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fortification d'agglomération, extension nord-ouest et darse Castigneau

Dossier IA83001926 réalisé en 2014

Fiche

Historique et typologie générale

Extension de l’arsenal et de l’enceinte du corps de place à l’ouest, le couronné de Castigneau, 1841-1845

Le projet d’amélioration du fort Malbousquet avait été proposée initialement pour 1841 « dans l’hypothèse de la construction du couronné de Castigneau ». Ce dernier ouvrage de fortification également projeté pour 1841 était destiné à retrancher vers l’ouest une aire importante située immédiatement hors l’enceinte de la darse neuve (ou darse Vauban), à l’ouest / sud-ouest dans la plaine littorale de Castigneau, aire destinée à une extension de l’arsenal constituée d’un nouveau bassin à flot ou darse associé à des formes de radoub et des cales de construction supplémentaires. Plusieurs projets concurrents pour cette extension de l’arsenal extra-muros côté Castigneau avaient déjà été proposés à partir de 1823, mais dans certains cas sans traiter de façon aboutie la question du retranchement défensif de ces infrastructures. En février 1830 le chef du génie de Toulon avait signifié nettement au ministre de la guerre que le département de la Marine devrait supporter la totalité du coût de la construction de l’enceinte fortifiée qui serait destinée exclusivement à protéger l’extension envisagée de l’arsenal dans la plaine de Castigneau 1. Devant l’importance de la dépense, la Marine privilégia d’abord un projet alternatif de nouveau chantier de construction navale à l’est/sud-est, soit au Mourillon, proposé par l’ingénieur Bonnard en 1832, qui fut adopté puis mis en œuvre dès l’année suivante. Ce nouvel établissement, permettant de limiter les fonctions de l’arsenal existant à l’armement et à la réparation des navires, était implanté hors les murs des darses, mais il présentait l’avantage d’être déjà défendu côté terre par un retranchement existant, la communication retranchée au fort Lamalgue, ce qui permettait de faire l’économie d’une nouvelle enceinte fortifiée. Du reste, cette extension de l’arsenal au Mourillon conservait une composante civile, avec port embarcadère de commerce dit de La Rode, entre le demi-bastion de la Poncherimade, en limite est de la darse vieille, et le nouveau chantier naval ; un lotissement de plan carroyé, avatar tardif des projets de quartier neuf du Mourillon présentés au XVIIIe siècle (en particulier celui de 1791), devait s’intercaler entre le nouveau port marchand de la Rode et les fosses aux mats du chantier naval.

Ce projet de 1832 comportait la création effective de la porte de ville sud-ouest plusieurs fois proposée au cours du XVIIIe siècle en liaison avec les projets de quartier neuf, le conseil municipal de Toulon du 27 février 1831 ayant voté pour le financement de cette « Porte Neuve », nom qu’elle garda, « pour faciliter les relations entre la ville et les quartiers suburbains sud-est ». La Porte Neuve fut édifiée, avant 1834, à l’emplacement proposée dans le projets Desroys pour 1791, c'est-à-dire dans la face gauche du demi-bastion de la Poncherimade (5), dans l’axe du quai de la vieille darse. Son pont-levis débouchait sur la dernière place d’armes rentrante du chemin couvert est. Cette branche sud terminant le chemin couvert, sans glacis parce qu’inondée vers l’extérieur, formait une contregarde devant cette face gauche du demi-bastion 5. Bien qu’attenante au chemin couvert et à cette contregarde qu’elle joignait, la place d’armes, dotée d’un rempart, tenait lieu de demi-lune devant la Porte Neuve, du fait de sa position isolée dans une zone inondée, baignée du côté droit par le bassin du port de la Rode. La communication au fort Lamalgue, reconstruite en partie, commençait à la face droite de cette demi-lune, retranchée d’elle par le fossé inondé, formant un large demi-bastion dit « bastion de la Rode » enveloppant le nouveau port marchand et le nouveau faubourg du même nom.

Issue extérieure de l'avant-porte Sainte-Anne avec rampe courbe montant sur le chemin couvert.Issue extérieure de l'avant-porte Sainte-Anne avec rampe courbe montant sur le chemin couvert.

Malgré le redéploiement du chantier naval au Mourillon, le projet de l’extension occidentale de l’arsenal à Castigneau ne fut pas abandonné. Approuvée dans son principe en avril et juillet 1835 par les ministres de la Marine et de la Guerre, sur un plan permettant de diminuer les coûts de réalisation de l’enceinte, elle ne revint à l’ordre du jour qu’en 1840, avec l’appui du conseil général du Var, sur la base d’un plan d’emprise au sol d’un retranchement par un front bastionné très proche de ceux qui avaient été proposés dans un des projets de 1825, signé Brue. Si l’organisation interne, nouvelle darse et formes de radoub, n’avait, en 1841, plus de rapport avec celle du projet de 1825, en revanche, le principe du retranchement avec front ouest flanqué de trois bastions (B-C-D), fut repris, sous l’appellation de couronné de Castigneau. Le procès-verbal de la commission mixte des travaux publics du 10 aout 1841 le définissait comme « un ouvrage à couronne avancé, établi perpendiculairement à la plage de Castigneau et couvrant la nouvelle entrée de la darse projetée dans cette plaine, étant spécialement destinée à abriter les bâtiments à vapeur de la marine militaire… » 2. Ce couronné n’était pas conçu nettement comme un dehors, mais plutôt comme une extension de l’enceinte de Toulon dans sa partie ouest enveloppant darse et arsenal. Dans certaines variantes du projet cette extension devait se raccorder au bastion 11 (dit de l’Arsenal) de l’enceinte telle qu’agrandie sur le dessin de Vauban, comme cette extension Vauban s’était elle-même greffée sur le bastion 9 (de la fonderie) de l’enceinte Henri IV. Quoiqu’il en soit, dans l’état de projet pour 1841, la construction du couronné de Castigneau, dont il était question de faire supporter la dépense à la Marine, n’entraînait pas la suppression du front bastionné ouest de Vauban, de terre et de mer, enveloppant l’arsenal et la darse Vauban, la nouvelle darse de Castigneau étant prévue intercalée entre ces deux fronts bastionnés, communiquant à la darse Vauban par une passe percée dans la courtine-quai 1-12.

L’extension de l’arsenal à Castigneau, présentée selon ce projet par les ministres de la Marine et de la guerre, fut autorisée et déclarée d’utilité publique par ordonnance royale de Louis-Philippe le 12 septembre 1841, ce qui permit de procéder sans délais aux acquisitions de terrains nécessaires, puis, à partir de 1843, aux travaux de creusement de la nouvelle darse, à partir des fossés inondés du front ouest de l’enceinte de la darse Vauban, en détruisant le chemin couvert et la demi-lune en terre mis en place peu avant 1800, mais en conservant la boulangerie, désormais déconnectée de tout dehors défensif. Une modification du tracé et de l’emprise de l’arsenal de Castigneau, revue à la hausse, était approuvée par une nouvelle ordonnance royale du 23 décembre 1843. La mise en œuvre de ces travaux partait sur la base d’un nouveau tracé dessiné en 1843 par le capitaine Quiou, adapté à une extension significative du périmètre clos de l’arsenal, à 37 hectares, avec enceinte de quatre bastions et deux demi-bastions (A-B-C-D-E-F), avec fossé inondé, partant de la passe d’entrée dans la darse Castigneau et raccordée par le demi-bastion F à l’enceinte de ville sur la gauche de la demi-lune de la porte de France. Le comité des fortifications, réuni à Paris le 26 juillet 1843 avait adopté le principe d’un front bastionné réalisé entièrement en terre, sans revêtement d’escarpe maçonné, par souci d’économie

L’extension nord de la ville et de son enceinte, le projet Picot de 1845 et sa réalisation.

Dans l’année 1843, la mise en chantier de l’extension de Castigneau incita le conseil municipal de Toulon et le conseil général du Var à demander à l’État de considérer parallèlement la nécessité d’extension du périmètre clos de la ville, dont la densité de population atteignait le seuil critique d’un habitant pour huit mètres carrés, resserrés dans une surface totale intra-muros de 32 hectares. Cette proposition d’une extension nord de l’enceinte « entre le bastion 11, dit de la Corderie, et le bastion7 dit Saint Lazare » 3 fut aussitôt prise en compte par le comité du génie le 26 juillet 1844, à la suite de quoi le colonel vétéran Edouard Picot, directeur des fortifications de Toulon depuis 1840, alors en fin de carrière, rendit un projet combinant les deux extensions, avec dessin, le 9 février 1845 4. Ce projet, adopté par le comité des fortifications le 22 avril, approuvé par la Marine, ambitieux mais réaliste, prenait en compte la question difficile des défilements des fortifications. Il substituait l’extension nord de la ville au principe antérieur, encore proposé en 1843, d’amélioration de l’enceinte de l’ancien retranchement Sainte-Anne (voué à accueillir des équipements militaires, dont un nouvel hôpital), suivant le principe déjà proposé par d’Aumale en 1774.[Projet Picot pour l'extension nord-ouest et la darse Castigneau] 1845.[Projet Picot pour l'extension nord-ouest et la darse Castigneau] 1845.

Le parti de 1845 permettait de créer autour de cette extension urbaine nord de nouveaux fronts bastionnés prolongeant sans discontinuité au nord-est le projet préexistant du « couronné de Castigneau ». L’ensemble cumulé constituait une nouvelle et vaste enceinte, jalonnée de onze bastions neufs à flancs droits (cotés A-B-C-D-E-G-H-I-K-M-N) et de deux demi-lunes (F,L), conçue pour envelopper, à distance variable, l’ensemble des anciens fronts bastionnés ouest et nord, dehors compris, depuis l’entrée maritime de la nouvelle darse de Castigneau (bastion A de la nouvelle enceinte) jusqu’au bastion 7 du corps de place existant, point de raccordement. Ce principe général comportait la démolition non seulement de l’ancien retranchement Sainte-Anne (dont aucun ouvrage n’était réemployé, a l’exception de la lunette inachevée enveloppant le magasin à poudres de 1839), mais aussi et surtout celle des ouvrages du front de terre nord du corps de place existant, depuis le côté droit du bastion 11 (de l’Arsenal) jusqu’à la courtine 7-8, soit quatre bastions, quatre courtines, la porte de France et sa demi-lune, les fossés et chemin couvert correspondant. On notera au passage que ce programme d’extension, occupant une surface totale à exproprier par achat de 39 hectares 85 ares, reprenait, en l’amplifiant considérablement, la cohérence de celui adopté par Vauban après 1779, notamment s’agissant du principe de l’enceinte unique embrassant à la fois l’extension de l’arsenal et à celle (alors beaucoup plus limitée) de la ville.

La démolition systématique du front bastionné nord existant, libérait 16 hectares dans la nouvelle emprise intra-muros (en plus des 24 hectares compris au nord entre l’ancienne enceinte et la nouvelle), permettant le déploiement du nouveau parcellaire urbain directement en contact avec l’ancien. Accessoirement, ces démolitions rendaient évidemment caduc le projet de reconstruction monumentale de la porte de France proposé en 1840. En contrepartie, le nouveau programme comportait logiquement la percée dans l’enceinte neuve d’une nouvelle porte nord-ouest, non pas dans l’axe de la porte de France existante à détruire, dont elle reprenait le nom (autrement dit pas dans la nouvelle courtine G-H), mais décalée à l’ouest, dans la courtine E-G « assise sur la route de Marseille », soit en limite de la ville et de l’aire close de la nouvelle darse de Castigneau. Une demi-lune cotée F (reprise de la cote F antérieurement dévolue au demi-bastion par lequel l’enceinte de Castigneau aurait dû se raccorder à l’enceinte de Vauban) était prévue devant cette porte nouvelle. Au nord de l’enceinte, la courtine K-M devait être percée non d’une véritable porte de ville mais plutôt d’une poterne à usage du génie (future poterne ou porte Sainte-Anne), liée à la proximité du parc ou arsenal d’artillerie préexistant dans le retranchement de Sainte-Anne et réservé dans le parcellaire urbain projeté, à l’arrière de cette courtine. Cette poterne devait être couverte par une autre demi-lune cotée L, à laquelle elle donnait accès, et qui n’était autre que la lunette Sainte-Anne commencée à l’angle nord de l’ancien retranchement en 1839-1840 en même temps que le grand magasin à poudres qu’elle abritait, et restée inachevée. Enfin était prévue à l’extrémité est de la nouvelle enceinte une autre porte de ville, secondaire et non permanente : « qui serait à condamner en temps de guerre », dans la courtine N-7, soit a proximité de la porte d’Italie, toujours en place dans la courtine 6-7 faisant suite au sud. La nouvelle porte est (future porte Notre-Dame) était prévue sans demi-lune. Les autres dehors proposés se limitaient à des tenailles systématiques devant les courtines et à un chemin couvert continu.

Changements apportés au projet Picot, le bastion K remplaçant la lunette Sainte Anne Flanc gauche du bastion K retranché : revêtement, coupure et demi-bastionnet de gauche.Flanc gauche du bastion K retranché : revêtement, coupure et demi-bastionnet de gauche.

Lorsqu’il fut présenté à la chambre des députés en mai 1846 par le député du Var Victor Clapier, le projet d’agrandissement de l’enceinte avait été quelque peu modifié, ainsi que le plan d’urbanisme, comme on le voit notamment sur le plan de la ville et des arsenaux de Toulon, gravé et publié par l’éditeur toulonnais A. Imbert en 1847 (par ailleurs date de départ en retraite du colonel Picot). Ce plan ne donne pas un état des lieux, mais du projet (en figurant les dehors mais sans détailler les bastions de la nouvelle enceinte) : on y remarque que la nouvelle porte de France, au nord-ouest de l’enceinte, est désormais proposée dans l’axe de l’ancienne porte à supprimer, entre les bastions G et H du projet de 1844, la clôture de séparation entre l’arsenal de Castigneau et la ville ayant été reportée plus au nord, entre le bastion G de la nouvelle enceinte et le bastion 11 de l’ancienne, dont la moitié gauche était conservée dans l’arsenal de Castigneau.

Cette clôture ville-arsenal, en outre, à partir du bastion 11 de l’enceinte de Vauban, fit désormais statutairement partie intégrante de l’extension nord de l’enceinte de la ville qui, relevant des travaux du génie, et financée par la municipalité, était donc considérée de façon indépendante de « l’enceinte de Castigneau », dont la dépense relevait de la marine. Selon cette répartition, la partie sud-ouest de la nouvelle enceinte conçue par le colonel Picot, formée des fronts A-B-C-D-E constituait l’enceinte de Castigneau, en cours d’exécution à peu près selon le tracé initial, tandis que l’extension nord de l’enceinte de la ville était formée des fronts 11-G-H-I-K-L-M-N-7. Les travaux de l’enceinte de Castigneau, confiés à l’entrepreneur Brunet, étaient tributaires du creusement de la nouvelle darse, commencé en avril 1845. Une lettre du préfet maritime datée du 10 juin 1846 précisait : « Le creusement de la darse Castigneau est en pleine activité ; ses déblais sont utilisés pour élever le rempart couronné en terre faisant suite à cette nouvelle darse, à l’ouest » 5.

La mise en chantier effective de l’extension nord de l’enceinte de ville tarda jusqu’en 1852, car il fallut attendre la fin des acquisitions des terrains, suivie du décret du prince-président Louis-Napoléon Bonaparte, le 28 septembre de cette année, ordonnant l’exécution immédiate de l’agrandissement de l’enceinte. En 1853, le marché de construction de la nouvelle enceinte, scindé en deux lots, avait été attribué d’une part à l’entrepreneur de travaux publics Arnavieille, d’autre part au sieur Quinié, également entrepreneur ; l’un et l’autre furent autorisés par le préfet du Var, en 1854, à extraire les pierres destinées aux parements des revêtements dans les carrières voisines de Lagoubran, à l’ouest, et au nord, au pied du Faron, dans la vallée de Dardennes et dans le quartier de Siblas 6. De janvier1855 à mars 1856, le chantier de construction bénéficia d’un apport important en main d’œuvre, procurée par la mise à disposition de 500 prisonniers russes capturés l’année précédente en Crimée par les armées anglaises et françaises ; le logement de ces prisonniers justifia la construction de dix-huit baraquements en bois dans les fossés aux abords de la porte d’Italie.

Au commencement du chantier de l’extension nord de l’enceinte, des modifications ponctuelles avaient été apportées au tracé initial du projet Picot sous l’autorité des chefs du génie successifs, les capitaines Corrèze et Long. Ces modifications affectèrent la nomenclature des ouvrages. La moindre d’entre elles consista à réduire la demi-lune de la nouvelle porte de France à un ravelin de petites dimensions, équivalent à une place d’armes du chemin couvert, non intégré dans le lettrage de la nomenclature, en sorte que le bastion G fut renommé FG, reprenant la lettre F antérieurement attribuée à la demi-lune de la nouvelle porte, lorsqu’elle devait être implantée entre E et G. La porte de France et sa demi-lune, bâties en priorité dans l’économie du chantier, étaient achevées et en fonction dès 1856.

Le chemin couvert fut réalisé jalonné de nombreuses traverses, mais cette partie du chantier fut celle dont l’achèvement tarda le plus (travaux achevés seulement en 1866).

Plus important fut le changement apporté à la pointe nord de l’enceinte, où devait se détacher la lunette initialement cotée L, projetée devant une courtine encadrée des deux bastions K et M. Cette lunette, qui avait reçu un début d’exécution dès 1839-1840, et qu’on projetait de reprendre entre 1843 et 1848 (en rectifiant son tracé pour la rendre symétrique), fut finalement intégrée au corps de place, en application partielle d’un tracé alternatif proposé en novembre 1847 par le lieutenant général Vaillant, inspecteur général du Génie : elle fut transformée en un bastion coté K, dans lequel le magasin à poudres, se trouvant trop près du flanc droit, ne fut, à terme, pas conservé. Les autres bastions avaient été légèrement augmentés en largeur et en espacement dans l’état définitif, par rapport au projet Picot (plusieurs tracés alternatifs avaient été proposés entre 1845 et 1848) ; ce changement avait entraîné la réduction de leur nombre à deux (H-I) au lieu de trois (H-I-K) entre la nouvelle porte de France et la lunette L devenue bastion K.

Projets pour 1858-1859 Fortifications. Construire un système de contremines dans le bastion K et sous les glacis en avant du saillant. 20 avril 1858.Projets pour 1858-1859 Fortifications. Construire un système de contremines dans le bastion K et sous les glacis en avant du saillant. 20 avril 1858.En l’occurrence très différent des autres dans ses proportions, deux fois plus étroit et formant un angle de capitale aigu, ce bastion fut reliée par une courtine, d’une part au bastion I, de l’autre au bastion L. Le caractère atypique de ce bastion K résultant de l’adaptation d’un ouvrage conçu initialement comme un dehors, persista dans l’état réalisé, par son plan en as de pique (flancs retirés) et surtout par ce qu’il demeurait retranché, par un étroit fossé, du revêtement du corps de place formant à cet endroit, soit à la gorge du bastion, un front à cornes en réduction. Ce fossé interne, peu décelable de l’extérieur, était justifié par la sécurisation d’une caserne casematée pour 2500 hommes (dite plus tard caserne Gardanne ou caserne blindée) formant à la fois réduit et cavalier, construite en 1858-1859 sur la petite courtine de la corne, à la gorge du bastion retranché qui la couvrait. La refonte de ce bastion K et la construction de la caserne-cavalier étaient avancées en 1858, mais les travaux ne furent achevée qu’en 1861, par la réalisation de galeries de mines et écoutes sous le bastion et de rameaux de contremine partant de la contrescarpe du fossé, sous le glacis nord, le tout en application d’une décision du comité des fortifications prise en juin 1856.

Les portes, poternes et portes du chemin de fer de la nouvelle enceinte de ville.

La poterne nord initialement prévue sous la protection de la lunette L devenue bastion retranché K, en relation avec le parc d’artillerie incorporé intra-muros, dite porte Sainte-Anne, fut reportée dans la courtine I-K. Formée d’une arche charretière unique ouverte au niveau du fossé, donc sans pont-levis, précédée d’une avant-porte traversant la tenaille, elle était en partie réalisée dès 1856 (millésime), mais ne fut achevée et mise en fonction qu’en 1859. Arcade du passage de la porte Sainte-Anne, côté ville, millésimée 1856.Arcade du passage de la porte Sainte-Anne, côté ville, millésimée 1856.

Toutes les courtines ordinaires de l’extension nord de l’enceinte de ville furent pourvues dans l’axe d’une poterne piétonne descendant dans le fossé en caponnière à l’abri de la tenaille couvrant ces courtines. Quatre des bastions de cette enceinte (FG, H, I, M) devaient accueillir chacun un magasin à poudres, sur le principe du magasin ancien, toujours en usage (47.000 k), du bastion des Minimes (6) pour offrir à la place de Toulon la capacité totale d’emmagasinement de 360.000 k, fixée en 1854. Il fallait en outre compenser la démolition prochaine du magasin de Sainte-Anne (120.000 k), rendue nécessaire pour libérer le bastion K, trop étroit pour le contenir. Leur construction fut ajournée par délibération du comité (des fortifications) du 6 juin 1856, compte tenu du nouveau projet d’extension de l’enceinte vers l’ouest, qui portait à reconsidérer le nombre et la logique d’implantation des magasins à poudres à créer pour l’ensemble de la place. Seul celui du bastion FG, d’une capacité de 80.000 k, qui avait été commencé en 1856, fut réalisé et remis par le Génie à l’artillerie de terre en 1858 7, bien que les projets détaillés de ceux du bastion H et du bastion I aient été représenté en 1862 et en 1864 . Le magasin à poudres du bastion FG, à ciel ouvert, couvert d’un toit à charpente en bois et enveloppé d’un mur d’isolement, fut transformé en 1877 selon les nouvelles normes en vigueur, avec construction d’un couloir d’isolement casematé et d’un vestibule voûté, suppression du toit et ensevelissement de l’ensemble par un revêtement de terre de 3m d’épaisseur.

Tel que reconsidérée vers 1851, réalisée pour l’essentiel à partir de 1853 et achevée en 1861, la nouvelle enceinte cumulant le front bastionné semi maritime de Castigneau (commencé vers 1849, achevé en 1859) et le front nord de l’extension urbaine, comptait toujours onze bastions neufs, chiffrés de A à M (et non plus de A à N), dont un coté K formé par la lunette L transformée : A-B-C-D-E-FG-H-I-K-L-M), et une demi-lune atrophiée (non lettrée) devant la porte de France (courtine FG-H).

Les portes de cette enceinte de la ville neuve juxtaposaient, selon un nouveau modèle en usage pour les portes de ville depuis la décennie 1840, deux voies distinctes parallèles, adaptées au double sens de circulation, donc deux arcades d’entrées identiques pour la porte proprement dite, formant une façade en double arc de triomphe appareillé en bossage continu lisse, et deux passages non couverts entre piliers lisses pour l’avant-porte de la demi-lune. Les doubles pont-levis adoptaient le système « à la Poncelet », avec chaînes de levages passant dans un orifice à poulies percé en façade, lesté à l’intérieur par des masselottes formant contrepoids. La façade du côté de la ville encadrait la double arcade du passage de deux larges pavillons à deux niveaux, étage logeable (pour les gardes du génie) et rez-de-chaussée traité en partie en halle à arcades, et incluant des corps de garde et bureau d’octroi. Ce modèle différait considérablement de celui initialement présenté par le colonel Picot en 1845 (pour la nouvelle porte de France), dans lequel le seul local militaire associé à la porte était un corps de garde casematé sous le rempart intercalé entre les deux passages.

La porte prévue à l’est, que le projet Picot de 1845 considérait devoir être condamnée en temps de guerre, fut réalisée sur ce modèle, soit comme une véritable porte de ville permanente, dont le passage traversait la courtine M-7 selon un axe oblique prolongeant celui de la principale avenue est-ouest de la nouvelle ville, précédé d’une petite demi-lune analogue à celle de la porte de France. L’ensemble, appelé porte d’Antibes, puis porte Notre-Dame (reprise du vocable qui désignait la porte nord-ouest de l’enceinte de 1589-1595, détruite après 1680), était pour l’essentiel réalisé en 1858, mais non encore mis en fonction (passage provisoire immédiatement à côté).

Au nombre des autres modifications ou nouveautés apportés en cours de chantier, on note, en 1858, la décision de créer une porte supplémentaire à l’ouest, dans la courtine E-FG, dite porte Impériale (plus tard porte Nationale), achevée en 1861, selon les normes architecturales que l’on vient de définir. Le principe de cette porte, quelque peu en double emploi avec la porte de France voisine, achevée en 1859, fut dicté par la persistance du tracé coudé préexistant de la route de Marseille, qui demeurait l’itinéraire en fonction pendant les travaux de construction de l’enceinte (ce qu’avait tout d’abord privilégié le colonel Picot en 1845, proposant la porte de France à cet emplacement). Munie de « ses ponts dormants, ses ponts-levis, son tambour crénelé (en tête de pont, sur une place d’armes du chemin couvert, faute d’une véritable demi-lune) et ses pavillons » était bien conçue comme une porte de ville, mais elle se justifiait aussi secondairement parce qu’elle procurait une issue extérieure indirecte mais commode à l’arsenal de Castigneau. L’itinéraire de la route de Marseille, pour sortir de la ville par cette porte Impériale, s’étranglait entre le chemin de ronde de l’enceinte bastionnée et le mur de clôture non défensif de l’arsenal de Castigneau. C’est dans ce mur de clôture, dans l’axe du débouché intra-muros de la porte Impériale, que fut percée la porte principale définitive de l’arsenal de Castigneau.

En 1867, un projet supplémentaire proposa l’ « amélioration de la porte Neuve » de l’enceinte de ville, au sud-est de l’ancienne enceinte, dans la face gauche du demi-bastion 5 (Poncherimade). Dès 1848, avait été proposée la reconstruction du pont dormant précédant le pont-levis de cette porte, sur un plan plus large ménageant des trottoirs, modification combinée avec une poterne de service ménagée à côté dans la courtine. Cette fois, il s’agissait d’adapter le passage pour deux voies, en refondant la porte et l’avant porte selon le modèle des trois portes de ville de la nouvelle enceinte. Cette adaptation, réalisée, supprima le pavillon d’entrée à pont-levis de 1834 pour le remplacer par trois piliers, et rasa le rempart attenant au nord formant l’angle d’épaule du bastion 5, remplacé par un simple mur, masqué par un couvre-face bâti au dépens de la continuité du chemin couvert et du fossé, pour rattacher au corps de place l’ancienne place d’armes qui accueillait l’avant-porte. Les piliers de la porte Neuve survécurent symboliquement au dérasement du rempart du bastion 5, opéré après 1887 pour faciliter les projets d’urbanisme municipaux.

La construction de cette enceinte dut s’adapter en cours de chantier, en 1857-1858, à la mise en place de la section Marseille-Toulon de la voie de chemin de fer de Marseille à Nice. Projetée depuis 1852, cette section devait traverser Toulon et desservir la gare de la nouvelle ville, mais le tracé exact et les points de pénétration dans l’enceinte ne furent réellement définis que lorsque le chantier de construction des fronts bastionnés avait commencé et était bien avancé. De ce fait, l’entrée du chemin de fer à l’est se trouvait devoir traverser la face droite du nouveau bastion H, qu’il fallut adapter en créant un redan dans le revêtement déjà construit de cette face pour ne pas biaiser l’entrée du tunnel traversant le bastion et passant sous le rempart. Le point de sortie du chemin de fer était relativement mieux placé, dans la nouvelle courtine L-M, mais son axe fortement biaisé passait de justesse entre la poterne piétonne ménagée au centre de cette courtine et l’angle d’épaule gauche du bastion M. Ces travaux d’adaptation étaient en cours en 1858, et la ligne de chemin de fer fut mise en service le 28 mai 1859. L’emprise du chemin de fer dans l’aire intérieure de la nouvelle enceinte avait entraîné la démolition du parc d’artillerie qui préexistait dans l’ancien retranchement Sainte-Anne, et que le projet Picot de 1845 conservait. Cependant, la coupure nette imposée par les voies ferrées dans le plan d’urbanisme de la ville neuve avait permis une répartition de principe nettement définie entre le nouveau parcellaire urbain formé d’îlots réguliers d’immeubles sur trame orthogonale, développé au sud des voies, et, au dans le triangle intra-muros restant au nord des voies, sur trois îlots acquis à l’état ou en partie à acquérir, un quartier militaire, voué à l’arsenal de terre, au nouveau parc d’artillerie et à des casernes. Ainsi, l’usage purement militaire et non civil de la poterne Sainte-Anne se renforçait.

A partir de 1863, et au fur et à mesure de l’avancement des travaux des fortifications jusqu’en 1867, le Génie procéda à la plantation systématique d’arbres tirée au cordeau, platanes et micoucouliers, sur les remparts, et en partie sur les glacis.

En 1869, le plan de répartition de l’artillerie terrestre optimale sur les fortification de Toulon, établi par le colonel Michel, commandant du génie 8, montre une densité particulière de l’armement alors envisagé sur les ouvrages de l’angle nord, le bastion K et le front K-L, secteur particulièrement stratégique : une batterie de quatre canons de siège de 12 sur chaque face du bastion K, à droite battant les hauteurs d’Artigues, à gauche les hauteurs de Sainte-Anne, un obusier de 22 dans l’axe de capitale, deux obusiers de 12 au flanc gauche, un au flanc droit, une batterie de 2 canons et 2 obusiers de 18 sur la caserne-cavalier. S’ajoutent deux mortiers de 22 sur chaque demi-bastion de la « corne » du retranchement, de chaque côté de la caserne. Trois batteries de quatre canons de place de 12 sont proposées sur les courtines, une en I-K au-dessus de la porte Sainte-Anne, deux en K-L, vers l’est, encadrant deux mortiers de 27. Pour le bastion L sont envisagées douze emplacements de tir de batterie sur le seul cavalier, pièces de 16 principalement, battant les abords des forts de Sainte Catherine et d’Artigues et les cheminements contre le bastion K. D’autres batteries de quatre pièces sont indiquées sur les flancs et sur la face gauche du parapet.

Analyse architecturale

Site et implantation générale, plan, distribution spatiale, circulations et issues

Les principales caractéristiques de la topographie du site de Toulon, ville et arsenal, donc celle des enceintes successives et cumulées du corps de place, ont été décrites dans le dossier "enceinte de la ville ancienne et des darses Vieille et Neuve" ainsi que dans les différents chapitres retraçant ci-dessus l’évolution historique de cette architecture militaire, tout en définissant les typologies.

Il convient toutefois de reformuler ici les caractéristiques topographiques générales en y replaçant les éléments monumentaux qui subsistent.

- L’agglomération urbaine proprement dite était enclose dans la moitié est / nord-est de la grande enceinte définitive construite entre 1852 et 1861 à partir du front est de l’ancienne, soit les fronts FG-H-I-K-L-M-7-6-5). La partie nord, enveloppant l’arsenal de terre et le quartier Montéty, est fondée sur un terrain en pente, site de l’ancien retranchement Sainte-Anne, au pied du Mont Faron. Il ne reste de ces fronts bastionnés terrestres que des segments et vestiges discontinus, au nord (I-K-L), témoins des travaux de la décennie1850, et à l’est (7-6), témoins de l’enceinte bastionnée primitive refondue au XVIIIe siècle.

L’emprise de la ville du moyen-âge et du XVIIe siècle, bâtie en terrain plat, tient dans le tiers sud-est de ce périmètre urbain encore en partie clos de la seconde moitié du XIXe siècle, et s’adosse au sud à la « darse vieille » qui a conservé son plan tenaillé du début du XVIIe siècle. L’extension ouest de l’enceinte créée par Vauban pour envelopper son arsenal, adossée au sud à la « darse neuve » a été démantelée en 1859 et effacée du parcellaire urbain bâti à la suite. La darse neuve ou « darse Vauban », largement décloisonnée dans l’entre-deux-guerres, côté ouest, sur la darse Castigneau et sur le canal d’accès à la darse Missiessy, se trouve, de ce fait, beaucoup moins bien conservée dans ses contours que ne l’est la darse vieille.

Le périmètre des fronts bastionnés du corps de place, ville et arsenal, fixé à la suite de l’extension Vauban, et en place jusqu’au milieu du XIXe siècle, comportait dix bastions et demi-bastions et deux redans numérotés de 1 à 12, dont cinq (2-3-5-6-7) hérités de l’enceinte primitive. Il n’en reste que des vestiges très limités, tant dans le tracé parcellaire qu’en élévation : les bastions (mutilés) 6 et 7, avec la courtine intermédiaire et la porte d’Italie, en sont la principale relique ; cependant, ils ne témoignent plus ni de l’état début XVIIe siècle ni de celui de Vauban, mais de la reconstruction dont ils ont fait l’objet dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Le reste des fronts de terre XVIIe-XVIIIe siècles (8-9-10-11) a entièrement disparu sans laisser de traces. Le souvenir de la demi-lune avortée devant la courtine 11-12, au raccord du front de terre et du front maritime Vauban, est pérennisée par ce qui reste du bâtiment de la boulangerie de l’arsenal, au plan en chevron. Du bastion 12 reste le socle, sans vestige monumental, mais au plan inchangé, séparant la darse neuve de la darse Castigneau. Du demi-bastion 2, angle sud-est de la darse neuve, reste l’emprise, agrandie, abritant trois bassins de radoub de l’Arsenal, et un fragment du revêtement à arcades de la face sud, ultime et pauvre vestige des fronts bastionnés de Vauban à Toulon. L’enveloppe de la darse vieille n’est plus qu’un quai remanié, sur lequel est conservée en élévation la plate-forme d’artillerie casematée gauche de l’entrée de la « chaîne vieille », dite aujourd’hui « fortin de l’angle Robert », qui est le seul vestige de l’enceinte de Raymond de Bonnefons.

- Le prolongement de l’extension nord-ouest de l’enceinte de ville enveloppant la darse de Castigneau, front de 5 bastions cotés A-B-C-D-E, bâtie entre 1849 et 1859, incluse dans la grande extension ouest de 1860-1868, a entièrement disparu.

- L’extension ouest de la grande enceinte générale du corps de place, bâtie entre 1860 et 1868, enveloppant la vaste aire non bâtie de Missiessy-Malbousquet, domaine de la Marine, annexant le fort Malbousquet transformé en dehors, a laissé des restes monumentaux importants de ses fronts de terre nord et ouest (voir le dossier " extension Missiessy-Malbousquet". Si le début du front nord (1-2), fermant la darse Missiéssy au nord, a disparu, de même que le font de mer (9-10-3), le reste du front nord (3-4-5), l’ancien fort Malbousquet (6) à l’angle nord-ouest et le front ouest (5-7-8-9) existent encore pour l’essentiel, en assez bon état de conservation. Ce sont les vestiges les moins anciens de la grande enceinte bastionnée, et aussi les moins remaniés et les plus monumentaux d’aspect. La topographie, plate pour l’essentiel, comporte un relief, la « hauteur Malbousquet », portant l’ex fort transformé, hauteur que les fronts d’enceinte gravissent.

Dans son état final de 1868, le circuit complet de l’enceinte comportait en tout neuf portes, y compris une poterne majeure, et à l’exclusion des poternes logistiques ordinaires, des issues du chemin de fer Marseille-Nice et d’une porte d’eau terrestre par laquelle les eaux du Las, inondant le fossé nord, entraient dans la darse Missiessy. N’est pas non plus comptée au nombre de ces portes du corps de place, toutes fortifiées, avec dehors et pont-levis, la « coupure Montéty » issue non défensive de 1887. A chacune des portes fortifiées du corps de place était associée une appellation toponymique ou emblématique bien définie soit (en prenant les appellation les plus stables et définitives en cas d’appellations successives) d’ouest en est, en sens inverse des aiguilles d’une montre, la porte Neuve, la porte d’Italie, la porte Notre-Dame, la porte ou poterne Sainte-Anne, la porte de France, la porte Impériale ou Nationale, la porte Missiessy, la porte Malbousquet, la porte Lagoubran.

Trois seulement de ces portes existent encore : la porte d’Italie, avec les vestiges de sa demi-lune, la porte Sainte-Anne avec ses dehors, et la porte Malbousquet, sans dehors. Seule des trois, la porte d’Italie était une porte de ville à part entière, les deux autres étant d’usage militaire majoritaire (poterne Sainte-Anne) ou exclusif (porte Malbousquet).

Les fronts maritimes de l’enceinte complète comportaient quatre portes d’eau, entrées des quatre darses (dans l’ordre chronologique et est-ouest : Vieille, Neuve, Castigneau, Missiessy) sur la petite rade. Les deux plus anciennes avaient comporté une chaîne de fermeture. Seule l’entrée de la darse vieille n’a pratiquement pas changé en plan, encore flanquée du côté gauche par la plate-forme défensive dite « de l’angle Robert »

Nomenclature des ouvrages et bâtiments

Les vestiges discontinus des enceintes successives et cumulées du corps de place de Toulon, bien qu’ayant participé d’un ensemble continu, sinon unitaire, entre 1868 et le démantèlement, sont difficiles à appréhender dans une approche descriptive tenant compte des parties disparues, sans distinguer trois sous-ensembles, ayant chacun leur nomenclature spécifique :

I -Le circuit de l’enceinte défini par Vauban, avec nomenclature chiffrée de 1 à 12.

II-La grande extension nord et ouest de 1848-1861 enveloppant ville et darse Castigneau, avec nomenclature lettrée de A à M.

III-La grande extension ouest Missiessy-Malbousquet de 1860-1868, avec nomenclature chiffrée de 1 à 10, augmentée du chiffrage 11 et 12 concernant les deux dehors du bastion 5, contregarde et lunette, et 13 pour la contregarde du double bastion 5-6.

Il a existé une nomenclature alternative générale chiffrée de 1 à 35, en vigueur de la fin du XIXe siècle au démantèlement, que je n’ai pas retenue parce qu’elle manquait de cohérence et ne concernait pas les fronts supprimés inclus dans les extensions.

J’ai choisi de ne pas ajouter à ces nomenclatures un repérage complémentaire pour mémoire concernant le front ouest de l’enceinte fin XVIe siècle, supprimé par Vauban, parce qu’il n’en reste absolument aucun vestige.

Les nomenclatures retenues, adoptées historiquement sur une durée significative, sont imparfaites : elles comportent des cumuls (bastion FG) ou élision (pas de bastion J), et deux chiffrages concurrents partant de 1 pour deux secteurs différents de l’enceinte, le plus ancien à l’est et le plus récent à l’ouest . Certains bastions, les plus anciens, ont eu, outre leur nomenclature chiffrée, un ou plusieurs toponymes successifs, pour la plupart des vocables liés à des établissements religieux voisins ; ceux du XIXe siècle n’en ont pas. Aucune des portes du corps de place, enceinte de la ville et enceinte ouest n’est désignée par un chiffre ou une lettre des nomenclatures, ce qui est en partie compensé par le fait que toutes ont une appellation toponymique. Le fort Malbousquet conserve sa propre nomenclature chiffrée indépendante, sujette à confusion avec celle l’extension ouest du corps de place dont il est devenu un dehors complexe, d’autant que le n°6 désigne d’une part le bastion nord-ouest du corps de place, d’autre part le réduit (ancienne lunette) du fort.

Selon la logique d’inventaire du patrimoine, la description par nomenclature des ouvrages de l’enceinte de Toulon ne concerne que ceux qui existent encore, épargnés par le démantèlement et les destructions du XXe siècle. Ils sont cependant replacés par souci de cohérence méthodologique dans les trois sous-ensembles topographiques et historiques de l’enceinte, et dans les trois nomenclatures correspondant à ces sous-ensembles, mais sans description des ouvrages disparus, simplement listés dans la nomenclature. Ces ouvrages disparus sont en effet suffisamment caractérisés, avec ceux existant encore, par les notions de typologie générale énoncées dans l’exposé historique détaillé qui précède.

Aménagements particuliers et bâtiments militaires sur l’enceinte

Les bâtiments militaires structurellement incorporés à l’enceinte du corps de place de Toulon (comme ceux d’un fort le sont dans l’ouvrage fortifié), et aujourd’hui conservés, sont décrits dans ce dossier monographique consacré à l’enceinte, et non dans ceux, distincts, concernant les bâtiments militaires de la ville et ceux de l’arsenal. C’est le cas notamment des corps de garde et pavillons des porte d’Italie et Malbousquet, du magasin à poudres du fort Malbousquet et de la caserne casematée du double bastion 5-6, contigu au fort, faisant partie du complexe défensif Malbousquet.

Le fort Malbousquet dans sa totalité est inclus dans cette monographie de l’enceinte, car dans son dernier état, il n’est plus un ouvrage extérieur indépendant, mais un dehors complexe indissociable de cette enceinte. D’autres bâtiments militaires entrant dans cette catégorie intégrée aux ouvrages de l’enceinte ont disparu, sans pour autant que l’ouvrage ou l’ensemble qui les abritait ait été détruit : c’est le cas de la caserne « Gardanne » du bastion K, remplacée par le bâtiment actuel de la préfecture du Var.

Le magasin caverne de Malbousquet, qui, bien que situé hors et à quelque distance du fort et de l’enceinte, était une dépendance du corps de place, non un bâtiment militaire de la ville ou de l’arsenal, est conservé, mais n’a pu être visité.

La grande extension nord et ouest de 1848-1861 enveloppant la ville neuve, (secteur Sainte-Anne et gare), et la darse Castigneau.

Les bastions de ce sous-ensemble n’ont aucune dénomination particulière, hors le lettrage de la nomenclature. Le front intérieur entre darse Castigneau et darse Missiessy a disparu précocement, du fait de son inutilité défensive dès 1868. Les parties disparues des fronts de terre, à l’est et au nord-ouest, ont été démantelées à la suite du déclassement de la place.

Les fronts bastionnés échelonnent des bastions de vastes dimensions, pour la plupart très développés en largeur, à flancs droits et angle de capitale obtus, alternant avec des courtines dont la longueur est en moyenne inférieure ou égale à la largeur des bastions. Seul le bastion K, de plan très original, se démarque et fait figure d’unicum. Plusieurs de ces bastions comportaient un cavalier, mais n’avaient pas de souterrains.

La mise en œuvre du revêtement est très soignée, dans la filiation de celle des ouvrages de la seconde moitié du XVIIIe siècle de l’enceinte de ville antérieure : elle se caractérise par les assises réglées à bossages rustiques du parement, avec liseré, et par des chaînes d’angle et encadrement de baies en pierre de taille blanche deux fois plus hautes que les assises du parement courrant, traitées en bossage tabulaire lisse ou en bossage tabulaire adouci et bouchardé, ce qui se différencie nettement des chaînages en gros bossages rustiques des ouvrages du XVIIIe siècle. L’arase est systématiquement couronnée d’une d’un cordon avec assise d’appui profilée en cavet.

A – bastion (Disparu, infrastructure conservée)

Bastion du front de mer de l’extension Castigneau, conservé et intégré en 1868 dans la continuité des fronts de l’extension ouest Missiessy-Malbousquet, séparé du bastion 1 de la darse neuve par la passe d’entrée de la darse de Castigneau. Le contour du large quai actuel (ancien parc au charbon) conserve celui de la face gauche du bastion, dont ne reste cependant aucun vestige significatif en élévation.

A-B – courtine-quai (Disparue, infrastructure incluse dans le quai actuel)

B – bastion (Disparu, infrastructure conservée)

Bastion du front de mer de l’extension Castigneau conservé et intégré (partie droite littorale surtout) en 1868 dans la continuité des fronts de l’extension ouest Missiessy-Malbousquet. Le contour du large quai actuel (ancien parc au charbon) conserve en grande partie celui du bastion, dont ne reste cependant aucun vestige significatif en élévation.

B-C – courtine (Disparue)

Occupée par une porte d’eau couverte, dans le prolongement de l’ancien canal du parc au charbon de la darse de Castigneau, devenu issue découverte entre les darses de Castigneau et de Missiessy.

C – bastion (Disparu)

Bastion du front ouest de l’extension Castigneau, resté en partie inachevé en limite est de la nouvelle darse Missiessy en 1864, supprimé après 1868 parce que inclus dans l’extension ouest Missiessy-Malbousquet.

C-D – courtine (Disparue)

Courtine du front ouest de l’extension Castigneau, restée en partie inachevée en limite est de la nouvelle darse Missiessy en 1864, supprimée après1868 parce que incluse dans l’extension ouest Missiessy-Malbousquet.

D – bastion (Disparu)

Bastion du front ouest de l’extension Castigneau, resté en partie inachevé en limite est de la nouvelle darse Missiessy en 1864, supprimé après1868 parce que inclus dans l’extension ouest Missiessy-Malbousquet.

D-E – courtine (Disparue)

Courtine du front ouest de l’extension Castigneau, restée en partie inachevée en limite est de la nouvelle darse Missiessy en 1864, supprimée après1868 parce que incluse dans l’extension ouest Missiessy-Malbousquet.

E – bastion (Disparu)

Bastion du front ouest faisant transition entre l’extension Castigneau et l’extension urbaine nord (bâties en continuité selon le projet Picot de 1845-1847), et faisant également transition avec le front nord de l’extension ouest Missiessy-Malbousquet, bâtie de 1860 à 1868, avec suppression du front ouest Castigneau. Détruit après 1933.

E-F – Courtine et porte Impériale, puis Nationale (Disparues)

Porte la plus occidentale de l’extension nord de l’enceinte urbaine, donnant également accès indirectement à la porte nord de l’arsenal de Castigneau. Créée en 1858 : l’unique porte ouest du projet Picot de 1845 était prévue à cet emplacement, avec demi-lune cotée F ; le projet modifié de 1847 avait déplacé cette nouvelle « porte de France » entre G (devenu FG) et H. La décision de créer une seconde porte entre E et F, soit la porte Impériale, ne fut prise qu’après 1856.

Ensemble détruit (courtine et dehors compris) entre 1930 et 1933.

FG – bastion (Disparu)

Bastion du front ouest de l’extension urbaine nord. Le chiffre F de la nomenclature était attribué, dans le projet de 1845, à la demi-lune projetée de la nouvelle porte de France, prévue alors dans la courtine EG. Le transfert de cette porte dans la courtine G-E dans le projet révisé en 1847, et la suppression des demi-lunes rendant la cote F vacante, le bastion G fut renommé FG. Bastion détruit après 1933.

FG-H – Courtine et porte de France (Disparues)

Porte prévue au projet de 1847 dans l’axe de l’ancienne porte de France de l’enceinte Vauban condamnée (courtine 10-11), après avoir été projetée en 1845 dans la courtine E-G. Réalisée entre 1853 et 1856 conformément au projet de 1847. Ensemble détruit (courtine et dehors compris) en 1923.

H – bastion (Disparu)

Bastion du front ouest de l’extension urbaine nord, réalisé avant 1856 selon le projet de 1847 traversé par le passage du chemin de fer en 1858. Bastion détruit entre 1926 et 1928.

H-I – Courtine (Disparue)

Courtine du front ouest de l’extension urbaine nord, réalisé avant 1856 selon le projet de 1847, percée en 1887 d’une issue non défensive, la « coupure Montéty ». Détruite entre 1926 et 1928.

I – bastion

Bastion du front ouest de l’extension urbaine nord, réalisé vers 1856 selon le projet de 1847. C’est l’un des plus grands bastions de l’extension nord, conforme au plan-type des autres bastions toulonnais bâtis sous Napoléon III : large, avec flancs droits relativement courts, angle de capitale obtus. Son revêtement est conservé sur les deux faces et sur le flanc droit, sur une hauteur réduite par le remblaiement partiel du fossé ; il est, comme tous les autres ouvrages de cette extension nord, réalisé en appareil régulier à bossages rustiques, recoupé aux angles de capitale et d’épaule, à raison de deux assises pour une, par des chaînes à bossages en table émoussée.

Ce revêtement est en majeure partie masqué à la vue par une haie en bordure du parking qui s’étend devant sa face droite, ou, devant le face gauche, par le rehaussement du revêtement de la contrescarpe formant un mur de clôture entre l’ancien fossé réservé en terrain privé et un parking. Le flanc gauche du bastion est détruit, de même que l’organisation des terrassements intérieurs, qui comportaient un cavalier doublant le parapet d’artillerie, rasés pour faire place à un court de tennis et à un ample bâtiment de construction récente affecté à un club sportif.

I -K– Courtine et poterne dite Porte Sainte-Anne

Cette courtine de l’extension urbaine nord, est formée d’un rempart qui portait banquette et parapet d’artillerie, avec revêtement extérieur réalisé en appareil régulier à bossages rustiques. Elle est intégralement couverte au-dehors par une longue tenaille asymétrique, bien conservée.

Le principe de la porte nord est présent au projet Picot de 1845 pour l’extension nord, et dans sa variante de 1847-1848, mais son emplacement définitif n’a été fixé que peu avant le début du lancement du chantier de la nouvelle enceinte, en 1852.

La porte Sainte-Anne n’est à proprement parler qu’une poterne majeure initialement conçue à l’usage des communications entre le quartier militaire au nord de la gare et l’extérieur de la place. Elle se différencie des poternes ordinaires ménagées dans certaines courtines parce qu’elle ne se borne pas à procurer une sortie logistique piétonne dans le fossé, abritée par les dehors, mais constitue l’issue carrossable nord de la place, communiquant au chemin couvert et au-delà, aux chemins desservant le Mont Faron.

Le fort pendage naturel du terrain du nord au sud fait que cette partie I-K-L du front bastionné formant l’angle nord de la place, domine considérablement le terrain intra-muros sur lequel est établi le quartier militaire, et en particulier l’arsenal de terre, profondément encaissé sous le niveau non seulement du rempart, mais aussi sous celui de la rue du rempart (actuels boulevard Louvois et boulevard du 112e régiment d’infanterie). Celle-ci, longeant à la gorge des trois bastions et des deux courtines, est portée dans ce secteur sur un terrassement avec murs de soutènement (casematés dans leur partie participant de l’enceinte de l’arsenal de terre). Devant ce front I-K-L, le fond du fossé n’est pas creusé plus bas que la rue du rempart, mais règne au même niveau qu’elle. Il en résulte l’une des caractéristiques typologiques qui différencie nettement la porte Sainte-Anne des autres portes du corps de place de Toulon : à savoir que le passage est de plain-pied avec le fond du fossé, ce qui dispense la porte de l’équipement habituel des pont dormant et pont-levis. A l’extérieur du revêtement d’escarpe, la chaussée ne passe donc pas sur un pont au-dessus de la tenaille, mais traverse celle-ci, non par une simple coupure, mais en formant un passage voûté, véritable avant-porte ménagée dans le revêtement de cette tenaille. A l’extérieur de la tenaille, la chaussée remonte en tournant à gauche dans la contrescarpe pour rejoindre le chemin couvert et se prolonger dans une route passant sur le glacis, en direction du Faron.

Les autres caractéristiques typologiques qui apparentent la porte Sainte-Anne à une poterne plutôt qu’à une porte à part entière, sont : le passage d’entrée voûté unique et non double, à la différence des portes de ville réalisées à Toulon dans la même extension nord de l’enceinte (d’ouest en est portes Impériale, de France, Notre-Dame), l’absence d’une façade extérieure monumentale et de pavillons plus ou moins monumentaux adossés au côté intérieur du rempart et abritant des corps de garde et logements. Ces caractéristiques la différencient des portes purement militaires de l’extension ouest de 1860-1868, porte du Las et porte Malbousquet, aussi à passage unique.

Façade côté ville de la porte Sainte-Anne, revêtement du rempart, murs de profil et arcade du passage.Façade côté ville de la porte Sainte-Anne, revêtement du rempart, murs de profil et arcade du passage.

Vers l’intérieur de la place, la « façade » de la porte Sainte-Anne se limite à l’équivalent de celle d’une poterne ordinaire, dans de plus amples proportions : soit un haut et large mur de revêtement à bossages rustiques engagé en retrait ou renfoncé dans le rempart, encadré par deux murs de profil en retour d’angle obtus, habillant la coupure dans le talus intérieur du rempart à terres coulantes, le tout terminé par une tablette. Ces deux murs de profil divergents portent chacun un escalier procurant un accès piéton au chemin de ronde sur le rempart. L’arcade du passage, percée au centre du mur de revêtement, est encadrée de bossages tabulaires en pierre blanche (une assise pour deux assises du parement courant), harpés sur les piédroits et formant, pour l’arc plein-cintre, des claveaux à crossettes extradossés en escalier. Au-dessus de la clef de l’arc, en pointe de diamant, un cartouche en pierre blanche isolé dans le parement rustique, porte le millésime intaillé 1856. L’arcade extérieure du passage, dans le revêtement d’escarpe à bossages rustiques, est tout à fait identique, mais le cartouche qui la surmonte, plus développé, affiche l’appellation « PORTE Ste ANNE », en relief, la pierre étant taillée en réserve des lettres. Le revêtement est couronné par le cordon massif qui court sur l’ensemble de ce front.

Le voûtement du passage d’entrée comporte six travées séparées par des piédroits. Quatre d’entre elles -la première en partant de l’intérieur du corps de place (ville), puis les 3eme, 4eme et 5eme- sont de plan carré couvertes d’une voûte d’arêtes avec chaînes harpées en pierre de taille et voûtains en blocage enduit. Les deux autres travées, de plan barlong, donc plus courtes, sont couvertes l’une -celle de l’arcade d’entrée extérieure- d’une une arrière-voussure à pendentifs, proche du type « de Marseille », l’autre d’une voûte identique à cette arrière-voussure, forme adaptée à la rotation de paire de vantaux cintrés par le haut qui étaient placés dans ces deux travées, et dont restent les gonds en fer sellés dans les parois murales. La première travée côté intérieur de la place est encadrée de deux petites casemates aveugles logées derrière le revêtement, l’une (à droite, est) accessible par une porte ménagée dans cette travée formant porche, l’autre par une porte cintrée percée dans le mur de façade ou revêtement intérieur.

L’avant-porte traversant la tenaille présente des caractéristiques analogues, sur un moindre développement en profondeur et une moindre monumentalité des deux « façades » : mêmes arcades d’entrées à bossages tabulaires et arc à crossettes extradossé en escalier, celui de le façade extérieure -vers la contrescarpe et le chemin couvert- ménagée dans une sorte d’avant-corps en bossages rustique, couronné d’un cordon, se détachant du revêtement de la tenaille, plus bas, moins bien parementé (sans régularité d’assises ni bossages) et couronné d’une tablette. L’arcade de l’avant-porte regardant vers la porte Sainte-Anne est ménagée en revanche dans un renfoncement encadré de deux ailes ou murs de profil. Le voûtement du passage ne comporte que trois travées, celles au revers des arcades formant arrière-voussure, la médiane, barlongue, étant un simple berceau. Là encore, piédroits et arcs sont en pierre de taille lisse, les parois ordinaires et voûtes en blocage.

Le revêtement de la tenaille, côté corps de place, terminé en tablette, comporte à gauche de la porte un escalier en « pas de souris », très bien conservé qui permettait de monter au parapet de ladite tenaille.

Le revêtement ou mur de terrassement de la partie courbe de la chaussée montant de la porte de la tenaille à l’ancien chemin couvert disparu, comporte une coupure condamnée par murage, d’où partait un escalier par lequel les piétons pouvaient monter au chemin couvert. Issue extérieure de l'avant-porte Sainte-Anne avec rampe courbe montant sur le chemin couvert.Issue extérieure de l'avant-porte Sainte-Anne avec rampe courbe montant sur le chemin couvert.

K – Bastion nord

Ce bastion occupant l’angle extrême de l’extension nord de l’enceinte de ville diffère sensiblement des autres par sa forme plus longue que large, avec angle de capitale aigu, et aussi par sa structure plus complexe, échelonnée en profondeur. Ces caractéristiques sont sans doute en partie liées à une part d’héritage des précédents projets d’ouvrages situés à cet emplacement : d’abord une lunette mise en place en 1839 à l’angle du « retranchement Sainte Anne » et jamais achevée, qu’il était prévu de remployer en la remaniant (sous la cote L) dans le projet Picot de 1845, et dans sa version revue et corrigée de 1847-1848, pour couvrir le premier projet de porte Sainte-Anne, plus à l’est que la porte actuelle. L’état réalisé en 1858-1860, compromis entre un bastion à flancs retirés complexes de plan tenaillé et un dehors, du fait d’un étroit fossé interne ou coupure donnant à l’ouvrage la capacité de se retrancher du corps de place), résulte dans ses grandes lignes d’un projet alternatif proposé en novembre 1847, affiné par la suite.

En réalité, l’ouvrage se décompose en deux parties distinctes : l’angle nord de l’enceinte urbaine, obtus mais tendant à l’angle droit à la convergence des courtines I-K et K-L, est occupé par un ouvrage peu saillant que l’on pourrait qualifier de « cornichon » en reprenant le vocabulaire des XVIIe et XVIIIe siècle, encore que ce terme désigne ordinairement un dehors. Dans le cas présent, il s’agit de deux demi bastionnets symétriques séparés par une courtine également sous dimensionnée, le tout formant un ouvrage à cornes adhérent au corps de place. A la tête de ce petit ouvrage à cornes, et retranché de lui par une coupure ou fossé étroit, règne un second ouvrage dont la gorge forme contrescarpe de la coupure, et dont le plan s’apparente à la fois à un as de carreau et à un as de pique. Les deux faces et le départ des deux flancs forment les deux tiers d’un losange, qu’un retour d’angle obtus du revêtement des flancs évase à la base. En soubassement, ces flancs se raccordent à l’angle de capitale des deux demi bastionnets de l’ouvrage à cornes par un bâtardeau haut de 3 à 4m au-dessus du fond du fossé du corps de place. Ce dispositif n’est plus apparent aujourd’hui que du côté droit (est), ou le fossé entre la tenaille de la courtine K-L et le flanc du bastion a conservé sa profondeur initiale. Du côte gauche, dans la coupure (et devant la face droite du bastion) le fossé est remblayé sur une hauteur équivalent a celle du bâtardeau et à celle de la contrescarpe, ce qui a entraîné leur ensevelissement.

La coupure sert aujourd’hui de chaussée d’accès de service à la cour intérieure de la préfecture du Var, dont les bâtiments, organisés sur un plan pentagonal citant celui du bastion, sont installés dans la moitié sud de l’aire intérieure dudit bastion ; l’entrée de cet accès de service est marqué par une grille moderne quelconque, régnant au-dessus de l’emplacement du bâtardeau de gauche. La construction des bâtiments de la préfecture a entraîné la disparition des banquettes, parapets d’artillerie et souterrains du bastion (les galeries de contremines sont peut-être en partie conservées sous le terre-plein de la moitié nord, ou règne une aire engazonnée non bâtie). Ont disparu également la petite courtine entre les deux « cornes », et surtout la caserne-cavalier casematée (dite « Caserne Gardanne ») qui s’élevait sur cette courtine et dans l’aire intérieure de l’ouvrage à cornes, à l’emplacement de l’actuel bâtiment principal de la préfecture.

Du fait de ces démolitions importantes, il ne reste des dispositions anciennes du bastion que les revêtements extérieurs bien conservés notamment sur les faces formant l’angle de capitale aigu, mais aussi sur les flancs au tracé brisé, y compris faces et flancs des demi bastionnets du petit ouvrage à cornes dont le revêtement continue celui de la courtine I-K. Il reste aussi une partie des terrassements, nivelés, et, à la gorge, partant de la rue du rempart (actuels boulevard Louvois et du 112e régiment d’infanterie), les deux rampes d’accès convergentes qui desservaient la cour de la caserne et qui, bitumées, desservent aujourd’hui le parking de la préfecture. Le revêtement présente les même caractéristiques que sur le reste des ouvrages de l’extension nord : parement en appareil régulier à bossages rustiques, recoupé aux angles de capitale et d’épaule, à raison de deux assises pour une, par des chaînes à bossages en table émoussée, fort cordon couronnant l’arase. Sur les faces latérales des demi-bastionnets, le cordon n’est pas nivelé à l’horizontale, mais assez fortement rampant, montant vers le nord dans le sens de la pente du terrain naturel, et surmonté d’un parapet maigre maçonné coiffé d’une tablette ; ce cordon s’interrompt à l’angle de capitale, car il n’était pas utile sur les faces nord, invisibles de l’extérieur de la place. Revêtement à bossages du bastion K : face droite, angle de capitale et amorce de la face gauche.Revêtement à bossages du bastion K : face droite, angle de capitale et amorce de la face gauche.

Le revêtement a été percé sur la face gauche, au ras de l’angle d’épaule, de l’entrée de prestige de la préfecture du Var côté jardin : cette entrée est fermée d’une imposante « grille d’honneur », création d’un styliste contemporain.

Les dehors voisins du bastion sont en partie conservés et apparents, malgré le remblaiement de la majeure partie du fossé. C’est le cas des deux tenailles couvrant les courtines I-K et K-L, l’extrémité nord de chacune d’entre elle défilant complètement les flancs du bastion et la coupure. Le revêtement de ces deux extrémités est plus haut que celui du reste des faces des tenailles côté corps de place, un décrochement avec tablette rampante assure la transition. Les deux chaînes d’angle de l’extrémité des tenailles voisine du bastion K, comportent des bossages en table dans le cas de la tenaille I-K, alors qu’elles sont lisses sur la tenaille K-L . La tenaille I-K est en partie dérasée (banquette d’artillerie), en partie enterrée côté extérieur par le remblai du fossé, et traversée par l’accès à l’entrée de service de la préfecture, face à la coupure. La tenaille K-L a conservé son revêtement, en partie enterré dans le remblaiement du fossé vers l’extérieur, et son terre-plein diminué en hauteur.

Le chemin couvert a été supprimé, mais son tracé est pérennisé par une allée de promenade, le secteur de l’ancien fossé comblé et des anciens glacis, au nord et à l’est, étant transformé en espace vert public municipal. Du côté est (à droite du bastion K) subsistent des vestiges maçonnés de l’ancien chemin couvert, à savoir la partie supérieure émergeante du revêtement de la contrescarpe, surhaussé à intervalles réguliers pour former le mur de profil des anciennes traverses qui jalonnaient le chemin couvert. Les traverses ont été complètement déblayées pour laisser passer l’allée actuelle, mais le mur de profil de quatre d’entre elles, en blocage, existe encore en élévation, dégarni en majeure partie de ses tablettes d’arase en pierre de taille grise.

K-L– Courtine

Cette courtine de l’extension urbaine nord, est formée d’un rempart qui portait banquette et parapet d’artillerie, avec revêtement extérieur réalisé en appareil régulier à bossages rustiques. Elle est intégralement couverte et défilée au-dehors par une longue tenaille asymétrique, en partie enterrée vers l’extérieur dans le remblai du fossé principal, mais dégagée du côté de la courtine, où la profondeur d’origine du fossé intermédiaire (utilisé comme chemin à l’usage des services techniques) est maintenue.

Le revêtement de la courtine, conservé de fait sur toute son élévation, jusqu’au cordon, qui accuse un léger pendage du nord au sud, présente le parement régulier à bossages rustiques commun à l’ensemble des ouvrages de l’extension nord.

Cette courtine est percée vers le milieu de son développement d’une poterne logistique débouchant dans le fossé, à l’abri de la tenaille, sous une arcade en plein-cintre encadrée de bossages adoucis bouchardés en pierre blanche avec claveaux à crossettes extradossés en escalier, selon un modèle analogue a celui des arcades de la porte Sainte Anne (dans la courtine I-K) et de son avant-porte (avec une différence dans le traitement des bossages). Cette poterne comporte une casemate souterraine traversant une partie du rempart de la courtine, de plain-pied avec la rue du rempart sur laquelle elle s’ouvre par une arcade identique à celle du revêtement d’escarpe. Cette arcade est ménagée dans un mur de revêtement engagé dans le rempart et encadré de murs de profil évasés couronnés d’une tablette, ce dispositif d’accès depuis la rue du rempart étant semblable, en beaucoup plus réduit, à celui de la porte Sainte-Anne. La casemate proprement dite, voûtée en berceau segmentaire, est actuellement occupée par le Club varois de modélisme ferroviaire, et sa communication avec l’arcade de sortie dans le fossé est condamnée. Extension nord. Arcade d'entrée, côté rue du rempart, de la casemate et de la poterne de la courtine K-LExtension nord. Arcade d'entrée, côté rue du rempart, de la casemate et de la poterne de la courtine K-L

L– bastion

Bastion du front est de l’extension urbaine nord, réalisé vers 1856 selon le projet de 1847. Un peu moins grand que le bastion I, il est, comme ce dernier, conforme au plan-type des autres bastions toulonnais bâtis sous Napoléon III : large, avec flancs droits relativement courts, angle de capitale obtus. Son revêtement est conservé sur ses deux faces et ses deux flancs, sur une hauteur réduite par le remblaiement du fossé ; il est, comme tous les autres ouvrages de cette extension nord, réalisé en appareil régulier à bossages rustiques, recoupé aux angles de capitale et d’épaule, à raison de deux assises pour une, par des chaînes à bossages adoucis bouchardés, et couronné d’un cordon avec assise de transition profilée en doucine.

Les « dessus » de ce bastion comportaient un parapet d’artillerie en terre au-dessus de l’escarpe et du cordon, en continuité de celui des courtines, et un cavalier assez petit avec parapet d’artillerie en terre à quatre pans, un chemin de ronde intermédiaire desservant les postes de tir du parapet extérieur. L’ensemble était desservi à la gorge par deux rampes de roulage convergeant depuis la rue du rempart. Dans l’état actuel, les profils de terre des parapets et du cavalier n’ont pas été rasés délibérément mais se sont dégradés naturellement et ont « fondu ». Le chemin de ronde entre cavalier et parapet extérieur a été élargi aux dépens des ouvrages de terre pour former un parking bitumé en arc de cercle, desservi par les anciennes rampes adaptées. Du cavalier reste, en bordure du chemin de ronde de gorge, desservi par les rampes, le haut mur de profil qui terminait la branche droite de la banquette et du parapet, mur parementé en bossages rustiques avec tablette. Le parapet extérieur du bastion, très déformé, a conservé une petite traverse-abri (l’entrée de l’abri est murée) ajoutée dans les années 1880-1890, caractérisée par son parement en opus incertum polygonal.

A la gorge du bastion, donnant sur la rue du rempart, au droit du flanc gauche et sous la rampe gauche, est aménagé un petit abri ou magasin casematé dont la façade d’entrée adopte la forme classique, appliquée pour les poternes, du mur de revêtement engagé dans le rempart et encadré de deux murs de profil en retour d’équerre. Dans le parement à bossages rustique, s’ouvre une petite porte couverte sous arc segmentaire extradossé encadrée en pierre de taille blanche lisse, et des évents suggérant un magasin à poudres ou à munitions. Bien que ces dispositions et cette mise en œuvre s’apparentent à celles de la campagne de construction initiale des ouvrages de l’extension nord de l’enceinte, on note que ce petit magasin ne figure pas sur les plans d’état des lieux en 1870, ce qui oriente vers une adjonction postérieure (l’absence de millésime gravé ne permet pas de la dater). La « salle » ou casemate voûtée en berceau segmentaire abrite aujourd’hui le mémorial toulonnais de la déportation et de l’internement. Extension nord. Façade d'entrée de l'abri casematé à la gorge du bastion L.Extension nord. Façade d'entrée de l'abri casematé à la gorge du bastion L.

L-M– Courtine (détruite)

Courtine du front ouest de l’extension urbaine nord, qui était traversée par la voie de chemin de fer. Démolie après 1933.

M– bastion (Vestiges)

Bastion du front est de l’extension urbaine nord, réalisé vers 1856 selon le projet de 1847. Il était analogie au bastion L par ses dimensions, mais ne comportait pas de cavalier. Il n’en subsiste que l’élévation en ruines du revêtement du flanc gauche, dont le parement à bossages rustiques est conforme à celui des autres ouvrages de cette extension. Ce vestige anachronique, abondamment tagué, complété par celui de la face gauche, dérasée, est dégarni, du côté intérieur cimenté, des remblais de l’ancien terre-plein. Il domine les voies du chemin de fer, à proximité d’un pont routier qui les traverse, et à l’arrière d’une barre d’immeubles. Le reste de l’emprise au sol du bastion reste lisible dans le parcellaire et subsiste en sous-sol.

M-7 – Courtine et porte d’Antibes ou porte Notre-Dame (Disparues)

Porte la plus orientale de l’extension nord de l’enceinte urbaine, construite en 1857-1858 selon le projet de 1847.

Ensemble détruit (courtine et dehors compris) en 1923.

1Ferdinand Joseph, « Les remparts construits sous Napoléon III», article de presse, Le Petit Var. 14 aout 1933. 2Ferdinand Joseph, « Les remparts construits sous Napoléon III», article de presse, Le Petit Var. 15 novembre 1933. 3Délibération du conseil municipal de Toulon du 22 mars 1844. 4Vincennes SHD, Art. 8 carton 32 (1 VH 1862) n° 1. 5Ferdinand Joseph, « Les remparts construits sous Napoléon III», article de presse, Le Petit Var. 17 aout 1933. 6Ferdinand Joseph, « Les remparts construits sous Napoléon III», article de presse, Le Petit Var. 24 novembre 1933. 7Les autres magasins à poudres considérés alors comme au service de la place étaient tous contenus dans des ouvrages extérieurs, et de construction récente : Malbousquet, Lamalgue (Fort, batterie basse, communication), fort Ste Catherine, fort du Cap Brun, batterie de la Caraque. 8Vincennes SHD, Art. 8 carton 46 (1 VH 1876) 20 février 1869.
Appellations extension nord-ouest et darse Castigneau
Dénominations fortification d'agglomération
Aire d'étude et canton Var
Adresse Commune : Toulon
Adresse : 2ème fortification d'agglomération

En 1835, les ministres de la Marine et de la Guerre approuvent un projet d'extension de l’arsenal à l'ouest, comportant une nouvelle darse à Castigneau, que doit retrancher un nouveau front avancé à trois bastions appelé couronné de Castigneau. L'exécution de ce front commence seulement en 1843, selon un projet plus ample comportant quatre bastions et deux demi-bastions, prévus en terre, sans revêtement. Le conseil municipal de Toulon et le conseil général du Var demandent alors à l’État de considérer parallèlement la nécessité d’extension du périmètre clos de la ville, dont la densité de population atteint le seuil critique d’un habitant pour huit mètres carrés, resserrés dans une surface totale intra-muros de 32 hectares. Aussitôt pris en compte par le comité du génie, ce nouveau projet combinant les deux extensions, ville et arsenal, en une enceinte unique et continue, est dessiné en 1845 par le colonel vétéran Édouard Picot, directeur des fortifications de Toulon. Le projet Picot, adopté par le comité des fortifications, implante l'extension nord de l'enceinte de la ville à la place d'un retranchement de campagne, dit de Sainte-Anne, créé en 1707 lors du siège anglais de Toulon, et jamais supprimé.

L’ensemble projeté constitue une nouvelle et vaste enceinte, jalonnée de onze bastions neufs à flancs droits (cotés A-B-C-D-E-G-H-I-K-M-N) et de deux demi-lunes (F,L), enveloppant, à distance variable, l’ensemble des anciens fronts bastionnés ouest et nord de l'enceinte XVIe-XVIIe s, dehors compris, depuis l’entrée maritime de la nouvelle darse de Castigneau (bastion A de la nouvelle enceinte) jusqu’au bastion 7 du corps de place existant, point de raccordement. La réalisation du projet implique la démolition non seulement de l’ancien retranchement Sainte-Anne mais aussi et surtout des ouvrages du front de terre nord du corps de place existant, depuis le côté droit du bastion 11 (de l’Arsenal) jusqu’à la courtine 7-8, soit quatre bastions, quatre courtines, la porte de France et sa demi-lune, les fossés et chemin couvert correspondant. La surface totale à exproprier par achat est de 39 hectares 85 ares. Ces acquisitions ayant tardé, la construction de la nouvelle enceinte nord ne commence qu'en 1852, ordonnée par un décret du prince-président Louis-Napoléon Bonaparte. Les entrepreneurs Arnavieille et Quinié, titulaire du marché de construction de l'enceinte attribué en 1853, sont autorisés en 1854 à extraire les pierres de parements aux carrières voisines de Lagoubran, Dardennes et Siblas.

Le plan de l'enceinte achevée en 1861 diffère en quelques points du projet Picot, du fait de modifications de détail apportées par les colonels du génie Corrèze et Long. Cumulant le front bastionné semi maritime de Castigneau (construit de 1849 à 1859) et le front nord de l’extension urbaine, cette enceinte compte toujours onze bastions, désormais chiffrés de A à M, trois portes et une demi-lune atrophiée (non lettrée) devant la porte de France (courtine FG-H, à l'ouest). Celle-ci est bâtie en 1856. Les portes de cette enceinte juxtaposent, selon un nouveau modèle de portes de ville usuel depuis la décennie 1840, deux voies distinctes parallèles, adaptées au double sens de circulation, donc deux arcades d’entrées identiques, à pont-levis, pour la porte proprement dite. La porte est, dite Notre-Dame, voisine de la porte d'Italie de l'enceinte XVIe-XVIIIe s, est construite en 1858 (courtine 7-M). A cette date est décidé de créer une porte supplémentaire à l'ouest, près de la porte de France, nommée porte Impériale (puis Nationale) et achevée en 1861.

A la pointe nord de l’enceinte, une lunette initialement cotée L, projetée devant une courtine, prend finalement la forme d'un bastion étroit au plan en as de pique, coté K. Intégré au corps de place, il en demeure toutefois coupé, à la gorge, par un étroit fossé, qui retranche une caserne casematée pour 2500 hommes. Celle-ci, dite caserne blindée ou caserne Gardanne, construite en 1858, forme à la fois réduit et cavalier.

La poterne nord, dite porte Sainte-Anne, initialement prévue sous la protection de la lunette L, est aménagée dans la courtine I-K dès 1856 (millésime) ; elle offre une issue au parc d’artillerie incorporé intra-muros.

La construction de l'enceinte s’adapte, en 1857-1858, à la mise en place de la section Marseille-Toulon de la voie de chemin de fer de Marseille à Nice, par la création de deux portes ferroviaires, l'une dans la face droite du nouveau bastion H, l'autre dans la nouvelle courtine L-M. La coupure nette imposée par les voies ferrées dans le plan d’urbanisme, dicte une répartition de principe entre le parcellaire urbain, développé au sud des voies, et le triangle intra-muros restant au nord des voies, voué en partie à l’arsenal de terre, et à des casernes, en partie à un lotissement civil dit "cité Montéty".

La création d'une nouvelle et vaste extension de l'enceinte vers l'ouest, à l'usage de la guerre de la Marine (extension Missiessy-Malbousquet), arrêtée en 1856 et lancée en 1860, prive d'utilité défensive le front ouest de Castigneau (bastions C-D), devenant un retranchement intérieur. Sa démolition est arrêtée dès 1864, achevée en 1870, la nouvelle enceinte ouest étant dès lors considérée comme continue avec l’enceinte nord, malgré le fait que l'une enveloppe la ville, l'autre seulement des terrains militaires.

En 1887, l’État autorise la ville à percer une nouvelle issue non défensive dite « coupure Montéty », dans la courtine H-I de l’enceinte, au nord de la gare, pour procurer une issue directe des quartiers extra muros à la cité Montéty.

A la suite du déclassement militaire de l'enceinte en janvier 1921, la ville de Toulon entreprend un démantèlement partiel permettant de mettre en œuvre son plan d’aménagement, d’extension et d’embellissement urbain, conforme aux obligations imposées aux villes de plus de 10.000 habitants par la loi du 16 mars 1919. Le front nord-ouest (E à H), avec les portes de France et Notre-Dame, est le plus largement détruit (de 1925 à 1933), tant pour décloisonner la ville des faubourgs Saint-Roch et du Pont du Las, qu'au profit de l'agrandissement de la gare de Toulon. A l'Est, la porte Notre-Dame disparait dès 1923.

Période(s) Principale : 2e quart 19e siècle, 3e quart 19e siècle , (détruit)
Dates 1856, porte la date
Auteur(s) Auteur : Picot Edouard,
Edouard Picot

Colonel du Génie, directeur des fortifications de Toulon à partir de 1840. Dessine l'extension nord-ouest de l'enceinte de Toulon en 1845, et des modifications au fort Lamalgue en 1846. Supervise la conception ou l'évolution de plusieurs ouvrages de la presqu'île de Saint-Mandrier, dont le fort de la Croix des Signaux.


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ingénieur militaire, attribution par source
Auteur : Long Antoine,
Antoine Long

Colonel du Génie à Toulon au milieu du XIXe siècle. Auteur d'un projet (non réalisé) pour le fort Balaguier en 1858, participe à l'élaboration du projet de la 2e enceinte de Toulon en 1845, conçoit le dessin de la 3e enceinte de Toulon en 1860.


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ingénieur militaire, attribution par source
Auteur : Corrèze Joseph,
Joseph Corrèze

Chef du Génie à Toulon en 1845, lieutenant colonel en 1848. Collaboration ou direction de plusieurs chantiers de la place de Toulon :

- 1843-1848 : remaniement du fort Malbousquet

- 1845 : caserne du Pas de la Masque

- 1846 : remaniement du fort Lamalgue

- 1844-1848 : batterie de la Carraque et fort de la Croix des Signaux

- 1846-1849 : remaniement de la batterie basse du Cap Brun et de la batterie de la Cride

- 1861 : 2e enceinte de Toulon


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ingénieur militaire, attribution par source
Auteur : Arnavieille,
Arnavieille

Entrepreneur de travaux publics à Toulon au milieu du 19e siècle. Construit la deuxième enceinte de la ville en 1855-1856.


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entrepreneur de maçonnerie, attribution par source
Auteur : Quinié,
Quinié

Entrepreneur de travaux publics à Toulon au milieu du 19e siècle. Construit la deuxième enceinte de la ville en 1855-1856.


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entrepreneur de maçonnerie, attribution par source

De la seconde enceinte bastionnée de Toulon, bâtie en extension et remplacement de la première, ne restent pratiquement que les vestiges très remaniés du front ou pointe nord (I-K-L, trois bastions et la poterne dite porte Sainte-Anne), enveloppant l'ancien quartier militaire (arsenal de terre, caserne Lamer) situé au nord de la gare et des voies de chemin de fer. La moindre pression de la croissance urbaine dans ce secteur, une topographie plus contraignante (terrain en forte pente nord-sud) explique que ces portions de l'enceinte aient été épargnées par le démantèlement.

Les bastions de cette grande extension de 1849-1861 sont tous plus larges que ceux de l'enceinte antérieure, à flancs droits, faces longues, angle de capitale obtus, séparés entre eux par des courtines plus courtes que les bastions sont larges. Le bastion K implanté à la pointe nord de l'enceinte, diffère nettement de ce modèle et fait exception : il est relativement étroit, à angle de capitale aigu, flancs retirés créant un plan en as-de-pique et coupure de retranchement à la gorge. Au droit de cette coupure, ou petit fossé intérieur (cloisonné du grand fossé), le revêtement du corps de place continue à la gorge du bastion, en formant un très petit front "à cornes" encore visible dans l'emprise du terrain aujourd'hui occupé par l'immeuble de la préfecture du Var (qui occupe l'emplacement de l'ancienne caserne Gardanne). Des galeries de mines et d'écoutes existaient sous le bastion K et des rameaux de contremine partaient de la contrescarpe du fossé, sous le glacis nord. Ces souterrains ont été soit détruits lors du déblaiement des banquettes de terre du bastion, soit ensevelis lors du comblement partiel des fossés.

Outre les ravelins, ou demi-lunes atrophiées devant les portes de ville, tous disparus, les dehors se limitaient à des tenailles devant les courtines et à un chemin couvert jalonné de traverses. Les tenailles encadrant le bastion K (I-K, K-L) subsistent, de même que des vestiges dénaturés des traverses du chemin couvert dans le secteur K-L.

Aucune des portes de ville à double passage et aucune porte ferroviaire n'est conservée. Seule demeure assez complète la poterne nord, d'usage militaire, dite porte Sainte-Anne (inscription gravée), formée d’une arche charretière à plein-cintre ouverte au niveau du fossé, donc sans pont-levis, prolongée d'un long passage voûté d'arêtes (6 travées), le tout précédé d’une avant-porte assez semblable traversant la tenaille. Les caractères qui différencient la poterne Sainte-Anne d'une porte de ville à part entière, sont : le passage d’entrée voûté unique et non double, l’absence d’une façade extérieure monumentale (arcade identique au-dehors et côté ville) et l'absence de pavillons plus ou moins monumentaux adossés au côté intérieur du rempart et abritant des corps de garde et logements.

Toutes les courtines ordinaires des fronts de terre étaient pourvues dans l’axe d’une poterne piétonne descendant dans le fossé en caponnière à l’abri de la tenaille couvrant ces courtines. L'issue dans le revêtement et le souterrain casematés d'une de ces poternes restent visibles dans la courtine K-L. Un magasin casematé souterrain subsiste à la gorge du bastion L, qui conserve aussi des vestiges d'un cavalier en terre avec traverse-abri.

Le revêtement d'escarpe des bastions et des courtines est en appareil régulier à bossages rustiques, recoupé aux angles de capitale et d’épaule, à raison de deux assises pour une, par des chaînes à bossages en table émoussée, le tout terminé par un cordon que surplombait le parapet d'artillerie en terre.

Murs calcaire moellon
brique
pierre pierre de taille
Plans système bastionné
Couvrements voûte en berceau
voûte d'arêtes
États conservations vestiges

Annexes

  • Déclassement et démantèlement des enceintes de Toulon

    La démolition de l’ancienne enceinte, 1859

    Dans son récit de circonstance publié en 1859, destiné au voyageur touriste empruntant la nouvelle ligne ouverte dans l’année, l’essayiste marseillais Adolphe Meyer donne une idée de l’avancement encore limité des travaux de lotissement de la nouvelle ville, l’emprise de l’ancienne enceinte n’étant pas encore libérée : « De la gare (de Toulon), on descend vers la ville par un boulevard nouveau qui coupe l’ancienne ceinture de remparts. On les démolit avec activité, et leurs débris servent à combler les énormes fossés qui s’étendaient à leurs pieds.»1

    L’état des projets du génie à présenter pour les exercices 1858-1859, rédigé en août et septembre 1857, précisait qu’à cette date il n’avait pas encore été statué sur la démolition de l’ancienne enceinte, mais le déclassement et la remise aux Domaines des terrains des fortifications de cette enceinte furent annoncé en mars 18582, deux semaines après que le comité du Génie eut délibéré qu’il était avantageux que « la démolition des anciens remparts de Louis XIV à Toulon (fut) faite par les particuliers qui se rendront acquéreurs des lots de terrains à bâtir ». Cette solution fut finalement écartée par le ministre de la guerre, qui prescrivit, le 7 juillet, que le Génie dirigerait la démolition, les acquéreurs des terrains libérés ne faisant que contribuer financièrement au coût des travaux, immédiatement confiés par marché au sieur Dauphin, entrepreneur. C’est donc seulement –et logiquement- au moment où la nouvelle enceinte était pour l’essentiel achevée, que disparurent sous la pioche des démolisseurs (non moins de 400 ouvriers) les quatre bastions de l’ancien front de terre (8-9-10-11) et les courtines intermédiaires, à partir de la courtine 7-8.

    Certains plans de Toulon, comme celui publié par Armand Imbert en 1847, ou le plan des alignements de la ville dessiné en avril 1858 sous la direction du colonel Antoine Long, chef du génie3, doivent être considérés avec beaucoup de circonspection, car ils figurent non un état des lieux, mais l’état projeté à la date de leur établissement, soit le projet Picot, sans chemin de fer, pour le premier, et le projet en cours de réalisation, sensiblement différent,pour le second : l’ancienne enceinte ne figure plus sur l’un et l’autre de ces plans, alors que sa démolition n’en fut conduite que de juillet 1859 à avril 1860.

    Les établissements et bâtiments militaires qui s’étaient développés dans l’aire intérieure des bastions 8, 9 et 10 de l’ancienne enceinte, comme la fonderie, en place dès l’origine dans le bastion 9, complétée de bureaux du commissaire général et des subsistances et de l’école d’artillerie navale, ou, dans le bastion 10, la caserne du Jeu-de-Paume et l’hôpital militaire,devaient être conservés et réintégrés au nouveau parcellaire, formant des îlots réservés à l’Etat. Dans le bastion 8, les bâtiments de l’arsenal de terre ou arsenal d’artillerie (d’abord parc d’artillerie en 1790) devaient être conservés, mais leur transfert de leur fonction était prévu en 1859 dans le nouveau quartier militaire intra-muros au nord du chemin de fer. Le bastion Saint-Bernard (7), intégré dans le tracé de la nouvelle enceinte en ne perdant, lors des démolitions, que son flanc gauche (la nouvelle courtine 7-M se raccordant directement à sa face gauche) conservait en son sein le magasin du génie et l’enclos pour le chantier des fortifications de la place, établis dans son aire intérieure dans les années 1820.

    De l’enceinte Vauban ne demeura donc, après les démolitions, que la partie maritime, incluse dans l’arsenal et formant séparation entre la darse neuve et la darse de Castigneau.

    La démolition des enceintes du XIXe siècle

    Les premières atteintes apportées à l’intégrité de la grande enceinte commune à la ville et à l’arsenal de Toulon, générées par la croissance urbaine et la fluidité des axes viaires, sont nettement antérieures au déclassement militaire, et postérieurs de moins de vingt ans à l’achèvement de l’ensemble. En juillet 1887, une convention était passée entre la ville de Toulon, représentée par son maire M. Dutasta, et l‘Etat, autorisant le dérasement du bastion 5 (de la Poncherimade), de la courtine 5-6, et des fossés et dehors attenants (ouvrages considérés comme suffisamment couverts par la communication au fort Lamalgue), afin de créer un boulevard et une place : seuls les piliers de la « porte neuve » de 1867 furent maintenus en place symboliquement, mais sans utilité défensive.

    La même convention de 1887 autorisait la percée d’une nouvelle issue non défensive de l’enceinte de ville dite « coupure Montéty », dans la courtine H-I de l’enceinte nord, au nord de la gare, pour procurer une issue directe des quartiers extra muros à la cité Montéty. Cette coupure, traversant le fossé par un pont à tablier de bois, fut percée seulement après juillet 1890 et ouverte à la circulation en aout-septembre 1891. Dans l’intervalle, en novembre 1889, une issue en tunnel percée à gauche (nord) de la porte d’Italie, aux dépens d’une des casemates de la courtine, permit d’établir deux passage dissociés, offrant un double sens de circulation ouvert au voitures, selon le principe qui détermina le parti des arches jumelles caractérisant les portes de ville de la génération 1850-1860.

    L’enceinte fortifiée de Toulon « comprise entre les forts Lamalgue, au sud (sud-est), et Malbousquet, à l’ouest », ne fut déclassée militairement qu’aux termes de la loi du 13 janvier 1921. A la suite de ce déclassement, la municipalité de Toulon entreprit un démantèlement partiel qui lui permettait de mettre en oeuvre son plan d’aménagement, d’extension et d’embellissement urbain, en conformité avec les obligations imposées aux villes de plus de10.000 habitants par la loi du 16 mars 1919.4

    La nécessité de dépassement des limites des remparts se faisait ressentir principalement dans l’axe du boulevard de Strasbourg, ce qui imposait à l’est la suppression de la porte Notre-Dame, et à l’ouest / nord-ouest, celle des portes de France et Nationale, ainsi que du bastion intermédiaire FG, situé dans l’axe du boulevard. C’est ce front nord-ouest qui fut le plus largement détruit, tant du fait de l’intention de décloisonner la ville intra-muros de faubourgs Saint-Roch et du Pont du Las, que par le projet de la SNCF d’agrandir la gare de Toulon vers l’ouest.

    Du fait de la topographie pentue du terrain, et de la faible présence d’habitat urbain au nord de la gare, la partie nord de l’enceinte abritant l’arsenal de terre, soit les bastions I-K-Let la porte Sainte-Anne, fut exceptée des démolitions, seule la « coupure Montéty » étant élargie. De la même manière, les projets d’urbanisme n’ayant pas vocation de fondre le parcellaire de la ville avec les secteurs alors peu bâtis de l’est, vers le fort Sainte-Catherine, la percée au droit de porte Notre-Dame parut procurer une ouverture suffisante de ce côté, d’autant qu’un peu plus au sud du même front, la porte Neuve avait déjà perdu ses retranchements défensifs. C’est cette circonstance qui valut à la porte d’Italie et aux deux bastions l’encadrant d’être conservés.

    La première démolition programmée toucha la porte Notre-Dame, détruite le 20 février1923 sous l’autorité de M. Colson, ingénieur des Ponts et Chaussées de l’arrondissement de Toulon, ce qui permit de prolonger vers l’est le boulevard de Strasbourg. En 1924, furent démontés les piliers de la porte Neuve, tandis que la porte Missiessy (ou du Las) était supprimée en 1925.

    D’avril 1926 à février 1928, fut procédé au dérasement de la courtine H-I aux frais de la SNCF, à l’aide d’une machine à vapeur excavatrice, pour dégager l’espace nécessaire à l’extension de la gare de Toulon vers l’ouest. Les terres extraites du rempart des bastions et des courtines étaient chargées dans des wagonnets Decauville sur rails amovibles permettant de les déverser dans les fossés voisins au fur et à mesure du démantèlement. Le 7 mars 1928, une convention passée entre la ville de Toulon et l‘Etat entérinait la démolition des remparts nord-ouest de la ville, entre la « coupure Montéty » et la porte Nationale, incluse. Le marché d’adjudication des travaux fut passé le 10 avril 1929, en faveur des entrepreneurs Pellerin et Fages. Cette même année, les deux passages en tunnel du chemin de fer à travers les remparts furent démolis.

    La démolition de la porte Nationale, dégagée des remparts attenants nivelés, fut amorcée en mars 1930, après la démolition du bastion FG et de la porte de France, qui permirent de mettre en chantier le prolongement ouest du boulevard de Strasbourg. Suspendue, cette démolition fut reprise et achevée en 1933.

    La phase principale du démantèlement programmé étant alors achevé, ce qui restait des fronts bastionnés fit encore l’objet, au cours du XXe siècle et au cas par cas, de destructions partielles et d’adaptations ou modifications ponctuelles.

    A l’intérieur de l’enceinte de l’arsenal, l’enceinte bastionnée de la « darse neuve » de Vauban,avec ses trois bastions (1,2, 12) était encore bien conservée dans son état ancien, avec revêtement à arcades et magasins continus adossés, jusqu’aux abords de la première guerre mondiale. A partir de cette époque, et dans l’entre-deux guerres, diverses améliorations des darses, dont la création d’une grande plate-forme avec deux grands bassins de radoub à double entrée à l’emplacement de l’entrée primitive de la darse neuve (front 1-2) , puis le décloisonnement de cette darse vers celle de Castigneau, ont entraîné la disparition de la majeure partie des restes de l’enceinte maritime de Vauban : courtines-quai 12-1 et 1-2,bastion 1, et la restructuration de l’ancien bastion 2, inclus dans la nouvelle plate-forme.

    Certaines destructions, rares en vérité (comme le dérasement des revêtements et magasins du bastion 12 de l’enceinte et de la darse Vauban) font suite aux dommages engendrées par les bombardements aériens américains de novembre 1943 et février-mars1944. Cependant, l’essentiel des destructions ponctuelles ou modifications, hors arsenal, est postérieur à la seconde guerre, volontaires et associé à des contraintes imposées par l’amélioration de la voirie urbaine et périurbaine. On notera dans cette catégorie, et sous l’autorité de la ville, la démolition incomplète du bastion M du front est de l’extension nord,le dérasement du côté droit du bastion 6, à droite de la porte d’Italie, celui de la moitié gauche de la demi-lune de la porte d’Italie, et le percement, en 1975, d’un nouveau passage contigu à celui percé en 1889 à côté de cette même porte d’Italie, afin de faire passer la circulation automobile à double sens par ces deux arches, et de limiter aux piétons le passage par la porte ancienne. C’est à la même date que fut aménagé un parking souterrain dans le fossé décomblé, en dégageant l’ancien pont dormant.

    En 1986, sous l’autorité de la Marine, quatre arches analogues furent ménagées, aux dépens de quatre casemates de courtine, à raison de deux jumelées de chaque côté de la porte Malbousquet, l’espacement de ces percées jumelles par rapport à la porte étant dicté par le contournement nécessaire des pavillons existant à la gorge de cette porte. Avant cette adaptation, la Marine avait procédé au cours du XXe siècle, à la suppression des ouvrages du front bastionné maritime sud de l’extension Castigneau-Missiessy (Front 9-10-B-A), et à des percées dans le front ouest (7-8-9), laissé en ruines.

    1Adolphe Meyer, Promenade sur le chemin de fer de Marseille à Toulon, Marseille, A. Gueidon, 1859, p. 186.2Vincennes SHD, Art. 8 carton 32 (1 VH 1870)3Vincennes SHD, Art. 8 carton 32 (1 VH 1870) projet 1858-1859, feuille n° 224Loi Cornudet

Références documentaires

Documents figurés
  • Plan général de Toulon 1841, actualisé en 1850. / Dessin à l'encre aquarellé, 1841-1850. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1858.

  • Projet spécial de 1843 [...] pour organiser les fortifications du camp retranché de Ste-Anne... [futur bastion K]. / Dessin à l'encre aquarellé, 1843. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1860.

  • Projet Couronné de Castigneau. 1843. / Dessin à l'encre aquarellé avec retombe, 1843. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1860.

  • Croquis joint au rapport du chef du génie [...] en date du 21 février 1845. [Etat des projets Castigneau-Malbousquet]. Dessin à l'encre aquarellé, signé A. Long, 1845. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1862.

  • Projets pour 1843 : augmenter le magasin du génie établi dans le bastion St-Bernard. / Dessin à l'encre aquarellé. Par Picot, 1843. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1860.

  • [Projet Picot pour l'extension nord-ouest et la darse Castigneau] / Dessin à l'encre aquarellé, signé Picot, 1845, échelle de 0, 001 pour 5 mètres. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1862.

  • Projet d'agrandissement de la place de Toulon. Dessin à l'encre aquarellé, signé Picot,1845 échelle de 0, 001 pour 2 mètres. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1862.

  • [Projet pour l'extension nord-ouest de l'enceinte de Toulon] / Dessin à l'encre aquarellé, par A. Long et Corrèze, 1848. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 434.

  • Projets pour 1848 [...] assainir les casemates de la porte d'Italie. Dessin à l'encre aquarellé, signé Corrèze, 23 février 1848, échelle de 0, 005 pour 1 mètre. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1865.

  • [Plan général du projet d'enceinte de ville Picot-Long]. Dessin à l'encre aquarellé, signé Corrèze, 15 mars 1848, échelle de 0, 001 pour 5 mètres. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 434.

  • Projets pour 1848 Fortifications [plan parcellaire des terrains du retranchement Sainte-Anne]. / Dessin à l'encre aquarellé, signé Corrèze, 15 mars 1848, échelle de 0, 001 pour 2 mètres. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1865.

  • Projets pour 1858-1859 Fortifications. Construire la nouvelle enceinte au nord du flanc gauche du bastion E au bastion 7. Etat des lieux. / Dessin à l'encre aquarellé, 20 avril 1858. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1870.

  • Projets pour 1858-1859 Bâtiments militaires : Plans des alignements de la ville [extension urbaine nord]. / Dessin à l'encre aquarellé, signé A. Long, avril 1858. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1870.

  • Projets pour 1858-1859 Fortifications. Construire un système de contremines dans le bastion K et sous les glacis en avant du saillant. / Dessin à l'encre aquarellé, signé A. Long, 20 avril 1858. Service Historique de la Défense, Vincennes : 1 VH 1870.

Bibliographie
  • JOSEPH, Ferdinand. Les remparts construits sous Napoléon III. Le Petit Var, 14 août 1933, 17 août 1933, 15 novembre 1933, 24 novembre 1933

  • MEYER, Adolphe. Promenade sur le chemin de fer de Marseille à Toulon. A. Gueidon, 1859.

    P. 186.
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