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Ligne fortifiée

Dossier IA00124718 réalisé en 1992

Fiche

Organisations fortifiées de campagne et de "fortification de campagne renforcée"

On a vu que, après la grande guerre, on avait procédé, sur un plan d'ensemble arrêté par la C.D.F. et mis en œuvre, à partir de 1930, par la CORF, à une réorganisation du système de défense des frontières, dont celle du sud-est.

On sait qu'en 1893 une route stratégique avait déjà été construite vers le Sommet Bûcher.

Compte tenu de son caractère secondaire en tant que zone sensible d'une part, de la modicité des crédits d'autre part, le Queyras n'avait reçu aucun ouvrage permanent. Du même coup, c'est sur les troupes d'occupation que retombait la charge de réaliser, le moment venu, les organisations - fatalement légères - entrant dans la constitution de la ligne principale de résistance (L.P.R.) et des positions d'avant-postes.

On notera qu'aucun ouvrage d'avant-poste du programme Degoutte n'a été construit en Queyras. Tout ce qui a été fait l'a été tardivement, entre 1938 et 1940, sous la pression de la tension politique concrétisée par le maintien ou le rappel de réservistes, par les bataillons alpins ou alpins de forteresse.

Techniquement, ces travaux relèvent :

- de la fortification de campagne traditionnelle : tranchées, épaulements, abris en rondins recouverts de terre, etc.

- de la fortification de campagne "renforcée" : petits blockhaus en béton armé pour mitrailleuses ou fusils-mitrailleurs, observatoires bétonnés, abris alpins pour 12 hommes, en éléments préfabriqués de tôle cintrée forte, enrobés de béton et de rocaille, tourelles démontables de mitrailleuses par éléments.

Les matériaux (barbelés, tôles cintrées) proviennent soit des parcs de matériel de fortification constitués à cet effet dès le temps de paix, soit d'achats sur marchés passés par le service du Génie (ciment, armatures) et mis en œuvre par les troupes de toutes armes, sous contrôle du Génie.

Pour normaliser le travail, des places types d'organisations, simples et de réalisation facile, devaient être établies par le Génie du XIVe CA et du secteur fortifié du Dauphiné dont relevait le Queyras (chefferie du Génie de Briançon). La protection varie du coup isolé de 105 à celui de 210.

Entre le pic de Rochebrune et Ceillac, on trouve une cinquantaine d'organes, dont une partie inachevés.

A titre d'échantillons, on note :

- à l'extrémité est du fossé du front nord du fort, et à l'intérieur, un blockhaus pour, semble-t-il, deux armes automatiques

- en avant, à mi-hauteur de la pente descendant sur le Gui!, une "pilule" avec une galerie d'accès par l'arrière en béton armé dont la dalle n'a pas été coulée

- au Sommet Bûcher, un observatoire en béton armé et sur le versant est, plusieurs "pilules"

- au sommet Bûcher, un abri alpin en tôle et béton, pour 12 hommes.

Près de la chapelle Saint-Simon (sud du sommet Bûcher, à l'est de Molines) une tourelle de mitrailleuses par éléments mle 1937 encore en place, mais dépouillée d'une bonne partie de ses composants (masque, carter de l'arme, etc.). L'engin porte, frappé à froid, le n° 605 qui le situe comme un des tout derniers fabriqués et livrés à l'armée des Alpes, avec calotte surélevée de 250 mm permettant le tir en site négatif important ( -19° 30').

Note

Il serait fastidieux d'énumérer un par un des organes relevant d'un nombre réduit de modèles et dont l'état détaillé figure au Service Historique de l'Armée série 33 N (secteurs fortifiés) carton 195.

Parties constituantes non étudiées observatoire, blockhaus
Dénominations ligne fortifiée
Aire d'étude et canton Aiguilles - Aiguilles
Adresse Commune : Molines-en-Queyras
Lieu-dit : près de Molines-en-Queyras
Cadastre : non cadastré
Précisions oeuvre sur plusieurs communes

Le caractère secondaire de la zone correspondant au canton d'Aiguilles explique qu'elle n'ait fait l'objet d'aucune réorganisation dans l'entre deux guerres ; la cinquantaine d'ouvrages militaires contemporains recensés dans le canton ont été réalisés hâtivement entre 1938 et 1940 sous la pression, de la tension politique.

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle
Auteur(s) Auteur : maître d'oeuvre inconnu

Les travaux relèvent de la fortification de campagne traditionnelle (tranchées, épaulements, abris en rondins recouverts de terre, ...) et de la fortification de campagne renforcée (petits blockhaus en béton armé pour mitrailleuse, observatoires bétonnés, abris alpins pour 12 hommes en éléments préfabriqués de tôle cintrée forte, enrobés de béton et de rocaille, tourelles démontables de mitrailleuses par éléments).

Murs métal
béton armé
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Bibliographie
  • TRUTTMANN, Philippe. La muraille de France ou la ligne Maginot. – Thionville : édition Gérard Klopp, 1988, 627 p.

    P. 482-483.
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