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les aménagements du Rhône : barrages, centrales hydroélectriques, écluses et maisons éclusières, ports et haltes fluviales, quais, promenades et appontements, tours-vigie, chantiers navals, entrepôts maritimes, digues, chemins et relais de halage

Dossier IA00141316 réalisé en 2011

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Aires d'études bassin du Rhône
Dénominations barrage, centrale hydroélectrique, écluse, port, quai, édifice fortifié, usine de construction navale, établissement portuaire, digue, chemin de halage
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Certains aménagements longitudinaux sont mis en place très tôt (dès le 12e siècle) sur le Rhône afin de tenter d'en stabiliser les rives et d'en endiguer les eaux (cf Référence : IA13004504).

Les plus anciens ouvrages recensés remontent à la fin du 16e siècle. Il s'agit de tours-vigie mises en place le long du fleuve Rhône destinées à le surveiller et à faire office de repère pour la navigation (tour dite Fort de Pâques, Référence : RA13000021). D’autres tours, réparties dans le delta du Rhône, servaient également à contrôler les entrées et sorties du territoire par le fleuve (tour-vigie du Tampan dite Tourvieille, Référence : IA13004099, et tour Saint-Louis de Port-Saint-Louis-du-Rhône, Référence : IA13000621). Les implantations de tours se succèdent en suivant les changements du cours du fleuve, particulièrement au niveau des bras constituant son embouchure.

Durant l’époque moderne, les divers aménagements de protection contre les crues ou liés au commerce fluvial sont souvent endommagés par le fleuve, reconstruits épisodiquement et par portions. De plus ils ont souvent été détruits ou inclus dans les ouvrages de l’époque contemporaine : pour toutes ces raisons, ils demeurent peu connus et n’ont pu être recensés. C'est à partir du 19e siècle que l’État commence à prendre en charge une véritable politique d'aménagement pour lutter efficacement contre les désordres du Rhône. Il convient encore de mettre fin aux dégâts engendrés par les crues : Napoléon III vient constater en personne les destructions des inondations de 1856, et fait appliquer en 1862 un décret de planification des travaux des quais, notamment à Arles (Référence : IA13004087) ou à Caderousse (Référence : IA84000927), supervisé par le service spécial du Rhône des Ponts et Chaussées.

En parallèle, une politique de mise en valeur du fleuve est menée pour exploiter ses points forts. C’est un moyen d'échange et de communication majeur grâce à la liaison qu’il opère entre l’Europe du nord et le monde méditerranéen. Là encore, les Ponts et Chaussées sont mandatés afin d'optimiser la navigation sur le bras est du Rhône (Petit Rhône, Référence : IA13004135), jusqu'à la mer. Jusqu'alors, c'est le port de Saint-Gilles [sans référence] qui assurait une grande partie des échanges. La création du canal d'Arles à Bouc (Référence : IA13004106), initiée dès le Premier Empire, qui rend possible un cheminement intérieur sur une grande distance, permet à la navigation commerciale d'éviter le passage difficile de l'embouchure. Quelques années plus tard, de 1873 à 1881, le port marchand de Port-Saint-Louis-du-Rhône (Référence : IA13004104), pouvant accueillir des navires de grands gabarits, est installé, avec son chenal d'accès, par les Ponts et Chaussées. Il constitue encore le seul port maritime sur le Rhône. Mais il a largement perdu de son importance avec le développement du site industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer [sans référence].

Plusieurs haltes fluviales sont également créées dans les villes traversées par le fleuve, à Arles (Références : RA13000114 et RA13000115) ou à Avignon (Références : IA84000941 et RA84000014), stimulées par l'essor du transport à vapeur.

Le 20e siècle voit la modernisation des aménagements du Rhône en région PACA, selon trois principes qui orientent une politique d’ensemble : la navigation à grands gabarits, la production d'énergie et l'irrigation agricole (ALLIX, p. 159-161). Dans le domaine de la production d’électricité, la "loi Rhône", qui promulgue la planification des aménagements rhodaniens de la frontière suisse à la mer, est votée le 27 mai 1921. Le Bas-Rhône bénéficie des acquis réalisés dans le Rhône supérieur et le Rhône moyen. Dans les années 1920, la situation économique ne permet pas la mise en œuvre des chantiers envisagés par l’État (2 aménagements de centrales hydroélectriques en région PACA). Dans la région, des fonds sont dégagés pour achever le chantier du tunnel du Rove (Référence : IA13004086), le plus long canal souterrain de France. Grâce à lui, en 1927, la traversée intérieure depuis le Rhône jusqu'au port de Marseille est désormais possible.

La création de la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) en 1933 concrétise la volonté d'aménagement du fleuve : l’État lui confie la réalisation de la politique tripartite de la loi de 1921 (site internet CNR). En PACA, il faut attendre la fin de la Seconde Guerre mondiale, et le programme de reconstruction engagé par le plan Marshall, pour voir s'élever les équipements hydroélectriques monumentaux sur le Bas-Rhône. En 1952, l'usine-barrage André Blondel (Référence : IA84000926) est mise en service sur le canal de dérivation de Donzère-Mondragon (Référence : IA84000943). Deux autres aménagements comprenant centrale hydroélectrique et barrage, sont édifiés par la CNR : Avignon (Référence : IA84000937) entre 1970 et 1974 et Caderousse (Références : IA84000931 et IA84000930) entre 1971 et 1976. La CNR prévoit également l'installation de plateformes industrialo-portuaires fluviales : la zone de Courtine à Avignon (Référence : RA84000017) en 1970 et le port fluvial d’Arles (Référence : IA13004101) en 1983. Le développement du complexe de Fos-sur-Mer [sans référence] dans les années 1970 marque un nouvelle phase de transformations dans la section maritime du Grand Rhône (Référence : IA13004134). C'est le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM) qui supervise les installations. A la suite du déclassement du canal d'Arles à Bouc (Référence : IA13004106), il est nécessaire de pallier l'absence de liaison intérieure. Le GPMM lance en 1984 le creusement du canal du Rhône à Fos (Référence : IA13004105) destiné à relier le Rhône au port de Fos [sans référence]. L’écluse de Barcarin (Référence : RA13000143), mise en place sur ce canal, constitue l’un des plus récents aménagements inventoriés.

Période(s) Principale : 12e siècle
Principale : Temps modernes
Principale : 16e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

Les aménagements du Rhône représentent un total de 63 notices parmi lesquelles on dénombre principalement :

- 6 barrages (dont 3 disparus) ;

- 2 centrales hydroélectriques ;

- 1 centrale-barrage ;

- 10 écluses isolées (7 détruites ou hors service), dont 2 sont toujours équipées d'une maison éclusière (Référence : IA13000731) aujourd'hui désaffectée ; et 3 écluses liées à une centrale ou un barrage ;

Des aménagements longitudinaux :

- 7 ports, embarcadères ou haltes fluviales et 3 notices en lien avec les activités portuaires (1 capitainerie, 1 ensemble d'entrepôts maritimes et 1 site industriel et portuaire) ;

- 2 chantiers navals ;

- 1 appontement ;

- 5 quais et 2 promenades ;

- 1 chemin de halage et son relais ;

- 1 gare maritime ;

- 3 tours -vigie ;

- des digues de différents types ;

- 1 canal souterrain.

Remarque : les canaux qui constituent également des aménagements du fleuve ne sont pas traités dans cette notice, étant donné qu'ils bénéficient de notices propres.

Du nord au sud, se succèdent le canal de dérivation de Donzère-Mondragon (Référence : IA84000943 ) ; le canal d'irrigation dit du Vigueirat (Référence : IA13004109) ; le canal de navigation d'Arles à Bouc ou d'Arles à Fos (Référence : IA13004106) ; le canal de Peccaïs à Sylvéréal (Référence : RA13000022) ; le canal de drainage dit canal du Japon ou Bras de Fer (Référence : IA13004110) ; le canal du Rhône à Fos, (Référence : IA13004105) ; le canal de navigation de Port-Saint-Louis, dit canal Saint-Louis, Référence : IA13004103) ; le canal de navigation de Bouc à Martigues (canal de Caronte), (Référence : IA13004127) ; le canal de navigation de Marseille au Rhône, Référence : IA13004128.

Les aménagements du Rhône en région PACA sont de nature différente entre le fleuve et son delta (voir Annexe n° 1, la répartition géographique des aménagements du Rhône en région PACA).

En amont se distingue une zone de production hydroélectrique. La navigation à grand gabarit est privilégiée sur le Grand Rhône. Le Petit Rhône, très méandreux, ne permet aucun de ces usages, mais est plutôt réservé à la navigation à petit gabarit.La navigation de plaisance utilise d'anciennes infrastructures commerciales reconverties : par exemple, le bassin portuaire de Port-Saint-Louis (Référence : IA13004104), devenu port de plaisance, ou l’embarcadère (Référence : RA13000114) et la halte fluviale (Référence : RA13000115) d’Arles installés sur les quais.

Répartition géographique des aménagements du Rhône en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, d’amont vers aval :

Le Rhône (Référence : IA84000946), de Bollène à Arles : 12 aménagements hors canaux. L'usine-barrage André Blondel (Référence : IA84000926) à Bollène (Vaucluse) sur le canal de Donzère-Mondragon (Référence : IA84000943) est le premier aménagement en région PACA. Mis en service en 1952, c'est également le premier ouvrage hydroélectrique réalisé par la Compagnie Nationale du Rhône (CNR) dans la région. On trouve ensuite les ouvrages construits dans le cadre de l'aménagement CNR de la chute de Caderousse (Vaucluse). En 1975, est mis en place le barrage mobile de Caderousse (Référence : IA84000930) qui alimente l'usine aval (Référence : IA84000931). En aval du barrage, une digue (Référence : RA84000011) a été aménagée pour protéger le port de l’Ardoise (commune de Laudun-l’Ardoise, Gard).

Sur la rive gauche du Rhône, au sud d’Orange (Vaucluse), on recense une plate-forme aménagée (Référence : RA84000012), sans doute édifié lors de la réalisation du viaduc ferroviaire (TGV) dit de Roquemaure (Référence : IA84000912). En aval, la halte fluviale intercommunale de Châteauneuf-du-Pape (Vaucluse ; Référence : RA84000044) permet depuis 2011 aux bateaux de s’amarrer.Viennent ensuite les ouvrages de l'aménagement de la chute d'Avignon (Vaucluse), datant des années 1970 : l’usine-écluse (Référence : IA84000937) est établie sur un bras de dérivation, en aval du barrage [sans référence] qui se trouve dans le Gard.Dans la ville d'Avignon, les anciens chemins de halage ont été transformés en promenades aménagées : la promenade Antoine Pinay (Référence : IA84000942) en rive droite, et son pendant (Référence : RA84000016) en rive gauche.A la pointe sud-ouest d’Avignon se situe le site industriel et portuaire d'Avignon-Courtine (Référence : RA84000017), engagé par la CNR en 1970.A l'embouchure de la Durance, se trouvait l'ancien barrage de l'île de Moore (Barbentane, Bouches-du-Rhône ; Référence : RA13000038). A Tarascon (Bouches-du-Rhône), les quais, ou digue du Centre-Ville (Référence : IA13004137), édifiés en 1844 afin de protéger la ville des inondations, constituent le dernier ouvrage recensé sur cette section du Rhône.Le Grand Rhône (Référence : IA13004134), d’Arles à Port-Saint-Louis-du-Rhône : 18 aménagements hors canaux. Au nord d'Arles (Bouches-du-Rhône), le port fluvial (Référence : IA13004101) fonctionne depuis 1983.Les quais d'Arles (Référence : IA13004087) ont été réalisés suite aux grandes crues de 1840 et 1856. Ils abritent des lieux d'accueil, de navigation de plaisance (Références : RA13000114 et RA13000115) et de promenade.Les chantiers navals de Barriol (Référence : IA13004097), en activité depuis 1882, présentent le plus grand atelier de réparation navale entre Lyon et la Méditerranée.On trouve à l'aval l'écluse de Barriol (Référence : IA13004107), anciennement écluse de la Roquette (Référence : IA13004144), qui marque l'entrée du canal d'Arles à Bouc (Référence : IA13004106). Sur les eaux de ce dernier se trouvaient également l'écluse de Montcalde (Référence : IA13004078), l'écluse de l’Etourneau (Référence : IA13004509), et l'écluse de Port-de-Bouc (Référence : RA13000037), ainsi que le barrage à clapets (Référence : IA13004510). Le canal d'Arles à Bouc, déclassé dans les années 1970, relie le port de Fos. On y recense plusieurs ouvrages mis en place par le Grand Port Maritime de Marseille, notamment le barrage anti-sel (Référence : IA13004074) au lieu-dit le Relai (commune de Port-Saint-Louis-du-Rhône, Bouches-du-Rhône), qui ferme l'accès navigable.La liaison navigable qui était assurée par le canal d'Arles à Bouc, l’est, depuis 1984, par le canal du Rhône à Fos (Référence : IA13004105). L'écluse de Barcarin (Référence : RA13000143) marque son entrée. On trouve, en amont de la darse n° 1 du port de Fos des appontements (Référence : RA13000117) ainsi qu'un quai d'amarrage (Référence : RA13000118), contemporains du canal.Dans sa section maritime, le Grand Rhône est équipé d'aménagements portuaires au niveau de Port-Saint-Louis-du-Rhône (Bouches-du-Rhône). Un quai d'amarrage (Référence : IA13004102), en liaison avec les aménagements portuaires du canal Saint-Louis (Référence : IA13004103) est installé en rive gauche du fleuve. Le port est accessible par l'écluse de Port-Saint-Louis (Référence : IA13004058). Son bassin portuaire (Référence : IA13004104) est reclassé en port de plaisance depuis 1992.Le Petit Rhône (Référence : IA13004135), de Fourques-Arles aux Saintes-Maries-de-la-Mer : 2 aménagements hors canaux. L'ancien canal du Japon (Référence : IA13004110) reliait le Petit Rhône aux marais salants. L'écluse de Chamone (Référence : RA13000036), à l'endroit de laquelle prend place aujourd'hui une station de pompage (Référence : RA13000089), en marquait l’entrée.

Décompte des œuvres repérés 28
étudiés 28
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Pagenot Sandrine - Havard Isabelle - Redon Clotilde - Decrock Bruno