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hôtel

Dossier IA84000470 réalisé en 1986

Fiche

Dossiers de synthèse

HISTORIQUE

Cette demeure était autrefois plus étendue au sud avec un grand jar­din qui a été coupé par la nouvelle rue, percée lors de l'opération du passage Vidau à la fin du XIXe siècle portant le nom de la famille Liffran toujours propriétaire de la maison et du jardin.

D'après Guy Jau les armoiries représentées sur la tour d'escalier se­raient celles de la familles d'Agar.

La parcelle 784 porte une construction récente datant des années 1940-1950.

DESCRIPTION

Situation

La propriété, très étendue se trouve au sud-ouest de la ville, à mi­-distance entre la cathédrale, l'Hôtel de Ville et la Place du Clos. El­le est longée à l'est par le passage Vidau ; elle se prolongeait au sud jusqu'à la rue Pélident avant le percement de la rue Liffran.

Composition d'ensemble

Sur le plan cadastral de 1832 figure déjà l'essentiel des différentes parties, dont le lien aujourd'hui n'apparaît plus de façon claire.

La maison constituée d'un corps de bâtiment (A) avec sa façade sur la rue de l’évêché (actuelle Place Philippe de Cabassole), prolongée par la construction neuve sur la parcelle 784.

Ce bâtiment (A) est encadré par les corps de bâtiment (B) (p. 786 au sud) et (D) (p. 787 à l'est) qui ne sont pas indiqués de façon distincte sur le plan de 1832 mais occupent peut-être déjà la grande parcelle voi­sine.

A leur jonction s'élève la tour d'escalier hors-œuvre, aujourd'hui dans le passage Vidau. Elle donne au nord sur une petite cour fermée par un mur.

Le jardin, grande parcelle étendue du nord au sud couverte d'une abon­dante végétation, bordé au nord par les communs (C). Contre le mur de clôture sud actuel se dresse une volière de plan circulaire.

Jardin, partie sud avec volière.Jardin, partie sud avec volière.

Dans la partie sud, coupée du reste de la propriété par la rue Liffran ont été construites des maisons devenues indépendantes (p.800, 798, 797) ainsi qu'un grand hangar (p.799) donnant sur une cour. Contre le mur sud de cette cour a été conservée l'ancienne fontaine du jardin. Son encadrement par deux pilastres sur lesquelles repose un fronton cintré orné d'un blason peint. C'est un écu de sable au lion rampant de gueules, timbré d'un casque couronné, soutenu par deux lions, avec pour cri "le lion fait la force" et accompagné d'un collier de l'ordre de Malte, le tout surmonté d'un dais d'hermine sommé d'une couronne fermée. Deux drapeaux tricolores y ont été ajoutés. Ce blason n'a pas été identifié. Bassin et canons de la fontaine ont disparu.

Matériaux

(A) maçonnerie recouverte d'un enduit. Encadrement de baies en calcaire blanc.

(B) maçonnerie enduite, appuis de fenêtres en calcaire blanc.(

(D) murs recouverts d'un enduit lisse. Encadrements de baies en cal­caire blanc.

- Tour et escalier ainsi que la cave en pierre de taille calcaire co­quillier jaune.

- communs : maçonnerie de moellons, encadrements de baies en calcaire coquillier jaune.

Structure

(A) Maison de deux étages carrés sur le rez-de-chaussée, plus un é­tage de combles construite en partie sur un étage de caves voûtées cons­tituées de deux berceaux parallèles avec support central orientés est­ ouest s'étendant jusque sous (D). Côté jardin se trouve une terrasse avec escalier extérieur.

L'intérieur de la demeure à l'exception de la partie sud du rez-de-­chaussée n'a pas été visité.

(B) Maison de deux étages carrés sur le rez-de-chaussée flanquée d'une tour d'escalier hors-œuvre de plan octogonal distribuant les deux étages. Seul 1 appartement du premier étage partagé en quatre piè­ces a été vu. Tour d'escalier, vue prise du sud.Tour d'escalier, vue prise du sud.

Élévations extérieures

(A) - Élévation principale est : elle ne comprend qu'une travée sur quatre niveaux avec une porte rectangulaire dont les montants sont ornés de guirlandes sculptées, une porte-fenêtre en plein-cintre à en­cadrement sculpté et mouluré, donnant sur un balcon de fer forgé. La baie du troisième niveau est en arc segmentaire ; le dernier niveau est percé d'un oculus ovale. L'angle nord-est est marqué par un chaînage harpé.

(B) -Élévation est : le mur pignon s'élève sur quatre niveaux coupés à hauteur du deuxième niveau par un balcon continu reposant sur un mas­sif adossé à l'élévation. Les fenêtres rectangulaires ont des appuis moulurés de même modénature que les fenêtres de la maison voisine (p.787).

- Élévation sud : sur trois niveaux, elle est de type 2o avec porte cochère au premier niveau. Les quatre fenêtres rectangulaires ont un appui mouluré comme à l'est et un balcon individuel.

(D) - Élévation nord : elle s'élève sur deux niveaux au-dessus du passage et comprend deux travées de fenêtres à appuis moulurés.

- Élévation sud : on trouve le même nombre de niveaux et de travées couronnés par une corniche ; les baies ont le même type d'appuis moulurés.

- Tour : sa hauteur dépasse celle des constructions voisines. Les percements consistent en une porte dans le pan sud et trois fenêtres rectangulaires à appui mouluré (la partie supérieure des deux dernières est chanfreinée) dans le pan nord-est. Ces fenêtres deviennent plus é­troites à chaque niveau supérieur. La trace de baies murées apparaît dans le pan sud-est. Deux cordons moulurés se trouvent à hauteur du deuxième niveau et sous le couronnement composé d'un crénelage en bon état. Des gargouilles de pierre sont fixées à ce dernier cordon.

Dans le même pan nord-est percé de fenêtres a été sculpté un blason tenu par deux oiseaux abîmés. C'est un écu coupé au 1 à la croix, au 2 d'une étoile.

- Communs : la façade sud se distingue par ses percements réguliers en arc segmentaire. Elle s'étend sur deux niveaux et quatre travées, dont l'une est aveugle, délimitées par un large pilastre à refends. Au premier niveau se trouve une grande porte cochère centrale ; tous les appuis de fenêtres sont moulurés ; le couronnement a disparu.

Couverture

(A) Plusieurs toitures différentes couvertes de tuiles creuses.

(B) Toit à un seul versant incliné vers le sud, même matériau de couverture.

Tour couverte d'une terrasse que l'on atteint par un escalier hors-­œuvre contre le pan nord-ouest à structure métallique et en bois.

Distribution intérieure

(A). Seule a été vue la partie sud du rez-de-chaussée que l'on atteint par la porte principale puis un couloir nord-sud.

Le plafond des deux pièces principales est mouluré avec rosaces en gypserie. Une porte de la pièce sud-ouest donne dans le jardin.

Bien que le reste de la demeure ne nous soit pas connu, des photo­graphies prises par Guy Jau nous documentent sur l'existence d'un plafond "à la française" (à solives apparentes) et d'une cheminée dont la hotte est sculptée, éléments non localisés, mais dont le décor présente un grand intérêt. En effet sur la poutre peinte du pla­fond des rinceaux habités par des putti encadrent des médaillons à thème figuratif, paysage ou portrait.

L'iconographie évoquée sur la cheminée semble appartenir à la my­thologie mais n'a pu être identifiée précisément.

(B). On y accède par la tour d'escalier ; en face de la porte d'en­trée se trouve une autre petite porte débouchant dans la cour.

C'est un escalier de pierre en vis sur noyau tournant vers la gau­che. Ces marches sont cimentées jusqu'au premier étage, puis recouver­tes de carreaux de céramique et en pierre à partir du deuxième étage.

A hauteur des deux étages sont pratiquées deux portes correspondant à des marches palières l'une dans le pan nord-ouest, l'autre dans le pan sud-ouest. La première est murée, la deuxième conduit à deux ap­partements superposés dont le premier uniquement a été visité. Il possède dans la pièce (B3) une cheminée, contre le mur ouest, dont la hotte sculptée présente le même type de scène (un serment ou une orda­lie?) et un cadre de même facture que celle signalée en (A).

(D). Au premier étage, la pièce située au nord côté Place de Cabasso­le possède également une cheminée sculptée dont le thème est plus faci­lement reconnaissable (Orphée et sa lyre perdant Eurydice aux enfers) et dont la facture plus fine présente plus de relief.

Cheminée sculptée au premier étage.Cheminée sculptée au premier étage.

Au troisième étage, on ne trouve qu'une porte au nord-ouest communiquant avec l'escalier de la terrasse couvert par une toiture. Dans le plâtre du couvrement a été gravé un graffito.

Le couronnement de l'escalier est constitué par un assemblage de dal­les de pierre reposant sur des poutres chanfreinées se réunissant au centre sur le chapiteau terminant le noyau.

CONCLUSION

L'étude de cette demeure reste à compléter par une visite approfon­die mais l'état de nos connaissances permet d'établir les questions et conclusions suivantes :

- on se trouve en présence d'une des plus belles tours d'escalier à vis de la ville possédant un couronnement intact. Elle partage la présence de poutres de pierre avec seulement deux autres tours (Hôtel de la rue Poissonnerie et p. 561 ilot 61) et sous son crénelage sub­sistent les dernières gargouilles que l'on puisse voir à Cavaillon.

- Sa porte d'entrée initiale pourrait être la grande baie murée du pan sud-est ; quant à ses relations avec le corps de logis, il ne nous reste plus que les deux portes des pans nord-ouest et sud-ouest (la première murée) sur deux étages pour déterminer son emplacement (à l'ouest de la tour) et sa hauteur (deux étages). Mais il se peut qu'un autre corps de logis ou une galerie ait été construit contre le pan sud-est où on lit plusieurs traces de baies murées. L'identi­fication de cette tour est possible grâce à la présence du blason scul­pté dont l’attribution par Guy Jau à la famille d’Agar serait à véri­fier.

Blason sur un pan nord-est de la tour d'escalier.Blason sur un pan nord-est de la tour d'escalier.

La partie (A) est une des plus importantes par sa taille et par l’ampleur de son jardin. Les seuls éléments d'identification et de datation sont l’élévation est datant de la fin du XVIIIe siècle et une cheminée de la même période que celle de (B) datant certaine­ment du XIXe siècle.

Enfin le lien avec (B) et (D) reste problématique dans la mesure où la cave de la partie (A) passe sous le corps de bâtiment (D) qui possède des appuis de fenêtres de même facture que (B). Sa cheminée sculptée semble plus ancienne que celles de (A) et (B).

En conclusion, nous avons là un ensemble qui a toujours été impor­tant. D’abord au XVe-XVIe siècle, une demeure que l’on peut placer dans la série des demeures de 400 m2. Puis au XVIIe - XVIIIe siècle, un hôtel avec jardin. Contrairement à l’hôtel Pérussis, son aménagement s’est heurté à des obstacles des périodes précédentes et s’est donc développé latéralement : entrée à l’est, à l’ouest jar­din axé du nord au sud, des communs à la fontaine sur 1200 m2 ce qui est considérable et, semble-t-il, unique ici.

ANNEXES

Le graffito de l’escalier terminal de la tour est ainsi rédigé :

Bicier

1874

le 27 août.

Dénominations hôtel
Aire d'étude et canton Cavaillon - Cavaillon
Adresse Commune : Cavaillon
Adresse : 2e hôtel place Philippe-de-Cabassol
Cadastre : 1832 G1 638, 639, 641, 642 ; 1982 CK 784, 786, 787, 799, 1234, 1235

Il s'agit d'un édifice important dès le 15e-16e siècle, dont il reste encore la tour octogonale d'escalier et transformé au 17-18e siècle en hôtel particulier avec jardin qui s'est développé latéralement. La propriété, qui allait jusqu'à la rue Pélident, a été traversée à la fin du 19e siècle par la rue Liffran, liée à l'opération d'urbanisme du passage Vidau. Le jardin a alors été coupé en deux et la maison construite sur la parcelle de l'autre côté de la rue est devenue indépendante ; contre le mur sud de sa cour a été conservée une ancienne fontaine adossée du jardin (bassin et canon ont disparu).

Période(s) Principale : 15e siècle
Principale : 17e siècle
Auteur(s) Auteur : maître d'oeuvre inconnu

Les plans de la parcelle et de la maison sont complexes. Le noyau originel de la maison forme un angle sur la place de Cabassole, auquel ont été accolés deux corps de bâtiments, à l'est (il forme une emprise sur l'hôtel de Pérussis à côté) et au sud, le long du passage Vidau. A la jonction des deux bâtiments se trouve une tour d'escalier hors-oeuvre, la mieux conservée de Cavaillon, en particulier le couronnement. Les corps de bâtiment sont en maçonnerie enduite, la tour en pierre de taille. Présence d'une grande volière dans le jardin. Le corps de bâtiment principal est de deux étages carrés, avec un sous-sol de caves voûtées constituées de deux berceaux parallèles ; l'autre corps de bâtiment est de deux étages carrés, sans sous-sol, distribués par l'escalier en vis. Seul le premier étage de ce dernier a été visité : quatre pièces formant un carré et se distribuant les unes les autres ; présence de deux trumeaux de cheminée sculptés. Les élévations sont simples : sur la place, une seule travée sur quatre niveaux avec au premier étage une porte-fenêtre plein-cintre à encadrement sculpté et mouluré donnant sur un balcon en fer forgé ; oculus ovale au dernier niveau, chaînage d'angle harpé. La tour dépasse les constructions environnantes ; les baies sont de plus en plus étroites à chaque niveau ; deux cordons moulurés se trouvent à hauteur du deuxième niveau et sous le couronnement composé d'un crénelage en bon état. Des gargouilles de pierre sont fixés à ce cordon. Un blason, martelé, est sculpté sur la façade nord-est. La façade des communs, situés au fond de la parcelle au nord, a quatre travées sur deux niveaux de baies segmentaires, le dernier étant aveugle et le couronnement disparu. Sur le jardin se trouve une loggia à toit-terrasse, accessible par un escalier de deux volées. La partie du rez-de-chaussée visitée montre un plafond mouluré avec rosaces. D'autres documents sur les intérieurs indiquent la présence d'un plafond à la française, et un trumeau avec décor de stucs.

Murs calcaire
enduit
pierre de taille
moellon
maçonnerie
Toit tuile creuse
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 2 étages carrés
Couvrements voûte en berceau
Couvertures terrasse
toit à deux pans
appentis
Escaliers escalier hors-oeuvre : escalier en vis, en maçonnerie
Techniques décor stuqué
Représentations ornement végétal rinceau figure mythologique soldat
Précision représentations

Plafond à la française (emplacement inconnu) : frise végétales sur les poutres, enroulements de rinceaux sur la poutre principale, avec putti ailés présentant des médaillons (bustes de soldats, paysages), guirlandes de fleurs et de fruits, grotesques. Cheminée sculptée au premier étage de l'aile sud : Orphée charmant les bêtes et les hommes de sa lyre ; deuxième trumeau, scène profane (?) : un soldat romain rencontrant un roi (couronne, uniforme de soldat, foule derrière, autre soldat étendu à leurs pieds). Trumeau de localisation inconnue : un soldat romain tendant vers le ciel un agneau, plusieurs bêtes à ses pieds, personnages, fond d'arbres et d'architecture.

Statut de la propriété propriété privée
(c) Région Provence-Alpes-Côte d'Azur - Inventaire général - Destombes Florence - Fray François - Marciano Florence