciale. La maison fut réquisitionnée pendant la Seconde Guerre mondiale puis récupérée par ses anciens propriétaires en 1946. Le bâtiment a subi de multiples modifications. Outre la construction du four avec sa chambre de cuisson, aujourd'hui à l'état de vestiges, l'escalier demi hors-oeuvre construit sur la façade principale a disparu, remplacé par un autre escalier, intégré cette fois. L'encadrement de la porte d'entrée peut remonter à la seconde moitié du 16e ou à la première moitié du 17e siècle, mais il s'agit manifestement d'un remploi hétérogène. La propriété disposait également d'une cour-terrasse, avec une remise, sur le cadastre napoléonien (respectivement anciennes parcelles 35 et 36). Cette dernière a été en grande partie détruite et laisse aujourd'hui place à un garage moderne.

Période(s) Principale : 1er quart 18e siècle
Secondaire : 19e siècle
Secondaire : 20e siècle

La maison a subi des transformations extérieures. Elle a été amputée d'une de ses parties (pour l'actuelle parcelle 83). L’escalier demi hors-oeuvre sur la façade principale exposée au sud-est a été remplacé par un autre escalier tournant légèrement décentré sur la droite, dans-œuvre cette fois. La façade, sous une double rangée de génoise, se déploie sur deux travées de part et d'autre de la porte et de l'escalier, et compte trois niveaux. L'ensemble des façades de l'édifice est recouvert d'un enduit lisse au ciment. La maison se prolonge vers le sud-ouest par un bâtiment de deux niveaux dont le premier accueillait en 1887, à côté de l'écurie, le bûcher et le lieu d'aisance pour les élèves. La porte d'entrée est décorée d'un encadrement de pierre calcaire avec un arc en plein-cintre reposant sur des chapiteaux différents. La porte en bois cloutée est ancienne et présente un beau travail de menuiserie : elle a sûrement été confectionnée en fonction de l'encadrement rapporté. Le premier niveau accueillait la boulangerie (la bouche du four est intacte) puis le bureau de tabac (au niveau de la porte fenêtre à droite la porte d'entrée). L'ensemble du second niveau, auquel on accède par un escalier tournant maçonné servait de salle de classe et de logement (une chambre à coucher contiguë à la précédente salle). Le troisième niveau comprend des chambres à coucher, une de part et d'autre de l'escalier. Celle située au nord-est servait de cuisine en 1887.

Murs calcaire moellon enduit
Toit ciment amiante en couverture
Étages rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant, en maçonnerie
Typologies A3 : maison avec parties agricoles ou commerciales en parties basse et haute
Statut de la propriété propriété privée, []

Références documentaires

Documents d'archives
  • Registre des délibérations du conseil municipal de la commune de Senez. 1793/03/18. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E DEP 204/3.

    N° 11 : Pétition adressée au Directoire pour demander que la "maîtrise" ne soit pas mise en vente.
  • Registre des délibérations du conseil municipal de la commune de Senez. 11 Germinal An III / 1795/03/31. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E DEP 204/3.

    N° 12 : Confirmation de l'ouverture de l'école primaire dans l'ancienne "maîtrise" de Senez.
  • Registre des délibérations du conseil municipal de la commune de Senez. 1806/11/13. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E DEP 204/4.

    N° 13 : Décision d'aliéner l'ancienne "maîtrise" de Senez, avec d'autres propriétés de la commune dans le quartier de la Bonde, estimées à 600 francs, afin de lever des fonds destinés à construire un nouveau cimetière.
  • Registre des délibérations du conseil municipal de la commune de Senez. 1883/11/11. Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, Digne-les-Bains : E DEP 204/20.

    Location à la demoiselle Bain d'un bâtiment nécessaire à la commune pour servir d'école de filles.
Bibliographie
  • HERMELIN, Juliette. Senez en Haute-Provence. Chronique d'une cité épiscopale aux 17e-19e siècles. Dans : Cahiers de Salagon, n°7, Les Alpes de Lumière, 2002.

    p. 82-83 : Historique et description de l'ancienne maîtrise de Senez selon le procès-verbal d'estimation des biens nationaux de 1791.
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