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fortification d'agglomération de Saint-Paul

Dossier IA06002433 réalisé en 2007

Fiche

Historique, topographie et typologie générale

Avant d’être choisie au XVIe siècle pour installer une place forte royale, la ville de Saint-Paul était une petite agglomération fortifiée médiévale, au même titre et à une moindre échelle que Vence. Elle est mentionnée comme castrum à partir du début du XIIIe siècle, avec droits seigneuriaux détenus par une famille chevaleresque éponyme, qui y possède une tour. Le comte de Provence Raymond-Bérenger V accorde en 1227 des franchises communales à la communauté des habitants de Saint-Paul et la gratifie de terres confisquées du fief voisin du Gaudelet. La ville connaît par la suite une prospérité dont témoigne l’acquisition du territoire de Roquefort, qui en accroît le ressort.

La ville dans son enceinte médiévale

La construction d’une véritable enceinte urbaine fortifiée maçonnée avec ouvrages d’entrée et de flanquement n’est réputée intervenir qu’après 1363, voire 1367, dates auxquelles les Etats généraux de Provence recommandent formellement la mise en état de défense et la fortification des villes et châteaux du comté.

A l’issue de la guerre de succession du comté de Provence et du royaume de Naples (1382-1384) et après la mort, en 1387, de Charles de Duras, compétiteur de la maison d’Anjou, un seigneur influent de Provence orientale, Jean de Grimaldi, baron de Beuil, maître des vigueries et bailies de Nice et de Puget-Théniers, fait sécession du reste de la Provence qui a reconnu le jeune Louis II d’Anjou. Il se place sous la protection du comte de Savoie Amédée VII, qui, avec l'aval de l'empereur d'Allemagne, annexe en 1388 la viguerie de Nice érigée en comté et y rattache une partie de celle de Puget-Théniers.

La vallée du Var est désormais partagée entre les deux mouvances : les parties est et nord passent au comté de Nice sous tutelle savoyarde, tandis que la partie occidentale reste sous la souveraineté des comtes de Provence de la maison d'Anjou. Cette circonstance donne une nouvelle importance stratégique à des villes fortifiées proche de la frontière. Saint-Paul est occupée par une armée du sénéchal d’Anjou Georges de Marle en août 1388, et son enceinte fait l’objet de réparation en 1401. Ordonnés par le comte Louis II d’Anjou, ces travaux sont financés par des impositions extraordinaires des nobles et du clergé.1 La ville devient le siège d’une bailie de onze localités, dont Vence, antérieurement prédominante, fait partie. Elle est d’ores et déjà qualifiée à ce titre de « ville royale », du fait du royaume de Sicile détenu par la maison d’Anjou. A l'heure de la réunion du comté de Provence à la couronne de France sous le règne de Louis XI et de Charles VIII (1482-1487), Saint-Paul confirme ce statut de ville royale, cette fois par référence au royaume de France.

Lors des premières étapes des conflits entre Charles Quint et François Ier, l’importance stratégique de Saint-Paul est confirmé par le fait que cette ville est investie une première fois en 1524 par les troupes du Connétable de Bourbon au service de Charles Quint, puis une seconde fois en 1536 lors de l’invasion de la Provence par l’Empereur.

Lors des pourparlers destinés à négocier la trêve dite « de Nice », en juin 1538, mettant en présence l’empereur Charles Quint, le pape Paul III et François Ier, le roi de France avait choisi d’être logé, de préférence à Antibes, au château de Villeneuve,2 chez Anne de Lascaris, comtesse de Tende, veuve de René, grand bâtard de Savoie, et mère de Claude, grand sénéchal, comte de Tende-Sommerive, gouverneur de Provence. Dans ce contexte, la proximité de Saint-Paul, jointe à l’intérêt que cette ville pouvait présenter pour la défense de la frontière, justifia une visite très formelle de la ville par François Ier, accompagné de son hôte et gouverneur territorial le comte de Tende, du dauphin Henri, de son second fils Charles, du connétable Anne de Montmorency, de Claude d’Annebault, maréchal de France, futur amiral de France, et de François de Bourbon-Vendôme, comte de Saint-Pol. Un fragment de compte de la communauté de Saint-Paul en 1538 atteste de cette visite royale et des préparatifs qu’elle a occasionné.3

Avant cette visite, la communauté des habitants de Saint-Paul avait loué les services d’un mercenaire italien nommé Rozato Melino Romain, qui usurpait la qualité de capitaine, et qui, de février à avril 1537, aurait « parachevé son pris faict et fortiffié ladicte ville… » et « assisté à la garde, tuytion et deffence de ladite ville et reparement d’ycelle ».4 Les travaux alors entrepris et l’expertise furent contestés par la communauté qui en firent procès au prétendu capitaine, ce qui n’augure pas de remaniements architecturaux importants apportés dans ce cadre à l’enceinte médiévale de la ville.

L’enceinte bastionnée renaissance de la place forte royale et son maître d’œuvre

Les travaux limités de 1537 ont été à tort assimilés dans l’historiographie récente à une première étape de la grande campagne de construction de l’enceinte bastionnée de Saint-Paul, supposée amorcée en 1536 ou 1537 sous la maîtrise d’œuvre d’un ingénieur militaire royal de Provence, François (de) Mandon(s) de Saint-Rémy, assisté par le sieur de Séguyer.5 Cette assertion est issue de la seconde édition de la monographie historique de Jeanne Faure sur Saint-Paul, et s’est répercutée dans la bibliographie spécialisée, entérinant le nom et la paternité de cet ingénieur, orthographié de manière variable d’un auteur à l’autre,6 ce qui a introduit une ambiguïté entre deux, sinon trois personnages bien distincts.

Il s’agit, d’une part, de François Mandon (ou de Mandon) dit de Saint-Remy, issu d’une famille provençale installée à Arles7, d’autre part de Jean de Saint-Rémy, commissaire de l’artillerie, expert en fortification mentionné à partir de 1536, actif surtout en Picardie au début de sa carrière d’ingénieur, mais envoyé en mission en divers autres secteurs par François Ier, puis Henri II. Le premier de ces deux souverains l’envoie par lettres de commission en tournée en Provence en 1546, et lui précise qu’il doit lui rapporter « les portraitz et dessaing (des fortifications) pour les veoir et sur le tout oyr et entendre votre advis et rapport », lui exprimant sa confiance en indiquant « que n’y pourrions envoyer personnage qui soyt pour mieux satisfaire à nostre desir volompté intentions que vous, par l’expérience et bonne intelligence que vous avez esd. fortifications ».8 Cette tournée équivaut à une mission durable pour l’amélioration ou la réparation des fortifications de plusieurs places de Provence, au nombre desquelles sont citées Arles, Marseille, Antibes, Saint-Paul-de-Vence et Barcelonette.9 Jean de Saint-Rémy, qualifié de « l’un des cent gentilhommes de la maison du roi » en 1538,10 avait déjà été dépêché en août 1537 par François Ier pour une mission d’expertise à Marseille et à Narbonne11 ; auparavant, en juillet 1536, il avait été chargé de l’armement et défense des places de Beaucaire et Tarascon par Anne de Montmorency, lieutenant général en France et en Italie, dans le cadre de la défense de la Provence contre les entreprises de Charles Quint.12 En 1544, le « sieur de Saint-Rémy, commissaire de l’artillerie », est l’auteur d’un devis pour les fortifications de Chalon-sur-Saône13 ; on le retrouve maître d’œuvre des fortifications de la ville de Lyon de 1545 à 1549.14 A propos d’un projet pour la fortification de Toulon dont est chargé Jean de Saint-Rémy en 155215 (date à laquelle il porte le titre de commissaire général des fortifications), l’historien ancien de la Provence Honoré Bouche (1598-1671) le qualifie de « plus suffisant ingénieur en matière de fortifications et d’admirables inventions d’artifices de feu qu’on sût trouver dans toute l’Europe ». Ce Jean de Saint-Rémy dont la carrière d’expert en fortification commence en Provence, à Beaucaire et Tarascon, se confond avec Jean (de) Renaud de Saint-Rémy, d’une famille de Saint-Rémy de Provence, tué au siège de Saint-Quentin en 1557 et inhumé en l’église collégiale Saint-Martin de Saint-Rémy de Provence, et dont Brantôme signale la présence lors du siège de Naples par les troupes de Lautrec en 1528, en précisant : « ...ce brave et vaillant Sainct-Remy qui depuis s’est faict signaler en nos guerres estrangères aux sièges et aux mines et fortifications…16 ».

L’attribution de la fortification de Saint-Paul à François de Mandon de Saint-Remy, dont les attaches familiales à Saint-Paul sont affirmées par l’historiographie locale ancienne, est empruntée par Jeanne Faure à un historien régional antérieur, Edmond Blanc, bibliothécaire de la ville de Nice, qui, dans les années 1870, étudia Saint-Paul.17 Blanc avait relevé une inscription du XVIe siècle, alors encore lisible, gravée sur une pierre insérée dans le flanc d’un bastion immédiatement à droite de la porte nord de la ville. Soumise à l’expertise du baron de Guilhermy, cette inscription faisait allusion à l’importance des fortifications de Saint-Paul, et rappelait le souvenir de François Ier et de la bataille de Cérisoles (1544)18, mais ne mentionnait pas le nom de Saint-Remy, relevé par ailleurs par Blanc dans les sources d’archives. Cependant, ce François Mandon de Saint-Remy à qui Blanc attribue (par défaut : il ignorait Jean de Saint-Remy) la construction des remparts de Saint-Paul, était un arlésien, capitaine artilleur qui participa aux guerres d’Italie sous Henri II ; anobli en 1565, mort en 1575, ce personnage était donc à la fois trop peu qualifié en ingénierie militaire et d’une génération trop tardive pour que cette attribution soit défendable.

Compte tenu de l’ambition du programme de fortification développé à Saint-Paul, l’intervention experte et la maîtrise d’œuvre de Jean de Saint-Remy paraissent assurées, mais on n’a la certitude de sa venue en Provence et à Saint-Paul pour expertiser et deviser les places fortes qu’en 1546 au plus tard.19

De fait, les épaves des archives communales de Saint-Paul témoignent, pour l’année 1546, à la fois de la présence du « sieur de Saint-Rémy » et du sieur de Séguier ou Séguyer, commissaires des fortifications. Elles témoignent aussi de l’activité intense du chantier de construction jusqu’en juin 1547, servi par des centaines d’ouvriers acheminant la pierre à bâtir, dont des pierres de taille, depuis les carrières de La Sine.20 Les travaux n’auraient pas été achevés après la mort de François Ier, ce qui expliquerait l’absence de parapets d’origine et du cordon.

La ville avait acquis son statut officiel de place forte royale et de viguerie en 1543, date de prise de fonction du gouverneur Ugolin de Grimaldi, et du viguier Barthélemy Duport. Il paraît probable de placer le commencement du chantier de construction de la nouvelle enceinte bastionnée au plus tard à cette date. Ce chantier imposa l’expropriation et la démolition de nombreuses maisons et des chapelles de Saint-Georges et de La Trinité, les habitants touchés par ces destructions ayant dû s’installer hors les murs, dans les hameaux de La Colle et de Roquefort.

Le programme a consisté a construire une enceinte bastionnée complète à hauts revêtements sans dehors, autour de la partie haute et densément bâtie de l’agglomération, en sacrifiant les maisons qui s’élevaient sur une trame plus lâche hors les murs de l’enceinte médiévale et en abandonnant extra muros le secteur sud, en contrebas du reste de l’agglomération, autour de la chapelle Saint-Michel, secteur qui semble avoir été incorporé auparavant dans le périmètre de l’enceinte médiévale. L’enceinte bastionnée reste cependant étirée en longueur dans le grand axe nord-sud, du fait des contraintes topographiques, et comporte deux fronts d’entrée opposés avec porte encadrés de deux bastions, au nord et au sud.

Le mur de ville du XIVe siècle était discontinu, comme dans la plupart des villes fortifiées provençales, les façades postérieures des maisons participant directement de l’enceinte. Aussi la conception moderne de l’enceinte bastionnée, avec chemin de ronde continu, sans servitudes imposées par l’habitat civil, ne pouvait-elle se superposer strictement à la clôture médiévale. La porte et une tour du côté nord sont conservées et réutilisées à l’intérieur et en retrait du nouveau front d’entrée nord bastionné.

Projets des ingénieurs du duc de Savoie et état des lieux au temps de la Ligue.

En 1589, lors d’une première occupation des places fortes françaises de Provence orientale par les ligueurs français dirigés par Hubert de Vins, hostiles à Henri IV, alliés au duc Charles-Emmanuel de Savoie, ce dernier charge son « surintendant général des forteresses de Provence », l’ingénieur Ascanio Vitozzi, de relevés et de projets de fortification pour ces places occupées, dont Saint-Paul.21 Le projet de Vitozzi pour Saint-Paul « un beau et fort site et une forte enceinte », proposait seulement, à l’intérieur de l’enceinte bastionnée existant dans son état définitif, deux options pour la mise en place d’une petite citadelle destinée à tenir en respect les habitants de la ville.22 L’un des emplacements était l’extrémité sud de l’enceinte, l’autre le noyau « noble » et point haut du bourg, soit le secteur de l’église et de l’ancienne tour seigneuriale, « attorno S. Pietro (=église Saint Paul) et in mezzo la terra ». Ce projet n’a reçu aucun commencement d’exécution lors de l’occupation de Saint-Paul par une garnison de Savoie, qui avait pris le relais des ligueurs entre le 30 octobre 1590 et février 1596. En revanche, les parapets qui faisaient défaut sur les fronts bastionnés furent construits à moindre frais par l’occupant Savoyard.

Le plan de Vitozzi offre l’intérêt d’être le plus ancien connu de Saint-Paul, montrant un état des lieux qui changera fort peu par la suite, y compris en ce qui concerne le secteur sud extra muros, avec l’enclos cimetérial Saint-Michel et les restes discontinus, maintenus en place, de l’ancienne enceinte.

A la mort de Jacques de Villeneuve, gouverneur royal en titre de Saint-Paul, en novembre 1593, Claude de Villeneuve est désigné par le roi pour lui succéder, mais ne peut assurer sa fonction, le parti ligueur ayant nommé concurremment au même poste Frédéric de Castellane, seigneur de Villeplane.23 La reddition de la place donne lieu à un traité conclu le 15 février 1596 entre Charles de Lorraine, duc de Guise, lui-même ancien ligueur, devenu lieutenant général de Provence pour Henri IV, et Villeplane. Le traité confirme ce dernier dans son poste de gouverneur, avec provisions, pour le rallier au roi contre le duc, et l’autorise à faire construire deux tours, sur les bastions des murailles de la ville et sur ( ?) la porte Saint-Michel (porte sud) « tant pour la fortification de ladicte ville que pour l’assurance de sa personne ». Il ne semble pas que ce projet ait été réalisé, mais l’intention était peut-être de reproduire à la porte sud de l’enceinte la disposition existant au nord, avec arrière porte formant tour.

Au début du XVIIe siècle, la place forte de Saint-Paul perd beaucoup de son importance stratégique du fait de la création de l’enceinte bastionnée d’Antibes par les ingénieurs royaux territoriaux Raymond et Jean de Bonnefons, la place forte portuaire passant au premier plan.

Projets inaboutis et état des lieux de Vauban et de Niquet, 1692-1707

Cette léthargie d’un siècle qui a en quelque sorte « fossilisé » l’enceinte bastionnée de la renaissance, est remise en cause par Vauban dans le cadre de la troisième génération de projets qu’il propose pour les places fortes de Provence, en novembre 1700, avec la collaboration d’Antoine Niquet, son directeur des fortifications pour la Provence. L’illustre commissaire général des fortifications avait négligé cette place dans sa tournée de 1682 et l’avait visitée brièvement en 1692, estimant alors que « sa fortification est très aisée à achever et de médiocre dépense » et signalant le projet qu’il en a conçu, « remis entre les mains de M. Niquet pour en faire les estimations en temps et lieu ».

C’est toutefois seulement au début de 1701 que Vauban soumet au responsable du département des fortifications Lepeletier de Souzy, et au roi, son projet de principe de remise en état et d’amélioration des fortifications de Saint-Paul, non sans formuler quelques réserves sur l’opportunité de sa mise en oeuvre. Ce projet, dont il doute manifestement de l’utilité absolue, est implicitement mis en balance avec une autre option consistant à fortifier les village et château de Carros, possession royale engagée, qui commande plus directement la vallée du Var.

« Voicy, Monsieur, le projet de St Paul, d’Antibes, du Gourjan et des Isles Ste Marguerittes, il y a longtemps que vous les auriez eu si Mr Niquet m’en avoit plus tost fourny les estimations, mais il a esté incommodé, cela joint à sa façon de travailler qui est lente mais seure et très apliquée me les a retardés jusqu'à présent.

Je n’ay pas considéré St Paul comme une place bien nécessaire mais telle qu’elle est elle n’auroit pas du estre indifférente si les affaires entre la France et l’Espagne avoient subsistées en l’estat qu’elles estoient quand j’en ay fait le projet. Le grand roy François qui fit commencer sa fortiffication avoit eu des raisons pour le faire qui ne sont pas encore bien esteintes puisque la même frontière subsiste toujours contre un prince qui a la réputation de ne nous pas fort aimer, ce projet contenant deux propositions, sa majesté est à mesme d’en choisir l’une ou l’autre ou de les rejetter toutes deux, je suis en tout cas pour la dernière qui ne doit coûter que 68584 ll ; si après cela le roy veut songer à Caros et à une grande redoute sur le passage du Var à Saint-Laurent, il ne faudra que mander à Antibes d’en lever un plan. Si l’empereur estoit maître du Milanais, il ne faudra pas négliger ces postes, mais si les choses subsistent en l’estat qu’elles sont, je ne croy pas que sa majesté en ait besoin… ».24

La majeure partie du mémoire présentant le projet de Saint-Paul est consacré à un descriptif assez détaillé et historiquement renseigné de l’état des lieux :

« La fortiffication de la petite ville de Saint Paul fut ordonnée par François Premier peu de temps apres la bataille de Cerisolle, ce grand prince l’ayant jugé nécessaire à la seureté de cette frontière pour lors foible et peu armée ; elle fut bastie sur un très mauvais dessin, car il falut pour l’executer abattre plus de moitié des maisons de la ville, et avancer la place sous un commandement dont il faloit se reculer au lieu de s’en aprocher, l’art de fortiffier a la moderne estant dans sa première enfance et sans règle certaine, ces productions en devoient estre fort imparfaites, aussi l’ont elles esté dans le dessein de cette place qui fut aussi grossièrement conceue qu’exécuté.

Elle est scituée sur une petite hauteur par raport a une beaucoup plus grande qui la commande. Elle peut contenir 150 à 160 maisons, et environ 900 à mil personnes a tout compter. (…) Son revestement a 9 : 10 : 11 : à 12 : pieds d’epais en fondation, revenant a 5, 6: et 7: a hauteur de cordon sur l’elevation de 4: à 5: toises, le tout sans cordon. Le Roy François estant venu a mourir, les affaires changèrent de face, et la fortiffication de cette place fut discontinuée comme beaucoup d’autres auxquelles ce grand Prince faisoit travailler avec empressement sur la fin de son règne ; le revestement de S.t Paul demeura donc en l’estat ou il se trouva pour lors sans cordon ni parapet. Longtemps après et avant que Henry 4e fut Roy de France, Charles Emmanuel (dit le Bossu), pour lors Duc de Savoye, Prince fin et rusé, espérant pouvoir profiter du débris de cette monarchie, tacha par tous moyens de s’emparer du Dauphiné et de la Provence, mais Lediguières luy ayant souvent donné sur les doigts en Dauphiné, il tourna du costé de Provence, ou ayant apris que S.t Paul estoit fortiffié aux deux tiers, il la fit surprendre en comptant qu’elle pouvoit luy demeurer aussi bien qu’Antibes, il y fit faire le parapet que l’on y voit qui ne vaut rien bien que le revestement soit bien fait et fort bon ne s’estant en rien dementy comme estant d’une très bonne maçonnerie dont les joints ne sont point desgraciez, tout y paroissant aussi entier que le jour qu’ils ont esté fait. C’est la dernière place de la montagne ; son grand deffaut est d’estre très petite de maniere qu’on n’y sauroit bastir de casernes ni de magasins ni d’arcenal si petit soit il sans estre obligé d’abattre une partie considérable du peu de maisons qui y restent ; les vestiges qu’on voit en quelques endroits de sa vieille enceinte marquent qu’elle a esté beaucoup plus grande qu’elle n’est et il est vray que ses murs a l’antique estoient foibles et peu convenables a la fortiffication moderne mais ils estoient si bien placés qu’il eut esté a souhaiter qu’on s’en fut tenu a leur simple reparacion. Les autres deffauts de cette place, oultre sa petitesse, sont les eaux dont elle n’est gueres bien pourveüe, l’inégalité et le peu de largeur de ses rües dans lesquelles les charois ne scauroient rouller, elle n’a point de place et ses portes sont tres imparfaites et peu seures, point de fossez ni moyen d’en faire, ni d’espace pour y mettre des dehors, hors une simple fausse braye qu’on y poura acommoder avec assez de peine, au surplus ses deux longs costés s’abattent par deux pentes fort roides coupées en partie par de grands escarpements qui se dirigent comme les figurés25 et la rendent inaccessible par les endroits ou ils sont. Les deux portes sont placées dans les deux plus petits fronts, l’un desquels s’abat et se prolonge par une longue et estroite rempe jusques dans le fond des ravines du costé de Cagne, et l’autre plus large s’abaisse un peu et puis se relève par une grande hauteur du costé de Vence, les premières parties malfaisantes de cette hauteur ne sont qu’a 220 toises de la place, après quoy continuant de s’elever a mesure qu’elle s’éloigne, elle fournit a l’ennemy des commandemens et scituacions de batteries a tous estages, ce qui fait presumer que si la place estoit assiegée elle seroit attaquée par cette teste, mais l’ennemy auroit bien de la peine a y mener du canon, et il seroit bien plus aisé d’en amener contre la petite teste (6, 8) (front sud) cela fait aussi présumer que l’attaque se pouvoit bien faire par la. Pour ce qui est des deux longs costés pour peu qu’on les acommode ils deviendront inattaquables ; tout le gros revestement est en bon estat comme nous l’avons déjà dit, mais le parapet qui n’est que de maçonnerie fort brutte, n’a que pied et demy d’espaisseur, il est fort ébreché et en mauvais estat, il n’y a pas une guérite ni un corps de garde sur pied, les terre-pleins sont imparfaits, point de platteformes a canon ni de porte qui vaille, ni de magasin de quelque espece que ce puisse estre qui meritte en porter le nom hors un tres petit de 11 pieds en quarré dans œuvre a trois estages dont le bas vouté sert de magasin au plomb, l’estage au dessus de magasin a poudre, celuy sous le toit de magasin à mesche, sacs a terre, corde etc...(tour carrée de l’enceinte médiévale du XIVe siècle à l’arrière de la courtine du front nord) Outre ce que dessus, il y a une cave voutée au dessous qui est un cachot noir dans lequel on entre par une trape, ce magasin tel qu’il est est unique et fort exposé au canon de l’attaque du plus grand des deux fronts. Les flancs, quoy que fort petits sont la plus part a orillons quarrés et casemattés pour une pièce de canon chacun, mais les revestements des casemattes ne sont élevés qu’au rez du terreplein, voila en gros l’estat de la place, pour laquelle pouvoir réparer et mettre dans un estat raisonnable. »26

Cette dernière précision sur les casemates des flancs des bastions indique qu’elles sont inachevées, tout comme le terrassement formant terre-plein, et n’ont apparemment pas reçu le voûtement qui devait les couvrir (et justifie leur qualification de casemates), ce que confirme l’expression graphique du plan d’état des lieux dressé le 22 octobre 1700 par M. du Tourrondel27 ; ce plan indique aussi l’inachèvement du terrassement des deux grands bastions du front nord, puisque les contreforts intérieurs du revêtement y sont apparents. La porte sud y est précédée d’une sorte d’avant-mur entre les deux demi-bastions, constituant une protection avancée sommaire.

La première des deux propositions d’intervention de Vauban sur l’enceinte, très détaillée quand à la mise en œuvre, comporte de « commencer par démonter son vieux parapet et de faire un arasement général qui comprenne tout le sommet du revestement de la place, observant d’élever les faces des deux bastions (qui) font front à la grande hauteur (front nord) de 4 pieds 1/2 ou equivallant… » puis de « poser un cordon de pierre de taille tout autour de la place, luy faire apres un parapet de 6 pieds d’épais sur les deux petites testes (fronts nord et sud) et 4 1/2 le long des grands costez sur la hauteur de 7 pieds 1/2 sans banquette de bonne et solide maçonnerie… ». Ce parapet d’artillerie devait être percé d’embrasures « voûtées » encadrées en pierre de taille ou de briques telles qu’on en emploie à Antibes. Ces embrasures auraient été fermées en temps ordinaire d’un mur maigre percé de créneaux de fusillade.

Pour le terre-plein du chemin de ronde desservant le parapet projeté, Vauban envisage de ménager des plates formes pour des batteries à barbette permettant de « tirer a decouvert par le dessus du parapet ». Les casemates des deux flancs de chaque bastion sont à « vuider et nettoyer », à munir d’évents et à mettre en communication l’une à l’autre par une galerie souterraine voûtée large de 12 à 14 pieds, avec accès unique « qui n’embarasse point les flancs », selon un dispositif également proposé par Vauban et Niquet aux bastions du fort de Sainte-Marguerite au large de Cannes. De plus, Vauban propose de « suprimer les orillons et redresser les flancs » en avant de leur alignement, au droit de la saillie des orillons, de manière à laisser place à trois pièces de canon, deux dans le haut du flanc ainsi allongé et une dans la casemate ; cette proposition ne concerne apparemment que les orillons carrés des flancs de bastions des longs côtés est et ouest, non les orillons arrondis des petits fronts d’entrée nord et sud. Il s’agit aussi de « faire des guerittes de maçonnerie a chacune des pointes des bastions et une sur le milieu des faces de ceux qui n’ont pas de pointe et autant sur les redents du corps de la place ». Trait plus ambitieux, l’amélioration de la défense des deux portes nord et sud doit comporter « cinq fermetures, scavoir deux portes (vantaux), une herse ou des orgues, un pont dormant coupé d’un pont levis avec une barrière au bout (…) un corps de garde en dedans et un petit en dehors pour leur servir d’avancée… », ce qui suppose la création d’un fossé et de dehors devant les portes nord et sud. Ces dehors proposés consistent en une demi-lune pour le front nord, une fausse braie pour l’ensemble de l’enceinte, qui doit envelopper le cimetière Saint-Michel en avant du front sud. Vauban admet qu’à Saint-Paul il est « impossible d’y bastir des cazernes a moins que d’abattre beaucoup de maisons et de reduire cette petite villotte presque a rien », en sorte qu’il n’est envisagé que de construire un magasin à poudres « et d’achepter deux ou trois maisons abandonnées et des plus mauvaises pres du rempart pour en faire un petit couvert pour les affuts, une salle d’arme ... des mesches et sacs a terre. »

En avant de la porte et du front sud, Vauban propose « une teste revestüe et terrassée (en forme d’ouvrage à cornes) ou estoit autre fois la porte de la ville (de l’enceinte médiévale), y faire un parapet, un portail, une porte, un pont et un fossé revestu au devant avec une barriere… »

A défaut d’approbation des articles de cette première proposition, Vauban en propose une seconde, revue très nettement à la baisse, qui a sa préférence et n’oblige pas à « tenir garnison en temps de paix » dans cette place. Cette proposition économique se borne à l’aplanissement du terre-plein de l’enceinte, au pavement de son chemin de ronde, et à « l’erection d’un simple parapet de maçonnerie de 7 : pieds 1/2 de haut sur trois pieds d’epais percé de créneaux espacés de 10 a 12 pieds l’un de l’autre bien plongeant… » bien tournés « sur toutes les découvertes des environs », le parapet projeté doit comporter deux embrasures a chaque flanc deux a chaque face (de bastion), et trois ou quatre aux courtines qu’il faudra murer et créneler après ». Il convient en outre de « mieux asseurer l’entrée des portes et y faire des corps de gardes et deux avancées avec deux petits redents au devant… ». De la première proposition, est conservé le principe de l’accommodement des flancs des bastions en supprimant les orillons, et l’aménagement d’un magasin a deux étages.

Aucune des deux propositions de 1700 n’ayant reçu un début d’exécution, Niquet présente le 11 janvier 1705 un nouveau projet d’impact limité pour l’enceinte de Saint-Paul, qui reprend et adapte certaines des propositions du projet antérieur.

Niquet propose de terrasser les bastions 10 et 12 (bastions plats du front ouest) qui sont « vuides » et indéfendables, de combler les casemates des deux bastions du front nord (1 et 14) qui, par ailleurs, ne sont pas considérés comme insuffisamment terrassés dans leur volume principal, malgré ce qu’indiquait le plan d’état des lieux en 1700. Il est proposé de démolir les parties ébréchées du parapet, et de les refaire avec des créneaux, de faire une guérite en saillie aux angles flanqués (pointe ou angle de capitale des bastions), de remanier le flanc droit du bastion 1 (nord-est) en supprimant l’orillon comme dans le projet de 1700, en surhaussant ce nouveau flanc en avant de l’ancien et en y aménageant une casemate de deux étages percée de créneaux de fusillade. Il est question de traiter de la même manière le flanc gauche de la « plate-forme 3 » (saillant flanquant du front est) qui n’est pas assez élevé pour flanquer toute la courtine 2 et la face droite du bastion nord-est. Le projet prévoit de rehausser le terre plein de la courtine nord jusqu’à l’arase des gros murs, le faire porter au-dessus de la porte de ville sur une arcade large de deux toises, accommoder le parapet avec créneaux. Les deux demi bastions du front sud ( 6 et 8 ) doivent être améliorés en voûtant leurs casemates de flanc et en y pratiquant des entrées, soit des passages traversant le mur non remparé depuis la ville.

Il semble que, seulement à partir de 1706, certains articles ont pu être réalisé, probablement pas l’amélioration des casemates des demi-bastions sud, sauf pour la voûte de celle du sud-est28 (les accès de plain pied n’ont jamais été percés), mais sûrement le comblement des casemates des deux bastions (1,14) du front nord, sauf pour le flanc droit du bastion nord-est. Ce comblement a été étendu aux casemates des deux bastions plats du front ouest (10 et 12). L’achèvement avec rehaussement du rempart de la courtine nord a aussi été réalisé.

En revanche, les autres articles, en particulier les deux flancs casematés à deux étages crénelés prévus à l’est, pour le bastion nord-est (1) et le saillant voisin (3) n’ont pas été réalisés, pas plus que la réfection du parapet ou la création des guérites. Le saillant ou plate-forme à canon (3) du front est a été retouché au moins pour son flanc sud, sans doute à la suite de ce projet et de dégâts causés par le siège des impériaux en juillet 1707, comme l’indique le millésime gravée sur une pierre à l’angle sud-est de ce saillant.29 Enfin les flancs des deux demi-bastions du front sud ont probablement été repris à cette même période en remplaçant les embrasures des casemates par des créneaux.

Le gouverneur de Saint-Paul de cette époque est le marquis de Grimaldi de Villeneuve ; à sa mort avant 1707, la communauté des habitants achète la charge de gouverneur, ce qui l’attribue de facto au maire.

Stagnation des projets, abandon et décadence de la place, 1717-1805

Aux mois d’avril et de juin 1717, le directeur des fortifications Paul–François de Lozière d’Astier rédige deux avis successifs sur l’état de la fortification de Saint-Paul et sur « les réparations indispensables à (y) faire (…) si l’on veut la regarder comme place de guerre ».30 Accessoirement, il demande à ce que la charge de gouverneur, abandonnée par le maire, lui soit attribuée, pour faciliter la conduites des projets sur la place forte.

Le constat est que ces fortifications « dépérissent non pas tout à fait par la faute du maire et des consuls mais aussi parce qu’on n’y fait depuis longtemps aucune réparation »

Les portes sont fermées seulement par une barrière, sans pont-levis, celui qui existait à la porte sud ou porte Saint-Michel, pourri, a été enlevé sur ordre du maire gouverneur, le sieur Du Port, avec comblement de son fossé. Le terrassement du bastion nord-est a été surcreusé, ce qui n’est pas considéré comme préjudiciable, car cela permet de dérober les hommes au regard des hauteurs voisines. La courtine médiane du front est menace ruine et « fait ventre de deux pieds vers le milieu », au point que Lozière d’Astier écrit qu’il « paroist dificile d’empescher qu’elle ne tombe sur 20 à 30 toises de long (…) je ne sçache autre remède à cet inconvénient que de la décharger et démolir les parties menaçant ruine ». De plus, les fondations sont déchaussées par le ravinement du terrain, en sorte qu’il « faudrait, après avoir réparé les murs, y former le long une berme d’une toise de large, qui cache les fondations sur un pied et demi de haut ». Les plans joints à ces avis indiquent la longue partie de courtine à démolir et reconstruire avec contreforts intérieurs, et donnent le profil de la berme31 qui, sur le front ouest, doit occuper une terrasse déjà établie par un particulier au pied du revêtement.

En 1724, Lozière d’Astier propose un projet plus détaillé en faisant référence rétrospective à Vauban et à son projet qui témoignait du fait que Saint-Paul est « une place de conséquence pour la sûreté du royaume ».32 Il s’agit toujours pour l’essentiel de la démolition et reconstruction de la courtine ouest et de la mise en place, à son pied, d’une berme à terre coulante de 6 à 9 pieds de large.

Rien d’important n’ayant été fait à la suite de ces rapports, il faut attendre le 9 février 1746 pour que les consuls de Saint-Paul expriment leur inquiétude à M. D’Argenson, à propos des mouvements et désordres de la courtine « Sainte-Anne ». L’ingénieur territorial du génie Légier du Plan est chargé de proposer un parti pour la réparation et la stabilisation de cette courtine fissurée en trois endroits, et propose à son tour une berme revêtue d’une maçonnerie de soutènement, à la place de la berme ruinée en place.33 Le coût important estimé de la démolition-reconstruction semble dissuasif, et un maintient de la courtine en place parait possible à l’ingénieur, à condition de régler le problème de l’écoulement des eaux pluviales dans le revêtement. La solution proposée est le pavement de la terrasse avec pente, caniveaux et gargouilles, associée à la réparation des fissures.

Jugée alors sans importance stratégique pour la défense de la frontière, la place n’est considérée comme utile que pour « se défendre contre un parti et servir de refuge aux villages circonvoisins ». Avec la réparations de ses parapets et une garnison de 200 hommes, elle est jugée pouvoir résister plusieurs jours à un ennemi même pourvu de canons.

Après cette date, la place forte de Saint-Paul entre dans une nouvelle période de léthargie, faute d’occupation et d’entretien par le génie ; elle entre dans la catégorie des places dites « abandonnées », officiellement déclassée sous l’Empire. En 1805, la partie menaçante de la courtine centrale du front ouest, au mieux sommairement consolidée par obturation des fissures mais jamais reconstruite, s’effondre sur une longueur de 30m ; La brèche ainsi formée, associée à un cône d’éboulis, crée une ouverture par laquelle il est possible d’entrer facilement dans l’enceinte ; l’année suivant l’éboulement, la berme déjà établie au pied de cette courtine est reconstituée pour empêcher le déchaussement par ravinement des parties encore debout.

Des derniers projets de réhabilitation militaire du XIXe siècle au Monument Historique 1829-1985

Il faut attendre le 10 mars 1829 pour trouver un projet de réhabilitation de la place forte dans un mémoire d’officier du génie « sur la position militaire de St Paul et des avantages qu’on peut tirer de cette place pour la défense de la frontière du Var ». Il y est énoncé que « la petite place de Saint-Paul peut jouer un rôle très important dans la défense de la frontière du Var, et (…) doit être classée parmi les postes militaires du royaume ».34

Le lieutenant colonel Girardin, auteur du mémoire, estime qu’à part la brèche ouest, les fortifications de Saint-Paul sont en bon état, et qu’une « quinzaine de mille francs suffirait pour relever cette brèche et faire quelques légères réparations au mur qui couronne le haut du revêtement… »

En ce qui concerne la garnison, la ville ne renfermant « aucun édifice propre à recevoir des établissements militaires » la solution envisagée est le logement chez l’habitant moyennant location, ce qui a été longtemps pratiqué lorsque la place avait « une compagnie de fusilliers sédentaires en garnison. »

La reprise en charge des fortifications de Saint-Paul par le génie et le département de la guerre, soit la réhabilitation de la place, est décrétée le 29 septembre 1832. Des travaux de réparation et de confortation sont alors proposés : le déchaussement des courtines, provoqué par le ravinement des terrains cultivés sur les pentes attenantes, s’est aggravé de façon critique au fil du temps. Certaines parties de courtines ont leur fondation dégarnie et suspendue en porte à faux sur une hauteur allant de 1 à 2m, et sur une profondeur de 1, 25m. La reprise en sous-œuvre des parties menaçantes par mise en place de 18 contreforts obliques isolés espacés de 4m fait l’objet d’un premier projet en mars 1833, signé du lieutenant colonel Buré.35 La reconstruction de la brèche est mise en attente, avec l’idée de construire à cet emplacement « un redan ou petit bastion abaissé ». Ce projet est ajourné par le ministre de la guerre pour insuffisance de renseignements.

Dans un mémoire postérieur de quelques mois, le commandant en chef du génie de la place d’Antibes, Charles-Joseph Clérici36, signale en outre que le très mauvais état de la courtine du front est partant du bastion nord-est, et du redan ou plate-forme qui lui fait suite, justifieraient leur reconstruction intégrale. Le projet établi par Clerici pour 1834 comporte la reconstruction de la brèche de la courtine ouest, sans le « petit bastion » proposé par Buré, et la reprise en sous-œuvre de la courtine est/nord-est. Le projet de reconstruction du segment de courtine propose d’établir cinq casemates peu profondes éventuellement logeables au revers du nouveau revêtement, avec déblaiement préalable des terres du rempart pour y céder place. Cette option est rejetée par le comité des fortifications, et Clérici est invité à faire une nouvelle proposition pour le logement d’une garnison de base. Alors est proposée la réhabilitation de la tour d’enceinte médiévale du front nord qui était utilisé comme magasin à étages au temps de Vauban, avec celle de la maison attenante, appartenant aussi au domaine de l’Etat. Dans un premier temps, la tour, qui est affermée de longue date à l’hospice local, avec les terrasses des deux bastions du front nord, avait été proposée pour loger un gardien permanent, à recruter parmi les militaires retraités.

Les réparations jugées indispensables, soit le remontage de la brèche de la courtine ouest, selon un parti simple, et la réparation de la courtine du front est attenante au bastion nord-est (à l’exclusion de celle du flanc du redan voisin), ne sont approuvées définitivement qu’en novembre 183637 et réalisées par la suite, en 1837.

Trois ans plus tard, le chef du génie Clérici est chargé d’appliquer au poste de Saint-Paul-de-Vence, jugé digne d’être occupé, la circulaire ministérielle du 5 septembre 1840, tendant à le mettre « à l’abri d’une surprise ». La proposition de travaux « strictement indispensables »38 comporte la mise en place de quatre fermetures aux deux portes de ville, et l’arrangement des parapets sur les points essentiels, soit les flancs des ouvrages permettant de découvrir le pied des escarpes.

Devenue stratégiquement inutile après la réunion du comté de Nice à la France en 1860, le poste de Saint-Paul, gardé par un sergent du génie jusque 1868 est déclassé officiellement en 1870. L’administration des domaines met en vente les anciennes fortifications aux enchères publiques, mais, à la demande du maire Henri Layet, soucieux d’éviter la privatisation et les démolitions, l’administration centrale offre à la commune de racheter l’enceinte moyennant 400 francs, ce qui est accepté par le conseil municipal le 13 juillet 1872. La cession de ce bien des domaines à la ville est entérinée par décret ministériel du 27 mars 1873.

L’enceinte a conservé son intégrité jusque dans les années 1920, époque à laquelle un accès automobile en rampe a été aménagé dans le bastion nord-est, au prix d’une percée dans son flanc ouest et du déblaiement partiel de son terrassement. La porte nord de la ville, y compris la tour porte médiévale qui en fait partie, ont été inscrites à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques par arrêté du 15 mai 1926. Cette première protection officielle a été étendue à l’ensemble des « remparts et cimetière avoisinant », classés Monuments Historiques par décret du 20 février 1945. Depuis cette date, l’enceinte a subi une nouvelle percée pour la circulation automobile, dans le flanc du bastion sud-ouest, en 1985, sous la direction de l’architecte en chef des Monuments Historiques Jean-Claude Yarmola. Une troisième percée, à peu près contemporaine de cette dernière, a été ménagée dans le flanc gauche du saillant du grand front est de l’enceinte, communiquant avec une aire de stationnement automobile crée alors en terrasse au-dehors de ce front est.

Analyse architecturale

Site et implantation générale

Vue générale du site prise de l'ouest/nord-ouest.Vue générale du site prise de l'ouest/nord-ouest.La petite ville de Saint-Paul occupe un site de colline ou d’éperon naturel nettement détaché en isthme des versants montagneux environnants (Fig. 01) par deux vallons parallèles de grand axe approximativement nord-sud, le vallon du Malvan à l’est et celui du Cercle à l’ouest. La ville médiévale comportait, au point culminant, un noyau hiérarchisé de plan organique subcirculaire densément bâti autour de l’église paroissiale et de la tour seigneuriale, correspondant à la moitié nord de la ville close actuelle (Fig. 02). Un habitat moins dense s’échelonnait au sud de ce noyau, sur la partie haute de l’éperon, dans la moitié sud de l’enceinte actuelle, mais aussi sur les pentes modérées et étagées de la partie basse de l’éperon, au sud et hors de la ville close actuelle. Cette partie, dont reste le cimetière actuel, déjà en place à la fin du XVIe siècle, dans lequel s’élevait la chapelle Saint-Michel, était antérieurement incluse dans l’enceinte de la ville médiévale.

Le petit côté ou front nord de la ville close est dominé à peu de distance par les escarpements de la montagne, notamment une position jugée menaçante par les ingénieurs militaires jusqu’au XIXe siècle, dite la hauteur des Croisettes.

Plan, volumétrie, distribution spatiale, circulations et issues

L’enceinte bastionnée de Saint-Paul n’a pas changé en plan, et peu en élévation, depuis sa construction initiale achevée, ou plutôt inachevée, en 1547. Son plan polygonal irrégulier étiré en longueur dans le grand axe nord-sud, s’est affranchi autant que possible des formes organiques du bâti aggloméré et de l’enceinte médiévale, pour définir quatre fronts composés de courtines rectilignes jalonnées de bastions ou d’ouvrages de flanquement saillants, comportant systématiquement des flancs assez peu décollés, à orillons.

Les deux portes et les huit ouvrages ou organes de flanquement (bastions, demi bastions, bastions plats, saillant et redan) répartis sur le périmètre, ont reçu, semble-t-il assez tôt, une dénomination individuelle, celle-ci s’étant étendue par la suite aux courtines intermédiaires, avec une nomenclature chiffrée. Cependant, ces dénomination et nomenclature ne sont pas constantes d’un plan à l’autre, depuis le plan Vittozzi (1589) jusqu’aux plans du XIXe siècle, en passant par les plans de Niquet.

Enfilade de la courtine médiane du front est.Enfilade de la courtine médiane du front est.Compte tenu de la topographie escarpée du site, l’enceinte bastionnée ne comporte ni fossé, ni dehors. Son revêtement, soit les murailles formant les courtines et les ouvrages de flanquement, atteint une grande élévation, allant de 12m à 20m, profilée en fruit sur toute sa hauteur actuelle, y compris le parapet sommaire de la fin du XVIe siècle. Le cordon qui devait marquer la transition avec le parapet vertical n’a jamais été construit, pas plus que le parapet du projet initial. Ces murailles sont bien conçues comme revêtement d’un rempart, mais le terrassement intérieur constituant ce rempart, même après les perfectionnements ponctuels du début du XVIIIe siècle, n’a jamais été entièrement achevé. De ce fait, dans le secteur du front sud, dans la moitié sud du front est et dans le tiers sud du front ouest, la face intérieure de l’élévation murale, dépourvue du terrassement qui devait s’y adosser, surplombe le sol de la ville intra muros, à la manière des murs d’enceinte médiévaux (Fig. 04). Cet état des lieux n’est pas représentatif de ce qu’aurait dû être l’état achevé.

Les fronts nord et sud se composent d’une unique courtine encadrée de deux bastions dans le premier cas, et de demi bastions dans le second.

Courtine est et flanc droit à orillon carré du bastion nord-est.Courtine est et flanc droit à orillon carré du bastion nord-est.Les bastions encadrant le front nord, nommés de façon assez constante bastion du Roi (nord-est) et du Dauphin (nord-ouest) sont à la fois les seuls bastions complets et les plus grands ouvrages de flanquement de l’enceinte. Ils comportent chacun un flanc retiré assez profond à orillon demi-circulaire vers la courtine nord (Fig. 05), et un flanc plus étroit et moins profond à orillon carré du côté des fronts est et ouest. Ces deux bastions de même largeur à la gorge ne sont pourtant nullement symétriques en plan, car la courtine nord est implantée dans un axe biais et non perpendiculaire par rapport au départ légèrement divergeant des fronts est et ouest. Ainsi l’angle nord-est de l’enceinte, plutôt aigu, a imposé un angle plus aigu encore à la rencontre des deux faces, soit à la capitale, du bastion qui l’occupe (du Roi), tandis que les faces du bastion nord-ouest (Dauphin) sont à la fois plus courtes et réunies en angle obtus du fait de l’angle très ouvert de l’enceinte (Fig. 07).

La courtine du front sud est deux fois plus courte que celle du nord et ses demi-bastions sont les ouvrages de flanquement les plus petits de l’enceinte. Leur appellation constante est bastion de Grignan39 (sud-ouest) et Annebaud40 (sud-est). La courtine sud se retourne à angle droit du dernier segment de muraille du front est, et à angle obtus de celui du front ouest. Ces segments se prolongent jusqu’à la pointe des deux demi-bastions, dont les faces et les flancs à orillons semi-circulaires sont symétriques dans leurs proportions, formant ce que la terminologie de la fortification moderne appelle un front « à cornes ».

Les deux portes de ville sont aménagées chacune dans l’un de ces deux fronts nord et sud, selon une disposition symétrique d’un front à l’autre, soit (en se plaçant à l’intérieur de l’enceinte) à l’extrémité gauche de la courtine, à l’abri du flanc retiré et de l’orillon du bastion de gauche, soit le bastion nord-ouest pour la porte nord (Fig. 08), et le demi-bastion sud-ouest pour la porte sud (Fig. 09).

Porte nord et flanc retiré droit du bastion nord-ouest.Porte nord et flanc retiré droit du bastion nord-ouest. Porte sud, flanc retiré et orillon du demi bastion sud-est.Porte sud, flanc retiré et orillon du demi bastion sud-est.

Cette disposition des portes à l’abri des flancs à orillons des bastions est caractéristique en général de la première fortification bastionnée, et tend à être abandonnée à partir du dernier quart du XVIe siècle au bénéfice des portes en milieu de courtine, plus rationnelle dans la mesure où la porte y est suffisamment défendue par les tirs de flanquement réciproques. Ce parti archaïque de la porte dans le flanc retiré, encore utilisée au Fort Carré d’Antibes, correspond à une phase de la fortification bastionnée qui ne comporte pas encore de dehors de type demi-lune couvrant les courtines à mi-distance entre les bastions. Les portes de Saint-Paul sont effectivement masquées et défilées des tirs d’artillerie frontaux ennemis par cette disposition, mais cette même disposition génère des contraintes, surtout du fait de la relative étroitesse des flancs, comme l’oblicité assez forte et le coude imposé à la chaussée d’accès, pour contourner l’orillon, contraintes relativement incommode pour les attelages. Il en résultait aussi, semble-t-il, un dégagement insuffisant pour aménager un pont-levis de gabarit charretier. Ces deux portes étaient donc apparemment dépourvues de pont-levis (à la différence de celle du Fort Carré d’Antibes, qui est une porte piétonne). Les deux accès automobiles créés au XXe siècle à soixante ans de distance pénètrent dans l’enceinte au revers des orillons circulaires des bastions de droite des fronts nord et sud, par défoncement des flancs (Fig . 05 et Fig.10), reproduisant par là en l’optimisant (courbe et gabarit de la chaussée plus amples) le principe du XVIe siècle. La porte nord, entrée principale de la ville, est dénommée Porte Sainte-Claire ou porte de Vence sur les plans anciens, tandis que celle du sud est nommée concurremment porte Saint-Michel ou porte Saint-Claude.

Les grands côtés ou fronts est et ouest de l’enceinte comportent chacun trois courtines non alignées articulées par deux ouvrages ou organes de flanquement intermédiaire placés sur les deux angles ou ruptures d’alignement. Ces quatre ouvrages ou organes de flanquement comportent ou comportaient tous au moins un flanc étroit avec orillon carré relativement large. L’ensemble assurait assez complètement le flanquement réciproque d’un ouvrage à l’autre, en enfilade des courtines et des faces des ouvrages, excepté dans le cas du flanc gauche du bastion nord-ouest, qui flanquait correctement la courtine, mais n’échappait pas à la saillie du flanc droit de l’ouvrage voisin du front ouest.

Sur le front est, les deux éléments flanquants intermédiaires se limitent d’une part (nord), à un saillant de plan trapézoïdal presque carré comportant donc deux flancs, d’autre part (sud) à un décrochement d’alignement formant un flanc unique permettant des tirs vers le sud.

Sur le front ouest (Fig. 11), les deux saillants à deux flancs à orillons, aussi larges à la gorge que les bastions d’angle nord-est et nord-ouest, peuvent être définis comme des bastions à une seule face, sans angle de capitale, et qualifiés de « bastion plats » ; ils sont traditionnellement surnommés de Saint-Remy41 (le plus au nord) et de Saint-Georges (le plus au sud). La face unique de ces deux bastion plats du front ouest n’est pas exactement parallèle à la courtine intermédiaire (Fig.12), mais implantée selon un axe biais légèrement ouvert, ou sortant (comme pour des bastions à deux faces), afin de favoriser le flanquement réciproque en enfilade de la face de l’un des ouvrages par le tir de flanc de l’autre. Enfilade de la courtine médiane ouest entre les deux bastions plats.Enfilade de la courtine médiane ouest entre les deux bastions plats.

Le saillant du front est comportait aussi dans son état initial un flanc (le flanc droit, ou sud) retiré derrière un orillon carré, mais ce flanc a été remanié en supprimant le retrait et l’embrasure lors d’une réparation ancienne, qui peut remonter à la période de la Ligue (Fig. 13).

L’enceinte de la ville de Lyon comportait plusieurs exemplaires de ce type de « bastion plat » à orillons (en l’occurrence semi-circulaire), parti archaïque et peu commun, ce qui serait de nature à confirmer l’attribution du plan de l’enceinte de Saint-Paul à Jean de Saint-Rémy, dont l’intervention sur l’enceinte de Lyon est avérée dans les années 1545-1549.

Chaque flanc retiré de bastions, demi-bastions ou bastions plats de Saint-Paul comportait une casemate de plan carré en souterrain desservant une unique embrasure de flanquement. Ces casemates, pour la plupart remblayées depuis le XVIIIe siècle, sont revêtues sur leurs quatre côtés, sans accès en souterrain depuis la ville. On n’y accédait que d’en haut, soit de la terrasse du bastion par un étroit escalier droit en pierre aux marches engagées dans le parement (Fig. 14). La casemate du demi-bastion sud-est occupe toute la largeur de sa gorge, du fait de l’exiguïté de ce demi-bastion ; il en était probablement de même pour celles du saillant trapézoïdal du front est.

Le flanc à orillon du redan qui constitue le second organe de flanquement de ce même front est, ne comporte pas de casemate fermée, mais simplement une embrasure sous une arcade ouverte qui porte le chemin de ronde (Fig. 15).

Il paraît incontestable que les casemates de flanc étaient destinées initialement à être voûtées42 ; dans le cas contraire, il ne s’agirait d’ailleurs pas à proprement parler de casemates, mais de flancs bas fermés qu’on aurait rendu accessibles de plain pied par la gorge. L’escalier d’accès devant traverser la voûte. Certains bastions primitifs, en Italie notamment (Vérone, Milan) ou dans les Pays-Bas espagnols (citadelle de Gand) semblent avoir comporté des flancs bas fermés sur quatre côtés et à ciel ouvert, ou au moins ventilés par un large puits vertical au dessus de la pièce d’artillerie, mais ce dispositif n’est pas sûrement identifié, faute de conservation des exemples, et on ne le trouve pas dans les autres fortifications bastionnées françaises conservées du temps de François Ier dues à des ingénieurs italiens ( sur la frontière picarde notamment).

A Saint-Paul, les voûtes des casemates n’étaient pas plus mises en place au moment de l’interruption du chantier en 1547, que ne l’étaient le cordon et le parapet, ou encore le terrassement d’une partie des bastions et le rempart du secteur sud de l’enceinte. La casemate du flanc unique du demi-bastion nord-est conserve dans le parement de ses faces parallèles à la courtine, la réservation correspondant à l’ancrage de l’intrados d’une voûte en berceau supprimée, les autres faces en portant les arrachements. Cette voûte peut correspondre à celle prévue en 1705 dans le projet de Niquet, bien qu’il n’existe pas de preuve absolue de sa réalisation, et bien qu’on ignore la date de sa destruction. Il peut aussi s’agir, comme le suggère sa bonne adéquation à l’escalier, de l’attente d’une voûte d’origine éventuellement réutilisée après 1705. Le défoncement et la traversée de cette casemate par un passage automobile en 1985 (Fig. 14) n’en facilitent pas la lecture archéologique. Seul, le sondage des autres casemates remblayées apporterait des éléments nouveaux.

Deux courtines, une par grand front, comportent un décrochement d’alignement.

Dans le cas de la courtine médiane du front ouest, ce décrochement assez faible n’existait pas avant la reconstruction, vers 1837, de la brèche ouverte en 1805. Il résulte du mauvais raccord de cette réparation avec le mur de revêtement ancien qui avait bougé.

Dans le cas de la courtine du front est, régnant entre le bastion nord-est et le saillant trapézoïdal, le décrochement, très marqué, semble correspondre à une interruption de la construction du revêtement de 1547, qui aurait dû se prolonger en continuité d’alignement du premier segment et joindre le saillant très au-devant du raccordement actuel. Ainsi, le flanc gauche de ce saillant, aurait été réduit ou inexistant, le revêtement se raccordant directement à la face de ce saillant. Dans cette hypothèse, le saillant actuel n’aurait été prévu à l’origine que pour être un redan à flanc unique à droite avec embrasure et orillon carré, comme celui situé plus au sud sur ce même front.43

La partie de la courtine qui, dans l’état définitif et actuel, règne entre le décrochement et le saillant, est très imparfaitement alignée, et résulte sans doute d’un réemploi direct de la muraille d’enceinte médiévale, consolidée et remparée.

Le front nord de cette muraille médiévale a été incorporé et conservé en partie en retrait à l’intérieur du front nord bastionné, avec deux tours carrées du XIVe siècle : l’une, près de la gorge du bastion du Roi (nord-est) est une ancienne tour de flanquement ordinaire, et faisait encore partie du domaine militaire au XIXe siècle (Fig. 16). L’autre, à la gorge du bastion du Dauphin, est l’ancienne tour porte nord de la ville médiévale, maintenue en fonction comme arrière porte du front bastionné, et adaptée par la mise en place dans sa partie haute d’une voûte ouverte à la gorge portant plate forme avec mâchicoulis et parapet crénelé en façade (Fig. 17). La date de réalisation de ces superstructures n’est pas connue, faute de sources d’archives les concernant, mais elles pourraient n’avoir été mises en œuvre, corbeaux de mâchicoulis compris, qu’à l’époque de Vauban et de Niquet.44

Tour de flanquement XIVe de l'ancien front nord médiéval.Tour de flanquement XIVe de l'ancien front nord médiéval. Tour porte nord XIVe siècle avec machicoulis et parapet classiques.Tour porte nord XIVe siècle avec machicoulis et parapet classiques.

Les sols à l’extérieur des fronts bastionnés du corps de place, au pied des murs, ont été fortement remaniés. Ceux des fronts nord et sud, revêtus pour servir de voie publique, semblent quelque peu rechargés (Fig. 08, 09, 10), tandis que ceux des grands fronts est et ouest se ravinaient de façon chronique aux XVIIIe et XIXe siècles au point de déchausser les fondations des murailles et engendrer des désordres responsables de l’écroulement de 1805 à l’ouest, et de fissures encore apparentes. Le ravinement de la courtine médiane du front ouest a justifié les projets de berme et de consolidation en sous-œuvre de 1717, 1748 et 1832-1835. L’état actuel, avec une berme ou terrasse revêtue emboîtant le pied de la moitié nord de la courtine et incorporant des contreforts obliques de calage des pieds de murs (Fig. 12), résulte des reprises de 1837. Malgré cette recharge, le niveau du sol horizontal de la terrasse est plus bas, au contact de la courtine, que celui du sol escarpé d’origine. Ceci explique que les maçonneries de fondation des flancs des bastions apparaissent, révélant, sous le flanc retiré à embrasure, la jonction directe (sans retrait) du flanc de l’orillon à la courtine (Fig. 18). Dans l’état d’origine, le sol régnait au-dessus de cette embase, peu en dessous de l’embrasure. Ce repère d’altimétrie permet de constater que le front ouest est déchaussé au moins 2m plus bas que dans l’état d’origine.

Dans la partie nord du front est, entre le saillant trapézoïdal et le bastion d’angle, le sol a été très fortement rechargé à une époque relativement récente pour former une haute terrasse avec mur de soutènement, à usage d’aire de stationnement automobile ; cette terrasse est mise en communication avec le saillant trapézoïdal par une percée charretière dans le flanc gauche de ce dernier, au niveau du parapet (Fig. 19).

La fortification de Saint-Paul ne comporte pas de dehors de conception classique, de type demi-lune ou ouvrage à cornes, mais elle s’appuie du côté sud sur de petits ouvrages avancés détachés, au-delà du cimetière Saint-Michel, qui résultent de l’adaptation de fragments ruinés et discontinus du front sud de l’ancienne enceinte médiévale. Cette enceinte –on l’a vu- s’étendait très en avant du front bastionné sud de l’enceinte renaissance.

Ces petits ouvrages implantés en fort contrebas du reste de la ville, sont, d’une part, sur les pentes est, une courtine flanquée d’une tour semi-circulaire ouverte à la gorge et percée de meurtrières (Fig. 20), d’autre part, plein sud, une autre tour semi-circulaire isolée au bord du chemin ou de la rampe qui monte du fond de la vallée vers le cimetière et vers la porte sud de la ville. Cette tour, fortement déchaussée du pied, est percée d’une embrasure contrôlant la partie inférieure du chemin (Fig. 21), qui, en ce point, décrit une courbe bordée d’un mur parapet et tournant autour d’une sorte de tourelle isolée aveugle (Fig. 22).

L’état actuel, discontinu, de ces éléments de défense avancée adaptés au XVIe siècle, plutôt au temps de la Ligue qu’à celui de François Ier, est déjà figuré tel quel en 1589 sur le plan de Vittozzi, puis plus tard sur les plans de Niquet.

Structure et aménagements particuliers

Les maçonneries des ouvrages de fortification du corps de place, autrement dit du revêtement des courtines et bastions, sont mises en œuvre dans l’ensemble en blocage de moellons de calcaire dur de tout venant, comportant cependant, surtout dans le secteur du front nord (Fig. 10), une assez forte proportion de pierres sommairement équarries et à peu près assisées, le tout assemblé avec un mortier très résistant à joints gras lissés au nu des parements, assurant dans l’ensemble une bonne planéité des nus. La pierre de taille dure et blanc-gris de moyen appareil, à joints fins, est employée en encadrement des portes de ville et en chaînage aux angles saillants des bastions et redans, notamment aux angles des orillons carrés et aux angles de capitale. Celui du bastion du Roi (nord-est) se caractérise par le soin particulier apporté à la mise en œuvre de l’arête d’angle aiguë, adoucie en arrondi régulier, avec un emploi de la pierre de taille étendu à une partie des faces.

La face intérieure du revêtement, destinée à être terrassée, comporte des contreforts intérieurs, rendus apparents dans le bastion nord-est par le creusement de la route en virage créée à l’intérieur de ce bastion, en défonçant son flanc, dans les années 1920 (Fig. 23).

Des secteurs privilégiés du revêtement : autour des deux portes de ville, sur les orillons semi-circulaires du front nord, sont presque entièrement parementés en moyen appareil de pierre de taille dure (Fig. 05, 08). Le flanc droit du bastion du Dauphin (nord-ouest), immédiatement voisin de la porte nord de la ville, incorpore dans son parement, au-dessus de la bouche de l’embrasure, deux blocs de marbre blanc, l’un formant un segment d’une assise ordinaire, l’autre, plus haut placé, formant une plaque (Fig. 08). C’est apparemment sur cette plaque qu’était gravée l’inscription commémorant la campagne de construction initiale, relevée difficilement par Blanc vers 1870 et aujourd’hui totalement effacée.

Porte sud, détail façade et arcade d'entrée.Porte sud, détail façade et arcade d'entrée.L’angle de capitale du bastion du Dauphin comporte, sous le niveau du parapet, deux assises de pierres tendres jaune disposées symétriquement, et extrêmement érodée. Elles semblent correspondre aux vestiges d’un ancien motif sculpté disparu de type cartouche héraldique. On trouve les mêmes pierres tendres disposées de manière comparable, témoin d’une composition de même nature non moins détruite, au-dessus de l’arcade d’entrée de la porte sud (porte Saint-Michel) (Fig. 24), ce qui évoque des dispositions analogues mieux conservées au Fort Carré d’Antibes. Cette pierre jaune trop tendre est aussi celle employée pour l’encadrement de la bouche des embrasures des flancs des bastions, totalement dégradé. Ces embrasures, une par flanc, sont du type dit « à la française », avec orifice à canon ébrasé vers l’extérieur et vers l’intérieur du mur. L’ébrasement extérieur, seul visible aujourd’hui dans les exemplaires conservés (les flancs actifs de l’enceinte ont été, pour la moitié d’entre eux, remaniés ou défoncés), est couvert en arc surbaissé (Fig. 08, Fig. 25).

Les parapets, en partie ruinés et remontés en simple mur garde corps au XIXe siècle, ont conservé d’importantes portions crénelées (percées de fentes de tir courte et ébrasées vers l’intérieur, pour l’arquebuse d’épaule), qui datent de la campagne contemporaine de la Ligue (Fig. 04, 19, 23, Fig. 26), les projets de réfection de Vauban n’ayant pas été exécutés. Ces parapets crénelés se caractérisent par leur mise en œuvre médiocre de petits moellons de tout venant, avec dalles monolithes couvrant sommairement l’ébrasement des créneaux. La transition avec les parements du revêtement d’époque François Ier est parfois bien nette (Fig. 05), mais parfois aussi aléatoire, dans la mesure de l’inachèvement de ce revêtement initial : non seulement le cordon n’a jamais été posé en aucun point, mais encore certains secteurs du parement n’étaient pas montés sur toute l’élévation en fruit lors de l’interruption du chantier en 1547. Dans ces cas, les reprises de maçonneries du temps de la Ligue partent de plus bas que le niveau du sol du chemin de ronde d’arase (Fig. 06). Ce chemin de ronde desservant le parapet et ses créneaux, règne directement sur l’arase brute des murs en blocage, avec forme en mortier, sans dalles ou pavés de revêtement (Fig. 15, 26) ; ce traitement économique date probablement aussi du temps de la Ligue.

Cette mise en œuvre de maçonneries grossière et négligée se retrouve en d’autres points de l’enceinte apparemment repris aussi au temps de la Ligue, notamment au flanc du demi-bastion sud-est (d’Annebaud), contrastant fortement avec le moyen appareil soigné de la courtine autour de la porte sud immédiatement voisine (Fig. 09). Ce flanc remonté est percé au niveau de la casemate non plus d’une embrasure à canon mais de deux créneaux à petit ébrasement extérieur pour tube de plus modeste calibre. Le flanc droit du saillant trapézoïdal, ou ex redan du front est, est lui aussi réparé avec cette mauvaise maçonnerie, en reprise sur l’orillon carré, et en supprimant le retrait initial du flanc, sans rétablir l’embrasure de casemate ni lui substituer des créneaux (Fig. 13). Malgré le millésime 1708 gravé sur une pierre à l’angle de ce flanc, on peut affirmer que la reprise en maçonnerie médiocre est bien antérieure à cette date, car le flanc apparaît sous sa forme actuelle, sans saillie de l’orillon, sur les plans plus anciens.

Enfilade du passage d'entrée de la porte nord.Enfilade du passage d'entrée de la porte nord.Les deux portes de ville forment une simple percée charretière dans la courtine, avec arcade extérieure biaisée couverte d’un arc plein-cintre extradossé à arête émoussée, soigneusement liée au parement (Fig. 27), dont elle épouse le fruit sans aucun tableau encastré (Fig. 08, 09) (ce qui semble exclure l’hypothèse d’un pont-levis). Au revers de cette arcade, une simple paire de vantaux jouait sur les jambages, sous une arrière-voussure en berceau segmentaire , avec coulisses pour des barres de verrouillage et tableaux délardés dans les murs latéraux pour l’effacement de ces vantaux en position ouverte. Le barrage du passage de la porte sud, peu profond faute de traverser un rempart (Fig. 28), se limitait à ces vantaux, mais la défense de la porte nord était plus élaborée. Le passage en rampe ascendant, plus « enterré » que celui du sud, le rempart nord ayant été réalisé, est encadré de murs jusqu’à la façade de la tour-porte médiévale formant arrière porte (Fig. 29). Dans sa partie antérieure du XVIe siècle, ce passage est couvert d’une arrière voussure ou voûte plus profonde que celle de la porte sud, voûte au bout de laquelle était ménagée une herse dont les glissières sont conservées dans le parement des murs latéraux. Cette herse a été supprimée lors d’une campagne (XVIIIe ou XIXe siècle ?) qui a prolongé la voûte d’un segment en briques, pour élargir la terrasse du rempart nord passant sur cette voûte. Le dernier segment du passage, qui vient buter contre la façade de la tour-porte du XIVe siècle, est à ciel ouvert, défendu verticalement par les mâchicoulis surplombant cette façade (Fig. 17).

Elévation de la face de gorge de la tour porte nord.Elévation de la face de gorge de la tour porte nord.La tour-porte, de plan rectangulaire (plus large que profonde), a conservé l’essentiel de son élévation médiévale, caractérisée sur les faces jadis en saillie hors-œuvre du mur de ville médiéval, par un parement en petits moellons sommairement équarris et assisés, avec chaînes d’angle en pierre de taille blanche dure. Les maçonneries d’origine du mur de gorge, côté ville, autour du débouché du passage d’entrée, sont beaucoup plus négligées (Fig.30). Le passage s’ouvre en façade par une arcade d’entrée couverte d’un arc en tiers-point extradossé, dont la partie supérieure semble avoir été reprise à l’époque moderne (XVIe ou XVIIe siècle ?), avec deux claveaux passant formant clef à la de tête de l’arc. Cette arcade était suivie d’une paire de vantaux avec barre de verrouillage, jouant sous une voûte en berceau surbaissé couvrant le passage et portant sur ses reins le sol du local ouvert à la gorge du premier étage de la tour. Ce local, remanié par la mise en place tardive d’un mur le fermant en partie à la gorge (avec niche à statue côté ville), est équipé d’une arbalétrière dont la fente à traverse s’ouvre au-dessus et dans l’axe de l’arcade d’entrée en tiers-point (Fig. 17). Les trois murs du local d’étage sont du XIVe siècle, mais leurs superstructure, à partir des consoles de mâchicoulis à trois ressauts de la façade et des sommiers de la voûte en berceau, sont des constructions d’époque moderne non datées, plus vraisemblablement contemporaines de Vauban et de Niquet que du XVIe siècle. C’est ce que suggère la mise en œuvre soignée de la voûte portant plate-forme, montée en briques avec arc de tête extradossé en pierre. La brique, non employée dans les ouvrages du XVIe siècle à Saint-Paul mais recommandée par Vauban, est aussi utilisée pour le haut parapet à trois créneaux (de fusillade) de la façade, monté sur les consoles de pierre des mâchicoulis par l’intermédiaire de petits arceaux en briques. Les autres côtés du mur parapet de la plate-forme haute de la tour porte sont en blocage, mais percés sur chaque flanc d’un créneau encadré en briques. Ce haut parapet est couronné d’une tablette de pierre dure typique de l’architecture militaire classique.

Autre remaniement subi par cette tour-porte médiévale réutilisée : la percée d’un passage dans le mur latéral du passage, à droite en entrant. Cette percée, offrant une communication directe vers le chemin de ronde des remparts du XVIe siècle, est une brèche en plein mur dépourvue de toute finition (Fig. 31). Cette percée est relativement tardive, car elle ne figure pas sur les plans anciens avant 1724. Au-dessus de cette brèche, à l’étage, une autre brèche plus petite semble produite par le défoncement d’une arbalétrière du XIVe siècle.

L’autre tour carrée du front nord médiéval, conservée en retrait de la courtine renaissance, ne semble pas avoir été adaptée pour servir et compléter la défense de la place. Ses parements sont analogues à ceux de la tour porte, en moins soigné. Fermée à la gorge et comportant trois niveaux sous le couronnement, le premier voûté en berceau, elle n’a conservé aucun aménagement interne significatif de son ancienne utilisation comme magasin à poudres. Son crénelage actuel, sous le toit à quatre versants revêtu de tuiles canal, résulte d’une restauration du XXe siècle évoquant des créneaux médiévaux (Fig. 16). Il a remplacé une couverture en simple appentis à faible pente, qui pouvait remonter au XVIIe siècle.

Les éléments discontinus du front sud de l’enceinte médiévale, réutilisés comme ouvrages avancés au devant en en contrebas de l’enceinte bastionnée du XVIe siècle, présentent des caractères nettement différents de ceux des du front nord du XIVe siècle. Cette différence typologique s’affirme d’emblée par la forme des deux tours de flanquement qui participent de ces ouvrages sud, de plan semi-circulaire ouvert à la gorge et non carré.

Tour isolée avancée au sud de la ville, au bord du chemin.Tour isolée avancée au sud de la ville, au bord du chemin.Globalement, la mise en œuvre de ces éléments sud est très rudimentaire : les maçonneries sont montées en blocage de petits moellons de tout venant, plus soigné toutefois pour la tour isolé sud qui domine le chemin montant sur l’arête vers la porte de ville sud. Cette tour, aujourd’hui déchaussée sur son flanc gauche par l’abaissement du sol du chemin, avec reprise de parement en sous-œuvre réalisée au XXe siècle (Fig. 21), pourrait avoir été associée à une avant-porte. Elle est peu élevée, terrassée, et ne comporte qu’un niveau de défense à ciel ouvert bordé d’un parapet percé d’une embrasure « à la française » (Fig. 32) dont les joues de l’ébrasement extérieur sont « à trémie », soit à ressauts, sous un couvrement en arc très surbaissé. Ces dispositions apparentent davantage cette tour à un petit ouvrage d’artillerie annexe du XVIe siècle qu’à une tour médiévale simplement adaptée, sauf à supposer une reconstruction sur une souche ancienne préalablement dérasée. Cette tour étant portée sur le plan de 1589, on pourrait voir dans ses aménagements le résultat de travaux d’adaptation conduits en phase avec la construction de l’enceinte bastionnée, sinon immédiatement antérieurs, comme ceux –limités- pour lesquels la ville avait engagé des dépenses sur ses fonds propres en prenant conseil auprès d’un mercenaire italien, en 1537.

Tour du fragment d'enceinte ancienne des versants sud.Tour du fragment d'enceinte ancienne des versants sud.La tour sud-ouest, à flanc de coteau, est associée à deux segments de courtine dont elle assurait le flanquement. Cette tour de plan demi-circulaire peu élevée présente des caractères plutôt médiévaux, mais équivoques. Elle comporte deux niveaux. Le plus bas, en soubassement par rapport au niveau du terrain à l’intérieur de ce segment d’enceinte, est percé d’une batterie de quatre ouvertures de tir en fente courte et large, certaines biaisées pour l’efficacité du flanquement (Fig. 20). Ces fentes de tir s’apparentent à des archères ou arbalétrières médiévales sans plongée, mais aussi à des créneaux utilisables pour des tubes à feu de petit calibre. Un plancher couvrait cette chambre de tir et la séparait de l’étage, ce qui suppose un toit et une fermeture, au moins sommaire, à la gorge. Les percements de l’étage sont peu interprétables dans l’état actuel.

1J. Faure, Saint-Paul, une ville royale .., p. 19, R. Vialatte, Saint-Paul dans la mouvance de l’histoire, p. 23-24.2Actuellement Villeneuve-Loubet.3Archives Départementales des Alpes-Maritimes, E dépôt 4, CC 24 ; cité par J. Faure, Saint-Paul-de-Vence, ville royale, p. 40-41.4M-L Robinson, p. 159.5J. Faure, Saint-Paul-de-Vence, ville royale p. 39.6P. Rocolle, 2000 ans de fortification française, Paris, 1973, t. I, p. 87-89 ; A. Blanchard , « La bonne sûreté du royaume », in : A. Corvisier, dir., Histoire militaire de la France, t. I (P. Contamine, dir.), 1992, p. 271, D. Buisseret, Ingénieurs et fortifications avant Vauban, l’organisation d’un service royal aux XVIe-XVIIe siècles, Paris CTHS, 2002, p. 22.7François Mandon de Saint-Remy serait inhumé en l’église des Cordeliers d’Arles où il avait son épitaphe. Certains auteurs mentionnent aussi un Henri de Mandon de Saint Remy (J. Boissier, Antibes et le fort Carré, revue historique de l’armée, 1958, 14e année , n°4)8BNF, Ms, coll. Dupuy, ms. 273, f° 73, cité par H. Charnier, « Notes sur les origines du génie, du Moyen Âge à l’organisation de l’an VIII », Revue du génie militaire, t. LXXXVII, 1954, p. 39, et par H. Vérin, La gloire des ingénieurs , l’intelligence technique du XVIe au XVIIe siècle, Paris, 1993, p. 120.9H. Rolland « En marge de Brantôme, Jean de Saint-Remy », Mémoires de l’Institut historique de Provence, t. XIX, 1936, p. 258, d’après BNF, Ms, coll. Dupuy, ms. 273, f° 73.10Catalogue des actes de François Ier, Paris, 1887-1908, t. III, p . 444.11Catalogue des actes de François Ier, Paris, 1887-1908, t. VIII, p. 114-115.12H. Charnier, « Notes sur les origines du génie, du Moyen Age à l’organisation de l’an VIII », Revue du génie militaire, t. LXXXVII, 1954, p. 39. On a vu que Montmorency était présent aux côtés du roi François Ier lors de sa visite de Saint-Paul en 1538. L’amiral d’Annebault, également présent à cette visite, avait certainement cotoyé Jean de Saint-Rémy lors des opérations militaires sur la frontière picarde.13Mandement du 22 aout 1544, Catalogue des actes de François Ier, Paris, 1887-1908, t. IV, p. 668.14P. Rocolle, 2000 ans de fortification française, Paris, 1973, t. I, p. 187, 407.15M. Agulhon dir. Histoire de Toulon, Toulouse, 1980, p. 48.16Œuvres complètes de Brantôme, Paris, 1858, t. I, p. 283. ; H. Rolland « En marge de Brantôme, Jean de Saint-Remy », Mémoires de l’Institut historique de Provence, t. XIX, 1936, p. 256, 259.17E. Blanc, p. 26-27. L’évocation de l’excellence de l’architecte ingénieur de l’enceinte supposé être François Mandon de Saint-Rémy se retrouve dans une tradition locale « légendaire » rapportée par le chanoine E. Tisserand dans son histoire de Vence.18Note in Revue des Sociétés savantes, 6e série, t. I, 1875, p. 585.19Les lettres de commission de François Ier à Saint-Remy pour sa mission en Provence ne sont pas publiées dans le Catalogue des actes de François Ier mais seulement connues par la copie ancienne du manuscrit de la BNF, (Ms, coll. Dupuy, ms. 273, f° 73) qui ne comporte pas de date. Celle de 1546 a été proposée par recoupement par H. Rolland « En marge de Brantôme, Jean de Saint-Remy », 1936, p. 258, et suivie par les auteurs postérieurs comme H. Charnier ou H. Vérin. Ces lettres de commission pourraient remonter à 1544 ou 1545.20Archives Départementales des Alpes-Maritimes, E dépôt 4, CC 25. ; R. Vialatte, « Saint-Paul, ville royale en puissance de place forte au lendemain de la visite de François Ier », p. 135-137.21Plan et rapport de septembre 1589 conservés à Turin, Archivio di Stato, Biblioteca Antica, Archittetura militare, vol. III, fol. 30.22Turin, Archivio di Stato, Biblioteca Antica, Archittetura militare, vol. III, fol. 33. M. Viglino Davico, «  Ascanio Vitozzi, Ercole Negro, Carlo Vanello et altri in Provenza : l’arte al servizio della guerra », in M. Viglino Davico dir., Fortezze  « a la moderna » e ingegneri militari del ducato sabaudo, Torino, 2005, p. 306, 318 et fig. 256.23Archives départementales des Bouches du Rhône, B. 81, f° 110-112. M-L Robinson, « Les fortifications de Saint-Paul en 1537 et 1596 », p. 159.24Vincennes, SHD, Archives du génie, Art. 8, section 1, Antibes, carton 1, n° 25 : Lettre sur les projets de St Paul, Antibes et Le Gourjan et les îles Ste Marguerite, Vauban, 17 janvier 1701.25Le plan d’ensemble joint au mémoire n’a pas été conservé, comme le constatait déjà Lozières d’Astier en 1716 ; seuls figurent des coupes sur le terrain et le rempart, avec la fausse braie projetée.26Archives du génie, Art. 8, Places abandonnées, Saint-Paul, n° 1.27Archives du génie, Art. 8, Places abandonnées, Saint-Paul, n° 2.28Les plans postérieurs semblent indiquer un couvrement sur cette casemate, formant un magasin.29Ce millésime ne saurait avoir été gravé exclusivement pour commémorer le siège de Saint-Paul par les impériaux ; il date plutôt la réparation consécutive.30Archives du génie, Art. 8, Places abandonnées, Saint-Paul, n° 6-7.31Chemin étroit entre le pied du rempart et le fossé.32Archives du génie, Art. 8, Places abandonnées, Saint-Paul, n° 8.33Archives du génie, Art. 8, Places abandonnées, Saint-Paul, n° 9.34Archives du génie, Art. 8, Places abandonnées, Saint-Paul, n° 10.35Archives du génie, Art. 8, Places abandonnées, Saint-Paul, n° 11.36Archives du génie, Art. 8, Places abandonnées, Saint-Paul, n° 13.37Archives du génie, Art. 8, Places abandonnées, Saint-Paul, n° 16.38Archives du génie, Art. 8, Places abandonnées, Saint-Paul, n° 17, 1840.39Dénomination non antérieure à l’époque de Vauban, puisqu’elle renvoie à M. de Grignan, nommé lieutenant général de Provence en 1669.40Cette dénomination fait référence a Claude d’Annebault, maréchal, puis amiral de France, le dernier homme de confiance de François Ier à la fin de son règne, présent à la visite du roi à Saint-Paul en 1538 et responsable en chef des armées françaises à partir de la mise à l’écart du connétable de Montmorency.41Dénomination peut-être en référence au maître d’œuvre Jean de Saint-Rémy.42On ne peut retenir l’hypothèse de « casemates à ciel ouvert » conçues comme telles à l’origine, telles que les propose Nicolas Faucherre : « L’enceinte bastionnée de Saint-Paul, compte-rendu de la visite guidée par Nicolas Faucherre », p. 149 et 153 (axonométrie publiée à l’envers).43Ce type de dispositif évoque celui offert par un des segments de l’enceinte bastionnée de la ville haute de Montreuil-sur-Mer en Picardie, édifiée pour l’essentiel sous François Ier, par l’ingénieur italien Antonio Castello, avec le possible concours de Jean de Saint-Remy.44Des superstructures du même type caractérisent à Entrevaux, la « redoute », petit ouvrage avancé de la principale porte de la ville, bâti vers 1705. L’hypothèse d’une construction de ces supertrstructures durant l’occupation Savoyarde et la Ligue parait moins plausibles, pour des questions de qualité de mise en œuvre.
Dénominations fortification d'agglomération
Aire d'étude et canton Alpes-Maritimes
Adresse Commune : Saint-Paul

Après 1388, la sécession du comté de Nice, placé sous tutelle savoyarde, donne une nouvelle importance stratégique à Saint-Paul, proche de la frontière et dotée d'une enceinte urbaine fortifiée depuis 1363 ou 1367. Avec la réunion du comté de Provence à la couronne de France à la fin du 15e siècle, Saint-Paul confirme son statut de ville royale. Des travaux de réfection de l'enceinte médiévale sont réalisés en 1537.

En 1543, la ville devient officiellement place forte royale, l'enceinte bastionnée a probablement été mise en chantier à cette date. En 1546, le chantier est placé sous la direction de Jean de Saint-Rémy, commissaire de l’artillerie, expert en fortification, missionné par François 1er pour l’amélioration ou la réparation des fortifications de plusieurs places de Provence. En 1589, à la faveur des guerres de la ligue, Saint-Paul est occupé par les troupes du duc de Savoie qui fait dresser un projet de nouvelle fortification de la ville par son ingénieur Ascanio Vitozzi. Le projet propose, à l’intérieur de l'enceinte bastionnée existant dans son état définitif, deux options pour la mise en place d’une petite citadelle destinée à tenir en respect les habitants de la ville ; il ne sera pas réalisé. Au début du 17e siècle, la place de Saint-Paul perd de son importance stratégique au profit de la nouvelle fortification portuaire d'Antibes.

En 1701, Vauban propose deux projets, non réalisés, d'amélioration de la fortification. En 1705, un nouveau projet est conçu par Antoine Niquet et partiellement réalisé à partir de 1706 : comblement des casemates des deux bastions du front nord et des deux bastions plats du front ouest, achèvement avec rehaussement du rempart de la courtine nord, reprise des flancs des deux demi-bastions du front sud en remplaçant les embrasures des casemates par des créneaux.

En 1717, le directeur des fortifications Paul–François de Lozière d’Astier rédige deux avis successifs sur l’état de la fortification de Saint-Paul et les réparations à réaliser. La fortification, faute d'entretien, est en très mauvais état. Il propose la démolition et la reconstruction d'une partie de la courtine ouest, travaillée par les infiltrations. Le projet est représenté dans les mêmes termes en 1724 mais reste également sans lendemain. En 1746, un nouveau projet de réparation de la courtine est dressé par l’ingénieur du génie Légier du Plan.

Après cette date, la place forte de Saint-Paul n'est plus entretenue par le Génie ; elle entre dans la catégorie des places dites « abandonnées », officiellement déclassée sous l’Empire. En 1805, la partie menaçante de la courtine centrale du front ouest s’effondre sur une longueur de 30m. La réhabilitation de la place est décrétée le 29 septembre 1832. Plusieurs projets de réparation sont proposés mais seules les réparations jugées indispensables, soit le remontage de la brèche de la courtine ouest et la réparation de la courtine du front Est sont finalement réalisées, en 1837. En 1840, le commandant en chef du génie de la place d’Antibes, Charles-Joseph Clérici, fait réaliser la mise en place de quatre fermetures aux deux portes de ville et l’arrangement des parapets sur les flancs des ouvrages permettant de découvrir le pied des escarpes.

Devenue stratégiquement inutile après la réunion du comté de Nice à la France en 1860, le poste de Saint-Paul est déclassé officiellement en 1870 et l'enceinte est rachetée par la commune en 1873. Dans les années 1920 un accès automobile en rampe a été aménagé dans le bastion nord-est, au prix d’une percée dans son flanc ouest et du déblaiement partiel de son terrassement. En 1985 l’enceinte a subi une nouvelle percée pour la circulation automobile, dans le flanc du bastion sud-ouest. Une troisième percée, à peu près contemporaine de cette dernière, a été ménagée dans le flanc gauche du saillant du grand front est de l’enceinte, communiquant avec une aire de stationnement automobile crée alors en terrasse au-dehors de ce front est.

Période(s) Principale : 2e quart 16e siècle
Secondaire : 1er quart 18e siècle
Secondaire : 2e quart 19e siècle
Auteur(s) Auteur : Saint-Rémy de Jean,
Jean Saint-Rémy de ( - 1557)

Commissaire de l’artillerie, expert en fortification dès 1536, puis commissaire général des fortifications, actif surtout en Picardie au début de sa carrière de fortificateur, envoyé en mission par François Ier et Henri II en Provence, notamment en 1546. Maître d’œuvre de l’enceinte bastionnée de la place forte de Saint-Paul-de-Vence en 1546 et 1547, on lui attribue la construction de la tour Saint-Laurent, à l'origine du fort Carré d'Antibes.


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ingénieur militaire, attribution par travaux historiques
Auteur : Vittozzi Ascanio,
Ascanio Vittozzi (1539 - 1615)

Ascanio Vittozzi ou Vitozzi (Orvieto, 1539 – Turin, 1615) est un architecte italien du début du baroque piémontais. Egalement architecte militaire et ingénieur du duc Charles-Emmanuel de Savoie pour la conquête de la Provence, il a dessiné des fortifications a la moderna. Source : wikipedia.


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ingénieur militaire, attribution par source
Auteur : Le Prestre de Vauban Sébastien,
Sébastien Le Prestre de Vauban (1er mai 1633 - 30 mars 1707)

Ingénieur, architecte militaire, urbaniste, ingénieur hydraulicien et essayiste français. Nommé maréchal de France par Louis XIV. Expert en poliorcétique (c'est-à-dire en l'art d'organiser l'attaque ou la défense lors du siège d'une ville, d'un lieu ou d'une place forte), il a conçu ou amélioré une centaine de places fortes.


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ingénieur militaire, attribution par source
Auteur : Niquet Antoine,
Antoine Niquet (vers 1640 - 1726)

Ingénieur général des fortifications de Provence, de Dauphiné, de Languedoc en 1680. En 1700, il est à Toulon où il travaille avec Vauban sur un nouveau projet d'aménagement du site : retranchement de la ville, aménagement du port et de la darse, défense de la ville avec des forts et des tours. Auteur des projets de fortification de la place de Seyne (Alpes-de-Haute-Provence) en 1690.


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Auteur : Lozière d'Astier Paul–François de,
Paul–François de Lozière d'Astier

Directeur des fortifications de Provence au début du 18e siècle.


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Auteur : Legier du Plan,
Legier du Plan

Ingénieur du Génie. Collabore au chantier du fort Sainte-Marguerite et à celui de la forteresse de Montdauphin. Auteur du projet du bastion de la Marine à Antibes construit en 1768-1770.


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Auteur : Clerici Charles-Joseph,
Charles-Joseph Clerici

Ingénieur militaire, capitaine puis commandant en chef du génie, actif dans le première moitié du 19e siècle en Provence. Auteur de la reconstruction de la galerie intérieure du donjon de la citadelle de Saint-Tropez en 1818 et du projet de la caserne d'Antibes construite entre 1835 et 1840.


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L’enceinte bastionnée de Saint-Paul présente un plan polygonal irrégulier étiré en longueur dans le grand axe nord-sud, définissant quatre fronts composés de courtines rectilignes jalonnées de bastions ou d’ouvrages de flanquement saillants, comportant systématiquement des flancs assez peu décollés, à orillons.

Elle ne comporte ni fossé, ni dehors, mais deux portes et huit ouvrages ou organes de flanquement (bastions, demi bastions, bastions plats, saillant et redan). Les murailles formant les courtines et les ouvrages de flanquement atteignent une élévation de 12m à 20m, profilée en fruit sur toute sa hauteur actuelle. Le terrassement intérieur du rempart n’a jamais été entièrement achevé. De ce fait, dans le secteur du front sud, dans la moitié sud du front est et dans le tiers sud du front ouest, la face intérieure de l’élévation murale surplombe le sol de la ville intra muros, à la manière des murs d’enceinte médiévaux.

Les fronts nord et sud se composent d’une unique courtine encadrée de deux bastions dans le premier cas, et de demi bastions dans le second. Les grands côtés ou fronts est et ouest de l’enceinte comportent chacun trois courtines non alignées articulées par deux ouvrages placés sur les deux angles. Les deux portes de ville sont aménagées chacune dans l’un des deux fronts nord et sud, à l’extrémité gauche de la courtine, à l’abri du flanc retiré et de l’orillon du bastion nord-ouest pour la porte nord et du demi-bastion sud-ouest pour la porte sud. Cette disposition des portes à l’abri des flancs à orillons des bastions est caractéristique en général de la première fortification bastionnée.

Les maçonneries du revêtement des courtines et bastions sont mises en œuvre dans l’ensemble en blocage de moellons de calcaire dur de tout venant. La pierre de taille dure et blanc-gris de moyen appareil, à joints fins, est employée en encadrement des portes de ville et en chaînage aux angles saillants des bastions.

La tour-porte, de plan rectangulaire, a conservé l’essentiel de son élévation médiévale, caractérisée par un parement en petits moellons sommairement équarris et assisés, avec chaînes d’angle en pierre de taille blanche dure. Le local ouvert à la gorge du premier étage de la tour est voûté en berceau monté en briques avec arc de tête extradossé en pierre. La brique est aussi utilisée pour le haut parapet à trois créneaux de fusillade de la façade. Les autres côtés du mur parapet de la plate-forme haute de la tour-porte sont en blocage, mais percés sur chaque flanc d’un créneau encadré en briques. L’autre tour carrée du front nord médiéval, conservée en retrait de la courtine renaissance, a des parements analogues à ceux de la tour-porte. Elle comporte trois niveaux, le premier voûté en berceau. Son crénelage actuel avec toit en pavillon revêtu de tuiles creuses, fruit d'une restauration du 20e siècle, a remplacé une couverture en simple appentis à faible pente, qui pouvait remonter au 17e siècle.

Murs calcaire moellon
calcaire moyen appareil
brique
Toit tuile creuse
Plans système bastionné
Étages 1 étage carré
Couvrements voûte en berceau
Couvertures terrasse appentis
Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections inscrit MH partiellement, 1926/05/15
classé partiellement, 1945/02/20
Précisions sur la protection

Porte de la ville et tour voisine : inscription par arrêté du 15 mai 1926.

Remparts et cimetière avoisinant : classement par décret du 20 février 1945.

Références documentaires

Documents d'archives
  • LE PRESTRE DE VAUBAN, Sébastien. Lettre sur les projets de St Paul, Antibes et Le Gourjan et les îles Ste Marguerite, 17 janvier 1701. Service Historique de la Défense, Vincennes : Archives du génie, Art. 8, section 1, Antibes, carton 1, n° 25.

  • LE PRESTRE DE VAUBAN, Sébastien. Mémoire présentant le projet de Saint-Paul, 1701. Service Historique de la Défense, Vincennes : Archives du génie, Art. 8, Places abandonnées, Saint-Paul, n° 1.

  • LOZIERE D'ASTIER, Paul–François de. Mémoire sur l'état de la fortification de Saint-Paul, avril-juin 1717 et 1724. Service Historique de la Défense, Vincennes : Archives du génie, Art. 8, Places abandonnées, Saint-Paul, n° 6-7-8.

  • LEGIER DU PLAN. Fortification de Saint-Paul, projet de réparation de la courtine, 1746. Service Historique de la Défense, Vincennes : Archives du génie, Art. 8, Places abandonnées, Saint-Paul, n° 9.

  • Projets de réparation de la fortification de Saint-Paul, 1829-1840. Service Historique de la Défense, Vincennes : Archives du génie, Art. 8, Places abandonnées, Saint-Paul, n° 10, 11, 13, 16, 17.

Documents figurés
  • [Plan et projet pour la fortification de Saint-Paul.] / Dessin, par Ascanio Vittozzi, 1589. Archivio di Stato, Biblioteca Antica, Turin : Architettura Militare (Atlas I à V), plans de places fortes françaises, Saint-Paul, vol. III, fol. 30, 33.

  • Plan de St Paul de Vence. / Dessin, encre et lavis, 1675. Bibliothèque nationale de France, Paris : département Cartes et plans, GE D-15428

  • [Plan d’état des lieux de la fortification de Saint-Paul.] / Dessin, dressé le 22 octobre 1700 par M. du Tourrondel. Service Historique de la Défense, Vincennes : Archives du génie, Art. 8, Places abandonnées, Saint-Paul, n° 2.

Bibliographie
  • BLANC, Edmond. Saint-Paul-de-Vence, description des antiquités civiles et religieuses que l'on y voit. Dans : Mémoires de la Société des sciences naturelles et historiques, des lettres et des beaux-arts de Cannes et de l'arrondissement de Grasse, 1876, p. 26-27.

  • DERLANGE, M. Saint-Paul, ville royale. Dans : François Ier et Saint-Paul, Actes du colloque des 6 et 7 novembre 1998, Vence, 2000, p. 126-131.

  • FAUCHERRE, Nicolas (d’après). Compte-rendu de présentation de l’enceinte bastionnée de Saint-Paul. Dans : François Ier et Saint-Paul, Actes du colloque des 6 et 7 novembre 1998, Vence, 2000, p. 148-155.

  • FAURE, Jeanne. Saint-Paul, une ville royale de l’ancienne France sur la côte d’Azur. - Cannes, 1931.

  • FAURE, Jeanne. Saint-Paul-de-Vence, ville royale. - Saint-Paul, 1970.

  • GAVET, N. Les fortifications de Saint-Paul. - Saint-Paul, 2002, 46 p.

  • ROBINSON, M-L. Les fortifications de Saint-Paul en 1537 et 1596. Dans : François Ier et Saint-Paul, Actes du colloque des 6 et 7 novembre 1998, Vence, 2000, p. 156-164.

  • TISSERAND, E. Histoire de Vence : cité, évêché, baronnie, de son canton et de l'ancienne viguerie de Saint-Paul du Var. - Paris, 1860.

  • VIALATTE, R. Saint-Paul dans la mouvance de l’histoire. - Saint-Paul, 1990

  • VIALATTE, R. Saint-Paul en puissance de place forte. Dans : François Ier et Saint-Paul, Actes du colloque des 6 et 7 novembre 1998, Vence, 2000, p. 132-147.

  • VIALATTE, R. La place forte de Saint-Paul, créée par François Ier, revue par Vauban. Dans : Vauban et ses successeurs dans les Alpes-Maritimes. – Paris : Association Vauban, 2004, 318 p ; p. 143-152.

  • VIGLINO-DAVICO, M. Fortezze « alla moderna » e ingegneri militari del ducato sabaudo. – Torino : 2005.

    p. 306, 318 et fig. 256.
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